Pierre-de-vie de Jo Walton| 23 mai 2019

Applekirk est un village rural situé dans les Marches, la région centrale d’un monde où le temps ne s’écoule pas à la même vitesse selon que l’on se trouve à l’est – où la magie est très puissante et où vivent les dieux – ou à l’ouest – où la magie est totalement absente. C’est la fin de l’été, et la vie s’écoule paisiblement pour les villageois. Mais le manoir va être mis sens dessus dessous par le retour de Hanethe, qui fut autrefois la maîtresse des lieux. Partie en Orient, elle y est restée quelques dizaines d’années. Mais, plus à l’ouest, à Applekirk, plusieurs générations se sont succédé. Ayant provoqué la colère d’Agdisdis, la déesse du mariage, Hanethe la fuit. Mais Agdisdis est bien décidée à se venger. Subtil roman de fantasy – prix Mythopoeic en 2010 -, Pierre-de-vie dresse le portrait de femmes simples et merveilleuses, d’une famille sans histoires mais singulière, confrontées à des changements qui les dépassent, dans un monde hors du commun.

Chronique : Applekirk est une petite communauté rurale, où le temps est étrange ; les mois peuvent passer ailleurs tandis que les années passent à Applekirk. Ici, les gens vont à leurs affaires, dans les fermes et dans le manoir, menant leur vie comme ils y sont soumis par leur propre mode de vie, cette partie de leur moi qui leur dit quel devrait être leur talent et leur travail dans la vie. Taveth est le cœur tranquille du manoir, le gardant en ordre comme elle garde sa famille étendue en ordre, selon son mode de vie. Elle a aussi un talent étrange : elle voit plusieurs fois à la fois, et plusieurs personnes qu’elle rencontre, leur passé, leur présent et leur futur. Quand deux nouvelles personnes viennent à Applekirk, elles perturbent l’ordre tranquille de sa routine et de la vie de ses habitants.

J’ai été frappé de joie lorsque j’ai soudainement réalisé que Walton utilisait le truc de Rumer Godden pour raconter comme si tout se passait en une seule fois, en remontant dans le temps et en remontant dans le temps. J’ai trouvé cela fascinant au tribunal chinois de Godden et je ne l’ai jamais rencontré ailleurs. Taveth le décrit ainsi : « Le temps, elle le sait, est une illusion. Les choses semblent se succéder, mais en y repensant, tout s’est passé en même temps et ce qui semblait à l’époque faire partie d’une histoire en faisait partie d’une autre… ».

Ce que j’aime dans le travail de Jo Walton , c’est sa capacité à créer une société réelle et fonctionnelle, tout en démontrant comment elle fonctionne de façon discrète. Ce livre est un exemple particulièrement bon de l’art : ce que nous apprenons sur les structures familiales, comment les gens interagissent avec les dieux, comment ils approchent le yeya, sont tous cachés dans de petites phrases et des moments, sans jamais le jeter sur votre tête.

Le terme même de mode de vie est un bon exemple : un mode de vie est le vrai travail de quelqu’un dans le monde, la chose qu’il peut vraiment bien faire, qui répond d’une certaine manière à un besoin dans le monde. L’un des personnages principaux, Taveth, a le mode de vie de l’entretien ménager : bien qu’une mère d’âge moyen, mère de jeunes enfants adultes, ne soit pas l’héroïne fantastique conventionnelle d’un long plan, cela fonctionne parfaitement dans ce contexte.

Il y a une intrigue, et des choses passionnantes se produisent, et le monde change en conséquence, mais je laisse au lecteur le soin de les lire.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : Denoël (23 mai 2019)
  • Collection : Lunes d’encre
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2207144089

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L’Histoire des saints en BD de Raphaëlle Simon et Laurent Bidot | 9 mai 2019

Tout notre patrimoine, territorial, gastronomique ou culturel évoque des saints populaires : mont Saint-Michel, Saint-Tropez, Saint-Émilion ou Saint-Nectaire… Ces noms nous sont très familiers, bien que leurs origines soient souvent oubliées ou restent obscures

Chronique : Si vous aimez les origines  et surtout si vous aimez l’ histoire… C’est sans compter que Raphaëlle Simon et Laurent Bidot ont capturé la magie des saints d’une manière si éloquente que vous ne réalisez même pas que vous apprenez tant de choses ! En outre, elle se mêle au texte de présentation de chacun des personnages. Autant commencer par son préambule pour le lecteur peu averti qui retrouvera ensuite plus facilement ses marques. Bien écrit, le récit est rondement mené et permet de passer un bon moment de lecture ; grâce à ses sketchs humoristiques  cette bd apporte de l’humour par des scènes cocasses et  dévoile de belles planches. Très bon divertissant à lire .

