CRITIQUE SÉRIE : SNOWPIERCER (ÉPISODES 01 & 02) SUR NETFLIX

Salut à tous ! Nouvelle critique où je donne mon avis sur les deux premiers épisodes de snowpiercer avec Jennifer Connelly (Melanie Cavill), Daveed Diggs (Andre Layton) sur Netflix J’espère que la vidéo vous plaira ! Si c’est le cas, LIKEZ, COMMENTEZ et PARTAGEZ svp !! ❤️ Et bien sûr… ABONNEZ-VOUS ! 😁🔥🔥

Hightown sur StarzPlay : que vaut le polar avec Monica Raymund (Chicago Fire) ?

La série « Hightown », avec Monica Raymund (« Chicago Fire »), James Badge Dale (« 24 »), et Amaury Nolasco (« Prison Break ») débute aujourd’hui sur StarzPlay. Ce polar sur fond de crise des opioïdes, produit par Jerry Bruckheimer, vaut-il le détour ?

De quoi ça parle ?

Jackie Quiñones, agent du Service National des Pêches Maritimes qui aime un peu trop faire la fête et se fout des conventions, voit sa vie bousculée lorsqu’elle découvre sur la plage le corps d’une jeune femme dont le meurtre semble lié à l’épidémie d’opioïdes qui sévit à Cape Cod. Elle va alors se mettre en tête de résoudre cette affaire mais va rapidement s’opposer au sergent Ray Abruzzo, un membre rustre mais efficace de l’Unité Antidrogue qui se montre réticent à l’idée de collaborer avec elle. Ce désaccord, et son obsession pour la vérité, vont alors mettre en péril le chemin vers la sobriété de Jackie et faire ressurgir ses vieux démons…

Dès le 17 mai sur Starzplay au rythme d’un épisode par semaine. 4 épisodes vus sur 8.

À quoi ça ressemble ?
Hightown - saison 1 Teaser VOST

C’est avec qui ?

Deux ans après son départ de Chicago Fire, dans laquelle elle incarnait Gabriela Dawson, Monica Raymund, également connue pour ses participations à Lie to Me et The Good Wife, revient à la télévision dans un registre très différent – le polar réaliste et sans fard. Elle interprète Jackie Quiñones, un agent fédéral en charge du contrôle des activités de pêche qui se retrouve impliquée dans une affaire de meurtre qui la dépasse, et porte pour la première fois une série sur ses épaules. Face à elle, c’est James Badge Dale, vu dans 24 heures chrono et Rubicon, qui campe Ray Abuzzo, un inspecteur de l’Unité Antidrogue de la police de Provincetown, qui se perd dans l’enquête et ne prend pas Jackie au sérieux.

Ça vaut le coup d’oeil ?

Dans l’univers des séries policières et autres « crime dramas » portés de plus en plus par des figures de flics pourris, abîmés par la vie, ou opérant tout simplement en dehors des lignes, Hightown et son héroïne, Jackie Quiñones, font office de bulle d’oxygène bienvenue. Dans quasiment tous les autres exemples du genre, en effet, le flic « antihéros » en question est un homme. Alors lui préférer une femme d’une trentaine d’années, lesbienne qui plus est, accro à l’alcool, à la drogue et aux femmes, et qui n’est pas considérée comme une « vraie flic » car son boulot consiste à mettre fin aux pratiques de pêche excessive, apparaît comme un très bonne idée de la part de la créatrice de la série, Rebecca Cutter. D’autant plus que dès le premier épisode, il devient vite évident que Jackie est l’âme et le coeur palpitant de ce polar qui, derrière une enquête policière plutôt classique, puise sa force dans ses personnages et dans la peinture réaliste et alarmante qu’elle dessine d’une Amérique en proie à la crise des opioïdes (50 000 personnes meurent chaque année aux États-Unis depuis 2015 d’une overdose d’opioïdes, tels que le Percocet, le Vicodin, l’oxycodone, ou encore le fentanyl).

