Comment cela finit de Saskia Sarginson

Résumé : 1957 : la famille Delaney débarque dans une base américaine du Suffolk. Le père, Todd, vient y travailler sur un projet militaire confidentiel, accompagné de sa femme Ruby et de leurs jumeaux Hedy et Christopher, âgés de douze ans. Mais au bout d’à peine un an, cette famille si parfaite a volé en éclats… L’un d’entre eux a-t-il découvert quelque chose qu’ils n’étaient pas censés voir ? Quelques années plus tard, Hedy, jeune fille rebelle, questionne avec courage le passé familial, à la recherche de ce qui s’est réellement passé derrière les portes fermées du secret militaire. Le voyage de Hedy la conduit sur les traces de son frère jumeau, décédé mystérieusement. En essayant de finir ce que son frère avait commencé, Hedy découvre progressivement la vérité sur ce qui a anéanti à sa famille.

Chronique : Une première chronique a été publié par mon binôme mais ce livre a été un tel coup de cœur que je me devais de partager mon ressenti sur ce petit bijou de lecture.

Pourtant on ne partait pas très bien lui et moi, le titre me parressait commun et pas vraiment attractif. De plus si l’auteure possède une plume agréable et fluide il faut reconnaître qu’il ne se passe pas grand chose durant les deux cents premières pages. Cette longue introduction permet de faire connaissance avec des personnages éblouissant de justesse. Le personnage principal, Hedy, porte le récit sur ses épaules solides, et heureusement pour elle vu les épreuves qu’il l’attende.

Lorsque survient la première des nombreuses tragédies qui va frapper la famille d’Hedy, le rythme s’emballe et l’émotion ne vas plus quitter les pages du récit.

Le récit devient alors ce que je nomme un livre-destin. L’intrigue se recentre sur Hedy, on suit ce petit bout de femme supporter les épreuves que lui impose la vie et se métamorphoser en adulte qui va devoir faire face à son passé dans l’espoir de faire la paix avec elle-même.

Les scènes déchirantes s’enchaînent, notamment une discussion à cœur ouvert avec son oncle qui m’a mis ému aux larmes, sans que jamais l’auteure ne verse dans le mélo. Les années défilent et Hedy se révèle toujours aussi troublante d’émotions et courageuse, épaulée par une galerie de personnages secondaires tout aussi émouvant, Ms Rose par exemple, et finement décrit, Scott en autres.

Alors que le ciel d’Hedy se dégage enfin et que son chemin s’éclaire de réponse si longtemps désirée on pourrait regretter qu’elle n’est pas l’occasion de se confronter au responsable de ses malheurs mais ce serait oublier que la vie ne nous offre que rarement l’occasion de régler nos comptes avec les gens qui nous ont blessés.

Un bijou d’émotions qui restera longtemps dans mon cœur de lecteur.

Note : 9/10

Éditeur Marabout
Date de publication 29 janvier 2020
Langue Français
Longueur du livre 288
ISBN-10 2501138457

L’ombre de la baleine de Camilla Grebe

Résumé : Quand des cadavres de jeunes hommes échouent sur les côtes de l’archipel de Stockholm, la jeune flic Malin et son supérieur, Manfred, sont missionnés pour résoudre ce sombre mystère. Hélas, chacun est plus vulnérable que d’habitude : Malin est très enceinte, et Manfred meurtri par le terrible accident qui a plongé sa petite fille dans le coma.
En parallèle, nous rencontrons Samuel, adolescent rebelle, dealer à mi-temps, élevé par une mère célibataire aussi stricte que dévote. Sa vie bascule quand celle-ci jette à la poubelle des échantillons de cocaïne que le baron de la drogue de Stockholm lui a confiés.

Chronique : Ce n’est pas plus mal que ce roman est un rapport plus ou moins éloigné avec le thème de l’eau car l’expression qui lui correspond le mieux ce serait « à la surface » tant l’auteure s’attaque à des thèmes intéressants sans jamais les approfondir.

