L’île interdite de James Rollins, Gare aux piqûres

On ne va pas y aller par quatre chemins pour parler de cette lecture, c’était fun, c’était divertissant, c’était tout à fait le genre de lecture de  décompression dont on a besoin lorsque l’on s’apprête à partir en vacances.

N’attendez rien du style ni de la psychologie des personnages. On lit un James Rollins avant tout pour l’action et ses intrigues pseudo scientifiques improbables mais captivantes. On en profite au passage pour glaner quelques éléments de culture générale. Dans ce volume des aventures de la force Sigma l’auteur évoque la route de l’ambre, les mines de sel de Wieliczka, un endroit qu’il m’a donné envie de visiter mais aussi les mystères entourant James Smithson et le Smithsonian.

La formule Rollins consiste à appliquer à la lettre la formule du Blockbuster hollywoodien. L’action frénétique y est juste entrecoupée de passages explicatifs, les méchants sont très méchants, voire même stupide par moments, comme le vénérable Takashi qui fait preuve de beaucoup de légèreté dans la communication de son plan diabolique, comme quoi la sagesse ne vient pas forcément avec l’âge. Les gentils sont altruistes, volontaire mais il ne faut pas trop les chercher non plus et l’intrigue est une profusion d’incohérences qui finissent par être gênantes, surtout vers le dénouement mais encore une fois la vraisemblance n’est pas ce que l’on recherche avec ce genre de lecture.

Si l’on est capable d’accepter ces défauts inhérents à ce genre de roman d’aventures on passe plutôt un bon moment. Il manque peut-être juste une pointe d’humour qui permettrait à l’intrigue de prendre un peu de recul sur cette crise mais le comic relief c’est tout un art que ne maîtrisent pas forcément les blockbuster.

Résumé: Au large des côtes du Brésil, une équipe de scientifiques découvre une île où toute vie a été éradiquée par une espèce inconnue et extrêmement dangereuse. Avant d’avoir pu rapporter leur découverte, ils sont tous éliminés par une force mystérieuse. Seul un expert des créatures venimeuses en réchappe. Mais face à une espèce qui s’adapte à son environnement au risque de devenir de plus en plus incontrôlable, le commandant Gray Pierce et son équipe vont devoir affronter leurs plus grandes peurs pour éviter que le monde que nous connaissons soit entièrement détruit.

  • Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (8 avril 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 480 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2265143952
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265143951
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 560 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.6 x 3.1 x 22.6 cm

Mes vies à l’envers de Maxime Fontaine, une aventure sans dessus-dessous

Voilà un récit jeunesse qui a compris le sens du mot aventure.

Cela fait presque deux semaines que j’ai fini le roman de Maxime Fontaine mais la photo me posait un gros souci. En effet difficile de prendre une belle photo lorsqu’on a lu l’ouvrage sur une liseuse en noir et blanc. Mon escapade dans le pays béarnais était l’occasion rêvée pour rendre hommage à ce savoureux roman d’aventures fantastique.

Si parmis vous se trouvent des parents qui veulent initier leur adolescents fâchés avec la lecture ce roman me paraît idéal. Ils pourront y suivre les déboires de ce pauvre Yohann dans un voyage inattendu qui va l’amener des tranchés de la Première Guerre mondiale jusqu’au Japon féodal en passant par la ville de Lisbonne du 18ème siècle. L’aventure commence immédiatement, le rythme est effréné et, chose de plus plus en rare, on a un personnage d’adolescents bien écrit, au caractère sensé et plein de ressources.

Et de la ressource il en aura bien besoin pour faire face au danger qui l’attend. L’attrait du récit repose sur ce jeune personnage positif et altruiste. Le rythme est parfaitement dosé entre action et passage plus posé, mention spéciale à la période où Yohann suit l’entraînement du charismatique Edmundo, le médecin royal exilé, bretteur à ses heures perdues.