 

Tout commence lorsque Jackie, qui vient de passer la nuit avec une touriste de plus sur qui son badge d’agent fédéral a fait son effet, et tente de faire passer une méchante gueule de bois, trouve le corps sans vie d’une jeune femme sur la plage. Ray Abruzzo, en charge de l’enquête, fait tout de suite le lien avec Frankie Cuevas, un dealeur influent qu’il a réussi à mettre derrière les barreaux, puisque la victime lui servait d’indic pour faire tomber le réseau de Cuevas. Mais pour le téléspectateur, l’identité du meurtrier n’est de toute façon pas un mystère. Car Hightown n’est pas vraiment un « whodunit » dans le sens propre du terme. Cette affaire de meurtre, et ses nombreuses ramifications, ne sont qu »une manière de s’intéresser aux ravages de la drogue sur la région de Cape Cod et sur la petite ville côtière de Provincetown, qui vit de la pêche et du tourisme, puisqu’elle est l’une des destinations de vacances les plus prisées de la communauté LGBTQ. Et en parallèle à la tentative de « rédemption » de Jackie qui, tout en essayant de se débarrasser de ses addictions, se met en tête de résoudre cette enquête pour prouver aux autres – et se prouver à elle-même – qu’elle est une vraie flic.

Si Hightown n’a ni le brio, ni l’ambition quasi journalistique d’un The Wire, la série parvient au final à se démarquer des nombreux derniers polars en date grâce à son cadre peu exploré en fiction et à ses personnages solidement écrits, qui doivent également beaucoup à leurs interprètes. Une jolie brochette de comédiens dont se démarquent notamment Riley Voelkel, étonnante en épouse stripteaseuse de Cuevas qui se retrouve dans le collimateur de Ray, Shane Harper, et Mike Pniewski dans le rôle de Ed, le collègue et père de substitution de Jackie. Mais c’est évidemment Monica Raymund, tout simplement exceptionnelle, autant dans les up que les down de Jackie, qui fait qu’Hightown mérite vraiment qu’on s’y intéresse. On croit à cette héroïne cynique et excessive dès sa première apparition à l’écran et, malgré le rythme parfois un peu trop lent de l’ensemble, on a envie de la suivre jusqu’au bout de cette nouvelle obsession pour la vérité, qui pourrait bien n’être qu’une manifestation de plus de son côté addict.

Michael Jordan sur Netflix : pourquoi voir la série The Last Dance ?

La série « The Last Dance », centrée sur la saison 97-98 des Bulls, livre un portrait passionnant de son légendaire N°23, Michael Jordan. Désormais complet et disponible en intégralité, le programme documentaire est l’un des incontournables de Netflix.

De quoi ça parle ?

A travers des images d’archives inédites, cette série documentaire en dix épisodes suit de l’intérieur la saison 1997-1998 de Michael Jordan et des Chicago Bulls en route vers leur sixième titre en huit ans, et propose un portrait sportif et intime de celui qui est toujours considéré comme le plus grand basketteur de tous les temps.

The Last Dance – 10 épisodes disponibles sur Netflix

The Last Dance - saison 1 Teaser VO

Etre ou ne pas être « Like Mike »

Lancée au mois d’avril, en plein confinement lié à la pandémie du COVID-19, alors que tous les championnats sont à l’arrêt, The Last Dance devient immédiatement un véritable phénomène, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde. Notamment en France où la série-documentaire truste le top Netflix chaque semaine, fait inédit pour une plateforme plus plébiscitée pour ses films et séries que pour ses shows sportifs. Le programme passionne. Les fidèles de NBA comme les nostalgiques de l’ère Jordan mais aussi, plus surprenant, les néophytes du basket US ainsi qu’une nouvelle génération qui découvre Michael Jordan comme When We Were Kings mit en lumière la personnalité de Muhammad Ali ou Les Yeux dans les Bleus la méthode Aimé Jacquet.

Car The Last Dance va bien au-delà des enjeux sportifs liés à la balle orange et à la dynastie des Bulls. Et explore de nombreuses questions qui dépassent le cadre des parquets. Qu’est-ce qui motive un champion ? Quels sont les ressorts intimes qui poussent ceux qui ont déjà tout gagné à remettre leur maillot pour une dernière saison ? Que se passe t-il dans les vestiaires, dans le bus, dans l’avion ou à l’hôtel une fois que le buzzer a retenti ? A quels sacrifices doit-on consentir pour dominer sa discipline ? Et surtout, qui est l’homme derrière l’icône, prisonnier d’un piédestal qu’il chérit autant qu’il le déteste ?

