DCEASED: Unkillables, cours de débitage de bidoche en accéléré

Surfant sur le succès de la mini-série DCEASED, qui n’a plus de mini que le nom étant donné le nombre de suite semi-officiel qui va lui être consacrée dans les prochains mois, DC a lancé un spin-off qui a pour tête d’affiche, non plus les héros mais leurs pendants plus violents, les super-criminels.

Enfin un nombre assez réduit du large panorama qu’offre l’univers DC en matière de hors-la loi, le récit contenant à peine trois numéros, le malicieux scénariste Tom Taylor a dû faire des choix. Ce dernier prouve encore une fois qu’il maîtrise l’univers DC sur le bout des doigts, il n’a pas son pareil pour planter des personnages en quelques répliques et à nous attacher à ses personnages en quelques cases. Le récit est parcouru par une tension dramatique et fataliste avec quelques touches d’humour, avec notamment l’utilisation d’un personnage sous-employé, le creeper qui se réserve les dialogues les plus drôles et absurdes. On pourra aussi noter l’ironie bienvenue dont sait user Tom Taylor comme lorsque la masse orgueilleuse qu’est Vandal Savage se fait surprendre pour la dernière fois de son interminable existence.

Une belle brochette de crapules et de psychopathes

En trois numéros à peine, le scénariste réussit à nous conter deux relations parents-enfants, la création d’un groupe de survivants, une relation touchante entre des enfants et une bande de super-criminels instables et une course-poursuite pour la survie des derniers êtres humains. Évidemment le récit est perclus d’ellispe et de raccourcis, le combat final entièrement féminin aurait mérité plus de pages mais les contraintes éditoriales ont conduit l’auteur à aller à l’essentiel.

La partie graphique est assurée par Karl Mostert, un artiste qui m’était inconnu jusqu’à présent. Son style se rapproche beaucoup de celui de Franck Quitely et même si j’adore toujours autant admirer ce style qui allie pose majestueuse et case gore et sanguinolente je trouve regrettable que cet artiste ne développe pas plus son propre style. D’autant plus que son travail sur les visages, très détaillés lors des deux premiers numéros, s’effiloche sur la fin et c’est surtout cette pauvre Cheetah qui en fait les frais.

Ça découpe à tout va, soyez prévenu

En espérant que DC n’épuise pas trop vite la source créatrice qui rend cette lecture si jouissive, cette lecture de la destruction d’un univers DC reste un plaisir jubilatoire en ces temps estivaux.

Résumé :

Un virus issu de l’équation Anti-Vie, l’arme fatale de Darkseid, a contaminé l’humanité, la plongeant dans une folie cannibale.

Les héros se retrouvent décontenancés et peinent à se réunir pour contrer cette épidémie. De leur côté, les super-criminels sont également dépassés et le jeu de la survie du plus fort commence au sein de cette communauté où tous les coups sont permis !

SCÉNARISTE : TAYLOR TOM – DESSINATEUR : Karl Mostert

Dceased de Tom Taylor et Trevor Hairsine, lorsque super-héros et post-apo font bon ménage

Les grands éditeurs de comics que sont DC et marvel adorent construire un univers cohérent aux ramifications multiples. L’aspect négatif de ces immenses châteaux de cartes où se côtoient la science, l’espace, la magie et les dieux c’est que tout est un peu figé et progresse lentement à coups de crossovers* qui promettent de tout changer et de retcon* plus ou moins bien amenés. C’est la raison pour laquelle, de temps en temps, ces deux mastodontes de l’industrie du comics aiment bousculer leurs univers très codifiés à travers des mini-série qui laissent plus de marges de manœuvre aux scénaristes même si elles se situent en dehors de la continuité officielle et ne provoquent aucun changement majeur.

DÉVORER LES TOUS

Alors que Marvel a déjà franchi le pas il y a cela plusieurs années avec la série Marvel zombie, DC n’a lancé la publication de Dceased que l’année dernière. Les deux big two s’étant souvent influencé au cours des décennies, le reproche a encore été fait à DC ajoutant à cela que la mode des zombies est passé depuis un moment. Mais là où Marvel a voulu poursuivre le succès de sa série de héros putréfiés jusqu’à la perte d’inventivité DC a décidé dès le départ que Dceased serait une mini-série qui s’achevait au sixième numéro. De plus l’éditeur a eu l’excellente idée de confier la réalisation de cette mini-série à Tom Taylor qui chapeaute déjà la série Injustice qui, dans le thème de la déconstruction d’univers envoie du lourd. Le scénariste est un fin connaisseur de l’univers DC et nul doute qu’il a pris un grand plaisir à redistribuer les cartes pour nous conter sa fin d’un monde.

