Les générations de Flavia Biondi, vibrant appel à l’acceptation de soi-même

Au travers du parcours du jeune Matteo la jeune artiste italienne Flavia Biondi opère une brillante analyse sur ce que signifie l’acceptation de soi-même et l’acceptation des autres.

Cette oeuvre touchante et sincère nous invite à suivre deux histoires, celle de Matteo d’abord, jeune homme perdu dans un monde où il ne se sent nulle part à sa place. Son retour dans sa ville natale après une rupture amoureuse résonne pour lui comme un échec. Alors qu’elle sera en fait l’occasion de renouer avec ses racines, ses proches et finalement avec lui-même. C’est au gré des rencontres qu’il va progressivement prendre conscience que faire son coming-out ce n’est pas seulement affirmé son identité sexuelle mais aussi accepter le regard des autres et ses racines.

Un retour à la maison difficile

La seconde histoire est celle de la famille de Matteo, les Vanni, personnages secondaires qui illuminent chacun à leurs façons cette tendre bande-dessiné. L’artiste parvient à faire vivre chacun des membres de cette famille qui s’aiment passionnément et se détestent avec tout autant de passion. Chacune des trois tantes de Matteo lui apporte quelque chose il partage une complicité évidente avec Tatie A., qui lui rappelle que la vie est aussi faite de légèreté et de rires comme lorsqu’il vivait à Milan. Sa tante C. , à travers son histoire déchirante, lui permet de lancer sa réflexion autour des liens familiaux et comment ceux-ci sont fondateurs de notre identité. Ce personnage est particulièrement réussi et offre l’un des passages le plus émouvant du récit. Quant à Tatie B., par son intransigeance et son intégrisme elle permet à Matteo de se confronter au monde qui l’effraie tant. Ce personnage est mon seul regret dans ma lecture, il aurait mérité d’être approfondi afin de faire craquer ce vernis de droiture et de colère qui semble cacher une profonde blessure.

Une famille unie malgré ses désaccords

Les dessins en noir et blanc sont d’une précision admirable, surtout sur les visages, et accompagnent le parcours du personnage principal. Des cases très resserrées au début qui nous transmettent la dépression de Matteo, son avenir incertain et son oisiveté. Puis à mesure qu’il s’ouvre au monde et aux autres, les cases s’aèrent et nous plongent dans cette campagne italienne que Matteo redécouvre. Ses escapades salvatrices illustrent ses réflexions sur lui-même, son parcours, sa relation avec son père et sa famille. Son cheminement intérieur est plaisant à suivre, agissant comme des interludes philosophiques qui peuvent se lire et se relire indépendamment et contibue à faire de lui un jeune homme en paix avec lui-même et les autres.

Je ne remercie jamais assez mon libraire de m’avoir fait découvrir cette oeuvre touchante et émouvante qui sera assurément l’un de mes coups de coeur de cette année.

Résumé : Après trois années passées à Milan, Matteo rentre au pays avec pas mal d’appréhension. Il faut dire que son départ, provoqué par son coming out et une violente dispute avec son père, ne s’était pas passé de la meilleure des manières. Vivre dans une métropole urbaine comme Milan a été pour le jeune homme un changement radical, une expérience libératrice, loin de l’étroitesse d’esprit de la petite ville où il avait grandi. Mais aujourd’hui, Matteo n’a plus le choix. Sans argent, sans travail, paumé comme tant d’autres « millennials » de sa génération, il doit rentrer à la maison. Ce retour aux sources sera pour lui l’occasion de se confronter à son passé et à ses peurs, mais aussi de découvrir pas mal de choses sur ses proches… et sur lui-même.

  • Relié : 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (11 mars 2020)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2344030824

Laff Lafrikain – La vie au village de Moss | 24 juin 2020

Chroniques humoristiques de la vie d’un village au fin fond du Cameroun avec les mésaventures de Laff, père de famille polygale se débattant au milieu des soucis du quotidien, que Moss se fait un plaisir de nous raconter avec drôlerie et tendresse.

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Chronique : Publié chez l’Harmattan BD’,  Laff Lafrican  suit la une trame humoristique et donne aux lecteurs une idée, quoiqu’un peu exagéré, de la réalité camerounaise.