ESPN
Pippen & Jordan, alias Robin & Batman, sur le banc des Bulls

Cette « dernière danse » dans laquelle les Jordan, Pippen, Rodman, Kukoc, Kerr, Longley, Wennington, Burrell, Buechler, Harper et leur entraîneur Phil Jackson s’engagent, est celle de la saison 1997-1998. L’année du second Three-Peat, exploit rarissime consistant à remporter trois championnats d’affilée, comme les Bulls l’avaient déjà fait de 1991 à 1993.

A travers les témoignages des joueurs, de leur staff, de leurs adversaires, des journalistes et de proches, illustrées par 500 heures d’images inédites longtemps gardées verrouillées par « MJ », on assiste durant dix épisodes, émaillés de flashbasks toujours pertinents et éclairants, aux drames sportifs, humains mais aussi financiers qui se jouent loin des caméras officielles. Les personnages, pourtant réels, sont immenses. Du « mâle alpha » Jordan au déjanté Rodman en passant par le lieutenant sous-payé Pippen et son meilleur ennemi, le General Manager Jerry Krause, nemesis quasi-shakespearien méprisé par les joueurs.

On découvre un numéro 23 tyrannique et trash-talker, parfois harceleur et violent pour pousser ses coéquipiers, accro à la compétition et aux paris, toujours en quête d’un ennemi, réel ou imaginaire, susceptible de le motiver et de le transcender. On découvre aussi sa sueur, ses efforts, ses sacrifices, ses larmes, son déchirement après l’assassinat de son père en 1993. On découvre enfin les coulisses du pari Nike Air Jordan, de l’aventure Barcelone 92, de la parenthèse baseball, du tournage de Space Jam qui sert surtout de stage de remise en forme et de recrutement à Jordan avant la saison historique 1995-1996…

On découvre enfin, et surtout, comment un gamin de Caroline du Nord, écarté par l’équipe de son collège à ses débuts (!), s’est hissé au sommet, devenant à la fois champion, marque, businessman, icône et modèle, au prix d’une pression et d’une solitude insoutenables pour le commun des mortels. Être ou ne pas être « Like Mike », telle est la question.

I Know This Much Is True (OCS) : que vaut la mini-série sordide avec l’Avenger Mark Ruffalo ?

Diffusée sur OCS dès le 11 mai, I Know This Much Is True met en scène Mark Ruffalo dans la peau de jumeaux au passé trouble. Cette série tragique et sombre, adaptée d’un best-seller, vaut-elle le coup d’œil ?

DE QUOI ÇA PARLE ?

Le destin de deux frères jumeaux, Dominick et Thomas Birdsey, dans l’Amérique de la seconde moitié du XXème siècle.

I Know This Much Is True est en diffusion en US+24 sur OCS en France à partir du 11 mai. 6 épisodes vus sur 6.

ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
I Know This Much Is True - saison 1 Bande-annonce VOST

ÇA VAUT LE COUP D’ŒIL ?

Adaptation du best-seller du même nom de Wally Lamb, publié en 1998 et présenté au Book Club d’Oprah Winfrey, I Know This Much Is True est la nouvelle mini-série HBO portée par Mark Ruffalo, qui campe Dominick et Thomas Birdsey, des jumeaux brisés par la vie. Toute sa vie, Dominick a tout fait pour aider son frère schizophrène tout en gérant ses propres problèmes personnels. Peu avant la mort de leur mère atteinte d’un cancer, Dominick récupère les mémoires de leur mystérieux grand-père italien. Lorsque Thomas, en pleine crise, se coupe la main droite en sacrifice pour mettre fin à la guerre du Golfe, Dominick se décide enfin à faire traduire le manuscrit du grand-père. Cette décision va bouleverser leurs vies et Dominick va alors faire un véritable travail d’introspection douloureux mais nécessaire.

La série, très sombre, aborde diverses thématiques autour de cette histoire tragique, telles que la maladie, la perte d’êtres chers, les violences conjugales et les secrets familiaux qui refont surface. Il est parfois difficile de s’y retrouver avec les nombreux flashbacks, qui amènent des éléments de réponse et renforcent la lourdeur du poids du passé, mais la construction narrative s’améliore et prend véritablement forme au fur et à mesure des épisodes. Sa mise en scène longue et plombante est à la fois une force pour la série dans les scènes de flashbacks mais souvent une faiblesse dans les dialogues car la série est une longue suite de « conversations avec Mark Ruffalo ». En effet, I Know This Much Is True repose beaucoup sur son acteur principal. Ce dernier porte la série sur ses épaules comme un poids très lourd à l’image de l’histoire sordide et tragique de ces jumeaux à la relation décousue au premier abord mais pourtant très solide, en témoigne le premier épisode où Dominic respecte le choix de Thomas lorsqu’il se coupe la main.

