The Boys Chère Becky de Garth Ennis et Russ Braun, sortez les mouchoirs…

Il est temps de parler du comics le plus intelligent et romantique que je n’ai jamais lu…

Là normalement tous ceux qui ont un jour lu un épisode de la série The Boys de Garth Ennis devraient hausser les sourcils. Les qualificatifs que je viens d’employer pour parler de cette série de comics ne sont pas ceux qui reviennent le plus souvent lorsqu’on l’évoque. Les lecteurs ont plutôt tendance à utiliser les mots trash, irrévérencieux, violent ou sanglant. Mais ce serait s’arrêter à la surface de ce que ce récit offre en niveau de lecture. La critique d’Ennis sur le complexe militaro-industriel est pertinente tandis qu’avec les personnages d’Hughie et Annie il écrit l’histoire d’amour la plus touchante que j’ai eu l’occasion de lire.

Ce comics est un chef-d’œuvre, sans concessions l’une des œuvres marquantes des comics. Aussi lorsque j’ai vu que l’auteur remettait le couvert pour un épilogue à ce chef-d’œuvre, intitulé Chère Becky, je n’ai pas hésité.

Croyez-moi c’est l’une des images les moins trash

Ma première déconvenue apparue lorsque je me rendis compte que le co-créateur de la série, Darick Robertson, ne signait que les couvertures. L’artiste qui le remplace, Russ Braun, possède un trait plein similaire au sien mais plus dépouillé dans les expressions et avec un soupçon de grâce en moins qui me fait regretter Robertson.

Ces deux là sont toujours aussi choupinou…

L’objectif de cette histoire est de mettre en avant le personnage de Becky, la compagne défunte du terrifiant Butcher, tout en offrant un happy end au couple Hughie-Annie. Le tout saupoudré d’une critique acerbe de notre société excrément polarisé et d’une enquête de la fine équipe comme au bon vieux temps. Cet enrobage est malheureusement ce qui constitue le défaut du récit, l’enquête des Boys se révèle peu passionnante et redondante. Elle ne décolle jamais vraiment et représente le point faible du récit. Le discours d’Ennis sur notre société est comme le sel que l’on ajoute sur la plaie béante d’un ennemi, ça fait plaisir mais ce n’est pas indispensable alors qu’auparavant il parvenait à l’intégrer au récit.

Quelle plaisir de retrouver l’équipe au complet malgré tout

Il reste donc le récit miroir de deux couples qui s’aiment. Les confidences posthume de Butcher résonnent dans l’esprit d’Hughie et remettent en question sa vision des choses tout en mettant en avant son traumatisme. Les années qu’il a passé en compagnie de Butcher et sa bande l’on marqué au-delà de ce qu’il était capable d’imaginer et ont encore des répercussions sur sa relation de couple. Les dialogues qui mettent en scène ce duo sont une vraie réussite, Ennis aime ces personnages et cela se ressent à l’écriture. La complicité entre Hughie et Annie est drôle et émouvante lorsque l’on sait à quel point ses deux personnages reviennent de loin tandis que les passages qui mettent en scène Butcher et Becky permettent de se rendre compte de la perte qu’il a subi.

Butcher époque romantique

Cet épilogue aurait pu être une excellente lecture s’il avait été resserré sur 5 ou 6 épisodes au lieu de 8. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un histore généreuse en écriture et qui offre un joli récit sur la résilience.

Impossible de conclure sans évoquer le meilleur personnage secondaire, j’ai nommé Bobbi 1,90 pour 100 kilos de bonne humeur !

Résumé: Douze ans après la fin de The Boys, Hughie retourne en Écosse, où il compte enfin épouser Annie en compagnie de ses amis et de sa famille. C’est sans compter l’apparition d’un étrange document, qui menace de réveiller le passé de Hughie et de gâcher sa vie. En effet, Hughie ignorait une histoire à propos de ses anciens équipiers, aujourd’hui il va la découvrir, que ça lui plaise ou non. 

  • Éditeur ‏ : ‎ Panini; Illustrated édition (14 avril 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 160 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2809495874
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2809495874
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 590 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 17.1 x 1.3 x 26 cm

Plunge de Joe Hill et Stuart Immonen, plongée en eaux troubles (ok elle était facile)

On continue la lecture des comics horrifiques écrit par Joe Hill, si vous ne le savez pas encore il s’agit de nul autre que du fils de Stephen King, l’éditeur DC lui a créé son propre label de comics Hill house comics pour que l’auteur puisse librement s’exprimer au travers de récits indépendants mais qui partage tous la même essence horrifique.

J’étais particulièrement impatient de découvrir ce second récit que nous propose Urban comics. Après l’excellent Basketful of heads il me tardait de voir ce qu’allait donner la plume de l’auteur lorsqu’il la trempe dans l’encre sombre des profondeurs marines.

