Fragilité blanche – 1 juillet 2020 de Robin DiAngelo

La sociologue américaine Robin DiAngelo a passé vingt ans à étudier cette question dans des ateliers sur la diversité et le multiculturalisme. Elle en a tiré un concept fondamental pour comprendre le rapport des Blancs au racisme : la fragilité blanche, un mécanisme de défense ou de déni qui permet de détourner la conversation, empêchant d’identifier le racisme systémique qui persiste dans nos sociétés. Et donc de le combattre.

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Chronique : J’ai commencé à lire ce livre en pensant que je comprendrais mieux pourquoi il est si difficile de parler de la race avec d’autres Blancs. Il y aurait peut-être quelques éléments dont je devrais prendre conscience en moi-même, mais dans l’ensemble, ce serait un livre sur les autres Blancs.

Eh bien ! Si je n’avais pas tort ! Dès le début, Robin DiAngelo m’a fait tomber de mon piédestal « pourquoi je ne suis pas raciste ». Elle m’a interpellé dès le début en suggérant que le lecteur était probablement assis là à penser à toutes les façons dont je ne suis pas raciste. Bam, bam, BAM ! Je suis descendu.

Comme nous sommes prévisibles, nous les blancs, même si nous pensons ne pas l’être. Même quand nous sommes certains de ne pas être racistes. Même quand nous pensons que nous sommes différents des autres Blancs. Comme je suis prévisible. Pour arriver à quelque chose avec le racisme, nous devons d’abord être prêts à examiner toutes les façons dont nous (chaque personne blanche) soutenons et perpétuons le racisme. Je suis assis là, me rassurant que je suis une exception et ces x, y, z sont les raisons de prouver que je ne le suis pas, tout en m’assurant que je n’allais rien apprendre, ou pas assez, de ce livre. Je suis tellement reconnaissante à Mme DiAngelo d’avoir commencé de cette façon.

Cela m’a-t-il mis mal à l’aise ? Oui, c’est vrai. Croyez-moi, j’étais assit là, à me tortiller, à me mordre la lèvre inférieure, et j’avais presque envie de ne pas lire du tout le livre. Cependant, je savais que le fait que cela me mette mal à l’aise était la principale raison pour laquelle j’avais besoin de lire ce livre. Non pas pour me faire une idée des autres Blancs, mais pour me faire une idée de moi-même. Pour mettre en évidence mes défauts et découvrir les façons dont le racisme se manifeste à travers mes paroles et mes actions.

Robin DiAngelo commence par expliquer exactement ce qu’est le racisme et pourquoi la plupart des blancs ont si peur d’être considérés comme racistes.

Confondre ces termes et penser que le racisme n’est qu’un acte intentionnel de discrimination nous amène à croire que nous sommes exempts de racisme, que nous ne sommes pas racistes, et nous assure ainsi que nous ne ferons rien pour changer. Cela « protège nos préjugés, car le fait de nier que nous en avons nous assure que nous ne les examinerons pas ou que nous ne les changerons pas ».

Chaque aspect de la culture occidentale est basé sur la supériorité des Blancs. Elle est soutenue par l’autorité et le contrôle institutionnel (je dirais surtout aux États-Unis). Lorsque le racisme et la pensée raciste sont si profondément enracinés dans notre culture, c’est « la norme plutôt qu’une aberration ».

Le retour d’information est la clé de notre capacité à reconnaître et à réparer notre inévitable collusion, souvent inconsciente ». Nous sommes conditionnés par le racisme et une vision du monde fondée sur la suprématie blanche. Ainsi, plutôt que de concentrer notre énergie à nous convaincre et à convaincre les autres que nous ne sommes pas racistes, nous devons concentrer cette énergie à affronter nos propres tendances et idées racistes. Comme le souligne Mme DiAngelo, « Nous les avons, et les gens de couleur savent déjà que nous les avons ; nos efforts pour prouver le contraire ne sont pas convaincants ».

Je pense que c’est un livre incroyablement important. Bien qu’il soit très basique, rudimentaire et parfois répétitif, ce livre est un point de départ crucial. Il exige que nous nous examinions honnêtement. Si nous sommes contre le racisme et que nous voulons vraiment le changement, nous devons d’abord commencer par nous-mêmes. Je ne peux pas changer mon comportement ou mes pensées si je suis certain que je suis sans reproche. Comment puis-je alors espérer changer tout un système ? Je dois être ouvert à la critique sans me mettre sur la défensive. Est-ce que c’est facile de le faire ? Non, absolument pas. Mais je peux supporter un certain inconfort, surtout à la lumière de toute la douleur que les personnes de couleur ont endurée et endurent encore. Il est impératif que je m’examine honnêtement ; cela ne va pas me tuer – mais le racisme tue les gens de couleur.

