Tout les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois, un style concis au service d’un destin tragique

Jean-Paul Dubois restait pour moi un auteur inconnu, j’avais entendu parler de certaines de ces oeuvres tel que Kennedy et moi, Vous plaisantez monsieur Tanner ou encore Une vie française mais sans jamais franchir le pas. Alors lorsque l’occasion s’est présentée je me suis dis que tant qu’à découvrir un auteur aussi prolifique autant commencer par son dernier ouvrage en date.

En refermant la dernière page l’impression qu’il m’en est resté est que l’auteur maîtrise sa narration à la perfection. Faire tenir les mémoires d’un homme en moins de 300 pages n’est pas donné à la première plume venue. Là où d’autres auteurs auraient eu besoin du double de page pour conter les malheurs de Paul Hansen, Jean-Paul Dubois parvient à tracer un chemin de vie en allant à l’essentiel.

Le récit se partage entre les souvenirs de Paul et sa vie actuelle au pénitencier de Bordeaux, dans la province de Montréal. Ses chroniques de prisonniers sont les plus accessibles car elles recèlent un humour burlesque incarné par son compagnon de cellule Horton, un Hell’s Angel accusé de meurtre qui a la phobie des rongeurs et des coiffeurs. Ses élucubrations apportent une respiration dans un récit qui possède par ailleurs une grande part de mélancolie.

Il faut dire qu’entre le couple improbable formé par ses parents, les déménagements, l’industrie minière et l’amiante ce pauvre Paul Hansen n’a pas eu une vie facile. Sa capacité à assimiler les drames de son existence et à les digérer est impressionnante. Une résilience qui fait de lui le témoin idéal d’une époque en plein changement.

Le style concis et précis de l’auteur lui permet d’intégrer de nombreux personnages secondaires sans surcharger son récit. On fait ainsi la connaissance de ses parents, de sa femme Winona, son voisin et ami Kieran Read ou encore l’ignoble Sedgwick. Sous sa plume c’est un destin tragiquement banal qui prend forme, celui d’un homme ballotté par la vie et qui atteint son point de rupture alors que la vie vient de lui infliger une nouvelle et tragique épreuve.

Cet ouvrage qui a remporté le prix Goncourt en 2019 est le premier mais sans doute pas le dernier signé par cet auteur dans lequel je me plongerais.

Résumé: Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.
Retour en arrière: Hansen est superintendant a L’Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et l’inévitable se produit.
Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert, les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.
Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.

  • Broché : 256 pages
  • Editeur : L’Olivier; Édition : 01 (14 août 2019)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2823615164

Ju-On: origins saison 1 sur netflix, mais arrêtez d’entrer dans des maisons inconnues!!!

Le film Ju-on ,ou the grudge comme il fut renommé après sa traversée de l’océan Pacifique, reste l’un des souvenirs de visionnage le plus terrifiant de toute ma vie. Je me souviens être resté tétanisé pendant le générique de fin, complètement paralysé par cette histoire de fantôme vengeur sans pitié. Lorsque la dernière image du générique fut passé l’écran de mon ordinateur devint noir, je me retrouvais donc seul dans ma chambre, dans le noir complet, avec des images toutes plus glauques les unes des autres imprimées sur ma rétine. Des années après ce film reste une référence du film d’horreur, avec son ambiance mélancolique imprégnée de solitude et de tristesse. Je n’ai pas vu les suites, qui n’ont pas la réputation d’être à la hauteur du premier opus mais l’annonce d’une série en partie produite par netflix a su titiller ma curiosité.

C’est donc parti pour une petite séance de frisson, petite car la série contenant six épisodes de trentes minutes, générique compris, on peut rapidement la binge watcher. Par contre il n’y a pas de doublage en français alors qu’un doublage allemand est possible, parfois il ne faut pas chercher à comprendre. Certains sous-titres sont complètement à côté de la plaque dans leurs traductions mais rien de bien méchant.

QUI? QUAND? COMMENT ?

