N’ÉCOUTE PAS | Film sur NETFLIX | Critique

Après un événement dramatique dans la maison qu’il rénove, un homme entend l’appel au secours d’un fantôme, ce qui l’incite à consulter un expert en paranormal. N’écoute pas est un film réalisé par Ángel Gomez avec Rodolfo Sancho, Belén Fabra / Disponible sur Netflix


Le scénario de Santiago Díaz se focalise sur une vieille bâtisse isolée dans laquelle emménage un couple qui compte la rénover. Mais rapidement, leur jeune fils entend d’étranges voix et bientôt le drame va s’abattre sur la famille.

Le film d’Ángel Gómez Hernández est vraiment très réussi. Il exploite parfaitement le grand bâtiment, central dans l’histoire, et sait jouer régulièrement avec les ombres et les impressions pour faire monter la tension et créer un effroi de plus en plus important.

En effet, le long métrage fait vraiment peur. L’atmosphère très inquiétante apporte un environnement vraiment recherché et crée le malaise dès la scène d’ouverture. D’autant que les codes du cinéma ibérique s’éloignent de ceux américains, dont on a plus l’habitude, et que cette œuvre d’horreur ne fait jamais aucune concession.

L’ambiance sombre, et parfois crépusculaire, qui règne sur le récit doit beaucoup au très beau travail sur les décors d’Óscar Sempere et à la photographie de Pablo Rosso. Celui sur le son est aussi remarquable et crée une aura acoustique particulièrement délétère.

L’interprétation est très bonne. Rodolfo Sancho est impeccable en père de famille essayant de trouver une solution paranormale à ses problèmes. Belén Fabra est sympathique en mère de famille. Lucas Blas est très juste dans le rôle de leur fils. Ramón Barea est vraiment intéressant en spécialiste des écoutes extranaturelles. Et Ana Fernández campe fort bien sa fille lui servant d’assistante.

L’œuvre ne se focalise pas sur les jump scare. Mais avec un savant jeu d’ombre, une intelligente utilisation de la vidéo, de beaux maquillages et des décors très intéressants, l’angoisse fait très souvent son apparition. Sans compter que dans le récit, l’œuvre réserve de véritables surprises sans faire de cadeau à personne.

Restez bien jusqu’à la fin du générique final afin de découvrir une dernière scène qui peut laisser entrevoir une suite, si ce long métrage a du succès.

N’écoute pas est un très bon film d’horreur qui a des passages vraiment effroyables et propose quelques séquences particulièrement marquantes. Avec un récit qui se tient bien, une réalisation très inspirée et de bons acteurs, l’œuvre est à éviter de regarder seul en pleine nuit si on est un peu sensible à ce genre. Par contre si vous l’appréciez, vous passerez un très bon moment en compagnie de cette maison hantée de bien sinistre augure.

Remerciements : unificationfrance

Une ode américaine 24 novembre 2020 sur Netflix /De Ron Howard Avec Amy Adams, Glenn Close, Gabriel Basso

De retour dans sa ville natale de l’Ohio après un appel téléphonique urgent, un étudiant en droit de Yale explore l’histoire de sa famille et sa propre destinée.