La fragilité blanche a pour fonction « d’empêcher les personnes de couleur de contester le racisme afin d’éviter la colère des Blancs ». En retour, le fait de ne pas défier les blancs sur le racisme maintient l’ordre racial et la position des blancs au sein de cet ordre ».

J’implore tous les Blancs de lire ce livre, même si vous êtes certain de ne pas être raciste. Surtout si vous êtes certain de ne pas être raciste. Travaillons tous à nous changer nous-mêmes, et peut-être que les changements nécessaires pourront avoir lieu dans notre société et dans nos systèmes judiciaires. Il est de notre responsabilité d’être moins fragiles et d’écouter enfin les personnes de couleur et d’être ouverts à l’examen de nos défauts et de nos préjugés. Il y a tant d’autres choses que je pourrais écrire, y compris les choses que j’ai découvert sur moi-même en lisant ce livre, mais au lieu de cela, je vais enfin mettre fin à cette longue critique et vous encourager à lire le livre. Et après cela, lisez des livres écrits par des personnes de couleur. Ce n’est qu’en écoutant ceux qui sont victimes du racisme que nous pourrons apporter un changement efficace.

Note : 10/10

 

  • Broché : 256 pages
  • Editeur : Les Arènes (1 juillet 2020)
  • Collection : AR.ESSAI
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500717

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Dark souls par-delà la mort de Damien Mecheri et Sylvain Romieu

Avant de vous parler de ce diptyque fabuleux que sont les deux ouvrages consacrés aux jeux du studio from software, il faut que je vous raconte un peu mon parcours avec les créations du studio japonais.

RUDES LEÇONS

Le premier jeu auquel j’ai pu m’essayer fût Bloodborne, je n’avais alors que vaguement entendu parler du studio et de leurs diptyque dark souls, mais les quelques images que j’avais glanées ici et là sur leur dernière production m’avaient mis l’eau à la bouche. Bloodborne se présentait en effet comme un jeu lugubre, à l’ambiance glauque et l’atmosphère crépusculaire où la mort et la folie semblaient omniprésentes. Pour un amateur de gothique et de dark fantasy tel que moi il n’en fallait pas plus pour m’aguicher. Le mot difficile revenait très souvent dans les quelques articles que j’avais lu mais à l’époque je ne m’en n’étais pas préoccupé en bon joueur assisté que j’étais. C’est donc en toute confiance que j’ai lancé Bloodborne persuadé que je serais là encore guidé vers la victoire à coup de nombreux checkpoints, de tutoriel complet et d’une difficulté ajustable à tout moment.

Terrible fut la leçon que le jeu m’affligea afin de me débarrasser de mes illusions. Les dix, non plutôt, les vingt premières heures de jeu furent un véritable sacerdoce, je ne compte plus le nombre de fois où l’écran fatidique annonçant notre mort est apparu sous mes yeux effarés. Puis petit à petit, en suant sang et eau, je suis parvenu à appréhender les mécaniques de jeu et à progresser. Le jeu m’avait déjà captivé par son univers unique mais le sentiment d’accomplissement que je ressentais à franchir les épreuves qu’il mettait sur la route me motiver à poursuivre ma route dans les rues de Yharnam, malgré la difficulté croissante. Par la suite Dark souls 3 devait confirmer ma passion pour cet univers avant que je ne me lance dans la découverte des autres jeux de la licence.

Pourtant malgré les heures passées à arpenter les terres désolées de Lothric ou à lire les descriptions des tenues et des armes, de nombreuses questions demeuraient sans réponses sur le scénario et l’ensemble du lore. Car l’aspect cryptique des jeux de from software est une autre de leurs particularités, peu de cinématiques, des personnages qui parlent par énigmes ou qui mentent, il n’est pas aisé de saisir tous les tenants et les aboutissants de l’histoire. C’est pourquoi je me suis mis à la recherche d’ouvrage s’intéressant aux oeuvres de Hidetaka Miyasaki. Et je ne dois pas être le seul puisqu’au moment où j’ai commencé à chercher le premier tome était en rupture de stock et vendu en occasion à un prix beaucoup trop élevé. J’ai dû attendre la réédition pour pouvoir me le procurer.

Amateurs d’ambiance gothique ? Vous serez servie

PAR-DELÀ LES JEUX

Loué soit le soleil car mes prières furent entendues, les deux livres rédigés par Damien Mecheri et Sylvain Romieu reviennent non seulement sur la genèse de la création des différents titres formant la collection nommée soulborne mais aussi sur le scénario de chacun d’eux. Les zones d’ombre sont éclaircies à l’aide de théories solidement étayées tandis que les personnages secondaires et les boss ont droit à un récapitulatif complet de leur histoire.

