L’Âge de la folie, T1 : Un soupçon de haine de Joe Abercrombie , et une grande rasade de plaisir

Dans le ciel d’Adua, les cheminées industrielles crachent leur fumée et le monde nouveau regorge de possibilités. Mais les temps anciens ont la peau dure. À la frontière du Pays des Angles, dans un bain de sang, Leo dan Brock cherche à se couvrir de gloire… et à écraser les hordes de maraudeurs. Pour vaincre, il a besoin du soutien de la couronne. Hélas, le prince Orso ne vit que pour trahir…

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Chronique : Difficile de retranscrire en quelques mots la joie que j’ai eu en découvrant que j’allais avoir l’occasion de lire en exclusivité le nouveau roman de Joe Abercrombie. Cet auteur anglais de fantasy est le plus doué mais également le plus irrévérencieux que j’ai pu lire. En cela il s’apparente à ce camarade de classe au lycée qui passait son temps à sécher les cours et défier l’autorité tout en obtenant les meilleures notes.

Abercrombie s’amuse en effet à tordre les codes du genre dans lequel il a décidé de devenir l’une des têtes d’affiche, la fantasy, un genre qui est devenu extrêmement codifié au fil des décennies, au point de paraître parfois sclérosé. Avec deux trilogies déjà parues, trois récits indépendants et un recueil de nouvelles l’auteur est parvenue à redéfinir les codes de la fantasy. Sa recette pour y parvenir est simple, une intrigue faites de complots, de trahison et de guerres absurdes, le tout servie par des personnages complexes à la personnalité bien étudiée et des dialogues taillés sur mesure.

Avec ce premier volume de L’âge de raison il entame le second cycle qui développe l’univers de La première loi, sa toute première saga, dont le twist final m’avait laissé pantois tellement je ne l’avais pas vu venir. Évidemment la lecture de cette première trilogie est chaudement recommandée si vous voulez saisir toutes les références distillées dans le présent ouvrage ainsi que le nouveau statu-quo politique et géopolitique. Les amateurs de cette saga initiale se retrouveront vite en terrain connu tandis que les lecteurs imprudents risquent de sentir une certaine frustration à ne pouvoir saisir toutes les subtilités de l’intrigue. L’auteur profite de ce second cycle se déroulant dans le même univers pour casser un autre code de la fantasy qui veut que le progrès reste au point mort dans les univers fantastiques, condamnés à stagner éternellement dans un moyen Âge où la technologie n’évolue pas. Ici Abercrombie invite la révolution industrielle dans son récit avec toutes les conséquences que cela entraîne.

Mais trêve de tergiversations, ce premier volume d’un nouveau cycle se révèle-t-il à la hauteur des attentes ? En ce qui me concerne c’est un grand oui même s’il faut reconnaître que l’auteur se contente d’aiguiser sa plume avec les mêmes outils et que les connaisseurs de son style ne sauront guère surpris à la lecture ce nouveau roman. Mais la formule à beau être connue elle n’en reste pas moins acérée et efficace.

Ladite formule repose sur des ingrédients simples que certains auteurs, de fantasy mais pas uniquement, feraient mieux de reprendre à leurs comptes. Une formule qui consiste à laisser la part belle aux dialogues ciselés et où chaque personnage rivalise de sarcasmes et de réparties cinglantes. Des dialogues soutenus par des personnages complexes, perclus de contradictions, de ressentiments, d’ambitions, de désir, en somme des personnages profondément humains auxquels l’auteur parvient à accorder de l’épaisseur en quelques réflexions intérieures qui nous font part de tous leurs paradoxes.

Les protagonistes principaux sont nombreux mais l’auteur parvient à laisser de la place à chacun d’entre eux, y compris les personnages secondaires. Certains d’entre eux répondent aux figures classiques de la fantasy mais toujours avec cette touche grinçante signée Abercrombie. D’autres par contre sont des parfaits exemples de personnalités que nous adorons détester à travers les médias et les réseaux sociaux. Ainsi le prince dépravé Orso, exemple typique de la décadence royale, fait écho à une certaine Paris Hilton, mais le dégoût qu’il inspire à la population n’est jamais aussi grand que celui qu’il ressent envers lui-même. À l’opposé la déterminée Savine renvoie à l’image du capitaine d’industrie avide de profit et peu regardant sur les conditions de travail de ses employés, mais son cynisme et son ambition cachent une impuissance face à la pression sociale et une rage qui la pousse à prouver au monde sa valeur. Le premier tiers du récit permet de faire connaissance avec tout ce beau monde avant que l’action ne déferle de manière irrémédiable.

Les scènes d’action sont autre atout du récit, là où d’autres auteurs s’attachent à détailler précisément la moindre action ainsi que le moindre brin d’herbe du champ de bataille, Abercrombie lui va nous décrire la bataille pour ce qu’elle est vraiment, une apocalypse sans nom où mille choses se déroulent en même temps, où la bravoure est aussi rare que l’honnêteté en politique, où la survie tient plus de la chance que de l’expérience. Il adopte le point de vue d’un spectateur lambda qui assisterait à une scène de bataille médiévale sans en connaître le vocabulaire pour narrer simplement des scènes de combat réalistes. Il en résulte une grande clarté dans ces scènes où souvent les protagonistes sont tout aussi désemparés que le lecteur.

