Capitale du sud tome 1 Le sang de la cité de Guillaume Chamanadjian, le chant du printemps

Un livre qui respire le printemps

Certains auteurs possèdent un don rare et précieux. Leur plume s’apparente à un chant et lorsque celui-ci entre en diapason avec vos yeux de lecteurs le ravissement est immédiat. Guillaume Chamanadjian compte parmi ces auteurs.

Un chant envoûtant, c’est l’effet que m’a fait la narration de ce premier volume d’une trilogie qu’il faudra suivre en parallèle avec une autre saga Capitale du nord de Claire Duvivier, le tout formera une double saga miroir ambitieuse aux promesses entêtantes. Ce premier volume pose les bases de l’univers créé par les deux auteurs, une porte d’entrée idéale pour découvrir les enjeux développés par les auteurs. Le sang de la cité nous propose de partir à la découverte de la ville de Gemina à travers les yeux de Nox, le commis d’épicerie protégé par le duc Servaint.

Difficile de décrire ce qui m’a happé dans le style de l’auteur, la clarté de sa narration ? La précision de ses dialogues ? Sa narration à la première personne immersive ? Le fait que très vite je me suis laissé emporter par cette histoire. Les points rythmés ma lecture telles des cymbales, les dialogues scandés des paroles rafraîchissantes, les pensées de Nox des refrains bienvenus que l’on se plaît à retrouver. La plume de l’auteur a été une heureuse rencontre que je n’attendais pas. Son récit est fluide, clair, en un peu plus de 300 pages il parvient à nous immerger dans le chant de sa cité aux allures méditerranéennes.

La seule chose que je peux souhaiter à tous ceux qui se lanceront dans cette lecture c’est que cette rencontre s’effectue pour eux aussi car soyons honnêtes on a affaire ici à un tome d’introduction et l’intrigue n’en est encore qu’à ses balbutiements. Un élément fantastique reste encore très brumeux une fois la dernière page refermée et si le récit ne manque pas d’action, il faut patienter le premier tiers de l’ouvrage, le temps pour l’auteur de mettre toutes ses pièces sur l’échiquier. Une fois que l’on a compris que l’on allait assister à une lutte de pouvoir intestine pour le domination de la ville par les yeux d’un jeune homme le récit ne fait que gagner en puissance.

Car l’ouvrage est aussi un récit initiatique, avec tout ce que cela comporte de défauts et de qualités. Nox est un personnage attachant, et c’est heureux car l’on va suivre tout le récit par son regard idéaliste et humaniste mais pas naïf, notre brave commis a bien conscience d’évoluer au sein d’un panier de crabes ou une poignée de main d’un jour n’épargne pas du coup de poignard du lendemain. Le récit flirte parfois avec le roman jeunesse par son ton, notamment par le biais de certaines familiaritées dans les dialogues qui écorchent les oreilles jusqu’ici bercé par une mélodie sans accros mais rien de grave. Nox souffre surtout d’être un personnage spectateur, que son jeune âge et son manque d’expérience rend impuissant face à certaines situations. Si cela reste cohérent avec le développement de l’intrigue il n’en reste pas moins frustrant de voir ce personnage au potentiel grandiose se contenter d’assister en témoin impuissant aux drames qui se jouent sous ses yeux.

Une plume enchanteresse qui a su me ravir au service d’un récit qui n’a pas encore dévoilé toutes ses facettes. Une lecture idéale pour un printemps ensoleillé, cet ouvrage chante, célèbre le printemps. On y parle de vin aux riches arômes, d’olivier millénaires, de verres bus en terrasse entre amis, de douceurs à la saucisse et au fromage de brebis. C’est peut-être aussi ça, cette ritournelle solaire pour un récit aux enjeux tortueux, qui a contribué à faire de ce premier volume de capitale du sud en enchantement de la première à la dernière page.

Résumé: Enfermée derrière deux murailles immenses, la Cité est une mégalopole surpeuplée, constituée de multiples duchés. Commis d’épicerie sur le port, Nox est lié depuis son enfance à la maison de la Caouane, la tortue de mer. Il partage son temps entre livraisons de vins prestigieux et sessions de poésie avec ses amis. Suite à un coup d’éclat, il hérite d’un livre de poésie qui raconte l’origine de la Cité.

Très vite, Nox se rend compte que le texte fait écho à sa propre histoire. Malgré lui, il se retrouve emporté dans des enjeux politiques qui le dépassent, et confronté à la part sombre de sa ville, une cité-miroir peuplée de monstres.

Guillaume Chamanadjian est né en 1980 dans le Sud. Le Sang de la Cité est son premier roman.

  • Éditeur : AUX FORGES DE VULCAIN (16 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 393 pages
  • ISBN-10 : 2373051028
  • ISBN-13 978-2373051025
  • Poids de l’article : 408 g
  • Dimensions : 14 x 3.4 x 20.4 cm

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