S’il se contentait juste de résumer l’histoire et de d’aligner les portraits, l’ouvrage serait déjà satisfaisant mais les deux auteurs ne s’arrêtent pas là. Ils s’emparent des thèmes et des symboles mis en avant par la licence pour mieux en extraire toute la richesse. Ils permettent ainsi aux lecteurs de saisir quelque chose que la plupart des joueurs avaient assimilés, ne serait-ce que de manière instinctive, à savoir que ces créations vidéo-ludique ne sont pas seulement des objets de divertissement mais des oeuvres à part entière. Des oeuvres denses avec des thématiques fortes et à la puissance évocatrice indéniable. Les deux auteurs mettent en lumière, de manière ordonnée, les différentes thématiques qui sous-tendent toute la license, que ce soit la réincarnation, la nature humaine, la destinée, la notion de désir, la quête du savoir qui mène à la folie ou bien encore l’eschatologie. Le tout est présenté de manière claire et amène le lecteur à regretter que la plongée dans cet univers ne dure pas plus longtemps.

Bien sûr les ouvrages s’adressent avant tout aux joueurs qui ont eu l’occasion de se frotter aux cinq jeux du célèbre studio mais il serait dommage de passer à côté du travail passionné auquel se sont prêté les auteurs.

Pour finir il faut souligner le travail de la maison d’édition third qui agrémente le texte d’illustrations des artistes Hubert Griffe et Alexandre Dainche et offre un écrin classieux aux écrits de deux passionnés de jeux vidéo.

Dark souls par delà la mort volume 1

Paru le : 05/03/2020
Auteur(s) : Auteur : Damien Mecheri Auteur : Sylvain Romieu
Éditeur(s) : Third éditions
Collection(s) : RPG
Contributeur(s) : Préfacier : FibreTigre
ISBN : 2-37784-133-3
Pages : 327

Dark souls par delà la mort volume 2

Paru le : 31/08/2017
Auteur(s) : Auteur : Damien Mecheri Auteur : Sylvain Romieu
Éditeur(s) : Third éditions
Collection(s) : RPG
Contributeur(s) : Préfacier : Kévin Cicurel – Postfacier : Benoît Renier – Illustrateur : Hubert Griffe
ISBN : 979-10-94723-76-0

Recettes Inratables au Barbecue de Larousse

L’été revient et avec lui la saison des grillades. Allumez les braises ! Et pour ne plus chercher d’idées pour vos repas en plein air, voici 100 recettes très faciles à griller sur le barbecue et à la plancha. De l’entrée jusqu’au dessert, préparez vos plats sans quitter vos invités !

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Chronique : Recettes Inratables de chez Laroussee est décidément excellente. Ce livre, comme les autres, est très réussi.
Le principe est simple : Plusieurs recettes facilement réalisables chez soi, de belles photos et surtout de bons repas ! !
Le livre s’intéresse d’abord aux techniques pour bien réussir un barbecue aux ingrédients dont vous aurez besoin. Il présente quelques recettes classiques. Il y a des recettes pour tout type de viandes, de poissons, de volailles , de légumes , de fromage et desserts/
Quelques recettes ont pris leurs habitudes sur notre barbecue. Les ingrédients sont simples à trouver, et j’ai trouvé les préparations faciles, sans prise de tête et bien adaptées à l’esprit simple & convivial du BBQ.
Je recommande vivement cet ouvrage, et la collection d’une manière globale.
Bref vous n’avez que l’embarras du choix et surtout des plaisirs !

Note : 9,5/10

Extrait:

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  • Relié : 208 pages
  • Editeur : Larousse (27 mai 2020)
  • Collection : Inratables!
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2035987458

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Hoshi sommeil levant, parcours d’une âme cabossée

Hoshi avait su me séduire avec son premier opus il suffit d’y croire qui mettait en avant une chanteuse en mal d’amour armé de mélodies imparables et de textes sociaux bien pensé. Avec ce deuxième album la jeune artiste confirme son coup d’essai.

RÉVEIL SONNANT ET TRÉBUCHANT

Moins imprégnée de social que son prédécesseur, cette nouvelle galette se révèle plus personnelle, l’album s’ouvre et se ferme sur l’image du miroir qui reflète un portrait que la chanteuse ne supporte pas. Tout au long des quatorze pistes Hoshi va trainer son mal-être avec l’énergie de l’espoir que lui offre la fougue de la jeunesse. Armé de sa guitare et de sa plume malicieuse l’artiste impose son univers à mi-chemin du Japon, de Jacques Brel, de Gainsbourg et des arts de la rue. Certaines chansons s’agrémentent de mélodies électro qui achèvent de donner une couleur pop à l’ensemble. En alternant chanson personnelle, sommeil levant, SQY par exemple et hymne générationnel comme marche ou rêve, amour censure ou encore enfants du danger Hoshi instaure un dialogue où chacun pourra se reconnaître dans les thèmes crèves cœur qu’elle aborde. Au milieu des traditionnelles chansons de rupture l’album aborde des sujets de société en faisant ressurgir les angoisses qui nous habitent tous lorsque l’on regarde un instant l’état du monde. Coule mascara et enfants du danger pose un regard amer sur le monde sans jamais être moralisateur. Le duo avec la chanteuse Corine, larme de croco, apporte une touche de douceur bienvenue avant qu’Hoshi ne reparte en guerre contre ses démons ou ceux de notre société.

