Bläckbold de Emilie Ansciaux / (31/05/2020)

Matthias est un connard.  En 2020, il veut changer. Il aura toute l’éternité pour essayer. Mais quand l’éternité se transforme en cauchemar, faut-il vraiment se donner la peine ? « Des chips trop molles, pâteuses en bouche.
Je croque son petit doigt et le colle contre mon palais du bout de la langue pour en extraire jusqu’à la dernière goutte de nectar.

Chronique : Avec ce livre nous sommes immergés dans une atmosphère où la mélancolie qui nous touche immédiatement. On baigne dans quelque chose de presque lyrique, comme suspendu dans le temps et dans l’espace,  Un univers gothique dans sa plus noble définition, à la fois sombre, mais d’une richesse incomparable. La magie en fait partie intégrante, nous faisant voir de la féerie dans tout ce qui nous entoure. Les paysages sont notamment d’un réalisme époustouflant, nous faisant littéralement rêver. Mais le côté obscur est tout aussi fascinant, nous faisant part d’un portrait vampirique tout à fait unique. Des vampires exceptionnels à mes yeux, différents de tous ceux que l’on a pu connaître. Deux styles de vampires se détachent, chacun d’eux ressentant une certaine nostalgie de leur condition humaine perdue, mais pendant que l’un voudrait mettre fin à cette vie, l’autre en profite cruellement.
Ce roman a tous les ingrédients pour plaire. Tout d’abord, le lieu choisi pour l’intrigue et les créatures fantastiques, parfait pour ajouter un peu plus de mystères avec des descriptions sont toutes bien détaillées et travaillées.

Note : 9,5/10

EAN : 9782379100345
128 pages
Éditeur : Livr’s Editions (31/05/2020)

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L’ami imaginaire de Stephen Chbosky | 17 juin 2020

Une mère et son fils en cavale trouvent refuge dans la petite communauté de Mill Grove, en Pennsylvanie.
Mais dans ce havre de paix, le petit garçon disparaît.
Quand il émerge de la forêt six jours plus tard, il a l’air indemne.
Lui seul sait que quelque chose a changé.
La voix du bois est dans sa tête et lui dicte une mission.
S’il ne lui obéit pas, sa mère et tous les habitants de Mill Grove risquent son courroux…

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Chronique : Ce livre…. CE LIVRE…. cette lecture de fiction d’horreur pour jeunes adultes. est-ce que ça vaut chaque page de 700+ ? Bien sûr que oui.

Ce livre est tout simplement extrêmement engageant. Même avec ses 700 pages et plus, les chapitres sont courts et j’aime les divers petits changements de format qui s’y trouvent. Vous comprendrez ce que je veux dire lorsque vous prendrez votre exemplaire, et je vous encourage à vous assurer de le mettre sur votre pal. Ce livre est plein de leçons. Une relation entre une mère et son fils – Christopher et comment il prend soin de sa mère alors qu’elle se sent coupable de ne pas être la mère qu’elle pense devoir être. La foi, qui se manifeste surtout chez Mary Katherine et où nous trouvons nos premiers indices des nuances religieuses de ce roman. Le bien contre le mal et comment rien n’est surtout ce qu’il semble être – surtout dans le monde imaginaire – RESTEZ DANS LES RUES ! La loyauté du groupe d’amis de votre enfance. Le passé qui vient vous hanter et la façon dont vous avancez dans tout type de vie. Je pourrais continuer encore et encore.

Bien que je considère absolument cela comme une de mes meilleurs lecture du point de vu fantastique de cette année , il y a deux ou trois choses qui n’ont pas vraiment fonctionné pour moi. Les enfants ayant 7 ans, cela n’était pas très plausible – s’ils avaient quelques années de plus, cela aurait fait une petite différence. Certaines choses peuvent sembler un peu répétitives, mais personnellement, cela ne me dérangeait pas du tout et je pense que cela a permis de peaufiner certains éléments de l’histoire. Cependant, la description des dents de lait m’est restée en tête – j’aurais aimé qu’elle soit identifiée à quelque chose de différent ou qu’elle ne soit pas décrite de manière répétitive tout au long de la lecture. Mais ce ne sont que des piques que je peux ignorer en raison de l’impact que cette histoire a eu sur moi. Certaines personnes peuvent penser que cette histoire aurait pu être raccourcie, mais je pense que chaque page a fonctionné pour raconter cette histoire aux multiples facettes.