Le vrai problème de la série vient des choix scénaristiques faits par les producteurs. La narration est décousue, non seulement l’on va nous raconter plusieurs histoires avec différents personnages mais en plus celles-ci ne se passent pas en même temps. Certains récits s’étalent sur plusieurs années alors que d’autres à tiennent en quelques jours ou mois. Autant ce choix peut s’expliquer dans le cadre d’une intrigue plus complexe aux ramifications multiples mais là il s’agit d’une histoire d’épouvante, pourquoi compliquer un sujet qui se doit d’être simple pour captiver le spectateur? Arrivé au sixième épisode j’étais incapable de’savoir si l’on était en 1988, 1995 ou à une autre époque. La série n’est parvenue à me faire peur qu’à de rares occasions mais elle sera parvenue à m’embrouiller complètement dans sa narration.

Les différentes trames narratives se suivent sans réelle passion. La série instaure une certaine atmosphère mystérieuse et glauque avec quelques fulgurances gores il faut lui reconnaître cela. Mais elle échoue complètement à nous faire ressentir quoique soit pour ses différents personnages, sans même parler de suspens. Si la série s’était concentrée sur deux ou trois personnages elles auraient pu brosser des portraits convaincants mais là non seulement ces personnages n’ont pas le temps d’exister mais ils paraissent également assez antipathiques pour la plupart.

Prenons par exemple le personnage de Yasuo Odajima, l’enquêteur du paranormal, qui passe les premiers épisodes à déambuler en posant les mêmes questions avant de se souvenir subitement du drame familial qui le relie à la maison la plus flippante de la banlieue tokyoïte en fin de saison. Le jeu impassible de son interprète, Yoshiyoshi Arakawa, n’aide pas à donner consistance à ce personnage qui est pourtant l’un des principaux de cette première saison. Les autres personnages sont à l’avenant, la lycéenne traumatisée et traumatisante est complètement incohérente dans ces décisions et la jeune actrice débutante, Haruka Honjo, est sous-développée.

-Ca va faire peur? -Bof, par contre on va bien se faire chier

UNE MACABRE DÉCOUVERTE…

Il va falloir m’expliquer également cette obsession pour les faits divers sordides qui parcourt la saison, si c’était pour servir de marqueur temporel il y avait d’autres moyens d’ancrer la série dans les différentes époques parcourus. Si la volonté des producteurs était de relier la série aux films à travers ces faits divers, qui jouent un rôle dans le premier film, c’est que l’héritage de celui-ci est bien pauvre ou incompris. La série dresse un portrait bien sombre et misérable de la société japonaise où les conflits familiaux se règlent dans le sang mais cela paraît artificiel et creux à tel point que je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux au ciel lorsqu’un énième fait diver sanglant n’ayant même pas de rapport lointain avec le thème de la série est évoqué dans les derniers épisodes.

Toi après avoir regardé le journal télévisé japonais

De l’esprit du film il ne reste plus grand-chose dans cette série qui passe complètement à côté de son sujet, à savoir l’épouvante. À part quelques images fugaces qui rappelleront l’ambiance du premier long-métrage. La saga Ju-On mérite mieux que ces origines brouillonnes et creuses.

Synopsis: Un chasseur de phénomènes paranormaux cherche désespérément une maison maudite où une mère et son enfant ont été les victimes d’un drame il y a bien longtemps.

Depuis 2020 / Epouvante-horreur
Titre original : Ju-On: Origins
Nationalité Japon

Chaîne d’origine Netflix

Bande-annonces : https://youtu.be/MJqHpN9b0U4

Dceased de Tom Taylor et Trevor Hairsine, lorsque super-héros et post-apo font bon ménage

Les grands éditeurs de comics que sont DC et marvel adorent construire un univers cohérent aux ramifications multiples. L’aspect négatif de ces immenses châteaux de cartes où se côtoient la science, l’espace, la magie et les dieux c’est que tout est un peu figé et progresse lentement à coups de crossovers* qui promettent de tout changer et de retcon* plus ou moins bien amenés. C’est la raison pour laquelle, de temps en temps, ces deux mastodontes de l’industrie du comics aiment bousculer leurs univers très codifiés à travers des mini-série qui laissent plus de marges de manœuvre aux scénaristes même si elles se situent en dehors de la continuité officielle et ne provoquent aucun changement majeur.

