Curon saison un sur Netflix, sale ambiance en Italie du nord

Synopsis: Une femme retourne dans son village pour la première fois depuis 17 ans. Mais lorsqu’elle disparaît mystérieusement, ses enfants doivent affronter un sombre héritage.

Un village reculé, un lac artificiel recouvrant un ancien village dont seul le clocher de l’église reste visible, une forêt mystérieuse et un retour aux sources qui n’annonce pas que du bon il n’en fallait pas plus pour me convaincre de jeter un œil sur la nouvelle série italienne de Netflix.

La série est une création du scénariste Ezio Abbate et du réalisateur Ivano Fachin, au casting on retrouve une majorité d’acteurs italiens à la carrière nationale, beaucoup de nouvelles têtes donc mais on pourra noter la présence de Valeria Bilello, vu dans la série sense 8, Luca Lionello, qui a joué dans la passion du Christ, ou encore Federico Russo, qui n’est autre que le présentateur de la version italienne de the voice.

Les acteurs s’en sortent bien dans l’ensemble

BUIO IN ITALIANO

La série a le mérite de poser une ambiance dès les premières minutes, aidée en cela par la géographie de la vallée où se situe l’action. Une lumière bleu-gris imprègne l’ensemble des sept épisodes, le clocher qui pointe au beau milieu du lac fait son petit effet également et le générique est plutôt réussi. Une ambiance qui ne sera pas sans rappeler les séries à grand mystère tel Twin peaks ou Dark pour rester dans le périmètre de Netflix. Le thème du double est omniprésent et sera au centre de cette première saison.

TEEN-SHOW OU AUTRE CHOSE

La comparaison s’arrête là cependant car installer une ambiance est une chose, en faire quelque chose de palpitant en est une autre. La série échoue à poser ses enjeux et préfère enchaîner les scènes de lycée prolongeant ainsi la malédiction des teen-show Netflix aussi intéressant que les conditions d’utilisation de Google. Il faut malheureusement attendre l’épisode quatre pour que l’histoire se lance enfin, soit la moitié de la saison, alors qu’entre-temps ni le passé du village, pourtant prometteur, ni les personnages ne sont suffisamment développés. Le casting s’avère convaincant mais il est difficile de faire croire à son personnage lorsque celui-ci n’est pas suffisamment écrit.

L’ambiance est là mais n’est jamais approfondi

MON DOUBLE ET MOI

L’histoire s’emballe durant les trois derniers épisodes, enchaînant aussi les facilités scénaristiques mais où moins la serie se montre enfin divertissante et esquisse même un début de réflexion sur le thème de l’identité, du refoulement, du moi et du surmoi mais tout cela reste esquissé en surface par manque de temps. Aussi prometteur et mystérieux que soit son thème, on regrette que le lac garde tous ses mystères à la fin du dernier épisode. Ce genre de série se doit d’avancer des pistes, amenant souvent à leur tour d’autres questions, pour maintenir l’attention du public mais la série a la caméra entre deux genres, la série a suspense et serie pour adolescents, et peine ainsi à convaincre qui que soit.

Nationalité Italie

Chaîne d’origine Netflix

Space Force : Steve Carell part en guerre des étoiles sur Netflix

Quand l’équipe derrière The Office satirise la politique américaine.

Le pitch

Le 18 juin 2018, le gouvernement fédéral annonce la création d’une 6e Division au sein des forces armées américaines. Son objectif : défendre les satellites contre des attaques et exécuter diverses opérations spatiales. Voici l’histoire des hommes et des femmes engagés dans cette aventure.

  • 10 x 30 minutes
  • Durée totale de visionnage : 5 heures

La critique

L’origine de Space Force nous vient d’une annonce de Donald Trump datant de 2018 : la création d’une « Space Force », qui agira en parallèle et sur un même pied d’égalité à l’Air Force. L’année suivante, Netflix révèle que Greg Daniels (co-créateur de The Office) et Steve Carell sont en train de travailler sur une nouvelle comédie basée sur cette 6ème division de l’armée américaine. Si l’annonce pouvait à l’époque faire sourire, est-ce qu’une série entière peut tenir la longueur sur ce même concept ?

