No War, Tome 3 de Anthony Pastor | 4 septembre 2019

Une étincelle et tout peut exploser ! Le sniper qui a tiré sur Run s’en prend à son père, mais manque son coup et abat le président de l’entreprise chinoise qui finance le chantier du grand barrage. Brook organise le passage de Jo sur Saarok, l’île des Kiviks, où les chamans pourront peut-être la guérir de la pierre Kafikadik qui la tue à petit feu.

Chronique : Happé par le flot, partageant les peurs de Run, Kas, Jo et les autres, le lecteur est pris au piège et maudit. Action non-stop, quelques révélations et coups de théâtre, le troisième tome de No War ne déçoit pas et confirme toutes les qualités explosives entraperçues dans les deux autres volumes . Les liens entre les personnages s’affinent et les enjeux se précisent. Ceux-ci remplacent un peu le côté mythologique du récit . À la place, Anthony Pastor propose un thriller dans les règles de l’art : fusillades, courses-poursuites et évasions s’enchaînent sur un rythme endiablé, à peine entrecoupées par une ou deux explications et autres ententes de circonstances entre les différents protagonistes. Si le contexte se retrouve un peu au deuxième plan, les acteurs en profitent pour prendre le centre de la scène. Dotés de profils psychologiques fouillés, ceux-ci apportent une réelle profondeur à l’histoire. Ils ne sont pas creux et ne se résument pas à n’être que des héros interchangeables. Il s’agit simplement de « vraies » personnes luttant pour ce qu’elles pensent être juste. Méfions-nous néanmoins des apparences.

Au niveau des illustrations, le résultat est également impressionnant. Plus fluide et posé, Pastor maîtrise désormais totalement sa création. Le cadre graphique ayant été établi précédemment, il met tout son talent dans la mise en page et l’animation. Il réalise là un sans faute. De plus, le trait lâché, mais précis, conserve une part de fragilité tout-à-fait en accord avec les drames et les interrogations qui se développent page après page. Dense, expressif et ultra-efficace, le découpage prend à la gorge et il est impossible de poser l’album avant l’inévitable et frustrant à suivre.

Note : 9,5/10

Extrait :

23456

 

  • Album: 112 pages
  • Editeur : CASTERMAN (4 septembre 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2203030496

1.jpg

 

Voltaire Trés Amoureux de Clément Oubrerie | 21 août 2019

Après vingt ans de déceptions sentimentales, pensant être arrivé au terme de son existence, Voltaire croise Émilie du Châtelet. Surdouée fantasque et mathématicienne, coquette volage aimant les jeux d argent, elle n a pas son pareil en fanfreluches et en métaphysique.
Une rencontre électrique !

Chronique : Il y a de nombreuses autres raisons de ne pas ignorer cette œuvre graphique Clément Oubrerie avec cet tome 2 qui surpasse son prédécesseur tant au graphisme que au niveau de l’écriture où l’on voit que l’auteur est incroyablement documenté et que le texte fourmille de références picturales ou littéraires avouées ou plus ou moins cachées, d’anecdotes étonnantes, d’un album à l’autre. Tout y est et les personnages sont bien campés, presque caricaturés par un dessin expressif, et les situations tellement rocambolesques que les uns et les autres semblent sortis d’un roman; et pourtant tout est authentiquement vrai. Tout s’agence admirablement pour se matérialiser finalement dans un roman graphique à part entier original et captivant. Voltaire est à la fois drôle et sensuel et on va aimer le découvrir sous un jour différent… Super à lire et relire avec plaisir. Et merci à Clément Oubrerie pour cette belle illustration.

Note : 9,5/10

IMG_20190822_081119

  • Album: 253 pages
  • Editeur : Les Arènes (21 août 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 978-2-7112-0145-7

51NI274AEAL._SX364_BO1,204,203,200_.jpg

 

Captain Death de Alexis Bacci | 12 juin 2019

Captain Death maintient l’équilibre cosmique en éliminant les espèces les plus nuisibles. Mais lorsqu’elle détruit la Terre, des humains réussissent à s’échapper. Depuis lors, elle traque les survivants à travers la galaxie.