DÉVORER LES TOUS

Alors que Marvel a déjà franchi le pas il y a cela plusieurs années avec la série Marvel zombie, DC n’a lancé la publication de Dceased que l’année dernière. Les deux big two s’étant souvent influencé au cours des décennies, le reproche a encore été fait à DC ajoutant à cela que la mode des zombies est passé depuis un moment. Mais là où Marvel a voulu poursuivre le succès de sa série de héros putréfiés jusqu’à la perte d’inventivité DC a décidé dès le départ que Dceased serait une mini-série qui s’achevait au sixième numéro. De plus l’éditeur a eu l’excellente idée de confier la réalisation de cette mini-série à Tom Taylor qui chapeaute déjà la série Injustice qui, dans le thème de la déconstruction d’univers envoie du lourd. Le scénariste est un fin connaisseur de l’univers DC et nul doute qu’il a pris un grand plaisir à redistribuer les cartes pour nous conter sa fin d’un monde.

Cassez vous je ne suis pas câlin

COURT MAIS INTENSE

L’aspect mort-vivant n’est finalement pas tellement développé. Les victimes ne sont pas simplement des rôdeurs affamés mais des vecteurs d’une malédiction qui veut la mort de toute chose. On passera rapidement sur l’aspect incongru et irréaliste du mode de propagation. Le but est ailleurs, comment des héros, habitués à triompher de leurs adversaires à coups de poing, vont pouvoir lutter face à un ennemi insaisissable, qui se répand à la vitesse de la lumière et qui les obligent à se dresser face à leurs anciens alliés ? Tom Taylor réussit parfaitement le challenge de conter le dernier combat désespéré des plus grands héros de DC, il réussit en quelques deux cents pages à mettre en scène l’apocalypse de manière grandiose. Un souffle épique balaie les sept numéros de cette mini-série. Pourtant aussi maîtrisée que soit son scénario, certaines situations auraient mérité plus de développement. On sent parfois que l’auteur aurait voulu s’attarder sur des scènes comme la bataille des amazones ou la chute d’Atlantis mais il fallait que le récit tienne en sept numéros alors des choix ont dû être faits.

SANGLANTS CROQUIS

Trevor Hairsine assure la majeure partie de la partie graphique. Un artiste que j’ai tendance à trouver brouillon mais il faut reconnaître qu’il s’en sort plutôt bien lorsqu’on lui laisse le temps. Les infectés sont très détaillés, écorchés et sanguinolents, contrairement aux arrières plans mais c’est souvent le cas dans les comics américains. On trouve aussi les dessins de James Harren en complément pour le premier numéro ainsi que Darick Robertson et Laura Braga pour un épisode spécial. Le titre parvient à conserver une hégémonie artistique, malgré des styles très différents, puisque ces artistes talentueux ne sont là que pour illustrer des interludes.

Superman tient la tête d’affiche grâce à une écriture fine et touchante

Dceased a donc tout du divertissement honnête, sans réel propos de fond mais avec un sens de l’héroïsme et du sacrifice qui revient aux fondamentaux du rôle de super-héros. Le tout au service d’une intrigue tendue de la première à la dernière page. Une nouvelle déclinaison de l’univers DC qui ravira tous les amateurs de récit apocalyptique qu’ils soient passionnés par l’univers de DC ou pas.

Résumé:

Darkseid a de nombreuses fois tenté de conquérir la Terre et de réduire à néant les super-héros qui la défendent.

Mais aujourd’hui, il y est parvenu. Lors d’un combat contre la Ligue de Justice, le seigneur d’Apokolyps a déchaîné toute la puissance de l’équation d’anti-vie, faisant ainsi du monde un enfer habité d’individus contaminés et hystériques qui se dévorent les uns les autres. Et face au chaos planétaire de l’anti-vie, les héros sont aussi vulnérables que désemparés.