Le problème majeur est que les dits thèmes ne sont développés que lors de la seconde partie du récit, après une première manquant de rythme. La vision de la société et des réseaux sociaux recèle une part de vérité mais le propos ne va pas plus loin qu’une critique de base un peu facile. L’épilogue évoque un certain trouble psychiatrique qui aurait mérité une plus grande exposition que quelques lignes en fin d’ouvrage.

Le plus étrange est que l’auteur est plus pertinente dans les différents profils maternels qu’elle brosse tout au long du récit que dans les thèmes principaux. Ces portraits de mère éplorées, déséquilibrées, désespérées mais tenaces et résistantes sont tous touchants, chacun à leur manière.

Il est dommage que l’auteure ne soit pas parvenue à enrober son propos dans un récit plus rythmé et moins cousu de fil blanc, les rebondissements sont malheureusement prévisibles.

Le choix d’une narration polyphonique était risqué mais l’auteur s’en sort plutôt bien. Manfred, le papa quinquagénaire pétris de culpabilité après l’accident de sa fille, est le plus charismatique des trois narrateurs. Il faut plus de temps pour s’attacher à Samuel et Pernilla mais la mère et le fils mène chacun un combat contre eux-mêmes qui les poussent à faire des erreurs tragiques avant de trouver le chemin de la rédemption.

L’ombre de la baleine se révèle être à la croisée de plusieurs sous-genre du polar, psychologique, societal, enquête policière, mais pour le bien du récit l’auteure aurait bien fait de s’en tenir à un genre précis et d’approfondir les thèmes à peine effleurés dans cet ouvrage.

Note : 6/10

Éditeur Calmann-Lévy
Date de publication 27 février 2019
Langue Français
Longueur du livre 400
ISBN-10 2702165583

Un jour tu paieras de Pétronille Rostagnat

Résumé : Une adolescente, retrouvée inconsciente en pleine forêt, émerge lentement du coma. Que lui est-il arrivé ?

Pendant que la police mène l’enquête, Pauline Carel, jeune avocate pénaliste, est commise d’office pour défendre Mathieu, un brillant étudiant en médecine accusé d’un double homicide.

Carriériste, ambitieuse et perfectionniste, Pauline y voit l’opportunité de se faire un nom. Alors qu’elle se bat pour blanchir son client, elle est rattrapée par son passé…

Chronique : Une intrigue entraînante et un personnage principal qui sort des sentiers battus, tous les ingrédients étaient réunis pour que l’auteure nous offre un polar de qualité. Mais la recette ne fonctionne pas tout à fait.

La faute à un manque de levure dans la préparation. L’auteure ne parvient pas à faire monter la tension autour de son intrigue. Les scènes cruciales se succèdent sans que le goût salé du suspense ne vienne exalter nos papilles. Les chapitres défilent facilement comme lorsque l’on pioche dans un sachet de chips mais aucune scène marquante ne se détache de l’ensemble du récit.

Récit, qui se maintient bien, il faut lui reconnaître ça. Les différentes couches du récit se révèlent progressivement et de manière logique. L’auteure maîtrise la recette du polar, c’est juste le dosage des ingrédients qui fait que l’ensemble manque de corps.

Son personnage de Pauline Carel est une proposition intéressante. Alors que la plupart des personnages féminins qui se veulent badass ne font que dissimuler leurs fragilités sous des couches de dureté, c’est tout le contraire avec Pauline qui se révèle être l’ingrédient majeur du récit. Sous son vernis d’avocate brillante et séduisante c’est une jeune femme en colère, le corps tendu par la haine qui parcoure ses veines. L’écriture du personnage est une proposition intéressante et Pauline mériterait bien d’apparaître à nouveau dans une nouvelle histoire en espérant que la recette soit plus goûteuse la prochaine fois.