Ce soir au menu c’est fricassée de poulpe

Et bien même si je dois reconnaître des qualités à cette aventure maritime je dois admettre qu’elle ne m’a pas autant convaincue que le précédent récit. Je m’attendais à une exploration des fonds marins glaçante d’effroi, je me suis retrouvé à légèrement grelotter sur les plages d’un atoll russe en compagnie de « zombies » qui passe le temps à résoudre des équations mathématiques. Alors que je m’attendais à partir à la découverte d’une épave dans une atmosphère angoissante j’ai dû assister à la capture rapide de nos héros par une bande de revenants peu ragoûtants certes, mais sans envergure. L’aspect Lovecraftien du récit survient trop tardivement pour relancer l’intérêt, à ce moment-là l’auteur m’avait déjà perdu dans l’une des décimales de PI.

Des scènes d’exploration comme j’aurais voulu en avoir plus

Déception encore concernant les personnages. Ils sont trop nombreux, tout simplement. C’est là que le choix de produire des récits en six numéros qui ne totalisent même pas 200 pages montre ses limites. Difficile de s’attacher à cet équipage hétéroclite en si peu de temps. Il m’a fallu trois numéros pour comprendre que Moriah et Bill étaient en couple sans que je ne parvienne jamais à les imaginer ensemble. Le capitaine Carpenter est le personnage le plus mémorable et attachant avec sa gouaille, son physique d’ours et son entrée en scène dans le premier épisode que l’on peut qualifier de trivial et qui offre l’un des rares moments d’humour du récit. Son charisme éclipse les autres personnages, y compris ses propres frères et la brave Moriah. Là où Basketful of heads se focalisait sur un personnage et une narration électrique, Plunge au contraire multiplie les explications sans éviter certaines incohérences ou qui rendent la lecture brouillonne au final.

Devine qui c’est ?

L’excellent Stuart Immonen assure la partie graphique. Le spectre des couleurs est largement occupé par le bleu sombre, ce qui n’empêche pas l’artiste de signer des planches d’une redoutable efficacité. Les eaux glacées de l’océan Pacifique ont rarement été aussi bien reproduite dans les pages d’un comics, on sentirait presque l’air marin et l’iode. Son trait épais et sombre se prête merveilleusement à ce récit tout en pénombre et faux semblant.

Les couvertures raconte également une histoire

S’attendre à quelque chose lorsque vous débutez un récit puis voire ses attentes de lecteurs être malmené c’est une chose qu’il faut parfois savoir accepter. Après tout rien n’oblige l’auteur à combler nos attentes, mais lorsque les personnages vous passent sous les yeux sans que vous ne parveniez à les retenir ou que le rythme de l’intrigue vous paraît bancal c’est qu’il y a un problème. Ce récit n’a pas su toucher mon cœur de lecteur mais il en sera peut-être autrement pour le suivant, Joe Hill est un auteur à l’imagination débordante je lui fais confiance pour me terrifier à nouveau.

Les variant cover de Gary Franck sont également un régal

Résumé: Au lendemain d’un tsunami, on détecte au large du détroit de Béring le signal de détresse du Derleth, un navire d’exploration scientifique… disparu depuis 40 ans. Le biologiste marin Moriah Lamb rejoint l’équipe de remorqueurs d’épaves missionnée par Rococo International, un groupe privé très intéressé par la cargaison du Derleth. De même qu’il est heureux que les mystères de l’univers soient inaccessibles à l’entendement humain, certains secrets devraient quant à eux rester immergés dans les abysses du cercle arctique.

  • ASIN : B08W6QD84K
  • Éditeur : URBAN COMICS; Illustrated édition (28 mai 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 168 pages
  • ISBN-13 : 979-1026828389
  • Poids de l’article : 700 g
  • Dimensions : 18.8 x 1.6 x 28.2 cm

Porchery – 11 mai 2021 de Tyrone Finch & Mauricet

Lorsque des cochons infernaux menacent l’humanité, Ellis et Zoey n’ont d’autre choix que de les anéantir un à un.

Achat : https://amzn.to/3eBUSzL

Chronique : Porchery donne un coup de poing à chaque page. Un voyage surnaturel au-delà de la Ferme des animaux, qui nous entraîne dans l’horreur de L’île du docteur Moreau. C’est différent de tout ce que vous avez déjà lu « À la page 20, c’était déjà l’un des meilleurs romans graphiques que j’avais lus depuis des années. À la fin, c’était l’un de mes préférés. De tous les temps. Pour l’amour de Dieu, achetez-le. » La violence biblique rencontre un charmant cochon parlant dans cette aventure passionnante à travers les petites villes, la moralité et les plus grandes calamités de l’histoire. » Un concept d’horreur unique et des personnages fascinants, de la part d’une équipe de scénaristes/artistes dont le travail semble si facile qu’on pourrait croire qu’ils travaillent ensemble depuis des années. Que vous soyez un mangeur de bacon ou un végétarien strict, Porchery restera en vous. Je tire mon chapeau en signe d’admiration aux créateurs, et j’espère qu’ils n’obtiendront pas l’aide dont ils ont clairement besoin – afin que nous puissions avoir plus de bandes dessinées comme ça. À la fois comédie d’horreur, film d’action, histoire biblique et dix autres choses,ce roman graphique est intelligent, enjoué et complètement divertissant. Finch et Mauricet nous donnent de vrais personnages auxquels nous pouvons nous intéresser, ce qui n’exclut pas l’étrange cochon maléfique.

