Radioactive de Lauren REDNISS| 5 mars 2020

En 1891, Marie Sklodowska, âgée de 24 ans, déménage de Varsovie à Paris où elle trouve du travail dans le laboratoire du physicien Pierre Curie. Cette rencontre inoubliable, marquée par la passion amoureuse et celle de la science des molécules, va influencer également l’histoire de l’humanité. Au point de leur apporter une renommée mondiale et d’annoncer une nouvelle ère scientifique : l’ère nucléaire.

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Chronique : Il semble absurde d’essayer de parler de ce livre sans que vous puissiez le voir. Il est assez facile de décrire l’histoire que Lauren Redniss raconte dans cette biographie graphique, mais difficile de décrire la couleur émotionnelle que ses images apportent à ses mots.

Les détails des biographies conjointes de Marie Sklodowksa et de Pierre Curie sont assez familiers aux lecteurs de l’histoire des sciences – son talent scientifique précoce et sa lutte pour obtenir une éducation scientifique ; leur romance et leur mariage ; leurs recherches séparées et conjointes, et la distillation du radium puis du polonium ; sa mort précoce, et la célèbre histoire de Marie reprenant sa chaire à la Sorbonne, entrant et reprenant sa conférence là où il l’avait laissée ; Le travail continu de Marie et sa liaison passionnée (et scandaleuse) avec Paul Langevin ; son travail dans les unités mobiles de radiographie pendant la Première Guerre mondiale, où elle a été rejointe par sa fille adolescente Irène, qui est devenue elle-même physicienne nucléaire, travaillant également avec son mari, Frederick Joliot, et, comme ses parents avant elle, partageant un prix Nobel avec lui ; la mort de Marie d’une anémie pernicieuse aplastique, résultat d’une exposition prolongée aux radiations, en 1934 à l’âge de 66 ans.

Ce que Redniss apporte à la pile de littérature qui entoure déjà le couple, c’est un sentiment de la passion de leur relation – et surtout de Marie en tant que femme physique et sensuelle – qui est couplé à l’intensité de leur recherche scientifique. J’ai toujours été quelque peu perplexe, en regardant les photos de Marie Curie une fois sortie de l’adolescence, de voir que cette femme plutôt sombre, plutôt duveteuse, ait pu être au centre d’une des histoires d’amour les plus palpitantes de France – qu’elle ait pu en fait se battre en duel pour elle. Mais Redniss fait un usage considérable de matériel d’archives.

Redniss transmet plus d’informations en un petit nombre de mots que ce que vous pouvez espérer. Elle n’a pas l’habitude de s’attarder sur la science ou l’histoire, et son style est personnel, mais jamais excentrique . Vous avez l’impression d’être quelqu’un qui a fait beaucoup de recherches, puis qui a fait des recherches et des recherches, sans perdre la moindre couleur.

Et la couleur est au cœur de ce livre. Là où l' »Atlas des îles lointaines » de Judith Schalansky, également un mélange de mots et d’images, était limité dans sa palette, le livre de Redniss est joyeux et sans limite. Les papiers de fin sont des champs de couleur ocre de style Rothko, qui semblent trempés de pigments ; chaque chapitre est signalé par une double page bleu nuit sur laquelle sont gravés des mots blancs arachnéens ; les boutons d’or de l’eau sont une pulvérisation rayonnante de jaune et de rouge, de bleu et de vert. Bien que le style de dessin de Redniss ne soit pas un style que je verrais sur un mur – quelque part entre Clemente, de Chirico et les morceaux les plus heureux de l’expressionnisme – associé à son histoire, il fonctionne.

En particulier, Redniss a adapté la technique d’impression photographique du cyanotype, où le papier traité chimiquement est exposé à la lumière du soleil, les espaces positifs étant masqués – la lumière du soleil provoque une réaction qui rend le papier exposé bleu de Prusse – la couleur des plans à l’ancienne. Les zones qui ont été masquées semblent, lorsqu’elles sont révélées, laisser passer la lumière d’une source cachée.

Interpolée avec l’histoire de la vie de Marie et Pierre, l’histoire radioactive du XXe siècle : Tchernobyl, Three Mile Island, la radiothérapie, « fossy jaw », Hiroshima et Nagasaki. Redniss trouve un petit détail pour illustrer chacune de ces grandes histoires : une femme de Pennsylvanie qui recueille, photographie et presse des fleurs mutées par les retombées de Three Mile Island ; un scientifique qui fait des recherches sur les oiseaux dans la région entourant Tchernobyl ; une Japonaise de 13 ans le jour où la bombe est tombée sur Hiroshima, qui réalise pour Redniss un découpage de papier montrant comment la peau noircie de son père s’est détachée de son corps, exposant le muscle rouge en dessous. Jamais sentimentaux, ces interludes – surtout ce dernier – ont un poids émotionnel incroyable.