L’ouvrage s’inscrit bien sûr dans le cadre du récit initiatique. S’il apparaît tout d’abord naturellement désemparé, Yohann va petit à petit développé ses capacités, son regard va s’affûter et son esprit s’ouvrir à toutes les époques qu’il va traverser. En tant que lecteur voir grandir et mûrir ce jeune homme sous nos yeux est un plaisir de lecture immense. L’attachement entre Yohann et le lecteur est une condition indispensable pour apprécier la lecture.

Un excellente lecture pour tous les jeunes qui cherchent à se réconcilier avec la lecture. Le seul passage qui m’ait fait tiquer c’est lorsque le grand ennemi de l’intrigue se dévoile, la phase explicative m’à paru trop longue et vient briser un rythme soutenu jusqu’alors mais il s’agit d’un défaut somme toute mineur et subjectif, d’autres pourront être soulagés avoir enfin toutes les réponses être dévoilées.

Résumé : Rentrant chez lui, Yohann Massart, jeune lycéen, se fait assassiner par trois personnes masquées. Parmi elles, il reconnaît sa petite amie. Mais au lieu de mourir, son esprit remonte le temps, pour atterrir dans le corps d’un simple soldat de la Première Guerre mondiale. Complètement déboussolé, Yohann déserte son bataillon pour traverser la France d’Est en Ouest, et rejoindre son village natal. La tête emplie de questions, il souhaite comprendre le pourquoi de ce voyage à l’aube du xxe siècle. Mais sur son chemin se dresse un nouveau trio d’assassins qui n’ont qu’un but : le faire disparaître.

  • Éditeur ‏ : ‎ Gulf stream éditeur (3 mai 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2354886128
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2354886127
  • Âge de lecture ‏ : ‎ 13 – 18 années
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.3 x 22 cm

The Boys Chère Becky de Garth Ennis et Russ Braun, sortez les mouchoirs…

Il est temps de parler du comics le plus intelligent et romantique que je n’ai jamais lu…

Là normalement tous ceux qui ont un jour lu un épisode de la série The Boys de Garth Ennis devraient hausser les sourcils. Les qualificatifs que je viens d’employer pour parler de cette série de comics ne sont pas ceux qui reviennent le plus souvent lorsqu’on l’évoque. Les lecteurs ont plutôt tendance à utiliser les mots trash, irrévérencieux, violent ou sanglant. Mais ce serait s’arrêter à la surface de ce que ce récit offre en niveau de lecture. La critique d’Ennis sur le complexe militaro-industriel est pertinente tandis qu’avec les personnages d’Hughie et Annie il écrit l’histoire d’amour la plus touchante que j’ai eu l’occasion de lire.

Ce comics est un chef-d’œuvre, sans concessions l’une des œuvres marquantes des comics. Aussi lorsque j’ai vu que l’auteur remettait le couvert pour un épilogue à ce chef-d’œuvre, intitulé Chère Becky, je n’ai pas hésité.

Croyez-moi c’est l’une des images les moins trash

Ma première déconvenue apparue lorsque je me rendis compte que le co-créateur de la série, Darick Robertson, ne signait que les couvertures. L’artiste qui le remplace, Russ Braun, possède un trait plein similaire au sien mais plus dépouillé dans les expressions et avec un soupçon de grâce en moins qui me fait regretter Robertson.

Ces deux là sont toujours aussi choupinou…

L’objectif de cette histoire est de mettre en avant le personnage de Becky, la compagne défunte du terrifiant Butcher, tout en offrant un happy end au couple Hughie-Annie. Le tout saupoudré d’une critique acerbe de notre société excrément polarisé et d’une enquête de la fine équipe comme au bon vieux temps. Cet enrobage est malheureusement ce qui constitue le défaut du récit, l’enquête des Boys se révèle peu passionnante et redondante. Elle ne décolle jamais vraiment et représente le point faible du récit. Le discours d’Ennis sur notre société est comme le sel que l’on ajoute sur la plaie béante d’un ennemi, ça fait plaisir mais ce n’est pas indispensable alors qu’auparavant il parvenait à l’intégrer au récit.