Cassez vous je ne suis pas câlin

COURT MAIS INTENSE

L’aspect mort-vivant n’est finalement pas tellement développé. Les victimes ne sont pas simplement des rôdeurs affamés mais des vecteurs d’une malédiction qui veut la mort de toute chose. On passera rapidement sur l’aspect incongru et irréaliste du mode de propagation. Le but est ailleurs, comment des héros, habitués à triompher de leurs adversaires à coups de poing, vont pouvoir lutter face à un ennemi insaisissable, qui se répand à la vitesse de la lumière et qui les obligent à se dresser face à leurs anciens alliés ? Tom Taylor réussit parfaitement le challenge de conter le dernier combat désespéré des plus grands héros de DC, il réussit en quelques deux cents pages à mettre en scène l’apocalypse de manière grandiose. Un souffle épique balaie les sept numéros de cette mini-série. Pourtant aussi maîtrisée que soit son scénario, certaines situations auraient mérité plus de développement. On sent parfois que l’auteur aurait voulu s’attarder sur des scènes comme la bataille des amazones ou la chute d’Atlantis mais il fallait que le récit tienne en sept numéros alors des choix ont dû être faits.

SANGLANTS CROQUIS

Trevor Hairsine assure la majeure partie de la partie graphique. Un artiste que j’ai tendance à trouver brouillon mais il faut reconnaître qu’il s’en sort plutôt bien lorsqu’on lui laisse le temps. Les infectés sont très détaillés, écorchés et sanguinolents, contrairement aux arrières plans mais c’est souvent le cas dans les comics américains. On trouve aussi les dessins de James Harren en complément pour le premier numéro ainsi que Darick Robertson et Laura Braga pour un épisode spécial. Le titre parvient à conserver une hégémonie artistique, malgré des styles très différents, puisque ces artistes talentueux ne sont là que pour illustrer des interludes.

Superman tient la tête d’affiche grâce à une écriture fine et touchante

Dceased a donc tout du divertissement honnête, sans réel propos de fond mais avec un sens de l’héroïsme et du sacrifice qui revient aux fondamentaux du rôle de super-héros. Le tout au service d’une intrigue tendue de la première à la dernière page. Une nouvelle déclinaison de l’univers DC qui ravira tous les amateurs de récit apocalyptique qu’ils soient passionnés par l’univers de DC ou pas.

Résumé:

Darkseid a de nombreuses fois tenté de conquérir la Terre et de réduire à néant les super-héros qui la défendent.

Mais aujourd’hui, il y est parvenu. Lors d’un combat contre la Ligue de Justice, le seigneur d’Apokolyps a déchaîné toute la puissance de l’équation d’anti-vie, faisant ainsi du monde un enfer habité d’individus contaminés et hystériques qui se dévorent les uns les autres. Et face au chaos planétaire de l’anti-vie, les héros sont aussi vulnérables que désemparés.

*un crossovers est la rencontre entre différents héros d’un même éditeur ou d’une autre maison d’édition autour d’une histoire commune souvent conté dans une mini série dédié

*le retcon est une pratique scénaristique qui consiste à insérer de nouveaux éléments dans le passé d’un personnage. Le terme est issue de la contraction de rétro continuité. Le meilleur exemple est la création du personnage d’Elektra dans le comics Daredevil par Franck Miller.

Bloodborne tome 3 le chant des corbeaux, une mélopée ésotérique et hermétique

Alors que les joueurs attendent désespérément un nouveau volet, l’univers de Bloodborne continue d’exister à travers cette adaptation en comics publié par titan comics aux U.S.A et par Urban comics en France.

C’est déjà le troisième volume de cette adaptation et la formule commence à être rodé. Le scénariste Aleš Kot s’empare d’un personnage ou d’un concept présenté dans le jeu vidéo de From software et le met en scène sur quatre numéros mensuels avant de passer à un autre.