Note : 10/10

 

  • Broché : 208 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (5 mars 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 226515492X

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Race for water / L’odyssée du plastique de Eric Loizeau| 13 février 2020

Race for Water, c’est l’histoire passionnante d’une croisade écologique; un équipage de personnalités engagées et courageuses (parmi elles des sportifs d’élite ou des femmes et des hommes talentueux, photographe, écrivain, scientifique de renom), qui ont suivi l’impulsion de Marco Simeoni, entrepreneur généreux ayant choisi de consacrer sa réussite professionnelle à la sauvegarde de l’environnement.

Chronique : Cette démarche est remarquable parce qu’elle s’engage sur le long terme, implique les populations locales, et propose surtout des solutions pour limiter la pollution plastique en amont Ramasser les déchets dans les océans c’est méritoire et nécessaire.

Mais c’est vain si on n’agit pas avant que ce fléau se retrouve dans les cours d’eau La machine biogreen permet de recycler le plastique de manière rentable. C’est la voie à suivre pour éviter qu’en 2050 il y ait plus de plastique que de poissons dans les océans.

Le navigateur Éric Loizeau ambassadeur de la fondation Race for Water raconte l’histoire de ce combat dans un livre d’aventures et de rencontres maritimes qui dépeint, par le biais du texte, de l’image et de la vidéo (l’ouvrage contient presque une trentaine de QR code permettant de visionner des petits films), le combat entre joie et doutes, avaries et satisfactions, dangers et moments de grâce Ce livre montre la beauté du monde mais aussi ses paradis ravagés Il nous motive à agir car il est encore possible de le faire En ce sens, il est salutaire et indispensable

Note : 9,5/10

 

  • Relié : 191 pages
  • Editeur : Favre (13 février 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 282891822X

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Swim Speed : Les secrets de la vitesse en natation (12 février 2020) de Sheila Taormina

Sheila Taormina, championne olympique en natation et championne du monde en triathlon, détient les secrets de la vitesse. Elle coache depuis plus de vingt ans des atlhètes de haut niveau et leur enseigne les techniques des plus grands champions de ce sport.

Chronique : Avant de parler du livre, je vais vous donner quelques informations sur moi afin que vous puissiez comprendre d’où je viens. J’étais un nageur de compétition quand j’étais adolescent, entre douze et seize an.

Quand j’ai commencé à lire le livre de Taormina, j’ai été très encouragé par certains de ses points, en particulier ses commentaires sur le fait que le fait de planer éternellement ne va pas vous permettre d’être vraiment rapide et aussi que la traction est beaucoup plus importante que la position du corps. L’auteur se donne beaucoup de mal pour expliquer la technique correcte à utiliser pour la traction sous-marine, ainsi que de nombreuses photos prises en se servant d’elle-même comme sujet, mais aussi en utilisant d’autres pros bien connus dans ce sport. Après avoir lu les explications, vous aurez une idée très claire de ce qui est nécessaire pour aller vite dans la piscine. De plus, pour les « non-croyants », elle fournit de nombreuses preuves de l’importance primordiale de la traction par rapport à d’autres aspects.

Il n’y a que deux façons d’aller plus vite en nageant : faire moins de nages (plus de propulsion) et retourner les nages plus rapidement.

Il est plus important d’augmenter la propulsion que de réduire la résistance à la traînée. Les facteurs clés pour augmenter la propulsion sont les suivants :
1. Maintenir une position haute du coude pendant la phase de capture (coude à 1-4″ sous la surface, épaule près du menton jusqu’à ce que le bras dépasse la tête). La flexibilité du deltoïde et la rotation médiane sont essentielles.
2. Tenir l’eau (sentir la pression de l’eau sur l’avant-bras et la main, éviter de plier le poignet, éviter de balayer le bras sous le corps, sentir le corps passer devant la main au lieu que la main revienne).

Note : 9,5/10

  • Broché : 240 pages
  • Editeur : Talent Sport (12 février 2020)
  • Collection : TED.TALENT SPOR
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2378151365

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Passion Football – version adaptée aux DYS – Questions/Réponses – doc dès 7 ans de Mickaël Grall et Jérôme Brasseur | 7 mai 2020

Un maillot, des crampons, pour quoi faire ? Réussir une passe ? L’arbitre a-t-il toujours raison ? Pourquoi le gardien porte-t-il des gants ? C’est facile de marquer un but ? Comment devenir un joueur de légende ? Qu’est-ce que la Coupe du Monde ?