*un crossovers est la rencontre entre différents héros d’un même éditeur ou d’une autre maison d’édition autour d’une histoire commune souvent conté dans une mini série dédié

*le retcon est une pratique scénaristique qui consiste à insérer de nouveaux éléments dans le passé d’un personnage. Le terme est issue de la contraction de rétro continuité. Le meilleur exemple est la création du personnage d’Elektra dans le comics Daredevil par Franck Miller.

Zombie story tome 2 zombie nation de David Wellington, regarde le monde brûler

Après un premier tome fantasque qui réunissait tous les ingrédients de la bonne grosse série Z décomplexée, David Wellington revient avec un second tome de son apocalypse zombie. Alors que le premier volume mettait en scène un combat du bien contre le mal somme toute assez classique malgré les tentatives de l’auteur d’insérer de nouveaux éléments, ce second volume fait plutôt penser à un road-movie crépusculaire.

Les 100 premières pages n’offrent rien d’original, le monde s’effondre, personne n’y peut rien et c’est la panique générale. Du déjà vu mais les afficionados de lecture apocalyptique y trouveront leurs comptes. Le récit se concentre rapidement sur deux personnages principaux. Le premier n’est rien d’autre qu’une morte-vivante amnésique mais toujours consciente tandis que le deuxième est un capitaine de la garde nationale qui tente tant bien que mal de garder le contrôle de la situation.

Si ces deux personnages principaux avaient été correctement écrits le récit auraient pu être vraiment plaisants à suivre mais malheureusement ce n’est pas le cas. Clark se révèle complètement impuissant face à la menace mondiale et son personnage se résume à celui de bon petit soldat sans imagination. Il est tout juste bon à constater l’anéantissement de son monde. Le choix d’en faire un personnage sans attache ne contribue pas à en faire un héros attachant. Son profil est sans relief et son arc narratif ne parvient jamais à lui accorder ce sursaut d’instinct de survie pourtant nécessaire à ce genre de personnage.

Le cas de Nilla est plus problématique, son personnage de zombie amnésique en quête de réponse aurait pu être intéressant mais cela n’est jamais développé de manière passionnante. Nilla est une page blanche, donc elle aussi sans attache, qui doit aller d’un point A à un point B. Alors que son trajet aurait pu être original et palpitant. À la place on se retrouve avec une fuite éperdue qui n’utilise jamais les caractéristiques du personnage à son avantage, on aurait pu voir Nilla éviter des chasseurs humains ou tenter de communiquer avec ses pairs putréfiés au lieu de ça Nilla parlemente avec un mage mort et un télépathe reclus sortis de nulle part.

L’intrigue ne décolle jamais vraiment et les ajouts de l’auteur paraissent forcés, importants mais développés de manière bancale et finalement ils n’apportent pas grand chose au récit. Un récit qui paraît brouillon et très loin de l’action débridée que proposait le premier volume. L’auteur a voulu engager une réflexion sur l’humanité, la solitude et le sentiment d’abnégation mais le tout est maladroit et manque de profondeur.

Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur se sera débarrassé de ses démons pour le troisième et dernier tome et parvienne à revenir aux fondamentaux qui faisaient tout l’intérêt de son intrigue apocalyptique.

Résumé: Un jour les morts se sont relevés… Une vague de terreur et de cannibalisme se répand aux États-Unis. Bannerman Clark, capitaine de la Garde nationale, est chargé d’une mission capitale : découvrir l’origine de ce désastre et l’empêcher de gagner Los Angeles. Son enquête le mène en Californie où une femme détiendrait le secret de l’Épidémie. Mais elle est frappée d’amnésie. Et pour la protéger, Bannerman doit venir à bout de zombies de plus en plus nombreux, invisibles ou dotés de pouvoirs dignes de super-héros. Apprenez comment l’horreur a commencé…

  • Poche : 416 pages
  • Editeur : Bragelonne (14 juillet 2010)
  • Collection : Terreur
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2811203648
  • ISBN-13 : 978-2811203641

1, 2, 3, nous irons au bois de Philip Le Roy | 1 juillet 2020

Lassée par les révisions du bac, Fanny surfe sur les réseaux sociaux et tente sa chance pour participer au jeu Ne reviens pas  ! Sélectionnée, elle est convoquée avec neuf autres adolescents.

