Détruire tous les monstres de Grady Hendrix, Hard Rock never die !!



Lorsque Kris décide de se lancer dans sa quête vengeresse elle ne se doute pas dans quel cauchemar elle va s’aventurer, et le lecteur non plus. Pourtant les indices disséminés sur les rabats auraient dû me mettre la puce à l’oreille mais je me suis lancé dans ce récit tête baissée et au final tant mieux car mon expérience de lecture n’en a été que meilleur.

Le périple de cette brave Kris résonne tel un long riff de guitare stident plein de rage et d’amertume. L’auteur électrise son récit mené tambour battant tout en développant la rage désespérée de son héroïne principale. Les retournements de situation surviennent comme un chant grégorien au milieu d’un solo de guitare, complètement inattendue mais parfaitement en accord avec le ton déchaîné du récit.

Car le roman est aussi un cri d’amour guttural pour le heavy metal, ce sous-genre tant décrié du rock, tout en lançant un glaviot bien senti à l’industrie musicale dont l’appât du gain compromet l’énergie créatrice et l’insouciance qui galvanise les jeunes musiciens. Inutile d’être un mélomane pour apprécier le récit. Les connaissances musicales de l’auteur suffisent pour appréhender les références qui ne se limitent pas aux titres des chapitres, qui reprennent des titres d’albums légendaires mais se révèlent beaucoup plus profondes et passionnantes que l’on ne pourrait s’attendre.

Un amour pour le rock, et la musique de manière générale, qui se ressent à travers le personnage de Kris. L’auteur écrit un personnage dense, empli d’une rage sourde mais aussi d’un amour profond pour la musique et les laissé-pour-compte. Un personnage féminin comme j’aimerais en voir plus souvent écrit.

Je regrette un final en apothéose musicale convaincant pour Kris et son parcours de furie vengeresse mais qui délaisse l’un des aspects du livre qui aura dynamisé toute la lecture, offrant ainsi une conclusion en demi-teinte pour un récit qui n’offre aucun temps mort

Résumé : À l’adolescence, la musique a sauvé Kris d’une vie misérable. Elle a monté un groupe de metal avec son ami Terry, puis a pris la route pour une décennie de concerts, d’ivresse, de narcotiques et de délires divers. La belle vie, en somme. Jusqu’au jour où la musique s’est arrêtée. Et où Kris est revenue dans son bled pourri pour travailler dans un hôtel tout aussi pourri. Avec des tonnes de tranquillisants pour endormir sa colère.
La bête en elle se réveille enfin le jour où elle apprend que Terry, qui a trahi le groupe pour une carrière solo triomphale, va refaire une série de concerts.
Et c’est une bête très, très en colère.
Le temps est en effet venu d’aller trouver Terry pour s’expliquer.
Pour lui montrer qu’il reste des choses, dans ce monde, qui ne sont pas à vendre.

Éditeur ‎Sonatine (5 novembre 2020)
Langue ‎Français
Broché ‎352 pages
ISBN-10 ‎2355848254
ISBN-13 ‎978-2355848254

Conan le Cimmérien – 7 juillet 2021 de Robert E. Howard

Conan est l’un des personnages de fiction les plus connus au monde. Robert E. Howard l’a créé en 1932 et avec lui, l’heroic fantasy. Ce héros, ainsi que la puissance évocatrice de l’écriture de son auteur, a eu et a toujours une influence majeure, au moins égale à celle de Tolkien, sur tout l’imaginaire occidental.

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Chronique : Conan le Cimmérien est un classique de la littérature Fantasy et offre suffisamment de Conan pour satisfaire, mais pas trop pour ne pas se gaver de ce barbare macho. Les histoires de ce volume sont présentées dans l’ordre où elles ont été écrites,. Dans cet ordre, on peut voir l’écriture de Howard évoluer au fur et à mesure que le livre avance. Howard se répète, tant dans la caractérisation que dans l’intrigue, à quelques reprises. Mais c’est en fait une vertu dans ce cas, car cela « épaissit » le personnage de Conan. Si le lecteur ne se limite qu’à quelques histoires de Conan, il passe à côté de l’approfondissement du personnage – il ne s’agit pas nécessairement d’une croissance, puisqu’il est, à la base, toujours le même. Mais Conan est un personnage plus profond que vous ne l’imaginez si vous avez limité votre vision de lui à quelques histoires seulement.

Il y a un certain nombre d’excellentes histoires dans ce volume, bien qu’aucune ne soit sans défaut. « La Tour de l’Eléphant », par exemple, est une grande histoire mystique, malheureusement gâchée par la rencontre improbable (et très peu crédible) avec le maître voleur, Taurus de Némédia.

