L’Histoire des saints en BD de Raphaëlle Simon et Laurent Bidot | 9 mai 2019

Tout notre patrimoine, territorial, gastronomique ou culturel évoque des saints populaires : mont Saint-Michel, Saint-Tropez, Saint-Émilion ou Saint-Nectaire… Ces noms nous sont très familiers, bien que leurs origines soient souvent oubliées ou restent obscures

Chronique : Si vous aimez les origines  et surtout si vous aimez l’ histoire… C’est sans compter que Raphaëlle Simon et Laurent Bidot ont capturé la magie des saints d’une manière si éloquente que vous ne réalisez même pas que vous apprenez tant de choses ! En outre, elle se mêle au texte de présentation de chacun des personnages. Autant commencer par son préambule pour le lecteur peu averti qui retrouvera ensuite plus facilement ses marques. Bien écrit, le récit est rondement mené et permet de passer un bon moment de lecture ; grâce à ses sketchs humoristiques  cette bd apporte de l’humour par des scènes cocasses et  dévoile de belles planches. Très bon divertissant à lire .

Note : 9,5/10

 

  • Album: 96 pages
  • Editeur : Glénat BD (9 mai 2019)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344026266

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Serpent Dieu – Tome 02: Le temple du Dieu-Corbeau de Le Gris, Jérôme et Benoit Dellac | 9 mai 2019

Le sacrifice de Nessa n’était pas vain. Les clans qui suivaient Björn le brûlé ont rejoint la bannière d’Ulf Keludar et Islandia est désormais unie. Mais la quête d’Elrik l’orcadien ne fait que commencer… Ayant retrouvé la mémoire, il se met en tête de retourner sur le continent pour se venger de ceux qui lui ont tout pris : Hakun, le roi de Norvège, et Ygrid, sa prêtresse, qui a fait d’Elrik un guerrier-fauve. Alors que plane la menace d’une armée immortelle menée par Loki, le dieu des morts lui-même, Elrik part ainsi à la rencontre de son destin et de ses semblables. Car d’après Ygrid, la prophétie est formelle : bientôt, les trois seront réunis. Reste à savoir quelles en seront les conséquences…

Chronique : Second tome de Serpent Dieu  où l’on sent que l’écriture se laisse porter par les évènements et le talent de le Gris s’est focalisée sur la restitution de l’ambiance pourrie et paranoïaque régnant à cette époque, grâce au jeu des personnages, aux éléments de scénarios qui permettent de décrire leur état d’esprit. ici Benoit Dellac mise tout sur les couleurs sombres, bleuté, avec des effets de clairs-obscurs où il faut souligner le soin de la mise en scène à la hauteur des grandes épopée  cinématographique. Impossible de ne pas être embarqué avec les personnages dans cet épic récit d’aventure ou la fureur des dieux n’a pas fini de nous régaler au travers des 3 premiers albums prévus pour ce premier cycle.
Certains diront que l’histoire peut paraître un peu légère et que l’album se lit trop vite, c’est vrai… Mais dans un univers comme celui-là, pas besoin de grands discours car ce que le lecteur recherche c’est l’aventure, le chant des batailles, l’honneur et la fureur des guerriers Vikings.Je réédite mes éloges faites au premier tome car cette suite est passionnante. Une magnifique saga viking fantastique qui aura bientôt son apogée dans le troisième et dernier tome. Rien à dire de plus que…lisez-la !

Note : 9,5/10

 

  • Album: 64 pages
  • Editeur : Glénat BD (9 mai 2019)
  • Collection : 24X32
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344011765

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Luminary – Tome 01 de Luc Brunschwig et Stéphane Perger | 9 mai 2019

Pitsboro, sud des États-Unis, juillet 1977. Une journée d’été pas tout à fait comme les autres. Les infos annoncent un pic de chaleur jamais atteint depuis plus de trente ans. Billy, jeune employé noir d’un cirque, assiste une tigresse de la troupe mettant bas. Tout le monde assiste, ébahi, au don qui lui permet de maîtriser la bête sauvage. De l’autre côté du pays, à New-York, une gigantesque explosion de lumière survient au cœur de la ville. Tout dans un rayon de plusieurs centaines de mètres a été littéralement anéanti. Tout, sauf un homme, indemne, au milieu des décombres. Cet homme, c’est Darby McKinley, admis quelques semaines plus tôt à la clinique d’où provient l’épicentre de l’explosion. Ce serait donc lui l’origine du phénomène. Reste à savoir d’où lui vient ce pouvoir. Et ce qu’il compte en faire…

Chronique : On assiste ici à l’histoire de Darby, jeune bossu rejeté dés sa naissance et qui tente une dernière thérapie miracle à base de lumière pour redresser son dos, et celle de Billy, jeune garçon employé dans un cirque, qui posséde un don avec les animaux sauvages. de Billy, on ne sait rien si ce n’est qu’il sait ce qu’il veut, et sait se venger des racistes qui l’ont attaqué. de Darby, on connait les humiliations vécues tout au long de son enfance, y compris à l’hôpital où il se rapproche d’une jeune femme qui ne l’accepte finalement que comme ami.
Et puis une explosion où est soigné Darby ravage le quartier. Seul Darby en ressort mais il est devenu énergie et lumière pure.
Un étrange vendeur de glaces va l’aider…
BD de super héros avec un graphisme nerveux et en couleurs directes.
Tome d’ouverture particuliérement bien mené.
Comics à la française.