Pour moi, il y a cette ambiance flippante  de « groupe d’enfants combattant le mal », de King, avec cette impression de Burton. J’adorerais voir cette adaptation. La femme qui siffle, les gens de la boîte aux lettres et l’homme gentil – chacun raconté et décrit sur un ton qui vous a mis sur la voie de votre voyage avec Christopher dans le monde imaginaire et tout cela sera ancré dans mon esprit pendant un certain temps. Et laissez-moi vous dire que j’espère ne pas rencontrer de cerfs de sitôt (ou jamais).

En gros, mettez ceci sur votre pal ou liste, gardez l’esprit ouvert et réservez quelques heures pour vraiment laisser cette histoire s’infiltrer dans votre sang. Je vous verrai de l’autre côté.

Note : 9,5

/10

 

  • Broché : 747 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (17 juin 2020)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702166717

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Le dieu oiseau de Aurélie Wellenstein |19 mars 2020

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du  » banquet  » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent disposer de leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils d’un chef du clan déchu, a assisté au massacre de sa famille.

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Chronique : Tous les dix ans, les dix clans d’une île se combattent lors d’une compétition aux multiples épreuves pour déterminer le chef suprême qui régnera sur l’ensemble des clans.
Mais les perdants sont donnés en pâture aux vainqueurs qui organisent  » Le Banquet « , une journée où les gagnants ont le droit de faire subir les pires ignominies aux perdants : les torturer, les violer, les tuer et même les dévorer.

Il y a dix ans, Faolan a assisté au massacre de sa famille, il a été épargné par Torok pour le réduire à l’esclavage et en faire son jouet.
Malgré les sévices subis depuis dix pénibles années, Faolan n’a qu’un seul but, participer aux épreuves, remporter la victoire et se venger !
Toutefois, tous nos actes ont des conséquences, et Faolan le découvrira bien assez tôt …

Mon avis : c’est un coup de cœur ❤️ J’ai tellement adoré ce roman, tout est là pour nous faire passer un excellent moment ! Nous sommes dans de la dark Fantasy, j’apprécie de plus en plus ce style. L’ambiance est sombre, très violente, les sujets abordés sont durs comme le viol et le cannibalisme.
L’auteure n’y va pas de mainmorte pour nous détailler des scènes très sanguinolentes.

C’est un véritable page turner , quand on le commence il est très difficile de s’arrêter, cette lecture est addictive, c’est rythmé et il y a de l’action tout au long du livre, on ne s’ennuie pas du tout. L’écriture cinématographique rend les descriptions tellement réelles, on peut presque sentir, toucher et ressentir l’histoire.

C’est un récit psychologique, nous rentrons dans la tête du personnage principal, on ressent ses cassures physiques et morales mais aussi sa détermination de vengeance, son courage et sa combativité face aux tortures de Torok. Une seule envie le réconfortait et lui apporter notre soutien.
À l’opposé, j’ai détesté Torok, c’est un être pervers, méchant, sombre et sans cœur, c’est horrible la perversité qu’il a à faire souffrir Faolan de quelque façon que ce soit.

En conclusion : une excellente lecture addictive, je suis tombé sous le charme de la plume si sombre de cette auteure. Si vous aimez l’univers de la dark Fantasy, les thèmes comme la vengeance et le dépassement de soi et que vous n’avez pas peur des scènes gores et violentes, je vous le recommande

Note : 9,5/10

 

  • Poche : 352 pages
  • Editeur : Pocket (19 mars 2020)
  • Collection : Fantasy
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2266297686

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Zombie Planet: Zombie Story, T3 de David Wellington| 8 Juillet 2020