La « Reine de la Côte Noire » est ce qui se rapproche le plus d’une romance dans un récit de Conan, une romance qui est favorisée par Belit (la reine dont il est question dans le titre) et son incroyable pulsion hormonale. Cette histoire montre vraiment Howard sous son plus mauvais jour, comme en témoigne une énorme chute d’informations au milieu de l’histoire, de la bouche même de Conan. Pour être honnête, je préfère Conan quand il parle moins. ce texte est représentatif de tout ce qui fait qu’une histoire de Conan est une histoire de Conan : mystère, sorcellerie, luxure et vengeance. Si vous parvenez à faire abstraction du racisme et du sexisme affichés, ou du moins à réprimer l’envie d’arrêter la lecture par pur dégoût pour ces attitudes dépassées, vous trouverez là une histoire de qualité, voire élégante.

Le « Colosse noir » contient peut-être la meilleure description de la raison pour laquelle l’attitude du barbare est si… eh bien, barbare :

Conan écoutait, imperturbable. La guerre était son métier. La vie était une bataille continuelle, ou une série de batailles ; depuis sa naissance, la mort était une compagne constante. Elle rôdait horriblement à ses côtés ; elle se tenait sur son épaule, près des tables de jeu ; ses doigts osseux secouaient les gobelets de vin. Elle se dressait au-dessus de lui, ombre monstrueuse et encapuchonnée, lorsqu’il se couchait pour dormir. Il ne se souciait pas plus de sa présence qu’un roi ne se soucie de la présence de son échanson. Un jour, son étreinte osseuse se refermerait, c’était tout. Il lui suffisait de vivre le présent.

La Maison aux trois bandits est l’une de mes histoires préférées de ce volume, mais pas à cause de Conan, qui ne joue qu’un rôle périphérique dans l’histoire jusqu’à son apogée. Cette histoire était pleine de mystère et de trahison, avec un homme-bête démoniaque comme méchant (le plus évident) et une foule d’astuces technologiques déguisées en sorcellerie qui conféraient à l’intrigue une excentricité rafraîchissante. Que demander de plus dans un récit d’épée et de sorcellerie ?

Le Diable d’Airain semble rassembler de nombreux tropes trouvés dans les histoires précédentes et constitue le point culminant approprié du volume. Il s’agit de l’histoire la plus proche que Conan n’ait jamais eu, donc si vous avez besoin d’un jeu de rôle, cette histoire est faite pour vous.

Une section d’Appendices assez longue conclut le livre, mais c’est une sorte d’anticlimax, si on le lit directement. De temps en temps, je revenais à cette section lorsque je sentais la fatigue du lecteur s’installer. J’ai trouvé que les articles sur l’âge hyborien et sur la genèse de la carrière d’Howard étaient des diversions temporaires bienvenues qui m’ont permis de me ressourcer pour aborder d’autres histoires. Les deux cartes brutes ont également permis de contextualiser les histoires dans des limites géographiques.

J’ai omis de mentionner de nombreuses histoires dans ce volume. C’est intentionnel. Vous pouvez ou ne pouvez pas aimer les mêmes histoires que moi, mais je crois qu’il y a assez dans ce roman pour justifier un bon, long moment de votre temps de lecture.

Note : 9,5/10

ASIN ‏ : ‎ B08YML2VKC Éditeur ‏ : ‎ Bragelonne (7 juillet 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 544 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1028116743

L’île interdite de James Rollins, Gare aux piqûres

On ne va pas y aller par quatre chemins pour parler de cette lecture, c’était fun, c’était divertissant, c’était tout à fait le genre de lecture de  décompression dont on a besoin lorsque l’on s’apprête à partir en vacances.

N’attendez rien du style ni de la psychologie des personnages. On lit un James Rollins avant tout pour l’action et ses intrigues pseudo scientifiques improbables mais captivantes. On en profite au passage pour glaner quelques éléments de culture générale. Dans ce volume des aventures de la force Sigma l’auteur évoque la route de l’ambre, les mines de sel de Wieliczka, un endroit qu’il m’a donné envie de visiter mais aussi les mystères entourant James Smithson et le Smithsonian.

La formule Rollins consiste à appliquer à la lettre la formule du Blockbuster hollywoodien. L’action frénétique y est juste entrecoupée de passages explicatifs, les méchants sont très méchants, voire même stupide par moments, comme le vénérable Takashi qui fait preuve de beaucoup de légèreté dans la communication de son plan diabolique, comme quoi la sagesse ne vient pas forcément avec l’âge. Les gentils sont altruistes, volontaire mais il ne faut pas trop les chercher non plus et l’intrigue est une profusion d’incohérences qui finissent par être gênantes, surtout vers le dénouement mais encore une fois la vraisemblance n’est pas ce que l’on recherche avec ce genre de lecture.