Space Force se veut une comédie de bureau doublée d’une satire de la politique américaine. Si cette association peut potentiellement faire mouche, dans les faits la série peine à proposer des situations et dialogues réellement drôles. La faute à des gags poussifs et malheureusement poussés jusqu’au bout, générant un niveau de malaise incomparable avec l’humour cringe si particulier de The Office. On pense notamment à ce deuxième épisode qui étire un gag à la prémisse ridicule dont l’exécution montre l’étendue du budget de la série.

On rigole assez peu devant Space Force et pourtant, certaines situations et répliques nous laisse entrevoir un potentiel comique certain. La série est cependant sauvée par John Malkovich, qui élève le tout grâce à son jeu inimitable de scientifique sarcastique à l’élocution si particulière. Le duo qu’il forme avec Steve Carell fonctionne et nous offre une dynamique comique efficace au fil des épisodes.

Comme cela a été le cas pour The Office ou Parks & Recreation, on espère que Space Force est en période de rodage sur cette première saison. Si la série reste un divertissement honnête à la qualité de production incontestable, on s’attend rire davantage avec l’équipe qui nous a offert les 2 meilleures comédies de ces 15 dernières années. On garde espoir si Netflix décide de reconduire la série pour une nouvelle saison !

Netflix : «Kalifat», une série bouleversante aux portes de l’enfer

Entre Stockholm et la Syrie, la mini-série suédoise disponible sur Netflix s’intéresse à trois jeunes femmes liées à Daech. L’une vit à Raqua et ne pense qu’à fuir, l’autre rêve d’y partir et une jeune flic va tout faire pour les sauver.

 Une Suédoise Pervin (Gizem Erdogan) tente par tous les moyens de quitter Raqqa, le fief de l’organisation Etat islamique.

Trois femmes issues de l’immigration, trois destins, trois actrices remarquables. Elles sont les héroïnes de « Kalifat » une mini-série suédoise géniale et addictive qui vient de débarquer discrètement sur Netflix. De Stockholm, la capitale Suédoise, à Raqqa, fief de Daech en Syrie, la fiction nous plonge dans le quotidien de ces trois jeunes femmes que toute oppose.

Par amour, par croyance, Pervin, une Suédoise, a fui Stockholm et sa famille pour Raqqa. Depuis des mois, elle y vit un cauchemar. Loin des palaces et de la vie rêvée promise, son quotidien se résume à un appartement sordide où elle vit avec son mari djihadiste qu’elle comprend de moins en moins et leur petite fille de quelques mois. Son seul bonheur qui la raccroche à la vie et lui donne sa force. Pour elle, la jeune mère ne pense qu’à quitter cet enfer. Quand sa voisine, une Européenne comme elle, embarquée de force pour être mariée à un inconnu, lui glisse un téléphone portable, elle entrevoit une lumière d’espoir. Elle reprend contact avec la Suède.

Glaçant de réalisme

A l’autre bout du fil, Pervin va rencontrer Fatima, une enquêtrice de la police nationale cabossée par la vie et par ses supérieurs mais tenace. Elle lui confie qu’un attentat se prépare en Suède. Entre les deux femmes, une relation complexe et sous tension va se nouer en secret. Chacune a besoin de l’autre. Pervin pour rentrer en Suède, Fatima pour déjouer l’attentat.