Note : 9,5/10

Éditeur : Les Humanoïdes Associés (11 mai 2021) Langue : Français Broché : 144 pages ISBN-10 : 2731633425 ISBN-13 : 978-2731633429

DCEASED Hope at world’s end de Tom Taylor et Marco Failla(entre autres), bien maigre espoir…

Une trinité de belle gueule

La saga DCEASED initié par Tom Taylor prend une ampleur insoupçonnée que DC comics et son éditeur français Urban comics mettent beaucoup en avant. Il faut dire que les récits post-apocalyptique où l’on assiste à la chute de l’humanité on toujours le vent en poupe. Ce nouveau volume nous invite à suivre de nouveau les héros dans leur lutte désespérée contre l’équation d’anti-vie qui a transformé la population, et certains héros, en zombies déterminés à répandre l’épidémie. Ce troisième volume apporte-t-il du renouveau à la saga ou se contente-t-il de surfer sur la tendance du moment ?

C’est le moment de paniquer !

Le problème de ce troisième volume ne vient pas de la qualité du récit en soi, Tom Taylor parvient à maintenir une tension palpable et une angoisse pour les personnages bien connus de l’univers DC grâce à un rythme soutenu et une bonne utilisation des personnages. Même si l’on peut constater qu’il se répète dans certaines scènes. La scène entre Stéphanie Brown et Damian Wayne en  rappelera une autre entre Catwoman et Batman dans le comics Injustice qui raconte une autre itération dramatique de l’univers DC et qui est aussi scénarisé par Tom Taylor. Un autoplagiat que j’ai interprété comme une paresse d’écriture mais de manière globale l’auteur est toujours aussi doué pour mettre en scènes ses personnages et leur accorder de la profondeur en quelques pages. L’intrigue reprend le même schéma que dans les tomes précédents, l’épidémie se répand à une vitesse effrayante et les héros doivent faire face du mieux qu’ils peuvent.

Bis repetita

Au niveau des dessins il y a boire et à manger. Si Marco Failla et Renato Guedes sont les artistes principaux on peut aussi admirer le trait superbe de Carmine Di Giandomenico, un artiste que j’aimerais voir plus souvent mais aussi Dustin Nguyen sur les premières pages ainsi que Karl Master pour un court récit dont on se demande ce qu’il fait là. L’ensemble est suffisamment homogène pour que la lecture reste harmonieuse. Le trait dynamique de Failla est celui que l’on retrouve le plus au cours des épisodes. L’artiste a un trait fin et cartonny qui correspond plutôt bien au trio de héros que l’on suit durant une partie du récit, à savoir les héritiers de Batman, Superman et Wonderwoman. Il n’y a que sur certains visages que l’auteur n’accorde pas assez d’attention et qui paraissent du coup bâclé.

Talia Al Ghul a pris cher là

Mon problème sur ce volume tient au rapport qualité-prix. Le travail éditorial d’Urban comics n’a rien de déshonorant, l’ouvrage est de qualité mais il n’en reste pas moins que l’on a l’impression de lire une série de courts récits qui aurait pu être incorporé au premier volume de la saga. Le récit qui met en scène flash est tellement court et n’a rien à voir avec le reste de l’album qu’il aurait pu être inséré dans les volumes précédents. On a l’impression d’enchaîner la lecture de backs-up, de courts récits que les éditeurs insèrent à la fin d’un numéro mensuel pour mettre en avant des aspects secondaires de l’intrigue, et qui finissent par former un récit cohérent. Mais le fait est qu’à 17 euros les 176 pages ça fait cher le récit secondaire. La passion des comics reste une passion onéreuse et je vous conseillerais plutôt d’attendre une réédition en intégrale plutôt que de vous jeter sur ce tome de la saga DCEASED somme toute assez dispensable.

Résumé: L’équation anti-vie a infecté plus d’un milliard de personnes sur Terre. De chaque côté de l’échiquier, héros comme vilains, nombreux sont ceux qui lui ont succombé. Immédiatement après la destruction de Metropolis, Superman et Wonder Woman mènent un effort pour endiguer la vague d’infection, préserver et protéger les survivants et essayer d’entrevoir la lumière au bout du tunnel. À l’heure la plus sombre de la Terre, l’humanité fait face à son plus grand défi, ne pas perdre espoir, quand tout semble déjà perdu.

  • ASIN : B08Q6SQW9F
  • Éditeur : URBAN COMICS (9 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 176 pages
  • ISBN-13 : 979-1026828549
  • Poids de l’article : 750 g
  • Dimensions : 18.7 x 1.7 x 28.3 cm

La Fleur de la sorcière – 6 mai 2021 de Enrico ORLANDI

Voici l’histoire d’une quête, celle de Tami, né très loin dans le sud. Dans son village, tous les garçons sont exilés lorsqu’ils atteignent l’âge de dix ans. Ils abandonnent leurs foyers et partent… Ils ne sont autorisés à revenir qu’une fois devenus des hommes.

