Unbreakable Kimmy Schmidt (Netflix) : l’épisode interactif vaut-il le coup ?

L’épisode interactif de « Unbreakable Kimmy Schmidt » disponible sur Netflix. L’expérience vaut-elle le détour ?

Deux ans après la fin de sa quatrième et dernière saison, Unbreakable Kimmy Schmidt est de retour pour un épisode très spécial. Intitulé « Kimmy contre le révérend », écrit par Tina Fey, Robert Carlock, Sam Means et Meredith Scardino et réalisé par Claire Scanlon, cet épisode qui se présente comme un téléfilm (qu’on ne peut véritablement apprécier sans connaître la série) est intéractif. Comme dans Black Mirror: Bandersnatch, c’est le spectateur qui décide du sort des personnages, les aidant à faire des choix à des moments cruciaux du récit.

Dans « Kimmy contre le révérend », Kimmy (Ellie Kemper), qui est parvenue à refaire sa vie à New York après avoir été retenue prisonnière dans un bunker par le révérend Richard Wayne Gary Wayne (Jon Hamm) pendant quinze ans, s’apprête à épouser Frederick Windsor (Daniel Radcliffe, merveilleux guest), héritier au 12e degré de la couronne d’Angleterre. A quelques jours du mariage, elle retrouve à l’intérieur de Jan, son vieux sac à dos qui parle, un roman interactif qui laisse penser qu’une autre jeune fille a peut-être été victime du révérend.

Elle lui rend alors visite en prison et comprend que pas une, mais plusieurs jeunes filles, sont encore prisonnières quelque part dans un bunker. Elle décide donc de se lancer à leur recherche et compte bien revenir à temps pour épouser son prince. Dans cet épisode spécial, Kimmy est bien sûr entourée de ses fidèles compagnons Jaqueline (Jane Krakowski), Titus (Tituss Burgess) et Lillian (Carol Kane), que l’on retrouve avec un réel plaisir.

Comme on se situe dans le registre de la comédie, les différents choix apportent quelque chose de très ludique.

Contrairement à « Bandersnatch », qui décevait notamment par son utilisation finalement assez vaine de l’interactivité, se contentant de se regarder le nombril au détriment de l’histoire, « Kimmy contre le révérend » en fait un usage très malin. D’un point de vue fonctionnel, les interactions sont fluides et comme on se situe dans le registre de la comédie, les différents choix (qui apparaissent en bas de l’écran, en général au moment où un personnage doit lui-même faire un choix) apportent quelque chose de très ludique.

On doit aider Kimmy à décider dans quelle robe se marier, ou avec qui s’envoler pour la Virginie-Occidentale afin de secourir les autres filles. On choisit d’embrasser Frederick ou de préparer le mariage… Un mauvais choix conduit à une impasse toujours amusante, parfois très drôle, et oblige à revenir en arrière pour que le déroulé des événements soit cohérent et chaque choix en adéquation avec la personnalité des protagonistes.

Intelligemment, les scénaristes ont su créer une intrigue à la Very Bad Trip qui se prête à l’interactivité sans perdre de vue l’essence de la série, son côté décalé, complètement déjanté et foutraque. Pour explorer toutes les ramifications du scénario et toutes les possibilités qui s’offrent pour chaque personnage, il faut bien sûr prévoir un peu de temps (environ deux ou trois bonnes heures), mais l’expérience est tout à fait divertissante et si vous aimez l’univers de Kimmy Schmidt, le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Les séries à ne pas rater en août

Les séries à ne pas rater en août

En quête de nouvelles séries à se mettre sous la dent en ce mois d’août ?

Nouvelles séries

 Ted Lasso – 14 août

Après El Presidente en juin dernier sur Amazon Prime Video, une autre série sur le football va voir le jour sur Apple TV+. Ted Lasso, un entraineur de football américain, débarque à Londres pour coacher une équipe de football… pas américain. Face à une équipe et une ville dubitatives, arrivera-t-il à leur faire adopter la méthode Ted Lasso ? Incarné Jason Sudekis, l’acteur est aussi co-créateur de la série avec Bill Lawrence, créateur de Scrubs ou encore Cougar Town.