L’auteur avec son personnage principal de Laff, marié à plusieurs épouses et avec une marmaille d’enfants. Au fil des 128 pages, l’auteur Gunther Moss Ebale II raconte le vécu de ses gens qui n’ont pas de noms: ces gens que la vie n’a pas gâté et qui ne demandent pas non plus grand chose.

Ils vivent de peu de chose. Un porc (sanglier?) donné par un cousin, toutes les économies dilapidées dans une voiture, encore symbole de réussite, qui ne vrombira que quelques jours.

Polygamie, conception différente de l’amour: le rapport à l’argent et à la vie est différente dans certaines partie du monde et le pari, réussi, de l’auteur est de le rappeler.

En quelques sortes, Moss fait écho à ces nombreux appels demandant aux fils d’Afrique de ne pas forcement partir ailleurs, puisque l’exil n’est pas une finalité.

Note : 9/10

 

  • Broché : 120 pages
  • Editeur : Harmattan BD (24 juin 2020)
  • Collection : HA.BD AFRICAINE
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2343190860

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No War, Tome 4 : de Anthony Pastor | 17 juin 2020

Sur Saarok, l’île sanctuaire des Kiviks, la situation dégénère. Les contestataires enchainent les sabotages sur le site du barrage soutenu par le gouvernement.

Chronique : Cette série a vraiment un énorme potentiel et devrait séduire plus d’un lecteur.Tout d’abord vient son cadre : un petit archipel de l’Atlantique Nord répondant au nom de Vukland. Un archipel qui n’est pas sans rappeler l’Islande d’avant la crise bancaire mais créé de toutes parts par Anthony Pastor. L’artiste dote au passage cet archipel d’une culture quasi-chamanique défendue par une peuplade ancestrale de l’Ile. Tout est donc réuni pour, petit a) nous dépayser, petit b) nous placer dans un contexte encore d’actualité, petit c) nous intriguer.

Et franchement, c’est très réussi. A un point tel que j’ai vraiment cru à l’existence de ce Vukland, jusqu’à chercher à en savoir plus sur cet archipel et sur la culture des Kiviks.

Ensuite vient l’intrigue. Elle mêle habilement une enquête policière et une dimension fantastique dans un contexte reprenant quelques grands thèmes d’actualité. Politique, écologie, économie, médecine, droits sociaux : voilà autant de thèmes abordés par cette série… mais sans que rien ne soit lourdingue car ces éléments demeurent le décors de l’intrigue. Ce pays au bord de la guerre civile, à la tête duquel un régime d’extrême-droite a pris le pouvoir -lors d’élections controversées à l’origine des manifestations violentes qui perturbent la capitale-, face à des choix économiques, écologiques et culturels -cristallisés autour d’un projet de barrage soutenu par les politiciens au pouvoir et les industriels les plus influents au mépris des habitants du lieu- ce pays est on ne peut plus en résonance avec notre propre actualité. Les camps fermés, les manifestations sanglantes, le musellement de la presse, tous ces sujets qui, malheureusement, sont chaque jour au coeur de nos infos quotidiennes trouvent leur place dans ce théâtre sombre et réaliste.

Viennent se greffer à cela des personnages, nombreux et charismatiques. Il n’y a pas ici de super-héros mais un florilège de personnages rongés par des sentiments contradictoires. Au plus la série avance, au plus ces personnages dévoilent des facettes différentes, les rendant plus humains, plus complexes. Et jusqu’à présent, seul le responsable de la sécurité du territoire, grand méchant de ce récit, demeure dans la caricature -une caricature qui se vérifie malheureusement aussi souvent dans la réalité, de Jan Jambon en Belgique à Sándor Pintér en Hongrie, en passant par bien d’autres. Franchement, j’ai eu le sentiment d’être dans une très bonne série nordique, genre Millenium, mais avec une dimension supplémentaire.

Les dialogues sont nerveux et sonnent de manière naturelle. L’action est constamment au rendez-vous dans ce pays en plein chaos. les rebondissements sont multiples et bien amenés.

Enfin vient le dessin. Anthony Pastor change totalement de style par rapport à ses dernières œuvres pour nous livrer un trait brut ciselé dans un bloc de granit à coups de haches… qui convient en fait merveilleusement à l’esprit de ce récit. Le trait est gras, la colorisation est réduite au strict minimum -juste suffisant pour faire ressortir les personnages de décors chaotiques- mais les personnages sont parfaitement typés, facilement identifiables. Les décors m’ont immergé dans cet univers parfois urbain, parfois aride (on voyage entre la ville et une île volcanique faiblement peuplée). Un tome 4 à la hauteur.