Et puis il y a Sulle, une lycéenne musulmane de 17 ans peu pratiquante et heureuse adolescente jusqu’à ce que sa route croise un rabatteur et qu’elle tombe dans le piège de l’Islam radical…

« Kalifat » est une série dont on ne sort pas indemne. Elle est troublante tant elle est réaliste quand elle aborde l’endoctrinement et le fanatisme religieux, à l’instar d’« Un orthodox » qui nous plonge, elle, chez les juifs ultraorthodoxes. « Kalifat » nous entraîne dans les bas-fonds de l’islam intégriste, dans les rues poussiéreuses de Raqqa où débarquent des centaines d’Européens. Le réalisateur a su éviter les pièges du pathos et les leçons de morale inutiles. Ici tout semble vrai et c’est glaçant.

Trois héroïnes attachantes

Kalifat, c’est aussi un thriller psychologique et politique de très haute volée. Si les deux premiers épisodes peuvent sembler un peu longs, c’est pour mieux camper les personnages complexes et attachants, à commencer par les trois héroïnes. Et magistralement interprétés par les trois actrices. Après, tout va très vite et l’ensemble se dévore. L’enquête sur la préparation des attentats prend aux tripes, tout comme la radicalisation d’adolescentes… Une série à voir d’urgence.

Faut-il regarder Little Fires Everywhere sur Amazon Prime ?

Une étincelle suffit dans ce duel entre Reese Witherspoon et Kerry Washington.

Le pitch

Rues bien droites, pelouses au cordeau : rien ne dépasse. À Shaker Heights, banlieue huppée de Cleveland, tout est luxe, calme et sérénité… Dans ce tableau bourgeois, les Richardson ne détonnent pas. Père avocat. Quatre ados sans histoire. La famille modèle. Tout le contraire de leurs nouveaux locataires : Mia Warren, artiste photographe, anticonformiste et bohème à souhait, et sa fille Pearl. Elles sont aussi nomades que les Richardson sont sédentaires, aussi libres qu’ils sont prisonniers des apparences… Alors qu’au début la cohabitation semble plutôt chaleureuse, insensiblement, les rapports vont se crisper. La tension montera dangereusement… jusqu’à l’embrasement ?

  • 8 épisodes de 55 minutes
  • Durée totale de visionnage : 7 heures et 20 minutes

 

La critique

Difficile de ne pas penser à Big Little Lies pendant les premières minutes de Little Fires Everywhere : une petite communauté tranquille voit son quotidien bouleversé par l’arrivée d’une étrangère alors qu’un crime (cette fois incendiaire) ouvre l’histoire en guise de mystère sous-jacent. Reese Witherspoon incarne ici un rôle très similaire à la série de David E. Kelley en mère de famille modèle et control freak en puissance. La comparaison peut s’arrêter là puisque Little Fires Everywhere prend une tout autre direction en s’intéressant à deux femmes, et deux mères, que tout oppose.

Quand Elena (Witherspoon) accepte de louer à la nouvelle venue Mia (Kerry Washington) et sa fille Pearl (Lexi Underwood) un appartement dans la petite banlieue tranquille et huppée de Shaker Heights, les deux femmes vont tisser une relation sur le fil du rasoir. Mia est une mère célibataire noire, une artiste bohème au franc-parler déconcertant pour la petite bourgeoisie du quartier. Son rapport avec Elena, au début cordial à défaut d’être amical, va se transformer en subordination quand cette dernière lui proposera d’être sa maitresse de maison. Une certaine tension va se cristalliser, conditionnée par le racisme ordinaire sous-jacent d’une Elena qui ne voit aucun souci à proposer un poste de domestique à une femme noire qu’elle vient de rencontrer.

Avec la lutte de classe en toile de fond, on suit aussi les enfants de ces deux familles alors qu’ils seront confrontés à leurs propres privilèges. La montée en puissance du récit lui permet d’aborder de nombreux sujets, comme le privilège blanc, le déni de l’homosexualité dans la bourgeoisie ou encore la masculinité toxique. Le script très dense prend le risque de diluer son message dans un trop plein de lignes narratives. Au fil de la saison, on sent une intention d’asséner un message fort, malheureusement aux dépens de toute subtilité, ce qui fait passer la série dans la grandiloquence d’un soap opera, notamment lors des fins d’épisodes. C’est ce manque de finesse dans le discours qui peut rendre l’intrigue manichéenne dans sa confrontation entre riches et pauvres.