 Lovecraft Country – 17 août

C’est l’une des séries les plus attendues de l’été. Produite notamment par Jordan Peele et J.J. Abrams, Lovecraft Country se déroule dans l’Amérique raciste des années 1950 et raconte l’histoire d’Atticus Black, un jeune homme de 25 ans, qui embarque avec son amie Letitia et son oncle George dans un road trip à la recherche de son père disparu. Sur la route, ils rencontrent des monstres fantastiques, ainsi que des monstres bien réels…

Nouvelles saisons

 The Rain saison 3 – 6 août

Après la pluie, le beau temps ? Dernier tour de piste pour The Rain : la série post-apocalyptique danoise connaitra sa conclusion avec sa saison 3 le 6 août prochain.

 Ramy saison 2 – 6 août

Diffusée sur la plateforme Hulu en mai dernier, la saison 2 de Ramy arrive enfin en France sur STARZPLAY. L’histoire de ce fils d’immigré égyptien dans le quartier du New Jersey a valu à l’acteur Ramy Youssef un Golden Globe pour sa performance en 2020.

 3% saison 4 – 14 août

La série Netflix brésilienne 3% touche à sa fin pour une quatrième et dernière saison le 14 août. Dans cette histoire dystopique où la société est divisée entre les riches et les pauvres, seuls 3% des personnes les plus démunies peuvent prétendre rejoindre la haute société.

 Miracle Workers saison 2 – 18 août

Miracle Workers revient pour une saison 2 sur Warner TV le 18 août. La série anthologique délaisse cette fois Dieu et ses anges pour nous placer en plein Moyen-Âge alors que le Daniel Radcliffe incarne cette fois le prince Chauncley, digne héritier du royaume et fils d’un tyran sanguinaire.

 Das Boot saison 2 – 20 août

Das Boot revient pour une saison 2 sur STARZPLAY le 20 août. La série revient pour une nouvelle saison entrelacant trois storylines pour continuer d’explorer les tourments de l’âme humaine pendant la seconde guerre mondiale.

 Lucifer saison 5 partie 1 – 21 août

C’est l’évènement de ce mois d’août, le retour de Lucifer pour une première salve d’épisodes de la saison 5 le 21 août.

Qu’est-ce qui vous tente le plus ce mois-ci ?

 

CRITIQUE A CHAUD :The Umbrella Academy Saison 2/ Essai transformé pour une saison bien meilleure !

PAS DE SPOILERS ICI ! C’est ma critique sans spoiler de cette incroyable série de super-héros. Le même jour d’octobre 1989, quarante-trois enfants naissent inexplicablement de femmes inconnues, n’ayant montré aucun signe de grossesse la veille. Sept sont adoptés par Sir Reginald Hargreeves, un industriel milliardaire, qui crée The Umbrella Academy et prépare ses « enfants » à sauver le monde. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu. À l’adolescence, la famille s’est brisée et l’équipe s’est dissoute. Aujourd’hui, les six membres survivants, âgés d’une trentaine d’années, se réunissent à la nouvelle du décès de Hargreeves. Luther, Diego, Allison, Klaus, Vanya et Numéro Cinq travaillent ensemble pour résoudre le mystère entourant la mort de leur père. Mais la famille séparée commence une fois de plus à se séparer en raison de leurs personnalités et de leurs capacités divergentes, sans parler de la menace imminente d’une apocalypse mondiale.
N’oubliez pas d’appuyer sur la sonnette d’alarme pour savoir quand je publie mes critiques, mes listes, la couverture de Netflix et bien plus encore.

CRITIQUE A CHAUD : The Kissing Booth 2 : le kiosque à bisous rouvre dés à présent sur Netflix

La suite de la comédie romantique qui avait cartonné sur Netflix débarque enfin ! The Kissing Booth 2 est disponible dès ce vendredi 24 juillet 2020 sur la célèbre plateforme de streaming.