Achat : https://amzn.to/3tqtA3i

Chronique : Nous sommes en Laponie et le petit Tami doit accomplir une mission pour devenir un homme. N’oubliez pas que le petit gars a dix ans et qu’il est seul au monde. Où ayant vaincu une créature surnaturelle, il est recueilli par un petit village nordique. Il a du mal à s’y habituer car tout le monde semble considérer comme acquis.

Malheureusement, le village est attaqué par la fille de la créature magique qu’il a tuée au début et lui, au lieu d’aider à le défendre, préfère poursuivre sa mission et rechercher cette fleur de sorcière fantôme.

J’ai apprécié l’histoire, bien qu’un peu tirée par les cheveux au début. J’aime le voyage intérieur de Tami, qui part de l’idée de devenir adulte pour arriver à la conclusion que rester un enfant n’est pas si mal.

Une jolie petite histoire dont les illustrations rappellent celles de Mathew Dow Smith.

Une excellente histoire de passage à l’âge adulte dans un pays qui m’a fait penser à la Finlande ou à la Russie, ou simplement à un endroit magique et très froid…
Il n’y a pas des tonnes de dialogues et c’est assez court donc ça ne devrait pas être trop pour un enfant qui ne veut pas d’un long livre.

Les illustrations vont bien avec l’histoire. J’aime particulièrement les dessins des personnages du démon et de la sorcière.

Note : 9,5/10

ASIN : B08TFC3LMC Éditeur : 404 Editions (6 mai 2021) Langue : Français Broché : 120 pages ISBN-13 : 979-1032404027

Basketful of heads de Joe Hill et Leomacs, ça va couper chérie !

À défaut de têtes j’ai mis un bon comics dans mon panier

Lorsque DC comics a permis au romancier Joe Hill, qui se trouve être aussi le fils de Stephen King, de créer son propre label de comics horrifiques je me suis demandé si cela n’était pas la meilleure nouvelle de l’année, bon en même temps ce n’était pas difficile vu que je l’ai appris en plein pendant le premier confinement. Après la lecture de ce premier comics la tendance se confirme, l’auteur de l’excellentissime Locke & key, va éblouir mes lectures de ces histoires terrifiantes.

Pourtant au départ le pitch de ce comics ne m’emballait pas plus que ça. L’histoire de cette jeune étudiante qui passe l’été sur une île de l’État du Maine, aux États-Unis, en compagnie de son petit copain et qui suite à l’évasion de quatre détenus va devoir défendre chèrement sa peau à l’aide d’une hache aux propriétés magiques me semblait un peu trop tiré par les cheveux. Je décidais mine de rien de faire confiance à celui qui a écrit Cornes et le costume du mort sans attendre autre chose de ma lecture qu’un slasher jouissif et pas prise de tête (vous l’avez ? )

Alors il est d’autant plus important que je remercie l’auteur pour cette histoire surprenante, qui prend une direction inattendue et dont la lecture réserve bien des surprises pour qui se laissera emporter par June au cours de cette sanglante nuit. Le premier épisode plante le décor de manière habile et nécessite une relecture immédiate pour en saisir tous les détails que l’on a manqués lors du premier passage. L’auteur s’amuse avec les clichés habituels des récits d’horreur, le shérif débonnaire mais autoritaire, le notable arrogant et veule, le petit ami brave et courageux pour mieux les détourner par la suite. L’auteur sait jouer avec nos attentes pour nous livrer une histoire, non seulement divertissante, mais également empreint d’un sous-texte pertinent.

Dans mon panier il n’y a pas d’œufs ni de lait mais il y a des têtes.

Mais ce panier sanglant que nous offre Hill ne serait rien sans son personnage central. Ce concentré d’adrénaline nommé June Branch. Immédiatement charismatique dès son apparition, cette jeune femme va devoir puiser en elle des ressources insoupçonnées pour devoir faire face à ce qui l’attend. Un personnage fort qui va se heurter à des personnifications de la masculinité toxique pour mieux s’affirmer. Le message féministe n’est pas particulièrement subtil mais il a le mérite d’être convaincant. On a tellement l’habitude de voir des personnages comme June se faire dépecer depuis des décennies dans des franchises comme Vendredi 13 ou Halloween que s’en est d’autant plus jouissif de voir les codes s’inverser dans une histoire remarquablement écrite.

L’artiste Leomacs assure la partie graphique. Si le premier épisode, qui baigne dans une douce lumière de fin d’après-midi estivale, ne m’a guère convaincu, il faut reconnaître que dès que la tension s’installe et que le récit démarre l’artiste signe des planches admirables. Ces illustrations sont à la fois sombres, puissantes et dynamiques. Les cases fourmillent de détails et magnifient le personnage de June, toujours très expressif. Malheureusement difficile d’insérer des photos sans spoiler le récit. Disons juste que si j’avais des doutes au début je suis maintenant persuadé qu’il ne pouvait y avoir d’autres artistes pour illustrer cette nuit de tempête que Leomacs.

