L’Enragée – Grand Prix 404 Factory – 8 avril 2021 de Jennifer TELLIER

Le royaume de Kardamen attire toutes les convoitises. Sur le point de mourir, le roi entreprend la quête secrète et désespérée de retrouver ses héritiers, des jumeaux disparus depuis bien longtemps. La mission s’annonce périlleuse et il engage celle que l’on appelle l’Enragée, la mercenaire la plus redoutée du pays, pour accompagner ses soldats. Mais, en réalité, qui est cette guerrière froide et impitoyable, que les légendes décrivent comme une sauvage assoiffée de sang, et quels secrets a-t-elle enfouis au plus profond de son âme ?

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Chronique : Voici un très bon livre à mon goût, mélangeant science-fiction et fantasy, de post-apocalyptique (même si l’apocalypse n’a pas vraiment eu lieu) et de bien d’autres choses, bref un livre assez complet, mais qui, malgré cela, est loin d’être complexe et donc on y rentre dedans très facilement.
L’histoire est intéressante, les personnages aussi et on s’attache à l’une comme aux autres assez vite. Je n’ai, personnellement, aucuns vrais reproches à lui faire, sauf peut-être le fait qu’un ou deux points restent non expliqués, alors qu’ils auraient pu l’être dès ce premier tome, mais je ne désespère pas de le voir fait dans une suite.
Dès le début du livre, nous sommes emmenés dans un tourbillon d’évènements rendant la lecture addictive. Après un replat au premier tiers du livre, l’histoire s’emballe de nouveau et nous volons de rebondissements en rebondissements. Un thriller qui se transforme en science-fiction. Par un talent magique, Jennifer TELLIER emmène son roman vers des frontières inconnues, dangereuses, oniriques, spectaculaires. Elle métamorphose l’horreur en bataille ultime surréaliste, elle construit une intrigue tentaculaire qui prend racine aux origines du monde, jongle avec les codes pour époustoufler ses lecteurs. C’est incroyable cette force d’imagination d’une scène d’accroche haletante, l’auteur nous entraîne dans des méandres d’une intrigue noire et profonde. L’ambiance est sensationnelle, où la peur vous saisit à chaque coin de pages. Elle vous étreint cette atmosphère de mystères, et vous fait perdre la notion de réalité. Il règne comme une sombre apesanteur irrespirable.
Un véritable maelström d’émotions vous attends dans ce superbe livre et vous auriez tort de vous priver de découvrir la folle aventure, qui se cache derrière l’Enragée…

Note : 9,5/10

ASIN : B08SGGXXVG Éditeur : 404 Editions (8 avril 2021) Langue : Français Broché : 368 pages ISBN-13 : 979-1032404553

Dévolution – 31 mars 2021 de Max Brooks

Bienvenue à Greenloop, près de Seattle, petite communauté écolo privilégiée permettant à des ultra-riches de vivre au plus près de la nature, mais avec une technologie de pointe. Quand un proche volcan entre en éruption, Greenloop est soudain coupée du monde, et ses habitants jetés dans une épreuve de survie au jour le jour.

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Chronique : C’est le pire choix de livre à lire quand on est en confinement, nerveux, anxieux, que l’on tire son meilleur soutien émotionnel d’une bonne bibine et de papiers toilettes bien remplis (je les câline, c’est pour ça que les gens les achètent autant, non ? Ils ressemblent à des ours en peluche blancs et informes et j’ai récemment essayé de les utiliser dans une recette : il suffit de les mélanger avec du lait d’amande, de la guimauve et des pépites de chocolat : mon mari m’a dit que c’était le meilleur plat que j’ai jamais préparé de toute ma vie).

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une aventure effrayante, pleine d’action, sinistre, sombre, sauvage et dérangeante ! Vous devez réfléchir avant de décider de lire un livre de l’auteur de World War Z.
Ce que nous avons jusqu’à présent : Un grand chaos dans le nord-ouest du Pacifique éclate avec l’éruption du Mont Rainer. On nous présente alors la communauté Greenloop, composée de maisons intelligentes situées près de Ranier Park, isolées de la société.
Ils ont juste créé leur propre lieu de quarantaine sûr, clair et hautement technologique. Mais quel était ce hurlement venant des bois ? Et ces empreintes de pas ne peuvent pas appartenir à un vrai humain, n’est-ce pas ? Que diable est-il arrivé à ces animaux dans les bois ? Un massacre sanglant, moche et dégoûtant commence à terrifier la petite communauté. Peut-être qu’ils ne sont pas aussi sûrs qu’ils le pensaient, non ? Les monstres invisibles ne sont plus sous leurs lits. Ils sont réels, ils sont là dehors et ils viennent pour eux.