Quelle plaisir de retrouver l’équipe au complet malgré tout

Il reste donc le récit miroir de deux couples qui s’aiment. Les confidences posthume de Butcher résonnent dans l’esprit d’Hughie et remettent en question sa vision des choses tout en mettant en avant son traumatisme. Les années qu’il a passé en compagnie de Butcher et sa bande l’on marqué au-delà de ce qu’il était capable d’imaginer et ont encore des répercussions sur sa relation de couple. Les dialogues qui mettent en scène ce duo sont une vraie réussite, Ennis aime ces personnages et cela se ressent à l’écriture. La complicité entre Hughie et Annie est drôle et émouvante lorsque l’on sait à quel point ses deux personnages reviennent de loin tandis que les passages qui mettent en scène Butcher et Becky permettent de se rendre compte de la perte qu’il a subi.

Butcher époque romantique

Cet épilogue aurait pu être une excellente lecture s’il avait été resserré sur 5 ou 6 épisodes au lieu de 8. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un histore généreuse en écriture et qui offre un joli récit sur la résilience.

Impossible de conclure sans évoquer le meilleur personnage secondaire, j’ai nommé Bobbi 1,90 pour 100 kilos de bonne humeur !

Résumé: Douze ans après la fin de The Boys, Hughie retourne en Écosse, où il compte enfin épouser Annie en compagnie de ses amis et de sa famille. C’est sans compter l’apparition d’un étrange document, qui menace de réveiller le passé de Hughie et de gâcher sa vie. En effet, Hughie ignorait une histoire à propos de ses anciens équipiers, aujourd’hui il va la découvrir, que ça lui plaise ou non. 

  • Éditeur ‏ : ‎ Panini; Illustrated édition (14 avril 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 160 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2809495874
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2809495874
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 590 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 17.1 x 1.3 x 26 cm

L’enfant de février d’Alan Parks, Regardez-moi sombrer…

Au-delà d’un simple polar urbain ce second volume de la saga d’Alan Parks publié chez rivages est surtout le portrait d’un homme fracassé, au bord du gouffre. Un officier de police chargé de faire respecte la loi mais qui franchit la ligne rouge si souvent qu’il ne doit même plus la voir. Un homme qui est la proie d’un passé qui a planté ses serres et qui le comprime plus fort de jour en jour. Alors pour échapper à ce passé dont il ne veut plus se souvenir mais qui ne cesse de le hanter il s’engouffre dans un tunnel autodestructeur fait d’alcool et de paradis artificiels.

C’était déjà perceptible dans le premier volet, Janvier noir, mais cela prend une ampleur démesurée dans cette suite. L’inspecteur McCoy s’effondre sous les yeux du lecteur. Ce n’est pas que la carapace se fend, c’est qu’il y en a plus de carapace. Ce polar est avant tout la déchéance d’un homme qui en apparence à tout pour réussir alors même que son âme s’enfonce dans un marasme sans fond.

Le fait est que le contexte social ne se prête pas à ce que notre ”héros” s’épanche sur ses traumatismes. L’action se déroule toujours à Glasgow durant les années 70 et à l’époque on ne parlait pas de ça. On serrait les dents et on avançait parce qu’il fallait être un homme pas le choix, pas de place pour les sentiments. Glasgow est toujours aussi effroyable dans ce récit. Un royaume de béton et d’asphalte où l’alcool et la drogue règnent en maîtres. Préparez vous à faire la tournée des grand ducs, du misérable troquet poussiéreux jusqu’au splendide bar avec clientèle prestigieuse, l’auteur nous a concocté une visite touristique de Glasgow bien particulière.