Douze ans se sont écoulés depuis que les morts-vivants, après avoir envahi Manhattan, puis les États-Unis, se sont emparés de la quasi-totalité de la planète en dévorant ses habitants. Une rescapée, Sarah, décide de sauver son ancien protecteur, le Somalien Ayaan, des griffes du tsarévitch, le plus puissant des maîtres zombies qui brigue la domination mondiale

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Chronique :  Zombie Planet complète la trilogie de zombies de David Wellington. Une trilogie qui est devenue de plus en plus surnaturelle au fil du temps. Dans ce livre, nous sommes confrontés à une histoire qui s’éloigne beaucoup plus du conte traditionnel des zombies que les efforts précédents. Monster Island et Monster Nation ne pouvaient qu’indiquer à quel point la magie finirait par jouer dans ce point culminant de la saga.
L’histoire se déroule douze ans après le début du fléau des zombies et la plupart des humains ont été anéantis. On nous présente à nouveau quelques personnages familiers et plusieurs nouveaux. Alors que les deux premières histoires étaient consacrées à des histoires simples (des zombies qui restent intelligents et qui ont des pouvoirs spéciaux) plus un ancien druide et des momies, dans cette histoire, il commence à devenir clair que Nilla et Gary n’étaient pas seuls dans leur état de pouvoir de morts-vivants. Le Tsarevich est le Liche le plus puissant de tous, capable de contrôler des armées massives de morts-vivants. Non seulement il les contrôle, mais il a également créé d’autres liches, des généraux dans sa nouvelle armée. Lui aussi, comme les Gary et Nilla, a une relation d’amour/haine avec Mael Mag Och, l’ancien fantôme druidique qui a été appelé par son ancien dieu pour détruire le monde. Il a son propre programme et, comme les deux autres qui l’ont précédé, il a une forte tendance à frustrer Mael sans fin.
David Wellington a élaboré une mythologie très impliquée et détaillée dans cette trilogie. Les personnages de ce livre, en particulier Sarah et Ayaan, sont riches et dynamiques et prennent vie dans une histoire complexe et pleine de points de vue uniques sur le genre des zombies.
Si vous lisez ce livre, je suppose que vous avez lu ses deux romans précédents et que vous les avez suffisamment appréciés pour compléter la trilogie. Si c’est le cas, vous êtes probablement quelqu’un qui peut s’éloigner des œuvres traditionnelles de Romero, même si vous (comme moi) aimez tout autant ces histoires. David a ajouté plusieurs nouvelles couches par rapport à la version standard, ce qui permet à l’histoire de prendre une toute nouvelle direction.
Si je dois trouver des défauts dans ce livre, ce sont les mêmes que j’ai trouvés dans les deux autres romans de la trilogie – certains des éléments que l’auteur me demande en tant que lecteur de suspendre l’incrédulité sont un peu difficiles à avaler. Je n’entrerai pas dans les détails, mais il suffit de dire que ce domaine est plutôt fantastique. J’oserais dire que la série des zombies et en particulier ce livre, tisse un chemin étroit entre l’horreur et le récit fantastique. Certains éléments fonctionnent et sont sensés (comme les cultistes humains qui adorent les liches et attendent la mort avec impatience pour mieux les servir) tandis que d’autres sont assez exagérés (certaines des diverses capacités des liches sont assez étendues).
Je suppose que la chose la plus importante à reconnaître est que, bien que le titre de chaque livre soit « Zombie Story », Les monstres de ces romans sont un peu plus variés que les zombies, comme le soulignent clairement des personnages comme Erasmus, Les moindres et Amanita. La magie imprègne tout et les morts ne sont pas les seuls à en être atteints, les vivants aussi.
J’ai aimé chacun des livres principalement parce que David Wellington sait comment créer des personnages intéressants et convaincants qui sont vivants et amusants à lire, mais en même temps il prend des risques, en étirant les histoires d’une manière qui fonctionne parfois et d’autres fois non, du moins pour moi. Je dois admettre qu’il réussit à tout mettre en place avec brio, même si cette saga est devenue fantastiquement sauvage dans ce troisième et dernier acte.