Il y en a qui vont passer une sacrée nuit

Le récit s’achève et l’on est presque triste de devoir quitter June mais c’est aussi une volonté des auteurs de proposer un récit qui se suffit à lui-même en 7 épisodes réunit ici en un seul album par Urban comics, qui effectue comme souvent un travail éditorial de qualité. Ainsi on n’aura pas l’occasion de voir June et sa hache mystique se déliter au cours de suites improbables et navrantes. Et c’est peut-être aussi ce qui fait la force de cet excellent comics.

Résumé: June Branch mène une vie des plus tranquilles… jusqu’au jour où quatre criminels parviennent à s’évader de prison et enlever son petit ami, Liam. Pour leur échapper, June n’a d’autre choix que de se munir d’une arme étrange… une hache viking du VIIIe siècle ! Mais celle-ci est dotée de propriétés bien singulières : à même de décapiter un homme, elle laisse cependant les têtes fendues… conscientes ! Pour sauver Liam, June n’a plus qu’une seule solution : garder la tête (ou plutôt tout un panier de têtes) froide…

  • ASIN : B08Q71K1LV
  • Éditeur : URBAN COMICS (2 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 192 pages
  • ISBN-13 : 979-1026821168
  • Poids de l’article : 810 g
  • Dimensions : 18.6 x 1.6 x 28.1 cm

Dunce : En roue libre – 1 avril 2021 de Jens K. STYVE

Faites la connaissance de Jens, Gustave, Brego et leurs amis dans leurs aventures septentrionales.

Achat : https://amzn.to/3sUxEso

Chronique : Le prix Sproing est décerné chaque année par la société littéraire norvégienne de bandes dessinées Norsk Tegneserieforum.

 La raison de ce succès est simple. Dunce  a un sens de l’humour désarmant et engageant qui rappelle entièrement Calvin et Hobbes de Bill Watterson   (1985-1995). L’interruption de cette série par M. Watterson est toujours pleurée par ses lecteurs. Dunce  est un univers alternatif, où Calvin a grandi et s’est installé en Norvège.

Le personnage principal de  Dunce  est M. Styve lui-même, où il travaille dans une petite entreprise, aime particulièrement son fils et se mêle aux bandes dessinées. M. Styve rencontre des problèmes de la vie quotidienne et contemporaine et les traite de manière concise à travers le prisme de l’humour: 

1. La rupture de M. Styve avec le représentant commercial de la compagnie d’électricité, mettant fin à une relation avec, était commerciale mais était devenue intime;


2. La photographie d’un collègue de M. Styve montrant son chat devenant viral, ce qui a amené le collègue à annoncer qu’il quitte son emploi pour devenir un influenceur des médias sociaux;


3. L’IA autoritaire, l’aspirateur en partie robot et en partie Amazon Echo, qui ressemble à un Dalek (le méchant majeur de l’émission de télévision de science-fiction britannique Dr Who) mais a l’attitude d’un adolescent – il veut conduire la voiture, et c’est le sarcasme ne peut pas être désactivé;

4. La relation de M. Styve avec son fils, qui est authentique et profonde au point de l’égoïsme. Dans la plus poignante des bandes, M. Styve veut jouer au jeu en ligne Fortnite avec son fils, et est désespéré lorsque son fils préfère plutôt être dehors au grand air sur un vélo avec un ami.

Le cadeau de M. Styve est de réduire ces émotions et ces scénarios complexes à une histoire en quatre panneaux, imprégnée d’humour. Il n’est pas étonnant que M. Styve ait eu un tel succès.

Note : 9,5/10

ASIN : B08KZ5QNXX Éditeur : 404 Editions (1 avril 2021) Langue : Français Relié : 176 pages ISBN-13 : 979-1032404102

Fables de Bill Willingham volume 1 et 2, vous pouvez rêver de nouveau

Il est temps de parler de cette série fabuleuse

Si vous tapez Fables comics sur google vous devriez normalement tomber sur pléthore d’articles qui vont vous vanter les mérites de ce comics américain mieux que moi. Pourtant j’ai décidé de me retrousser les manches pour enfin vous en parlez. À mon niveau j’ai décidé de partager mon amour pour cette série intemporelle et magnifiquement écrite.

Fables est une série qui a débuté sa publication en 2002 et qui comptabilise 150 numéros au final. Elle est édité par Dc comics sous le label Vertigo, un label aujourd’hui disparu mais qui a signé les plus grandes heures du comics américain avec des œuvres tels que Sandman, Preacher, Scalped ou encore Y le dernier homme (celui-là aussi un jour il va falloir en parler). Vertigo était réputé pour concentrer les idées les plus folles et novatrices des scénaristes alliés à une liberté créatrice qui a permis à de nombreux auteurs de marquer les mondes de l’imaginaire de leur empreinte.

