Critique : La Terre et le sang De Julien Leclercq Avec Sami Bouajila, Sofia Lesaffre, Eriq Ebouaney sur Neflix

Après sa fille de 18 ans Sarah, sa scierie familiale représente toute la vie de Said. Pendant des années, il a difficilement maintenu à flot son entreprise, principalement pour ses employés, tous des anciens détenus et jeunes en réinsertion ; jusqu’au jour où l’un d’eux se sert de la scierie pour cacher une voiture bourrée de drogue. Lorsque le cartel auquel elle appartient débarque dans la scierie, Saïd et Sarah vont devoir tout faire pour la protéger. Ils ont un avantage : cette scierie c’est leur terre, ils en connaissent les moindres recoins…
Chronique : La Terre et le sang, un titre parfaitement appropriée à une œuvre granitique, décapée de certaines fioritures qui empoisonnent quelque peu le genre action. Dans sa volonté de dépouillement, le film de Julien Leclercq rappelle un peu les polars hard-boiled signés Richard Stark. On en revient à une idée d’abstraction, d’émotion brute. Chose rendue d’autant plus limpide que l’intrigue va converger vers un énorme morceau d’action dans la forêt, symbole de la nature dans sa plus parfaite bestialité. De prime abord, ça fonctionne. La mise en scène est plutôt soigneuse, éloignée des standards privilégiant le nombre de plans à la tension pure. Leclercq a l’intelligence de poser l’ambiance, de l’exalter avant de lâcher les moteurs en fin de parcours. Ce qui rend les accès de sauvagerie assez efficaces. Quoique la séquence la plus réussie selon moi est celle où la réalisation adopte le handicap de Sarah (la fille du héros), en nous faisant partager son incompréhension. D’accord, on ne peut pas dire que le film est pas très malin. C’est même plutôt limité, voire rétrograde. Je tique également sur la bande-son, parfois balourde dans les moments forts. Cela dit, La Terre et le sang a une patine grisâtre parfaitement raccord avec le récit, belle allégorie de personnages empêtrés dans une réalité sans espoir. Et les comédiens sont parfaits. En tête de file Sami Bouajila, toujours merveilleux. Et de belles révélations, parmi lesquelles la touchante Sofia Lesaffre, seul rai de lumière au milieu d’un environnement contaminé par la cendre et le violence.
Note : 5/10
La Terre et le sang : Affiche

Le Tombeau des lucioles : le chef d’oeuvre du studio Ghibli qui vous fera pleurer

Disponible sur Netflix, Le Tombeau des lucioles est l’une des œuvres majeures d’Isao Takahata, cofondateur du studio Ghibli. On vous dit pourquoi il faut rattraper ce bijou d’animation bouleversant. Préparez les mouchoirs.

DE QUOI ÇA PARLE ?

Japon, été 1945. Après le bombardement de Kobé, Seita, un adolescent de quatorze ans et sa petite soeur de quatre ans, Setsuko, orphelins, vont s’installer chez leur tante à quelques dizaines de kilomètres de chez eux. Celle-ci leur fait comprendre qu’ils sont une gêne pour la famille et doivent mériter leur riz quotidien. Seita décide de partir avec sa petite soeur. Ils se réfugient dans un bunker désaffecté en pleine campagne et vivent des jours heureux illuminés par la présence de milliers de lucioles. Mais bientôt la nourriture commence cruellement à manquer.

POURQUOI ON AIME

Lorsqu’on évoque le studio Ghibli, on pense évidemment à Hayao Miyazaki mais il ne faut pas oublier l’autre cofondateur de la firme japonaise Isao Takahata. Ce dernier, travaillant sur des films plus intimistes, personnels et réalistes, a offert un bijou d’animation sombre et poignant en 1989 : Le Tombeau des Lucioles. Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle semi-autobiographique du même nom d’Akiyuki Nosaka, parue en 1967. La violence et la noirceur cruelles et réalistes de cette oeuvre, qui narre le calvaire de deux orphelins japonais frappés par la famine, la misère et la maladie lors de la Seconde Guerre mondiale, ont failli ruiner le studio Ghibli car les parents ne voulaient pas emmener leurs enfants voir ce film assez traumatisant au cinéma.

