Le cercle de Finsbury de B.A. Paris, le cadran de l’horreur

Bienvenue dans le cercle

Derrière les portes, le premier ouvrage de B.A. Paris m’avait laissé un bon souvenir. Une fin surprenante et une héroïne plus retorse qu’il n’y paraissait au premier abord. Le cercle de Finsbury est son cinquième roman. L’auteure continue à explorer son genre de prédilection, le polar domestique, la formule se révèle-t-elle à nouveau gagnante ? C’est ce que nous allons voir.

Autant le dire tous de suite, si ce que vous recherchez dans un polar c’est du style, une plume affûtée et une narration ambitieuse vous pouvez passer votre chemin. B.A. Paris fonctionne à coup de récit narrer au présent, la narration est linéaire, ce n’est pas les trois ou quatre flashbacks qui vont perturber les fondations du récit, d’autant plus qu’ils n’apportent pas grand chose au récit. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas apprécié ma lecture mais il faut être honnête la recherche stylistique n’est pas ce qui motive l’auteure.

Son attention va se porter sur l’intrigue, l’auteure est réputée pour ses retournements de situation finaux qui éclairent le dénouement de ses intrigues d’une lumière révélatrice. Ici dans ce fameux cercle de Finsbury, qui a la forme d’une horloge infernale où chaque maison représente une menace diffuse, l’auteure compte énormément sur les faits établis et les fausses pistes pour bâtir son récit. Certains faits essentiels à l’intrigue sont présentés comme irréfutables au lecteur tandis que d’autres paraissent immédiatement suspects. C’est sur ce jeu de faux-semblants que se construit ce polar domestique, ou résidentiel tant la résidence de luxe qui sert de décor à l’intrigue est présente. L’auteure s’amuse à faire tourner en rond le lecteur au sein de ce cercle, dans une intrigue qui peut paraître cousu de fil blanc et redondante, tant elle semble stagner à certains moments, mais dont le final est renversant. Personnellement j’étais persuadé d’avoir découvert l’identité du coupable et l’auteure a su me prouver qu’en matière de twist final elle avait encore de la ressource. Et ce alors que je me disais, au cours de ma lecture, que j’étais encore face à un polar gentillet mais inconsistant, je ne m’étais pas rendu compte que j’étais tombé dans le piège tendu par l’auteure.

J’aurais apprécié que l’auteure apporte autant de soin à la création de son personnage principal. Alice, dont le nom est une référence évidente à Alice au pays des merveilles, est une jeune femme sensible, hanté par son passé, mais ces réactions manquent parfois de naturel tandis que son côté hyper sensible et fragile peut parfois être agaçant. Tout comme le lecteur, Alice va se faire balader tout au long de l’histoire ce qui fait d’elle un personnage assez passif malgré son obsession de lever le voile sur le meurtre de la précédente propriétaire. Malgré le soin apporté à sa psychologie et sa personnalité, Alice est un personnage qui manque de consistance et surtout de mordant auquel s’identifié.

Si comme moi l’évocation du terme « polar domestique » est synonyme de lenteur narrative, d’invraisemblances scénaristiques et de narration poussive sachez que B.A. Paris propose un récit qui s’élève quelque peu au dessus de la production de ce sous-genre du thriller grâce à une intrigue maîtrisée et une résolution surprenante. Il ne manque qu’une plume un peu plus aiguisée pour faire de B.A. Paris une auteure incontournable.

Résumé: Alice croyait avoir trouvé la maison de ses rêves…
Quand Léo et elle emménagent au Cercle de Finsbury, une résidence haut de gamme en plein Londres, la jeune femme est persuadée de prendre enfin un nouveau départ. Et tant pis si les choses sont allées un peu vite avec Léo et si celui-ci a pris en charge leur emménagement
sans véritablement la consulter. La maison est parfaite, la résidence idéale, et les voisins semblent si accueillants !
… Mais ce fut celle de ses pires cauchemars.
Lorsqu’Alice apprend que Nina, qui vivait dans la maison avant qu’ils n’emménagent, y a été sauvagement assassinée, le vague sentiment d’insécurité qu’elle ressentait jusqu’alors se transforme en peur, puis en terreur. Une présence étrange semble hanter les murs et ni Léo, qui semble lui cacher beaucoup de choses, ni les voisins, qui consacrent le plus clair de leur temps à s’épier les uns les autres, ne la rassurent.
Et puis l’on passe bien trop facilement d’une maison à l’autre, à l’intérieur du Cercle, pour pouvoir y dormir en paix.

  • Éditeur : Hugo Roman (4 mars 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 411 pages
  • ISBN-10 : 2755686596
  • ISBN-13 : 978-2755686593
  • Poids de l’article : 490 g
  • Dimensions : 14.1 x 3.4 x 21.1 cm

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s