Chronique : Un titre qui ne plaira à  tout le monde mais qui nous à conquit. Avec Alexis Bacci le co-auteur de The Last Man Stories » on est entre de bonne main.  Le pitch est simple : nous suivons les aventures de Captain Death qui n’a que pour seule préoccupation : La Mort ; et qui va tenter de décimer les quelques survivants de son attaque…La grande faucheuse a comme pour mission d’éradiquer les espèces inutiles de l’univers. Cette routine facile et immuable va être mise à mal par les quelques survivants des Homos Sapiens parvenus à quitter la terre à bord de vaisseaux spatiaux.
C’est dans le repaire de Suburra que la traque va s’intensifier. Loin des lois intergalactiques, cette enclave de non-droit voit rassembler toutes les fripouilles de l’univers. C’est là que les 7 derniers survivants des 187 au départ ont choisi de se terrer.  C’est avec humour que  la Mort, même si elle est redoutable, y est décrite comme une entité qui agit machinalement, presque sans savoir pourquoi… ! Les autres personnages de l’aventure sont intéressants à suivre dans cette histoire qui ne manque pas de rebondissements et qui  monte au plus fort.. L’ensemble nous pousse au questionnement sur la mort et sur ce que l’Humanité fait subir à la Terre ! Méritons-nous encore de vivre en regard de cela ? Notre fin est-elle déjà programmée ? Bravo à Alexis Bacci et ce
  graphisme très particulier et au rythme de l’aventure qui forment une narration dont il est difficile de s’extraire. On tourne les pages frénétiquement poussé par la motivation d’entrevoir ce que nous réserve la suite. Ce livre est une œuvre graphique qui mise sur le trait de l’artiste qui suis un rythme maîtrisé . A lire.

Note : 9,5/10

Extrait :

2995829959299602996129962

 

  • Album: 200 pages
  • Editeur : Casterman (12 juin 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2203196955

51HssDidYvL._SX366_BO1,204,203,200_

 

Des lumières dans la nuit – Tome 02: Hicotea de Lorena Alvarez Gomez| 29 mai 2019

Lors d’un voyage scolaire à la rivière, Sandy s’éloigne du reste groupe et découvre une carapace de tortue vide. En jetant un œil dans la cavité, elle plonge soudainement dans un monde magique. Emplie de sculptures, tableaux et autres grimoires, la carapace s’avère être un véritable musée sur l’histoire du monde, gardé par une tortue portant le nom d’Hicotea. Sauf qu’une peinture reste inachevée, elle a besoin de l’aide de Sandy pour la terminer..

Chronique : Les couleurs de ce livre ont été décrites comme polychromes, ce qui correspond bien à la façon dont elles semblent rayonner hors de la page. Tout est profond, riche et vibrant jusqu’à ce que la destruction vient le noir et les gris et les violets délavés. La créatrice Lorena Alvarez insuffle la richesse de l’art latino-américain dans un voyage scolaire qui devient une aventure dans un lieu nouveau et merveilleux comme quelque chose de l’histoire d’anime la plus sauvage. La combinaison fonctionne évidemment, sur la base de sa nomination à Eisner en 2018 pour le premier livre de la série.

Là où Le tome 1 était plus une histoire de fantômes traditionnelle, Hicotea est une fable. Il a un couple de personnages étonnants, qui se sentent plus enracinés dans le monde qui les entoure que leurs homologues dans le premier épisode. Il en va de même pour les camarades de classe de Sandy (la protagoniste), qui reçoivent chacun une sorte d’arche de caractère.

L’art, encore une fois, est spectaculaire et chaque détail sur la page est digne d’attention, devenant presque un tourbillon d’attraction. Il y a un flux dans le récit visuel, avec Lorena Alvarez créant des compositions engageantes et fraîches tout au long du livre : sa représentation du temps et de l’espace est grande.

Je ne peux pas en dire autant de l’histoire et de l’intrigue : le récit est trop lent et trop rapide à la fois, sautant des étapes importantes, donc quand vous arrivez à la conclusion, il ne se sent ni logique ni gagné émotionnellement. Magique.

Note : 9,5/10

Extrait

2345

 

  • Album: 56 pages
  • Editeur : Vents d’Ouest (29 mai 2019)
  • Collection : Jeunesse
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 234402722X

1.jpg

 

Vinifera – Le Vin des papes de Corbeyran et Brice Goepfert | 29 mai 2019

7 mai 1342. Lors de son sacre, le pape Clément VI, réputé pour son amour du bon vin, donne une immense fête où le nectar coule à flots. Quelques années plus tard, le jeune Benoit est de retour dans sa famille après avoir interrompu ses études à l’université. Son père, vigneron de la région de Châteauneuf, espère qu’il reprendra les vignes familiales à ses côtés. Mais Benoît semble plus attiré par le commerce et le métier de courtier. C’est d’ailleurs en réalisant un voyage pour vendre la production de son père que sa route croisera par hasard celle du souverain pontife. Grâce au vin, une relation singulière va naître entre les deux hommes.

