Signé poète X de Elizabeth Acevedo| 29 août 201

Harlem. Xiomara a 15 ans et un corps qui prend plus de place que sa voix : bonnet D et hanches chaloupées. Contre la rumeur, les insultes ou les gestes déplacés, elle laisse parler ses poings. Étouffée par les préceptes de sa mère (pas de petit ami, pas de sorties, pas de vagues), elle se révolte en silence. Personne n’est là pour entendre sa colère et ses désirs. La seule chose qui l’apaise, c’est écrire, écrire et encore écrire. Tout ce qu’elle aimerait dire. Transformer en poèmes-lames toutes ses pensées coupantes.

Chronique : Merci à Nathan pour ce beau livre, il est vrai que au premier abord on ne sait si il va nous plaire mais cela vaut vraiment la peine .

Ce livre a commencé et s’est terminé sur des dialogues si aiguisés et des scènes si percutantes que j’ai tout de suite apprécié et je l’ai terminé avec délectation, mais le milieu a un peu stagné pour moi. J’aimerais que les scènes climatiques aient autant de temps et de pages que les activités quotidiennes mondaines. J’en suis tout de même reconnaissant, car pour un livre en vers, la distribution des personnages est très humanisée et très étoffée.

Une chose que j’ai trouvée étrange, c’est que ce livre parle d’un poète, un poète qui chante sa poésie à plusieurs reprises, et pourtant le lecteur ne voit jamais vraiment les poèmes qu’il lit aux foules, seule la narration est présentée. J’aurais aimé que nous puissions voir ce que Xiomara écrit et partage avec ses pairs et les concours de poésie en plus de son monologue intérieur sur ce qu’elle vit.

Malgré ces problèmes mineurs, j’ai beaucoup aimé mon expérience de la lecture et ce livre a certainement placé la barre plus haut en ce qui concerne la façon dont les livres en vers devraient être. Honnêtement, je peux voir ce livre comme une lecture obligatoire pour les adolescents. C’est tellement honnête et à cause de son format, il donne beaucoup de sens à des déclarations succinctes. J’ai certainement l’intention de lire le livre contemporain plus récent de cette auteure parce que je pense que sa maîtrise du langage est exceptionnelle et je soutiens pleinement sa position sur de nombreuses questions auxquelles font face les jeunes femmes de couleur. Bravo.

Note : 9/10

 

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Nathan (29 août 2019)
  • Collection : GRAND FORMAT DIVERS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2092587293

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Lettres de pluie de Steve SEM-SANDBERG | 22 août 2019

Les années 1960, une petite île suédoise. Minna et Andreas ont été confiés pour la journée à leur voisin, Johannes. Mais le soir, leurs parents ne rentrent pas. Toute trace d’eux a disparu. On sait seulement qu’ils sont américains. Alors on parle d’espionnage, on exhume des histoires de la dernière guerre et de l’occupation nazie… Étrangers, sans famille, élevés par un alcoolique soupçonné d’avoir été collabo, les deux enfants sont la cible toute désignée des haines qui rongent les insulaires.

Chronique : Enfant, Andreas vivait avec Johannes dans la maison jaune. À l’âge adulte, il retourne sur l’île et constate que le monde de l’enfance semble s’amenuiser à mesure qu’il grandit. Autrefois, le propriétaire foncier contrôlait les marchands qui entraient sur son île, mais aujourd’hui il est peut-être plus difficile de contrôler les marchands de l’ancien empire. Johannes, dans les dernières années de sa vie, était physiquement affaibli, aveugle, négligé et méfiant envers les autres dans la maison jaune. Dans les années 1940, il avait accueilli Andreas et sa sœur Minna après que leurs parents eurent été victimes d’un accident d’avion en route vers l’île. Le fait qu’un homme célibataire ait adopté deux enfants étrangers devait déjà être scandaleux. Ce qu’Andreas sait de l’île vient de Johannes seul depuis longtemps, et Minna a aussi raconté quelques histoires. Le narrateur à la première personne semble traîner d’un trou à l’autre dans ses souvenirs. Je me demandais qui était lié à qui dans l’histoire et de quoi il s’agissait.