 

L’introspection de Dominick est intéressante et bouleversante mais on aurait aimé avoir un peu plus d’indices convaincants et percutants sur les traumatismes familiaux plus lointains et l’histoire du grand-père italien terrifiant parsemés dans les épisodes. Les premiers éléments de réponse n’apparaissent que dans la deuxième moitié de la série avec la réapparition magique du manuscrit traduit des mémoires du grand-père qui peine de surcroit à apporter de vraies révélations fracassantes. Là où I Know This Much Is True frappe fort c’est dans sa capacité à capter l’essence puissante et émouvante de la fragilité de cette jumélité en constante évolution et prétendument maudite en conséquence des actions des anciennes générations. Si la série ne se risque pas assez à approfondir la maladie mentale de Thomas, elle montre parfaitement les conséquences de celle-ci sur la relation entre Thomas et Dominick.

On ne peut s’empêcher de ressentir une profonde empathie pour Dominick qui essaie tant bien que mal de venir en aide à son frère et de gérer les souffrances du passé qui reviennent le hanter. La mise en scène criante de vérité, profonde et très (trop ?) intimiste du showrunner Derek Cianfrance (Blue Valentine, The Place Beyond The Pines) est un crève-coeur à regarder et à ressentir. Les épreuves traversées par les jumeaux sont cruelles et il est difficile de ne pas être pris d’une grande tristesse face au désespoir banal et obscur des personnages. Il vaut mieux ne pas binge-watcher cette mini-série mais plutôt prendre son temps pour la regarder et la digérer pour mieux apprécier toutes les émotions qui s’en dégagent. Malgré quelques défauts de structure et des épisodes souvent trop longs, I Know This Much Is True est un bon cru pour HBO porté par un Mark Ruffalo magistral, une mise en scène pointue et une photographie délicate.

Defending Jacob : le thriller haut de gamme par Apple TV+

Chris Evans défend son fils accusé de meurtre dans cette mini-série Apple.

Le pitch

Procureur adjoint d’une petite ville du Massachusetts, Andy Barber est confronté à un terrible dilemme lorsque son propre fils de 14 ans est accusé du meurtre d’un camarade de classe. Alors qu’il tente d’innocenter son garçon, le procureur découvre certains secrets, qui sèment le doute. Acculé, quel choix fera-t-il face à cet insoluble dilemme entre son devoir de défendre la justice et son amour inconditionnel pour son enfant ?

La critique

Les débuts de Defending Jacob sont encourageants, même si déjà vus : la série traverse tous les passages obligés du polar et ses scènes clés depuis la découverte du corps jusqu’aux scènes les plus procédurales. Chris Evans est réellement le pilier de tout le récit dans son rôle de procureur qui subit pour la première fois un processus qu’il connait par coeur. Defendind Jecob propose donc de premiers épisodes efficaces, qui même s’ils reposent sur des poncifs, présentent un concept émotionnel fort, celui du doute s’immisçant dans l’esprit de ces parents. La série s’intéresse donc à l’origine du mal comme a pu le faire Mindhunter dans l’une de ses sous-intrigues en saison 2.

La mise en scène de Defending Jacob coche aussi elle toutes les cases du polar de prestige télévisuel : si la réalisation reste dans la retenue, comparée par exemple à The Night Of ou The Outsider, la photographie semble surjouer sa morosité avec des couleurs volontairement ternes et une lumière constamment sous-exposée. Morten Tyldum, réalisateur de The Imitation Game, ne choisit pas la voie du spectaculaire et propose une oeuvre visuellement convaincante, mais au style très codifié et donc sans vraiment de surprise.

Comme bon nombre de polars modernes, Defending Jacob n’est pas qu’un simple whodunnit (pour “Who [has] done it?“), mais plutôt un “Did he do it?”, la série s’efforçant de lancer des pistes contradictoires de manière régulière pour laisser planer le doute. Mais en étirant son récit sur 8 épisodes, cette mécanique narrative l’empêche paradoxalement de creuser ses personnages. Et c’est là le vrai problème : aussi convaincante puisse-t-elle être dans son exécution, on se demande constamment pendant son visionnage si un film n’aurait-il pas suffit. Car sa longueur dessert totalement son efficacité thématique en proposant pourtant des questionnements intéressants sur l’impact de la génétique sur le comportement, les déviances d’internet pour toute une génération ou encore les limites de la responsabilité parentale dans des situations extrêmes. Mais tous ces sujets sont abordés en surface malgré la longueur de la série.