L’ouvrage offre peu de descriptions et l’auteur ne s’attarde guère sur cet aspect de la narration, sans doute a-t-il conscience que cela n’est pas le point fort de sa plume mais peu importe au final car l’intrigue, qui n’a fait que se dévoiler partiellement durant ce premier tome, et les personnages suffisent amplement à accomplir le voyage sur les terres de l’Union. L’intrigue est un entrelacs de complots et de conflits territoriaux auréolé de revendications sociales qui font bien sûr échos aux troubles qui secouent nos chers pays occidentaux.

Avec cet auteur il faut s’attendre à tout, et même si mes connaissances sur son univers me permettent de voir parfois les ficelles de son intrigue je m’attends à être agréablement surpris dans les tomes suivants dont je vais ardemment surveiller la parution.

  • Poids de l’article : 740 g
  • Broché : 528 pages
  • ISBN-13 : 979-1028118341
  • Dimensions : 15.4 x 4.2 x 23.8 cm
  • Éditeur : Bragelonne (2 décembre 2020)
  • Langue : : Français

 

Retour sur l’année 2020 avec mes meilleures lectures de littérature générale

Dissimulés parmis toutes mes lectures policières et fantastiques de l’année 2020, quelques livres de littérature française générale se sont glissés et ont su m’accaparer tant par leurs styles que par leurs histoires. Certains d’entres eux se rapprochent d’ailleurs beaucoup de la littérature noire de par leurs thèmes, leurs personnages et leurs atmosphères pesantes. L’heure n’est pas encore aux bonnes résolutions pour l’année prochaine mais je vais pourtant en prendre une dès maintenant, celle de lire plus de littérature générale, qu’elle soit d’origine française ou étrangère. Cela va me demander un peu d’effort et de discipline, et surtout d’arrêter de me faire piéger par des quatrième de couverture mensongères. En attendant je vous laisse découvrir ce classement composé de cinq ouvrages qui m’ont marqué en cette troublante année.

1 Derrière les panneaux il y a des hommes de Joseph Incardona

On commence fort avec l’un des romans le plus pessimiste qu’il m’ait été donné de lire cette année. Un roman d’une noirceur absolue, une atmosphère étouffante, des scènes d’une crudité malsaine et une cruauté implacable. Tels sont les éléments qui parcourent ce roman sans concessions. Une roman d’une beauté saisissante, une beauté sombre et inavouable. Un roman où les réflexions personnelles des personnages sont des tirs de sniper qui visent juste à chaques fois.

https://culturevsnews.com/2020/09/22/derriere-les-panneaux-il-y-a-des-hommes-de-joseph-incardona-lorsque-lasphalte-nous-rappelle-notre-condition-humaine/

2 Mon père de Grégoire Delacourt

En seconde place se trouve à nouveau un livre d’une noirceur insondable. La douleur d’un homme face à l’horreur. La rage d’un père impuissant face au traumatisme de son enfant. La tristesse d’un catholique qui se voit confronté aux limites de sa foi. Un livre que l’on achève les joues striés de larmes et le ventre noué par des hauts-le-cœur.

https://culturevsnews.com/2020/09/07/mon-pere-de-gregoire-delacourt-et-de-lignoble-surgit-la-beaute/

3 Comment cela finit de Saskia Sarginson

On passe à un recit plus positif mais tout aussi poignant. Il faut laisser à l’auteur le temps d’installer son récit avant d’avoir la possibilité de lire des scènes d’une tendresse qui arracheront des larmes même aux cœurs le plus endurcis. Les personnages sont d’une justesse rarement égalée et le destin de Hedy constitue la véritable force du récit.

https://culturevsnews.com/2020/02/21/comment-cela-finit-de-saskia-sarginson/

4 L’emprise de Marc Dugain

On repart sur un roman noir, non pas par l’atmosphère pesante mais par son cynisme et son pessimisme. La nature humaine n’est pas à l’honneur dans ce récit qui prend des airs de chronique d’espionnage. Le style journalistique de l’auteur évite l’emphase et permet de prendre la mesure de la gangrène qui règnent dans le paysage politique français.

https://culturevsnews.com/2020/02/21/comment-cela-finit-de-saskia-sarginson/

5 Le petit Lebanski de Stéphane Chamak

On finit ce classement par le seul auteur auto-édité que j’ai lu cette année. La raison est toute simple j’emprunte les livres en médiathèque où les auto-édités sont rares malheureusement et je dispose d’un budget serré, d’ailleurs parmis les livres de ce classement figure un seul livre envoyé par une maison d’éditions. L’auteur m’as fait l’honneur de me contacter personnellement et de m’envoyer son roman . J’ai eu le plaisir de découvrir une plume qui manie aussi bien le sarcasme, le cynisme, l’humour grinçant mais aussi l’intime. Si toute la partie burlesque du récit est plaisante à suivre c’est lors de ces scènes intimes que l’auteur démontre tout son talent à travers la relation de ce fils et son père perclus de non-dit douloureux. Un auteur à découvrir et qui nous réserve de belles surprises à l’avenir.

https://culturevsnews.com/2020/08/04/le-petit-lebanski-de-stephane-chamak-quand-la-vie-vous-ricoche-sur-la-figure/

Retour sur l’année 2020 avec mes meilleures lectures fantastiques

On continue la rétrospective 2020 avec cette fois-ci les œuvres qui m’ont le plus enthousiasmé dans le domaine des lectures de l’imaginaire. Un genre souvent méprisé mais qui offre pourtant de superbes moments d’évasions. Un classement composé uniquement de cinq ouvrages il a fallu faire des choix malheureusement. Petite précision sur ce classement les lectures du mois de décembre ne seront évidemment pas oubliées elles apparaîtront dans le classement de l’année prochaine.