Les marchands avaient manifestement un grand domaine et l’île devait être leur propriété privée pour la plupart. Johannes était à l’époque du conducteur d’occupation allemand de l’ancien marchand, qui cultivait à nouveau des relations avec le premier ministre fasciste Quisling. Andreas s’est rendu aux Etats-Unis sur les traces de ses parents, a fait des recherches sur les années 40 en Norvège et compile maintenant des souvenirs et des faits à partir des dossiers du Kaufmann-Hof pour en faire un tableau. Son père adoptif a dû classer tous les reçus et toutes les lettres soigneusement et Johannes s’y creuse la tête à travers des disputes sur les frontières et les investisseurs en bateaux. Des histoires anciennes de l’ère nationale-socialiste sont combinées avec des intérêts dans des propriétés insulaires de grande valeur. Chaque réponse semble soulever immédiatement une nouvelle question. Pourquoi Kaufmann a-t-il organisé une colonie d’enfants sur une île voisine pendant l’occupation et quel rôle Andreas Vater a-t-il joué en tant qu’Américain d’origine norvégienne ? Pourquoi cette Minna pleine d’entrain a-t-elle alors été donnée à des parents d’accueil ? Plus Andreas avance, plus il doute de ce qui lui a été dit à lui et à Minna quand il était enfant et plus il devient clair que Minna lui a menti et l’a manipulé. Les limites de son imagination limitent ce que moi, en tant que lecteur, je vais vivre de lui. Quand je l’ai lu, je n’ai pas pu me débarrasser de l’impression que les trous dans la mémoire de John se transforment couramment en suppositions et qu’il se perd dans sa recherche de traces dans sa propre histoire.

Le narrateur à la première personne de Steve Sem-Sandberg se sent doublement abandonné, par ses parents disparus et par sa grande sœur. Sa recherche de traces le conduit à travers l’exemple d’une petite île profondément ancrée dans l’histoire de la Norvège sous le national-socialisme. Qu’est-ce qui caractérise un homme comme Johannes, qu’est-ce qui rend une relation frère-sœur si spéciale ? l’auteur suédois raconte tout cela si intensément qu’il faut y prêter la plus grande attention.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Robert Laffont (22 août 2019)
  • Collection : Pavillons
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 222121515X

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Coups de vieux de Dominique FORMA | 22 août 2019

Ils ont passé l’âge… Si ce n’est de faire justice eux-mêmes. Clovis le facho et André le gaucho. Deux frères ennemis à la longue histoire de coups tordus.
Le soir tombe sur Le Cap d’Agde. André, la soixantaine, s’aventure dans les dunes des échangistes. Bientôt, il aperçoit l’objet de ses fantasmes : une belle femme nue allongée sur le sable. Il s’approche. Son désir s’éteint aussitôt : la belle est morte, assassinée.
Craignant de devenir le suspect n° 1, André appelle Clovis à la rescousse. Avec l’aide d’Alexe, une libertine craquante, le duo improbable Algérie française et Gauche prolétarienne débute une sulfureuse enquête parsemée de sang, de sexe et de sales magouilles…

Chronique : De chapitre en chapitre, Dominique FORMA a choisi de nous emmener dans des endroits différents introduisant tour à tour de nouveaux personnages. La plume est élégante, parfois pleine de poésie, belle à vous élever l’âme! Et ce style sert parfaitement l’intrigue policière. La mise en place des personnages, leur profondeur psychologique, leurs failles donne envié de les retrouver dans une nouvelle enquête pour en savoir plus sur eux, notamment sur ce duo que sont André et Clovis, voir évoluer les interactions entre les membres de l’équipe. Une écriture subtile qui crée une atmosphère et donne corps aux personnages. L’auteur nous livre ce récit, vif et extrêmement bien écrit dans une intrigue très bien ficelée, les rebondissements et le suspens sont permanents et je dois dire que je ne m’attendais pas du tout à ce final, parfaitement inattendu.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Robert Laffont (22 août 2019)
  • Collection : La bête noire
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2221203232

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Écrits stupéfiants de Cécile GUILBERT | 5 septembre 2019

Ce livre offre un formidable voyage dans le temps et l’espace à travers toutes les substances psychotropes et leur imaginaire : de l’Inde védique à l’époque contemporaine des drogues de synthèse, des pharmacopées antiques et moyenâgeuses à la vogue moderne des psychostimulants en passant par l’opiophagie britannique, le cannabis romantique, l’opiomanie coloniale, la morphine et l’éther fin-de-siècle, l’invention du  » junkie  » au XXe siècle et la révolution psychédélique des années 60. S’il révèle une pratique universelle, il peut aussi se lire comme une histoire parallèle de la littérature mondiale tous genres confondus puisqu’on y trouve des poèmes, des récits, des romans, des nouvelles, du théâtre, des lettres, des journaux intimes, des essais, des comptes rendus d’expériences, des textes médicaux et anthropologiques…