Chronique : On n’attendait pas Ron Howard dans ce type de chronique très marquée ciné indépendant américain. En effet, le monsieur est davantage connu pour ces grosses productions telles que « Da Vinci Code », « Appolo 13 » ou le dernier spin-off de « Star Wars » sur Han Solo. Honnête faiseur qui écume Hollywood depuis bientôt quarante ans, il est aussi l’auteur de films un peu plus intimes et très réussis tels que « Rush » ou « Au cœur de l’océan ». Il semble que le monsieur ait voulu retrouver vers un cinéma plus libre des contraintes de studios en travaillant sur l’adaptation de ce best-seller autobiographique de J.D. Vance. Mais il semblerait qu’il ait en ligne de mire les Oscars – et les récompenses en général – qu’il n’avait plus fréquenté depuis la razzia de « Un homme d’exception » il y a près de vingt ans. Avec « Une ode américaine » on plonge dans une famille dysfonctionnelle et pauvre de l’Amérique profonde et avec la notion de déterminisme social qui irrigue tout le long-métrage. En effet, on suit les jeunes années de J.D. par le biais d’un montage alterné pas forcément utile ni efficace. D’un côté on assiste à des bribes de son enfance/adolescence entre le Kentucky et l’Ohio profonds où il doit conjuguer avec l’absence du père, une famille pauvre, une mère bipolaire et toxique et une grand-mère aimante mais autoritaire. De l’autre, sa vie d’étudiant à Yale où il tente de se construire un avenir, loin de ces origines rednecks, mais que son passé tente de rattraper. La saga familiale puissante et mémorable attendue n’est pas au rendez-vous mais « Une ode américaine » développe assez de charme pour être à la fois plaisant et satisfaisant. Howard a du métier derrière la caméra et il plaque quelques effets de ses mises en scènes de grosses productions sur ce petit drame, ce qui lui conféré un certain style sans pour autant rendre la réalisation inadéquate ou ostentatoire. Amy Adams et Glenn Close font ce qu’on attend d’elles grâce à des compositions extrêmes faisant clairement de l’œil à l’Académie des Oscars. Postiches, prise de poids, visage au naturel ou enlaidi et accent du cru pour des compositions bigger than life clairement irréprochables quoiqu’un manquant de naturel et un peu forcées. Ces deux qualités font néanmoins le sel du long-métrage. Mais l’impression d’avoir déjà vu ce genre de chronique familiale, destinée à rendre la vie des ploucs exotiques pour une certaine catégorie de spectateurs, a déjà été vue maintes fois avec plus ou moins de brio mais surtout des références plus qualitatives (de « The Fighter » à « Killer Joe » en passant par « Les Brasiers de la colère » pour ne citer que les plus récents). Le héros incarné par Gabriel Dano manque de charisme et de force de jeu, son côté fade n’aide pas face à des compositions monstres comme celles de ses partenaires. On attendait également quelque chose de plus politisé en filigrane, notamment au vu du contexte actuel, et cette immersion dans l’Amérique des laissés pour compte manque de sous-texte(s). Finalement ce mélange entre drame et récit d’apprentissage (et d’échappatoire à sa condition) est assez captivant et distrayant, parfois émouvant, mais ne restera pas dans les annales. La peinture de ce milieu social est connue et même s’il adapte un roman, Ron Howard aurait pu y apporter plus de densité et de personnalité.

Note : 8/10

Une ode américaine : Affiche

The Call sur Netflix : c’est quoi ce terrifiant thriller sud-coréen ?

Disponible ce 27 novembre sur Netflix, The Call est un thriller sud-coréen glaçant mêlant les destins de deux jeunes femmes à des époques différentes à travers un mystérieux téléphone.

The Call : Affiche

Produit par Jeong Hui-sun et Syd Lim (Old Boy, Mademoiselle), The Call est un thriller sud-coréen dont la sortie au cinéma a été reportée puis annulée à cause de l’épidémie de coronavirus. Cette deuxième réalisation de Chung-Hyun Lee (Bargain), tournée de janvier à avril 2019, débarque donc aujourd’hui sur Netflix.

The Call met en scène Seo Yeon (Park Shin-hye, vue dans #Alive, également sur Netflix), une jeune femme dépressive et toujours hantée par la mort de son père qui retourne dans la maison familiale tout en s’occupant de sa mère atteinte d’un cancer. Après avoir petit à petit repris possession des lieux, un mystérieux coup de téléphone va faire basculer sa vie. A l’autre bout du fil se trouve Young Sook (Jeon Jong-seo, vue dans Burning), une femme extrêmement perturbée, du même âge que Seo Yeon, qui vit dans la même maison… à une autre époque.

La première vit dans tandis que l’autre vit dans les années 1990. Menacée par sa mère, Young Sook demande de l’aide à Seo Yeon pour trouver des informations sur son avenir afin d’anticiper les évènements et de pouvoir se libérer des tourments de sa mère. En échange, Young Sook va tout faire pour essayer de sauver le père de Seo Yeon dans les années 1990 d’une mort atroce. Leurs coups de fil deviennent alors de plus en plus fréquents et les deux femmes espèrent une vie meilleure.