1 chien de guerre d’Adrian Tchaikovsky

On commence avec de la science-fiction, un récit dont le personnage principal est un chien et où l’homme tient le second rôle, et pas le plus glorieux. Mais pas n’importe quel chien, une machine à tuer commandé par l’homme qui va peu à peu prendre son indépendance. Une fable remplie d’humanité comme son titre ne le laisse pas paraître.

https://culturevsnews.com/2020/10/28/chiens-de-guerre-dadrian-tchaikovsky-science-sans-conscience/

2 une cosmologie de monstres de Shaun Hamill

Une lecture déconcertante car l’horizon de lecture était tout autre au moment d’entamer la lecture. Shaun Hamill signe une œuvre poignante et profonde avec en toile de fond l’héritage lovecraftien. Si vous souhaitez découvrir une saga familiale parsemée d’éléments fantastique ce livre est fait pour vous.

https://culturevsnews.com/2020/01/27/une-cosmologie-de-monstre-de-shaun-hamill/

3 Vaisseau d’arcanes d’Adrien Tomas

Voilà sans doute la lecture de fantasy la plus rafraîchissante que j’ai pu lire cette année. Un univers où la magie côtoie la technologie, des personnages immédiatement attachants et un récit tout sauf manichéen. Un auteur qui ne demande qu’à ce que je découvre le reste de ses œuvres.

https://culturevsnews.com/2020/08/28/vaisseau-darcanes-dadrien-tomas-editions-mnemos-28-aout/

4 Cochrane vs Cthulu de Gilberto Villarroel

J’adore lorsqu’un auteur parvient à s’emparer des éléments de l’univers de Lovecraft pour écrire sa propre histoire. Dans ce récit où la brume maritime dissimule de sombres créatures, vous pourrez suivre une figure historique anglaise, lord Thomas Cochrane, qui assiège fort Boyard rien que ça.

https://culturevsnews.com/2020/09/08/cochrane-vs-cthulu-de-gilberto-villarroel-la-bataille-secrete-de-fort-boyard/

5 l’outsider de Stephen King

On achève ce classement sur une lecture récente, il n’y aura donc pas de lien renvoyant vers une chronique antérieure. Quelques lignes suffiront pour vous dire que cette livraison 2019 du maitre de l’horreur m’a bien plus convaincu que l’institut paru en début d’année. La narration resserrée, la variation sur l’image du croque-mitaine, les retournements de situation que je n’avais pas vue venir et une intrigue constamment sur la corde raide permettent à ce thriller horrifique d’atteindre la cinquième place du classement malgré une fin précipitée mais les connaisseurs du King ont l’habitude malheureusement.

Retour sur l’année 2020 avec mes meilleures lectures polars

Aussi anxiogène, amer et morbide fut-elle l’année 2020 signe aussi ma première année complète en tant que blogueur sur culturevsnews. Une année faste faite de découvertes, d’échanges, de rencontres, souvent virtuelles étant donné la situation actuelle, de déceptions et surtout de lectures passionnantes. Alors que le compteur approche doucement des 130 livres lus, j’ai pris la décision de condenser mes meilleures lectures sous forme de classement séparés en trois parties, une consacrée aux polars, une autre aux récits fantasy, fantastiques et de science-fiction et enfin un dernier focalisé sur la littérature générale. Ce classement, complètement subjectif, réunit aussi bien des nouveautés que des ouvrages parus depuis plus longtemps et chacun d’entre eux pourraient être une idée cadeau pour une certaine fête qui arrive. Pour chacun des titres choisis je mettrais un lien qui ramène à la chronique originale.

1 le sang du bayou de Joe R. Lansdale

Pour la première place du classement je triche un peu le sang du bayou est en effet un groupement de trois romans, une édition colossale qui atteint les 800 pages. Les trois récits sont tous de qualité mais si vous lancez dans cette lecture vous effraie vous pouvez vous contenter de dénicher le second récit de cette édition les marécages. Un récit noir situé dans une Amérique sudiste où le racisme et la ségrégation sont encore les piliers de la société, la plume immersive et évocatrice de Lansdale ne vous laissera pas indemne.

https://culturevsnews.com/2020/10/17/le-sang-du-bayou-de-joe-r-lansdale-quand-le-sordide-et-le-racisme-sont-au-service-dune-jolie-plume/

2 la mort selon Turner de Tim Willocks

On continue avec un auteur qui ne m’a jamais déçu jusqu’à présent, j’ai nommé Tim Willocks. Il signe ici un western moderne sanglant et sans aucune concession ainsi qu’un portrait peu glorieux de l’Afrique du Sud gangrenée par la violence, la corruption et la misère la plus totale.

