Interview de Marion de Juniac pour «Chronos »

D’origine allemande, vivant actuellement en Suisse, Marion de Juniac est française de cœur et écrit dans les deux langues.

Après des études de psychologie et de relations internationales à St Andrews en Écosse et à Sciences Po Paris, son travail l’a conduit dans des endroits aussi différents, que l’Égypte et l’Inde, le Brésil et Jérusalem, la Chine et le Mexique.

Article Chronos : https://culturevsnews.com/2020/11/27/chronos-tome-1-un-temps-pour-jouer-19-novembre-2020-de-marion-de-juniac/

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  • Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Je suis une vraie européenne. Le jour du vote du Brexit j’ai pleuré…

Allemande d’origine, j’ai fait des études de psychologie et de relations internationales en Écosse avant d’obtenir un master en Conflit et Sécurité à Sciences Po Paris. J’ai ensuite travaillé dans une grande entreprise française en tant que directrice commerciale pour l’Amérique Latine avant de déménager en Suisse. Depuis deux ans, je me consacre pleinement à l’écriture.

  • Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?


L’envie d’écrire m’est venu vers 13 ans, quelques années après notre déménagement à Berlin. J’avais grandi dans une maison en pleine nature dans le sud de l’Allemagne. Au moment où j’ai perdu l’immensité de la nature autour de moi et j’ai commencé à poser mon imagination sur une feuille de papier. J’avais donc à peu près à l’âge de Lisa, l’héroïne de Chronos. Je me rappelle très bien d’avoir écrit ma première « vraie » nouvelle sur le tout nouvel ordinateur de ma mère – le sujet : Paris.

  • Quelles étaient vos lectures d’enfance ?


J’ai tout lu enfant ! Des BDs, Enid Blyton, Astrid Lindgren, les classiques de la littérature de jeunesse allemande comme Erich Kästner et Michael Ende dont le livre Momo a été une des sources d’inspiration pour Chronos. Ensuite j’ai dévoré Agatha Christie et d’autres policiers et puis très vite des livres plus « adultes », notamment des romans historiques de Tanja Kinkel et la littérature allemande et étrangère. Par contre, je n’ai jamais été une grande amatrice du fantastique. C’est peut-être pour cela que Chronos n’est pas un vrai roman d’heroic fantasy.

  • Quel est votre rythme de travail ? 

Hélas je n’ai pas de rythme de travail très régulier. J’aimerai vous répondre que je me lève tôt pour écrire tous les jours, mais la réalité est bien différente et mes heures d’écriture sont souvent des moments trop courts, entrecoupés par d’autre tâches d’apparence plus urgentes mais presque toujours moins importantes. En revanche, quand survient le moment où une histoire doit absolument sortir, toute autre chose devient secondaire. Il m’est déjà arrivé d’oublier de préparer le dîner, d’aller chercher mes filles à l’école et de me réveiller en pleine nuit pour écrire une heure – moi qui d’habitude dors comme un bébé.

  • Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez-vous évoluer vos personnages au fil de l’écriture ?

Je connais toujours à peu près la fin, oui. C’est d’une importance primordiale pour ne pas se perdre en cours de route. D’autres rebondissements dans l’histoire peuvent se décider au fur et à mesure que j’avance dans l’écriture. Ce sont alors souvent mes personnages qui les imposent. J’aime bien cette double approche, me garantissant à la fois une certaine structure tout en me donnant la flexibilité nécessaire pour faire évoluer le récit et me laisser surprendre. C’est aussi une question d’adrénaline et de suspense : comme je ne connais pas tous les tours et détours de l’histoire à l’avance, je dois rester sur le qui-vive en permanence.

  • D’où vient cette idée de faire un livre à la limite du fantastique ?

Que cela soit Alice au pays des merveilles, Peter Pan ou Harry Potter, la littérature de jeunesse a souvent frayé avec le fantastique, l’envie de fuir l’incertitude de l’adolescence et de s’échapper dans un autre monde. Beaucoup de romans fantastiques se situent complètement dans ce monde parallèle, délaissant au bout de quelques pages le monde réel. Dans Chronos j’ai voulu montrer l’impact que peut avoir cette évasion sur notre vie, nos amitiés et notre famille. C’est pour cela que seulement la moitié de l’histoire se déroule à Gaia. Pour moi les deux mondes sont aussi importants l’un que l’autre.

  • On sent une certaine empathie envers les personnages du livre, comme si ces personnes pouvaient nous côtoyer au quotidien. Vous êtes-vous inspirée de vos rencontres ?

Forcément je me suis un peu inspirée de mes rencontres ! Je crois que tout écrivain observe le monde autour de lui et s’en inspire. En revanche dès que mes personnages s’intègrent dans un récit ils prennent une autre forme et deviennent alors de vrais être fictifs, méconnaissable à la fin même pour moi. Leur humanité par contre doit rester intacte. Je suis donc particulièrement contente si les personnages de mes livres provoquent de l’empathie chez mes lecteurs. En ce qui me concerne, ce sont notamment Lisa et sa mère pour qui j’ai une sympathie particulière.

  • Avez-vous eu de l’aide dans l’écriture de ce roman ?