Après le carton de The Kissing Booth en 2018, Netflix offre aux fans du couple Elle (Joey King) et Noah (Jacob Elordi) la suite de leur aventure avec The Kissing Booth 2, disponible depuis le 24 juillet 2020.

Dans The Kissing Booth, on assiste à la relation naissante entre Elle et Noah, le grand frère de son meilleur ami Lee (Joel Courtney). Elle et Lee sont fusionnels depuis leur naissance et leur amitié est régie selon certaines règles dont la numéro 9 : Tu ne sortiras pas avec le frère de ton meilleur ami. Sauf que les sentiments entre Elle et Noah sont plus forts que cela et après quelques péripéties, tout est bien qui finit bien. Ou presque : à la fin de The Kissing Booth, Noah part étudier à Harvard tandis que Elle et Lee vont faire leur rentrée en terminales.

Dans The Kissing Booth 2, la rentrée de notre duo est mouvementée. Rachel (Meganne Young), la petite amie de Lee en a marre d’être en couple avec Lee et Elle. Cette dernière a du mal avec sa relation à distance avec Noah et hésite à postuler à Harvard dans le dos de Lee. Ajoutez à cela les arrivées de deux nouveaux personnages : Marco (Taylor Perez), machine à fantasme pour adolescentes et Chloe (Maisie Richardson-Sellers), nouvelle camarade de Noah à la fac, dont Elle se méfie. Que vaut donc cette suite dont un troisième film The Kissing Booth 3 a d’ores et déjà été tourné et prévu pour 2021 ?

Cela fait plaisir de revoir le casting de The Kissing Booth. D’autant que depuis le premier film, Joey King et Jacob Elordi ont cartonné dans d’autres séries avec des rôles très différents. L’actrice s’est fait remarquer dans The Act (Hulu) avec Patricia Arquette, qui raconte l’histoire vraie de Gypsy Rose Blanchard, en prison pour avoir organisé l’assassinat de sa mère. De son côté, Jacob Elordi a fait sensation dans Euphoria (HBO) au côté de Zendaya, en incarnant le violent Nathaniel. Des rôles salués par les critiques. Cependant, en se remettant dans les costumes d’Elle et Noah, le duo ne transcende pas l’écran, probablement à cause du scénario, cousu de fil blanc.

Mais, le duo Elle-Lee fonctionne toujours, même si certaines scènes entre les deux amis, notamment lorsque Lee court dans tout le lycée pour débrancher le micro de Elle, traînent en longueur. Il n’empêche qu’ils sont toujours fusionnels, mais refusent encore une fois de communiquer quand ça ne va pas.

The Kissing Booth 2 donne un peu plus de place à Rachel, qui essaye tant bien que mal de se faire une place face à l’amitié de Lee et Elle. Quant aux deux nouveaux Marco et Chloe, leurs rôles sont peu fouillés mais permettent un certain renouvellement dans l’histoire et l’agrandissement de la joyeuse bande.

Mais, une intrigue bien moins captivante

Sans être tout bon ni tout mauvais,The Kissing Booth 2 se regarde, mais peut certaines fois vous ennuyer. On voit rapidement venir les rebondissements, même si le réalisateur essaye d’aborder de nombreux sujets qui peuvent parler à tout le monde : les relations à distance, le choix de son avenir quand on est au lycée, les amitiés naissantes et fusionnelles, les réseaux sociaux. À noter que la relation entre Elle et Noah est beaucoup moins problématique que dans le premier film : par exemple, il n’use pas de sa force physique pour obliger Elle à le suivre quelque part.

Le concours de danse d’Elle et Marco offre un show à l’américaine avec feux d’artifice et bande-son entraînante qui assurent le spectacle. Marco malheureusement se balade dans l’histoire avec cette étiquette de machine à fantasme musclé, musicien, cynique, dont le petit coeur bat en réalité pour Elle. De son côté, Chloe est, au départ cataloguée, comme la rivale d’Elle parce que plus belle, plus sociale, plus à l’aise que l’adolescente. Une jalousie sous-jacente qu’on aurait aimé ne pas voir (heureusement la communication et la sororité sont de mises à la fin).