https://culturevsnews.com/2020/02/10/la-mort-selon-turner-de-tim-willocks/

3 Représailles de Florian Eglin

Encore un roman noir violent et sans concessions, à se demander quelles sombres pulsions sommeillent en moi pour apprécier de tels récits ? Représailles est un traité sur la violence et ses conséquences dévastatrices. Cette œuvre est tel un fauve enragé, il va vous sauter à la gorge et ne plus vous lâcher.

https://culturevsnews.com/2020/03/18/represailles-de-florian-eglin/

4 Tout un été sans Facebook de Romain Puertolas

On enchaîne avec une lecture plus légère mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas une certaine profondeur dans ce récit à l’humour omniprésent. L’auteur manie le style et la forme pour une œuvre qui agit comme un véritable bol d’air frais.

https://culturevsnews.com/2020/09/20/tout-un-ete-sans-facebook-de-romain-puertolas-saint-reseau-sociaux-delivre-nous-du-mal/

5 City of Windows de Robert Pobi

C’est un polar addictif qui occupe la cinquième place du classement. Celui qui fut ma première lecture de l’année résonne encore dans ma tête avec son style accrocheur et son récit trépidant mâtiné de critique sociale. Un portrait grinçant de l’Amérique et de sa culture de la violence.

https://culturevsnews.com/2020/01/06/city-of-windows-de-robert-pobi-8-janvier-2020/

6 Sur le ciel effondré de Colin Niel

Un récit d’une noirceur et d’un pessimisme rarement égalé soutenu par une plume aérienne et poétique. Un constat amer sur la Guyane moderne. Un auteur dont il me tarde de découvrir les autres ouvrages.

https://culturevsnews.com/2020/09/30/sur-le-ciel-effondre-de-colin-niel-un-cauchemar-pourtant-bien-reel/

7 L’arbre aux fées de B. Michael Radburn

Au moment de constituer la liste des ouvrages qui devait figurer dans ce classement je me suis surpris à sélectionner celui-ci plutôt que d’autres. L’arbre aux fées fût une lecture plaisante mais pas une pépite non plus. Pourtant la plume poétique de l’auteur teintée de mélancolie, ses descriptions d’une ville en voie de disparition et ses paysages enneigés accaparent encore mon esprit. Un auteur que je vais suivre avec attention et que je rapproche de l’auteur islandais Arnaldur Indridason de par son récit profondément empathique.

https://culturevsnews.com/2020/09/27/larbre-aux-fees-de-r-michael-radburn-un-voyage-enchanteur-empreint-dune-poesie-melancolique/

8 Bienvenue à Gomorrhe de Tom Chatfield

L’année 2020 a également été pour moi l’occasion de signer mon premier partenariat avec une maison d’édition, les Éditions Hugo m’ont en effet accordé leur confiance depuis quelques mois pour chroniquer leurs romans policiers. Bienvenue à Gomorrhe fût une excellente surprise, un techno-thriller sur fond d’espionnage qui donne l’impression de se passer dans un autre monde tant il décrit un univers angoissant mais malheureusement terriblement réel.

https://culturevsnews.com/2020/10/15/bienvenue-a-gomorrhe-de-tom-chatfield-inutile-de-lutter-vous-avez-deja-perdu/

9 Brasier noir de Greg Iles

Décidément les ravages du racisme et de la ségrégation auront marqué mon année de lecteur. Même si l’auteur m’a déçu avec le second volet de sa trilogie, il faut reconnaître que le premier volume est un récit d’une noirceur écarlate qui jette une lumière aveuglante sur la mentalité sudiste. Un récit dense mais à la narration claire qui vous entraînera dans un maelström d’horreur.

https://culturevsnews.com/2020/04/07/brasier-noir-de-greg-iles-actes-sud/

10 Ceci n’est pas unechanson d’amour d’Alessandro Robecchi

On termine avec un polar italien des plus jubilatoires. Ce récit qui oscille entre l’humour et le cynisme propose de vous emmener à travers les rues de Milan dans une virée dont tout le monde ne ressortira pas indemne. Une réflexion sur la société du spectacle audiovisuel qui en reprend les codes pour nous offrir un régal de situations comiques et tendues.

https://culturevsnews.com/2020/08/20/ceci-nest-pas-une-histoire-damour-dalessandro-robecchi-20-aout-2020/

New-York 2140 de Kim Stanley Robinson, l’humanité trouvera toujours un chemin

Le nouveau livre de Kim Stanley Robinson, un auteur renommé et récompensé à de multiples reprises, brasse tellement de thèmes disparates qu’il risque bien de laisser nombre de lecteurs sur le rivage. Pourtant le sujet dont il traite et la manière de le mettre en scène mérite l’attention.

Les premières pages de ce récit à l’intrigue décompresser feront prendre conscience de deux choses au lecteur. La première c’est qu’il est face à une œuvre exigeante, ardue même par moments, mais aussi profondément intéressante tant par l’univers mis en place, la ville de New York immergée et toutes les conséquences que cela implique, que par le propos qui va au-delà du simple discours écologique. La deuxième c’est que cette œuvre, qui dépasse de loin le cadre de la science-fiction, est une œuvre protéiforme qui adopte un nouveau genre littéraire quasiment à chaque chapitre. On est parfois en train de lire un pamphlet contre la société occidentale consumériste avant de plonger dans un récit d’aventures et de chasse au trésor avant d’obliquer vers un thriller politique, le tout englober dans une ode à une ville insubmersible et fascinante, New York. L’ensemble du récit est un patchwork littéraire formant ainsi l’un des ouvrages les plus ambitieux qui m’ait été donné de lire cette année. Les différents personnages, assez nombreux, permettent de faire le lien entre chacun de ses passages de la narration.

