Entretien avec Robert Taylor du groupe Fifth Era

Interprète et compositeur Britannique. Il a commencé au début des années « 80 » en tant que membre de plusieurs groupes Punk et Industriels, puis a produit de la Techno/ Breakbeat /Hardcore au début des années « 90 » avec Andrew E. Beer. Quelques années plus tard, il rencontre les initiateurs du projet Doomcore Fifth Era. Il a fondé le label éponyme et est devenu le principal compositeur et interprète de ce projet.

Avant de commencer, pouvez-vous vous présenter brièvement ?


Je m’appelle Robert Taylor et je suis interprète et compositeur, j’ai commencé au début des années « 80 » en tant que membre de plusieurs groupes punk et industriels en République Tchèque et en parallèle afin de « manger » je suis ingénieur de son mais je me cherchais. J’ai produit de la Techno / Breakbeat / Hardcore avec un ami Andrew E. Beer où en soirée nous avons rencontré Darren Lovibond et Alex Kucherenko, la création du groupe est né.

Avec les quatre membre nous avons fondé : Fifth Era qui était au début des disques autoproduit avec comme ligne directrice les Sept Péchés Capitaux que sont l’orgueil, la gourmandise la paresse, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie. Ce qui nous a permis de faire nos premières scènes à Blansko. Faire de la musique en République Tchèque n’est pas simple et encore plus avec le style électronique, mais ayant un petit carnet d’adresses j’ai fondé le label Fifth Era afin de faire presser des disques. Le premier album est donc FE # 5.

L’album n’a pas marché mais nous a fait connaitre dans le milieu, un homme nous a repéré en soirée. Nous sommes partis à Londres mais illégalement. Je ne vous cache pas qu’à l’époque nous abusions de nombreuses drogues surtout avant les concerts.

Je suis désormais professeur dans une école de musique.

Comment c’est créé le groupe?

Darren Lovibond et Alex Kucherenko ont fait ce groupe pour faire ce que l’on appelle de la musique industrielle mais ils n’avaient pas de vrai ligne directrice. Moi et Andrew ont apporté notre expérience, où chacun ont apporté ses idées et une fait une ligne directrice sur les travers humains avec les Sept Péchés Capitaux, mais au fur et à mesure que le projet progressait, chacun a apporté ses propres idées. Beaucoup de personnes peuvent pensé que l’on compose sans grandes idées mais avec Fifth Era on a créé une idéologie bien à nous.

Le but est que l’on peut écouter notre musique de deux façons. La première, comme une forme lente et Dark du Techno Hardcore, et une seconde, plus forte et qui part vers des idées bien plus fortes et plus psychologiques.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur Fifth Era et sa philosophie? Pourquoi tant de secret sur le groupe ?

À partir de FE # 5 nous avons fait une nouvelle ligne directrice qu’est le purgatoire, notre musique n’est pas religieuse mais fait écho à la religion catholique par son sens et ses rythmes. Le fait d’intégrer des sonorités diverses fait que l’on a essayé de donner un vrai univers à un style plus industriel. La mort et sa rédemption sont dans chacun des morceaux, le fait d’avoir consommé beaucoup de drogue fait aussi que l’ont pensé voler au-dessus de nos corps et que l’on devait passer d’un monde à l’autre.

Il est vrai que le groupe est très secret sur sa communication. En réalité en République Tchèque nous n’avions pas d’argent pour se filmer et les appareils photos étaient bien rare. Je vous fais remarquer que nous étions des immigrés en demande d’asile et sans papier et nous ne voulions pas revenir au pays, le fait de ne pas faire de photos et vidéos était une des conditions sur les lieux où on a joué. Et au final cela nous a fait une réputation. On pouvait faire notre musique sans être vu et ça à forger notre réputation.

Vous êtes fondateur d’un nouveau genre comme le Doomcore. Comment vous est venu la passion de jouer et comment est venu cette idée de ce genre musical avec ces sonorités lentes sombres qui font voyager mais qui semble toujours raconter une histoire.

J’avais 15 ans et j’étais à l’hôpital à l’époque mon cousin m’a donné une mixtape et j’ai entendu des musiques européennes et du monde entier, de la world music remixer etc… j’ai été époustouflé!

Avec des tambours déformés et des voix en colère, je découvrais un style bien à part et c’est vraiment un genre que j’avais en tête et que je souhaitais développer. Avec Fifth Era on a pu aboutir à ce projet. Je suis dans les rares personnes a avoir aimé un style de musique sans drogue même le monde de la musique est impardonnable là-dessus. Qu’on le souhaite ou non, on y goutte et c’est bien triste. La musique nous ouvre tant de porte, la passion de jouer, aussi le partager et avoir un public pour jouer face à lui est rien de mieux. Nous avons fait des raves à coté de Londres, dans les souterrains, dans des endroits insolites et justes pour cela jouer est le plus grand bonheur.

J’ai beaucoup appris en faisant de la musique. Mettre toute votre énergie dans la création d’un morceau, d’approfondir vos émotions et de tirer parti de cela et de le faire passer dans la musique peux être très satisfaisant (et parfois épuisant). Mais le travail acharné et le plaisir du début à la fin de la production font partie de la dépendance à la musique.

Quels ont été vos influences en tant que groupe ?

Les Beatles ont eu une énorme influence sur nous en tant que groupe, tout le monde veut être comme eux et leur musique si populaire arrive à nous donner tant d’émotion. Faire de l’électro ne veux pas dire que l’on doit en écouter tout le temps. Si j’ai un conseil à donner à chacun et c’est ce que je fais en tant que professeur c’est écouter tout style de musique. Que ce soit de la musique populaire, de la musique classique notre esprit a besoin d’écouter de tout, c’est mauvais pour l’esprit d’écouter qu’un style de musique.

Quel est la signification de Fifth era?

C’est une signification mi-religieuse mi-biblique. Dans la religion il y a les Sept Églises de l’Apocalypse et la Cinquième est celle du purgatoire, celle du jugement de l’être humain.

Pourquoi vos titres musicaux n’ont pas de nom et quel équipement vous utiliser ? 

Si nous ne donnons pas de nom à nos titres c’est que nous ne voulons pas influencer l’auditeur sur son écoute, qu’il ressente le titre à même l’audition et la vive tel quel.

C’est oser mais on aime pas faire comme tout le monde et lors de la production on ne joue vraiment pas trop fort, on le fait avec un Pioneer CDJ-2000 et un Numark TDC05. Parmi les autres claviers qui font partie de mon arsenal, j’utilise le Akai Pro LPK25 et les contrôleurs clavier MIDI Novation 61SL MKII ainsi qu’un Ableton Push et un Prism Sound Orpheus.

Quel message voulez-vous faire passer à vos fans ?

Si je dois dire une chose : « Écoutez de la musique. Ouvrez votre esprit pour tout type de musique, ne vous focalisez pas sur un style. Découvrez et profitez de la vie. »

Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCy8QklpXEsyj92gaegrV8Mw

Sound Base Music :https://sbmonline.de/

INTERVIEW : Alicia Desnoyer

fifthera - YouTube

Une réflexion sur “Entretien avec Robert Taylor du groupe Fifth Era

  1. Même si je ne partage pas le style de vie de ces nouveaux jeunes, j’apprécie leur volonté, leur courage, et leur détermination à produire leur musique d’un genre nouveau, qui, semble intéresser la jeunesse d’aujourd’hui ! Bravo, et bon courage…!

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