Le Mans 66 (Ford v. Ferrari) (Sortie cinéma le 13 /11/2019) de James Mangold avec Matt Damon, Christian Bale

Basé sur une histoire vraie, le film suit une équipe d’excentriques ingénieurs américains menés par le visionnaire Carroll Shelby et son pilote britannique Ken Miles, qui sont envoyés par Henry Ford II pour construire à partir de rien une nouvelle automobile qui doit détrôner la Ferrari à la compétition du Mans de 1966.

Chronique :Je vais juste « partager » mon ressenti, après avoir vu ce film en avant-première…Je précise avant que je ne suis pas un fan de voitures ni de courses, mais simplement un amateur de cinéma et fan de CBale.Eh bien j’ai adoré ce film, pour plusieurs raisons… D’abord un duo impressionnant des acteurs CBale et MDamon: la relation d’amitié et de respect fonctionne à merveille! Ensuite une immersion totale dans le monde – passionné et dangereux – des pilotes et des voitures de cette époque des années 1960.

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On est vraiment pris aux tripes, on prend littéralement des « coups d’accélération » dans ce film, bref, pour les passionnés de voitures comme les néophytes on en prend plein la vue (et les oreilles) ! Enfin que dire du scénario et de l’histoire, juste un hommage à ces hommes qui relevaient des défis tous les jours, ainsi que le combat entre deux grandes marques automobiles…Comme l’ont dit certains, peu importe le titre du film, ce qui compte c’est de ressentir toute la renommée et l’importance de cette course d’endurance (on sue vraiment par moments avec les pilotes) qui est et restera mythique, à tous égards, en particulier hors de France

Un film à ne pas manquer !
Note : 9/10
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J’accuse (Sortie cinéma 13 novembre 2019) De Roman Polanski Avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner

Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme.

J'ACCUSE de Roman Polanski

Chronique : L’homme et l’œuvre, l’œuvre et l’homme. Le débat, vieux débat, s’enflamme, plus que jamais. Mais  J’accuse ne nous semblera pas moins bon que si on parle où non de son réalisateur qu’est Polanski  Il se nimbera toutefois d’une lumière différente, inévitablement, parce qu’on ne peut pas, ou plus, voir un film sans tenir compte de son actualité. Parce que la libération de la parole des femmes depuis l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo il y a deux ans nous obligent à sortir d’une bulle purement cinématographique. Dans cette réflexion nécessaire, nous avons malgré tout des certitudes. Jamais appeller à la censure d’un film. Jamais substituer à la justice (les faits décrits par Valentine Monnier sont prescrits et Roman Polanski, qui clame son innocence par voie d’avocat, reste présumé innocent selon la loi). N’oublierons ni n’omettrons de rappeler, si nécessaire, que l’histoire du cinéma, comme toute l’histoire du monde, est aussi faite de domination et de violence.

Alors, on fait quoi d’un nouveau film de Polanski sur les écrans ? On le boycotte ? Ce serait présenter l’addition à Louis Garrel (Alfred Dreyfus), Jean Dujardin (Marie-Georges Picquart), à Hervé de Luze le monteur, à Alexandre Desplat le compositeur, à tous les artistes et techniciens qui ont fait un travail remarquable.

Séparer l’homme de l’œuvre  ? Impensable avec ce cinéaste-là. Imagine-t-on voir Le Pianiste (Palme d’or 2002) ou même Le Locataire sans se souvenir du gamin juif acculé dans le ghetto de Cracovie dans les années 40 ? Comment appréhender le climat de paranoïa, les représentations du mal et le cynisme dévastateur de nombre de ses films sans imaginer l’individu dont la mère est morte à Auschwitz et dont l’épouse Sharon Tate a été massacrée, enceinte, un soir de 1969 à Los Angeles (le drame a inspiré le dernier Tarantino).

J’accuse nous donne à voir un officier juif clamant son innocence alors qu’il est publiquement dégradé. L’analogie saute aux yeux. C’est ce qui a fait sortir Valentine Monnier de son silence. Le malaise vient ainsi s’ajouter aux nombreuses émotions qui nous traversent à la vision du film.