Mais en aidant Young Sook, qui se révèle plus que dangereuse, Seo Yeon va vite comprendre qu’elle modifie à la fois son passé et son avenir puisque les destins des deux jeunes femmes semblent être très étrangement liés par des traumatismes familiaux. C’est un jeu du chat de la souris obsessionel qui s’opère entre les deux jeunes femmes avec des twists plus qu’effrayants pour un dénouement mortel.

« Quoi qu’il arrive je vous aime » Sur Netflix …un chef d’oeuvre

Si vous avez 12 minutes à perdre, veuillez regarder ce court métrage d’animation sur Netflix intitulé «  Quoi qu’il arrive je vous aime  ». Basé sur le chagrin et la douleur des parents qui ont perdu leur fille lors d’une fusillade dans une école aux États-Unis, cela pourrait être décrit comme une narration à son meilleur. Le film est écrit et réalisé par Michael Govier et Will McCormack.

Il s’ouvre sur une scène de salle à manger d’une mère et d’un père assis aux extrémités opposées de la table. Sans contact visuel et sans rien dire, ils s’assoient tranquillement et mangent. Le seul son que vous pouvez entendre dans la pièce est celui de la coutellerie et rien d’autre que du silence. L’agonie, la misère et la solitude du couple se manifestent à travers les couleurs du noir et blanc, qui donnent du volume et de la profondeur à leur histoire. Dans leur esprit subconscient, qui se présente sous la forme d’ombres noires, les deux se battent, se disputent et se font entendre. Mais en réalité, essayez de gérer la douleur à leur manière.

L’ensemble du court métrage est en noir et blanc à l’exception des choses qui appartiennent à la fille. Par exemple, la marque sur le mur de l’époque où la fille jouait au football, le t-shirt qui sort de la machine à laver et le drapeau américain sur le mur de son école. Nous rappelant que les seules couleurs que les parents ont laissées dans leur vie sont les souvenirs de leur fille. Il s’agit d’un film muet, avec même pas un seul dialogue pendant 12 minutes. Mais, comme on dit, le silence parle plus que les mots. Ici, un flot d’émotions vous a frappé de la toute première scène à la dernière.

Après avoir montré ce que la vie des parents est devenue après l’horrible tragédie, cela revient à ce jour terrible où ils emmenaient leur fille à l’école. Nous ne voyons aucun visuel de la fusillade, mais entendons simplement le bruit des coups de feu et des cris d’enfants. C’est alors que la fille envoie un message à ses parents: «Si quelque chose arrive, je t’aime».

Cela nous rappelle cette terrible journée où ils emmenaient leur fille à l'école.

Le film a réussi à produire un impact aussi puissant sur une courte durée. Cela vous fait réfléchir au chagrin de nombreux parents qui ont perdu un être cher à cause de la terreur des fusillades à l’école. Avec rien à dire, mais des tas d’émotions à ressentir, ce court métrage vous laissera certainement beaucoup de larmes.

LEGO Star Wars : Joyeuses Fêtes – 17 novembre 2020 /De Ken Cunningham Avec Matt Lanter, Kelly Marie Tran, Dee Bradley Baker

LEGO Star Wars : Joyeuses Fêtes, réunit Rey, Finn, Poe, Chewie, Rose et les droïdes autour d’un joyeux festin destiné à commémorer le  » Jour de la Vie « 

Chronique : Sorti aujourd’hui en exclusivité sur Disney+, le moyen-métrage d’animation Lego Star Wars : Joyeuses fêtes nous plonge dans un sympathique conte de Noël, ou Rey et BB-8 revivent les plus grands moments de l’hexalogie originale. 

Crédits Disney

Une fois n’est pas coutume, à l’approche de Noël, Disney multiplie les moyens-métrages thématiques autour de ses licences. Après Les Aventures d’Olaf, l’attachant sidekick de La Reine des Neiges, c’est cette fois au tour de la saga culte imaginée par George Lucas de présenter son conte de Noël, avec Lego Star Wars : Joyeuses fêtes disponible depuis aujourd’hui sur la plateforme de streaming Disney+. L’occasion de retrouver les personnages emblématiques de la licence version petites briques, dans une nouvelle aventure légère et dégoulinante d’esprit de Noël, qui se déroule juste après les événements de Star Wars : L’Ascension de Skywalker.