La sortie conjointe en salle de Mon voisin Totoro a permis au studio Ghibli d’éviter la banqueroute. Cela n’a pas empêché Le Tombeau des Lucioles d’être plébiscité par la critique et un public plus adulte et mature qui ont été touchés en plein coeur par ce récit poignant, sa mise en scène classique et son animation réaliste et envoutante. Malgré son histoire bouleversante et ses séquences déchirantes, Le Tombeau des Lucioles est une oeuvre mélancolique qui réussit à trouver un équilibre entre l’ombre et la lumière. A travers le parcours chaotique et spirituel de Seita et Setsuko, Le Tombeau des Lucioles traite avec une pudeur appréciée et une sincère émotion de l’absurdité de la guerre, de la misère sociale et de l’enfance perdue.

La sobriété et la fermeté de certaines séquences permettent de révéler toute la poésie de ce film d’animation qui joue sur un graphisme classique mais pointu pour accentuer le réalisme de son propos. Il est difficile de ne pas s’attacher à Seita et Setsuko qui, malgré les déconvenues et les obstacles, restent profondément unis et ce jusqu’à la mort. Le Tombeau des Lucioles est un récit sombre et dur qui parvient pourtant à éblouir et à attirer l’attention du spectateur sans fioritures. Le film d’Isao Takahata est une pure merveille dont on ne ressort pas indemne.

Star Wars 9 – L’ascension de Skywalker : déjà en VOD à l’achat

Star Wars : L’Ascension de Skywalker, long-métrage réalisé par J.J. Abrams, sort en salles le 18 décembre 2019 et en VOD à l’achat le 16 avril et le 24 avril 2020 en location. On découvre ensemble les bandes-annonces, le footage dévoilé à la D23 Expo 2019 ainsi que les affiches définitives du film.
Rey, Finn, Poe, Leia et tous les héros de Star Wars sont enfin de retour ! Deux ans après la sortie en salles de Star Wars : Les Derniers Jedi, voilà que Star Wars : L’Ascension de Skywalker, neuvième volet de la saga créée par George Lucas, pointe enfin le bout de son nez avec une nouvelle bande-annonce, pour une sortie prévue au cinéma le 18 décembre 2019 et en VOD à l’achat le 16 avril et en location le 24 avril 2020. A noter qu’une affiche a été dévoilé à l’occasion de la D23, en août dernier !

Côté casting, on prend les mêmes et on recommence puisque l’on retrouve comme pour les deux précédents opus Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Mark Hamill, Adam Driver, Anthony Daniels, Kelly Marie Tran, Domhall Gleeson, Lupita Nyong’o, Billie Lourd ou encore Carrie Fisher, dont des prises tournées avant son décès ont été utilisées pour continuer de faire vivre la Princesse Leïa.

Star Wars - The Rise of Skywalker : la bande-annonce

Côté nouveaux venus, pour cette trilogie en tout cas, on retrouve Billy Dee Williams qui reprend son rôle de Lando Calrissian, Ian McDiarmid qui retrouve son personnage, celui de l’Empereur Palpatine, mais également Joonas Suotamo dans le rôle de Chewbacca (remplaçant Peter Mayhew avant son décès), Keri Russel (La Planète des Singes : l’Affrontement, The Free State of Jones…), Richard E. Grant (Casse-Noisette et les Quatre Royaumes, Can You Ever Forgive Me?…) ou encore Dominic Monaghan (Le Seigneur des Anneaux, Lost…) dans un rôle encore tenu secret.

Star Wars : The Rise of Skywalker conclut ainsi la nouvelle trilogie autour des aventures de Rey et Finn, de la Résistance et du Premier Ordre mais surtout du retour des Jedi dans la galaxie lointaine, très lointaine. Initiée en 1977, la saga « Skywalker » n’a cessé d’engranger les succès, surtout auprès des fans qui reviennent encore et toujours en salles à la sortie d’un nouvel opus.

7. Koğuştaki Mucize (Netflix) : 5 choses à savoir sur le film turc qui fait sensation

Le film turc 7. Koğuştaki Mucize, qui cartonne sur Netflix, n’aura plus aucun secret pour vous !

7. Koğuştaki Mucize, c’est le film turc disponible sur Netflix dont tout le monde parle. Ce mélodrame raconte l’histoire de Memo, un père déficient mental injustement accusé du meurtre d’une enfant, et qui est lui-même séparé de sa petite fille lorsqu’il est envoyé en prison.

Basé sur une histoire vraie ?

Les spectateurs ont été tellement touchés par 7. Koğuştaki Mucize qu’ils se sont demandé s’il était inspiré d’une histoire vraie. Pas vraiment : il s’agit du remake d’un film sud-coréen, qui a remporté de nombreux prix en Inde, aux Philippines et en Indonésie. Miracle In Cell 7 serait inspiré de l’histoire d’un homme, accusé à tort par un militaire haut-gradé du meurtre de sa petite fille. Il aura passé plus de 30 ans à clamer son innocence, en vain. Fait intéressant, le long-métrage sud-coréen est une comédie dramatique, alors que la version turque a préféré jouer la carte de l’émotion.