Achat : https://amzn.to/38pamCr

Chronique : Ça pourrait être un début bien banal et pourtant il n’est pas mal du tout ce roman pour ados, même pour l’amateur de romans d’épouvante que je suis.
Qui réussira à terroriser le plus les autres ?
L’intrigue en elle-même est très classique également et respecte les codes du thriller d’anticipation. Cependant là encore l’auteur démontre une grande maîtrise dans la gestion de son intrigue. Le soin de l’auteur et la main ferme pour la caractérisation rendent tous ces très différents protagonistes extrêmement bien, et ils viennent à la vie comme ils interagissent les uns avec les autres, leurs supérieurs.
Une fois commencer ce roman on ne peut tout simplement pas le faire tomber.  
L’écriture est très cinématographique, toujours dans l’action mais sans oublier de décrire le magnifique décors brumeux dans lequel les personnages se trouvent. On s’attache vite à Fanny, jeune fille moderne, accro aux réseaux sociaux, mais aussi à Axel, qui va devenir son binôme de galères. L’ensemble donne un excellent roman pour les adolescents et jeunes adultes.

Note: 9,5/10

 

  • Broché : 416 pages
  • Editeur : Rageot Editeur (1 juillet 2020)
  • Collection : Grand Format
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 270027539X

417OEGnzgJL._SX343_BO1,204,203,200_

 

Les secrets du premier coffre de Fabien Cerutti | 20 juin 2020

Avec ce coffre empli de trésors littéraires, Fabien Cerutti propose six textes qui enluminent ou permettent de découvrir l’univers de sa série à succès Le Bâtard de Kosigan

Achat : https://amzn.to/3eUlytj

Chronique : Nombreux sont ceux qui prône la supériorité des séries audiovisuelles sur l’écrit mais Fabien Cerutti, avec son cycle du Batard de Kosigan prouve que le papier peut être aussi captivant qu’une série filmé en numérique.

Mais c’est surtout grâce à un style nerveux que l’auteur se démarque, surtout durant les scènes d’actions. Là où d’autres auteurs de fantasy se perde dans un style brouillon qui rend illisible les batailles et les combats Cerutti lui, opte pour des phrases courtes, efficaces et une narration à la première personne qui nous fait plonger au cœur de l’action. Une caméra ne pourrait pas rendre tout ça aussi immersif.

Les amateurs de langages soutenu se trouveront en terrain conquis étant donné les deux époques auxquels se passent le récit, l’auteur réussi à éviter le piège du style ampoulé et garde une certaine dynamique dans les dialogues grâce aux sous entendu et le double jeu que pratiquent la plupart des personnages.

À la manière de séries les plus populaires ce livre ou coffre de la saga C’est incroyable le nombre d’éléments disséminés par Fabien Cerutti et qui pourtant échappent à notre regard. Cet ouvrage permet non seulement de faire la lumière sur les dernières intrigues toujours en suspens mais se permet aussi de lancer de nouvelles pistes de réflexion.  Solidement documenté, l’ouvrage revient sur des éléments essentiels de l’intrigue en révélant combien des petits détails sont en vérité d’une importance capitale dans la compréhension de l’intrigue. Si vous êtes persuadé d’avoir entièrement décortiqué les mystères du Bâtard de Kosigan, la lecture de cet ouvrage vous prouvera qu’il n’en ait rien.