Chronique : Vinifera retrace, en plusieurs tomes, à travers des personnages fictifs l’histoire du vin en France et autres pays viticoles, de l’Antiquité à nos jours..
Un projet ambitieux et original qui permet d’en apprendre davantage sur le vin mais également sur notre civilisation. Les fictions développées dans chaque tome sont très différentes, en cohérence avec le contexte historique. A la fin de chaque tome, quelques pages rédigées par un historien permettent d’apporter des précisions de façon didactique. Le contenu scénaristique de Corbeyran est bien écrit face au contexte politique complexe. L’histoire, classique mais bien menée. Entre les lignes, on en apprend beaucoup sur la viticulture, le commerce du vin et les modes de consommation . Le dossier en fin de volume, plutôt pointu reprend et étoffe le sujet.

Note : 9/10

Extrait :

234

 

  • Album: 56 pages
  • Editeur : Glénat BD (29 mai 2019)
  • Collection : Vinifera
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344025685

1.jpg

 

Mickey All Stars de Collectif | 5 juin 2019

Le 18 novembre 1928, le public voyait apparaître dans le dessin animé Steamboat Willie un nouveau personnage, une souris habillée d’une culotte qui allait révolutionner la culture populaire pour les décennies à venir : Mickey Mouse ! 90 ans plus tard, la souris superstar a décidé de fêter son anniversaire en grande pompe en réunissant des invités d’exception !

Chronique : C’est le 18 novembre 1928 que Mickey, devenu la souris la plus célèbre des États-Unis et du monde a fait sa première apparition. De nombreuses célébrations ont eu lieu à cette occasion, et ça continue ! Glénat avec ce  Mickey All Stars où cinquante auteurs ont été invités pour réaliser chacun une aventure de la souris en une planche proposent leurs propres histoires reprenant l’univers de Mickey comme Bertollucci, Brüno, Camboni, Cestac, Clarke, Dab’s, De Poortere, Domecq, Keramidas, Lapone, Munuera, Nesme, Parme, Pirus, Supiot, Tebo ou encore Zanzim.

L’album fonctionne comme trame que à chaque début de page Mickey entre par une porte, et ressortira à la fin. C’est saux auteurs d’imaginer ce qui se passe à chaque fois entre deux ! Ces différents style  reflètent bien le graphisme de chacun des auteurs  et chacun y trouvera son gout.  Le petit défaut étant que la trame n’est pas linéaire, dans une page Mickey part faire une action et dans la suivante il fait autre chose. Mais bon ne boudons pas ce superbe album qui fait plaisir à lire et à relire pour ces belles palettes graphique.

Note : 9/10

page0003_1.jpg

 

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Glénat Disney (5 juin 2019)
  • Collection : Créations originales
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344034978

51p2rat2RcL._SX341_BO1,204,203,200_.jpg

 

Voro le secret des trois rois, Tome 3 : de Janne Kukkonen , Kévin Bazot | 5 juin 2019

Suivez les aventures de la plus téméraire des voleuses de la guilde !
Lilya est une jeune fille que son protecteur et ami, le vieux Seamus, a introduite dans la Guilde des voleurs. Mais le maître des voleurs ne l’apprécie point, jugeant qu’elle n’est bonne qu’à faire le ménage ou entrer au bordel…

Chronique : L’aventure fantastique « Voro » conclue ici son premier cycle.
La bande dessinée retrace les aventures de Lilya dans le monde fantastique médiéval en rêvant de devenir membre de voleurs. Kukkonen mélange son histoire avec les matériaux d’une épopée fantastique classique tirée à la fois de la mythologie nordique et d’histoires de type du Roi arthur ou Game of Thrones. J
‘apprécie le travail d’humour et le style de bande dessinée expressif de Kukkonen, qui est même naïf à la fois. 
Dans toute sa simplicité, le dessin de Kukkonen est agréable  comme dans les tomes précedent et les couleurs en niveaux de gris fonctionnent bien. L’ histoire divisée en chapitres est simple mais fonctionnel. Lily est une figure charmante.
Ce tome sait conclure et ouvrir  une grande aventure fantastique sans manque d’action et d’excitation. L’essentiel est une jeune fille dont les talents ne sont pas appréciés par les hommes d’âge moyen, ce qui signifie qu’ils doivent être capables de maîtriser leurs compétences. Une très bonne fin dont on à hâte de lire le tome 4.

Note : 9,5/10

Extrait :

23456

 

  • Editeur : Casterman (5 juin 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2203192380

1.jpg