Bien décidée à perfectionner sa connaissance de la Force pour entraîner Finn, Rey abandonne ses amis alors qu’ils sont en pleine préparation des festivités liées au Jour de la Vie pour visiter un mystérieux temple Jedi. Là-bas, elle met la main sur une étrange clé capable de la faire voyager dans le passé. Bien décidée à obtenir des réponses à ses questions, la jeune femme va rapidement créer un énorme imbroglio temporel, qui va la mener aux confins de la galaxie, à la rencontre de ses mentors, mais aussi de ses ennemis.

Sans surprise, ce nouveau moyen-métrage d’animation Lego Star Wars relève avant tout du sympathique hommage bourré de fan-service, où l’esprit de Noël ne sert d’ailleurs que de prétexte à peine voilé. Ainsi, les aventures temporelles de Rey sont l’occasion pour la jeune Jedi de revivre les plus grands moments de l’hexalogie originale, allant de l’entraînement de Luke par Yoda jusqu’au sabotage de l’Étoile de la mort. Tous les personnages ont droit à leur caméo, depuis ceux de la saga de 1977 (Dark Maul, Leya, C3PO, Obi-Wan Kenobi ou encore Han Solo) jusqu’aux protagonistes de la postlogie initiée en 2015. Même la série The Mandalorian, dont la saison 2 est sortie il y a quelques jours sur Disney+ bénéficie d’un court moment de gloire avec Bébé Yoda.

Côté grands méchants non plus, Lego Star Wars : Joyeuses fêtes ne fait pas dans l’originalité, mais brouille la logique temporelle pour réunir Palpatine, Dark Vador et Kylo Ren. Après un voyage accidentel dans les quartiers généraux de l’Empereur, Rey attise la convoitise de ce dernier, bien décidé à utiliser la clé temporelle pour faire tourner l’histoire galactique en sa faveur. L’occasion pour Dark Sidious de rencontrer Kylo Ren, et de voir en lui un bien meilleur apprenti que Dark Vador, surtout après avoir été mis au courant de la future trahison de ce dernier. Le trio s’avère finalement plus comique que machiavélique, puisqu’avant même de combattre Rey et la Force, c’est entre eux que les personnages (et leur ego) se tapent dessus, bien décidés à déterminer quel titre est le plus prestigieux entre Empereur et Suprême Leader.  https://www.youtube.com/embed/2EUsPlua3v8?feature=oembed&enablejsapi=1&origin=https://www.journaldugeek.com

Dans Lego Star Wars : Joyeuses Fêtes, les personnages sont en pleines préparations pour célébrer le Jour de la vie. Si la fête peut simplement être perçue comme un ersatz de Thanksgiving Chewie, elle renferme pourtant tout un héritage cinématographique. En effet, le fameux Jour de la vie tire son origine dans le téléfilm musical Au temps de la guerre des étoiles (The Star Wars Holiday Special en VO), réalisé par Steve Binder et diffusé pour la première fois le 17 novembre 1978, soit l’année suivant la sortie en salle du premier film (il faudra cependant attendre 1980 pour le voir diffusé en France, sur TF1). Malgré la présence du casting original, et la première apparition de Boba Fett à l’écran, le programme est jugé ridicule par George Lucas, qui obtient finalement que ce dernier ne soit plus jamais diffusé. Très critiqué à sa sortie, Au temps de la guerre des étoiles est aujourd’hui érigé au rang de nanars, mais reste particulièrement difficile à trouver.

Depuis le rachat de la licence Star Wars par Disney en 2012, les films et séries d’animation en briques danoises autour de la saga de George Lucas se multiplient. Ancré dans un univers apprécié des fans, et emprunt de l’humour absurde et décalé des animations Lego, Star Wars : Joyeuses fêtes ne change pas une recette gagnante. Sans faire dans l’originalité, le moyen-métrage mise sur des gags visuels qui feront rire les plus jeunes, ainsi que sur une double lecture bourrée de références qui plairont aussi aux adultes. Tout ce qu’on attend d’une comédie familiale de Noël en somme.