Fables raconte l’exil forcé de personnages que l’on connaît tous, les personnages de contes de fées. Chassés de leurs royaumes par le terrible Adversaire, Blanche Neige et ses compatriotes ont été contraints de se réfugié dans un quartier de New-York, Fableville, où ils tentent de conserver un semblant de gloire passé.

Des personnages que l’on connaît tous, avec lesquels on a grandi, que l’on a appris à connaître à travers des adaptations diverses et variées et qui font partie de notre patrimoine culturel, sont ici réécrits et métamorphosé sous la plume magistrale de Bill Willingham. L’auteur s’amuse à prendre le contre pied des stéréotypes propagés par les adaptations les plus récentes pour mieux surprendre le lecteur et faire de son récit un renouveau du merveilleux. Vous trouviez Blanche Neige un peu cruche et niaise ? Préparez-vous à faire la rencontre d’une femme de pouvoir qui ne se laisse compter par personne. Le grand méchant loup vous a toujours fait l’effet d’un immonde croque-mitaine qui a bien mérité son sort ? À Fableville la loi c’est lui.

Tant de magie en deux pages

Ces deux exemples ne sont qu’un minuscule échantillon de personnages que l’auteur a su réinventer. L’univers de Fables est riche, vaste et la série principale ne suffit pas exploré entièrement son univers. Des séries dérivées seront publiées conjointement à la série mère, notamment Jack of fables et Fairest toujours scénarisé par Willingham. Mais restons concentré sur Fables et les deux premiers volumes proposés par Urban comics.

Ces deux volumes regroupent les épisodes 1 à 33 de la série et permettent de découvrir une histoire riche et passionnante. Le premier arc scénaristique s’inspire des romans noirs américains dont les ambassadeurs sont Dashiell Hammet et Raymond Chandler. Bigby Wolf, le fameux grand méchant loup, mène l’enquête sur le meurtre supposé de la turbulente Rose rouge, la sœur de Blanche Neige. Une primo intrigue idéale pour faire connaissance avec la micro-société que Willingham a créée, en suivant Bigby dans son enquête on est introduit dans une société régie par des règles strictes et dont les membres marchent constamment sur la corde raide. Les intrigues suivantes permettent d’étendre l’univers et de se rendre compte de sa complexité avec la ferme, qui regroupe à la campagne tous les fables ne pouvant prendre une apparence humaine. Une situation que certains vivent assez mal, au point de les pousser à la révolte.

La ferme centre névralgique qui concentre les tensions des fables

Je ne vais pas vous faire un résumé de toutes les intrigues développées dans ces deux volumes, contentez-vous de savoir que l’auteur aborde des thématiques mâtures tout en conservant une malice dans ses dialogues remplis de sous-entendus, de double sens qui recouvre ses personnages d’une profondeur que l’on aimerait voir plus souvent. Les échanges entre les personnages sont un délice à suivre qu’ils soient amicaux ou plus vindicatifs. Un délice renforcé par l’aspect graphique de l’œuvre, qui n’est pas à négliger non plus.

Durant les 150 numéros de Fables nombreux sont les artistes à s’être illustrée sur la série que ce soit pour un arc ou pour un seul épisode. La première intrigue est illustré par Lan Medina dont le trait soigné apporte une foule de détails qui ne se remarque qu’après plusieurs relectures. Mais celui que l’on peut considérer comme le dessinateur principal de la série est Mark Buckingham dont le trait rond et expressif va véritablement accorder à la série son empreinte graphique. C’est détaillé, c’est riche en décor et en arrière-plan, tout en étant dynamique lors des scènes d’action.

Les fables ne s’en laissent pas conté

Si ces deux premières intégrales mettent autant en avant le duo formé par Blanche Neige et Bigby ce n’est pas innocent. À travers ces deux êtres aux blessures mal cicatrisées l’auteur nous invite à un renouveau imaginaire. La figure de l’Adversaire, dont l’identité reste une énigme dans ces deux volumes, représente la mort de l’imagination. À ce stade de l’histoire le lecteur peut accoler à la figure de l’adversaire n’importe quelle image qui résonne personnellement. L’Adversaire c’est la mort de l’imagination, de nos rêves d’enfants. L’adversaire c’est cet adulte aigri, aux rêves flétris qui vous assène que les fées ça n’existe pas. L’Adversaire c’est ce réel impitoyable qui vous rappelle que la vie n’est pas faite que de merveilleux. L’Adversaire c’est ces avions qui foncent dans deux tours jumelles et qui mettent fin aux illusions de grandeurs de votre pays. L’Adversaire c’est la tragédie implacable à laquelle vous ne pouvez faire face qu’en vous endurcissant tout en étant irrémédiablement traumatisé. Ce n’est donc pas un hasard si l’on assiste, en compagnie de Blanche Neige et de Bigby à une renaissance du merveilleux, un renouveau féerique qui va entraîner ces deux personnages dans une reconquête personnelle mais aussi communautaire. Cela sera dur, sanglant et ardue mais cela se fera et j’en parlerai dans de nouvelles chroniques consacrés à ce comics fabuleux.