Un petit prodige

Nisa Sofiya Aksongur (Ova) n’avait que huit ans quand elle a tourné 7. Koğuştaki Mucize en 2019. Malgré son jeune âge, la jeune fille est déjà bien connue en Turquie : elle est notamment apparue dans la série Muhtesem Yüzyil : Kösem, Aglama Anne et Kuzgun.

A ses débuts

Ce n’est pas la première fois que Aras Bulut Iynemli (Memo) collabore avec le réalisateur Mehmet Ada Öztekin. C’est même ce dernier qui a lancé sa carrière en le choisissant comme tête d’affiche dans son drame historique Mahmut ile Meryem en 2013. Il fera aussi une brève apparition en chauffeur de taxi dans son film suivant, Martilarin Efendisi (2017). La suite de l’histoire, on la connaît.

Une belle amitié

Aras Bulut Iynemli et Sarp Akkaya (qui interprète le directeur de la prison), sont des amis proches dans la vraie vie. Il ont notamment joué ensemble dans la série Muhtesem Yüzyil (Magnificent Century), diffusée entre 2011 et 2014. Nisa Sofiya Aksongur, la petite Ova, jouera elle-même dans le spin-off, Muhtesem Yüzyil: Kösem.

Tous les chemins mènent à Netflix

Les fans des productions Netflix reconnaîtront deux visages familiers dans 7. Koğuştaki Mucize. On peut en effet retrouver Ilker Aksum (l’un des prisonniers) dans la série épique L’essor de l’empire ottoman, tandis que Yurdaer Okur (le général) apparaît dans la saison 1 de The Protector (la première production turque de Netflix).

Code 8 / De Jeff Chan Avec Stephen Amell, Robbie Amell, Laysla De Oliveira – NETFLIX

Dans un monde où 4% de la population est née avec des pouvoirs surnaturels, et où ces personnes sont discriminées et traquées sans relâche, un ex-malfrat et un trafiquant de drogue possédant un don de télékinésie s’allient pour mettre fin à un dangereux réseau de criminels.