Et même si ce sentiment s’accentue sur les derniers épisodes, on reste conquis par Kerry Washington et Reese Witherspoon qui, à travers leur opposition, expriment leur vision de la maternité et de l’éducation de leurs enfants. Little Fires Everywhere est un véritable slow burn qui malgré des maladresses dans l’approche de son sujet, nous offre de vrais moments de tension.

CRITIQUE SÉRIE : SNOWPIERCER (ÉPISODES 01 & 02) SUR NETFLIX

Salut à tous ! Nouvelle critique où je donne mon avis sur les deux premiers épisodes de snowpiercer avec Jennifer Connelly (Melanie Cavill), Daveed Diggs (Andre Layton) sur Netflix J’espère que la vidéo vous plaira ! Si c’est le cas, LIKEZ, COMMENTEZ et PARTAGEZ svp !! ❤️ Et bien sûr… ABONNEZ-VOUS ! 😁🔥🔥

Hightown sur StarzPlay : que vaut le polar avec Monica Raymund (Chicago Fire) ?

La série « Hightown », avec Monica Raymund (« Chicago Fire »), James Badge Dale (« 24 »), et Amaury Nolasco (« Prison Break ») débute aujourd’hui sur StarzPlay. Ce polar sur fond de crise des opioïdes, produit par Jerry Bruckheimer, vaut-il le détour ?

De quoi ça parle ?

Jackie Quiñones, agent du Service National des Pêches Maritimes qui aime un peu trop faire la fête et se fout des conventions, voit sa vie bousculée lorsqu’elle découvre sur la plage le corps d’une jeune femme dont le meurtre semble lié à l’épidémie d’opioïdes qui sévit à Cape Cod. Elle va alors se mettre en tête de résoudre cette affaire mais va rapidement s’opposer au sergent Ray Abruzzo, un membre rustre mais efficace de l’Unité Antidrogue qui se montre réticent à l’idée de collaborer avec elle. Ce désaccord, et son obsession pour la vérité, vont alors mettre en péril le chemin vers la sobriété de Jackie et faire ressurgir ses vieux démons…

Dès le 17 mai sur Starzplay au rythme d’un épisode par semaine. 4 épisodes vus sur 8.

À quoi ça ressemble ?
Hightown - saison 1 Teaser VOST

C’est avec qui ?

Deux ans après son départ de Chicago Fire, dans laquelle elle incarnait Gabriela Dawson, Monica Raymund, également connue pour ses participations à Lie to Me et The Good Wife, revient à la télévision dans un registre très différent – le polar réaliste et sans fard. Elle interprète Jackie Quiñones, un agent fédéral en charge du contrôle des activités de pêche qui se retrouve impliquée dans une affaire de meurtre qui la dépasse, et porte pour la première fois une série sur ses épaules. Face à elle, c’est James Badge Dale, vu dans 24 heures chrono et Rubicon, qui campe Ray Abuzzo, un inspecteur de l’Unité Antidrogue de la police de Provincetown, qui se perd dans l’enquête et ne prend pas Jackie au sérieux.

Ça vaut le coup d’oeil ?

Dans l’univers des séries policières et autres « crime dramas » portés de plus en plus par des figures de flics pourris, abîmés par la vie, ou opérant tout simplement en dehors des lignes, Hightown et son héroïne, Jackie Quiñones, font office de bulle d’oxygène bienvenue. Dans quasiment tous les autres exemples du genre, en effet, le flic « antihéros » en question est un homme. Alors lui préférer une femme d’une trentaine d’années, lesbienne qui plus est, accro à l’alcool, à la drogue et aux femmes, et qui n’est pas considérée comme une « vraie flic » car son boulot consiste à mettre fin aux pratiques de pêche excessive, apparaît comme un très bonne idée de la part de la créatrice de la série, Rebecca Cutter. D’autant plus que dès le premier épisode, il devient vite évident que Jackie est l’âme et le coeur palpitant de ce polar qui, derrière une enquête policière plutôt classique, puise sa force dans ses personnages et dans la peinture réaliste et alarmante qu’elle dessine d’une Amérique en proie à la crise des opioïdes (50 000 personnes meurent chaque année aux États-Unis depuis 2015 d’une overdose d’opioïdes, tels que le Percocet, le Vicodin, l’oxycodone, ou encore le fentanyl).