Oh oui, d’autant plus que c’est le premier livre que je sors. Tout d’abord une jeune amie allemande a eu la gentillesse de me relire. Ensuite mon mari m’a aidé avec la traduction de Chronos que j’ai écrit d’abord en allemand avant de le traduire. C’est aussi pour cela que j’ai absolument voulu avoir l’aide d’une lectrice/ éditrice professionnelle française, qui a apporté la touche finale au texte. L’édition est un monde que je découvre et donc tout conseil est indispensable et précieux. 

  • Le final explosif est très cinématographique comment vous est-il venu ? Est-ce une envie dès le début de l’écriture ou est-elle venue plus tard ?

Je ne me suis jamais posée cette question. Les deux scènes auxquelles vous faites référence ont été clé dès le début. Comme ce sont des scènes d’action et comme les images sont importantes pour moi, cela peut en effet vite prendre une allure de cinéma. Il faut dire que c’est un type de livre, avec la juxtaposition de la vie de Lisa et de ses aventures virtuelles à Gaia, qui nous permet facilement imaginer l’adaptation à l’écran.

  • Le parcours a-t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

Oui et non. Entre le moment où j’ai eu l’idée pour Chronos en 2015 et la sortie du livre se sont toute même écoulés cinq ans. Je suis passée par beaucoup de moments d’impatience, mais le fait que j’avais encore un autre métier m’a forcé de ralentir. Par la suite, j’ai vite compris qu’un projet d’écriture a souvent besoin de murir. Si j’avais publié la première version de Chronos en 2017 le roman n’aurait pas eu le même succès. Aujourd’hui je résiste mieux à la pression. Je laisse reposer mes textes entre deux relectures. Même si l’impatience de rencontrer mes lecteurs est toujours présente.

  • Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

Je viens de recevoir la première lettre d’une lectrice de 12 ans. Dans une enveloppe, manuscrite, elle est arrivée par la poste ce matin. Je peux vous dire que c’est le plus beau cadeau qu’un écrivain puisse recevoir, d’autant plus que cette lettre vient d’une de mes plus jeunes lectrices. Une phrase m’a particulièrement interpellée par sa maturité et son discernement. Elle dit, que le livre lui a permis de mieux comprendre le monde de son enfance lui permettant ainsi de s’affranchir de ses limites. Il est là, le point clé de Chronos !

  • Avez-vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez-vous une autre facette cachée ?

On est tellement sollicité de nos jours que d’avoir et de vivre plusieurs passions devient difficile. Pour moi c’est – avec l’écriture – surtout ma grande famille, mes amis, les rencontres que j’ai pu faire partout dans le monde et donc aussi le voyage. J’adore l’étranger ! Ce sentiment enivrant de l’inconnu, de la découverte, la perte de repères. Mon plus grand rêve c’est de faire le tour du monde en voilier…

Je suis également passionnée par l’actualité – si l’on peut dire ça. Cela fait peut-être un peu partie de mon métier d’écrivain.

En revanche, et c’est peut-être ma facette cachée je n’arrive pas à regarder des séries et pourtant je sais bien que les meilleurs « storytellers » de nos jours sont les scénaristes de séries.

  • Quels sont vos projets ?

Avant tout je voudrais terminer l’écriture du tome 2 de la trilogie de Chronos ! J’ai cru comprendre que mes lecteurs sont légèrement impatients de découvrir la suite des aventures de Lisa 😉

Ensuite j’ai un roman d’adulte qui attend sa dernière relecture et deux autres projets qui prendront sans doute forme cette année.

  • Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

J’aime lire les classiques – c’est généralement pour une bonne raison qu’on lit ces livres encore des décennies plus tard – donc si j’en trouve que je n’ai pas encore lu c’est toujours un plaisir ! Je viens de terminer la lecture de « Bonjour Tristesse ». Un roman, presqu’une nouvelle, assez surprenant. Sinon, je continue à lire un peu de tout : policiers, livres historiques et beaucoup de littérature contemporaine. Je lis moins que pendant ma jeunesse et différemment aussi depuis que je suis écrivaine et plein temps. Pour les plus curieux, ils peuvent trouver la liste de mes 24 livres préférés sur mon siteweb.

  • Utilisez-vous une bande son pour écrire ? A moins que le silence suffise ?

Le silence n’est pas uniquement suffisant mais une nécessité absolue ! Quand vous avez de jeunes enfants le silence est un bien rare ! Ce n’est d’ailleurs pas tant le bruit qui me dérange tant qu’il reste anonyme. Pour la musique c’est pareil. Si j’en écoute c’est souvent de la musique classique ou de piano que je ne connais pas encore. Sinon une partie de mon cerveau écoute la musique et ne se concentre plus sur l’écriture.

  • Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Oui ! A la sortie de mon livre, j’ai créé mon propre site web : www.mariondejuniac.com qui a justement comme objectif de permettre à mes lecteurs de suivre mes projets d’écriture. Je n’ai jamais été une grande adepte des réseaux sociaux, mais je poste régulièrement sur Instagram où la communauté de #bookstagram m’a séduit malgré moi. J’y ai fait des belles rencontres virtuelles qui deviendront peut-être un jour – quand on aura de nouveau la possibilité de se déplacer – des vrais liens.

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