Je pense que les choses que j’ai le plus appréciées dans ce livre sont la caractérisation détaillée, stratifiée et divertissante et la progression addictive. Il y a d’autres narrations, mais l’histoire est principalement racontée par des entrées de journal. Le style de narration est captivant et maintient votre intérêt en éveil grâce à un mystère réaliste qui se construit lentement. Les choses deviennent plus violentes, crues et vulgaires à chaque seconde lorsque les monstres apparaissent.

Étonnamment, j’ai aussi aimé Kate (au début, elle m’irritait au plus haut point avec ses pitreries bizarres et bizarres et son comportement ultra-paranoïaque) et j’ai eu envie de frapper sa tête de je-sais-tout à plusieurs reprises, mais lorsque la crise survient, elle devient mon héroïne et la transformation de son caractère m’a rappelé d’autres super-héros de bandes dessinées : une personne qui semble ordinaire et effrayante peut être une énigme qui cache tant de potentiel en elle. Sa narration nous aide à comprendre la nature du danger contre lequel ils vont se battre, ce qui nous permet de voir plus clairement l’ensemble du tableau dans notre tête. Et son sens de l’humour noir, tragique mais aussi plein d’esprit, nous tient en haleine mais aussi curieux de savoir ce qui va se passer ensuite ! Quand la merde frappe le ventilateur, elle se transforme en une sorte de Sarah Connor avec plus de connaissances sur les monstres de la nature.

Dans l’ensemble, c’est un fantastique voyage en train que vous ferez, qui vous arrachera le coude, vous fera vibrer le cœur, vous fera trembler la terre, vous rendra fou. Il en vaut vraiment la peine, mais si vous ne pouvez pas supporter un livre qui vous fait perdre la tête, qui vous fait battre le cœur et qui vous fait monter le stress, vous n’êtes pas fait pour ce voyage complètement fou !

Note : 9,5/10

Éditeur : Calmann-Lévy (31 mars 2021) Langue : Français Broché : 270 pages ISBN-10 : 2702180752 ISBN-13 : 978-2702180754

Les mystères du trône de fer volume 2 d’Aurélie Paci et Thierry Soulard, la clarté du propos et la richesse du sujet

Ce n’est pas toujours évident de déterminer précisément pourquoi telle saga va vous plaire et faire de vous un fan inconditionnel. Les personnages, l’intrigue, l’univers tout ça se mélange parfois à tel point qu’il nous est parfois difficile de dire pourquoi on s’attache à un récit. Sans oublier la frénésie de lecture qui s’empare de nous dès qu’un nouveau volume de notre saga préférée apparaît sur les étales des librairies. Heureusement certains auteurs sont là pour nous permettre d’y voir plus clair dans notre passion.

C’est à cela que m’a servi personnellement ce nouvel essai consacré à la saga littéraire de George R.R. Martin. Car outre la somme d’informations historiques condensées dans les 500 pages nécessaires pour faire le tour des influences de l’auteur, l’ouvrage manifeste surtout la passion dévorante de Martin pour l’histoire avec un grand H. Une passion qui l’a amené à voyager, à s’immerger dans les vestiges historiques, comme le mur d’Hadrien en Écosse, pour nourrir ses influences et l’immense fresque épique qu’est la saga du trône de fer.

Un cri d’amour pour une matière qui reste l’une des plus ludiques que l’on nous enseigne à l’école. Pour peu que l’on est comme professeur un passionné, les cours d’histoire peuvent vite devenir un exutoire à l’imagination. Les leçons sur les conquêtes romaines font résonner le bruit des batailles, le fracas des épées sur les boucliers, le reflet du métal des armures au soleil tandis que les chapitres des livres d’histoire consacrés à la Grèce antique nous ramènent à une époque chargée de légendes et de mythologie tandis que l’histoire des rois et reines nous en apprend beaucoup sur la nature humaine et la folie du pouvoir. C’est cet amour pour l’Histoire que George R.R. Martin exprime dans sa saga et je crois que c’est pour ça que je l’apprécie autant, pour être parvenu à créer son propre univers à partir de références universelles.

Car avoir su réunir autant de références différentes, d’époques diverses et d’influences aussi variées tout en gardant une cohésion et une maîtrise de son œuvre, révèle déjà d’un travail formidable. Celui effectué par le tandem Aurélie Paci et Thierry Soulard n’en est pas moins impressionnant. L’ouvrage est extrêmement bien organisé, l’on passe de la préhistoire à l’antiquité gréco-romaine en passant par le tant décrier Moyen-âge, sans oublier ses chers vikings. Toutes ces influences sont replacés dans leurs contextes, les auteurs n’oublient pas de préciser que la saga du trône de fer à commencer à être rédigé durant les années 1990 et que la manière d’étudier l’histoire a changé depuis. Ils nous démontrent comment l’auteur s’est emparé d’un élément historique pour le remplacer dans son œuvre, avec des encarts spécialement réservés à la série télévisée. Un même personnage, citée ou arc scénaristique du trône de fer peut être donc un patchwork de multiples références historiques.