Si l’on est capable d’accepter ces défauts inhérents à ce genre de roman d’aventures on passe plutôt un bon moment. Il manque peut-être juste une pointe d’humour qui permettrait à l’intrigue de prendre un peu de recul sur cette crise mais le comic relief c’est tout un art que ne maîtrisent pas forcément les blockbuster.

Résumé: Au large des côtes du Brésil, une équipe de scientifiques découvre une île où toute vie a été éradiquée par une espèce inconnue et extrêmement dangereuse. Avant d’avoir pu rapporter leur découverte, ils sont tous éliminés par une force mystérieuse. Seul un expert des créatures venimeuses en réchappe. Mais face à une espèce qui s’adapte à son environnement au risque de devenir de plus en plus incontrôlable, le commandant Gray Pierce et son équipe vont devoir affronter leurs plus grandes peurs pour éviter que le monde que nous connaissons soit entièrement détruit.

  • Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (8 avril 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 480 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2265143952
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265143951
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 560 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.6 x 3.1 x 22.6 cm

Les maîtres enlumineurs de Robert Jackson Bennett, un maître mot: efficacité

Comment persuader les lecteurs de se lancer dans une nouvelle saga ?

La réponse de Bennett tient en un concept simple: de l’action et des personnages convaincants.

Et il faut reconnaître que cette formule s’avère efficace. Les 250 premières pages ne sont qu’une gigantesque course-poursuite, où l’on fait connaissance des personnages principaux, entrecoupé de passages où l’auteur expose les bases de son univers de manière simple et en les remettant en perspective dans l’histoire ce qui évite l’aspect rébarbatif de telles explications. C’est très malin de dévoiler les bases de son univers ainsi car lorsque l’intrigue se recentre sur les complots on a déjà appris à faire connaissance avec les personnages et l’univers de Tevanne.

Les personnages sont un atout précieux du récit. La piquante Sancia occupe le devant de la scène. Intrépide, courageuse, endurcie par un passé traumatisant et qui ne se laisse pas démonter par l’adversité. Sa gouaille et le duo qu’elle forme avec un autre personnage plus inattendu font d’elle une grande réussite de ce premier volume. Le reste des personnages n’est pas pas reste, Gregor est pétri d’idéaux et a plus en commun avec Sancia que l’on pourrait le croire. Orso fait partie de ses personnages délicieusement odieux dont chaque réplique est une balle de sniper entre les deux yeux. La douce bérénice complète le tableau.

L’approche de Bennett dans la création de son univers m’a paru très américaine. D’un côté on a les très riches, parqués dans des quartiers au luxe ostentatoire, et de l’autre les pauvres, cantonnés à des quartiers insalubres à la misère insoutenable. L’idée même d’ascension sociale, de justice ou d’équité est inexistante. Tout repose sur le commerce et l’appât du gain. Un univers qui transpire la critique un peu trop sommaire et sans nuances du capitalisme mais qui a le mérite d’être accessible à tous les lecteurs.

Pour un lecteur assidu de récits de fantasy Les maitres enlumineurs ne propose rien d’original mais l’originalité n’est sans doute pas le but recherché par l’auteur. À la place il signe un récit redoutable d’efficacité, doté de personnages attachants et bourré d’action.

Résumé: Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. A l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique.Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais. Quiconque entrerait en sa possession pourrait mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel (31 mars 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 640 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226441514
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226441515
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 650 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 3.5 x 20.5 cm

Le carrousel infernal de Joe Hill, sombres ritournelles

Les recueils de nouvelles me posent un véritable défi de lecture. Le commencement de chaque nouvelle exige un effort pour se replonger dans une nouvelle histoire, de nouveaux personnages, une intrigue différente. Ce qui entraîne un rythme de lecture différent. Pourtant les talents de conteur de Joe Hill ont rapidement balayé mes craintes. En un paragraphe il fait prendre vie à des personnages, il parvient à nous plonger dans des lieux comme si on y était, à retranscrire une époque. Son style est efficace et immersif.

Il ne faut pas chercher un fil rouge à ces 13 récits ou, si l’horreur tient le haut du pavé, elle n’est pas la seule émotion à être invoquée. Ce recueil regroupe des nouvelles, inédites pour la plupart, écrites à des époques différentes. Si toutes ne vise pas à créer de l’effroi, celles qui s’y emploient sont redoutables dans leur efficacité. La nouvelle qui donne son titre à l’ouvrage est un cauchemar éveillé avec une fin douce-amère des plus angoissantes tandis que La gare de Wolverton permet à l’auteur de faire étalage de son style visuel gore qui marque l’imagination.