Ce tableau sombre, glauque et désespérée aurait été parfait s’il avait été complété par une enquête plus palpitante et moins prévisible. Il ne faut pas se lancer dans cette saga en espérant découvrir des intrigues renversantes. Le propos de l’auteur est ailleurs et il faut dire que son portrait de l’inspecteur McCoy est suffisamment percutant pour faire oublier ce défaut.

Un polar âpre et violent dont il me tarde de découvrir le troisième volet.

Résumé : Deuxième opus d’une série mettant en scène l’inspecteur McCoy et son adjoint Wattie dans le Glasgow des années 1970, sur fond de musique, drogues et gangs, dans la lignée de William McIlvanney.

  • Éditeur ‏ : ‎ EDITIONS PAYOT & RIVAGES (5 février 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 410 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2743649496
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743649494
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.5 x 2.8 x 22.5 cm

Nos corps étrangers de Carine Joaquim, Et inévitablement nous sombrons…

Et inévitablement nous sombrons…

D’une plume raffinée, élégante mais également malicieuse Carine Joaquim nous invite à observer la déliquescence d’une famille banale en apparence. Sauf que le problème est là tout n’est qu’apparence.  Derrière le masque du quotidien de chaque personnage bout une rage d’existence qui se débat, se heurte aux autres et qui est prête à se raccrocher à n’importe quoi pour y parvenir, quitte à se faire du mal, à soi-même et aux autres.

Rarement le titre d’un roman aura été aussi juste, évocateur d’une tragédie implacable mais empreint d’une poésie discrète qui parcourt le récit. Car le thème du corps et de l’étranger sous-tend tout le roman. Maxence est prisonnier d’un corps qui échappe à son contrôle, Ritchie est un étranger sur le sol français, Maëva tente d’apprivoiser son corps d’adolescente. Sans parler des membres de cette famille qui s’ignorent sous leur propre toit tels des étrangers qui partagent pourtant le même sang.

Le récit est dotée d’une force tranquille qui rend encore plus insoutenable son dénouement. On assiste à la lente décomposition d’un corps familial. Tout espoir de réconciliation ou de renouveau est  aussitôt anéanti par l’incompréhension, la mésentente ou l’incapacité à communiquer.

Le seul bémol que je pourrais trouver au roman est une fin expédiée alors que j’aurais voulu que l’auteur insiste sur certains aspects qui frappent durement cette famille. Mais je ne peux pas lui reprocher de ne pas signé une fin honnête et dépourvue de sentimentalisme inutile.

C’est fou qu’un tel ouvrage, relativement court, à peine plus de 200 pages, laisse la part belle à temps d’interprétations, tout en brassant un cocktail d’émotions savamment dosé. Un grand et beau roman.

Résumé: Quand Elisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrou­ver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahi­sons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?

  • Éditeur ‏ : ‎ MANUFACTURE LIV (7 janvier 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 240 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2358877247
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2358877244
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 260 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 1.7 x 20 cm

Gnomon tome 1 de Nick Harkaway, La brasse coulée…

Certaines lectures sont des balades en forêt, l’auteur vous prend par la main et vous montre du doigt tout ce qu’il y à voir d’autres sont telles des montagnes à gravir où vous vous sentirez bien seul durant l’ascension. Gnomon n’est rien de tout ça, la lecture de cet ouvrage de science-fiction s’apparente plutôt à la traversée de l’Atlantique en solitaire, avec l’océan qui se déchaîne autour de vous.

La narration est dense, l’auteur se plaît à détailler son monde futuriste ultra-connecté où un logiciel nommé le témoin surveille la population en permanence. Il expose longuement toutes les conséquences qui découlent de l’instauration d’un tel système. Ce n’est pas inintéressant en soie mais le problème c’est qu’encore une fois, comme dans Terminus paru chez le même éditeur, le ton est impersonnel et distant. À aucun moment le personnage principal, une enquêtrice inféodée au système au nom imprononçable, ne va se frotter au reste du monde. On reste à distance, en vase clos.