Note : 9/10

 

  • Poche : 456 pages
  • Editeur : Bragelonne (8 juillet 2020)
  • Collection : Zombie Story (3)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028107871

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Personne ne sort d’ici vivant de Adam Nevill | 8 juillet 2020

Stéphanie est seule, sans argent, et elle peine à trouver un logement. Aussi croit-elle que la chance lui sourit quand elle finit par dénicher une chambre au loyer abordable dans une vaste demeure de Birmingham. Mais au 82, Edgehill Road, on aurait tort de se fier aux apparences.

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Chronique : Dans  Personne ne sort d’ici vivant Adam Nevill explore le sort d’une jeune femme solitaire et désespérée. Elle prend une chambre au 82 Edgehill Road à Birmingham parce que c’est bon marché comme des chips à 40 livres par semaine. Elle a un emploi temporaire pour distribuer des échantillons au centre commercial de l’arène et il est temps de prendre un nouveau départ. Elle n’a rien d’autre, personne pour l’aider et, contre son gré, il est temps de passer la première nuit dans sa nouvelle maison.

Le premier chapitre catapulte le lecteur dans une atmosphère chargée de tension, de bruits, de voix, de planches qui craquent, de grattements, et le matelas à ses pieds plongeant comme si le poids soudain de quelqu’un était assis.

Personne ne sort d’ici vivant est bien plus qu’une histoire de maison hantée, il y a une petite base de personnages qui maintient les choses serrées et le personnel. Le propriétaire, « Knacker » McGuire, et son intimidant cousin Fergal se hâtent de rendre au 82 Edgehill Road sa gloire d’antan après une interruption forcée. Ils apportent l’intimidation, à la fois effrayante et manipulatrice, elle a beaucoup de raisons de réfléchir à deux fois avant d’avoir mis les pieds dans ce lieu misérable.

Stephanie Booth se rend vite compte qu’elle a fait la plus grosse erreur de sa vie, cette maison a une histoire maléfique pleine de malveillance et d’angoisse. Bien vite, la fuite n’est plus qu’un rêve dans un monde de cauchemars. Il n’y a pas que le surnaturel dont il faut avoir peur, il y a le vivant et l’inconscient ne vous sauvera pas.

Cette histoire est longue, plus de 500 pages, mais elle n’en avait certainement pas l’air. Adam Nevill évite l’horreur qui brûle lentement en sautant directement dans la partie profonde et en gardant les nerfs déchiquetés car la tension ne se relâche pas pendant les deux tiers de l’histoire. La maison elle-même et les horreurs qui s’y déroulent prennent presque le rôle d’un personnage terrifiant, un environnement horrifiant qui est complètement captivant, tout comme l’effet que cela a sur Stéphanie.

Aux deux tiers du parcours, l’auteur freine brutalement et cruellement après vous avoir maintenu pendu au bord du précipice sans aucun répit pendant la plus grande partie de l’histoire. J’ai eu l’impression de commencer une nouvelle histoire et quelques malédictions sont passées sur mes lèvres. Je me suis demandé s’il n’aurait pas mieux valu en finir là, et cela a continué pendant un certain temps alors que je commençais à sauter à travers, à m’ennuyer. L’histoire est finalement revenue à la vie et les nerfs se sont à nouveau tendus avec une fin satisfaisante.

En conclusion, j’ai vraiment apprécié « NPersonne ne sort d’ici vivant », à tel point que j’ai été ennuyé par le laps de temps de l’histoire qui a détruit l’appréhension. Mais à la réflexion, c’est probablement une réaction positive par rapport à la grande majorité et à la tension tenace qu’elle contient.

C’est donc sans aucun doute mon préféré d’Adam Nevill qui à une atmosphère intensément sombre et sale qui se joue sur votre esprit tout en écoutant les bruits de votre maison, ce craquement de plancher, un murmure. Il n’y a pas d’issue et personne n’en sort vivant.

Note : 9/10

 

  • Broché : 504 pages
  • Editeur : Bragelonne (8 juillet 2020)
  • Collection : Bragelonne Terreur
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028105464

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Zombie story tome 2 zombie nation de David Wellington, regarde le monde brûler

Après un premier tome fantasque qui réunissait tous les ingrédients de la bonne grosse série Z décomplexée, David Wellington revient avec un second tome de son apocalypse zombie. Alors que le premier volume mettait en scène un combat du bien contre le mal somme toute assez classique malgré les tentatives de l’auteur d’insérer de nouveaux éléments, ce second volume fait plutôt penser à un road-movie crépusculaire.