Légère et drôle sans pour autant révolutionner le genre, Lego Star Wars : Joyeuses Fêtes est tout ce qu’on attend d’un film de Noël. Accessible aux plus jeunes comme aux fans de la première heure, qui apprécieront les nombreuses références et easter-eggs liés la saga originale, ce moyen-métrage d’animation Lego signe un nouveau voyage réussi dans les tréfonds de la galaxie.

Tout Nous Sépare : Critique !

Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.

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Critique : Jamais vraiment un thriller, Tout Nous Sépare maintient la tension à un niveau exceptionnellement bas. Pour aboutir à un drame social où la riche femme d’affaires et son maître-chanteur ouvrier développent une amitié improbable. Le personnage de Kruger, qui se sent coupable et drogué. Et l’urgence de la narration passent rapidement au second plan pour mettre en avant la relation “les rôles sociaux, au diable !” où Louise et Ben reprennent littéralement le titre du film.

Mais le scénario s’écarte de la ligne de genre, en gardant le baron de la drogue Daniel comme une présence menaçante et antagoniste. Ce faisant, Tout Nous Sépare défend toute intention progressiste de bouleverser les conventions du genre en humanisant le maître chanteur. Le film Netflix sous-traite simplement le travail à quelqu’un d’autre de la même classe socio-économique. L’effet net est un film qui n’est pas satisfaisant dans les deux sens du terme. En tant que thriller, c’est un manquement au devoir et en tant que déclaration politique, il ne dit pas grand chose de tout.

De solides spécifications techniques permettent de faire avancer les choses. La lentille numérique très nette du D.P. Julien Hirsch donne à l’action une qualité nerveuse, tandis que la partition propulsive du compositeur Gustavo Santaolalla travaille dur.

La Convocation : Critique

Le film nigérian La Convocation de Netflix raconte la culture du viol à partir d’événements réels. Le film montre un environnement où le viol est normalisé en raison des attitudes envers le genre et la sexualité. L’histoire suit Moremi, une jeune et brillante étudiante qui s’attaque à l’établissement lorsqu’un professeur en vue tente de la violer.

La Convocation fournit de nombreux contextes. Elle s’intéresse à la vie et à la communauté de Moremi, mettant en évidence les nombreuses complexités concernant sa demande. Le film est divisé en deux parties : les événements qui ont conduit à la tentative de viol et les audiences du procès privé entre Moremi et le professeur.

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La citation est typique de nombreuses communautés aujourd’hui. Elle met en contexte le fait que la partie qui détient le plus de pouvoir est celle qui a la plus forte voix. L’histoire est empreinte de bravoure et de force intérieure, car la jeune femme intelligente a juré de s’opposer à ce qui lui est arrivé. Les scénarios qui se déroulent montrent à quel point il est facile pour une victime de ressentir de la honte, malgré la tentative de faire justice.

Le réalisateur a choisi une approche plus légère de l’histoire. Il s’agit d’un environnement joyeux avec une nuance sombre. L’objectif est d’insuffler du réalisme, un monde déprimant n’étouffe pas toujours les victimes. Cela se produit souvent dans un environnement perçu comme sûr, avec une personne de confiance. Ces histoires sont importantes pour aider le public à saisir la société. Et les véritables rouages de la culture du viol qui se répercute sur les amis, la famille et les pairs.

On a l’impression que le réalisateur veut que le public se lève et agisse. Qu’il parle fort lorsque nous voyons des événements qui nous mettent mal à l’aise. La culture du viol se forme par le silence des autres et non par celui de la victime.

Malheureusement, le film s’affaisse. Sa durée de deux heures et trente minutes est légèrement inutile pour faire passer le message. La Convocation pourrait facilement être un long métrage de 90 minutes pour refléter les problèmes. Mais quoi qu’il en soit, La Convocation sur Netflix apporte un récit émotionnel d’une victime dans un monde paralysé par la culture du viol en mettant en scène un environnement qui est réprimé et en créant un monde de silence.