Parmi les nouvelles qui touchent à un autre domaine que l’horreur Les retardataires est une pépite émouvante qui n’est pas sans rappeler l’ouvrage de son père 22/11/63 mais en beaucoup plus concis. Faune est un bijou de conte cruel impitoyable tandis que Tout ce qui compte c’est toi est une jolie fable sur la solitude. Certains de ces récits m’ont semblé un cran en dessous mais le recueil est un immense plaisir de lecture.

Résumé: treize histoires au suspense fantastique, dont deux co-écrites avec Stephen King, dissèquent les aléas de l’existence humaine, pour notre plus grand plaisir de lecture, même si la terreur n’est jamais loin.
 
Lorsque les animaux d’un ancien carrousel rendent une ultime sentence. Qu’un chauffeur sans visage entame une danse macabre avec des motards hors-la-loi. Et qu’un propriétaire d’une chaîne de cafés qui grignote peu à peu les petits commerces se retrouve au milieu de loups. Quand une petite porte s’ouvre sur un monde féerique, qui devient le terrain de jeu de chasseurs assoiffés de sang. Et qu’un homme désespéré décide de conduire un vieux bibliobus pour fournir des lectures aux morts. Lorsqu’une adolescente désœuvrée raconte en direct ses vacances en famille sur Twitter. Quand un frère et une sœur s’aventurent dans un champ pour venir au secours d’un enfant. Et que les passagers d’un avion assistent en direct au  déclenchement de la Troisième Guerre mondiale… L’auteur
nous embarque dans une odyssée troublante au cœur de la  psyché humaine.

  • Éditeur ‏ : ‎ JC Lattès (23 septembre 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 464 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2709666073
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2709666077
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 579 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15 x 3 x 23 cm

Les Oiseaux du temps – 13 mai 2021 de Amal EL MOHTAR et Max GLADSTONE

Bleu et Rouge, deux combattants ennemis d’une étrange guerre temporelle, s’engagent dans une correspondance interdite, à travers les époques et les champs de bataille. Ces lettres, ne pouvant être lues qu’une seule fois, deviennent peu à peu le refuge de leurs doutes et de leurs rêves. De
leurs échanges naitra un amour fragile et dangereux qu’il leur faudra préserver envers et contre tous.

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Chronique : « Les Oiseaux du temps » est le genre de roman qui plonge dans les esprits, attrape le soleil vif de la mémoire et brille, laisse son odeur sur ses lecteurs, comme un parfum transféré entre amants. Mais dès que vous commencez à mettre des mots, vous titubez et vous êtes désorienté, comme si vous vouliez attraper quelque chose et que vous vous trompiez sur la distance, et que vous sentiez vos doigts se refermer sur rien d’autre que de l’air. J’ai dû lire ce roman à petites doses, en avalant ses coups petit à petit, et je pense qu’il me faudra plusieurs relectures pour comprendre tout ce que je ne peux pas dire avec des mots maintenant.

Même aujourd’hui, j’ai du mal à décrire l’action du roman, mais sans rien gâcher, je peux vous dire que le premier fil conducteur de ce récit mal ficelé se présente sous la forme d’une lettre. La première de ce genre n’était qu’un faux-semblant, un instant de complaisance, quelque chose comme un rire sur l’obscurité, mais elle a commencé à faire tourner le temps pour Rouge, le passé coupant le présent comme une lame aiguisée. La deuxième lettre était un abîme dans lequel elle osait tomber, et Rouge avait le sentiment qu’elle et Bleu s’enfonçaient plus profondément que jamais. A la troisième lettre, Rouge avait l’impression qu’ils se coupaient eux-mêmes la gorge : Deux espionnes voyageant dans le temps et appartenant à des factions rivales, divisées entre l’attaque et la diplomatie, qui, en trouvant leur chemin à travers les mondes dévastés par les guerres du temps, sont entrées en contact et ont trouvé l’amour – et quelque chose qui les effrayait aussi – à travers un vide trop profond pour être comblé par autre chose que des mots.

Les deux femmes étaient plus réelles l’une pour l’autre que des reflets dans un miroir, et leurs cicatrices et leurs bords déchiquetés avaient témoigné de trop de batailles menées contre le temps (et contre l’autre). Elles étaient comme des poissons regardant l’hameçon, avec trop de forces prêtes à faire des armes de siège de leurs lettres. Dans l’improbabilité pure et simple du moment, cependant, ils pouvaient presque prétendre que cette histoire d’amour n’était pas une course folle.

