Critique Star Trek Picard saison 1 : voyage humaniste

Le pilote enchantait, la saison complète de Star Trek Picard s’est montrée joliment rêveuse, humaniste, mais ne va, paradoxalement, pas bien loin…

L’amiral Jean Luc Picard sort de sa retraite pour aider une synthétique face à l’apocalypse prédite par les Romuliens. Diffusée sur Amazon Prime, la première saison de Star Trek Picard vient de toucher à sa fin en proposant un voyage nostalgique entre fan service et considérations utopiques, histoire de prouver une nouvelle fois que l’ultime frontière n’en est plus une.

Critique Star Trek Picard saison 1 : voyage humaniste

Au scénario, à la production et devant la caméra, Patrick Stewart officie avec une classe phénoménale son grand retour dans la franchise Star Trek en reprenant son iconique rôle de l’amiral Jean Luc Picard. Le show créé par Alex Kurtzman, grand scénariste de la saga intergalactique, permet de retrouver agréablement cette ode à « l’ancienne » génération où la négociation et les dialogues lentement mis en place primaient. Une peinture où l’action n’est que secondaire face à un humanisme omniprésent, une humanisation sans pareille d’une science-fiction paradoxalement très contemporaine.

Ré-générations

Inéluctablement, la série diplomatique se transforme rapidement en road-movie où le vieux capitaine se reconstitue petit à petit un équipage de fortune, histoire de réinstaurer une famille par laquelle appréhender ce voyage interstellaire et les relations humaines. Un prisme social qui dénote avec les précédentes, et récentes, œuvres de la franchise. Car loin d’une action immuable et de découvertes musclées, Star Trek Picard préfère s’attarder sur l’échange entre ses protagonistes, l’évolution narrative de ceux là mêmes qui font du show une réussite humaniste.

Pourtant, on déplore quelques facilités scénaristiques qui raccourcissent la construction de certains personnages ou des rebondissements pour tomber dans une prédictibilité dommageable. De même, certains aspects du fan-service paraissent un rien superficiels, où les nombreuses apparitions des guest-stars semblent quelque peu forcées. Si Brent Spiner jouit d’apparitions lourdes de sens, Jeri Ryan, Jonathan Frakes (également derrière la caméra de plusieurs épisodes) ou l’intrigue avec le Cube Borg offrent des références qui parleront difficilement aux non-initiés sans pour autant faire avancer le fil narratif de l’intrigue générale.

Critique Star Trek Picard saison 1 : voyage humaniste

Des clins d’œil appuyés qui font de Star Trek Picard une série qui s’adresse avant tout aux trekkies pur souche mais où les amateurs de science-fiction et de la franchise en général y trouveront également leur bonheur tant ce discours pacifique y est bien représenté. Sans compter les longues conversations sur l’humain, ses faiblesses et l’espoir inhérent à ses défauts, l’univers graphique y est comme toujours magnifique. Les effets visuels d’une finesse folle quand les maquillages précis continuent de donner vie aux créatures les plus reculées de l’espace. Surtout que la musique permet ici d’appuyer sans fausse note une filiation aux séries et films anthologiques pour parfaire cette peinture spatiale sensiblement délicate.

Star Trek Picard a beau être trop référencée pour s’offrir une intrigue des plus originales, son ton lancinant et délicieusement humain offrira un divertissement parfaitement qualitatif aux fans de la première heure, tout en déstabilisant les profanes.

 

Validé sur Canal+ : que pense la presse de la série de Frank Gastambide ?

Porté par Franck Gastambide, la série suit l’ascension fulgurante d’un jeune rappeur validé par le milieu, bien vite rattrapé par les luttes intestines d’un univers dont il ne maîtrise pas les codes. A-t-elle convaincu la critique ?

DE QUOI ÇA PARLE ?