Note : 9,5/10

 

  • Album: 96 pages
  • Editeur : Glénat BD (9 mai 2019)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344026266

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Serpent Dieu – Tome 02: Le temple du Dieu-Corbeau de Le Gris, Jérôme et Benoit Dellac | 9 mai 2019

Le sacrifice de Nessa n’était pas vain. Les clans qui suivaient Björn le brûlé ont rejoint la bannière d’Ulf Keludar et Islandia est désormais unie. Mais la quête d’Elrik l’orcadien ne fait que commencer… Ayant retrouvé la mémoire, il se met en tête de retourner sur le continent pour se venger de ceux qui lui ont tout pris : Hakun, le roi de Norvège, et Ygrid, sa prêtresse, qui a fait d’Elrik un guerrier-fauve. Alors que plane la menace d’une armée immortelle menée par Loki, le dieu des morts lui-même, Elrik part ainsi à la rencontre de son destin et de ses semblables. Car d’après Ygrid, la prophétie est formelle : bientôt, les trois seront réunis. Reste à savoir quelles en seront les conséquences…

Chronique : Second tome de Serpent Dieu  où l’on sent que l’écriture se laisse porter par les évènements et le talent de le Gris s’est focalisée sur la restitution de l’ambiance pourrie et paranoïaque régnant à cette époque, grâce au jeu des personnages, aux éléments de scénarios qui permettent de décrire leur état d’esprit. ici Benoit Dellac mise tout sur les couleurs sombres, bleuté, avec des effets de clairs-obscurs où il faut souligner le soin de la mise en scène à la hauteur des grandes épopée  cinématographique. Impossible de ne pas être embarqué avec les personnages dans cet épic récit d’aventure ou la fureur des dieux n’a pas fini de nous régaler au travers des 3 premiers albums prévus pour ce premier cycle.
Certains diront que l’histoire peut paraître un peu légère et que l’album se lit trop vite, c’est vrai… Mais dans un univers comme celui-là, pas besoin de grands discours car ce que le lecteur recherche c’est l’aventure, le chant des batailles, l’honneur et la fureur des guerriers Vikings.Je réédite mes éloges faites au premier tome car cette suite est passionnante. Une magnifique saga viking fantastique qui aura bientôt son apogée dans le troisième et dernier tome. Rien à dire de plus que…lisez-la !

Note : 9,5/10

 

  • Album: 64 pages
  • Editeur : Glénat BD (9 mai 2019)
  • Collection : 24X32
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344011765

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Ody-C Omnibus: En route vers la distante Ithicaa de Matt Fraction et Christian Ward | 24 avril 2019

Bienvenue dans le XXVIe siècle… À la suite d’une guerre intergalactique de cent ans, Odyssia la Sage Championne et ses compatriotes entament le plus long et le plus étrange voyage jamais réalisé : le retour au bercail. Une odyssée de science-fiction libérée et psychédélique commence maintenant !

Chronique :  Ceci fait suite à une version de l’Odyssée avec des femmes au pouvoir et beaucoup de déesses et de dames au cul dur sont impliquées. Non seulement nous avons notre personnage principal de capitaine qui est très débrouillard et merveilleux, mais nous avons aussi les déesses qui lui causent TOUTES DES SORTS d’ennuis et ruinent vraiment le voyage de retour d’une guerre plutôt brutale et épique.

L’œuvre d’art à l’intérieur est impeccable. C’est parfois sanglant, c’est sûr, mais le mélange des couleurs, du style et du mash-up des mises en page était comme un barrage d’émotion. La façon dont ces couleurs ont été utilisées en fait un produit choquant, incroyable et tout simplement magnifique à parcourir. J’étais vraiment déconcerté, impressionné et enchanté par tant de tartinades et je me suis retrouvé constamment en train d’apprécier la lecture.

La formulation de ce texte est également merveilleuse avec un ton vraiment chantant et un sens de la poésie épique. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un poème épique en tant que tel, mais c’est vraiment quelque chose qui y revient et qui semble ne pas fonctionner avec tous les éléments technologiques futuristes et les éléments spatiaux de science-fiction, mais ça marche… si bien !