C’est ainsi que l’on perd la guerre du temps n’est pas une lecture légère, loin de là. C’est un livre d’une beauté et d’un lyrisme soutenus qui fonctionne également comme la mosaïque fracturée d’un roman – raconté par touches rapides et brutales, le tout enroulé dans de vertigineuses boucles de prose.

Il est difficile, au début, d’avoir une prise ferme sur le cadre glissant de « Les Oiseaux du temps ». J’avais l’impression d’être jeté sans précaution dans un récit qu’il ne comprenait pas, avec des gens tout autour qui attendaient qu’il joue un rôle qu’il ne connaissait pas. L’expérience avait un côté onirique, comme si ces moments étaient séparés du monde éveillé par l’étrangeté de tout cela. Mais même avec la confusion peinte sur mon visage, l’histoire a pris un sens pour moi d’une manière sans mots qui ne pouvait être décrite que comme magique. Chaque mot valait la peine d’être savouré, et mon propre souffle semblait s’harmoniser.

C’est pourquoi je pense que ce roman serait irréductible à toute catégorisation facile : « les Oiseaux du temps » est une aventure de voyage dans le temps, une aventure de science-fiction, de la poésie déguisée en prose et une histoire d’amour. C’est une danse complexe, que les auteurs exécutent avec agilité, grâce et facilité. Le fait qu’ils aient réussi à la mener à bien – et encore plus à la perfection – est en soi une merveille, et j’ai été sincèrement impressionné.

Bien que « les Oiseaux du temps » ne soit pas écrit en vers, la poésie vit dans ses pages. Les auteurs maîtrisent parfaitement leur talent narratif et leur langue s’élève lorsqu’ils parlent de désir, de nostalgie, de survie et de liberté.

Cela dit, ces dons peuvent se transformer en obstacles. Aussi vertigineux et immersif que soient le cadre et les prémisses, « les Oiseaux du temps » est un roman à la fois exaltant et épuisant, parfois simultanément. Même si je me jetais avidement sur la page suivante, il y a eu des moments où le lyrisme m’a semblé laborieux – les phrases sont tellement chargées de métaphores et d’analogies que lire revient à faire du sur-place dans des vêtements trempés, en gardant à peine le nez et la bouche à la surface – et j’ai parfois eu envie d’un peu de retenue. Dans le cadre de la longue économie d’un roman, trop de prose – aussi exquise soit-elle – peut parfois entraver le flux autrement fascinant, et je pense que les lecteurs qui ne peuvent pas faire preuve de patience pour s’attaquer à quelques pages supplémentaires de langage mélodieux pourraient ne pas trouver autant de résonance.

Je suis cependant convaincue que ceux qui sont capables de se détendre dans le chaos seront aussi richement récompensés que moi lorsque les fils finiront par s’entrelacer magnifiquement.

Note : 9,5/10

Éditeur : MNEMOS (13 mai 2021) Langue : Français Broché : 160 pages ISBN-10 : 2354088450 ISBN-13 : 978-2354088453

Notre-Dame des loups – 13 mai 2021 de Adrien TOMAS

1868, aux confins de l’Amérique, sept Veneurs, hommes et femmes sans foi ni loi, aux munitions forgées d’argent, l’âme froide comme l’acier, parcourent les immensités de l’Ouest sauvage à la recherche de Notre-Dame des loups, une créature qui serait à l’origine de la prolifération des lycanthropes sur le territoire américain.

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Chronique : Notre-Dame des Loups a été un gros, gros coup de cœur. Je l’ai dévoré si vite que je n’ai presque pas eu le temps de le savourer, je n’ai tout simplement pas réussi à le lâcher.
Nous sommes en 1868, en Amérique, et nous suivons une bande de sept Veneurs en mission. Ce sont des chasseurs d’exception qui traquent sans relâche les lycanthropes avec le fol espoir de parvenir à éliminer Notre-Dame des loups, l’Alpha, la mère, celle par qui tout aurait commencé.

En si peu de pages, l’auteur nous offre un background fouillé, riche et non seulement bien développé mais aussi bien utilisé, qui sert vraiment son intrigue. Quelques années seulement après la guerre de sécession, on découvre un pays divisé, affaibli, où les comportements n’ont pas encore tous évolués dans le bon sens. C’est dans cette ambiance un peu dark et très western vraiment crédible et réussie que nous suivons les Veneurs, chacun ayant une raison bien particulière de participer à la chasse.