 

Tout commence lorsque Jackie, qui vient de passer la nuit avec une touriste de plus sur qui son badge d’agent fédéral a fait son effet, et tente de faire passer une méchante gueule de bois, trouve le corps sans vie d’une jeune femme sur la plage. Ray Abruzzo, en charge de l’enquête, fait tout de suite le lien avec Frankie Cuevas, un dealeur influent qu’il a réussi à mettre derrière les barreaux, puisque la victime lui servait d’indic pour faire tomber le réseau de Cuevas. Mais pour le téléspectateur, l’identité du meurtrier n’est de toute façon pas un mystère. Car Hightown n’est pas vraiment un « whodunit » dans le sens propre du terme. Cette affaire de meurtre, et ses nombreuses ramifications, ne sont qu »une manière de s’intéresser aux ravages de la drogue sur la région de Cape Cod et sur la petite ville côtière de Provincetown, qui vit de la pêche et du tourisme, puisqu’elle est l’une des destinations de vacances les plus prisées de la communauté LGBTQ. Et en parallèle à la tentative de « rédemption » de Jackie qui, tout en essayant de se débarrasser de ses addictions, se met en tête de résoudre cette enquête pour prouver aux autres – et se prouver à elle-même – qu’elle est une vraie flic.

Si Hightown n’a ni le brio, ni l’ambition quasi journalistique d’un The Wire, la série parvient au final à se démarquer des nombreux derniers polars en date grâce à son cadre peu exploré en fiction et à ses personnages solidement écrits, qui doivent également beaucoup à leurs interprètes. Une jolie brochette de comédiens dont se démarquent notamment Riley Voelkel, étonnante en épouse stripteaseuse de Cuevas qui se retrouve dans le collimateur de Ray, Shane Harper, et Mike Pniewski dans le rôle de Ed, le collègue et père de substitution de Jackie. Mais c’est évidemment Monica Raymund, tout simplement exceptionnelle, autant dans les up que les down de Jackie, qui fait qu’Hightown mérite vraiment qu’on s’y intéresse. On croit à cette héroïne cynique et excessive dès sa première apparition à l’écran et, malgré le rythme parfois un peu trop lent de l’ensemble, on a envie de la suivre jusqu’au bout de cette nouvelle obsession pour la vérité, qui pourrait bien n’être qu’une manifestation de plus de son côté addict.

Michael Jordan sur Netflix : pourquoi voir la série The Last Dance ?

La série « The Last Dance », centrée sur la saison 97-98 des Bulls, livre un portrait passionnant de son légendaire N°23, Michael Jordan. Désormais complet et disponible en intégralité, le programme documentaire est l’un des incontournables de Netflix.

De quoi ça parle ?

A travers des images d’archives inédites, cette série documentaire en dix épisodes suit de l’intérieur la saison 1997-1998 de Michael Jordan et des Chicago Bulls en route vers leur sixième titre en huit ans, et propose un portrait sportif et intime de celui qui est toujours considéré comme le plus grand basketteur de tous les temps.