SOLITUDE ET INTROSPECTION INTÉRIEURE

Bloodborne possède un univers riche où Lovecraft côtoie l’angleterre du XVIII siècle mais le jeu a également la réputation d’avoir l’intrigue la plus cryptique parmis la production vidéo-ludique. Les lecteurs qui espèrent des éclaircissements sur l’univers ou l’intrigue risquent d’être déçus. Difficile de savoir quelle est la part personnelle apportée par le scénariste mais nul doute qu’il doit respecter un cahier des charges précis de la part des créateurs du jeu vidéo. Et parmis ces charges doit certainement figurer celles de signer une intrigue la plus ésotérique possible, au risque de perdre un peu le lecteur. Le second tome se penché sur la fameuse église du remède, l’un des antagonistes du jeu, et proposait une intrigue plus terre à terre, centrée sur les dérisoires ambitions humaines.

L’intrigue de ce tome est plus introspective et solitaire. On suit Eileen, la traqueuse de chasseurs fous, durant son errance à travers une Yharnam enneigée. Pas de dialogues, juste les ruminations mentales d’Eileen alors que sa santé mentale se détériore et que le voile de la réalité se fissure de plus en plus. Une intrigue qui a le mérite d’être fidèle à la création de Miyasaki mais qui laisse cependant un goût d’inachevé. Quant au lecteurs qui découvriront l’univers de Bloodborne avec ce comics, ils pourraient bien rester bloqués aux portes de la ville derrière un haut portail en fer forgé vu l’hermétisme de l’oeuvre.

PLANCHES DE SANG

En ce qui concerne la partie graphique, j’avoue avoir été déçu par les premières planches de Piotr Kowalski dans les premiers tomes, j’attendais un style plus organique, plus gothique. Les croquis de Kowalski me semblaient trop éthérés et figés pour représenter l’univers glauque et dangereux de Bloodborne. Mais force est de reconnaître que l’artiste livre des planches d’une grande beauté et moins gore que précédemment, sa représentation de Yharnam sous la neige sont splendides et la lune de sang omniprésente éclaire les pages d’une lumière écarlate et inquiétante. L’architecture labyrinthique de la ville transparaît dans les cases tout comme l’ambiance glauque instaurée par le jeu vidéo. Sur ce point là en particulier l’oeuvre est une réussite.

Après trois tomes et douze numéros, il faut reconnaître que l’adaptation de Bloodborne en comics est une semi-réussite. Le scénario est cryptique, tout comme l’œuvre originale, mais ne propose pas malheureusement ses différents niveaux de lecture et d’interprétations, les planches magnifiques de Piotr Kowalski offrent un voyage graphique qui ne pourra ravir que les fans déjà conquis par l’univers de Bloodborne.

Résumé: Eileen le Corbeau traque une espèce de monstres bien particuliers : ses pairs corrompus par une vie de Chasse. À l’oeuvre avec l’un d’entre eux, elle le laisse cependant prendre la fuite. Empoisonné et guidé par ses instincts bestiaux, le fugitif rôde en ville, entassant les corps sur son passage. Au même moment, le voile de la réalité menace de se déchirer à Byrgenwerth. À la recherche du chasseur, Eileen se débat avec sa propre santé mentale et ces visions qu’elle ne comprend pas. Le sang et la mort envahissent Yharnam et ceux qui la suivent…

  • Public : 15+
  • Collection : URBAN GAMES
  • Date de sortie : 13 mars 2020
  • Pagination : 112 pages
  • EAN : 9791026818526
  • Contenu vo : Bloodborne vol.3 A Song of Crows (#9-12)
  • Voir fiche série

Batman: detective tome 2 : médiéval, des chevaliers en carton-pâte

Peter Tomasi est un auteur de comics qui est parvenu à me séduire grâce à deux séries qu’il a écrite pour DC, Batman et robin et, plus récemment, superman. Ses dialogues sont un délice et il n’a pas son pareil pour tisser des liens parentaux forts entre les héros emblématiques de l’éditeur de comics et leurs héritiers.

Il reprend la série Batman: detective, une énième itération consacrée au chevalier noir de Gotham, après le run ambitieux de James Tynion IV déjà publié par urban en sept volumes. Le premier volume du run de Tomasi, intitulé mythologie, développé l’idée d’un batman constamment sur le qui-vive, anticipant les situations avant qu’elles ne se présentent. Un batman que l’on peut voir à peu près partout depuis une bonne décennie et le scénariste semblait vouloir poursuivre dans cette voie héritée de Grant Morisson et Scott Snyder.