Chronique : Ce livre est très complet pour apprendre l’histoire du Football, le déroulement d’un match et les règles.
Il est divisé en plusieurs parties : l’histoire du Foot et les lootballer, le terrain de jeu, les règles de base, l’art du maniement de ballon, les équipes et joueurs célèbres et le grandes compétitions.
La compréhension est tout à fait adéquate pour les enfant et sympathique pour les plus grand.

Note : 9,5/10

 

  • Relié : 48 pages
  • Tranche d’âges: 7.0 ans et plus
  • Editeur : Nathan (7 mai 2020)
  • Collection : 1000 questions / réponses
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2092593358

 

Je cuisine pegan: 300 recettes pour votre bien-être de April Murray | 19 février 2020

Vous connaissez certainement déjà les régimes vegan et paléo. Le pegan, c’est la combinaison du meilleur de ces deux régimes alimentaires : c’est-à-dire des produits bruts et naturels accompagnés de protéines animales en quantités modérées.

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Chronique : Je viens de recevoir mon livre et j’ai passé en revue toutes les recettes. Je suis heureux de dire qu’elles semblent toutes très réalisables. Je peux voir que tous les ingrédients sont accessibles et faciles à trouver. J’adore l’introduction du livre, car elle donne des conseils en termes simples sur la façon de manger sainement et de manière équilibrée, sans trop d’efforts. Je possède de nombreux livres de cuisine et je ne les utilise pas vraiment. Cependant, avec ce livre, j’ai hâte de m’y mettre.

Si vous vous intéressez à votre santé, ou à son absence, et que vous voulez faire quelque chose pour y remédier, achetez ce livre et mettez les conseils de April Murray en pratique. Avec tant de conseils contradictoires sur les aliments que vous devriez manger et ceux que vous ne devriez pas manger, ce livre qui sonne vrai et qui semble vouloir aller au fond des choses. J’ai trouvé beaucoup de rapports extrêmement intéressants et j’ai appris beaucoup de choses que je ne savais tout simplement pas auparavant. J’ai recommandé le livre à d’autres personnes, en particulier à celles qui luttent contre leur poids et les recettes sont vraiment au top.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 304 pages
  • Editeur : Talent Editions (19 février 2020)
  • Collection : TED.TALENT EDIT
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2378151322

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999 – L’histoire des premières jeunes femmes juives déportées à Auschwitz de Heather Dune Macadam| 9 janvier 2020

Le 26 mars 1942, un train emporte, 999 jeunes filles juives, célibataires (dont la plupart mineures), sur ordre de leur gouvernement (slovaque), pour le service national – Elles croient partir travailler dans une usine de chaussures. Elles finiront à Auschwitz.

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Chronique : Emotionnel. C’est le seul mot que j’utiliserais pour décrire « 999 » Heather Dune Macadam brosse un tableau très réaliste de la vie de ces femmes, à partir d’entretiens approfondis. Des livres comme celui-ci sont inestimables.

Une chose que Macadam fait extrêmement bien, c’est de s’assurer que sa narration est aussi précise que possible. Le temps et les recherches qui ont été consacrés à la rédaction de ce livre sont extrêmement évidents. On note à plusieurs reprises quelles choses auraient pu être vraies ou quelles choses étaient floues dans la mémoire des survivants. Cela ajoute une couche d’authenticité au texte qui rapproche le lecteur du sujet et le rend plus personnel.

Des livres comme celui-ci peuvent avoir tendance à être denses et pleins de désespoir. Macadams fait du bon travail pour que l’histoire reste vivante, de sorte qu’on ne peut pas s’attarder sur un seul aspect, mais aussi que rien n’est négligé ou rendu moins important. Le nombre de sujets abordés dans le texte fait que l’histoire passe rapidement de fille en fille et d’histoire en histoire. De plus, le livre offre un sentiment de familiarité. La plupart des lecteurs peuvent s’identifier à des jeunes femmes qui ont des rêves et un avenir. Le fait de s’appuyer sur ce sentiment porte l’histoire comme la nature du récit.