Note : 9,5/10

Chronique de Croix59

 

  • Album: 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (9 mai 2019)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344025545

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Transperceneige, Extinctions – T1 de Jean-Marc Rochette et Matz | 15 mai 2019

Aux origines de la série mythique. Sur la terre exsangue, surpeuplée, un groupe d’écolo-terroristes radicalisés décide d’accélérer le processus d’extinction et de déclencher une apocalypse climatique. Un milliardaire visionnaire chinois (inspiré de la figure d’Elon Musk) décide de les contrer. Obsédé par le survivalisme, depuis des années, il s’est préparé au pire scénario catastrophe : il a inventé un moteur autonome qu’il a intégré à une arche de Noé 2.0, Le Transperceneige. Quand la folie des Apocalypsters triomphe, le train est prêt. Au coeur de l’hiver atomique, le compte à rebours de l’ère glaciaire débute et la mission de sauvetage ultime est lancée.

Chronique : Le rythme de l’intrigue file à toute vitesse tout en gardant le lecteur dans une stase de curiosité jamais rassasiée.
Jean-Marc Rochette et Matz construisent un univers sublime avec des ingrédients qui dans tout autre contexte paraitraient répugnants. Que l’on connaisse où non le Transperceneige  ce monde  en phase d’être postapocalyptique est très organique et grouillant de vie. Les paysages sont totalement fous, la mise en images doit être incroyablement différente d’un lecteur à l’autre tant les lieux et les personnages sont aliénés.
La bd brasse des univers multiples : films de GI, desert vivant a la Mad Max, faune insectoide a la Alien, personnages cauchemardes par le Petit Peuple, gamins plus dejantes que dans un Jean-Pierre Jeunet,… composent un nouveau monde plein d’optimisme. Une belle surprise qui nous offre une histoire simple et nous entraine avec subtilité sur quelque chose de plus complexe et de palpitant. Des secrets se lèvent, des questions apparaissent, on a vraiment hâte de voir vers quoi on va nous entrainer.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Album: 96 pages
  • Editeur : CASTERMAN (15 mai 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2203165812

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Le loup de Jean-Marc Rochette | 15 mai 2019

Après Ailefroide, Rochette questionne la place de l’homme face au règne animal. Comme dans son précédent album, l’action se déroule au coeur du Massif des Écrins, dans la vallée du Vénéon. Un grand loup blanc et un berger vont s’affronter passionnément, jusqu’à leurs dernières limites, avant de pactiser et de trouver le moyen de cohabiter. Rochette célèbre une nouvelle fois la haute montagne, sa beauté, sa violence; l’engagement et l’humilité qu’il faut pour y survivre. Il tente aussi, par la fiction, de trouver une porte de sortie au conflit irréductible de deux points de vues, justes l’un et l’autre : les bergers qui veulent protéger la vie de leurs bêtes, les parcs qui tentent de sauver des espèces en voie d extinction.

Chronique : Récit d’une confrontation entre le berger et le loup, dans le massif des Ecrins, dans la France contemporaine mais encore sauvage du parc régional. Récit magistralement mené, de près de 100 pages, au découpage clair et net, qui se lit d’une traite. On pense aux Grands Anciens, J. London au livre, J. Boorman au cinéma, mais c’est surtout les mânes du célèbre Mangaka Taniguchi qu’on se doit d’évoquer: même exaltation de la montagne, même confrontation solitaire de l’homme et de l’animal sauvage, même recherche de communion finale. Rochette a manifestement dessiné ce livre dans l’urgence, faisant jaillir de la page des dessins spontanés qui magnifient le récit!

Note : 9,5/10

Chronique de Patydoc

Extrait :

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  • Album: 112 pages
  • Editeur : CASTERMAN (15 mai 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2203196777

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La ligne de sang de DOA et Stéphane Douay | 15 mai 2019

Lyon, automne 2003. Banal accident de la route à la Croix-Rousse. Les officiers de police Marc Launay et Priscille Merse rendent sur les lieux. Un motard, Paul Grieux, est dans le coma. Aussitôt, la victime les intrigue. Aucune adresse à son nom. Aucun proche à avertir. Et surtout son ex-compagne, Madeleine Castinel, a disparu ce soir-là et reste introuvable.
Commence alors une enquête troublante sur fond d’ésotérisme et de magie noire, qui va plonger les policiers dans l’horreur.