Note: 6/10

Éditeur Marabout
Date de publication 29 janvier 2020
Langue Français
Longueur du livre 288
ISBN-10 250113849X

L’année du rat de Régis Descott

Résumé : Paris – Nouvel an chinois – Le lieutenant Chim de la BRT (Brigade de Recherche et de Traque) est envoyé sur une scène de crime dans la campagne normande. Un fermier et sa famille ont été assassinés avec une sauvagerie inouïe. Les prélèvements effectués laissent songeurs : tueurs multiples, probablement des fugitifs qui auraient peut-être agi sous l’influence d’une nouvelle drogue.
Mais le laboratoire d’analyse révèle des résultats autrement plus inquiétants qui vont entraîner Chim dans le monde troublant de la recherche génétique de pointe. Premier théâtre de son enquête : le laboratoire qui fabrique le célèbre « Jouv X », produit miracle qui promet la jeunesse éternelle. De Paris à la Scandinavie, des tours de la Défense aux fonds marins de la Manche, Chim va mener une enquête redoutable et périlleuse pour remonter la piste des tueurs. Jusqu’à ce qu’il découvre l’horreur suprême, diabolique, qui menacera son intégrité mentale et la survie de l’humanité.

Chronique : Régis Descott signe avec cet ouvrage un récit redoutablement efficace dans un décor cyberpunk plutôt bien planté.

L’auteur a voulu s’éloigner de l’univers des polars psychologiques qu’il commence à bien connaître. L’univers cyberpunk auquel il se frotte pour cette nouvelle intrigue est classique. On retrouve la multinationale toute-puissante, une société déshumanisée et une police militarisée qui n’est plus vraiment au service du citoyen. Le manque d’originalité dans la peinture de ce monde désolant ne l’empêche pas d’être diablement efficace et crédible. Les détails disséminés par l’auteur tout au long du récit contribuent à enrichir ce Paris du futur dans lequel bien peu voudraient vivre.

L’intrigue en elle-même est très classique également et respecte les codes du thriller d’anticipation. Cependant là encore l’auteur démontre une grande maîtrise dans la gestion de son intrigue. On suit le traqueur Chim’ dans ses pérégrinations pour faire toute la lumière sur cette enquête et chaque étape de ses mésaventures est une raison supplémentaire de poursuivre la lecture.

Le personnage de Chim’ obéit lui aussi à un schéma très classique du vieux loup solitaire incorruptible. Il est le personnage idéal pour nous guider dans ce monde corrompu par la promesse d’une jeunesse éternelle. Il représente le dernier rempart face au cynisme d’une société qui a abandonné tous ses idéaux.

Malheureusement le récit est gâché par un final précipité et invraisemblable. Sans dévoiler d’éléments de l’intrigue, le comportement d’un personnage clé de l’histoire ne correspond absolument pas à son caractère tel qu’il est décrit tout au long du récit. Cela n’enlève rien à la qualité générale de l’œuvre qui aurait pu être supérieure si un plus grand soin avait été apporté à ce final, mais en l’état Régis Descott signe une aventure captivante dans un univers sombre qui rappellera les meilleurs films de science-fiction aux amateurs du genre.

Note : 7/10

Date de publication : 9 mars 2011
Éditeur : JC Lattès
Langue : Français

Une offrande à la tempête de Dolores Redondo

Résumé : Dans la vallée de Baztán, une petite fille décède étouffée dans son berceau. Alors que la police soupçonne le père d’être impliqué, la grand-mère attribue ce meurtre au génie maléfique Inguma, issu de la mythologie basque. Rapidement, cet étrange décès lève le voile sur une série de morts subites de nourrissons suspectes. L’inspectrice Amaia Salazar décide de se consacrer entièrement à cette nouvelle enquête, entre légendes mystiques et meurtres barbares, au risque de mettre de côté son rôle d’épouse et de mère.

Chronique : Avec cet ouvrage Dolores Redondo conclut sa trilogie consacrée à Amaia Salazar et la vallée du Baztan. Et si ce volume s’annonce au départ comme le meilleur des trois certains choix de l’auteure viennent ternir le plaisir de lecture.

Le rythme est plus soutenu que dans les deux précédents volumes et cela se justifie par la nécessité d’apporter une conclusion satisfaisante aux nombreuses intrigues développées par l’auteure depuis le gardien invisible, le premier volume de la trilogie. On n’échappe pas aux déambulations d’Amaia dans la forêt qui plombent le récit sans apporter grand-chose à celui-ci.