Des personnages qui sont beaucoup mieux écrits que ce à quoi je m’attendais dans ce genre d’ouvrage. C’est une réalité dans ce genre de livre univers où l’auteur cherche à délivrer un message la caractérisation des personnages passent au second plan. Ici l’auteur n’a pas oublié qu’une bonne histoire c’est avant tout de bons personnages. Chacun d’entre eux est développé de manière égale, possèdent son arc narratif et son heure de gloire. On pourra ainsi faire la rencontre de Franklin, le trader cynique qui attendait juste d’avoir une cause à défendre et qui révélera son humanité au cours du récit lorsqu’il s’inquiète du sort de deux orphelins dont il se fichait royalement plus tôt. On suivra également Amelia, star du cloud, dans ses aventures rocambolesques pour la survie des espèces menacés à bord de son dirigeable automatisé. On embarquera avec l’inspectrice Gen, ancienne sumo aquatique, dans sa lutte pour garder un semblant d’ordre dans les canaux New Yorkais tandis que Charlotte, avocate et présidente du syndicat de copropriété du MET tente de déjouer l’OPA hostile dont son association est victime, épaulée par Vlade, le concierge plein de ressources de l’immeuble où tous ces personnages résident et vont unir leurs forces facent aux épreuves qui les attendent. Enfin impossible de finir cette litanie sans citer Idelba, capitaine d’une simple barge qui n’hésite pas à sortir en pleine tempête pour secourir ses concitoyens.

La plume de l’auteur se fait parfois didactique, comme lors de ses longues diatribes sur la finance mondiale, sans aucun doute les passages les plus rébarbatifs, mais elle s’allège lors des passages narratifs pour prendre des allures épiques, offrant ainsi au récit de purs moments de grâce. L’auteur a tenu à complexifier son intrigue car le monde dans lequel nous vivons est complexe et si son récit s’attache surtout au sort de la ville de New York, le discours qu’il défend est universel. Un discours optimiste, teinté cependant d’un cynisme fataliste, qui va à contre-courant des discours alarmants que l’on nous assène depuis des décennies sans pour autant que les classes dirigeantes ne réagissent. Un discours qui tend à démontrer que l’humanité est résiliente est que malgré les catastrophes, dont elle est souvent responsable, elle trouvera aussi bien souvent les solutions par elle-même.

Par bien des aspects New York 2140 est une œuvre complexe, qui mérite de l’attention et de la concentration de la part des lecteurs, mais pour ceux qui sauront faire abstraction de son rythme décompressé et de son aspect didactique c’est une formidable plongée dans un récit touchant et renversant qui les attend et dont toute la portée pourrait se résumer à travers une phrase prononcée par un personnage au détour d’un dialogue « on perd jusqu’à ce qu’on gagne ».

Résumé: Avec l’élévation du niveau des mers, chaque avenue est devenue un canal, chaque gratte-ciel, une île. Pour les habitants d’un immeuble de Madison Square, cependant, New York en 2140 est loin d’être seulement une cité submergée par les eaux.

Il y a le trader, qui trouve des opportunités là où d’autres voient des problèmes. Il y a la policière, dont le travail ne disparaîtra jamais… de même que celui des avocats, bien sûr.

Il y a la star d’Internet, adulée par des millions de personnes pour ses aventures en dirigeable, et le gérant de l’immeuble, respecté par tous pour son souci du détail. Et puis il y a deux gamins qui n’habitent pas ici, mais qui n’ont pas d’autre foyer, et qui sont plus importants que quiconque pourrait l’imaginer.

Enfin, il y a les codeurs résidant temporairement sur le toit, et dont la disparition provoque une série d’événements qui vont menacer la vie de tous, et jusqu’aux fondations secrètes sur lesquelles repose la ville…

Bienvenue à New York en 2140.

  • Broché : 672 pages
  • ISBN-13 : 979-1028114374
  • Poids de l’article : 744 g
  • Dimensions : 15.3 x 4.2 x 23.8 cm
  • Éditeur : Bragelonne (18 novembre 2020)
  • ASIN : B08CPB4ZNH
  • Langue : : Français

Fils-des-brumes tome 1 L’empire ultime de Brandon Sanderson, une saga épique, dense et surprenante

L’amateur de littérature fantastique que je suis n’est jamais rassasié. J’ai beau empiler dans ma mémoire de lecteur des dizaines et des dizaines de mondes imaginaires créés par des auteurs de tout horizons et de tout style, il m’en faut toujours plus. C’est pourquoi, après avoir beaucoup entendu parler de cet auteur américain et de sa saga j’ai décidé de m’aventurer sur les terres de l’Empire ultime.

Comme toute saga de fantasy les premiers chapitres ne sont qu’une longue introduction à l’univers. L’auteur parvient rapidement à nous happer dans son univers par le biais de ces deux personnages principaux. Le turbulent Kelsier, qui agira comme élément perturbateur, mentor et vecteur de changement sans jamais se défaire de son panache et de son sourire énigmatique. Vin, quant à elle, est chargée d’endosser le rôle de l’enfant prodige, l’élue qui ignore encore sa valeur. Un rôle lu et relu auquel l’auteur parvient à accorder de la profondeur en insistant sur l’aspect méfiant et réservé de son héroïne, qui n’arrive tout simplement pas à concevoir qu’il lui arrive enfin quelque chose dans sa vie dont elle n’est pas victime.