Le rythme et l’élégance du découpage, dont Polanski demeure un maître, sont pour beaucoup dans l’impression de fraîcheur que dégage le film. Le cinéaste parvient même à donner une dimension ludique à ce récit pourtant lesté de significations historiques fondamentales et finalement très actuelles.

Comme il l’a lui-même écrit, la vie de Roman Polanski est un roman. Mais dont l’épilogue, qui tend de plus en plus vers le sordide, lui échappe désormais totalement.

Note : 9,5/10

Réalisateur. Roman Polanski.

Interprètes. Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Grégory Gadebois, Mathieu Amalric…

Durée. 2 h 12.

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Dolemite Is My Name 25 octobre 2019 / 1h 58min / Biopic, Comédie De Craig Brewer Avec Eddie Murphy, Wesley Snipes, Mike Epps / Film Netflix

Quand Hollywood l’a écarté dans les années 1970, le talentueux Rudy Ray Moore décide de se produire ses propres œuvres, dont le célèbre film de blaxpoitation « Dolemite »

Chronique :Dolemite is my Name » est un film Netflix signant le retour d’Eddie Murphy à l’écran après une pause de huit années (je ne compte pas « Mille Mots » qui a été tourné en 2008 même s’il n’est sorti qu’en 2012), entrecoupée seulement d’un film, « Mr Church ». L’acteur nous revient dans un rôle à mi-chemin entre le drame (le côté biopic un peu sérieux) et la comédie (les vannes et le caractère grotesque des personnages). Il incarne Rudy Ray Moore, un véritable humoriste et comédien qui tourna quelques films de blaxploitation à la fin des années 70. C’est donc un biopic et un film historique, sur une figure très excentrique et guidée par sa soif de célébrité. Le sujet est donc classique mais le personnage est tellement haut-en-couleurs que le scénario pouvait accoucher d’une histoire intéressante. C’est ce qu’il a fait et l’on se retrouve avec la retranscription d’une partie de l’histoire de la blaxploitation. En cela, « Dolemite is my Name » mérite le coup d’oeil. En revanche, je suis plus circonspect sur le traitement de l’histoire. En effet, la mise en scène est fade, la photographie est parfois un peu trop sombre, le film n’est pas forcément bien éclairé … C’est embêtant. D’autant plus lorsque les vannes font rarement mouche parce qu’elles ne parlent pas forcément à un spectateur hors communauté afro-américaine ou parce qu’elles cherchent juste la vulgarité (mais est pour autant fidèle aux vannes rimées de Rudy Ray Moore). J’aurai vu « Dolemite is my Name » une fois. J’aurai appris quelques trucs sur un courant ciné et sur un personnage excentrique. Mais ça s’arrêtera là : je ne pense pas le revoir un jour.

Note : 7,5/10

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The Laundromat : L’affaire des Panama Papers 18 octobre 2019 / 1h 36min / Drame De Steven Soderbergh Avec Antonio Banderas, Gary Oldman, Meryl Streep / Film Netflix

Après s’être fait extorquer l’argent de son assurance, une veuve en colère enquête jusqu’au Panama, où deux avocats rusés dissimulent de l’argent pour les super riches

Chronique : Clairement avec the Laundromat j’ai l’impression que Soderbergh essaye de faire pour les Panama Papers ce qu’a fait McKay pour la crise financière avec the big short… Et ça prend plus ou moins. Disons que le film est plaisant à suivre, je me suis bien marré, on a Banderas et Oldman en narrateurs (et en grands « méchants » de l’histoire) qui sont à fond pour cabotiner et en faire des caisses avec des accents pas possibles… Faut dire que le film commence et ils sont en train de donner de l’argent à des hommes préhistoriques… Ils servent à expliquer un peu tout ce merdier, mais je dois dire que ça ne suffit pas forcément et très vite je me retrouve un peu perdu dans tout ce bordel. Le film essaye de raconter de manière ludique différents aspects des sociétés écrans. La partie avec Meryl Streep (étonnamment correcte dans son rôle de petite mamie) sert à montrer comment ils s’en servent pour faire des assurances bidons qui ne rembourseront jamais rien à personne…

La partie avec l’africain (franchement rigolote) je suppose que c’est pour montrer que ces sociétés ne valent rien en réalité et sont juste une façade modifiable à souhait. Par contre j’ai eu plus de mal à cerner la partie avec les chinois et Matthias Schoenaerts. Je ne sais pas si c’est vraiment un commentaire sur les sociétés écrans ou si c’est un commentaire sur le chantage, la Chine… je suis un peu perdu.