Chronique :Code 8″ fait partie de ces projets dont on ne peut d’abord que saluer la persévérance de l’ensemble de ses participants pour l’avoir mené à bien. Que cela soit les cousins Robbie et Stephen Amell producteurs et interprètes, le réalisateur Jeff Chan, son scénariste Chris Pare ou l’acteur Sung Kang, tous ont fait preuve d’une fidélité sans faille et ont franchi les obstacles pour que leur proposition de SF née sous la forme d’un chouette court éponyme de 2016 devienne un long-métrage. Le succès de la campagne de crowdfunding menée dans cette optique l’a d’ailleurs prouvé : comme eux, le public a également vu le potentiel véhiculé par cette histoire de personnes dotés de super-pouvoirs et considérées comme une minorité clandestine juste bonne à remplir les tâches les plus ingrates de la majorité. Déjà, en à peine dix minutes, Jeff Chan installait un univers convaincant où la critique sociale et la SF se fondaient en osmose dans bon nombre de jolies trouvailles, et ce jusque dans les traits du héros interprété par Robbie Amell. En effet, un Nord-américain au physique juvénile de parfait quaterback se trouvant dans la même condition que celle réservée aux immigrés sud-américains sur le sol des États-Unis se devait de marquer les mémoires et, par là même, démontrer la pertinence de la proposition de Chan. Le contexte ainsi que le discours qui en découlait étaient donc bien là et exposés plutôt brillamment mais, malgré la bonne volonté de tous ses intervenants, restait à savoir si « Code 8 » allait pouvoir offrir encore plus de matière à les développer en passant au format de long-métrage. Beaucoup de courts-métrages au point de départ séduisant se sont souvent cassés les dents sur une plus longue durée… Eh bien, en matière d’univers, on peut dire que « Code 8 » relève haut la main le défi ! Reprenant fidèlement tout ce qui a été mis en place par le court-métrage (seuls les personnages de Robbie Amell et de Sung Kang subiront quelques légères variations au final), Jeff Chan va d’abord enrichir son Amérique uchronique d’un rapide historique où les personnes possédant un super-pouvoir ont aidé à façonner le pays avant d’être rejetées en bloc afin d’expliquer leur situation aujourd’hui et renforcer le parallèle avec la position d’immigré. Mieux, s’il va à nouveau s’attarder sur les points essentiels du court pour toujours traduire ce sentiment d’une déshumanisation sociétale à leur égard (le travail clandestin, les violences policières, etc), il va même parvenir à l’aggraver en faisant par exemple entrer un nouvel élément en jeu, la Psyche, une drogue extraite à même de ces êtres hors-normes et synonyme de fait d’un trafic où l’humain n’est plus qu’une valeur marchande. Évidemment, on pourrait pointer du doigt que cette métaphore vis-à-vis d’une minorité jouant sur une différence extraordinaire (super-pouvoirs comme « X-Men » ou extraterrestres comme « District 9 ») n’est pas une idée très neuve mais, dans le fond, si celle-ci se voit assortie d’un cadre SF suffisamment fort et offrant de nouvelles perspectives à une critique des maux les plus profonds de nos sociétés dites civilisées, il devient dur de ne pas la saluer, surtout lorsqu’elle vient de projets montés au forceps comme ici (une petite production canadienne, rappelons-le) face à une offre hollywoodienne se montrant plus que timorée en la matière. D’ailleurs, point d’overdose d’effets spéciaux inutiles dans « Code 8 », Jeff Chan fait de son manque de budget un véritable atout en ancrant son histoire au plus près de la réalité du quotidien de ces héros et ne met en lumière leurs pouvoirs ou la technologie sécuritaire qui gouverne leur cité (la bien-nommée Lincoln City) uniquement dans le but de servir au mieux l’intrigue, l’avancée de ses enjeux et ses personnages. Alors, bien sûr, faute de moyens, il manque clairement un souffle visuel de plus grande ampleur qui permettrait d’emmener le film au-delà de ce côté formel de téléfilm qui lui colle un peu trop souvent à la peau mais « Code 8 » a le mérite incontestable d’avoir conscience de ses ambitions autant que de ses limites à les concrétiser et, avec un certain talent, cherche toujours à maximiser les premières malgré la contrainte des deuxièmes. Là où on aura un peu plus du mal à soutenir le film, c’est du côté du déroulement de son récit et du peu de surprises qu’il réserve sur sa globalité. Certes, dans cet univers, l’évolution de son jeune héros dans le milieu des malfrats aux super-pouvoirs afin de subvenir aux besoins de sa mère malade permet d’étayer la portée symbolique du film, cependant, elle suit un schéma bien trop connu du film dit « de braquage » et de la spirale négative qu’il induit pour lui permettre de s’élever à la hauteur de la qualité du reste. Dommage car « Code 8 » aurait sans doute fait un carton plein en choisissant de sortir également des sentiers battus de ce côté, d’autant plus que, lorsqu’il s’aventure sur le terrain de l’émotion pour explorer les dilemmes moraux de ses personnages, il gagne considérablement en densité en alliant l’humanité qui en émane à la métaphore de l’entreprise dans son ensemble. Néanmoins, et à défaut de plus, le tout reste mené avec une relative efficacité notamment grâce à son casting logiquement très investi dans la réussite du projet (les Amell et Sung Kang en tête). De la ténacité de ceux qui ont tout fait pour qu’elle voit le jour à la justesse du regard qu’elle porte sur les minorités délaissées par la société américaine, « Code 8 » est donc une proposition SF canadienne qui a une âme. Certes, l’intelligence de son propos aurait mérité une intrigue aux ressorts moins traditionnels mais il est indéniable que le film réussit à faire entendre sa propre voix grâce à la richesse de son univers et aux personnages bien campés qui y gravitent. D’ailleurs, ce monde n’en est encore qu’à ses prémices, toute l’équipe travaille déjà sur une série spin-off du film pour la future plateforme de streaming Quibi. Nul doute que les drones de Lincoln City n’en ont pas fini de repérer de nouveaux « Code 8 ».

Note : 8/10

Code 8 : Affiche

 

Togo (Disney+) : l’histoire vraie et méconnue du chien du film

Avec « Togo », réalisé par Ericson Core, Disney+ raconte l’histoire de la célèbre course au sérum de 1925 sous un nouvel angle et réhabilite, au passage, un héros bien trop souvent oublié.