Chronique :  Grand émerveillement à la lecture de ce livre de Cécile GUILBERT.
Les passionnés  auront ici matière à réflexion de toute sorte. Toutes les grandes questions, toutes les réponses possibles sont traitées et abordées le plus clairement afin que le lecteur le moins averti ne soit pas mis dans l’embarras.
Toute la pensée se trouve ainsi livrée dans sa pureté et sa naïveté d’homme qui s’interroge sans cesse et fait partager son émotion vive et puissante. On est toujours dans l’admiration, voire la sidération en parcourant ces lignes où la pensée examine tout et nous incite à ouvrir non seulement nos yeux mais aussi notée cœur
Prendre son temps et essayer de se souvenir, de plonger dans le passé pour fixer des moments inoubliables et miraculeux,.
Ce que veut Cécile GUILBERT, c’est non seulement nous transmettre toute sa science mais encore nous faire prendre conscience que nous devons nous émerveiller de ce miracle permanent qui est la Vie et l’immense poésie qui en découle.. À nous d’en profiter et vite, sans attendre.

Note : 10/10

 

  • Broché: 1440 pages
  • Editeur : Bouquins (5 septembre 2019)
  • Collection : Bouquins
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2221123166

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Ma vie avec John F. Donovan (The Death and Life of John F. Donovan) 04 septembre 2019 de Xavier Dolan avec Kit Harington, Natalie Portman

Dix ans après la mort d’une vedette de la télévision américaine, un jeune acteur se remémore la correspondance jadis entretenue avec cet homme, de même que l’impact que ces lettres ont eu sur leurs vies respectives.

Chronique : Sans être le meilleur long-métrage du prodige canadien, Ma Vie Avec John F. Donovan s’avère être un très bon film qui ne mérite pas toutes les critiques négatives qu’il a pu recevoir. Au fond, ce qui a peut-être manqué pour beaucoup dans cette histoire c’est le manque de surprise. Xavier Dolan a pour habitude de réaliser des films dont on ne connaît pas vraiment tous les tenants et les aboutissants alors qu’avec ce dernier long-métrage rien ne vient réellement surprendre. Cependant, la fluidité du récit et la capacité qu’a Dolan aidé par Jacob Tierney à écrire des histoires simples, attractives et intrigantes est toujours bel et bien présente. L’ennui n’existe pas dans cette histoire, on se plaît à en suivre les différentes parties et s’interroge sur leurs symbolismes. On pourrait peut-être y voir une représentation de la vie de Dolan poussé sur le devant de la scène très vite, voire peut-être même une certaine représentation de la célébrité que Kit Harington a du affronter ces dernières années. Dans tous les cas, il n’y a pas de vraies fausses notes dans cette histoire et le mélange des lignes temporelles se fait avec facilité et subtilité. Mais la plus grande force du film réside dans son casting. Abandonnant quelque peu ses origines canadiennes ici, Dolan s’entoure d’un casting anglo-américain qui, à l’exception de Kathy Bates peut-être, sait nous transporter tout au long de cette histoire. Kit Harington, Jacob Tremblay, Susan Sarandon, Nathalie Portman, Michael Gambon, Thandie Newton, Chris Zylka, Ben Schnetzer ou encore Katy Breier, les grands noms qui sont présents au générique de ce film ne font que nous émouvoir, nous emmener dans leur voyage avec toute la simplicité que cela mérite. Les jeux alambiqués et intellectuels ont disparus, comme dans les autres films de Dolan c’est la simplicité et l’universalité des personnages et des caractères qui prédomine et que l’on retrouve à chaque instant ici. De même, la réalisation du canadien est toujours aussi intéressante. Qu’elle soit crue ou d’une grande subtilité, chaque seconde est pensée avec intérêt, que ce soit les scènes de fêtes ou les scènes de la vie courante, on retrouve toujours la patte du réalisateur. Et cette vision artistique se retrouve d’autant plus dans ses choix musicaux. Usant quelque peu du stratagème qui avait poussé la bande originale de Mommy au sommet, le choix est fait ici de remettre au goût du jour des morceaux actuels, que ce soit Adele ou encore Florence and the Machine dans une sublime scène. Sans être au niveau des standards auxquels Xavier Dolan nous avait habitué, Ma Vie Avec John F. Donovan reste malgré tout un très bon film qui continue à transporter le spectateur dans la filmographie du jeune prodige.