 Un jeune rappeur talentueux, épaulé par ses deux amis d’enfance, se retrouve du jour au lendemain « validé » par une des stars du milieu. Seulement, cette alliance se transforme rapidement en une dangereuse rivalité…

Validé, créée par Franck Gastambide, Charles Van Tieghem et Xavier Lacaille

Avec Hatik, Saïdou Camara, Brahim Bouhlel, Sabrina Ouazani…

10 X 26 minutes – disponible en SVOD sur myCanal et Canal+ Séries

A quoi ça ressemble ?
Validé - saison 1 Bande-annonce VF

QU’EN PENSE LA PRESSE ?

Selon Première :

« Complètement ancrée dans la réalité, dynamique et sans concessions, bourrée de caméos prestigieux et de références à l’actualité, elle est bien partie pour s’imposer comme le Dix pour cent du rap. Une étiquette que Franck Gastambide, son créateur, ne renie pas même s’il préfère citer la série américaine Entourage comme modèle. » 4/5

Selon le Monde :

« Si les auteurs de De l’encre réglaient leurs comptes avec l’industrie musicale, ceux de Validé – Franck Gastambide, Charles Van Tieghem, Xavier Lacaille et Nicolas Laquerrière – ont scénarisé leur série avec le concours de cette même industrie (…) Les auteurs ont pourtant réussi le tour de force de ne pas être complaisants avec ce milieu qui tend d’innombrables pièges aux jeunes rappeurs, les enferment dans des postures violentes et les obligent à se surpasser pour se sortir de situations les plus improbables. » 4/5

Selon Les Inrockuptibles :

« Si Validé n’est pas aussi woke qu’une Dix pour cent, elle a néanmoins le mérite de s’extraire du cocon bourgeois dans lequel s’écrit cette dernière pour mettre en lumière des questions trop souvent ignorées dans les séries consacrées au milieu artistique : fracture sociale entre Paris et sa banlieue, fossé culturel difficilement surmontable et préjugés solidement enracinés. Et au terme de son dixième et dernier épisode incroyablement tendu, force est de constater que l’énergie et l’ambition du projet font oublier ses quelques défauts qui disparaîtront, on l’espère, dans la deuxième saison d’ores et déjà commandée. »  3,5/5

Selon Libération :

« Autour de la rivalité de deux rappeurs, la fiction de Franck Gastambide joue avec les clichés d’un milieu que les exagérations verbales et les postures avantageuses n’effrayent pas. La flambe, le poids du quartier, les clashs d’ego, tout y est, et plutôt bien. » 3,5/5

Selon Télérama :

« Après Pattaya et Taxi 5, l’acteur, réalisateur et scénariste Franck Gastambide signe Validé : la toute première série consacrée au rap français. Une riche idée sur le papier… hélas noyée sous une cascade de clichés, malgré un casting en or massif, une bande-son percutante et la naissance d’une star du genre. » 2,5/5

Selon Ouest France :

« Sur le premier plan, le pari est réussi. Car Franck Gastambide a rassemblé un casting de premier choix qui connaît le milieu (…) Un univers impitoyable où la drogue, les armes et les magouilles business en tout genre seraient omniprésents si l’on se fie à cette série. Une réalité il y a quelques années, mais beaucoup plus nuancée en 2020. Si Validé avait vocation à toucher le grand public, c’est raté. » 2,5/5

Vampires sur Netflix : que vaut la série française dans la veine de Grave ?

Vampires est la nouvelle série française originale de la plateforme américaine, qui revisite une nouvelle fois le mythe du suceur de sang. Cette énième série de vampires vaut-elle le coup d’œil ?

DE QUOI ÇA PARLE ?

Les Vampires existent. Ici, parmi nous. Aujourd’hui dans Paris, la famille de Martha Radescu vit clandestinement. Mais lorsque Doïna, 16 ans, se révèle vampire d’un nouveau genre, leur équilibre fragile explose. Mi-humaine mi-vampire, Doïna apprend à vivre avec sa double nature.