Si le cinéma ne peut pas corriger les erreurs du passé, il peut, en revanche, mettre en lumière des sauveurs oubliés par l’Histoire. C’est le cas du film Togo, mis en scène par Ericson Core et disponible sur la plateforme de streaming Disney+. Le long métrage, porté par Willem Dafoe et Julianne Nicholson, revient sur la course au sérum, qui a eu lieu en 1925, en Alaska, aux États-Unis. Cette action reste particulièrement ancrée dans les mémoires pour avoir vu naître un héros : Balto. Le husky fut érigé au rang de star pour avoir été le chien leader du traîneau de Gunnar Kaasen, dont la mission était d’apporter l’antidote anti-diphtérique dans la petite ville de Nome. Le nom du chien est aujourd’hui connu de tous puisqu’il fut, en 1995, le héros d’un film d’animation – et de deux suites -, doublé par Kevin Bacon et produit par les studios Amblin. Pourtant, bien que Balto soit l’animal qui soit arrivé à destination le 2 février 1925, c’est Togo qui a accomplit la plus lourde des tâches. Retour sur une histoire extraordinaire.

Durant l’hiver de 1925, la ville de Nome est violemment touchée par l’épidémie de la diphtérie, un virus contagieux qui cause la mort de plusieurs enfants. Malheureusement, les stocks du vaccin capable de mettre fin à cette catastrophe se trouvent à Anchorage, la capitale de l’Etat de l’Alaska, qui se situe à plus de mille kilomètres. Pour la livraison, plusieurs solutions sont envisagées, mais le climat (des chutes de température pouvant aller jusqu’à -30 degrés, NDLR) et la longue distance compliquent les choses : il est impossible d’utiliser des moyens de locomotion, comme l’avion ou le train. Le colis, qui contient les antidotes, est tout de même transporté en train d’Anchorage jusqu’à la gare de Nenana. Or, cette ville se trouve encore à plus de huit cents kilomètres de la bourgade contaminée. Le Norvégien Leonhard Seppala – incarné à l’écran par Willem Dafoe – est désigné par le Conseil municipal de Nome pour partir avec son traîneau, mené par Togo.

Une histoire de hasard et d’injustice

Le voyage commence le 27 janvier, mais alors que le musher est en route, une opération de relayage entre meneurs de chiens est mise en place. Au total, vingt pilotes d’attelage et cent cinquante chiens sont mobilisés pour se remplacer d’un point à l’autre et pour voyager le jour, comme la nuit. Compte tenu des conditions météorologiques, un tel voyage devrait prendre plusieurs semaines, or le sérum ne doit pas rester au contact du froid au-delà de six jours. Leonhard Seppala, qui doit s’arrêter à Nulato, parcourt avec Togo en tête la plus longue distance de tous les mushers, soit 424 kilomètres, presque la moitié du trajet. Les autres meneurs de chien parcourent, quant à eux, une moyenne de cinquante kilomètres. Pour l’avant-dernier relais jusqu’à Nome, c’est l’assistant de Leonhard Seppala, Gunnar Kaasen, qui est choisi. Son traîneau est dirigé par Balto. En arrivant au dernier point, Gunnar Kaasen trouve son successeur endormi et décide de poursuivre lui-même le voyage jusqu’à la ville d’arrivée.

À Nome, tout le monde applaudit le courage du musher et des chiens, en particulier Balto, le leader de l’attelage. Le nom et la photo de l’animal font le tour de la presse américaine, qui le décrit comme un héros national. Quelques mois plus tard, une statue à son éfigie est construite dans Central Park, à New York, avec l’inscription suivante : « En hommage à l’esprit indomptable des chiens de traîneau qui ont relayé l’antitoxine à six cents mil sur la glace agitée, à travers les eaux dangereuses, à travers les tempêtes de l’Arctique de Nenana à la libération de la ville frappée de Nome durant l’hiver 1925. » Les noms de Leonhard Seppala et Togo sont malheureusement restés dans l’ombre. Seulement, en 2011, le prestigieux Time Magazine décide de corriger cette erreur dans un classement en nommant Togo comme l’animal le plus héroïque de tous les temps.

Critique : 7. KOĞUŞTAKI MUCIZE / NEFLIX

Salut à tous !
Nouvelle critique sur le film turc : 7. Koğuştaki Mucize sur Netflix réalisé par Mehmet Ada Öztekin avec Aras Bulut İynemli, Nisa Sofiya Aksongu
L’histoire: Séparé de sa fille, un père avec un handicap mental doit prouver son innocence lorsqu’il est arrêté pour le meurtre d’une enfant.
#7KoğustakiMucize #Critique #Film

J’ai maté pour toi Guns Akimbo (avec Daniel Radcliffe qui pète un plomb)

Guns Akimbo, un film totalement barré avec un Daniel Radcliffe hors de contrôle ! Alors, ça valait le coup ?