The Last Dance – 10 épisodes disponibles sur Netflix

The Last Dance - saison 1 Teaser VO

Etre ou ne pas être « Like Mike »

Lancée au mois d’avril, en plein confinement lié à la pandémie du COVID-19, alors que tous les championnats sont à l’arrêt, The Last Dance devient immédiatement un véritable phénomène, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde. Notamment en France où la série-documentaire truste le top Netflix chaque semaine, fait inédit pour une plateforme plus plébiscitée pour ses films et séries que pour ses shows sportifs. Le programme passionne. Les fidèles de NBA comme les nostalgiques de l’ère Jordan mais aussi, plus surprenant, les néophytes du basket US ainsi qu’une nouvelle génération qui découvre Michael Jordan comme When We Were Kings mit en lumière la personnalité de Muhammad Ali ou Les Yeux dans les Bleus la méthode Aimé Jacquet.

Car The Last Dance va bien au-delà des enjeux sportifs liés à la balle orange et à la dynastie des Bulls. Et explore de nombreuses questions qui dépassent le cadre des parquets. Qu’est-ce qui motive un champion ? Quels sont les ressorts intimes qui poussent ceux qui ont déjà tout gagné à remettre leur maillot pour une dernière saison ? Que se passe t-il dans les vestiaires, dans le bus, dans l’avion ou à l’hôtel une fois que le buzzer a retenti ? A quels sacrifices doit-on consentir pour dominer sa discipline ? Et surtout, qui est l’homme derrière l’icône, prisonnier d’un piédestal qu’il chérit autant qu’il le déteste ?

ESPN
Pippen & Jordan, alias Robin & Batman, sur le banc des Bulls

Cette « dernière danse » dans laquelle les Jordan, Pippen, Rodman, Kukoc, Kerr, Longley, Wennington, Burrell, Buechler, Harper et leur entraîneur Phil Jackson s’engagent, est celle de la saison 1997-1998. L’année du second Three-Peat, exploit rarissime consistant à remporter trois championnats d’affilée, comme les Bulls l’avaient déjà fait de 1991 à 1993.

A travers les témoignages des joueurs, de leur staff, de leurs adversaires, des journalistes et de proches, illustrées par 500 heures d’images inédites longtemps gardées verrouillées par « MJ », on assiste durant dix épisodes, émaillés de flashbasks toujours pertinents et éclairants, aux drames sportifs, humains mais aussi financiers qui se jouent loin des caméras officielles. Les personnages, pourtant réels, sont immenses. Du « mâle alpha » Jordan au déjanté Rodman en passant par le lieutenant sous-payé Pippen et son meilleur ennemi, le General Manager Jerry Krause, nemesis quasi-shakespearien méprisé par les joueurs.

On découvre un numéro 23 tyrannique et trash-talker, parfois harceleur et violent pour pousser ses coéquipiers, accro à la compétition et aux paris, toujours en quête d’un ennemi, réel ou imaginaire, susceptible de le motiver et de le transcender. On découvre aussi sa sueur, ses efforts, ses sacrifices, ses larmes, son déchirement après l’assassinat de son père en 1993. On découvre enfin les coulisses du pari Nike Air Jordan, de l’aventure Barcelone 92, de la parenthèse baseball, du tournage de Space Jam qui sert surtout de stage de remise en forme et de recrutement à Jordan avant la saison historique 1995-1996…

On découvre enfin, et surtout, comment un gamin de Caroline du Nord, écarté par l’équipe de son collège à ses débuts (!), s’est hissé au sommet, devenant à la fois champion, marque, businessman, icône et modèle, au prix d’une pression et d’une solitude insoutenables pour le commun des mortels. Être ou ne pas être « Like Mike », telle est la question.

I Know This Much Is True (OCS) : que vaut la mini-série sordide avec l’Avenger Mark Ruffalo ?

Diffusée sur OCS dès le 11 mai, I Know This Much Is True met en scène Mark Ruffalo dans la peau de jumeaux au passé trouble. Cette série tragique et sombre, adaptée d’un best-seller, vaut-elle le coup d’œil ?

DE QUOI ÇA PARLE ?

Le destin de deux frères jumeaux, Dominick et Thomas Birdsey, dans l’Amérique de la seconde moitié du XXème siècle.