Note : 9,5/10

  • Relié : 108 pages
  • Editeur : Casterman (17 juin 2020)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2203198222

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Les minots de Marseille – tome 1 Esprit d’équipe de Zampano et Pedro j. Colombo | 25 juin 2020

Léo, 12 ans, un jeune garçon du nord de la France, emménage avec sa mère, Adèle,
assistante maternelle, dans la ville de Marseille. Son père, un ancien footballeur, a quitté le foyer familial sans plus donner de nouvelles.

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Chronique :Zampano et Pedro j. Colombo arrivent où peut d’auteurs savent parler de Football et d’une belle façon. Ce n’est pas une bd exceptionnel mais elle peu donner envie à des enfants de s’approcher de la lecture et y placer des base. Les enfants vont vibrez au rythme des entrainements, des buts, des rebondissements, d’une histoire d’amitié et d’amour pour ce sport… la plume de Colombo qui surprendra les jeunes lecteurs qui pensaient lire une histoire de foot, bien que c’est le sujet il creuse ici une belle histoire qu’il développe sur le long de la bd
Une  BD surprenante qui explique en douceur et  permet une réflexion plutôt saine pour éviter parler d’un sport très médiatisé.

Note : 9,5/10

 

  • Relié : 47 pages
  • Editeur : Hugo Sport (25 juin 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2755644192

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Philby de Pierre Boisserie et Christophe Gaultier | 18 mars 2020

Moscou 1988. Exilé en Russie loin de son Angleterre natale, Kim Philby retrouve un vieil ami : il lui raconte comment est né sa vocation pour l’espionnage. Enfant timide issu d’une famille bourgeoise, diplômé de Cambridge, rien ne le prédestinait en effet à trahir son pays pour la cause soviétique.

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Chronique :Cette Bd c’est presque un contre-espionnage de chambre  très discrètement , des agents secrets presque des bureaucrates de bureau qui traduisent ou chiffrent des télégrammes codés et pourtant l’inspiration de Pierre Boisserie et Christophe Gaultier réussissent à créer une tension d’accumulation sous la surface des événements répétés, nous fait percevoir comme un paladin franc le dilemme de l’homme conscient de trahisons mais pour une raison très noble, celui qui est au fait d’une trahison, d’un traître, et ce qui est pour une bonne et honnête raison.
La vie de l’agent secret qui fait du contre-espionnage est mauvaise, il veille toujours sur ses épaules, il n’a pas le droit, ne serait-ce qu’un instant, d’imposer le secret, immergé dans la solitude de ce qu’il sait et ne peut partager, avec personne.
Un professionnel chargé d’un péché vieux comme le monde : la trahison qui devient son modus vivendi, est même payée pour trahir et perpétuer la trahison, mais ceux qui trahissent méritent d’être éliminés sans même passer par un processus, sans agitation ni publicité ne doivent que disparaître, ne jamais avoir existé.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 88 pages
  • Editeur : Les Arènes (18 mars 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2711201929

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Pot-Bouille de Cédric Simon et Éric Stalner | 4 mars 2020

Tout juste arrivé à Paris, Octave Mouret emménage rue de Choiseul dans un immeuble bourgeois au cœur d’une capitale en pleine transformation haussmannienne. Derrière la façade policée, il découvre l’envers du décor : basses intrigues et adultères à tous les étages !

Chronique :Pot-bouille, l’équivalent de popotte, de tambouille, d’une mitonnée ordinaire et juste destinée à combler le manque de la faim. Est-ce à cette idée de médiocrité que l’auteu qu’est Zola assimile la vie ordinaire de cet immeuble plutôt cossu, où débarque le jeune Octave Mouret, arrivant tout droit de Plassans, plein d’ambitions, d’idées et de volonté de se faire un nom?

C’est avec naïveté que les auteurs Cédric Simon et Éric Stalner nous offre cette belle adaptation que le jeune homme tente sa chance auprès des jeunes demoiselles, voire des femmes mariées pour assouvir des désirs naturels, assortis d’un attrait pour la réussite sociale. Il faut dire qu’il s’en passe de belles, dans l’immeuble, malgré la vigilance aigrie de Mr Gourd, le concierge garant de la moralité de ces messieurs-dames.