Rapidement toutefois une cassure s’opère dans la narration et un nouveau narrateur, beaucoup plus incarné et volubile, fait son apparition. Son récit,  aussi étrange et sans rapport aucun avec la trace générale,  souffle une bouffée revigorante à l’ouvrage, à tel point que j’ai cru qu’on allait pouvoir s’entendre lui et moi.

Las un deuxième récit obscur et un troisième plus introspectif se succèdent sans le voile de mystère ne se lève. Je dois reconnaître à l’auteur une réelle capacité à incarné chacun de ses narrateurs fantômes mais cela n’a pas suffit à maintenir mon intérêt.

La dernière partie de ce premier volume fût particulièrement ardue. C’est là que mon voilier s’est retourné et que j’ai bu la tasse. L’auteur aborde des concepts philosophiques, qui en plus d’être pointu, ne m’intéressent pas particulièrement. C’est sans doute à ce moment que je choisis de renoncer à la lecture du tome 2. C’est dommage car l’univers dévoilé m’intéressé mais l’auteur a fait le choix de soutenir un propos pointu dans lequel tout le monde ne peut pas le suivre et j’en suis le premier désolé.

Résumé: Grande-Bretagne. Futur proche.
La monarchie constitutionnelle parlementaire qu’on croyait éternelle a laissé place au Système, un mode de démocratie directe où le citoyen est fortement incité à participer et voter. La population est surveillée en permanence par le Témoin : la somme de toutes les caméras de surveillance et de tout le suivi numérique que permettent les objets connectés.
Au cours d’un interrogatoire par lecture mentale, la dissidente Diana Hunter décède. Mielikki Neith, une inspectrice du Témoin, fidèle au Système, est chargée de l’enquête. Alors qu’elle devrait être en mesure d’explorer la psyché de Hunter, Mielikki se retrouve confrontée à trois mémoires différentes : celle d’un financier grec attaqué par un requin, celle d’une alchimiste et celle d’un vieux peintre éthiopien.
Pour Neith, dont les certitudes commencent à s’effriter, un incroyable voyage au coeur de la pensée humaine commence. Aussi déroutant que dangereux.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel (3 février 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 496 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226443657
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226443656
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 531 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14.2 x 3.5 x 20.5 cm

Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie, un coup d’essai inabouti

C’est la sensation que me laissera ce roman. La sensation que l’auteur aurait pu livrer un texte poignant et dense mais qu’il s’est arrêter en chemin. J’aurais aimé que les souvenirs de l’enfance douloureuse du narrateur convergent vers le regard mélancolique et résilient de l’adulte emprisonné qu’il est devenu mais cela ne fut jamais le cas. L’auteur n’a pas voulu, ou pas su opérer la bascule du récit de mémoire vers le’témoignage au présent. Il en résulte un récit prometteur mais qui ne va pas jusqu’au bout de son propos.

Reste une narration en apnée qui happe le lecteur dans un tourbillon tragique qui semble ne jamais devoir prendre fin. Une plongée dans le marasme d’un triste destin qui constitue l’atout principal de l’ouvrage.

L’absence de contexte social, temporel ou géographique vise à rendre le récit universel mais rend le tout impersonnel à mes yeux. Un minimum de contexte aurait pu permettre de s’approprié le récit afin de renforcer l’immersion.

Une lecture en demi-teinte qui n’aura pas su combler mes attentes mais dont je note tout de même le style introspectif et sans concessions.

Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin.

Écrit dans un élan vertigineux, porté par une langue aussi fulgurante que bienveillante, Le Démon de la Colline aux Loups raconte un être, son enfance perdue, sa vie emplie de violence, de douleur et de rage, d’amour et de passion, de moments de lumière… Il dit sa solitude, immense, la condition humaine.

Résumé : Le Démon de la Colline aux Loups est un premier roman. C’est surtout un flot ininterrompu d’images et de sensations, un texte étourdissant, une révélation littéraire.