Puis très vite l’intrigue prend une direction plus linéaire. On suit Vin, qui endosse véritablement la cape de personnage principal, dans sa découverte d’un univers inconnu et de pouvoirs insoupçonnés. Le système de magie mis en place par l’auteur est original, structuré et offre suffisamment de subtilité pour de futures surprises. La plume simple, sans lyrisme ni emphase, permet de détailler tous les éléments nécessaires à la compréhension de l’intrigue, la magie, le système politique, l’Histoire de l’empire sans jamais donner l’impression de lire un exposé, le tout est intégré à la narration. D’un autre côté on pourrait reprocher à l’ouvrage d’être trop linéaire, on se focalise sur Vin pour ne la délaisser qu’à de rares occasions, ce qui entraîne parfois une certaine lassitude.

L’ouvrage ne souffre pas de longueurs à proprement parler mais l’intrigue fait du surplace sur certains points durant de nombreuses pages avant de connaître des soubresauts pas toujours très bien amenés. Toutefois l’auteur maîtrise suffisamment la narration pour nous offrir d’intenses chapitres qui font la part belle à l’action et aux combats. J’avais peur que certains passages durant lesquelles Vin doit endosser un rôle à cent lieues de ses origines se révèlent particulièrement ennuyeux mais il n’en ait rien. Certes les intrigues de cours que l’auteur cherche à mettre en place n’atteignent jamais la profondeur et la complexité d’autres grandes sagas de fantasy mais permet de mettre en place une idylle entre Vin et un personnage auquel je suis parvenu à m’attacher, à ma plus grande surprise.

Aussi linéaire soit l’intrigue, elle réserve toutefois d’excellentes surprises et autres retournements de situation, surtout vers le dénouement, qui pourrait apparaître comme précipité mais qui a le mérite de ne pas faire traîner certaines situations. Le lecteur tatillon pourra quand même se demander à quoi bon tous ces complots et cet espionnage auquel s’adonnent les protagonistes durant les deux tiers de l’ouvrage pour un maigre résultat mais ce serait pinailler. L’auteur, désireux de donner un coup d’accélérateur, à son intrigue a préféré conclure certaines intrigues et préparer le terrain pour un volume deux qui s’annonce tout aussi épique.

L’amateur de fantasy est donc satisfait avec ce premier volume d’une saga prometteuse. Des personnages bien écrits, un univers riche et complexe, il y a là de quoi combler l’appétit de n’importe quel ogre de lecteur. J’espère juste que l’auteur saura conjuguer les intrigues sur le long terme et la résolution de celles-ci dans les futurs tomes de sa saga sans forcément verser dans l’action trépidante mais un peu facile.

Résumé: Les brumes règnent sur la nuit, le Seigneur Maître sur le monde.

Vin ne connaît de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de mille ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux. Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un projet fou : renverser l’Empire.

  • Poche : 928 pages
  • ISBN-10 : 2253023604
  • ISBN-13 : 978-2253023609
  • Dimensions : 10.8 x 5 x 17.7 cm
  • Éditeur : Le Livre de Poche (12 octobre 2011)
  • Poids de l’article : 440 g

L’affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe, sombre époque, sombre cœur

Voilà un roman noir qui remporte haut la main le prix de l’originalité. Pensez donc, prendre comme personnage principal un flic ripoux et collabo afin de revenir sur la période la plus honteuse de l’histoire française, à savoir l’occupation allemande durant la Seconde Guerre Mondiale. Une œuvre qui marche sur la corde raide tant le sujet est encore délicat à aborder de nos jours mais qui s’en tire plutôt bien.

Le récit est donc avant tout le portrait d’un homme, un anti-héros comme on en fait peu. Tout le génie de l’auteur est d’être parvenu à dresser le portrait d’un homme de son époque tout en apportant quelques nuances salvatrices pour le lecteur, histoire de se dire que l’on n’est pas en train de suivre les enquêtes d’un parfait salopard, même si on en ait pas loin. L’inspecteur Sadorski est donc un homme de son époque, traumatisé par un épisode sanglant de la drôle de guerre, misogyne, raciste et fervent patriote. Un antisémitisme convaincu finit de brosser le portrait de ce français fier de collaborer avec l’Allemagne. Au niveau professionnel ce n’est guère plus reluisant, Sadorski empoche régulièrement des pots-de-vin, applique à la lettre les consignes de l’occupant, voue un culte au maréchal Pétain, capable des pires manipulations pour parvenir à ces fins et n’a rien contre la torture lors des interrogatoires. Un homme charmant donc, qui malgré son dévouement à la cause nazie aura l’occasion de découvrir les prisons douillettes de Berlin ainsi que les pratiques d’incarcération qui n’ont rien à envier aux prisons françaises. Ce sera l’une des seules occasions de voir se fendiller le masque mesquin de l’inspecteur et d’y déceler une trace d’humanité. Un personnage détestable donc mais que l’on prend plaisir à voir se débattre entre patriotisme mal placé et servilité infâme. Il y a juste une scène vers le dénouement qui m’a un peu surpris par son voyeurisme. Une scène qui tranche avec l’élan d’empathie dont il a pu faire preuve quelques pages en amont mais c’est un détail, globalement l’auteur dresse un portrait convaincant d’un homme complexe.