Disponible en intégralité sur Netflix à partir du 20 mars. 6 épisodes vus sur 6.

ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
Vampires saison 1 Bande-annonce VF

C’EST AVEC QUI ?

Au casting de cette nouvelle série de vampires, on retrouve aussi bien du sang neuf que des comédiens confirmés. La jeune actrice Oulaya Amamra, découverte dans Divines et revue depuis dans Le Monde est à toi, est l’héroïne de cette histoire sanglante en plein cœur de Paris. L’interprète de cette « vamp » en devenir est épaulée par Suzanne Clément, qui incarne la matriarche de la famille Radescu. Au reste de cette tribu marginale, on retrouve Mounir Amamra (Le Monde est à toi), Pierre Lottin (Les Tuche) et Juliette Cardinski (Les Grands). Face à eux, des vampires qui vivent dans l’opulence et qui respectent une certaine loi, dont Kate Moran et Aliocha Schneider, frère de Niels Schneider qu’on verra bientôt dans Pompei avec Garance Marillier. Enfin, Dylan Robert, meilleur espoir masculin aux César 2018 pour Shéhérazade, complète le casting.

ÇA VAUT LE COUP D’ŒIL ?

Librement adaptée du roman éponyme inachevé et publié à titre posthume de Thierry Jonquet, Vampires est une série créée par Benjamin Dupas (Vernon Subutex, Dix pour cent) et Isaure Pisani-Ferry (Platane), en collaboration avec Anne Cissé. Cette nouvelle production française pour la plateforme américaine se lance le défi de dépoussiérer le genre de la série de vampires. Après un âge d’or dans la pop culture dans les années 1990 et au début des années 2000 puis un passage à vide, la créature vampirique semble intéresser de nouveau puisque Netflix a mis en ligne il y a quelques mois deux séries sur ce thème : V Wars avec Ian Somerhalder et Dracula de Steven Moffat et Mark Gatiss. Alors avions-nous vraiment besoin d’une nouvelle série de vampires ? La réponse est oui.

Premièrement parce qu’on nous propose enfin une héroïne vampire dans un genre qui a souvent présenté un personnage principal féminin humain tombant amoureuse d’un vampire irrésistible. Cette fois, l’hyper sexualisation et le côté prédateur de la figure du vampire ne sont pas abordés en premier plan.  L’immortalité et le goût du sang de Doïna (Oulaya Amamra) est un prétexte pour explorer sa construction identitaire et familiale et son évolution organique lui permet de découvrir sa véritable nature : un être hybride mi-humain mi-vampire. En se rebellant contre sa mère Martha (Suzanne Clément) et en se laissant aller à ses pulsions, Doïna va couper le cordon et accepter sa condition afin d’être libre et en paix avec elle-même. La figure du vampire a toujours permis d’explorer le passage de l’adolescence à l’âge adulte et c’est le cas dans Vampires mais d’une manière plus réfléchie qui fait penser à la culte Buffy.

On apprécie également la sobriété apportée à la représentation des vampires humanisés, sans effets spéciaux et fausses canines. Fait assez rare qui mérite d’être souligné, la capitale n’est pas représentée comme une carte postale comme dans Plan Cœur. Vampires n’hésite pas à filmer Paris dans sa noirceur mais aussi dans sa lumière en baladant le spectateur dans un Belleville tantôt vivant et chaleureux, tantôt dangereux et violent. Il en est de même pour ses personnages avec deux types de représentation : d’un côté La Communauté à la vie luxueuse et paradoxalement lumineuse et de l’autre la famille Radescu, des réfugiés, des marginaux qui se cachent dans l’obscurité. La figure vampirique est autant représentée dans ce qu’elle a de plus beau que dans ce qu’elle a de plus laid et est très souvent rapprochée de ce qu’est la nature humaine.