HIS HOUSE | Film sur NETFLIX | Critique & Explication de la fin du film

Après avoir fui les horreurs de la guerre au Soudan du Sud, un jeune couple de réfugiés peine à s’adapter à la vie dans une ville anglaise rongée par un mal profond.

Chronique : Le genre de petit film d’épouvante qui sort de nulle part -en l’occurrence aujourd’hui sur Netflix sans grande promotion- et qui surprend agréablement en s’attaquant à une problématique sociétale majeure dans un contexte chargé de surnaturel. À travers ce couple de Soudanais fraîchement arrivé en Angleterre et aux prises avec une mystérieuse entité dans leur logement social, c’est évidemment la difficile condition des réfugiés dans son ensemble qui est abordée. Entre un passé, toute une culture, qu’on leur demande de renier et un futur où le processus d’intégration à une nouvelle vie se résume à un parcours quasi-carcéral accompagné de regards sans cesse suspicieux, le sort de Bol (Sope Dirisu) et Rial (Wunmi Mosaku, vue dans « Lovecraft Country ») permet une charge critique féroce contre le système d’accueil anglais des réfugiés qui s’incarne plus particulièrement dans cette maison carrément hostile envers ses locataires étrangers. Si l’on s’en tient seulement au registre de l’épouvante, on pourrait rapprocher « His House » du récent « The Vigil » par l’utilisation d’un folklore fantastique spécifique, rattaché à ses victimes et qui cherche avant tout à jouer avec les traumatismes encore très vifs de leur passé. D’abord très classique dans sa montée en puissance d’apparitions malgré tout efficaces, « His House » se montre bien plus impressionnant une fois révélée la nature de la malédiction qui pèse sur le couple et lorsque la menace joue de manière pernicieuse avec des remords qui ne peuvent rester éternellement enfouis. Ainsi, la construction ambitieuse de véritables tableaux fantastiques nous emmenant par-delà la réalité se conjuguera à des scènes en apparence plus anodines mais où le fantastique s’immisce en toile de fond pour trahir la perte de repères de ses protagonistes (la première sortie de Rial à l’extérieur est en ce sens très bien pensée avec ce paysage urbain si commun prenant des allures de dédales infernaux). Enfin, la dernière partie, celle par laquelle nous sera révélé la pire attache qui retient ce couple à son passé et la manière d’en envisager une possible rédemption, achèvera de rappeler de manière bouleversante que les réfugiés sont avant tout des êtres humains avec leur passé et leurs propres défaillances que tout un système oublie sciemment, par facilité, de prendre en compte. « His House » divisera forcément les spectateurs entre ceux qui viennent y chercher un frisson facile, d’autres plus sensibles à son discours, etc. Personnellement, j’adore ce genre de proposition qui nous rappelle que l’épouvante peut sortir avec intelligence de son terrain de confort pour aller pointer du doigt les travers de nos sociétés modernes. Certes, il manque un petit quelque chose pour que « His House » soit un très grand film mais j’ai vraiment apprécié sa découverte, surtout sur Netflix où il est désormais susceptible d’être vu par le plus grand monde.

His House : Affiche

His house de Remi Weekes sur netflix, bienvenue chez vous

Un premier article à propos de ce film est déjà disponible sur le blog signé par mon compère mais cela fait tellement longtemps que je n’ai pas ressenti un tel enthousiasme pour un film netflix que j’ai décidé d’écrire une chronique à mon tour.

Par bien des aspects ce film m’a fait penser à un autre film angoissant, Mister Babadook sorti en 2014 et réalisé par Jennifer Kent. His house est malheureusement un ton en dessous de ce dernier, dont la réalisation est plus maîtrisée, mais offre quand même des similitudes dans son sujet et son approche qui me pousse à le placer dans le haut du panier des récents films d’horreur proposés par la plateforme.

Le voisinage à l’air sympathique chérie non ?