Ainsi The Kissing Booth 2 coche de nombreuses cases du divertissement, sans toutefois réussir à être meilleur que le premier film, puisque l’intrigue ne propose pas vraiment quelque chose de novateur. Tout le monde s’empêtre dans les mensonges et les non-dits. Mais, il n’empêche que la curiosité est présente pour The Kissing Booth 3, attendu pour 2021

Ma publication

The Walking Dead pourrait dépasser l’histoire des comics

L’auteur des comics The Walking Dead Robert Kirkman rassure les fans sur la longévité de l’adaptation télévisée : si la série vient à dépasser le matériau d’origine, de nombreuses histoires seront encore possibles à raconter en se basant sur la fin de la BD. Actuellement, nous attendons toujours la diffusion du dernier épisode de la saison 10, repoussé à une date ultérieure.

Ne restez pas seul… Découvrez un nouvel extrait de THE VIGIL, le film d’horreur de l’été ! Au cinéma le 29 juillet

New York, Brooklyn. Après avoir fui sa communauté juive orthodoxe, Yakov accepte contre son gré d’assurer la veillée funèbre d’un membre décédé de celle-ci. Désormais seul avec le corps dans une maison délabrée, il se retrouve confronté à des phénomènes étranges et de plus en plus inquiétants…

How To Sell Drugs Online (Netflix) : la saison 2 est-elle à la hauteur ?

Succès surprise de l’année dernière, la série allemande How To Sell Drugs Online (Fast) revient ce 21 juillet sur Netflix pour une deuxième saison. La magie a-t-elle une nouvelle fois opéré ? Attention, quelques spoilers.

Attention, spoilers. Les paragraphes suivants révèlent des spoilers sur la saison 2 de How To Sell Drugs Online (Fast). Si vous ne voulez rien savoir, ne lisez pas ce qui suit.

Inspirée d’une incroyable histoire vraie qui a eu lieu a Leipzig en 2015, How To Sell Drugs Online (Fast) est une série allemande pop et décalée qui a fait son petit effet en 2019 sur Netflix. Cette fiction narre l’hallucinante aventure de Moritz (Maximilian Mundt) un lycéen devenu patron de My Drugs, un site de revente de drogues en ligne avec l’aide de ses amis. Son petit business, rapidement devenu lucratif, lui vaut de nombreux problèmes, entre la concurrence d’autres dealers, des partenaires exigeants, la police à ses trousses et des proches compliqués à gérer. La première saison laissait entendre que ce n’était que le début de l’histoire et le trailer de la deuxième saison annonçait des nouveaux épisodes explosifs.

L’euphorie continue en saison 2

La seconde a bien été enclenchée pour ces nouveaux épisodes de How To Sell Drugs Online (Fast) puisque l’étau se resserre autour de Moritz, Lenny (Danilo Kamperidis) et Dan (Damian Hardung). Débarrassés du dealer Buba, les trois adolescents tentent tant bien que mal de mener leur barque mais la « famille » de Buba s’en prend à eux et les incite à continuer le business et à vendre encore plus. Leur partenaire néerlandais Good Times leur met toujours autant la pression également et cela a pour effet de créer des tensions au sein du groupe. Et c’est sur ce terrain que la série allemande pêche un peu. Certains retournements de situation sont parfois maladroitement amenés et perdent un peu le spectateur dans son envie de suivre cet anti-héros aux traits un peu forcés. N’est pas Walter White qui veut.

 

Mais dans l’ensemble, la saison 2 de How To Sell Drugs Online (Fast) continue sur la belle lancée de la saison inaugurale en offrant un divertissement agréable et binge-watchable rapidement. La série allemande reste terriblement efficace en usant des ingrédients qui ont fait le succès de la première saison : des gags potaches mais bien sentis, une narration meta justement dosée (entre Netflix et Mark Zuckerberg), une ambiance pop rafraîchissante et une bande son rythmée. La force de How To Sell Drugs Online réside plus dans sa capacité à capter l’essence d’une génération ambitieuse et moderne que dans son storytelling du business de la drogue. Finalement, cette intrigue sert de fil rouge parfois malléable à un portrait plus vaste d’une jeunesse délurée, un peu groggy et paumée.