Vampires réussit son pari de dépoussiérer le genre en ayant trouvé un équilibre entre modernité et retour aux sources. Respectueuse pour ses références culte, entre la série Buffy, Dracula de Francis Ford Coppola, Aux frontières de l’aube de Katheryn Bigelow, cette nouvelle production française pour Netflix bénéficie aussi d’une esthétique gothique et sanglante à l’image de Grave de Julia Ducournau ou de l’univers de Dario Argento pour certaines scènes. La première saison se terminant sur un gros cliffhanger, on espère que la plateforme américaine accordera une deuxième saison à Vampires, une belle série française sincère, appliquée et ambitieuse dans la continuité de Marianne et Mortel.

Freud sur Netflix : que vaut la série policière où le père de la psychanalyse devient enquêteur ?

Les 8 épisodes de « Freud », où le jeune Sigmund Freud enquête sur une série de meurtres et de disparitions dans la Vienne de la fin du XIXe siècle, sont disponibles sur Netflix. Cette série policière venue tout droit d’Autriche vaut-elle le détour ?

De quoi ça parle ?

Vienne, fin du XIXe siècle. Le jeune Sigmund Freud se retrouve impliqué dans un complot obscur aux côtés d’une voyante en enquêtant sur des meurtres et des disparitions.

Freud, une série créée et réalisée par Marvin Kren, avec Robert Finster, Ella Rumpf, Georg Friedrich, Brigitte Kren, Christoph Krutzler…

Disponible sur Netflix à partir du 23 mars. 2 épisodes vus sur 8. 

Ca ressemble à quoi ?
Freud - saison 1 Bande-annonce VF

Ca vaut le détour ? 

C’est une scène d’hypnose qui introduit le pilote de Freud. Très vite, on comprend que la séance est une farce : il s’agit en fait du jeune Dr Freud qui, peu sûr de ses capacités à vraiment pratiquer l’hypnose, fait répéter sa gouvernante pour qu’elle parvienne à simuler parfaitement un état hypnotique. Tout ça dans le but de convaincre un collège de chercheurs du bien fondé de ses travaux. C’est alors que deux policiers font irruption chez lui avec le corps agonisant d’une jeune femme qu’on a cru assassinée jusqu’à ce qu’elle se remette à respirer, sans tarder à mourir à nouveau.

Dans la peau du jeune Sigmund Freud, Robert Finster, comédien autrichien venu du théâtre et dont le visage est peu connu, voire inconnu du public français. A ses côtés, la comédienne franco-suisse Ella Rumpf, découverte dans Grave où elle jouait la soeur de l’héroïne, interprète une médium, Fleur Salomé (dont le nom a certainement été inspiré par Lou Andreas-Salomé, véritable élève de Freud). Enfin, Georg Friedrich, aperçu notamment chez Michael Haneke, campe l’agent de police Alfred Kiss qui complète le trio.

Dès le premier épisode, le ton est donné : cela part dans tous les sens, tant en matière de scénario qu’en matière de mise en scène, et les choses vont continuer à tourner en eau de boudin pour Freud et sa petite clique. De multiples intrigues vont commencer à s’entremêler (et nous, à nous embrouiller) : une jeune fille assassinée et aux parties génitales violemment mutilées, une petite fille disparue, un jeune médecin ambitieux dont personne ne semble vouloir prendre les théories au sérieux (Freud), une médium qui enchaîne les crises d’hystérie non simulées et qui a des visions graphiques et fort inconfortables (Fleur), un flic tourmenté par d’horribles souvenirs de guerre et mu par une soif de revanche des plus intenses (Kiss), le tout sur fond de tensions politiques entre l’Autriche et la Hongrie.