Le long métrage de Rémi Weekes met en scène deux réfugiés soudannais hébergés en Angleterre après une fuite éprouvante marquée de drame et de traumatismes. Les deux acteurs principaux, qui sont Sope Dirisu et Wummi Mosaku, sont terriblement convaincant, deux acteurs émouvants dont le jeu tout en pudeur renforce le côté envoûtant du film. L’intrigue est l’occasion de revenir sur un thème social malheureusement d’actualité, l’immigration et l’accueil fait au réfugié dans le monde occidental mais aussi d’aborder divers sujets tels que la culpabilité du survivant, la difficulté de s’intégrer dans un pays inconnu et la résilience.

Niveau déco il y a du boulot

Avare en dialogue et maîtrisant les effets horrifiques pour ne pas trop en faire, le film instaure une ambiance glauque et oppressante proche du huis-clos malgré quelques scènes en extérieur. Mais même celles-ci n’échappent pas à l’aspect oppressant voulu par le réalisateur, en témoigne la scène où Rial se perd dans le morne quartier de banlieue où on les a assignés à résidence alors qu’elle cherche une clinique. Car le nouveau départ voulu par le couple se révèle être une prison aussi bien physique que mental dont ils vont devoir affronter les geôliers pour espérer s’en extirper.

Là où Jennifer Kent, avec son Mister babadook, misée sur une angoisse métaphorique pour mettre en avant le traumatisme de ces personnages, Remi Weekes met en scène une angoisse plus frontale, plus palpable, à l’aide de quelques jumpscares bien trouvées et des scènes d’horreurs pures. Le réalisateur n’apporte rien de neuf au genre horrifique mais il prouve qu’il a parfaitement assimilé les codes du genre et parvient même à mettre en scène de purs moments de grâce qui rappellent aux spectateurs que l’horreur qui se joue sous leurs yeux est avant tout un drame humain.

Deux acteurs talentueux et touchants

Au début du film, allongée sur une simple couverture, Rial confie à Bol que cette maison est comme une renaissance, elle oublie juste de lui dire que toute naissance se fait dans la douleur et les larmes. Un film intimiste et angoissant à ne pas louper disponible sur netflix.

Mister babadook, quant à lui, est disponible sur Amazon prime vidéo.

30 octobre 2020 sur Netflix / 1h 33min / Thriller, Epouvante-horreur, Drame
De Remi Weekes
Nationalité Britannique
Synopsis: Après avoir fui les horreurs de la guerre au Soudan du Sud, un jeune couple de réfugiés peine à s’adapter à la vie dans une ville anglaise rongée par un mal profond.

Bronx (30 octobre 2020) /De Olivier Marchal Avec Lannick Gautry, Stanislas Merhar, Kaaris sur NETFLIX

Dans les quartiers Nord de Marseille, une tuerie orchestrée par le clan Bastiani a lieu. Deux rivaux sont en charge de l’enquête, Vronski, un flic de la brigade antigang et Costa, un chef de groupe de la BRB aux pratiques douteuses. La situation dégénère lorsqu’un témoin-clé est assassiné durant sa garde à vue. En pleine guerre des gangs, Vronski et ses hommes, pour sauver leur peau, seront obligés de faire des choix lourds de conséquences…

Chronique : Un très bon Olivier Marchal dans la lignée des Lyonnais, Carbone et Borderline. On y retrouve toute la noirceur et la violence qui caractérisent si bien la triste réalité du métier de flic et qui l’accompagnent tragiquement jusque dans sa vie privée. Outre Jean Reno, Gérard Lanvin et Claudia Cardinale, on retrouve une grande partie des acteurs fétiches du réalisateur qui crèvent l’écran de par leurs « gueules » patibulaires et négligées de flics ripoux désabusés ou de voyous sans foi ni loi. Une fois de plus, et pour notre plus grand plaisir, Marchal suit sa thématique préférée en nous montrant dans sa fiction que la ligne entre les bons et les méchants reste théorique, floue et si facilement franchie. Les dialogues sont souvent des punchlines å la manière de 36, quai des orfèvres et malgré leur vulgarité ont un petit semblant d’Audiard et ses répliques mythiques des polars français des années 70. L’ancien policier nous offre une rėalitė crue qu’il équilibre parfois avec quelques moments lyriques, influence universelle du parrain de Coppola, et nous livre un film noir et sans pitié, un polar efficace et marquant.

Bronx : Affiche