Même si on est ravis de retrouver Moritz, Dan et Lenny, on ne peut que se réjouir de voir les personnages féminins être plus présents et s’affirmer d’autant plus, tels que Lisa (Lena Klenke), Kira (Lena Urzendowsky) et les business women de Good Times, qui viennent perturber à raison nos trois protagonistes. Leur ascension fulgurante et leur pactole empoché leur attirent beaucoup de problèmes et la fin de la saison 2, laissant Moritz, Dan et Lenny sur le carreau après quelques mauvaises magouilles, annonce inévitablement une saison 3, alors que Moritz, toujours interviewé par des journalistes, retourne avec la police. Comment va se terminer cette histoire hallucinante ? On croise les doigts pour connaître la réponse dans une saison 3 de How To Sell Drugs Online (Fast), qu’on espère tout de même être la dernière pour une conclusion en beauté comme sa consoeur Dark.

Normal People (STARZPLAY) : portrait d’une génération

La relation compliquée entre Marianne et Connell depuis leurs années d’école dans une petite ville de l’ouest de l’Irlande jusqu’à leurs études universitaires au Trinity College. D’après le roman du même titre de Sally Rooney.

  • Format : 12×30
  • Durée totale de visionnage : 7 heures 42 minutes

La critique

Après une diffusion quasi simultanée sur la BBC Three au Royaume-Uni et sur la plateforme Hulu aux États-Unis, Normal People a connu un succès instantané. Mais pourquoi cette adaptation du roman de Sally Rooney a-t-elle séduite à ce point le public et les critiques ? Qu’est-ce que Normal People apporte dans le milieu très peuplé des drames romantiques sur le petit écran ?

L’histoire ici est somme toute banale et c’est bien là son aspiration première : raconter les va-et-vient sentimentaux d’un couple du lycée jusqu’à leur passage à l’âge adulte. Normal People se focalise sur ces deux personnages que tout peut opposer mais dont l’attachement va vite se révéler être une évidence. Connell semble de prime abord incarner le stéréotype du jock à l’irlandaise : un étudiant populaire notamment grâce à sa pratique sportive, entouré d’une véritable cour composée d’amis plus ou moins recommandables. Emprisonné dans ce groupe social pour le moins toxique, il aspire à d’autres horizons et se révèle au spectateur au fur et à mesure de son rapprochement avec Marianne, la paria de l’école. Rejetée pour son caractère de peste et sa posture antisociale, elle entretient un lien forcé avec Connell dont la mère est femme de ménage à son domicile.

La série s’intéresse particulièrement aux conflits intérieurs des deux personnages qui vont émerger dans leur intimité. L’image qu’ils ont d’eux-mêmes dans cette période si compliquée va se confronter au regard de l’autre. Ces questionnements sont explicités par des dialogues sobres, qui jouent la carte de l’authenticité et non du lyrisme avec des personnages parlant comme… des gens normaux. Cela n’entache en rien la profondeur du propos, car Normal People aborde des sujets tout aussi actuels comme le consentement et la santé mentale chez les jeunes.

À l’instar d’Euphoria, elle est aussi très graphique dans sa représentation des rapports intimes, mais sans voyeurisme. Dans ces scènes ainsi que dans tout le reste de la série, on remarque un refus de stylisation à outrance au profit d’une esthétique léchée favorisant la douceur de sa lumière naturelle. Cela n’empêche pas la mise en scène d’être travaillée, supportée notamment par un montage parfois remarquable, vu comme un véritable support de narration.

Le récit de ces deux amants est un parfait sujet d’étude pour une histoire sérialisée, puisque dans une période comme celle-ci, les personnages traversent une véritable crise identitaire, une période d’exploration. Avec ses nombreuses ellipses, Normal People nous montre leurs changements de personnalité, d’ambition et à quel point leur attachement perdure malgré ces transformations. Le duo d’acteurs Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal fonctionne à merveille, développant tous les deux une partition tout en nuance basée sur les regards et les non-dits.