En ce qui concerne l’intrigue celle-ci ne commence qu’après cet intermède douloureux sur les terres d’Hitler. En fait d’enquête durant l’occupation l’auteur a surtout voulu retranscrire le quotidien d’un policier durant cette période trouble. On suit donc ce cher Sadorski durant des rafles, des contrôles publics, des interrogatoires musclés et lors de promenades bucoliques avec des officiers allemands. L’enquête passe quelque peu au second plan sans pour autant que le rythme s’en retrouve alourdi. La description du travail auquel s’applique l’inspecteur est suffisamment glaçant pour nous maintenir en haleine.

Par contre il faut souligner que l’auteur n’est pas vraiment parvenu à décrire Paris et l’atmosphère de cette France pétainiste. La faute a un style technique qui déroule tout l’organigramme des services de police français et ceux de la Gestapo mais oublie d’insuffler un peu de caractère aux rues de Paris. Le roman s’attache beaucoup à la psychologie de son personnage principal, qui est une réussite, mais ne parvient pas à nous faire respirer l’air de cette époque si particulière dans les lignes de son récit.

Un roman courageux, qui a le mérite de regarder en face un passé que beaucoup préfèrent oublier. Un roman original mettant en scène un personnage à la psychologie fine, un monstre persuadé de servir une cause juste mais avec tout de même un certain sens de la justice. Un récit qui ne peut laisser indifférent, un témoignage nécessaire sur une sombre époque hanté par de sombres coeurs.

Résumé: Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les  » terroristes « .
Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police… De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

  • Poids de l’article : 499 g
  • Broché : 512 pages
  • ISBN-10 : 2221187776
  • ISBN-13 : 978-2221187777
  • Dimensions : 14.2 x 3.6 x 22.6 cm
  • Éditeur : Robert Laffont (25 août 2016)
  • Langue : : Français

Truth seekers saison 1 sur Amazon prime video, Youtubeur fais mois peur

Le duo Simon Pegg et Nick Frost ont égaillé le début des années 2000 avec la fameuse trilogie cornetto mise en scène par le réalisateur Edgar Wright. Les trois films qui composent la trilogie, Shaun of the dead, Hot Fuzz et le dernier pub avant la fin du monde ont su s’imposer comme des références en matière d’écritures et de mise en scène. Les deux compères reviennent avec une série baptisée truth seekers disponible sur Amazon prime video.

Le premier rôle échoit cette fois-ci à Nick Frost tandis que Simon Pegg nous fait l’honneur de nous éblouir dans un second rôle, capillairement hilarant, qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Au reste du casting on retrouve le légendaire Alex d’orange mécanique, Malcom McDowell qui vole presque la vedette aux rôles principaux. Emma D’Arcy, Samson Kayo et Suzan Wokoma complètent le casting.

Ces deux-là mériteraient une série à eux seuls

La série s’intègre dans le genre de la comédie horrifique. Un genre très difficile à manipuler car il nécessite de maîtriser l’équilibre fragile entre l’humour et le frisson. À ce jeu d’équilibriste il faut bien reconnaître que la série penche majoritairement vers l’humour tant par l’écriture de ses personnages que par ses dialogues, souvent savoureux. Le frisson se retrouvera relégué à quelques scènes peu convaincantes. L’intérêt de cette histoire de technicien du câble à la poursuite de spectres en campagne anglaise se situe ailleurs.

Les personnages et leurs écritures sont les piliers de cette série qui n’a d’autres prétentions que de vous faire passer un bon moment. Le duo formé par Gus et Elton fonctionne à merveille, l’alchimie entre les deux acteurs est palpable. Le reste du casting vient gentiment épauler ces deux baroudeurs de l’extrême. La série se sert avec parcimonie des nouvelles technologies pour émailler les épisodes de jolies trouvailles d’écritures, comme lors de cet échange à cœur ouvert entre les cinq personnages principaux lors d’un live youtube.

Oui ce sont bien eux les meilleurs chasseurs de fantôme anglais

Le rythme de huit épisodes de trente minutes est parfait pour capter l’attention du spectateur sans prendre le risque de laisser de côté des aspects du scénario. La faiblesse principale de la série vient de la volonté des auteurs d’écrire un complot qui prend, peu à peu, de plus en plus d’importance au fil des épisodes. Une sous-intrigue poussive et inutilement alambiquée qui a bien plus de mal à convaincre que l’écriture des personnages. La série aurait gagné en efficacité en se concentrant sur des intrigues indépendantes à chaque épisode.

Malgré ce défaut qui gâche quelque peu les derniers chapitres de cette première saison, Truth seekers est une série rafraîchissante avec à sa tête un duo de créateurs iconiques de la culture pop, un casting étincelant et un humour malin qui laisse place à des moments d’émotions subtiles. Ces ghostbusters du dimanche vont vous faire passer un bon moment à défaut de vous faire vraiment peur.