Les relations entre Amia et son entourage se dénouent et les masques tombent. Que ce soit sa sœur Flora, qui doit faire face aux conséquences de ses actes, ou bien l’inspecteur Montes, de plus en plus attachant, l’auteure dresse une galerie de personnages qui resteront dans les mémoires.

C’est aussi l’occasion de répondre aux questions laissées en suspens lors des enquêtes précédentes. Le risque est d’embrouiller les lecteurs qui auraient oublié certains détails durant l’écart de lecture entre les différents volumes mais cela a le mérite de rappeler qu’il faut parfois des années avant que les secrets ne soient tous révélés.

L’intrigue prend une ampleur inédite dans cette conclusion et prend des allures de complot maléfique et tentaculaire. Pourtant, aussi passionnante que soit cette orientation l’auteure ne l’assume pas complètement puisque l’on retombe dans un banal face-à-face lors du final.

C’est le principal défaut du récit, toute l’intrigue repose sur un retournement que l’on voit venir de très loin, à un point tel l’on a envie de secouer Amaia pour qu’elle ouvre enfin les yeux. Impossible de trop en dire sans révéler des détails importants de l’intrigue mais c’est extrêmement frustrant de voir une intrigue avec un tel potentiel être gâché de cette manière.

C’est d’autant plus frustrant que cet élément va rapidement prendre une place trop importante dans le dernier tiers du récit ce qui va entraîner l’exclusion abrupte d’éléments secondaires qui auraient mérités un meilleur traitement, notamment la mère de notre héroïne. Les autres aspects de l’enquête son expédiés en quelques lignes et l’intrigue complexe mais passionnante développée sur plus de cinq cents pages retombe comme un soufflet.

Au final il restera de cette trilogie Basque une atmosphère fantastique et mystérieuse plaisante et une galerie de personnages féminins haut en couleurs. Mais il est regrettable que l’ultime tome de cette trilogie ne parvienne pas à apporter une conclusion à la hauteur de la qualité de la saga.

Note : 7/10

  • Date de publication : 17 mars 2016
  • Éditeur : Editions du Mercure de France
  • Langue : Français
  • ASIN : B01CUM1CMK

La balance: Grandeur et décadence d’un gangster de Jimmy Breslin | 12 février 2020

Père, homme d’affaires, escroc, voleur : Burton Kaplan est tout sauf un mouchard. En neuf ans d’emprisonnement, il n’a jamais craqué. Mais lorsque le procès des deux flics corrompus lors duquel il est appelé à comparaître débute, coup de théâtre : Kaplan sort du silence et déballe tout sur ses activités au sein de la mafia newyorkaise, façon Les Affranchis.
Dans ce récit passionnant, le grand journaliste Jimmy Breslin, l’un des pères du Nouveau journalisme, retrace la vie, les affaires et le témoignage de Burton Kaplan, dont l’histoire est aussi celle de l’escalade puis du déclin de la mafia aux États-Unis au cours du xx e siècle.

Chronique : L’image iconique du gangster tel que l’on se l’imagine, costume sur-mesure et verre de whisky à la main, est ancré dans la culture populaire. Des acteurs tels que Robert De Niro ont gravé dans la rétine des spectateurs cette image d’un gangster puissant et élégant. Cet ouvrage posthume du journaliste Jimmy Breslin remet quelque peu les pendules à l’heure.

L’auteur a consacré sa vie à enquêter sur les divers clans mafieux, ce qui n’a pas été sans heurts. Sa vie a été menacé à de nombreuses reprises et il a même été agressé sauvagement dans un bar. Son récit prend la forme d’un long interrogatoire d’un collaborateur historique de la mafia New-yorkaise lors du procès de deux flics ripoux doublé d’un témoignage du journaliste sur les décennies de règne des plus grandes familles mafieuses.