BATMAN EST L’ENNEMI

Dans ce second volume le scénariste recycle une idée que l’on a déjà pu lire dans les précédentes séries consacrées au protecteur de Gotham. Une idée qui consiste à placer Batman face à des ennemis qui remettent en cause son existence et son concept même de justice. Les antagonistes ne peuvent plus se contenter d’être des mafieux ou des fous dangereux, ils doivent mettre batman face à ces contradictions et faire trembler les fondations de son univers. Ainsi Snyder dévoilait l’existence d’une société secrète, la cour des hiboux, qui remettait en cause la connaissance que Bruce Wayne pensait avoir sur la ville qu’il considère comme la sienne. James Tynion IV créait le syndicat des victimes, et même si ses membres se sont révélés plus complexes que ne le laissait prévoir leur première apparition, l’idée est là: instiller l’idée que batman est plus néfaste pour Gotham que bénéfique. Pourtant dans l’intrigue qui nous intéresse aujourd’hui aucun élément nouveau ou original ne vient épaissir le propos du scénariste, qui semble ici en petite forme.

Batman se retrouve donc encore une fois face à un ennemi qui, en plus de posséder autant de ressource technologique que lui, a su fédérer autour de lui des ennemis de Batman de seconde zone connu pour leurs ego démesurés. Mais même en passant au-dessus de ces incohérences le récit manque d’entrain et de consistance. Le scénariste semble en roue libre et ne paraît pas savoir où mener son histoire ni comment lui donner de l’ampleur. Le fait de retrouver le tandem père-fils avec batman de nouveau accompagné de Damian Wayne ne suffit pas à rendre l’intrigue intéressante même si Tomasi excelle toujours à écrire le dynamique duo.

UN TRAVAIL GRAPHIQUE SOIGNÉ

Aux crayons on retrouve Brad Walker, qui signe ici un travail correct mais sans génie non plus. Les couleurs sont assurées par Nathan Fairbairn et David Baron, le rendu donne au comic un aspect rond ,gentillet, au ton colorés voir flashy, bien loin de l’aspect nerveux et sombre de la précédente série detective comics. Un choix qui contribue à donner une identité visuelle propre à ce nouveau run.

Ce second tome me prouve une fois de plus qu’il n’y a pas de valeur sûre. Que ce soit en littérature, en musique ou dans le septième art ce n’est pas parce qu’un auteur nous a captivés avec une histoire, un album ou film qu’il faut pour autant se jeter sur sa nouvelle œuvre car le risque d’être déçu est toujours présent. Une leçon que je n’ai pas finie de recevoir malheureusement.

Résumé: Après avoir passé un test dans un simulateur où chaque année Batman exorcise ses démons et se confronte à sa propre mort, Bruce Wayne reprend la mission de sa vie : protéger Gotham.
Mais l’apparition d’un mystérieux chevalier vêtu d’une armure lourde, armé d’une épée et visiblement très au fait des activités de l’homme chauve-souris, va lancer une véritable joute : le Chevalier Noir contre le Chevalier d’Arkham !

SCÉNARISTE : TOMASI PETER – DESSINATEUR : Brad Walker

Black science de Rick Remender et Mateo Scalera

Synopsis: Grant McKay, fondateur de la Ligue Anarchiste Scientifique, a accompli l’impensable en créant le Pilier, un artefact capable de plier les arcanes de la Science Interdite à sa volonté et offrant à l’humanité la possibilité de voyager à travers les dimensions. Seul problème : un incident technique est venu perturber la première expédition avec pour résultat de piéger Grant, ses deux enfants et son équipe de scientifiques entre les dimensions de l’Infinivers, à la merci de mondes plus hostiles les uns que les autres. Seule solution face à l’inconnu : aller de l’avant.

Je suis en train de tomber amoureux…de l’application izneo et des nombreuses offres qu’elle propose. En l’occurrence les éditions urban proposent une réduction sur sa collection urban indies, qui regroupe plusieurs comics indépendants écrits par les grands noms de l’industrie du comic book en creator-owned, c’est-à-dire que leurs créations leurs appartiennent entièrement ce qui n’est pas le cas lorsqu’ils écrivent pour les big two, Marvel et DC.