  • Éditeur ‏ : ‎ Le Tripode (7 janvier 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 237 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2370552573
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2370552570
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 330 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.1 x 1.8 x 20.1 cm

Vierge de cuir de Joe R. Lansdale, redoutables innocence


Encore un excellent récit écrit par Joe R. Lansdale. Cet auteur parviens à nous immergé dans une région, une époque en quelques pages. Ici on se retrouve au Texas au lendemain de la guerre d’Irak. Cason, vétéran un peu largué, revient à Camp Rapture, sa ville natale dans l’espoir de prendre un nouveau départ. Il a réussi à trouver un poste de chroniqueur au journal local et va tout tenter pour reconquérir son amour perdu. Bien évidemment rien ne va se passer comme il a prévu.

Si vous aimez les personnages à l’éloquence très personnel qui s’attirent des ennuis dès qu’ils ouvrent la bouche alors vous aimerez Cason. Impertinent, insolent, provocateur, alcoolique et légèrement traumatisé par son expérience militaire Cason est tout cela et bien plus. Avec son langage outrancier il va réveillée la poussièreuse ville de son enfance dans laquelle s’agite toujours les mêmes tensions séculaires. Un personnage haut en couleurs qui donnent au récit toute sa saveur, avec l’aide bien mérité de l’imprévisible Booger.

Pour rendre le récit encore plus savoureux il aurait fallu que l’auteur se donne la possibilité d’écrire une histoire un peu plus ambitieuse. On a l’impression que des pan entier de son intrigue ont été volontairement écarté afin de se focaliser sur Cason et son parcours chaotique. Un choix qui accorde au récit son côté nerveux mais l’empêche dans le même temps de prendre de l’ampleur afin de s’élever au delà du simple récit divertissant. C’est d’autant plus rageant que tout les éléments sont réunis pour bâtir un polar plus dense et complexe.

Résumé: Houston, le journaliste Cason Stalter, vétéran de la guerre du Golfe et sélectionné pour le prix Pulitzer, retourne dans sa petite ville natale de l’est du Texas, Camp Rapture. Cason est au fond du trou : il boit trop, harcèle son ex-petite amie qui refuse de le voir, et jalouse la réussite de son frère aîné. Pour remonter la pente, il se fait engager comme chroniqueur dans le journal local et tente de s’occuper l’esprit en s’intéressant à une vieille affaire de meurtre non résolue : Caroline Allison, une jeune étudiante en histoire à la beauté fascinante, s’est évanouie dans la nature, sans laisser de traces. A cours de son enquête, Cason découvre que ce meurtre est lié à une série d’événements étranges et dérangeants survenus récemment à Camp Rapture. L’affaire impliquerait des personnes prêtes à dépasser toutes les limites.

  • Éditeur ‏ : ‎ Folio (2 mars 2011)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Poche ‏ : ‎ 448 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 207040174X
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2070401741
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 222 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 10.8 x 1.8 x 17.8 cm

Une vie de poupée d’Erik Axl Sund, quand le fond ne convient pas à la forme…

C’est avec une impression mitigée que je referme ce polar. Très vite je me suis fait la réflexion que la plume des deux auteurs, Erik Axl Sund n’étant qu’un pseudonyme, ne convenait pas à la forme choisie pour mettre en scène leur récit. Des chapitres courts qui rappelle les thrillers addictifs au rythme effréné  alors même que la plume est introspective, avec peu d’action au final. Cette dichotomie (oui j’utilise de grands mots) m’a empêché de m’immerger complètement dans cette histoire.

Les personnages de Nova et Mercy et leur destin tragique constituent la pièce maîtresse de l’intrigue mais autant les flashbacks sont convaincants et accordent au récit une  réelle densité autant leur pérégrination au présent m’a paru redondante et souffrante d’un surplace narratif.