J’ai maté pour toi Guns Akimbo (avec Daniel Radcliffe qui pète un plomb)

En mai 2018, une image a fait surface sur Internet et elle est devenue un mème à vitesse grand V.

En même temps, il faut le dire, son potentiel était incroyable : Daniel Radcliffe, en slip et robe de chambre, des chaussons-pattes-d’ours aux pieds, l’air totalement dézingué, un flingue dans chaque main !

Le contexte a fini par être posé : Daniel Radcliffe tournait Guns Akimbo, un film totalement barré qui sort sur Prime Video ce 23 mars 2020.

 

Pour te résumer le pitch, Daniel Radcliffe incarne Miles, un loser, développeur dans une boîte qui fait des jeux vidéo nuls sur mobile.

Il n’arrive pas à reconquérir son ex, boit trop de bières, traîne en pyjama dès qu’il peut et se fait rouler dessus par le monde entier, de son boss à un passant qui l’insulte tranquillement.

Miles n’a qu’une seule passion, troller les trolls d’Internet, insulter ceux qui insultent, bref, se dresser comme un chevalier blanc face aux misogynes, racistes et haters en tous genres.

Notamment les fans de Skizm, une organisation illégale qui streame un concept hyper-violent : des combats à mort entre gens flingués du cerveau, suivis par des centaines de milliers d’internautes.

Sauf qu’un jour, Miles insulte la mauvaise personne sur le chat de Skizm. À savoir le patron lui-même… Qui s’introduit chez lui, l’assomme, lui visse des flingues aux mains et le force à participer à Skizm !

En clair, il a 24h pour tuer la gagnante actuelle du « jeu », la très dangereuse Nix, qui va elle aussi essayer de le buter.

S’il va voir la police, il meurt. S’il quitte la ville, il meurt. Et s’il reste terré chez lui… eh bien Nix l’y trouvera.

Commence alors le plus dangereux des jeux du chat et de la souris, streamé par des caméras montées sur drones et suivi par un public assoiffé de sang.

Guns Akimbo avec Daniel Radcliffe, ça donne quoi ?

Alors. C’est là où ça devient délicat.

Est-ce que Guns Akimbo est un BON film ? C’est dur à dire !

Par plein d’aspects, il est étrange : la direction artistique est quelque part entre Suicide Squad et un clip de néo-métal de 2009, la bande-son est très peu subtile, le scénario tient sur un mouchoir de poche, la violence est omniprésente…

Et en même temps, j’ai TELLEMENT passé un bon moment devant Guns Akimbo

Oui c’est un peu crétin, oui c’est un film WTF avec un budget pas énorme, oui il y a un peu trop de sang pour certaines sensibilités, mais bordel, j’ai ri et je me suis vidé la tête.

Daniel Radcliffe, dont la carrière post-Harry Potter est un délice à suivre, est visiblement en train de s’éclater dans ce rôle, et sa joie est communicative.

Samara Weaving, qui joue Nix, livre une performance franchement honnête et s’offre même le luxe d’être parfois touchante quand elle révèle son passé tortueux.

Si tu aimes les films d’action qui se donnent à fond, les méchant sapés comme des personnages de jeu vidéo, les bastons et surtout voir Daniel Radcliffe tout donner dans un rôle absurde, fonce sur Guns Akimbo !

Il débarque sur Prime Video ce 23 mars.

La Plateforme sur Netflix : que comprendre de la fin ?

Disponible sur Netflix ce 20 mars, La Plateforme est un thriller espagnol fantastique et angoissant qui pose beaucoup de questions. Alors que comprendre de la fin du film ?

Attention, spoilers. Les paragraphes suivants révèlent des éléments d’intrigue du film La Plateforme. Si vous ne voulez rien savoir, ne lisez pas ce qui suit.

Après avoir fait sensation au TIFF (Toronto Internation Film Festival) en 2019, La Plateforme (El Hoyo, en espagnol), de Galder Gaztelu-Urrutia est disponible sur Netflix ce 20 mars. Entre Cube et Snowpiercer, le film nous plonge dans une sombre prison-tour, appelé « La Fosse », traversée en son centre par une dalle transportant des plats d’exception préparés par des chefs cuisiniers et descendant d’étage en étage pour nourrir les détenus. Ce système favorise les premiers servis et affame les derniers. Chaque prisonnier a le droit de prendre un objet pour sa détention et a 2 minutes pour manger ce qu’il peut sur la plateforme mais ne peut conserver aucune nourriture dans sa cellule qu’il partage avec un autre détenu.