Blanche et Bigby deux personnages qui doivent se reconstruire

Fables est donc selon moi une histoire merveilleuse doublée d’une invitation à rêver, à imaginer les forêts peuplées de fées et de lutins, à supposer qu’un rocher est plus qu’un simple rocher mais peut-être un troll endormi. Fables est un appel à l’imagination que nous avons trop tendance à oublier, emportés que nous sommes par le tourbillon de notre quotidien routinier. Vous aimez que l’on vous raconte des histoires ? Alors vous aimerez Fables.

X-men Dieu créé, l’homme détruit de Claremont et Anders on, toujours autant d’actualité

Quand on y réflechit on pourrait se mettre à redouter le jour où l’humanité cessera de prôner la haine et la peur de l’autre car certains auteurs seront alors bien en peine de nous fournir des histoires poignantes. Heureusement ce jour n’est pas près d’arriver, la haine sous toutes ses formes à encore de beaux jours devant elles, ce qui permet à certains récits de conserver toute leur fraîcheur.

Ce récit des X-men est né de la volonté de la part de la maison des idées de publier des récits plus mâture. Ces graphic novels comme on va finir par les appeler auront la double mission de séduire de nouveaux lecteurs avec des récits en marge de la continuité habituelle et qui se suffisent à eux-mêmes mais aussi d’ancrer les héros marvels dans des thématiques plus adultes, en les abordant de manière plus frontale que dans la production mensuelle. L’équipe de héros mutants qui s’est juré de protéger un monde qui les craint se prête particulièrement à ce type de récit.

Chris Claremont peut enfin se pencher sur les délicats sujets de la haine raciale, la discrimination et sur la notion d’être humain. Lui qui laisse surtout son talent se déployer lors de sagas spatiales épiques et de récits d’aventures intenses a tout à prouver dans ce récit qui s’attaque au thème universel de la haine raciale. Évidemment c’est un comics, court qui plus est, moins de cent pages, il faut donc admettre qu’un révérend a pu créer une milice paramilitaire, dispose d’un laboratoire et d’une équipe dévouée à ses ordres, mais une fois ses suspensions d’incrédulitée assimilés le récit se lit d’une traite. La narration est restée très fluide, la traque que subit la jeune Kitty Pride permet de rester focaliser sur des émotions intenses qui mobilisent l’attention du lecteur. L’ensemble du récit est irradié d’une espèce de tension qui culmine jusqu’au final au Madison Square Garden où, une fois n’est pas coutume, les héros ne sont pas les X-men.

Les dessins sont signés Brent Anderson. L’auteur débutait sa carrière dans les comics. Si son trait peut paraître quelque peu statique, sa mise en scène a le mérite d’être aussi lisible et fluide des années après la première édition en 1982.

Presque quarante ans après sa parution le propos du récit est toujours aussi actuel. L’humanité n’a jamais passé autant de temps à cracher sa haine sur quiconque a le malheur de penser différemment ou d’avoir un teint de peau différent. La foule haineuse lors du climax rappelle celle qui a investi les locaux du capitole en janvier dernier tandis que les policiers représentent les ultimes garde-fous moraux. Enfin je pense qu’il est inutile de préciser à quelle figure politique le révérend Stryker fait penser, cet orateur engoncé dans son fanatisme arrogant est la figure même de l’hypocrisie triomphante.

Il est à la fois rassurant et effrayant de constater la modernité de ce récit qui date d’une époque où internet n’était encore qu’un doux rêve. Rassurant car tout lecteur aime à voir ses classiques vieillir et s’affiner comme le bon vin. Effrayant lorsque l’on constate que le propos est toujours autant d’actualité, à tel point que l’on en vient à désespérer de voir un jour un progrès.

Résumé: Cette histoire est un parfait exemple de la métaphore mutante, symbole de l’oppression des minorités. Un récit parmi les plus incontournables de Chris Claremont, des X-Men et plus généralement de Marvel. Le révérend William Stryker lance une croisade anti-mutants et capture le Professeur X pour le manipuler afin d’attaquer l’esprit des mutants. Pour le combattre, les X-Men doivent alors s’allier à leur ennemi Magnéto.