Trop, c’est trop. Toutefois, si vous aimez vous laisser porter dans un univers étrange sans trop savoir où on vous emmène, si vous fantasmez secrètement en imaginant un Sigmund Freud cocaïnomane agiter un pendule sans grande conviction, si vous n’avez pas peur des personnages de méchants un brin carcaturaux, si vous êtes féru de récits de faits divers glauques situés dans un cadre historique, mais qui ne respectent pas forcément les événements historiques et qui mélangent indistinctement le vrai du faux pour former une sorte de gloubiboulga un poil indigeste, mais dont la lourdeur visuelle pourrait passer pour quelque chose de simplement baroque sur un malentendu… Alors, cette série est certainement faite pour vous.

Why Women Kill sur M6: que vaut la nouvelle série du créateur de Desperate Housewives ?

Après « Desperate Housewives » et « Devious Maids », Marc Cherry est de retour sur M6 ce jeudi avec « Why Women Kill », une série sur trois femmes prêtes à en découdre après les infidélités de leurs maris à trois époques différentes. Vaut-elle le détour ?

De quoi ça parle ?

Les vies de trois femmes vivant à trois époques différentes alors qu’elles font face à l’infidélité dans leur mariage respectif. Si le rôle des femmes a évolué dans la société, leur réaction est toujours la même : un profond désir de vengeance. Dans les années 60, Beth Ann, femme au foyer, attend sagement son mari le soir alors qu’il la trompe avec une serveuse. Dans les années 80, Simone, une working girl, découvre que son mari la trompe… avec un homme. De nos jours, Taylor, bisexuelle, s’essaye au couple libre non sans difficultés…

Créée par Marc Cherry (Desperate Housewives, Devious Maids, American Beauty). Réalisée par Marc Webb (500 jours ensemble, The Amazing Spider-Man).

Tous les jeudis soirs sur M6. 10 épisodes vus sur 10.

A quoi ça ressemble ?
Why Women Kill - saison 1 Bande-annonce VF

C’est avec qui ?

Après Marcia Cross, Teri Hatcher, Felicity Huffman et Eva Longoria, Marc Cherry se devait de frapper fort. Et c’est sur deux bonnes actrices, qui sortent de près d’une décennie sur la même série, qu’il a mis son grappin : d’abord Lucy Liu, la Watson d’Elementary et Ling d’Ally McBeal, vue au cinéma dans Charlie’s Angels; ainsi que Ginnifer Goodwin, la Blanche Neige de Once Upon A Time, révélée en épouse mormone dans Big Love sur HBO. La 3e femme de la bande est une jeune révélation. Très demandée, Kirby Howell-Baptiste s’est faite remarquer dans The Good Place et Killing Eve, et vient d’apparaître dans la saison 4 de Veronica Mars. A ses côtés, Alexandra Daddario, star des films Percy Jackson, San Andreas et Baywatch, passée par la case True Detective en télé.Chez les hommes adultères, on retrouve Sam Jaeger, le papa parfait de Parenthood, croisé dans la saison 3 de The Handmaid’s Tale; l’anglais Jack Davenport, vu dans Smash et Flash Forward; et Reid Scott, qui sort tout juste de sept ans dans Veep.

ça vaut le coup d’oeil ?

Desperate Housewives vous manque ? Les rediffusions en boucle sur M6  -en ce moment même- vous lassent ? Why Women Kill a clairement été conçue pour vous combler. Elle saura assurément répondre à vos désirs de plaisirs coupables, comme l’avait déjà fait en son temps l’autre succulente série de Marc Cherry trop sous-estimée, Devious Maids. Il va sans dire que ceux qui n’accrochent pas à cet univers entre la fable et la farce n’y trouveront à nouveau pas leur compte. Dès le générique façon bande dessinée, il ne fait aucun doute que Wisteria Lane et ses femmes au foyer désespérées ne sont pas loin.