Les 100 premières pages n’offrent rien d’original, le monde s’effondre, personne n’y peut rien et c’est la panique générale. Du déjà vu mais les afficionados de lecture apocalyptique y trouveront leurs comptes. Le récit se concentre rapidement sur deux personnages principaux. Le premier n’est rien d’autre qu’une morte-vivante amnésique mais toujours consciente tandis que le deuxième est un capitaine de la garde nationale qui tente tant bien que mal de garder le contrôle de la situation.

Si ces deux personnages principaux avaient été correctement écrits le récit auraient pu être vraiment plaisants à suivre mais malheureusement ce n’est pas le cas. Clark se révèle complètement impuissant face à la menace mondiale et son personnage se résume à celui de bon petit soldat sans imagination. Il est tout juste bon à constater l’anéantissement de son monde. Le choix d’en faire un personnage sans attache ne contribue pas à en faire un héros attachant. Son profil est sans relief et son arc narratif ne parvient jamais à lui accorder ce sursaut d’instinct de survie pourtant nécessaire à ce genre de personnage.

Le cas de Nilla est plus problématique, son personnage de zombie amnésique en quête de réponse aurait pu être intéressant mais cela n’est jamais développé de manière passionnante. Nilla est une page blanche, donc elle aussi sans attache, qui doit aller d’un point A à un point B. Alors que son trajet aurait pu être original et palpitant. À la place on se retrouve avec une fuite éperdue qui n’utilise jamais les caractéristiques du personnage à son avantage, on aurait pu voir Nilla éviter des chasseurs humains ou tenter de communiquer avec ses pairs putréfiés au lieu de ça Nilla parlemente avec un mage mort et un télépathe reclus sortis de nulle part.

L’intrigue ne décolle jamais vraiment et les ajouts de l’auteur paraissent forcés, importants mais développés de manière bancale et finalement ils n’apportent pas grand chose au récit. Un récit qui paraît brouillon et très loin de l’action débridée que proposait le premier volume. L’auteur a voulu engager une réflexion sur l’humanité, la solitude et le sentiment d’abnégation mais le tout est maladroit et manque de profondeur.

Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur se sera débarrassé de ses démons pour le troisième et dernier tome et parvienne à revenir aux fondamentaux qui faisaient tout l’intérêt de son intrigue apocalyptique.

Résumé: Un jour les morts se sont relevés… Une vague de terreur et de cannibalisme se répand aux États-Unis. Bannerman Clark, capitaine de la Garde nationale, est chargé d’une mission capitale : découvrir l’origine de ce désastre et l’empêcher de gagner Los Angeles. Son enquête le mène en Californie où une femme détiendrait le secret de l’Épidémie. Mais elle est frappée d’amnésie. Et pour la protéger, Bannerman doit venir à bout de zombies de plus en plus nombreux, invisibles ou dotés de pouvoirs dignes de super-héros. Apprenez comment l’horreur a commencé…

  • Poche : 416 pages
  • Editeur : Bragelonne (14 juillet 2010)
  • Collection : Terreur
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2811203648
  • ISBN-13 : 978-2811203641

Les secrets du premier coffre de Fabien Cerutti | 20 juin 2020

Avec ce coffre empli de trésors littéraires, Fabien Cerutti propose six textes qui enluminent ou permettent de découvrir l’univers de sa série à succès Le Bâtard de Kosigan

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Chronique : Nombreux sont ceux qui prône la supériorité des séries audiovisuelles sur l’écrit mais Fabien Cerutti, avec son cycle du Batard de Kosigan prouve que le papier peut être aussi captivant qu’une série filmé en numérique.