IN FRENCH PLEASE

Les textes d’Hoshi confirment une chose, il est encore possible de s’amuser avec la langue française en usant et abusant des jeux de mots, allitérations et autres figures de style bien trouvée. Autre point positif Hoshi a banni la pratique du franglais qui consiste à mélanger parole en français et en anglais dans la même chanson. Pratique ridicule qui s’est largement répandu dans la variété française ses dernières années au point qu’il me devient impossible d’écouter certains artistes qui font preuve, selon moi, d’une fainéantise d’écriture. En rompant avec cette mode Hoshi apporte un souffle d’air frais à la scène musicale française.

DE L’AVANT, TOUJOURS

Une chose en particulier m’a interpellé sur cet album, c’est la manière dont Hoshi parvient à retranscrire son état de jeune artiste et à le faire résonner avec notre époque. Cet album cohérent est le journal intime d’une jeune femme qui refuse de se taire mais également celui d’une toute jeune artiste qui a conscience qu’elle a encore tout à prouver. En témoigne son utilisation du champ lexical du mouvement. Si l’on se penche sur les textes on pourra noter que beaucoup de moyens de transport différents sont invoqués, en vrac j’ai noté le train, le bateau, le vélo, le métro et même le skate. Mais cela ne s’arrête pas là, Hoshi est constamment en mouvement comme le prouvent les paroles suivantes, « je cours dans la nuit », « vos sourires me font avancer » sommeil levant, « alors on cherche un sens/ prendre la route de l’essence/ pour avancer d’un tour  » enfants du danger, « tu sais pour pouvoir marcher droit » amour censure, « je prends la fuite » migracoeur. Ce ne sont que quelques exemples parmis d’autres, Hoshi ne cesse d’évoquer les demi-tour, les détours mais toujours dans l’idée d’avancer, de progresser malgré les obstacles que l’on pourrait rencontrer. Une quête pour le futur dans lequel, espérons-le, s’engouffrera le public. En tout cas moi elle a su me séduire avec sa voix rocailleuse mais puissante qui révèle les fêlures d’une artiste prometteuse.

Lady Gaga chromatica, de la pop massive et stridente

Lady Gaga doit faire face à une problématique de taille, elle est une artiste indéniablement pop, comme a su le prouver son premier album the fame, à l’heure où la pop n’existe plus. De nos jours on parle de pop urbaine ou d’electro-pop mais la pop légère et dansante comme Madonna ou Kylie Minogue savaient en faire est loin derrière nous. Mais comme collaborer avec le dernier dj ou rappeur à la mode ne l’intéresse pas elle a opté pour la technique de l’éternelle réinvention, après l’échec de son album artpop elle a su séduire les amateurs de jazz avec ses reprises de standards sur l’album cheek to cheek en duo avec Tony Bennett puis elle s’est lancé dans une pop-folk matiné d’electro avec son album Joanne avant de se découvrir un talent d’actrice dans le film A star is born dont elle a signé la B.O. Aujourd’hui sept ans après la sortie de Artpop elle tente de renouer avec son univers pop en sortant chromatica, un album qui cristallise l’attente de ses fans.

ENJEUX ET ATTENTES

L’enjeu est de taille Lady Gaga doit reconquérir son public de la première heure tout en se positionnant enfin sur le marché du streaming et faire face à une concurrence féroce sur le terrain des divas pop. Pour le streaming son équipe a opté pour des chansons courtes comme cela se fait maintenant, une tracklist plus conséquente et des featurings avec des grands noms de la pop actuelle, à savoir Ariana Grande et le girls-band blackpink. Du côté du public l’attente est grande également, on espère renouer avec la Lady Gaga de la fin des années 2000 qui avait dominé la pop avec ses hymnes dance.

HOMOGENICA

Las, force est de constater que le projet tombe à plat malgré la production solide de bloodpop aucune mélodie ne se détache efficacement et l’album paraît très homogène malgré son titre. On se retrouve vite noyé dans des vagues de synthé ou le chant de Lady Gaga tente de nous maintenir à flot, chant ou hurlement il est parfois difficile de faire la différence. Comment l’artiste qui a su émouvoir avec Always remember us this way peut se contenter d’asséner ses paroles, parfois assez navrantes, sans parvenir à dégager une seule émotion mise à part la lassitude qui s’empare de l’auditeur au fur et à mesure de l’écoute. Les chansons sont ni émouvantes, ni entraînantes. Cet album est une massue assourdissante chargée de rappeler à tous que ni Lady Gaga ni la dance pop ne sont mortes.