L’offre initiale concerne les trois premiers tomes de chaque série mais les huit premiers tomes de la série dont je vais vous parler sont tous proposer au tarif dérisoire de 2,99 € ce qui signifie que vous pouvez accéder aux trente premiers épisodes pour moins de 23,92 €. Mêmes les épisodes uniques à la parution hebdomadaires vendues dans les comics shops américains coûtent plus cher. L’occasion était donc trop belle pour passer à côté de ce comic qui me faisait de l’oeil depuis un moment.

Black science donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit ,comme ne le laissait pas deviner le titre de l’article. En lisant le premier épisode une référence évidente va venir à l’esprit des lecteurs, en tout cas des trentenaires, ce sera la série sliders qui narrait les mésaventures d’un groupe d’explorateurs perdus dans les dimensions mais en vérité l’héritage remonte à plus loin que ça. Grant Mckay et ses compagnons d’infortune s’inscrivent dans l’héritage laissé par Homère et son Odyssée. Black science est donc une modernisation d’une épopée bien connue dans laquelle le scénariste y poursuit l’étude de son thème fétiche.

Le comic est mené d’une main de maître par le scénariste Rick Remender. Ce dernier fait partie de ces scénaristes qui se passionnent pour un thème qu’ils vont développer tout au long des différentes œuvres qu’ils écrivent en y mettant beaucoup d’eux-mêmes. Le thème favori de Remender ? La paternité, désirée ou non, et son corollaire, l’éducation que l’on transmet à notre descendance et comment celle-ci influence le caractère et le devenir de nos enfants. C’est un thème fondateur pour cet auteur. On le retrouve dans la plupart de ses oeuvres, que ce soit en creator-owned, dans les séries Fear agent ou Low, ou bien dans ses runs pour Marvel sur uncanny avengers ou uncanny x-force. Le portrait qu’il dresse de son personnage principal, Grant Mckay, est loin d’être élogieux, mari volage et père absent. Il fait aussi preuve d’une certaine arrogance, jugeant que son génie et son travail l’exempt de ses responsabilités familiales. Un personnage à déconstruire donc, ce que Remender va s’employer à faire au travers d’un périple sans temps morts où le danger est présent à chaque croisement.

Le rythme est effréné, rappelons que Remender n’a qu’une vingtaine de pages par épisodes pour faire avancer son récit. Tout va donc très vite. L’auteur a recours à une technique courante dans les comics, la double narration. Pendant que les bulles de dialogues vont se centrer sur ce qui se passe à l’instant, des cases de monologue intérieur vont nous permettre de faire connaissance avec le personnage en tête d’affiche de l’épisode et ses tourments intérieurs. Un choix qui s’explique par l’aspect compressé du récit et le manque de pagination mais c’est le système des comics américains qui veut ça. C’est une technique que j’ai toujours trouvée un peu indigeste mais cela n’enlève rien à l’ingéniosité du scénario et la maîtrise de son scénariste. L’autre défaut que je pourrais faire ne concerne pas la série directement, il est inhérent à la lecture d’un comic sur tablette et je ne suis sans doute pas le seul à l’avoir expérimenté. Les auteurs de comics adorent étaler la lecture sur des doubles pages où la narration se fait horizontalement d’un bout à l’autre de la double page. Cette technique est souvent bluffante en version physique mais elle perd beaucoup de son effet sur tablette malheureusement.

Enfin je ne pourrais pas clore cet article sans parler du talentueux Mateo Scalera dont les dessins énergiques et colorés permettent aux idées les plus folles du duo de prendre forme. Vous voulez trembler pour le sort de nos héros tout en les regardant sauter du haut d’une tortue géante sur lesquelles ont été bâti des cités maya ? Vous voulez lire leur infiltration d’un camp d’amérindiens disposant d’une technologie futuriste en pleine guerre mondiale ? Scalera offrent tout ceci à ses lecteurs ébahis et tout ça dans le premier tome de la série. Les mondes parallèles s’enchaînent tandis que nos dimensionnautes, comme ils s’appellent eux-mêmes, font face à leurs erreurs, parfois mortel.

Black science est donc une excellente surprise, qui vient de s’achever au U.S.A. au numéro 42, dont je n’ai pas encore découvert tous les rebondissements de son intrigue à tiroir. Voilà pourquoi vous m’excuserez sans doute de vous quitter sur cette conclusion un peu abrupte pour me remettre à la lecture de ce passionnant comic.