Dans La Plateforme, on suit l’histoire de Goreng (Iván Massagué), qui a volontairement intégré la prison-tour afin d’obtenir à sa sortie un brevet lui permettant de s’élever socialement. Il se réveille à l’étage 48 avec le livre et son co-détenu Trimagasi (Zorion Eguileor), un vieil homme enfermé pour meurtre. Pendant des mois, Goreng va tenter de survivre dans la Fosse où la seule loi qui domine est « manger ou être mangé » face à des prisonniers cannibales, violents, déviants et pervers. Mais l’homme va aussi rencontrer d’autres détenus à d’autres étages espérant un échappatoire ou un futur meilleur à l’image d’Imogiri (Antonia San Juan) et Baharat (Emilio Buale Coka), tout en cherchant l’enfant de Miharu (Alexandra Masangkay), caché dans la prison.

La Plateforme, et son héros au bord de la rupture nerveuse [SPOILERS]

À plus de la moitié du film, il vient une idée à Goreng : descendre sur la dalle avec son nouveau codétenu, un dénommé Baharat, afin de distribuer eux-mêmes la nourriture aux détenus, pour que les derniers étages aient également de quoi se nourrir. 

Le but ? Que tout le monde survive !

Mais pour que la situation évolue de manière pérenne, un des détenus confie à Goreng et Baharat qu’il faudrait faire parvenir, tout en haut de la tour, à « l’administration », un symbole.

Ils trouvent alors une idée : renvoyer un plat qui n’aurait pas été touché.

Cela signifierait que le système ne fonctionne plus puisque tout le monde a été raisonnable et que même tout en bas, les prisonniers ont aussi eu à manger.

Ils choisissent ainsi la panna cotta, un dessert italien qu’ils se donnent pour mission de renvoyer en haut pour faire passer « le message », comme ils aiment à le répéter. 

Par ailleurs, d’après les calculs de Goreng, pour que les tout derniers étages aient de quoi se sustenter, il faut un peu en priver les 51 premiers étages.

Il demande donc aux détenus des premiers étages de jeuner juste un jour. 

Mais peu sont ceux qui se plient à cette nouvelle règle, et Goreng a alors recours à la violence pour que tout le monde accepte de partager.

La fin justifie les moyens…

Bref, tout le monde a un peu viré zinzin, surtout Goreng qui « voit les fantômes » de ses deux anciens codétenus.

Des visions qui s’accentuent vers la fin du film, car le héros est blessé et très affaibli psychologiquement.

Que représente l’enfant dans La Plateforme ?

Il y a un personnage dont je ne t’ai pas encore parlé.

Il s’agit de Miharu, une femme qui, chaque mois, descend les étages via la dalle, pour chercher son enfant qui lui a manifestement été retiré et se trouve quelque part dans la fosse.

Sauf que d’après une codétenue de Goreng qui a travaillé à « l’administration », cette femme serait rentrée seule dans la tour.

Cette histoire d’enfant aurait donc été inventée de toute pièce par Miharu, qui aurait juste trouvé une excuse pour descendre chaque mois buter des gens et les manger (comme on l’a déjà vu faire).

Hors, à la toute fin du film, alors que Goreng et Baharat arrivent à l’étage le plus bas, le numéro 333 (le héros pensait à l’origine qu’il n’y avait que 250 étages), ils découvrent une enfant cachée sous un lit.

Présence réelle ou fruit de l’imagination d’hommes à la psychologie bousculée ?

En tous les cas, devant le visage innocent de l’enfant, les deux hommes abandonnent leur mission première et lui offrent la seule nourriture restante : la panna cotta. 

Peu de temps après, Baharat est retrouvé mort par Goreng. Ce dernier prend l’enfant sur ses genoux, et gagne de nouveau la dalle.

Ensemble, ils descendent encore longtemps dans l’obscurité.

Puis Goreng s’en va retrouver le vieil homme mort avec qui il a été enfermé en premier, laissant l’enfant remonter les étages sur la dalle.

Ce qui signifie que Goreng meurt bel et bien, tandis que l’enfant, symbole d’un nouveau système, remonte vers la lumière. 

Une théorie optimiste voudrait ainsi que le système en place ne tienne donc plus puisque l’enfant, au plus bas niveau de la tour, aurait survécu longtemps, tout en étant apparemment en bonne santé, grâce sans doute à sa mère qui lui aurait apporté chaque mois des corps différents pour qu’elle s’en nourrisse.