Ou alors c’est juste pour dire que les chinois utilisent aussi les sociétés écrans pour contourner les règles strictes contre la corruption… Pareil, Meryl Streep veut acheter un appartement et elle ne peut pas… J’avoue ne pas trop avoir capté le rapport avec le sujet… Peut-être pour parler de l’entre-soi ? Mais encore une fois, c’est agréable à regarder… chaque segment du film est bien réalisé et chose notable, pour une fois la photographie du film n’est pas totalement immonde, les chouleurs sont chatoyantes, ça fonctionne vraiment bien. En fait c’est plus au niveau « pédagogie » que j’ai des doutes sur le film. Disons que je ne savais pas grand chose de cette affaire avant de voir le film, juste que des gens utilisaient des sociétés écrans… et en sortant du film, ben j’ai pas appris grand chose non plus… Je sais juste que des gens utilisent des sociétés écrans… Disons que le côté ludique prend totalement le dessus sur la volonté d’informer les gens sur les Panama Papers et sur leur gravité. Et c’est dommage…

J’ai presque honte de dire ça, mais le film aurait gagné à formuler peut-être la leçon à retenir de chaque chapitre plus explicitement. En tous cas, c’est plaisant, même si ça aurait mérité d’être plus fou, plus pertinent et surtout plus compréhensible.

Reste que c’est un film politique, qui prend clairement parti contre l’évasion fiscale… mais qui malheureusement arrive un peu tard. Comme si toutes ces stars qui défilent voulaient se racheter une virginité, comme si l’Amérique voulait se racheter une virginité… alors qu’il est trop tard, le mal est fait.

Note : 8/10

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Le Roi (The King) 2019 de David Michôd avec Timothée Chalamet, Robert Pattinson / Film Netflix

Hal, jeune prince rebelle, tourne le dos à la royauté pour vivre auprès du peuple. Mais à la mort de son père, le tyrannique Henri IV d’Angleterre, Hal ne peut plus échapper au destin qu’il tentait de fuir et est couronné roi à son tour. Le jeune Henri V doit désormais affronter le désordre politique et la guerre que son père a laissés derrière lui, mais aussi le passé qui resurgit, notamment sa relation avec son ami et mentor John Falstaff, un chevalier alcoolique.

Chronique : Quelques belles scènes jalonnent le récit en plus de l’agréable sentiment de retoucher, de très loin néanmoins, aux délicieuses sensations des lectures de Shakespeare sur les affres des monarques anglais. Les costumes, les lumières et la bande son sont tous de bonne facture et complètent la panoplie positive du film.
Hélas les quelques intuitions intéressantes du récit sur la force et le droit sont très souvent ruinées par quelques dialogues maladroits, le zénith de la maladresse intervenant en toute fin de film avec les banderilles censées être incisives mais pourtant si naïves et vaines de Catherine de Valois.

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Autre déception, l’absence de face à face équilibré entre Henry V et Louis, et je ne parle pas des armes, mais d’une confrontation de présence, de comportement, de charismes, voire, rêvons un peu, d’idée et d’idéal. Le vrai duel intéressant, et plutôt prometteur, à tous ces titres, entre Harry et Henry nous est dérobé dès la première partie du récit.

À défaut de produire des séries de qualité (à quelques rares exceptions près), côté film Netflix commence à trouver le ton. Ça paye d’insister avec de vrais réalisateurs aux commandes. Plus que recommandable pour les fans de Michod et les autres. (Petite reco, Outlaw King dans le même genre est très bon aussi). Seule fausse note, la prestation de Pattinson relativement gênante… Chalamet est en revanche magnétique.

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American son de Kenny Leon

Synopsis : Deux parents mixtes réunis dans un commissariat de police de la Floride pour chercher des réponses sur la disparition soudaine de leur fils de 18 ans, Jamal. Mais, alors que la mère de l’adolescent cherche à assembler les pièces du puzzle, elle se retrouve confrontée à de nombreux préjugés, à des perspectives qui s’entremêlent ainsi qu’à la relation tendue avec son ex-mari.