I Know This Much Is True est en diffusion en US+24 sur OCS en France à partir du 11 mai. 6 épisodes vus sur 6.

ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
I Know This Much Is True - saison 1 Bande-annonce VOST

ÇA VAUT LE COUP D’ŒIL ?

Adaptation du best-seller du même nom de Wally Lamb, publié en 1998 et présenté au Book Club d’Oprah Winfrey, I Know This Much Is True est la nouvelle mini-série HBO portée par Mark Ruffalo, qui campe Dominick et Thomas Birdsey, des jumeaux brisés par la vie. Toute sa vie, Dominick a tout fait pour aider son frère schizophrène tout en gérant ses propres problèmes personnels. Peu avant la mort de leur mère atteinte d’un cancer, Dominick récupère les mémoires de leur mystérieux grand-père italien. Lorsque Thomas, en pleine crise, se coupe la main droite en sacrifice pour mettre fin à la guerre du Golfe, Dominick se décide enfin à faire traduire le manuscrit du grand-père. Cette décision va bouleverser leurs vies et Dominick va alors faire un véritable travail d’introspection douloureux mais nécessaire.

La série, très sombre, aborde diverses thématiques autour de cette histoire tragique, telles que la maladie, la perte d’êtres chers, les violences conjugales et les secrets familiaux qui refont surface. Il est parfois difficile de s’y retrouver avec les nombreux flashbacks, qui amènent des éléments de réponse et renforcent la lourdeur du poids du passé, mais la construction narrative s’améliore et prend véritablement forme au fur et à mesure des épisodes. Sa mise en scène longue et plombante est à la fois une force pour la série dans les scènes de flashbacks mais souvent une faiblesse dans les dialogues car la série est une longue suite de « conversations avec Mark Ruffalo ». En effet, I Know This Much Is True repose beaucoup sur son acteur principal. Ce dernier porte la série sur ses épaules comme un poids très lourd à l’image de l’histoire sordide et tragique de ces jumeaux à la relation décousue au premier abord mais pourtant très solide, en témoigne le premier épisode où Dominic respecte le choix de Thomas lorsqu’il se coupe la main.

 

L’introspection de Dominick est intéressante et bouleversante mais on aurait aimé avoir un peu plus d’indices convaincants et percutants sur les traumatismes familiaux plus lointains et l’histoire du grand-père italien terrifiant parsemés dans les épisodes. Les premiers éléments de réponse n’apparaissent que dans la deuxième moitié de la série avec la réapparition magique du manuscrit traduit des mémoires du grand-père qui peine de surcroit à apporter de vraies révélations fracassantes. Là où I Know This Much Is True frappe fort c’est dans sa capacité à capter l’essence puissante et émouvante de la fragilité de cette jumélité en constante évolution et prétendument maudite en conséquence des actions des anciennes générations. Si la série ne se risque pas assez à approfondir la maladie mentale de Thomas, elle montre parfaitement les conséquences de celle-ci sur la relation entre Thomas et Dominick.

On ne peut s’empêcher de ressentir une profonde empathie pour Dominick qui essaie tant bien que mal de venir en aide à son frère et de gérer les souffrances du passé qui reviennent le hanter. La mise en scène criante de vérité, profonde et très (trop ?) intimiste du showrunner Derek Cianfrance (Blue Valentine, The Place Beyond The Pines) est un crève-coeur à regarder et à ressentir. Les épreuves traversées par les jumeaux sont cruelles et il est difficile de ne pas être pris d’une grande tristesse face au désespoir banal et obscur des personnages. Il vaut mieux ne pas binge-watcher cette mini-série mais plutôt prendre son temps pour la regarder et la digérer pour mieux apprécier toutes les émotions qui s’en dégagent. Malgré quelques défauts de structure et des épisodes souvent trop longs, I Know This Much Is True est un bon cru pour HBO porté par un Mark Ruffalo magistral, une mise en scène pointue et une photographie délicate.