Mais le vrai triomphe ici, c’est l’art. C’est tout à fait différent de l’art de tout autre roman graphique que j’ai lu. C’est plus abstrait, évoquant la sensation d’éclaboussure de peinture sur une toile. La palette de couleurs est vibrante et fait éclater les scènes. Il y a certainement des tendances avant-gardistes dans la façon dont il est présenté. C’est beau dans tous les sens du terme. C’est probablement un des roman graphique préféré que j’ai lu, et j’attends avec impatience le prochain pour voir où va l’histoire.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 336 pages
  • Editeur : Glénat Comics (24 avril 2019)
  • Collection : Comics
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344035664

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Luminary – Tome 01 de Luc Brunschwig et Stéphane Perger | 9 mai 2019

Pitsboro, sud des États-Unis, juillet 1977. Une journée d’été pas tout à fait comme les autres. Les infos annoncent un pic de chaleur jamais atteint depuis plus de trente ans. Billy, jeune employé noir d’un cirque, assiste une tigresse de la troupe mettant bas. Tout le monde assiste, ébahi, au don qui lui permet de maîtriser la bête sauvage. De l’autre côté du pays, à New-York, une gigantesque explosion de lumière survient au cœur de la ville. Tout dans un rayon de plusieurs centaines de mètres a été littéralement anéanti. Tout, sauf un homme, indemne, au milieu des décombres. Cet homme, c’est Darby McKinley, admis quelques semaines plus tôt à la clinique d’où provient l’épicentre de l’explosion. Ce serait donc lui l’origine du phénomène. Reste à savoir d’où lui vient ce pouvoir. Et ce qu’il compte en faire…

Chronique : On assiste ici à l’histoire de Darby, jeune bossu rejeté dés sa naissance et qui tente une dernière thérapie miracle à base de lumière pour redresser son dos, et celle de Billy, jeune garçon employé dans un cirque, qui posséde un don avec les animaux sauvages. de Billy, on ne sait rien si ce n’est qu’il sait ce qu’il veut, et sait se venger des racistes qui l’ont attaqué. de Darby, on connait les humiliations vécues tout au long de son enfance, y compris à l’hôpital où il se rapproche d’une jeune femme qui ne l’accepte finalement que comme ami.
Et puis une explosion où est soigné Darby ravage le quartier. Seul Darby en ressort mais il est devenu énergie et lumière pure.
Un étrange vendeur de glaces va l’aider…
BD de super héros avec un graphisme nerveux et en couleurs directes.
Tome d’ouverture particuliérement bien mené.
Comics à la française.

Note : 9,5/10

Chronique de Croix59

 

  • Album: 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (9 mai 2019)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344025545

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Mon oiseau… Ned de Christian Demilly et Marlène Astrié | 6 mars 2019

“Quand j’ai pris mon oiseau dans ma main pour la première fois, c’est qu’il s’était blessé.
Il était petit alors, et son cœur dans ma main palpitait : c’était vivre.

Chronique : Ce formidable livre nous emmène en voyage autour de la planète à travers le rythme d’un oiseau Marlène Astrié  offre sur ce livre un  dessin unique et raconte une histoire, avec une immense sensibilité.
Ce livre est un régal pour les yeux : j’ai été époustouflée par les illustrations et le nombre d’heures de travail que cela doit représenter ! L’ensemble est émouvant, il faut prendre le temps de regarder chaque image pour percevoir tous les détails et être emporté dans l’univers de cette fameuse « âme animale ». Les textes de Christian Demilly et sont touchants, poétiques.

Note : 10/10

 

  • Album: 36 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : Grasset Jeunesse (6 mars 2019)
  • Collection : Lecteurs en herbe
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246816432

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Comment j’ai raté ma vie de Bertrand Santini et Bertrand Gatignol | 17 avril 2019

Quand j’étais petit, j’habitais un immense château, caché au cœur d’une forêt magique, où tous les jours il faisait beau. Mais un jour, j’ai grandi…

Chronique :Un livre aux illustrations sympathiques, qui est un résumé des phases de la vie d’un garçon. L’histoire est raconté sur une image pleine page avec un court commentaire de l’autre côté. Au début, le petit garçon vit dans un monde intérieur merveilleux, même si en réalité il habite une masure dans un environnement peu enviable…

Puis, il grandit et plus il semble atteindre une réussite matérielle, mais plus il est seul et frustré, n’ayant rien de ce qu’il voulait en dépit des signes extérieurs de richesse.

C’est très bien fait. Le petit commentaire qui prend le contre-pied exact de ce qu’on supposerait en voyant l’image est très amusant. Le thème est bien résumé par l’accroche: « Tout se passait bien… jusqu’au jour où j’ai grandi. »

Note : 9,5/10
Chronique de : Jean-loup Sabatier

 

  • Broché: 48 pages
  • Editeur : Grasset Jeunesse (17 avril 2019)
  • Collection : Hors Collections
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246816440

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