Simon Pegg et sa tête de démarcheur à domicile

Synopsis: Installateur pour le plus grand fournisseur d’accès internet de Grande-Bretagne, Gus Roberts s’intéresse de près en parallèle aux affaires paranormales. Il embarque dans ses flippantes aventures Elton John, la nouvelle recrue qu’il doit former. Alors qu’il filme des lieux prétendument hantés, le duo ne tarde pas à découvrir l’existence d’un complot qui pourrait menacer la race humaine tout entière.

Depuis 2020 / 30min / Comédie, Epouvante-horreur, Fantastique

Nationalité Grande-Bretagne

Chaîne d’origine

Garulfo de Ayroles et Maïrona, il était une fois une grenouille…

Oyez osez!! Avis à la population. Il est temps pour moi de vous parler du chef-d’œuvre intemporel qui a bercé mon enfance. Relue maintes et maintes fois cette bande dessinée brillamment écrite et illustré a sans nul doute participé à forger l’adulte que je suis aujourd’hui. Un récit délicieusement naïf, drôle, émouvant servis par un dessin dynamique, riches de détails et de trouvailles graphiques.

Le scénariste de cette petite merveille se nomme Alain Ayroles, il est également scénariste de l’excellentissime série de capes et de crocs, également publié chez Delcourt et qui se charge de revisiter les classiques littéraires du XVII siècle. Garulfo se concentre sur l’époque médiévale et les contes de Grimm. Il s’empare des codes des contes pour mieux les détourner sans pour autant verser dans la parodie. Garulfo tient plus du conte philosophique dénonçant les travers de la nature humaine. Comme tout conte le récit de Garulfo contient une part de naïveté qu’il faut accepter comme tel. Mais l’auteur enrobe les mésaventures de notre brave grenouille avec des dialogues truculents parsemés d’anachronismes bienvenus qui n’ont d’autres objectifs que de réveiller les zygomatiques.

Les dessins de Maïrona contribuent grandement à la réputation de la série dans le milieu des bédéphiles. Son trait fin, nerveux et très expressifs apporte un côté cartoon au récit, le tout rehaussé par les magnifiques couleurs signées Thierry Leprevost . Les deux auteurs sont tous deux passionnés par l’histoire, la littérature de tous genres et le cinéma. Il résulte donc de leurs collaborations des cases au dynamisme rarement égalé dans la bd française, certaines scènes sont des hommages appuyés au cinéma de genre.

Les aventures de Garulfo sont composées de deux cycles. Le premier cycle constitue une aventure complète mais devant le succès rencontré à l’époque par cet improbable batracien l’éditeur encouragea le duo d’auteur à produire un second cycle. Grand bien leur en a pris car c’est au cours de ce second cycle que le talent de conteur d’Ayroles et de Maïrona explose. Si le premier cycle se propose de mettre en scène un mignon petit conte naïf, divertissant avec une morale quelque peu simpliste, le second cycle, composé de quatre tomes, redistribue les cartes et nous invite à suivre le duo d’aventuriers le plus improbable de la bande dessinée française. Ce sera l’occasion pour Ayroles de signer une fable sur la nature humaine, qui a bien peu changée depuis le moyen Âge, sur la dualité de l’âme humaine et le manque de dialogue alors même que nous sommes la seule espèce à maîtriser le langage.

Une fable touchante que l’auteur a su enrober d’ingrédients délicieux afin de rendre le tout plus digeste. L’humour est le premier d’entre eux, un humour polymorphe qui fait mouche à chaque fois, on a droit à du comique de situation, de répétition, des personnages utilisés à contre-emplois et bien évidemment des dialogues savoureux et drôles. L’auteur s’amuse également à placer de multiples références à de célèbres contes. Mais contrairement au premier cycle, où cela se limitait au clin d’œil et à un hommage général, l’intrigue va cette fois-ci s’enrichir de ces contes intemporels afin d’étayer le propos de l’auteur. Les amateurs des contes de notre enfance retrouveront avec plaisir certains des personnages les plus emblématiques de cette littérature.

Je me répète mais Garulfo reste pour moi un chef-d’œuvre intemporel. Il ya tout dans cette bd, de l’aventure, de l’humour, de la romance, une morale humaniste et une bonne dizaine de détails graphiques que l’on se surprend à découvrir au cours de la dixième lecture.

La série fait maintenant partie du fond de catalogue de Delcourt mais elle est toujours disponible en deux intégrales en la commandant chez votre libraire préféré.

Résumé: Par la magie d’un doux baiser, Garulfo la grenouille est devenue prince. Mais en s’arrachant à son insouciante vie animale, l’innocent batracien s’est précipité dans les tourments de la race humaine ! La jalousie d’une princesse, la fourberie d’un roi, la cruauté d’un grand veneur se conjuguent pour faire regretter à Garulfo la douceur de sa mare natale…

Intégrale 1

  • Relié : 96 pages
  • ISBN-10 : 2756030066
  • ISBN-13 : 978-2756030067
  • Dimensions du produit : 32 x 1.5 x 23 cm
  • Poids de l’article : 898 g
  • Éditeur : Delcourt (30 novembre 2011)

Intégrale 2

  • Broché : 200 pages
  • Poids de l’article : 1.38 kg
  • ISBN-10 : 275603116X
  • ISBN-13 : 978-2756031163
  • Éditeur : Delcourt (4 avril 2012)
  • Dimensions du produit : 32 x 2 x 23 cm