Les Veneurs donc, sont au nombre de sept. Chaque chapitre du roman vous offrira le point de vue d’un nouveau membre de la Vénerie, et ce à la première personne. Qu’il est doux d’être propulsé dans la tête d’un beau salaud ou d’un esprit dérangé, c’est toujours une expérience des plus singulières ! En tout cas, c’est un sans-faute de la part d’Adrien Tomas. Chaque personnage est hyper travaillé, nuancé, avec une histoire précise et toujours intéressante. Mais surtout, ils ont tous leurs secrets, et ils cachent tous très bien leur jeu… Cette construction est juste génialissime, elle renverse nos certitudes toutes les deux pages et joue avec nous jusqu’à la dernière ligne. Et je reste plus qu’admirative de la précision avec laquelle Adrien Tomas arrive à raconter les histoires de chacun en si peu de pages. Du génie, je vous dis !

Les personnages sont donc extrêmement bien travaillés, crédibles et leurs dialogues sont savoureux, en totale adéquation avec la personnalité de chacun et l’ambiance du roman. L’auteur respecte aussi le mythe du loup-garou, sans rien édulcorer, en apportant un coté mystique très appréciable qui n’a fait que rendre encore plus palpable l’atmosphère angoissante de la chasse. Quant aux paysage et à l’ambiance… Un sans-faute absolu, je vous dis. Je n’ai trouvé aucun défaut à ce roman !

La principale qualité de Notre-Dame des loups, c’est cette capacité à surprendre le lecteur absolument tout le temps, sans lui laisser le temps de reprendre son souffle ou de se remettre de ses émotions. Oubliez l’idée d’avoir un marque-page, vous finirez le livre avant même d’en avoir eu besoin ! Finalement, je regrette presque un peu de l’avoir lu si vite, de ne pas l’avoir savouré comme il l’aurait mérité. Il est si court, croyez moi, vous l’aurez fini avant même de vous en rendre compte. C’est surement le page-turner le plus prenant que j’ai lu à ce jour, impossible à lâcher, chaque fin de chapitre étant insoutenable.

J’ai donc eu un très gros coup de cœur pour ce court roman, que j’aurais égoïstement voulu plus long pour pouvoir en profiter plus longtemps, alors qu’il est tout simplement parfait tel qu’il est.

Note : 9,5/10

Éditeur : MNEMOS (13 mai 2021) Langue : Français Broché : 192 pages ISBN-10 : 2354089058 ISBN-13 : 978-2354089054

La Légende du noble chat Piste-fouet – 13 mai 2021 de Tad WILLIAMS

Le jeune chat Piste-fouet vient tout juste de se voir conférer un nom par l’Assemblée des Anciens et alors qu’il trouve l’âme-sœur en la personne de la jolie Patte-feutrée, elle disparaît dans des circonstances mystérieuses.

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Chronique : La Légende du noble chat Piste-fouet parle d’un chat dans un monde où les chats ont une civilisation et communiquent entre eux. En fait, ils ont leur propre mythologie et, bien que les humains existent, ils ont tendance à être ces créatures qui vivent dans un monde mystérieux, un monde qui croise parfois celui des chats, mais pas de beaucoup. En fait, tous les animaux ont leur propre culture et leur propre mythologie, mais c’est le monde des chats qui est au centre du livre. Le fait est que ce livre parle de chats et de la façon dont ces chats partent en quête et finissent par sauver le monde d’un chat particulièrement maléfique et méchant, et honnêtement, qui n’aime pas les chats ?

Les gens qui détestent les chats, bien sûr, mais comme on dit, les gens qui détestent vont détester. Il y a des gens qui sont allergiques aux chats, donc je peux comprendre pourquoi ils ne les aiment pas particulièrement, mais je dois admettre qu’il faut aimer la nature plutôt excentrique de nos compagnons félins, même si, comme on dit, les chiens ont des maîtres et les chats des employés. En fait, c’est la raison pour laquelle mon amie préfère les chats aux chiens – les chiens ont tendance à être dépendants et incroyablement collants (je suis sûre que les propriétaires de chiens ont découvert ce qui se passe lorsque vous ramenez un nouveau chien à la maison et que vous allez ensuite vous coucher pour être tenu éveillé toute la nuit par des hurlements de solitude) alors que les chats ont tendance à être indépendants. Ils sont indépendants dans une certaine mesure, car lorsqu’ils veulent quelque chose (généralement quelque chose à manger), vous le savez généralement. Malheureusement, l’idée d’aller attraper une souris ne fonctionne généralement pas.