L’enquête policière, de son côté, est plombée par un rythme erratique. Elle est mise de côté pendant trois ou quatre chapitres avant de connaître une progression soudaine amenée de manière un peu abrupte. Les pistes se présentent aux enquêteurs, personnages complètement transparents, de manière un peu trop aisée de mon point de vue. Sans parler des éléments de l’enquête qui disparaissent et refont leur apparition de manière incongrue.

Il faut donc savoir à quoi s’attendre en commençant cette lecture. Si vous vous attendez à une plongée dans le milieu de la pédopornographie par le biais d’une enquête glauque, passez votre chemin. Par contre si vous voulez lire le portrait assez fin de deux adolescentes martyres qui ont vu le pire de ce que l’humanité a à offrir alors ce livre est fait pour vous.

Résumé: Nova et Mercy ont à peine seize ans, mais cela fait déjà bien longtemps qu’elles ont perdu leur innocence. Sous le couvert de la nuit, elles s’enfuient à bord d’une voiture volée, laissant derrière elles le foyer pour jeunes filles où une autre adolescente vient de disparaître. Que fuient-elles ? Et pourquoi ?
Tara est retrouvée sans vie en bas d’un immeuble. Selon sa famille, il s’agit d’un suicide. Mais quelque chose ne colle pas dans le récit de ses parents. Et qui peut bien être la personne qui lui avait donné rendez-vous ce soir-là ? Celui que la police ne va pas tarder à surnommer le Marionnettiste vient seulement de commencer son spectacle.

  • Éditeur ‏ : ‎ Actes Sud (6 janvier 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 416 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2330143737
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2330143732
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 539 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14.5 x 3.1 x 24 cm

Les maîtres enlumineurs de Robert Jackson Bennett, un maître mot: efficacité

Comment persuader les lecteurs de se lancer dans une nouvelle saga ?

La réponse de Bennett tient en un concept simple: de l’action et des personnages convaincants.

Et il faut reconnaître que cette formule s’avère efficace. Les 250 premières pages ne sont qu’une gigantesque course-poursuite, où l’on fait connaissance des personnages principaux, entrecoupé de passages où l’auteur expose les bases de son univers de manière simple et en les remettant en perspective dans l’histoire ce qui évite l’aspect rébarbatif de telles explications. C’est très malin de dévoiler les bases de son univers ainsi car lorsque l’intrigue se recentre sur les complots on a déjà appris à faire connaissance avec les personnages et l’univers de Tevanne.

Les personnages sont un atout précieux du récit. La piquante Sancia occupe le devant de la scène. Intrépide, courageuse, endurcie par un passé traumatisant et qui ne se laisse pas démonter par l’adversité. Sa gouaille et le duo qu’elle forme avec un autre personnage plus inattendu font d’elle une grande réussite de ce premier volume. Le reste des personnages n’est pas pas reste, Gregor est pétri d’idéaux et a plus en commun avec Sancia que l’on pourrait le croire. Orso fait partie de ses personnages délicieusement odieux dont chaque réplique est une balle de sniper entre les deux yeux. La douce bérénice complète le tableau.

L’approche de Bennett dans la création de son univers m’a paru très américaine. D’un côté on a les très riches, parqués dans des quartiers au luxe ostentatoire, et de l’autre les pauvres, cantonnés à des quartiers insalubres à la misère insoutenable. L’idée même d’ascension sociale, de justice ou d’équité est inexistante. Tout repose sur le commerce et l’appât du gain. Un univers qui transpire la critique un peu trop sommaire et sans nuances du capitalisme mais qui a le mérite d’être accessible à tous les lecteurs.

Pour un lecteur assidu de récits de fantasy Les maitres enlumineurs ne propose rien d’original mais l’originalité n’est sans doute pas le but recherché par l’auteur. À la place il signe un récit redoutable d’efficacité, doté de personnages attachants et bourré d’action.

Résumé: Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. A l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique.Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais. Quiconque entrerait en sa possession pourrait mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel (31 mars 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 640 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226441514
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226441515
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 650 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 3.5 x 20.5 cm