L’enfant aurait donc niqué le système en survivant au dernier étage tout en étant, en même temps, un produit du système puisque pour s’en sortir, elle a dû devenir cannibale.

Elle ne s’est donc pas nourrie de la générosité d’autrui, mais bien d’autrui tout court.

Goreng est Don Quichotte

Avant d’intégrer la fosse, chacun des prisonniers a eu le droit de choisir un objet à emporter avec eux.

S’ils ont droit à tout et n’importe quoi, la plupart des détenus ont sélectionné des armes.

Mais Goreng, à contre-courant de tous les autres, a choisi… un bouquin. Et plus précisément Don Quichotte, de Miguel de Cervantes.

Un choix très loin d’être anodin de la part des scénaristes puisque Goreng ressemble en réalité beaucoup au héros du livre.

Comme Don Quichotte, Goreng préfère se mettre au service de la communauté plutôt que de penser à lui.

Il préfère par exemple manger son livre, seul vestige de sa vie d’avant, pour ne pas céder au cannibalisme. Bon, après, il bouffe quand même sa pote. Mais l’intention était là.

Il est donc le symbole imparfait de l’altruisme. 

Sa décision de demeurer tout au fond de la tour est donc logique.

Il préfère payer pour ses crimes (il a quand même avalé la chair de deux de ses anciens potes) — et laisser l’enfant, seul symbole de l’échec de l’administration, remonter vers la lumière — plutôt que de remonter avec elle, alors qu’il est lui même devenu un pur produit du système qu’il décrie.

Il se sacrifie au profit du « message ».

Quid de la panna cotta ?

Une scène, toutefois, qui survient à peu près au milieu du film, pourrait venir remettre en doute la fin explicitée plus haut.

En effet, on y voit un maitre d’hôtel sermonner ses employés car il a retrouvé une panna cotta avec un cheveu dessus.

Ainsi, il est possible que la petite fille n’ait été que le fruit de l’imagination de Goreng et Baharat et qu’elle n’ait jamais existé.

Cela signifierait que cette scène est en réalité la toute fin du film, et que les deux hommes ont réussi à faire remonter le dessert intact… mais avec un de leurs cheveux dessus.

Le maitre d’hôtel finit quoi qu’il en soit par gronder ses employés, comme si un de leurs cheveux à eux était responsable du renvoi de la panna cotta.

Comme si finalement, les prisonniers avaient refusé de manger le dessert par coquetterie. Ironique !

 

La Plateforme De Galder Gaztelu-Urrutia Avec Ivan Massagué, Zorion Eguileor, Antonia San Juan sur Netflix

Dans une prison-tour, une dalle transportant de la nourriture descend d’étage en étage, un système qui favorise les premiers servis et affame les derniers.

Chronique : Dans la lignée d’un huis-clos à la Cube, saupoudrée d’une réflexion sociale sur le capitalisme et la lutte des classes façon Snowpiercer : Le Transperceneige, avec quelques écarts gore que renieront pas les amateurs de Saw, l’intriguant et étrange La Plateforme a fait son arrivée sur Netflix comme une bonne vieille série B fauchée que l’on pouvait découvrir par hasard sur une étagère de vidéoclub.

Objet cinématographique non identifié, La Plateforme a ce petit côté barré comme le cinéma espagnol en raffole. Pour sa première réalisation, Galder Gaztelu-Urrutia parvient plutôt bien à intriguer dès sa première partie  qui sème le dégoût et l’angoisse.

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Roi (involontaire) du timing, Netflix a ajouté La plateforme sur son catalogue à point nommé en ces temps de confinement où il serait fort à propos de questionner l’individualisme de nos sociétés contemporaines et la répartition des richesses. La mise en scène de Gaztelu-Urrutia, plutôt oppressante, ne manquera pas de procurer à ceux qui le visionnent une sensation d’enfermement devenue familière. Et alors que son film vire progressivement à l’horreur (visuelle), son protagoniste bascule dans une remise en cause existentielle.

Derrière cette métaphore aussi violente et gore que minimaliste, se cache une petite pépite ibérique que Beckett ou Pinter aurait pu écrire.On parle ici d’inégalité, d’égoïsme, d’individualisme, de redistribution, et le réalisateur bouscule le spectateur sans ménagement, à la limite de l’écœurement. 1H30 de pamphlet à peine supportable sur ce qu’est l’homme pour l’homme.
Totalement assumé, cette « plateforme » remarquable n’est vraiment pas à mettre en toutes les mains. Âmes sensibles s’abstenir…

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