26 comics delcourt à découvrir gratuitement

Comme de nombreux autres éditeurs depuis le début du confinement, delcourt a décidé de mettre à la disposition des lecteurs les premiers tomes de ces séries les plus emblématiques.

Pour en profiter il suffit d’être détenteur d’une liseuse style Kindle ou kobo ou de télécharger une application de lecture de comics et de créer un compte, l’offre de delcourt apparaîtra très vite. Pour ma part je me suis servie de izneo. Une application à l’utilisation simple doté d’un menu attrayant et d’une interface fluide.

L’offre de delcourt permet à tous les amateurs de bandes dessinées de profiter des tomes 1 de nombreuses séries. L’offre regroupe 26 comics en tout et parmi eux on retrouve certains titres prestigieux. En tête the walking dead de Robert Kirkman mais aussi les autres séries de ce dernier tel que invincible, oblivion song, le maître voleur, techjacket et les gardiens du globe.

Mais l’offre ne s’arrête pas là et propose aussi de découvrir le riche univers de Mike Mignolia avec Hellboy et sa série dérivée B. P. R. D. Todd McFarlane est également au rendez-vous avec ses héros maudits Spawn et Haunt, tandis que Ed Brubaker colore les cases du neuvième art d’un noir d’encre avec ses séries Criminal et Velvet qui n’ont rien à envier aux polars littéraires les plus sombres. Kill or be killed complète cet univer avec une touche de fantastique en prime.

Cette offre inespérée vous permettra également de découvrir la magnifique série de Mark Waid, Irrecuperable, une relecture sans concessions du mythe de Superman. Si vous ressentez l’envie de vous plonger dans la suite de cette saga terriblement addictive vous aurez l’agréable surprise de découvrir les 6 autres tomes au prix de 9,99 euros. Le tout formant une saga complète.

Enfin l’offre ne serait pas complète sans la participation du génialisme scénariste et dessinateur Terry Moore avec deux de ses œuvres, Rachel Rising et surtout son chef d’œuvre Stranger in paradise que delcourt propose sous forme d’intégrale atteignant les 600 pages. L’offre permet donc d’acquérir ce pavé afin de faire connaissance avec Katchoo et Francine, sans doute le duo le plus drôle et touchant de la bande dessinée américaine.

À noter que cette offre est disponible jusqu’au premier juin 2020.

Mister miracle de Tom King et Mitch Gerads

Résumé :Élevé sur Apokolyps, planète-usine sous le règne de l’implacable Darkseid, Scott Free réussit l’impensable : échapper à ses geôliers pour rejoindre la Terre où il rencontra son mentor, un artiste de l’évasion officiant sous l’alias de Mr Miracle dont il reprendra l’identité. Depuis, aucun barreau, aucune entrave, aucune prison, ne put retenir prisonnier Mr Miracle, symbole d’une liberté retrouvée. Mais que se passe-t-il lorsque l’artiste de l’évasion ultime se trouve aux prises avec une nouvelle forme de captivité : la dépression

Chronique : Étant un lecteur assez mitigé du run de Tom King sur Batman, je n’ai pas réagi avec beaucoup d’enthousiasme à l’annonce de sa mini-série consacrée à Scott Free, alias mister miracle, mais celle-ci étant plébiscitée par nombre de site consacrés aux comics je me suis laissé tenter.

Et je dois avouer que ce fut une bonne surprise. Tom King parvient à ménager le lecteur entre divertissement et réflexion profonde. Les dialogues sont fluides et la narration visuelle établie par Mitch Gerads et à la fois simple et complexe avec ses pages gaufrier régulière où apparaissent les personnages de manière brouillés comme si mister miracle se trouvait sur la mauvaise fréquence.

Tom King fait partie de ses auteurs pour qui les personnages doivent servir le récit et non l’inverse. Ici king met en avant le thème de la dépression, mister miracle se sent coincé dans une vie de laquelle, ironie du sort, il ne parvient pas à s’échapper. Sa relation avec big barda est subtilement contée, le couple est touchant et crédible. Scott Free est un héros, un homme, partagé entre deux mondes où il se sent étranger dans chacun d’eux. Le traumatisme laissé par son éducation sur Apokolips ne le laisse jamais en paix, illustré par les auteurs par les cases noires où transparaît le leitmotiv « Darkseid est » comme un rappel incessant de la menace mortelle qui plane sur notre héros.