Si l’action se situe à Pasadena en Californie, le petit quartier américain caractéristique qui sert de lieu à l’action en est une copie conforme, voisins (trop) curieux compris. La différence majeure, c’est que les trois héroïnes ne se croiseront (presque) jamais puisqu’elles vivent à trois époques différentes dans la même demeure luxueuse. Les transitions entre les périodes sont d’ailleurs mises en scène avec fluidité. Les petites musiques typiques de Desperate Housewives sont de retour, pour nous indiquer en toute subtilité quand on doit se marrer et quand on doit être attendri. 15 ans ont passé mais il faut reconnaître à cette recette de n’avoir pas perdu en efficacité, elle ne nous émerveille juste plus autant. A noter que grâce à une diffusion sur la plateforme de streaming CBS All Access aux Etats-Unis, la série peut se permettre d’aller un peu plus loin que sur une chaîne traditionnelle. Les « fuck » sont donc au rendez-vous, mais la nudité reste très légère en revanche.

Là où Desperate avait du mal à tenir sur la longueur, Why Women Kill bénéficie d’une narration resserrée sur 10 épisodes. On sent que les scénaristes savent très exactement où ils vont, sans trop de gras et de sous-intrigues inutiles, quoique les passages d’interviews façon Modern Family ne semblent pas primordiaux. En filigrane, derrière les dialogues ciselés et les rebondissements bien ficelés, la série tente de dépeindre l’évolution de la condition féminine des années 60 à nos jours, en dépassant les clichés. Mais c’est bien le mystère qui nous tient en haleine tout du long : comment ces femmes qui n’ont pas l’air d’être des psychopathes en puissance vont se retrouver à tuer leurs maris, tôt ou tard ? La réponse s’avère plus complexe et plus inattendue que prévu.

On ne peut que saluer les prestations des actrices, à commencer par celle de Lucy Liu, qui semble tout droit sortie de Dynastie -la version originale- et qui nous régale de piques bien senties dont Marc Cherry a le secret. L’actrice semble s’éclater, loin du format corseté d’Elementary. Son intrigue lorgne en revanche un peu trop du côté de Gaby et du jardinier. Le sentiment de déjà vu est inévitable. Ginnifer Goodwin, en pré-Bree Van De Kamp, offre la performance la plus émouvante  avec une intrigue plus classique mais qui devrait nous réserver de belles surprises. Le personnage nous montre dès la fin du pilote qu’il est prêt à en découdre avec le patriarcat ! En ce qui concerne la 3e héroine, moderne et bisexuelle, on est un peu plus perplexe mais elle a le mérite de ne pas aller exactement là où on l’attend malgré une mise en place un peu ronflante.

Why Women Kill a donc beaucoup de fun à revendre, un charme indéniable, un équilibre entre drame et comédie trouvé, et un léger parfum de scandale qui ne peut que donner envie de la dévorer. Restez bien jusqu’au bout, le dernier épisode est un petit bijou de mise en scène !

Bloodride une anthologie d’horreur / Netflix

Une anthologie d’horreur norvégienne ? On peut dire que Netflix a le don pour dénicher les projets les plus inattendus. Pour autant cette randonnée sanglante tient-elle toutes ses promesses ?

Composée de six épisodes entièrement indépendants, l’anthologie propose une compilation de petites histoires courtes, pas plus d’une demi-heure par episodes, à la qualité inégale mais qui demeure toujours assez jouissive à regarder, à condition d’aimer l’horreur bien sûr.

Une horreur qui reste tout de même assez gentille et propre malgré le titre évocateur, il n’y a pas tant de scènes gores. Le principe des épisodes repose sur un twist scénaristique final plus que sur la terreur pure. Un principe qui rappelle celui d’une autre anthologie célèbre, la quatrième dimension, mais bloodride n’a pas la prétention qualitative de cette dernière et se révèle être un honnête divertissement mais sans rien de plus.

Le cadre norvégien aurait mérité d’être vraiment mis en avant, en l’état les épisodes pourraient se dérouler n’importe où en Occident, c’est quand même dommage de ne pas mettre plus en avant les légendes de ce grand pays nordique possédant une Histoire riche.

