Conan le Cimmérien – 7 juillet 2021 de Robert E. Howard

Conan est l’un des personnages de fiction les plus connus au monde. Robert E. Howard l’a créé en 1932 et avec lui, l’heroic fantasy. Ce héros, ainsi que la puissance évocatrice de l’écriture de son auteur, a eu et a toujours une influence majeure, au moins égale à celle de Tolkien, sur tout l’imaginaire occidental.

Achat : https://amzn.to/3BGhjgF

Chronique : Conan le Cimmérien est un classique de la littérature Fantasy et offre suffisamment de Conan pour satisfaire, mais pas trop pour ne pas se gaver de ce barbare macho. Les histoires de ce volume sont présentées dans l’ordre où elles ont été écrites,. Dans cet ordre, on peut voir l’écriture de Howard évoluer au fur et à mesure que le livre avance. Howard se répète, tant dans la caractérisation que dans l’intrigue, à quelques reprises. Mais c’est en fait une vertu dans ce cas, car cela « épaissit » le personnage de Conan. Si le lecteur ne se limite qu’à quelques histoires de Conan, il passe à côté de l’approfondissement du personnage – il ne s’agit pas nécessairement d’une croissance, puisqu’il est, à la base, toujours le même. Mais Conan est un personnage plus profond que vous ne l’imaginez si vous avez limité votre vision de lui à quelques histoires seulement.

Il y a un certain nombre d’excellentes histoires dans ce volume, bien qu’aucune ne soit sans défaut. « La Tour de l’Eléphant », par exemple, est une grande histoire mystique, malheureusement gâchée par la rencontre improbable (et très peu crédible) avec le maître voleur, Taurus de Némédia.

La « Reine de la Côte Noire » est ce qui se rapproche le plus d’une romance dans un récit de Conan, une romance qui est favorisée par Belit (la reine dont il est question dans le titre) et son incroyable pulsion hormonale. Cette histoire montre vraiment Howard sous son plus mauvais jour, comme en témoigne une énorme chute d’informations au milieu de l’histoire, de la bouche même de Conan. Pour être honnête, je préfère Conan quand il parle moins. ce texte est représentatif de tout ce qui fait qu’une histoire de Conan est une histoire de Conan : mystère, sorcellerie, luxure et vengeance. Si vous parvenez à faire abstraction du racisme et du sexisme affichés, ou du moins à réprimer l’envie d’arrêter la lecture par pur dégoût pour ces attitudes dépassées, vous trouverez là une histoire de qualité, voire élégante.

Le « Colosse noir » contient peut-être la meilleure description de la raison pour laquelle l’attitude du barbare est si… eh bien, barbare :

Conan écoutait, imperturbable. La guerre était son métier. La vie était une bataille continuelle, ou une série de batailles ; depuis sa naissance, la mort était une compagne constante. Elle rôdait horriblement à ses côtés ; elle se tenait sur son épaule, près des tables de jeu ; ses doigts osseux secouaient les gobelets de vin. Elle se dressait au-dessus de lui, ombre monstrueuse et encapuchonnée, lorsqu’il se couchait pour dormir. Il ne se souciait pas plus de sa présence qu’un roi ne se soucie de la présence de son échanson. Un jour, son étreinte osseuse se refermerait, c’était tout. Il lui suffisait de vivre le présent.

La Maison aux trois bandits est l’une de mes histoires préférées de ce volume, mais pas à cause de Conan, qui ne joue qu’un rôle périphérique dans l’histoire jusqu’à son apogée. Cette histoire était pleine de mystère et de trahison, avec un homme-bête démoniaque comme méchant (le plus évident) et une foule d’astuces technologiques déguisées en sorcellerie qui conféraient à l’intrigue une excentricité rafraîchissante. Que demander de plus dans un récit d’épée et de sorcellerie ?

Le Diable d’Airain semble rassembler de nombreux tropes trouvés dans les histoires précédentes et constitue le point culminant approprié du volume. Il s’agit de l’histoire la plus proche que Conan n’ait jamais eu, donc si vous avez besoin d’un jeu de rôle, cette histoire est faite pour vous.

Une section d’Appendices assez longue conclut le livre, mais c’est une sorte d’anticlimax, si on le lit directement. De temps en temps, je revenais à cette section lorsque je sentais la fatigue du lecteur s’installer. J’ai trouvé que les articles sur l’âge hyborien et sur la genèse de la carrière d’Howard étaient des diversions temporaires bienvenues qui m’ont permis de me ressourcer pour aborder d’autres histoires. Les deux cartes brutes ont également permis de contextualiser les histoires dans des limites géographiques.

J’ai omis de mentionner de nombreuses histoires dans ce volume. C’est intentionnel. Vous pouvez ou ne pouvez pas aimer les mêmes histoires que moi, mais je crois qu’il y a assez dans ce roman pour justifier un bon, long moment de votre temps de lecture.

Note : 9,5/10

ASIN ‏ : ‎ B08YML2VKC Éditeur ‏ : ‎ Bragelonne (7 juillet 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 544 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1028116743

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s