Mais c’est surtout grâce à un style nerveux que l’auteur se démarque, surtout durant les scènes d’actions. Là où d’autres auteurs de fantasy se perde dans un style brouillon qui rend illisible les batailles et les combats Cerutti lui, opte pour des phrases courtes, efficaces et une narration à la première personne qui nous fait plonger au cœur de l’action. Une caméra ne pourrait pas rendre tout ça aussi immersif.

Les amateurs de langages soutenu se trouveront en terrain conquis étant donné les deux époques auxquels se passent le récit, l’auteur réussi à éviter le piège du style ampoulé et garde une certaine dynamique dans les dialogues grâce aux sous entendu et le double jeu que pratiquent la plupart des personnages.

À la manière de séries les plus populaires ce livre ou coffre de la saga C’est incroyable le nombre d’éléments disséminés par Fabien Cerutti et qui pourtant échappent à notre regard. Cet ouvrage permet non seulement de faire la lumière sur les dernières intrigues toujours en suspens mais se permet aussi de lancer de nouvelles pistes de réflexion.  Solidement documenté, l’ouvrage revient sur des éléments essentiels de l’intrigue en révélant combien des petits détails sont en vérité d’une importance capitale dans la compréhension de l’intrigue. Si vous êtes persuadé d’avoir entièrement décortiqué les mystères du Bâtard de Kosigan, la lecture de cet ouvrage vous prouvera qu’il n’en ait rien.

L’ouvrage se dévore à une telle vitesse que l’on aurait aimé pouvoir poursuivre l’exploration de la prose de Cerutti, simple en apparence mais si riche de sens caché.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 343 pages
  • Editeur : Mnémos Editions (12 juin 2020)
  • Collection : ICARES
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2354087845

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La Légion de la terreur: La Guerre des démons, T1 de Raymond E. Feist | 10 JUIN 2020

À l’autre bout de l’univers, un peuple est harcelé par une horde de démons terrifiants. Le monde des Taredhels était autrefois un vaste empire. Désormais, il n’est plus que ruine et cauchemar. Seul un espoir subsiste : une planète ancrée dans l’histoire de leurs lointaines origines… Convaincus que Midkemia est cette planète, les Taredhels souhaitent la reconquérir.

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Chronique : C’est quand même incroyable, le monde de Midkemia ne peut jamais avoir la paix alors qu’il se remet à peine d’une guerre et que Pug est parvenu à créer une organisation secrète composée de guerriers aux profils divers, voilà que ces maudits démons, que l’on pensait exterminés, pointent à nouveau leurs cornes.

Raymond E. Feist applique une recette qu’il maîtrise à la perfection avec cette nouvelle saga qui se passe dans le même univers qu’il peaufine depuis maintenant plus de trente ans. Sa narration simple et fluide permet d’arpenter ce vaste univers de manière complètement sereine sans se sentir complètement perdu. L’intrigue des tomes précédents est résumée de manière à permettre à chacun de prendre ses marques. De nouveaux personnages font leur apparition et renforce ce sentiment de découverte pour les nouveaux lecteurs qui ne connaissent pas encore cet univers qui s’étend même sur d’autres mondes.

En ce qui concerne les personnages il faut bien avouer qu’il est plus facile de s’attacher à ceux qui ont un rythme biologique semblable aux nôtres, comme Sandreena par exemple, que ceux qui annoncent leurs longévités comme qui rigolent. Difficile de s’identifier à un personnage qui affiche plusieurs siècles au compteur. Le choix de l’auteur de faire du peuple elfes, les Taredhels, des êtres hautains et méprisants paraît un peu étrange. Comment ressentir de l’empathie pour un peuple qui passe son temps à clamer son aversion pour les autres races ? Les prochains volumes apporteront peut-être une réponse en indivisualisant un peu plus ces réfugiés désespérés mais antipathiques.

Pug, qui a tenu le haut de l’affiche lors de nombreuses aventures précédentes, est plus en retrait dans ce tome. Tome qui introduit parfaitement l’intrigue de la saga mais qui souffre aussi de cet état malheureusement. En effet, arrivé à la fin de l’ouvrage on a l’impression d’avoir assisté à une longue introduction de 400 pages. L’auteur n’en finit pas de mettre en place son intrigue à l’aide de chapitres explicatifs très bavards durant lesquels les redondances se multiplient. Les derniers chapitres offrent des scènes qui laissent enfin place à l’action, la situation se dénoue enfin et certains antagonistes qui n’étaient que nommaient depuis le début du récit font enfin leurs apparitions, mais par rapport au potentiel que laisse entrevoir la saga, ces quelques scènes d’action ne sont pas une mise en bouche suffisante.