Les deux premiers épisodes sont aussi les moins mémorables, surtout la deuxième avec ce twist vu et revu. Le troisième récit reste la proposition la plus audacieuse tandis que celui sur les rats de laboratoire reste plaisante si l’on parvient à faire abstraction des nombreuses incohérences. Les deux dernières histoires sont prévisibles mais suffisamment distrayantes pour oublier le manque d’originalité.

En ces temps d’incertitudes où beaucoup d’entre nous sont cloîtrés chez eux cette anthologie pourrait faire passer le temps à ceux qui trouvent le temps long. Cependant on peut regretter l’absence de prise de risque et le côté aseptisé de l’ensemble.

Note: 6/10

Depuis 2020 / Epouvante-horreur
Nationalité Norvège

Aj and the queen saison 1

Synopsis : Ruby Red, célèbre drag queen New-yorkaise, s’apprête à réaliser son rêve ouvrir son propre bar mais rien ne va se passer comme prévu et il va bientôt se retrouver sur les routes dans son vieux camping car avec un passager clandestins.

Basé sur le thème bien connue du duo improbable la série de la star des drag queen américaines offre un show plaisant et flamboyant.

Précisons d’emblée que le show n’offre pas grand chose d’original, mis à part une plongée dans l’univers drag la série valide toutes les balises de ce genre de série. Un duo improbable d’étrangers qui n’ont rien à faire ensemble et qui embarquent pour un road trip haut en couleur c’est un pitch que l’on retrouve dans nombre de films. C’est même un genre à part dans le cinéma hollywoodien, le buddy movie. Ajoutons à cela un ton naïf qui va en repousser certains et un nombre d’incohérences qui s’accumulent d’épisodes en épisodes on pourrait penser que l’on fait face à un nouveau programme Netflix bancal et oubliable comme la plateforme en sort une dizaine par mois.

Mais il n’en est rien la série fonctionne malgré, ou grâce à, ses défauts. Le duo formé par AJ et Robert nous offre de bons moments de complicité et de scènes burlesques qui nécessitent une suspension de crédibilité de la part du spectateur pour être apprécié pour ceux qu’elles sont, de purs moments de comédie où RuPaul déploie tout son talent de performeur. Le ton est volontairement naïf, les bons sentiments sont légion et les situations se règlent un peu trop facilement mais le but de la série est d’apporter des paillettes, rouges de préférence, dans les yeux des spectateurs et non de brosser un portrait réaliste de l’Amérique profonde.

Un duo qui trouve rapidement son rythme

Chaque épisode est l’occasion de découvrir un aspect du monde des drags queen, les représentations dans les bars miteux, la concurrence entre drags, mais aussi l’entraide et même les concours de beauté. RuPaul offre une prestation unique à chaque épisode, mention spéciale à l’infirmière antillaise, et nous montre ainsi que l’univers des drags n’est pas uniquement composé de glamour et de play-back maîtrisé.

Les performances de RuPaul sont souvent bluffantes

Les seconds rôles trouvent également leurs places entre deux prestations de la divine Ruby Red. Damien, l’escroc pas si cupide, régalera les yeux des téléspectatrices mais pas uniquement. La perfide Danger tient le rôle de la garce flamboyante et Louis, le colocataire aveugle de Robert, aura l’occasion de prouver qu’il n’est pas qu’un ressort comique.

Le reste du casting qui tient la route

La série aurait gagné à soutenir un rythme plus resserré, mais c’est un reproche que l’on pourrait faire à nombre de série Netflix, mais elle offre un divertissement léger et émouvant pour tous ceux qui sont prêts à grimper dans un camping qui affiche six zéros à son kilométrage.

Depuis 2020 / 60min / ComédieDe RuPaulMichael Patrick KingAvec RuPaulIzzy G.Michael-Leon WooleyNationalité U.S.A.

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