En plus de cette plongée intime dans l’esprit d’un homme perturbé, King ajoute un sous texte métaphysique sur le médium du comics notamment à travers le personnage parodique de funky flashman qui fait clairement référence à Stan Lee. Les références à l’œuvre de Jack Kirby, le créateur de mister miracle, sont nombreuses et apporte un supplément d’âme à une œuvre déjà riche en plus d’être un superbe hommage à l’œuvre de ce grand maître des comics.

Le récit, auréolé de deux Eisner Awards, est une œuvre éminemment personnelle où les auteurs y ont mis une grande part d’eux même et cela transparaît à chaque page. Que tous ceux qui sont effrayés à l’idée de mettre un pied dans le vaste univers DC se rassurent, l’œuvre est tout à fait accessible aux néophytes des comics. Non seulement le récit est bien plus qu’un récit de super-héros mais en plus les éléments de la saga des néo-dieux, créé par Jack Kirby, sont suffisamment bien expliqués pour permettre à chacun de profiter de l’histoire.

Ton King et Mitch Gerads offrent un récit riche et généreux en réflexion diverses, doublé d’un hommage réussi à Jack Kirby, tout en restant accessible au profane.

Note : 9/10

Éditeur Urban Comics Editions
Date de publication 30 mai 2019
Langue Français
Longueur du livre 301
ISBN-13 979-1026815167

Klaus – Tome 02 de Grant Morrison et Dan Mora | 30 octobre 2019

Une reine des glaces sans âge commandant une armée de bonhommes de neige robots construits en bois magique. Une société de soda voulant à tout prix faire de Noël une marque commerciale, sur l’ordre d’un double maléfique… Rien d’autre qu’une journée ordinaire dans la vie de Klaus, l’homme qui est devenu celui que l’on appelle Santa Claus : le Père Noël !

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Chronique : Prenez courage ! Klaus  tome 2 est si bon que tu peux le lire à tout moment de l’année ! En fait, vous devriez le lire en tout temps de l’année !  Dans la premiere partie  le Père Noël doit revenir d’une guerre sur la Lune ( ?!!?) pour sauver les enfants kidnappés par la sorcière de l’hiver. Il est clair que nous sommes entrés dans un nouveau territoire lorsque le Père Noël a commencé à combattre des monstres de glace sculptés par Geppetto (de la renommée de Pinocchio). Tout cela mène à un point culminant  à l’intérieur de l’une des vieilles usines du Père Noël avec les compétences artistiques sans précédent de Dan Mora qui s’épanouit dans de nombreuses pages.

Et ce n’est même pas le meilleur conte de cette collection ! La deuxième histoire met en scène Xmasville, une ville entièrement composée de pères Noël ayant subi un lavage de cerveau qui a permis à Pola Cola de dominer le monde. Une vision bizarre des profondeurs dans lesquelles le marketing d’entreprise ira devient encore plus bizarre lorsqu’il est révélé qu’un univers alternatif Santa a sucé l’imagination des enfants pour propulser Xmasville au pouvoir. Bientôt, le Père Noël arrive pour combattre les extraterrestres, détruire le Père Noël maléfique et sauver les enfants avant que leur créativité ne soit aspirée.

Ces deux histoires passent un temps non négligeable à étendre le monde de Klaus, de ces mentions d’une guerre lunaire aux révélations sur les multiples pères Noël qui existent. Encore et encore et encore dans ces histoires, la créativité sans fin de Grant Morrison n’a d’égal que l’art incroyable de Dan Mora. Je suis sûr de l’avoir dit dans le premier tome et je le répète ici : même si vous n’êtes pas sûr de lire les BD du Père Noël, prenez ce volume de Klaus simplement pour regarder  les belles illustrations de Mora. Et avec ce volume en particulier, il vaudrait la peine que vous preniez le temps de lire aussi.

Note : 9,5/10

 

  • Album : 128 pages
  • Editeur : Glénat Comics (30 octobre 2019)
  • Collection : Comics
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2344038655

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The new teen titans volume 1 / urban comics

Synopsis :Robin, Wonder Girl, Kid Flash, Changelin : autrefois, ils étaient les jeunes assistants des plus grands super-héros de la Terre, mais aujourd’hui, devenus de jeunes adultes, ces justiciers décident de reformer leur groupe des Teen Titans avec l’aide des nouveaux venus Raven, Cyborg et Starfire.