Le récit est âpre. Cela est dû au fait qu’il n’y a ni narration ni caractérisation des personnages. Cela donne un ouvrage difficile d’accès. L’immersion n’est pas aisée mais la lecture vaut pourtant le détour.

C’est une tout autre représentation de la mafia et de ses membres qui nous est donné à lire. Le gangster flamboyant et tout puissant dont le cliché est véhiculé par la culture populaire a fait long feu. Le récit nous démontre que ces hommes, bien qu’adeptes de la violence et des exécutions sommaires, étaient avant tout des hommes avec les mêmes problèmes que le commun des mortels. C’est-à-dire concurrence déloyale, en l’occurrence le gouvernement, la maladie et la vieillesse.

Le livre aurait pu avoir comme sous-titre « chant du cygne de la cosa nostra » vu à quel point l’accent est mis sur la déchéance de ces familles qui ont régné comme des rois pendant des décennies sur la ville de New-York. Un royaume grignoté petit à petit par les nouvelles lois anti-crime organisé et la multiplication des indicateurs.

Un témoignage troublant sur lequel tous ceux qui s’intéressent à la mafia devraient jeter un œil.

Note : 7 /10

Éditeur HarperCollins
Date de publication 12 février 2020
Langue Français
Longueur du livre 288
ISBN-13 979-1033904748

Les roses de la nuit de Arnaldur Indridason

Résumé : A la sortie d’un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s’éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d’un grand homme politique originaire des fjords de l’Ouest.

Arnaldur Indridason fait partie de mes auteurs préférés. Il a su se créer un style unique dans le milieu compétitif du polar, à mi-chemin de l’enquête à la hercule poirot et le récit social. Le ton est empreint de mélancolie, magnifiquement incarné par l’inspecteur Elendur, personnage solitaire et marqué par un traumatisme d’enfance. À travers les multiples enquêtes de ce personnage meurtri mais attachant l’auteur porte un regard désabusé sur la société islandaise et les changements auxquels celle-ci doit faire face. Entre traditions et course aux progrès frénétique l’Islande est au cœur des interrogations de l’auteur. Il est toujours amusant de constater les écarts entre ce pays, qui possède encore un style de vie quelque peu campagnard et l’arrivée massive de pratique étrangère déconcertante, comme le tatouage, dans ce volume.

L’auteur se fait porte-parole des laissés pour compte, ceux que le train du progrès a oubliés sur le quai. Ses récits mettent toujours en avant une forte empathie envers les victimes. Il peut s’agir d’un enfant, d’une femme au foyer, d’une jeune prostituée toxico ou bien d’un SDF, l’auteur nous fera toujours comprendre que la perte d’une vie humaine est une tragédie.

Ce volume ne fait pas exception. L’auteur dénonce les quotas de pêche imposés par le gouvernement et qui appauvrissent les villages qui vivent des produits de la mer tandis que de riches hommes d’affaires s’enrichissent sur leurs dos. Le récit révèle petit à petit toute la perversité d’un système qui broie des vies entières. Les héros du passé et les vers d’un poète que tout le monde sauf Elendur a oublié servent à mettre en lumière l’errance d’une société qui avance sans savoir où elle va tout en ignorant ses citoyens qui ne parviennent pas à suivre le rythme.

Le ton est moins mélancolique que d’habitude, Elendur, toujours en désynchronisation volontaire avec ses partenaires, s’emporte à quelques occasions. Le rêveur désabusé des volumes précédents ne parvient plus à trouver d’excuses à un monde qu’il comprend de moins en moins. Même face à ses enfants, envers lesquels il a longtemps nourri un sentiment de culpabilité, il ne n’hésite plus à faire éclater sa colère longtemps refoulée.

L’intrigue de ce volume aurait mérité d’être un peu plus étoffé et certain éléments aurait pu être amené de manière plus intéressante mais il n’en reste pas moins un polar saisissant qui tend un miroir inquiétant sur les dérivés de nos sociétés occidentales.

Note : 7/10

Éditeur Anne-Marie Métailié
Date de publication 3 octobre 2019
Langue français
Longueur du livre 256
ISBN-13 979-1022608862