  • Éditeur : Panini (2 janvier 2020)
  • Langue : Français
  • Relié : 96 pages
  • ISBN-10 : 2809483531
  • ISBN-13 : 978-2809483536
  • Poids de l’article : 400 g
  • Dimensions : 17.5 x 1 x 26.7 cm

L’Évadé de C.I.D. Island – 7 avril 2021 de de Ibrahim Moustafa

Lorsque Redxan Samud se retrouve promu capitaine du Forreas, tout semble lui sourire  : grâce à cette montée en grade, il peut enfin épouser la femme de ses rêves. Mais il contrarie sans le savoir les plans du vil Onaxis, qui piège Redxan et le fait condamner à perpétuité au Centre d’Internement Disciplinaire (C.I.D.). Personne ne s’en est jamais échappé… mais Redxan n’a plus rien à perdre, et a juré d’accomplir sa vengeance

Achat : https://amzn.to/3wrAokf

Chronique : Pour les historiens littéraires (ou toute personne versée dans les classiques) qui connaissent le conte classique d’Alexandre Dumas sur Le Comte de Monte Cristo , ils savent que c’est un conte d’amour, de trahison, d’évasion et de vengeance. Il se déroule à l’époque de Napoléon dans les années 1800 et s’est avéré être l’une des œuvres les plus populaires de Dumas avec Les Trois Mousquetaires. Ses thèmes sont assez universels dans un conte d’aventure et pourraient être adaptés dans de nombreux genres différents si un artiste créatif et un conteur acceptaient ce défi.

L’histoire commence avec le premier officier Redxan Samud des Forreas. Samud est un bon officier et populaire auprès de l’équipage. Ce qui est plus que ce que l’on peut dire de leur chef actuel, le capitaine Kaster. En ce qui concerne l’équipage, Kaster a patiné en faisant le strict minimum, laissant son équipage faire le vrai travail. En vérité, de nombreux membres de l’équipage pensaient que Redxan serait un meilleur capitaine. Ce point a été amplifié lorsque Redxan a risqué sa vie et son membre pour grimper à l’extérieur du navire pour découpler un module de polarité défaillant et sauvé la cargaison du navire. Le propriétaire du Forreas, M. Murl a été impressionné mais pas tellement par Kaster. Après avoir obtenu l’histoire de l’équipage, il a rétrogradé Kaster et promu Redxan au rang de capitaine des Forreas.

Cela s’est avéré être une bonne nouvelle pour Redxan pour plus d’une raison. Non seulement était-il maintenant aux commandes de son propre navire, mais il avait gagné le grade pour lui permettre d’épouser son fiancé Meris. Son oncle avait dit que si Samud devenait capitaine, il lui donnerait sa bénédiction de l’épouser. C’était au grand dam d’Onaxis, de sa cousine et de toute morve auto-importante.

Il ne comprenait pas pourquoi elle ou son père se souciaient de ceux qui n’étaient pas de sang royal. Meris devrait l’épouser et non un simple roturier comme Redxan. Mais Meris ne se souciait pas des lignées. Elle épouserait Redxan s’il avait «de la boue dans les veines». Mais tandis que Meris et Redxan allaient annoncer l’heureuse nouvelle à son père, Onaxis rencontra le Kaster désormais rétrogradé. Ensemble, ils ont discuté de leurs plans profonds de trahison. Si leurs mécanisations se concrétisaient, ils seraient tous les deux débarrassés de Redxan.

Meris et Redxan ont annoncé la bonne nouvelle à son père. Il était ravi. Mais alors qu’ils s’asseyaient, Meris commença à craindre ce qu’Onaxis pourrait faire. Peut-être qu’il empoisonnerait son oncle contre leur mariage. Ou pire encore, son oncle la ferait épouser Onaxis. Redxan avait une autre idée. Ils ne pouvaient pas la forcer à en épouser une autre s’ils devaient se marier maintenant. Meris Keld et Redxan Samud se sont donc mariés en secret. C’est un problème résolu, non?

L’une des grandes choses à propos de L’Évadé de C.I.D. Island’ Ibrahim Moustafa est qu’il résiste extrêmement bien même si vous n’aviez aucune connaissance du chef-d’œuvre de Dumas. Le cadre de la science-fiction laisse la porte ouverte à de nouveaux éléments passionnants de l’histoire tout en conservant la structure squelettique de l’histoire. Il raconte une histoire classique de vengeance tout en se préparant lentement à la bataille ultime. Si vous connaissez le conte classique, vous pouvez facilement voir comment Moustafa suit cette empreinte tout en la rendant fraîche et originale. C’est une corniche étroite à traverser mais il la marche sans trébucher. C’était aussi une très belle touche entre les chapitres contenant des citations sur la vengeance. Moustafa choisit chacun pour souligner les périls impliqués et ce qui ne se passe dans la vie que pour se venger.

La même chose peut être dite pour ses œuvres d’art. De la conception des personnages aux séquences d’action, en passant par les moments émotionnels tendres, Ibrahim les capture tous avec talent et affiche son talent pour l’excellence de la narration. Lorsqu’il est combiné avec le travail en couleur de Brad Simpson, c’est un livre attrayant, une histoire bien racontée . Et en parlant d’œuvres d’art, assurez-vous de consulter l’art conceptuel d’Ibrahim et les croquis de couverture à la fin du livre. Toujours cool de voir ce qui est entré dans une création.

Note : 9,5/10

Éditeur : Les Humanoïdes Associés (7 avril 2021) Langue : Français Broché : 136 pages ISBN-10 : 273164334X ISBN-13 : 978-2731643343