Les cornes fleurissent sur tous les paliers et derrière les portes closes, les corps exultent en bafouant les serments prononcés lors des noces.

Parlons-en des noces : la recherche de l’époux pour les jeunes filles plus ou moins gracieuses et plus ou moins fortunées est une occupation à plein temps pour les mères en quête du gendre idéal, quitte à dépenser des fortunes qu’elles n’ont pas pour parer des atours masquant les disgrâces les jeunes filles en mal de maris. Promesses et trahison, pièges à gogo, tous les stratagèmes sont permis.

L’empereur n’a plus la cote, les électeurs sont prêts à lui donner une leçon. Ambiance de fin de règne

les auteurs ne sont  pas tendre pour ce milieu bourgeois, arriviste, et bas de plafond. Aucun personnage n’est paré d’une quelconque aura spirituelle, même les prêtres sont prêts à accepter la compromission. Les hommes sont dominés par leurs instincts de conquête féminine et les femmes ne songent qu’à s’orner de parures clinquantes.

En outre, les cadrages sont variés et le découpage assure une bonne lisibilité qui nous offre de beaux moment d’émotion et Stalner  offre un dessin et une colorisation à la hauteur de son histoire pour un premier tome qui annonce une trilogie à suivre absolument !.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Les Arènes (4 mars 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500625

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Pic Pic, André et leurs amis de Vincent Patar et Stéphane Aubier | 19 février 2020

André le mauvais cheval, Pic Pic le cochon Magik et Eléphant sont inséparables. Vivant de petits boulots, fans de musique, de littérature et de bière, leur quotidien créatif, délirant et parfois absurde n’est pas sans rappeler celui de leurs facétieux créateurs, Vincent Patar et Stéphane Aubier, figures emblématiques et cultes de l’animation belge (Panique au village, Ernest et Célestine et bien sûr plusieurs courts métrages de Pic Pic André Shoow)

Chronique : Le cochon mélomane, le cheval lettré et l’éléphant féru d’art moderne prennent leurs quartiers grâce à ce superbe album. L’occasion de découvrir sous formes de strips BD l’univers joyeusement gamin et impertinent de leurs auteurs Vincent Patar et Stéphane Aubier. Les fans de longue date de Vincent Patar et Stéphane Aubier vont être ravis. Petits et grands prendront leur pied à patafioler avec un porcelet rose et un canasson écarlate, un duo très contrasté qui ne se côtoie guère qu’en trinquant au générique. Le cochon se contente d’une coupe de champagne, le bourrin se bourre à la bière. Il y a belle lurette que Vincent Patar a versé du houblon dans le picotin d’André, que Stéphane Aubier s’est entiché de son cochonnet. Patar et Aubier, deux cartooneurs bruxellois, nous convient à un pétaradant cocktail. Moins calamiteux qu’André, Pic-Pic a des pouvoirs «magiks». Leurs comparses se bousculent avec un bonus d’accent belge. A découvrir pour bien rire.

Note : 9,5/10

 

  • Relié : 176 pages
  • Editeur : Casterman (19 février 2020)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2203197110

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Sang Royal – Tome 04: Vengeance et rédemption de Alejandro Jodorowsky et Dongzi Liu | 29 janvier 2020

Alors que les rois Honim et Alvar s’apprêtent à célébrer l’union de leurs descendants, Aram et Mara, une menace plane… Une armée de vampires dévore les troupeaux des bergers et tente de s’en prendre aux deux royaumes. De son côté, Vaal le boiteux, le propre fils d’Alvar devenu Grand prêtre, fomente un complot pour assassiner le futur roi et prendre sa place sur le trône. Mais Aram possède dans ses veines le sang du loup-garou qui le rend invincible. Vaal décide alors de faire forger la seule arme capable de le détruire : une épée d’argent.