Nul doute que l’auteur saura rendre plus consistant les tomes suivants afin de rendre cette guerre des démons un peu moins sage et un peu plus trépidante.

Note : 8,5/10

 

  • Poche : 440 pages
  • Editeur : Bragelonne (10 juin 2020)
  • Collection : La Guerre des démons (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028108373

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L’Appel du loup: Raven Blade, T1 de Anthony Ryan| 10 juin 2020


Célébré dans tout le Royaume Unifié pour son génie militaire après avoir vaincu le mal sans nom, Vaelin Al Sorma s’est détourné de la gloire, préférant vivre en paix dans les Hauts Confins. Mais des bruits courent sur l’approche de la Horde d’Acier, une armée menée par un homme se prenant pour un dieu. Vaelin découvre alors que Sherin, son amour perdu il y a longtemps, est leur captive. 

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Chronique : Après la trilogie blood song qui a fait sa renommée dans le milieu de la fantasy littéraire, Anthony Ryan revient avec une nouvelle saga qui prend à nouveau place dans le royaume unifié.
Un seul objectif semble avoir motivé l’auteur pour cette nouvelle saga, l’efficacité. La fantasy militaire n’a plus de secret pour lui, il sait comment mener sa barque pour captiver le lecteur pendant 500 pages. Alors certes cela manque un peu d’originalité, on y retrouve tous les ingrédients traditionnels de ce genre de saga, un peuple guerrier assoiffé de conquête, un chef de guerre ambitieux et égocentrique, sans oublier le mal ancien mais encore mystérieux qui tire les ficelles dans l’ombre. Rien de bien original en somme, David Gemmel et James Barclay on déjà contés des histoires similaires il y a quelques années déjà. Mais ce n’est pas parce que la recette est connue que le plat n’en est pas moins agréable en bouche.

Le royaume unifié ayant déjà été le théâtre de la saga précédente, les héros, que les lecteurs familiers de cet univers retrouveront avec plaisir, embarquent pour un nouveau continent largement inspiré par la Chine antique. Les nouveaux lecteurs peuvent cependant se lancer sans crainte dans la lecture de ces chroniques d’un voyage en Orient car l’auteur prend le temps durant les premiers chapitres de résumer l’intrigue de ses précédents ouvrages. Concernant le voyage en lui-même le choc des civilisations aurait pu être accentué notamment en évoquant les traditions culinaires par exemple ou les rapports hommes-femmes qui ont l’air d’être complexes.


Mais il ne s’agirait pas d’oublier que nous avons affaire à un saga de fantasy militaire et qui dit militaire dit bataille, combat et tripaille. Sur ce point là ce premier tome ne déçoit pas, ça tranche, ça entaille, ça perfore, ça découpe plus vite que le lecteur ne peut tourner les pages. Le dernier tiers du livre est consacré à un siège qui rappellera à tous ce que le mot épique signifie. Sans doute la partie du récit la plus immersive, même si, bien entendu, l’histoire principale stagne un peu durant cette bataille rangée.

Le fait de ne pas avoir encore lu la saga Blood song m’a empêché de pleinement apprécier le système de magie qui suit ses propres règles complexes à base d’immortalité, de chant magique capable de prouesses, de dons faisant penser aux superpouvoirs de certains héros de comics et de pierres antiques aux capacités encore brumeuses. mais cette absence de référence ne m’a pas empêché de me passionner pour la quête désespérée de Vaelin Al Sorna.

En l’état ce premier tome de Raven blade fait office de divertissement plaisant mais manquant un peu d’originalité. Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur parvienne à trouver un équilibre entre l’enchantement du voyage dans des contrées inconnues et l’action frénétique et sanglante.