Note : 8,5/10

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Video : La clarté du film  est juste magique et avec un contraste exceptionnels ait ressortir les délicats tissages de costumes des acteurs, rehaussent la profondeur et mettent en valeur les intérieurs. Bien qu’il n’y ait pas de point de grain visible, l’image dégage une merveilleuse sensation de film qui rappelle les films de la période historique. Les couleurs sont un peu atténuées pour refléter la nature désastreuse de la situation, mais des éclaboussures de paysages verts verdoyants et des éclats de neige  sont luxueusement riches, les blancs sont brillants mais ne fleurissent jamais, et les tons de chair restent naturels et constants tout au long. Les détails sautent de l’écran, tandis que des gros plans pointus soulignent les lignes, les rides et les taches sur les visages des personnages âgés.

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Audio :  Bien que les accents surround soient faibles, la fidélité supérieure et la profondeur tonale permettent à l’audio d’obtenir une sensation d’enveloppement fluide. Une séparation stéréo plus distincte est visible à l’avant, car des transitions douces élargissent bien le paysage sonore. Le bruit d’un bouchon de champagne et le tic-tac d’une horloge sont merveilleusement croquants. Les basses fréquences sont puissantes et une large gamme dynamique gère tous les hauts et les bas sans aucune distorsion. La musique jouit d’une belle présence et remplit  avec aisance . C’est une piste beaucoup plus intéressante que ce à quoi on pourrait s’attendre, et l’excellent rendu accentue son impact.

 

  • Acteurs : Kit Harington, Natalie Portman, Emily Hampshire, Sarah Gadon, Jacob Tremblay
  • Réalisateurs : Xavier Dolan
  • Format : PAL
  • Audio : Anglais (Dolby Digital 2.0), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Français
  • Région : Région 2
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : TF1 Studio
  • Date de sortie du DVD : 4 septembre 2019
  • Durée : 118 minutes

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Ninie ! de Michaël Escoffier et Di giacomo, Kris | 28 août 2019

« Bonne nuit, Ninie. » « Tu peux laisser la lumière allumée ?  » « Tu as peur du noir ?  » « Non, c’est pour mieux voir mes rêves. » Embarquez avec Ninie et son doudou dans sept histoires pleines de tendresse et d’humour.

Chronique : Une histoire courte et simple mais pleine de tendresse. Le ton est bienveillant, les valeurs jolies et l’ambiance intemporelle.
On sait que la répétition est essentielle à l’épanouissement cérébral et affectif et ce livre  permet d’anticiper les rituels et de les rejouer à l’infini afin de leurs expliquer au mieux leurs quotidiens.Ninie incarne l’enfant qui grandit, indécis, audacieux plein de fantaisie et d’imagination. Douceur, respect et bienveillance qui est écrit et illustré avec beaucoup de douceur ce livre aborde habilement des problématiques rencontrées par des tout petits en proposant des histoires courtes et originale qui laissent place à l’imaginaire.

Note : 9,5/10

Extrait :

245

 

  • Album: 48 pages
  • Tranche d’âges: 3 – 5 années
  • Editeur : KALEIDOSCOPE (23 août 2007)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2877675459

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L’Anniversaire d’Elmer de McKee David | 23 août 2019

Demain, c’est l’anniversaire d’Elmer. Les animaux de la jungle lui préparent une surprise. Attention, Elmer ne doit se douter de rien !

Chronique :J ’ai aimé la douceur avec laquelle cette histoire est racontée, et je suis certain que de nombreux lecteurs, jeunes ou moins jeunes, sauront s’identifier à son message et au sort d’Elmer. Elmer est dépeint comme un peu différent des autres éléphants car il est couvert de couleurs patchwork. Mais ce ne sont pas seulement ces couleurs qui le rendent différent des autres. Non, Elmer  considère la façon dont nous passons nos journées, à nous précipiter d’une tâche à l’autre, il est possible de se demander ce qui compte vraiment et de reconsidérer l’importance réelle de ces tâches. Le livre d’images contient des scènes merveilleusement colorées de la nature, et les jeunes lecteurs seront ravis de découvrir ce qui a séduit Elmer au cours de sa journée et de son attente.

Note : 9,5/10

Extrait :

234

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : KALEIDOSCOPE (23 août 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2877675467

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