On regrette cependant une seconde moitié de saison un peu moins convaincante que la première, dont les 6 premiers scripts ont été écrits par l’autrice du roman elle-même, Sally Rooney. Malgré quelques moments importants, certains passages de mi-saison manquent d’intensité et d’élan dans le récit. Cette série est est au fond le portrait d’une génération dont les questionnements sont universels. C’est en ça que Normal People ne fait pas dans le jeunisme en voulant cocher des cases, mais bien en prenant le parti de l’authenticité. Un petit bijou.

SOMBRE DÉSIR, la nouvelle série sulfureuse de Netflix

Après « Control Z », Netflix a mis en ligne ce mercredi 15 juillet « Sombre désir », une nouvelle série originale mexicaine en 18 épisodes. Un thriller érotique dans la lignée de « 365 Dni » centré sur l’obsession d’un jeune homme pour une femme mariée.

De quoi ça parle ?

Alma, une femme mariée, cède à la tentation dans les bras d’un jeune inconnu à l’occasion d’un week-end d’escapade avec une amie. Mais l’histoire vire rapidement au drame et l’amène à remettre en question ce qu’elle sait de ses proches.

Un thriller caliente taillé pour les fans de 365 Dni

Quelques semaines après le film polonais 365 Dni, qui a beaucoup fait parler et est rapidement devenu un phénomène sur la plateforme, Netflix poursuit dans le genre érotique avec une nouvelle série originale venue tout droit du Mexique : Sombre désir (Oscuro deseo en VO), créée par Leticia Lopez-Margalli. Moins explicite et moins tendancieux que le long métrage porté par Michele Morrone et Anna Maria Sieklucka, ce thriller constitué de 18 épisodes d’une trentaine de minutes chacun délaisse les notions de kidnapping et de syndrome de Stockholm pour nous emmener sur un terrain plus habituel : celui de l’amour obsessionnel.

Les scènes caliente en plus, les amateurs de téléfilms Lifetime (souvent diffusés en France l’après-midi sur TF1), où une jeune femme devient la proie d’un harceleur, seront donc certainement conquis par le destin trouble d’Alma, une avocate et professeure d’université de renom qui, pour faire oublier son divorce à sa meilleure amie et laisser derrière elle ses soupçons d’adultère à l’égard de son propre mari, se lance dans un week-end de débauche qui la mènera à passer la nuit avec Dario, un éphèbe de 25 ans ayant immédiatement flashé sur elle. Mais ce qui n’aurait dû être qu’une aventure sans lendemain, qu’un moment torride éphémère, va rapidement prendre une tournure inattendue lorsqu’Alma, de retour chez elle, auprès de son mari et de sa fille, va avoir la mauvaise surprise de voir Dario débarquer dans sa vie. Bien décidé à ne pas la perdre et à poursuivre leur histoire. Le début d’une passion amoureuse, puis d’une obsession qui va vite se révéler dangereuse pour Alma et pour ses proches. Jusqu’où Dario est-il prêt à aller pour être avec l’objet de son obsession ? Une question qui va émailler Sombre désir tout au long de cette première saison et à laquelle va se mêler une histoire de meurtres et les secrets des uns et des autres, qui ne vont pas tarder à refaire surface.

Laissant quelque peu la psychologie et la profondeur au placard, cette nouvelle série Netflix cherche avant tout à divertir et à émoustiller, grâce à ses codes du thriller respectés à la lettre et à ses corps dénudés (mais pas trop). En misant visiblement quasiment tout sur la plastique de ses deux acteurs principaux, la comédienne et chanteuse Maite Perroni, star de nombreuses telenovelas au Mexique, et Alejandro Speitzer, vu dans El Club et La Reine du Sud. Bref, avec Sombre désir, les abonnés de Netflix ayant adoré Cinquante nuances de Grey, 365 Dni, You, ou Toy Boy devraient trouver de quoi réchauffer leurs soirées d’été.

Vidéo :