Dns ce livre, Heather Dune Macadam révèle certaines histoires. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur des entretiens avec des survivants, des témoins et des familles, ainsi que sur les témoignages de l’USC Shoah. C’est une lecture poignante. En termes de survie, certaines missions étaient légèrement plus sûres et plus confortables que d’autres. Certaines femmes ont survécu, la plupart n’ont pas survécu. La maladie était presque toujours une condamnation à mort, tout comme les caprices des gardiens. Pour beaucoup, la survie avait un coût.

Il y a peu de survivants aujourd’hui. Et beaucoup d’entre nous, nés après la Seconde Guerre mondiale, ont une connaissance limitée de ce qui s’est passé. Des récits comme celui-ci sont importants : nous devons nous souvenir de leur vie ; nous devons reconnaître l’horreur ; nous devons reconnaître les manquements de tant de personnes qui ont permis (en ignorant ce qui se passait) qu’une telle tragédie se produise.

Ces femmes n’étaient ni des combattantes ni des prisonnières de guerre. C’étaient des jeunes femmes qui pensaient aider le gouvernement. C’étaient des jeunes femmes qui regardaient vers l’avenir. Leurs histoires sont importantes et ne doivent pas être oubliées.

Dans l’ensemble, ce livre était tellement bon ! Macadam prend le sujet au sérieux et le présente de la manière la plus intéressante possible : en donnant des noms et des visages aux victimes. Macadam fait en sorte que les lecteurs prennent un moment pour vraiment s’intéresser, se souvenir et réfléchir. Ce livre est à lire absolument.

Note : 10/10

 

  • Broché : 450 pages
  • Editeur : Hugo Document (9 janvier 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2755644664

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Tout l’art de Death Stranding de Hideo Kojima et Basile Béguerie | 29 janvier 2020

Dans ce beau livre illustré de 256 pages, plongez au cœur des centaines de dessins conceptuels qui ont mené à la création des personnages, des équipements, des lieux et des créatures uniques qui font toute la richesse du jeu Death Stranding. Retrouvez également les premiers concepts artistiques abandonnés et les nombreuses peintures signées par l’artiste Yoji Shinkawa.

Chronique  : Les aficionados du jeu vidéo connaissent ce nom et surveillent chaque sortie de ses jeux : Hideo Kojima, le créateur de Metal Gear Solid entre autres marqué 2019 avec la sortie d’un jeu surprenant, Death Stranding. Qu’on adhère ou non au concept, ce jeu a fait couler beaucoup d’encre et désormais les visuels superbes et glauques parfois de cette œuvre sont regroupées dans ce magnifique artbook.

Très vite devenu incontournable, ce jeu propose une expérience de gaming d’un genre nouveau : Sam Bridges, le personnage principal (incarné par l’acteur Norman Reedus qui jouait dans Walking Dead le rôle de Daryl Dixon) évolue dans un univers glauque, au cœur de paysages ravagés et envahis par des créatures de mort venues d’un autre monde. De mystérieuses explosions et une succession de phénomènes surnaturels baptisés Death Stranding ont totalement bouleversé la planète et la vie des humains. Désormais les humains se cachent et aller d’un lieu à un autre est très périlleux voir mortels. Sam Bridges pourtant parcourt les territoires amenant le matériel nécessaire à ses commanditaires. Après un décès bouleversant, il se lance dans une odyssée pour le futur de l’humanité dans ce monde mutilé.

Aux côtés de Norman Reedus qui est très bon dans son interprétation, Mads Mikkelsen, Léa Seydoux, Lindsay Wagner et même Guillermo Del Toro proposent des prestations en motion capture bluffante tout en prêtant leur voix à leur personnage. Une qualité cinématographique pour une histoire prenante conçue par Hideo Kojima.

Death stranding on l’a adoré ou detesté. C’est l’art clivant qui au final s’inscrit dans le temps. Les jeux seront-ils différents après ça? Pas sûr, mais une autre voie a été montrée. Pour continuer le plaisir on peut se plonger dans ce art book qui présente invariablement croquis, premières versions puis version définitive. 256 pages d’illustrations magnifiques pour plonger au cœur de l’univers de Death Stranding : dessins conceptuels, design des personnages, des équipements, des véhicules, des lieux, des créatures uniques qui font le sel de ce jeu. L’ouvrage propose aussi les premiers concepts artistiques abandonnés ainsi que des peintures de Yoji Shinkawa. Une centaine d’illustrations superbes dont beaucoup en pleine page feront la joie des fans du jeu et de Kojima. Peu de textes cependant, il s’agit clairement du plaisir des yeux !

Chronique vidéo :

 

  • Broché : 256 pages
  • Editeur : Bragelonne (29 janvier 2020)
  • Collection : Pop Culture
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028110864