Ce qui commence comme une joyeuse petite histoire de chat, prend définitivement une tournure sombre un peu moins de la moitié du parcours. Je pense qu’on peut le décrire comme une version féline du « Seigneur des Anneaux ». Ou peut-être, « Le Magicien d’Oz », qui est ce que je pensais VRAIMENT à la fin ! (« Si je dois encore chercher le désir de mon cœur, je ne chercherai pas plus loin que mon propre jardin. Parce que s’il n’est pas là, je ne l’ai jamais vraiment perdu pour commencer. » – Dorothy) Pour un premier livre, Tad Williams fait un excellent travail !
Il faut probablement aimer les chats pour apprécier ce livre. Mais il alimente aussi mon imagination, en me faisant croire que tous les animaux ont leur propre petit monde d’aventures tout autour de nous.

Note : 9,5/10

Éditeur : MNEMOS (13 mai 2021) Langue : Français Broché : 336 pages ISBN-10 : 2354089066 ISBN-13 : 978-2354089061

Princess Bride – 12 mai 2021 de William Goldman

Plébiscité par des millions de lecteurs, Princess Bride est un livre culte qui devint un film culte. Un récit de duels à l’épée, de vengeance, de passion et de miracles.

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Chronique : C’est l’une des plus grandes histoires d’amour, d’action et de vengeance jamais abrégée par un auteur moderne. Il semble que M. Goldman ait estimé que l’histoire originale, telle qu’elle a été écrite par l’immortel S. Morganstern, était un peu trop aride pour être consommée par le public, et qu’elle portait atteinte à des souvenirs d’enfance précieux. Il l’a donc parcourue et en a fait une version « bonne partie », et le monde s’en porte mieux. [1 :]

Bien sûr, le grand gag est qu’il n’y a jamais eu de version originale du livre. Il n’y a jamais eu de S. Morganstern, le plus grand des écrivains florentins. Le père de Goldman lui a peut-être lu des livres lorsqu’il était enfant, mais il ne lui a jamais lu ce livre. L’ensemble du livre est une fiction, du début à la fin, mais Goldman le vend très bien. Il raconte comment il s’est épanoui en tant que garçon, passant d’une déception obsédée par le sport à un dévoreur de livres, tout cela grâce à ce livre. Il raconte comment il a essayé de faire le même cadeau à son fils, qui a réussi à lire un chapitre avant d’abandonner, épuisé. Il parle du grand choc qu’il a eu en découvrant que son père avait fait quelque chose de tout à fait brillant – il avait sauté les parties ennuyeuses et laissé intactes les parties passionnantes.

Le fait de savoir que tout cela est faux n’enlève rien à l’histoire. C’est une histoire sur une histoire, et l’effet qu’une histoire peut avoir sur un jeune esprit. Ou sur n’importe quel esprit, d’ailleurs. Il s’agit de la façon dont les histoires peuvent nous enseigner des leçons que nous ne comprenons que plus tard – comme le fait que la vie n’est pas juste – et de la façon dont les histoires peuvent nous changer d’une manière inattendue. Il s’agit de notre relation avec la fiction et avec le monde qui nous entoure. Dans son enfance fictive, Goldman a davantage appris sur le monde en regardant l’histoire se dérouler qu’en écoutant l’histoire elle-même. Ce livre est donc une histoire sur les histoires. L’histoire elle-même n’est qu’un bonus.

Ce qui m’amène, bien sûr, au film. Laissez-moi vous dire que c’est l’un des très, très rares cas où je mettrai le film sur un pied d’égalité avec le livre. Dans 99,9999 % des cas, le livre est meilleur que le film. C’est un cas où ils sont égaux dans presque tous les domaines. Je suis sûr que cela a beaucoup à voir avec le fait que Goldman a écrit le scénario du film, donc non seulement l’histoire est intacte, mais une grande partie des dialogues sont presque textuellement tirés du livre. C’était de l’or à l’écrit et de l’or à l’écran. Le plus difficile dans la lecture du livre est d’essayer de ne pas entendre André le Géant, Christopher Guest, Robin Wright et tous les autres excellents acteurs et actrices dans votre tête pendant que vous lisez.

Alors, que vous lisiez le livre ou que vous voyiez le film, vous allez vous régaler. Et pendant que vous lisez, souvenez-vous des livres qui ont fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui. Pensez aux histoires qui vous ont appris les leçons de la vie avant que la vie ne s’en charge. Pensez-y, appréciez-les et rappelez-vous que chaque livre est une leçon, d’une manière ou d’une autre. ….

Note : 10/10

ASIN : B08S2ZZ8VH Éditeur : Bragelonne (12 mai 2021) Langue : Français Broché : 384 pages ISBN-13 : 979-1028117481

Basketful of heads de Joe Hill et Leomacs, ça va couper chérie !