Note : 9/10

 

  • Broché : 504 pages
  • Editeur : Bragelonne (17 juin 2020)
  • Collection : Raven Blade (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028104214

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Harrison Harrison de Daryl Gregory, on ne badine pas avec Lovecraft

Ce n’est pas compliqué, vous me mettez Lovecraft sur la quatrième de couverture ou à défaut le champ lexical qui a forgé son oeuvre, des mots comme profondeurs, grand ancien, ou encore horreurs tentaculaire et vous avez déjà captivé mon attention. Ajoutez à cela une édition soignée de la part de le Bélial avec effet relief sur la couverture créé avec une sorte de papier glacé délicieux au toucher et les illustrations intérieurs de Nicolas Fructus, gothique et glauque juste comme il faut et vous tenez un ouvrage plein de promesses. Reste à voir s’il va les tenir parce qu’une belle édition ne suffit pas toujours à assurer une belle lecture.

FAIS MOI PEUR…OU PAS

Daryl Gregory avait déjà su me séduire avec son premier roman L’éducation de Stony Mayhall qui possédait cependant un ton plus mature et tendre. Avec ce quatrième ouvrage l’auteur s’essaie à un jeu d’équilibriste dans un univers très codifié et il faut reconnaître qu’il sait doser les différents éléments de son récit même si de manière personnelle j’aurais préféré que l’univers lovecraftien soit plus présent.

Le récit oscille tout au long de ses 300 pages entre le récit d’aventures, le récit initiatique, la comédie et le récit d’horreur. Ce dernier élément sera celui qui restera le moins développé. C’est un peu dommage surtout que la description du collège de Dunnsmouth laissait entrevoir une atmosphère bien glauque, digne des meilleures nouvelles de Lovecraft mais malheureusement pour moi l’auteur a décidé de laisser cette prometteuse ambiance dans les abysses et de se concentrer sur d’autres aspects de son récit.

MERCREDI MÈNE L’ENQUÊTE

Et une fois que mon petit cœur de lecteur eut digéré le fait que l’univers de Lovecraft resterait juste une toile de fond je dois reconnaître que j’ai passé un agréable moment de lecture. L’auteur parvient à nous passionner pour le destin de ce cher Harrison au carré qui se remet bien vite des étrangetés auxquelles il doit faire face à tous les coins de rues. Entre humour décalé et enquête façon club des cinq chez les gothiques le livre est suffisamment divertissant malgré le manque d’épaisseur de son atmosphère.

Quant au final il m’a laissé un arrière-goût d’inachevé, un côté brouillon qui tranche avec le reste du récit plus maîtrisé. Cependant malgré le côté inabouti de ce final il m’a quand donné envie de retrouver Harrison dans le roman Nous allons tous très bien merci dont le présent ouvrage est un prequel.

Résumé: Harrison a un problème avec l’océan. Qui a sans doute à voir avec le fait que lorsqu’il était tout gamin, « quelque chose s’y est passé »… Un quelque chose proprement horrible dont il n’a aucun souvenir conscient, mais qui a coûté la vie à son père, lui vaut une prothèse carbonée en guise de jambe droite, et des douleurs fantômes pour occuper ses nuits. Or, la thalassophobie, quand votre mère est océanographe, c’est assez compliqué. Surtout quand cette dernière se pique de mener une mission improbable au large de Dunnsmouth, petite bourgade portuaire typique de Nouvelle-Angleterre, avec ses pignons, son vieux phare, son architecture georgienne typique, son collège au style gothique suranné et ses habitants aux allures de poissons morts. À moins que ce ne soit l’imagination d’Harrison qui en rajoute un brin… Il faut dire que le poisson, Harrison, il n’aime pas beaucoup ça. Or voilà que sa mère disparaît à son tour, victime d’un accident alors qu’elle disposait des balises en haute mer…

Paru le : 27/02/2020
Thématique : Science Fiction
Auteur(s) : Auteur : Daryl Gregory
Éditeur(s) : le Bélial
Collection(s) : Non précisé.
Contributeur(s) : Directeur de publication : Olivier Girard – Traducteur : Laurent Philibert-Caillat
ISBN : 2-84344-961-8