Chronique : Quelle claque ! Une saga qui fini sur des chapeaux de roues . Les dessins de Dongzi Liu sont toujours aussi splendides et envoûtant et donnent une certaine dimension à cette histoire. Ils sont pleins de vie et retransmettent à merveilles les émotions des personnages. La précision des traits lors des zooms sur les visages donne presque l’effet d’une photographie.
Quant au scénario en lui-même, il risque fort de soulever bon nombres de critiques aussi bien positives que négatives. L’histoire s’assombrit et la violence, la passion et la cruauté sont maître mots de ce volume.
Le récit est puissant et touche le lecteur au plus profond de lui-même. Jodorowsky nous mène dans les plus sombres recoins de l’âme humaine et de la folie à travers des personnages tous plus monstrueux les uns que les autres.
Jodorowsky mélanges les thèmes de l’amour et de la haine, la passion et la folie avec une efficacité surprenante et nous offre un dyptique sensationnel.
Une lecture dont nous ne ressortons pas indemne !

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 64 pages
  • Editeur : Glénat BD (29 janvier 2020)
  • Collection : Sang Royal (4)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2723486311

 

KidZ – Tome 02 de Aurélien Ducoudray et Jocelyn Joret | 5 février 2020

Polly et Sue font désormais partie de la communauté de Ben et ses potes. Seulement voilà : avec deux filles dans leurs rangs, leurs petites habitudes risquent bien de changer… Autre problème, ils ont découvert un détail troublant sur le dernier zombie à qui ils ont filé une rouste : celui-ci portait une muselière ! Depuis quand les zombies sont traités comme de bons toutous ? Est-ce que cela voudrait dire que quelqu’un les contrôle ? Et si c’est le cas, quelles sont ses intentions ?

Chronique : Un tome 2 en grand forme, cette bande dessinée a un rythme très soutenu, une tension forte et une nervosité perceptible par les couleurs, les cadrages et les attitudes.Que on est lu le tome 1 ou non on entre de suite dans le récit, il y a un sentiment d’urgence. Les personnages sont à bout de nerfs. La grande épidémie est passée. Les zombies sont de moins en moins present. La cause réelle de tout cela n’est pas vraiment importante. Ce qui compte est la survie de ces ados marqués par le traumatisme violent de la disparition de leurs parents. Chaque cœur est envahi par ces chocs, personnels et intraduisibles. Les dialogues les amènent à exprimer leur incompréhension face aux événements dont ils ont été témoins. La narration alterne ainsi les scènes d’action – moyen pour ces ados de cacher leur peur – et les scènes plus posées, plus dialoguées, révélatrices d’une incapacité à sortir ce qui leur pèse. Les auteurs montrent leur épuisement et la radicalité de leur âge. Il n’y a pas beaucoup de douceur ou de tendresse car tout cela est enfoui. Les couleurs choisies  et les cadrages très marqués créent un dynamisme dans l’enchaînement des scènes. Tout va très vite et rien n’est serein. Il y a une sorte de transition de maturité qui est traité, démontrant les failles ouvertes de chaque personnage. L’ensemble de cette communauté improvisée évolue en plein mystère très bien maintenu dans ce deuxième tome. Cette évolution est symbolisé très facilement par l’énigme propre à ces récits d’apocalypse : qui sont vraiment les survivants ?

Note : 9,5/10

 

  • Relié : 72 pages
  • Editeur : Glénat BD (5 février 2020)
  • Collection : KidZ (2)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2924997003

 

Metanoïde (Log-In) de David Boriau et Nuno Plati

Condamné à passer le reste de ses jours en fauteuil roulant, le jeune Josh s’évade à travers les merveilles de la science. Et avec son ami Jorgen, scientifique illuminé du quartier, ils ont une passion : observer les étoiles en quête d’une forme de vie extraterrestre.

Chronique :C’est le récit un peu désorganisé d’un jeune orphelin en fauteuil roulant, un petit génie de la science qui, avec son mentor, Jorgen, découvre une existence extraterrestre en route pour la Terre. La collision entraîne la mort de Jorgen et des visions étranges à Josh, le jeune garçon, qui découvre très vite qu’il peut se transformer en une sorte de monstre gigantesque lorsqu’il est en colère. Son oncle Adam, chef d’une communauté, tente de cacher tous ses mystères, sans succès, car bientôt Josh / monstre est menacé de mort.
C’est une belle BD aux graphisme noire et blanc destiné à un public adolescent. J’ai trouvé le thème original mais l’intrigue assez décousue à cause de cases difficilement compréhensibles. On reste sur sa faim avec ce premier tome.

Note : 8/10

Merci à Myriam

 

  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (8 janvier 2020)
  • Collection : Log-In
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2344031103

 

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