Chronique : Madeleine Castinel n’en peut plus de son amant, Paul Grieux, trop souvent alcoolisé, violent et exigeant avec elle, squattant un peu trop son appart’ à son goût. Elle préfère rompre et lui demande de lui rendre ses clés. C’est semble-t-il en sortant de chez elle que Marc Grieux a un accident de moto et sombre dans le coma. Priscille Mer et Marc Launay, du SRPJ de Lyon, vont enquêter sur ce qui n’est en apparence qu’un banal accident de la route, doublé quand même d’une étrange disparition, car Madeleine reste introuvable.

Et puis peu à peu, on bascule dans l’enfer. Un monde sombre de magie noire, d’occultisme, de pédophilie, de violence extrême, un monde dont il est souvent difficile de cerner les limites entre hallucinations ou fantastique. L’intrigue est très prenante, on est complètement happé par le récit et ses dessin de Stéphane Douay qui sont réussis et épouse bien le récit, agrémenté d’un jeu d’ombres et de couleur magnifiques dans lequel harmonie et simplicité fusionnent à un point que c’en est jubilatoire. Une telle stylisation est assez inhabituelle pour ce type d’histoire, qui généralement est plus associée à un dessin d’un réalisme académique. Le tout, porté par un cadrage cinéma et plus on approche de la fin, plus cela devient carrément flippant. A ne pas lire le soir juste avant de s’endormir !

Mieux vaut prévenir les âmes sensibles, certains passages sont vraiment insoutenables. Pour autant, ils ne sont pas gratuits, ils tiennent totalement aux personnages mais l’horreur à peine dicible découverte par les deux policiers est difficilement supportable.
Il faut dire qu’avec un tel pseudonyme (DOA signifie Death on arrival), on pouvait en effet s’attendre à une telle noirceur humaine. Mais au milieu de ce monde bien concret, arrivent des événements étranges, subtils, impossibles à analyser ni à saisir totalement : Rêve, réalité ou hallucinations ?

Note : 9/10

Extrait :

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  • Album: 103 pages
  • Editeur : Les Arènes (15 mai 2019)
  • Collection : AR.ROMAN GRAPH.
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2711201015

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Le Petit Nicolas – La bande dessinée originale de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé | 21 mars 2019

Une bonne blague, une superbe gaffe ou une sacrée bêtise ? Assurément, elles sont signées le Petit Nicolas. Alors que Papa paye les pots cassés, Maman répète qu’il faut être bien sage, le voisin Monsieur Blédurt en voit de toutes les couleurs, et Alceste… est dans le coup bien sûr !

Chronique : Comme il est expliqué dans le livre, René Goscinny et Jean-Jacques Sempé se sont rencontrés au printemps 1954 à Paris, alors que Goscinny revenait de New York où il avait notamment travaillé avec Harvey Kurtzman. Ce n’est qu’en septembre 1955 que commence à paraître, dans le magazine hebdomadaire « Le Petit Moustique » en Belgique, leur série de gags en une page consacrée à leur nouveau personnage du « Petit Nicolas ». La série ne durera qu’une saison et le temps de 28 planches. Ces oeuvres de jeunesse étaient restées inédites depuis lors.
Cet album parvient aux 48 pages réglementaires grâce à deux préfaces, dont une de Sempé, plus les biographies des deux auteurs, et leurs bibliographies respectives, et en plus la reprise de deux récits illustrés, mis en regard de deux planches sur le même thème, respectivement le vélo et la plage.
Le « Petit Nicolas » du premier essai des deux jeunes auteurs (Goscinny a 29 ans et Sempé 23) n’est pas déjà celui des histoires illustrées plus tardives. C’est un garnement entre Pim, Pam, Poum et Dennis la Malice, qui cause bien des ennuis, souvent graves, à son papa volontiers gaffeur de toutes façons, et à son voisin. Goscinny et Sempé se prêtent très bien à l’exercice du gag en une page (Goscinny y reviendra plus tard, avec d’autres auteurs, dont me semble-t-il Franquin pour Modeste et Pompon), avec un découpage de la page au cordeau : 12 cases, façon gaufrier, dont celle du titre. L’effet comique est garanti à chaque fois, mais il ne s’agit à l’évidence que d’un rodage pour les deux talentueux auteurs, appelés à d’autres sommets, ensemble et chacun dans sa voie. Sempé devenant particulièrement célèbre… à New York, pour ses dessins dans le New Yorker !

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 96 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 13 années
  • Editeur : Folio Junior (21 mars 2019)
  • Collection : Folio Junior
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2075126887`

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