On ne peut pas reprocher à Lady Gaga de se lancer à fond dans chacun de ses projets, elle est impliquée et ne cherche pas à rentrer dans le courant musical actuel malheureusement cela ne suffit pas à livrer un projet suffisamment accrocheur pour la ramener sur le devant de la scène. L’album est cohérent mais manque cruellement de spontanéité, de légèreté et de cette touche de fantaisie nécessaire pour faire de cet album une réussite pop.

Histoires du soir pour filles rebelles françaises de Alice Babin | 10 juin 2020

Quand sort en 2016-2017 le premier tome des Histoires du soir pour filles rebelles, c’est un succès mondial, un raz-de-marée dans tous les pays ! Un deuxième tome suivra, tout aussi magnifique. Pour aller plus loin et découvrir encore plus de femmes extraordinaires, Elena Favilli et Francesca Cavallo, les autrices/éditrices originales de cette série, donnent carte blanche à chaque éditeur de chaque pays pour sa propre sélection « nationale ».

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Chronique : Ce nouveau livres les femme française est très inspirant et change des histoires de la princesse sauvée par une souris et dont le seul but dans la vie est de se marier avec un prince et de faire une ribambelle de gosses. Le livre permet également de découvrir des femmes au parcours extraordinaire et dont on ne parle jamais. Seule petite déception concernant la longueur des histoires : chacune fait une page + une page portrait illustré, ce qui est parfois un peu court pour résumer une vie. A ce sujet on nous dit bien qu’il ne s’agit pas là d’une encyclopédie donc à nous de creuser plus loin ! Un livre pour donner confiance en soi et en ses capacités. Si ces jeunes femmes et femmes ont pu accomplir de grandes choses, les petites filles d’aujourd’hui les réaliseront demain!

Extrait :

 

  • Broché : 216 pages
  • Tranche d’âges: 6 ans et plus
  • Editeur : Les Arènes (10 juin 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français

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Bushcraft, le guide illustré de Dave Canterbury – 10 Juin 2020

Vous préparez votre prochaine sortie en nature ? Dave Canterbury, expert en survie et autosuffisance, vous accompagne grâce à ce guide entièrement illustré et vous donne toutes les clés du bushcraft.

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Chronique :  J’aime ce livre mais je suis aussi un peu déçu par lui et je vais le pinailler un peu, même si je vais finalement l’utiliser et penser que la plupart des gens le trouveront utile.

D’une part, il est bien organisé et signalé, l’écriture est claire et succincte, et son approche est approfondie ; on apprend très tôt à construire plusieurs types de sac à dos. Il y a une illustration des différents types de lames de couteau et de têtes de hache et de la façon d’allumer un feu. Tous les trucs solides de brousse.

Mais en même temps, je ne pouvais pas m’empêcher de penser que certaines de ces illustrations étaient un peu superflues. Parfois, vous aurez, disons, une série d’images de batteries de cuisine en métal. Pourquoi ? Est-ce que tous les ustensiles de cuisine de trail pro doivent ressembler à ça ? Quelle est la fonction de ces illustrations ?

De plus, une table à six cases était-elle nécessaire pour illustrer la manière d’ouvrir et de fermer un couteau de poche à charnière ? Pourquoi une baguette en céramique est-elle incluse – sont-elles largement utilisées ?

Peut-être que le livre sera utilisé par des enfants et que les instructions détaillées pour ouvrir et fermer une lame à charnière étaient donc justifiées ; et peut-être que nombreux sont ceux qui utilisent des baguettes en céramique, ou qui aimeraient le faire. Je dois, et c’est ce que je fais, m’incliner devant son expérience et ses connaissances ; ce doit être moi, pas lui.

Je me demande aussi à quel point il est utile d’illustrer la façon de tronçonner une bûche avec une hache dans une série d’images parfois un peu déroutantes, alors que nous pouvons monter en quelques secondes une vidéo qui nous montre comment cela se fait. Le guide illustré est une amélioration par rapport au célèbre « coffret » de livres  de Canterbury, mais il peut encore être amélioré (même s’il est grossier de critiquer un livre parce qu’il n’est pas une vidéo).

Il vit dans un monde raréfié d’outils exclusifs, faits à la main et de pratiques obscures (combien d’entre nous vont construire leur propre boîte, je ne sais pas). Mais c’est peut-être là le problème – et je ne le vois pas ? C’est la vieille école, et il y a un fil conducteur dans toutes ses pages qui évoque un sentiment de pureté, de sainteté et d’importance de l’authenticité dans ce livre. Respect.

Note : 9/10

 

  • Broché : 256 pages
  • Editeur : Talent Editions (3 juin 2020)
  • Collection : TED.TALENT EDIT
  • Langue : Français

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The Eddy / la mini-série jazzie de Netflix

On aura beau critiquer Netflix pour sa propension à produire tout et n’importe quoi il faut reconnaître que la plateforme a parfois le nez creux et permet de mettre en avant des productions que l’on aurait difficilement imaginées être financées les canaux habituels. La mini-série The Eddy est de celle-ci, une excellente surprise supervisée par Damien Chazelle, réalisateur de La la land, et du scénariste Jack Thorne qui était déjà aux manettes de la récente série His dark materials.