À défaut de têtes j’ai mis un bon comics dans mon panier

Lorsque DC comics a permis au romancier Joe Hill, qui se trouve être aussi le fils de Stephen King, de créer son propre label de comics horrifiques je me suis demandé si cela n’était pas la meilleure nouvelle de l’année, bon en même temps ce n’était pas difficile vu que je l’ai appris en plein pendant le premier confinement. Après la lecture de ce premier comics la tendance se confirme, l’auteur de l’excellentissime Locke & key, va éblouir mes lectures de ces histoires terrifiantes.

Pourtant au départ le pitch de ce comics ne m’emballait pas plus que ça. L’histoire de cette jeune étudiante qui passe l’été sur une île de l’État du Maine, aux États-Unis, en compagnie de son petit copain et qui suite à l’évasion de quatre détenus va devoir défendre chèrement sa peau à l’aide d’une hache aux propriétés magiques me semblait un peu trop tiré par les cheveux. Je décidais mine de rien de faire confiance à celui qui a écrit Cornes et le costume du mort sans attendre autre chose de ma lecture qu’un slasher jouissif et pas prise de tête (vous l’avez ? )

Alors il est d’autant plus important que je remercie l’auteur pour cette histoire surprenante, qui prend une direction inattendue et dont la lecture réserve bien des surprises pour qui se laissera emporter par June au cours de cette sanglante nuit. Le premier épisode plante le décor de manière habile et nécessite une relecture immédiate pour en saisir tous les détails que l’on a manqués lors du premier passage. L’auteur s’amuse avec les clichés habituels des récits d’horreur, le shérif débonnaire mais autoritaire, le notable arrogant et veule, le petit ami brave et courageux pour mieux les détourner par la suite. L’auteur sait jouer avec nos attentes pour nous livrer une histoire, non seulement divertissante, mais également empreint d’un sous-texte pertinent.

Dans mon panier il n’y a pas d’œufs ni de lait mais il y a des têtes.

Mais ce panier sanglant que nous offre Hill ne serait rien sans son personnage central. Ce concentré d’adrénaline nommé June Branch. Immédiatement charismatique dès son apparition, cette jeune femme va devoir puiser en elle des ressources insoupçonnées pour devoir faire face à ce qui l’attend. Un personnage fort qui va se heurter à des personnifications de la masculinité toxique pour mieux s’affirmer. Le message féministe n’est pas particulièrement subtil mais il a le mérite d’être convaincant. On a tellement l’habitude de voir des personnages comme June se faire dépecer depuis des décennies dans des franchises comme Vendredi 13 ou Halloween que s’en est d’autant plus jouissif de voir les codes s’inverser dans une histoire remarquablement écrite.

L’artiste Leomacs assure la partie graphique. Si le premier épisode, qui baigne dans une douce lumière de fin d’après-midi estivale, ne m’a guère convaincu, il faut reconnaître que dès que la tension s’installe et que le récit démarre l’artiste signe des planches admirables. Ces illustrations sont à la fois sombres, puissantes et dynamiques. Les cases fourmillent de détails et magnifient le personnage de June, toujours très expressif. Malheureusement difficile d’insérer des photos sans spoiler le récit. Disons juste que si j’avais des doutes au début je suis maintenant persuadé qu’il ne pouvait y avoir d’autres artistes pour illustrer cette nuit de tempête que Leomacs.

Il y en a qui vont passer une sacrée nuit

Le récit s’achève et l’on est presque triste de devoir quitter June mais c’est aussi une volonté des auteurs de proposer un récit qui se suffit à lui-même en 7 épisodes réunit ici en un seul album par Urban comics, qui effectue comme souvent un travail éditorial de qualité. Ainsi on n’aura pas l’occasion de voir June et sa hache mystique se déliter au cours de suites improbables et navrantes. Et c’est peut-être aussi ce qui fait la force de cet excellent comics.

Résumé: June Branch mène une vie des plus tranquilles… jusqu’au jour où quatre criminels parviennent à s’évader de prison et enlever son petit ami, Liam. Pour leur échapper, June n’a d’autre choix que de se munir d’une arme étrange… une hache viking du VIIIe siècle ! Mais celle-ci est dotée de propriétés bien singulières : à même de décapiter un homme, elle laisse cependant les têtes fendues… conscientes ! Pour sauver Liam, June n’a plus qu’une seule solution : garder la tête (ou plutôt tout un panier de têtes) froide…

  • ASIN : B08Q71K1LV
  • Éditeur : URBAN COMICS (2 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 192 pages
  • ISBN-13 : 979-1026821168
  • Poids de l’article : 810 g
  • Dimensions : 18.6 x 1.6 x 28.1 cm