L’ouvrage se dévore à une telle vitesse que l’on aurait aimé pouvoir poursuivre l’exploration de la prose de Cerutti, simple en apparence mais si riche de sens caché.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 343 pages
  • Editeur : Mnémos Editions (12 juin 2020)
  • Collection : ICARES
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2354087845

61FQdTtIOtL._SY346_

 

Fragilité blanche – 1 juillet 2020 de Robin DiAngelo

La sociologue américaine Robin DiAngelo a passé vingt ans à étudier cette question dans des ateliers sur la diversité et le multiculturalisme. Elle en a tiré un concept fondamental pour comprendre le rapport des Blancs au racisme : la fragilité blanche, un mécanisme de défense ou de déni qui permet de détourner la conversation, empêchant d’identifier le racisme systémique qui persiste dans nos sociétés. Et donc de le combattre.

Achat :https://amzn.to/2YUK5Zr

Chronique : J’ai commencé à lire ce livre en pensant que je comprendrais mieux pourquoi il est si difficile de parler de la race avec d’autres Blancs. Il y aurait peut-être quelques éléments dont je devrais prendre conscience en moi-même, mais dans l’ensemble, ce serait un livre sur les autres Blancs.

Eh bien ! Si je n’avais pas tort ! Dès le début, Robin DiAngelo m’a fait tomber de mon piédestal « pourquoi je ne suis pas raciste ». Elle m’a interpellé dès le début en suggérant que le lecteur était probablement assis là à penser à toutes les façons dont je ne suis pas raciste. Bam, bam, BAM ! Je suis descendu.

Comme nous sommes prévisibles, nous les blancs, même si nous pensons ne pas l’être. Même quand nous sommes certains de ne pas être racistes. Même quand nous pensons que nous sommes différents des autres Blancs. Comme je suis prévisible. Pour arriver à quelque chose avec le racisme, nous devons d’abord être prêts à examiner toutes les façons dont nous (chaque personne blanche) soutenons et perpétuons le racisme. Je suis assis là, me rassurant que je suis une exception et ces x, y, z sont les raisons de prouver que je ne le suis pas, tout en m’assurant que je n’allais rien apprendre, ou pas assez, de ce livre. Je suis tellement reconnaissante à Mme DiAngelo d’avoir commencé de cette façon.

Cela m’a-t-il mis mal à l’aise ? Oui, c’est vrai. Croyez-moi, j’étais assit là, à me tortiller, à me mordre la lèvre inférieure, et j’avais presque envie de ne pas lire du tout le livre. Cependant, je savais que le fait que cela me mette mal à l’aise était la principale raison pour laquelle j’avais besoin de lire ce livre. Non pas pour me faire une idée des autres Blancs, mais pour me faire une idée de moi-même. Pour mettre en évidence mes défauts et découvrir les façons dont le racisme se manifeste à travers mes paroles et mes actions.

Robin DiAngelo commence par expliquer exactement ce qu’est le racisme et pourquoi la plupart des blancs ont si peur d’être considérés comme racistes.

Confondre ces termes et penser que le racisme n’est qu’un acte intentionnel de discrimination nous amène à croire que nous sommes exempts de racisme, que nous ne sommes pas racistes, et nous assure ainsi que nous ne ferons rien pour changer. Cela « protège nos préjugés, car le fait de nier que nous en avons nous assure que nous ne les examinerons pas ou que nous ne les changerons pas ».

Chaque aspect de la culture occidentale est basé sur la supériorité des Blancs. Elle est soutenue par l’autorité et le contrôle institutionnel (je dirais surtout aux États-Unis). Lorsque le racisme et la pensée raciste sont si profondément enracinés dans notre culture, c’est « la norme plutôt qu’une aberration ».

Le retour d’information est la clé de notre capacité à reconnaître et à réparer notre inévitable collusion, souvent inconsciente ». Nous sommes conditionnés par le racisme et une vision du monde fondée sur la suprématie blanche. Ainsi, plutôt que de concentrer notre énergie à nous convaincre et à convaincre les autres que nous ne sommes pas racistes, nous devons concentrer cette énergie à affronter nos propres tendances et idées racistes. Comme le souligne Mme DiAngelo, « Nous les avons, et les gens de couleur savent déjà que nous les avons ; nos efforts pour prouver le contraire ne sont pas convaincants ».