Avec deux premiers épisodes réalisés en 16 mm par Damien Chazelle en personne le microcosme du bar de jazz parisien acquiert une identité visuelle indéniable et un charme qui accroche le regard dès les premières minutes. Même si la caméra numérique fait son apparition au troisième épisode, l’équilibre visuel est tout de même conservé. Le casting est international autant devant que derrière la caméra, on y parle français, anglais, arabe et même polonais. The Eddy est une tour de Babel moderne dans laquelle les membres se retrouvent autour d’un langage commun, le jazz.

Un groupe réuni par une seule passion : le jazz

JAZZ MOI UNE HISTOIRE

En plus de mettre sur le devant de la scène un style de musique absent de la plupart des shows télévisés, le jazz structure la narration de la série avec ses répétitions de groupe, ses prestations scéniques portées par l’envoûtante Joanna Kulig. La musique est la raison de vivre des protagonistes, ça pulse, ça vibre, ça improvise et surtout cela permet d’unifier la série autour d’une passion commune, la musique. Une unification nécessaire étant donné la narration décousue.

Laissez vous captiver par la ravissante Joanna Kulig

CHŒURS ET ÂMES

En effet chacun des huit épisodes se concentrent sur un membres de ce groupe hétéroclite. Ces tranches de vie se révèlent inégales mais dans l’ensemble elles constituent l’âme de la série, on suit les peines et les déboires de ces musiciens un peu paumés et broyés par le système avec plaisir. Évidemment certains personnages sont plus mis en avant que d’autres en l’occurence c’est le trio Elliot, Julie et Amira qui occupent le plus de temps à l’écran. Ces personnages sont respectivement interprétés par Andre Holland, dont l’écriture maladroite va finalement plomber le récit, Amanda Stenberg, épuisante au début mais qui se révélera plus profonde au fil du récit et enfin Leila Bekhti, qui livre là une composition sans fausse note.

Éblouissante Leila Bekhti

NOTES CRIMINELLES

L’intrigue générale s’articule autour d’une enquête criminelle et des problèmes de gestion du club. Si cela permet de propulser la série avec un final choc lors du premier épisode, il faut reconnaître que cette enquête tire en longueur et sa résolution sera en demi-teinte. Alors qu’elle devrait dynamiser le récit elle finit par plomber le rythme du show. C’est d’autant plus regrettable qu’elle empêche d’apporter un véritable arc narratif au personnage d’Elliot qui fait preuve d’un comportement aberrant au fur et à mesure que la pression se révèle intenable. D’abord déterminé à prendre sur lui et à régler lui-même la menace pesant sur le club avant de finir par demander de l’aide à ses proches sans que cela ne soit pertinent.

Si l’on parvient à faire abstraction de cette partie de l’intrigue, on aura le plaisir d’assister à une lettre d’amour au jazz mais également au monde cosmopolite nocturne. Sans oublier ces portraits touchants de musiciens à fleur de peau.

Un duo père fille qui joue à je t’aime moi non plus

Depuis 2020 / 60min / Drame, Comédie musicale, Musical

Chaîne d’origine Netflix

5 ballades méconnues de Mylène Farmer

Oui vous avez bien lu. Ça ne va pas être un article sur la dernière série Netflix, ni sur le dernier polar à la mode (d’ailleurs à ce sujet il ne me reste que deux livres à lire et ma bibliothèque ne rouvre pas avant juin…c’est la panique !!!).Non aujourd’hui j’aimerais vous parler dune artiste qui m’accompagne depuis des années et j’espère que l’évocation de son nom ne vous fera pas fuir, il s’agit de Mylène Farmer que j’aimerais vous faire découvrir à travers cinq ballades méconnues.

Mylène, j’ai été un grand fan de cette artiste de la fin des années 90 jusqu’au début des années 2010. La période de l’album Innamoramento restera une époque bénie pour moi, j’ai connue la longue absence du début des années 2000 jusqu’à la sortie en 2005 de l’album Avant que l’ombre, la résidence à Bercy puis la sortie du septième album point de suture en 2008 et la tournée qui l’a accompagné durant laquelle j’ai eu la chance de la voir lors d’une des dates de la à Toulouse.