Avant d’être un film que propose Netflix sur sa plate-forme, American son est une pièce de Christopher Démons-Brown qui fit beaucoup parler d’elle lors de sa représentation à broadway. Il faut dire qu’elle offre un portrait glaçant de l’Amérique contemporaine.

Ou plutôt deux Amériques, qui se font faces d’un air mauvais, les mâchoires crispées et les poings serrés. Deux Amériques qui ne se comprennent pas et ne cherchent même plus à se comprendre. À l’image de ce jeune officier, d’une maladresse inouïe, qui en vient à demander le nom de rue de son fils à une mère dévoré par l’angoisse. Incapable de comprendre l’inquiétude grandissante de cette mère et d’instaurer un climat de confiance, il va en quelques instants aligné les poncifs racistes et accroître ainsi le malaise.

La mère, Kendra, impeccablement interprétée par Kerry Washington, que l’on a déjà pu voir dans la série scandal, assiste à l’effondrement de son univers en à peine 90 minutes. Alors que ses espoirs de retrouver son fils s’amenuisent elle ne voit pas d’autres alternatives que de se radicaliser face à des forces de l’ordre engoncé dans un discours déshumanisé qui n’offre guère d’espérance à laquelle se raccrocher.

Le constat est amer. À aucun moment les deux parties ne parviennent à s’entendre voir à s’écouter. On ressort du visionnage de ce huis-clos, au casting resserré convaincant, inquiet quant au futur d’une Amérique divisé ou la question raciale n’a jamais été aussi prégnante.

Test : Give Me Liberty (En VOD le 24 Octobre 2019) de Kirill Mikhanovsky avec Chris Galust, Lauren ‘Lolo’ Spencer

Vic, malchanceux jeune Américain d’origine russe, conduit un minibus pour personnes handicapées à Milwaukee. Alors que des manifestations éclatent dans la ville, il est déjà très en retard et sur le point d’être licencié.

Lien du film : https://mytf1vod.tf1.fr/films/give-me-liberty-54578

Chronique : La très grande force du film réside dans la conversion cinématographique d’une expérience individuelle et autobiographique en énergie humaine capable de célébrer l’homme dans sa diversité fondamentale. Prendre un ingénu en guise de personnage principal évoque les récits d’apprentissage que la littérature du XIXe siècle appréciait tant, dans la mesure où lui seul était capable de porter un regard a priori neutre – c’est-à-dire dénué de toute grille idéologique – sur la société et ses constantes révolutions. Et inscrire ce jeune Russe déraciné dans une ville américaine bien délimitée et à l’identité forte, en l’occurrence Milwaukee, elle-même confrontée à des troubles, c’est chanter ce qu’est l’Amérique, en somme : une terre d’intégration où la cohabitation entre les différentes cultures occasionne une grande violence, mais permet surtout la communion de personnes là par hasard mais rassemblés par choix. Give Me Liberty narre une émancipation – comme l’indique son titre – qui semble gagner notre héros en guise de clausule, l’émancipation d’un être qui a pris conscience de la différence et l’a acceptée. Et de la même manière qu’il collectionne les vieux vinyles qu’il revivifie à l’aide de deux trois objets bricolés, il symbolise ce carrefour où se répercutent des identités, des expériences, des flux de paroles insatiables qui ont néanmoins une trajectoire similaire : rappeler à quel point la vie est un combat magnifique. Ce van, personnage à part entière, sillonne les immensités désertiques sans que le réalisateur ne s’attarde à en montrer frontalement l’étendue. Nous demeurons avec les protagonistes, nous partageons leur quotidien, leur point de vue. Tantôt drôle tantôt étouffant toujours poignant, le film secoue un je-ne-sais-quoi enfoui au plus profond du spectateur, cette énergie humaine qui le convie à tendre l’oreille pour écouter des histoires, s’émerveiller de dessins, regarder des corps discrédités en raison de leur différence et réunis ici dans une grande fête qu’est l’humain et que porte le cinéma. Give Me Liberty se vit telle une ivresse. Il est, à coup sûr, une expérience artistique des plus magnifiques.

Note : 9/10

Réalisé et co-écrit par Kirill Mikhanovsky
Avec Chris Galust, Lauren « Lolo » Spencer, Maksim Stoyanov
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