Je pense que c’est un livre incroyablement important. Bien qu’il soit très basique, rudimentaire et parfois répétitif, ce livre est un point de départ crucial. Il exige que nous nous examinions honnêtement. Si nous sommes contre le racisme et que nous voulons vraiment le changement, nous devons d’abord commencer par nous-mêmes. Je ne peux pas changer mon comportement ou mes pensées si je suis certain que je suis sans reproche. Comment puis-je alors espérer changer tout un système ? Je dois être ouvert à la critique sans me mettre sur la défensive. Est-ce que c’est facile de le faire ? Non, absolument pas. Mais je peux supporter un certain inconfort, surtout à la lumière de toute la douleur que les personnes de couleur ont endurée et endurent encore. Il est impératif que je m’examine honnêtement ; cela ne va pas me tuer – mais le racisme tue les gens de couleur.

La fragilité blanche a pour fonction « d’empêcher les personnes de couleur de contester le racisme afin d’éviter la colère des Blancs ». En retour, le fait de ne pas défier les blancs sur le racisme maintient l’ordre racial et la position des blancs au sein de cet ordre ».

J’implore tous les Blancs de lire ce livre, même si vous êtes certain de ne pas être raciste. Surtout si vous êtes certain de ne pas être raciste. Travaillons tous à nous changer nous-mêmes, et peut-être que les changements nécessaires pourront avoir lieu dans notre société et dans nos systèmes judiciaires. Il est de notre responsabilité d’être moins fragiles et d’écouter enfin les personnes de couleur et d’être ouverts à l’examen de nos défauts et de nos préjugés. Il y a tant d’autres choses que je pourrais écrire, y compris les choses que j’ai découvert sur moi-même en lisant ce livre, mais au lieu de cela, je vais enfin mettre fin à cette longue critique et vous encourager à lire le livre. Et après cela, lisez des livres écrits par des personnes de couleur. Ce n’est qu’en écoutant ceux qui sont victimes du racisme que nous pourrons apporter un changement efficace.

Note : 10/10

 

  • Broché : 256 pages
  • Editeur : Les Arènes (1 juillet 2020)
  • Collection : AR.ESSAI
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500717

41zoQEuym0L._SX327_BO1,204,203,200_

 

Le monstre chez moi de Amy Giles | 18 juin 2020

Hadley, 17 ans, survit au crash de l’avion de tourisme qui la transportait avec ses parents.

Achat : https://amzn.to/2YROGf5

Chronique : Cette histoire m’a vraiment touché, comme si les braillements sur la route ferroviaire de Long Island « m’avaient touché ». Elle comporte des représentations graphiques de la maltraitance et ses effets persistants sur les victimes en font une histoire extrêmement difficile à lire. La douleur de Hadley, ses sacrifices, sa culpabilité et sa colère n’étaient que trop réels. C’est un personnage à la volonté immense, que beaucoup peuvent malheureusement comprendre, mais que d’autres, je l’espère, pourront admirer. C’est une vraie survivante et je suis très satisfait d’avoir entendu son histoire, l’histoire de millions d’autres personnes.

Le monstre chez moi est sans aucun doute une histoire d’amour qui commence avec insta love. Insta love ne me dérange pas comme il dérange les autres lecteurs. Je me souviens de ce que c’est que d’être un adolescent et de tomber amoureuse si vite, donc je ne pense pas que ce soit totalement irréaliste à chaque fois. Je dirai que j’aime Charlie pour son intérêt pour l’amour et son caractère individuel. Nous avons besoin de plus de garçons dans le young adulte qui soient respectueux, honnêtes, sensibles, fiables, et qui soient une personne vraiment bonne. Charlie se sent naturellement impuissant face à la situation de Hadley, mais il ne cesse de tenter de faire ce qui est juste et de faire la différence. C’est un personnage vraiment admirable à mon avis. Bien que Hadley et Charlie deviennent très vite sérieux (un fait dont les personnages du roman prennent note), je pense qu’ils ont une relation douce, basée sur la confiance mutuelle, des attitudes saines l’un envers l’autre et une attention authentique l’un pour l’autre. Malgré l’amour instable, qui est en quelque sorte le point central de l’histoire, c’est une relation que j’aimerais voir davantage dans YA parce que c’est ce que les gens devraient viser dans la vie réelle