Durant la décennie qui s’achève, une espèce de frénésie s’est emparée de Mylène. Elle publie quatre albums en dix ans avec parfois à peine deux ans d’écart entre deux albums là où auparavant il fallait patienter trois ou quatre ans entre chaque sortie d’albums. C’est durant cette décennie que j’ai un petit peu décroché, je me tenais informé des nouveautés et je me précipitait à chaque nouvel album pour l’écouter mais petit à petit une forme de lassitude s’est installée. Je reproche à ces quatres albums, à savoir Bleu noir (2010), Monkey me (2012), Interstellaire (2015) et enfin le petit dernier Désobéissance ( 2018 ), un côté inabouti, des productions parfois maladroites ou datées, des textes assez pauvres voire ridicules et un manque d’investissement de la part de Mylène. Je me suis tourné vers d’autres artistes tout en replongeant parfois dans son univers lors de moments nostalgiques tout en regrettant l’époque des grands albums.

Mais avec le confinement un phénomène particulier s’est produit. On s’est tous plus ou moins tournés vers des valeurs refuges, que ce soit en littérature, musique, série ou autres domaines du divertissement. On a tous ressentit ce besoin de trouver du réconfort avec des œuvres et des artistes que l’on connaît par cœur. Un moyen comme un autre de se réconforter en cette période troublée. Pour moi l’artiste refuge a été Mylène Farmer et ce n’est que récemment que m’est venu à l’esprit l’envie de partager cette passion sur le blog.

Mais trêve de digressions il est temps de partir à la découverte de ces titres méconnus de la rousse libertine.

5. Un jour ou l’autre

Cette chanson clôture l’album Interstellaire et j’ai dû l’écouter à peine deux ou trois fois, aller quatre pour les besoins de l’article, car je déteste quand Mylène part dans les aigus. C’est peut-être paradoxal pour un fan de celle qui possède une voix cristalline mais je la préfère dans des registres plus graves. Je trouvais également la chanson sirupeuse et incomparable par rapport à ses autres grandes ballades. Mais la version live que Mylène a livrée lors de sa résidence de 2019 à la défense arena a dépoussiéré la chanson, la batterie insuffle une puissance bienvenue tandis que Mylène, par sécurité sans doute, reste dans des tons plus grave et rend supportable l’écoute. L’occasion pour moi de redécouvrir cette chanson et de me rendre compte que son texte est sans doute le plus travaillé de cet album.

4. Tous ces combats

Cette ballade a le malheur d’être perdue au milieu de nombreuses autres sur l’album Avant que l’ombre mais ça n’enlève rien à ses qualités. La production est épurée et la voix de Mylène est très bien mise en avant. Le texte n’offre rien d’original mais reste plus travaillé que certains textes plus récents. Avec cette chanson toute douce Mylène fait ce qu’elle sait faire de mieux et c’est tant mieux.

3. Il n’y a pas d’ailleurs

Retour en 1990 avec cette ballade sombre et mélancolique. Beaucoup ont reproché à l’artiste d’avoir écrit une ode au suicide alors qu’il suffit de prêter attention aux paroles pour se rendre compte que c’est tout le contraire. Cet hymne à la renaissance partage un thème commun avec la chanson précédente, ce sont toutes les deux des odes à la résilience, elles nous invitent à trouver la force en nous pour braver nos peurs et remonter la tête hors de l’eau. La chanson mériterait d’être remasterisé. Elle a été interprétée sur scène lors de la tournée Mylenium tour.

2. Pardonne moi

Cette ballade est la seule à avoir bénéficié d’une exploitation en single avec un clip épuré en noir et blanc mais son succès d’estime me pousse à l’ajouter à cette liste. Cette fois-ci Mylène fait un décompte de ces romances brisées à l’aide d’un lexique qui emprunte beaucoup aux contes de fées et à l’image du prince charmant. Pas une ode à la joie donc mais une chanson magnifique où Mylène susurre plus qu’elle ne chante. Les chœurs arabisants du pont final enrobent le titre d’une atmosphère envoûtante et planante. Une pépite que vous pourrez retrouver uniquement sur la compilation les mots.

1. Et si vieillir m’était conté

Dans cette ballade puissante, Mylène se livre à cœur ouvert sur le temps qui passe et les ravages qu’il provoque sur nos pauvres enveloppes mortels. Tout est parfait dans cette chanson, la production rock mais qui s’ouvre sur des notes de pianos, les arrangements qui vont crescendo, les chœurs baroques sans oublier le texte très travaillé mais pas abscons comme Mylène va en écrire parfois. Sans doute la chanson que je préfère dans tout son répertoire.

Voilà on a en fini pour ce tour d’horizon de ceux que je considère comme étant plus belles ballades de cette artistique certains adorent alors que d’autres conspuent. J’espère que cet article différent de ceux que vous retrouver d’habitude sur le blog vous aura plu. Une fois n’est pas coutume on parle d’autre chose que séries ou livres. Cela ne veut pas dire que cela va devenir une habitude mais je tenais à partager un petit morceau de ma passion pour cette artiste qui possède un répertoire solide mais dont en met souvent en avant les mêmes chansons.