Davantage un film de 7h qu’une oeuvre serialisée, Defending Jacob reste une intrigue à mystère qui tient en haleine et plutôt généreuse en twists. Cependant, elle n’arrive pas à trouver sa propre voie dans le genre très concurrentiel des thrillers de prestige trusté par HBO.

Into the night (Netflix) : que vaut la série apocalyptique belge ?

Un soleil qui tue, les passagers d’un avion qui le fuit… un survival apocalyptique qui vaut le détour ?

De quoi ça parle ?

Lorsque le soleil commence soudain à tout tuer sur son chemin, les passagers d’un vol de nuit en partance de Bruxelles tentent de survivre par tous les moyens, coincés dans un avion condamné à faire le tour de la Terre…

Disponible sur Netflix.

Into The Night - saison 1 Bande-annonce VF

C’est avec qui ?

Servie par une distribution internationale francophone, Into the night peut notamment compter sur les talents des Belges Pauline Etienne, remarquée notamment dans La Religieuse, la série Ennemi Public et présente dans deux saisons du Bureau des légendes; Laurent Capelluto, vu dans Zone Blanche; Astrid Whettnall, inconditonnelle alliée du héros de Baron Noir; et Jan Bijvoet croisé dans Peaky Blinders. On retrouve également la Française Alba Gaïa Bellugi, révélée dans 3X Manon, sa suite Manon 20 ans et vue récemment dans Une île; le Turc Mehmet Kurtulus; l’Italien Stefano Cassetti et bien d’autres.

ça vaut le coup d’oeil ?

Pour sa toute première création originale belge, Netflix n’a pas choisi la facilité avec Into the Night, série de science-fiction apocalyptique façon survival au pitch extrêmement accrocheur, qui doit donc à la fois surprendre, tenir la route visuellement et tenir la distance aussi une fois les enjeux posés. En choisissant un format de 6 épisodes de 40 minutes, c’est de toute évidence l’efficacité qui a été privilégiée, quitte à faire l’impasse sur la vraisemblance et l’écriture des personnages. On comprend ainsi assez rapidement qu’il ne faudra pas chercher ici un sous-texte philosophique et politique, ni une étude sociologique et encore moins une vérité scientifique. La série s’impose en divertissement captivant où tout va à 100 l’heure.

Le premier épisode est déstabilisant à deux égards : on a d’abord assez peu l’habitude que ce genre soit exploré dans les fictions de nos contrées, il faut donc accepter que nos moyens modestes ne permettent pas de rivaliser avec ceux des américains et qu’Into the Night, tournée entre la Belgique, la Bulgarie et les Pays-Bas, aura un aspect légèrement cheap, ce qui est compensé par le fait qu’il s’agit à 80% du temps d’un huis clos dans l’avion; ensuite, écrite en anglais puis adaptée en français, elle souffre de dialogues peu naturels, avec lesquels des acteurs dont le français n’est pas toujours la langue d’origine doivent se débrouiller comme ils peuvent. Il faut donc composer avec des jeux approximatifs et des phrases pas toujours compréhensibles. Ce problème a toutefois tendance à s’effacer à mesure que les comédiens prennent pleine possession de leurs personnages, des comédiens par ailleurs tous plutôt bons individuellement, comme on a pu le constater dans leurs projets précédents. La cohésion de groupe se fait petit à petit.

Une fois tout cela digéré, Into the Night vous attrappe et ne vous lâche plus grâce à son rythme effrené, sa mise en scène redoutable d’efficacité, ses rebondissements et cliffhangers bien pensés, ses personnages dont le sort nous importe finalement véritablement, jusqu’à une dernière scène qui donne furieusement envie d’une saison 2 puisque l’aventure ne semble que commencer. Cette série aurait pu être une catastrophe, elle déjoue les pronostics en jouant la carte de la modestie et du divertissement à tout prix. Elle aurait sans aucun doute eu sa place sur une grande chaîne en prime-time.