Ce livre est raconté en deux parties : « à l’époque », où Hadley et sa famille ont subi des sévices pendant sa dernière année de lycée et où sa relation avec Charlie s’est développée, et maintenant, après un accident d’avion, où Hadley est à l’hôpital et où la vérité sur tous les événements de « l’époque » est dévoilée. Les chapitres « maintenant » ne m’ont pas plu autant ; ils sont plus rares et beaucoup plus courts/moins mouvementé, mais ils sont toujours essentiels à l’histoire et j’ai été ravie de constater à quel point ils étaient bien imbriqués les uns dans les autres.

La seule véritable critique que j’ai formulée au début du roman (mais qui a pratiquement disparu à la fin de l’histoire) est que je pouvais dire que l’auteur est un adulte qui écrit une histoire sur les adolescents, ce qui est une de mes grandes préoccupations dans YA. Il y avait juste quelques conversations et réponses qui ressemblaient à une personne plus âgée essayant d’écrire plus jeune. Plus précisément, cela est apparu dans de nombreuses conversations sur le sexe dans l’histoire (il y a une scène sur la pratique du sexe sans risque que j’ai SUPER contente de voir, mais la phrase suivante suggère que les préservatifs ne sont pas nécessaires lors de l’utilisation de la contraception si votre partenaire se fait dépister, ce que je n’approuve pas& je n’ai pas compris si le protagoniste choisit d’utiliser un préservatif à la fin, donc j’étais un peu en conflit avec ce moment particulier). C’est une critique assez inoffensive, je la trouve agaçante à reconnaître mais elle n’influence pas vraiment l’histoire. Comme je l’ai déjà mentionné, à mesure que l’histoire s’intensifie, cette bizarrerie disparaît vraiment, alors je voulais la mentionner, mais cela n’a pas eu un impact énorme sur mon expérience de lecture.

Note : 9/10

  • Broché : 400 pages
  • Editeur : Nathan (2 juillet 2020)
  • Collection : GRAND FORMAT DIVERS
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2092591061

51O2P4aAN3L

Sky Wars, Tome 4 : de Ahndongshik | 1 juillet 2020

La démonstration de force de la reine Esperanza entraîne l’aventure de Shark et Knit dans une nouvelle direction.

Achat :https://amzn.to/2NPSFCr

Chronique : Wow, passionnant et aventureux – fait directement suite à la course du dernier volume et offre des aperçus détaillés du passé de Diego et des connaissances supplémentaires sur les Lindbergh.

Le parcours de Diego, son passé et surtout ce qui l’a fait devenir un pirate sont révélés ici. Ainsi, le personnage trop mystérieux, peu scrupuleux et casse-cou du tome 1 perd cet aspect de son charisme, mais gagne en sympathie dans la même mesure. Nous savons maintenant exactement pourquoi il a décidé de faire cela, quels sont ses motifs et, essentiellement, son plan. Ici, le tricot passe au second plan, son Lindbergh ne partage pas ce sort, car maintenant que les lecteurs en apprennent plus sur les Lindbergh, son importance augmente énormément.

Ce livre poursuit l’histoire de façon fluide et habile, aventureuse et pleine d’action. Les nouveaux personnages s’intègrent rapidement, car ils ne remplissent pour l’instant qu’un seul objectif dans ce volume, à savoir lancer une chasse vicieuse et sans scrupules à Diego.

Dans l’ensemble, ce volume est divertissant et maintient une tension agréable jusqu’à la fin, vous laissant sur votre faim. La mi-temps est terminée, désormais c’est de plus en plus vers la fin.

Note : 9/10

 

  • Broché : 194 pages
  • Editeur : Casterman (1 juillet 2020)
  • Collection : Sakka
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2203185961

51Km+H8lRoL._SX318_BO1,204,203,200_