Radioactive de Lauren REDNISS| 5 mars 2020

En 1891, Marie Sklodowska, âgée de 24 ans, déménage de Varsovie à Paris où elle trouve du travail dans le laboratoire du physicien Pierre Curie. Cette rencontre inoubliable, marquée par la passion amoureuse et celle de la science des molécules, va influencer également l’histoire de l’humanité. Au point de leur apporter une renommée mondiale et d’annoncer une nouvelle ère scientifique : l’ère nucléaire.

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Chronique : Il semble absurde d’essayer de parler de ce livre sans que vous puissiez le voir. Il est assez facile de décrire l’histoire que Lauren Redniss raconte dans cette biographie graphique, mais difficile de décrire la couleur émotionnelle que ses images apportent à ses mots.

Les détails des biographies conjointes de Marie Sklodowksa et de Pierre Curie sont assez familiers aux lecteurs de l’histoire des sciences – son talent scientifique précoce et sa lutte pour obtenir une éducation scientifique ; leur romance et leur mariage ; leurs recherches séparées et conjointes, et la distillation du radium puis du polonium ; sa mort précoce, et la célèbre histoire de Marie reprenant sa chaire à la Sorbonne, entrant et reprenant sa conférence là où il l’avait laissée ; Le travail continu de Marie et sa liaison passionnée (et scandaleuse) avec Paul Langevin ; son travail dans les unités mobiles de radiographie pendant la Première Guerre mondiale, où elle a été rejointe par sa fille adolescente Irène, qui est devenue elle-même physicienne nucléaire, travaillant également avec son mari, Frederick Joliot, et, comme ses parents avant elle, partageant un prix Nobel avec lui ; la mort de Marie d’une anémie pernicieuse aplastique, résultat d’une exposition prolongée aux radiations, en 1934 à l’âge de 66 ans.

Ce que Redniss apporte à la pile de littérature qui entoure déjà le couple, c’est un sentiment de la passion de leur relation – et surtout de Marie en tant que femme physique et sensuelle – qui est couplé à l’intensité de leur recherche scientifique. J’ai toujours été quelque peu perplexe, en regardant les photos de Marie Curie une fois sortie de l’adolescence, de voir que cette femme plutôt sombre, plutôt duveteuse, ait pu être au centre d’une des histoires d’amour les plus palpitantes de France – qu’elle ait pu en fait se battre en duel pour elle. Mais Redniss fait un usage considérable de matériel d’archives.

Redniss transmet plus d’informations en un petit nombre de mots que ce que vous pouvez espérer. Elle n’a pas l’habitude de s’attarder sur la science ou l’histoire, et son style est personnel, mais jamais excentrique . Vous avez l’impression d’être quelqu’un qui a fait beaucoup de recherches, puis qui a fait des recherches et des recherches, sans perdre la moindre couleur.

Et la couleur est au cœur de ce livre. Là où l' »Atlas des îles lointaines » de Judith Schalansky, également un mélange de mots et d’images, était limité dans sa palette, le livre de Redniss est joyeux et sans limite. Les papiers de fin sont des champs de couleur ocre de style Rothko, qui semblent trempés de pigments ; chaque chapitre est signalé par une double page bleu nuit sur laquelle sont gravés des mots blancs arachnéens ; les boutons d’or de l’eau sont une pulvérisation rayonnante de jaune et de rouge, de bleu et de vert. Bien que le style de dessin de Redniss ne soit pas un style que je verrais sur un mur – quelque part entre Clemente, de Chirico et les morceaux les plus heureux de l’expressionnisme – associé à son histoire, il fonctionne.

En particulier, Redniss a adapté la technique d’impression photographique du cyanotype, où le papier traité chimiquement est exposé à la lumière du soleil, les espaces positifs étant masqués – la lumière du soleil provoque une réaction qui rend le papier exposé bleu de Prusse – la couleur des plans à l’ancienne. Les zones qui ont été masquées semblent, lorsqu’elles sont révélées, laisser passer la lumière d’une source cachée.

Interpolée avec l’histoire de la vie de Marie et Pierre, l’histoire radioactive du XXe siècle : Tchernobyl, Three Mile Island, la radiothérapie, « fossy jaw », Hiroshima et Nagasaki. Redniss trouve un petit détail pour illustrer chacune de ces grandes histoires : une femme de Pennsylvanie qui recueille, photographie et presse des fleurs mutées par les retombées de Three Mile Island ; un scientifique qui fait des recherches sur les oiseaux dans la région entourant Tchernobyl ; une Japonaise de 13 ans le jour où la bombe est tombée sur Hiroshima, qui réalise pour Redniss un découpage de papier montrant comment la peau noircie de son père s’est détachée de son corps, exposant le muscle rouge en dessous. Jamais sentimentaux, ces interludes – surtout ce dernier – ont un poids émotionnel incroyable.

Note : 10/10

 

  • Broché : 208 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (5 mars 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 226515492X

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