Chronique : Longtemps la série des teen titans à fait partie chez DC comics des séries à fort potentiel mais dont les ventes décevantes ont condamné l’avenir avant même qu’il ne soit écrit. Mais dans le monde des comics un concept ne meurt jamais il attend juste que les bons auteurs se penchent dessus. Et, par chance, c’est ce qui arriva aux jeunes titans. Marv Wolfman et George Perez ont lancé une nouvelle série dédié aux jeunes sidekicks au début des années 80. Série qui connut un succès retentissant, au point que la série faisait jeu égal avec les X-men, la série rivale de la maison des idées. Malheureusement ces épisodes sont longtemps resté inédits en France, un outrage qu’urban rattrape aujourd’hui.

Malgré ma joie de retrouver les débuts de cette équipe mythique il faut avouer que la lecture des neufs premiers épisodes fut assez laborieuse. Les épisodes sont ancrés dans leur temps la narration est lourde et répétitive, les retournements de situations sont abrupts et mal amenés et les personnages sont des monuments de naïveté. La découverte des aventures de Robin et ses compagnons s’engageaient assez mal.

Heureusement la situation s’améliore à partir de l’épisode 10. Les pérégrinations de nos héros restent toujours aussi farfelues, les auteurs enchaînent les clichés proprent aux comics des années 80 avec les méchants nazi ou encore les membres de la ruche, incapable de se déplacer sans leur bure de moine. Mais la narration s’est faite plus fluide et les auteurs ont fait de la naïveté de ces héros une caractéristique de la série permettant de développer le caractère des personnages. Le scénariste Marv Wolfman a compris qu’il fallait mettre l’accent sur la vie privée de ces jeunes super-héros pour captiver les lecteurs.

Les premiers éléments de la mythologie des teen titans, qui perdurent encore aujourd’hui, se mettent en place dans ces 16 premiers épisodes. On retrouve donc l’assassin Deathstroke, les liens de changelin avec la doom patrol, la menace de trigon et d’autres encore. L’affirmation de soi et l’opposition aux adultes sont au centre des préoccupations de nos jeune héros, des thèmes bien trouvés pour une série destiné à un public d’adolescents.

Grâce à urban et leur édition toujours soigné, les lecteurs d’aujourd’hui vont pouvoir partir à la rencontre de cette série qui a marqué l’histoire de DC comics.

Note 7/10

SCÉNARISTE : WOLFMAN MARV – DESSINATEUR : PÉREZ GEORGE
Public : 12+
Collection : DC Essentiels
Date de sortie : 30 août 2019
Pagination : 464 pages
Contenu vo : THE NEW TEEN TITANS #1-16, DC Comics Presents #26

SIMON’S CAT: QUELLE VIE DE CHIEN! de Simon TOFIELD | 14 novembre 2019

Alors qu’il patrouille sur son territoire, Simon’s Cat découvre la vie de nombreux chiens de son quartier, avec notamment au programme : des caniches fous, un bouledogue amoureux et un groupe de chiots espiègles.
Dans le style et l’esprit qu’on lui connaît dans ses illustrations, Simon Tofield capture remarquablement bien les habitudes drôles et décalées des différentes races de chiens, ainsi que les rencontres avec leurs homologues félins.

Achat du livre : https://amzn.to/2rHnGkm

Chronique : C’est ainsi que nous arrivons à la dernière édition de Simons Cat – maintenant je suis le premier à admettre que ces livres ne sont guère difficiles à lire sans mots et sans caricatures simples d’une seule page ou même d’un seul volet – mais quiconque a possédé (ou appartient) un chat reconnaît instantanément de nombreux traits et personnalités représentés dans ces pages.

Mais cette fois-ci, il y a un rebondissement – maintenant Simons Cat explore le monde des chiens avec tous leurs différents plans, personnalités et interactions avec les chats. Ce que vous avez ici est un regard jovial et léger sur la vie des chiens (et comment les chats les gouvernent).

J’ai suivi Simons cat dans toutes ses nombreuses histoires et ça m’étonne toujours qu’il y ait des histoires nouvelles et amusantes à raconter – mais encore une fois quand je regarde mon chat et je réalise que chaque jour le potentiel pour que quelque chose de nouveau et d’étrange arrive est juste là à mes pieds…

Note : 9,5/10

  • Album : 128 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (14 novembre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265144290

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