La première partie s’accentue sur les rapports ambigus entre le genre littéraire de la fantasy et l’Histoire. Il ne s’agit pas seulement d’une introduction au propos générale du livre mais aussi d’une réflexion sur comment raconter une histoire, comment créer un univers fantastique sur la base d’éléments historiques. Le sujet de la fantasy historique, qui réécrit l’histoire en y incorporant des éléments fantastiques ou la popular history, un genre littéraire qui romance les grands moments de notre histoire, y sont abordés. L’Histoire n’a pas fini d’inspirer nombre d’auteurs.

Cette partie est également l’occasion de se pencher sur la narration malicieuse de Martin dont certains des récits annexes au trône de fer sont narré par des mestres, qui sont des personnages à part entières de son récit, dans une réflexion autour de la notion de conteur et d’historien. À travers leur étude exhaustive de l’œuvre de Martin le tandem Paci-Soulard nous montre que l’auteur est parvenu à intégrer cette problématique à sa saga et à densifier l’histoire de celle-ci par des mystères historiques et des sources contradictoires, rendant sa saga encore plus riche et passionnante. Le duo d’auteur parvient à illustrer de manière claire et concise ces éléments introductifs aux propos principals.

La guerre des deux roses, un immense morceau de l’histoire anglaise, est également évoquée au cours d’un chapitre dont la lecture m’a paru plus laborieuse que les précédents. Je pense qu’il est nécessaire de s’aventurer dans cette partie en ayant déjà une certaine connaissance des événements de cette période trouble de l’Angleterre. Les multiples renvoie au récit de Martin ont parasité ma lecture et perturbé ma compréhension de cette guerre de succession. Il faut dire qu’il y a un nombre impressionnant de personnages concernés, que ce soit dans l’histoire véritable que dans le récit de Martin, et le duo n’a pas forcément le temps de tous les introduire correctement

Mis à part cette partie dont la lecture fût plus ardue que le reste. Cet essai se révèle être, pour qui veut encore plus explorer l’univers du trône de fer, une mine d’informations intarissables sur la saga de George R.R. Martin. Un ouvrage qui se veut comme un passeur de savoir, qui permet de rajouter une nouvelle brique à l’édifice gigantesque dont Martin a entrepris la construction il y a de cela maintenant une trentaine d’années.

Quatrième de couverture: Passionné d’histoire, George R.R. Martin a parsemé Le Trône de Fer de références à notre monde, créant une saga culte aux contours familiers. De la guerre des Deux-Roses (1455-1485) à la guerre des Cinq Rois, de l’Anarchie anglaise (1135-1153) à la Danse des Dragons, de la guerre de Cent Ans (1337-1453) aux rébellions Feunoyr, en nous contant ses conflits inventés, George R.R. Martin nous entraîne dans les couloirs de l’histoire. Si le Moyen Âge est au coeur de son imaginaire, il est loin de s’y limiter : Préhistoire, Antiquité, Renaissance ou période des « grandes découvertes » nourrissent également son inspiration. Comment George R.R. Martin s’inspire-t-il de l’histoire ? Quelles sont ses sources ? À partir de quelles figures historiques a-t-il modelé Jon Snow, Daenerys Targaryen, Tyrion Lannister ? Comment utilise-t-il l’histoire pour renforcer ses intrigues ? Les réponses à ces questions et à bien d’autres sont dans cet ouvrage, incontournable pour décrypter Le Trône de Fer, les livres dérivés de cette saga, et les séries télévisées (Game of Thrones, House of the Dragon) qui en sont tirées

  • Éditeur : PYGMALION (17 février 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 384 pages
  • ISBN-10 : 2756431117
  • ISBN-13 : 978-2756431116
  • Poids de l’article : 660 g

Chronique d’un abandon: le livre des martyrs tome 1 les jardins de la lune, froides étreintes

Je t’ai d’abord remarqué en parcourant les différents blogs et groupes de lectures virtuels, tu semblais être la nouvelle coqueluche des amateurs de fantasy. Tu m’as tout de suite attiré, la promesse d’une saga dense aux scénarios complexe avec une myriade de personnages couplé à un univers sombre avait déjà suffi à attiser les braises du désir mais lorsque ton chaperon, les éditions Leha, ont entamé une opération commerciale en baissant ton prix d’achat à 10 euros, je n’ai pas pu me retenir et je me suis précipité sur toi.

Je t’ai ramené chez moi mais j’ai décidé de reporter à plus tard les étreintes de la découverte, occupé que j’étais avec d’autres lectures. On s’observait mutuellement, toi coincé dans les rayonnages de ma bibliothèque moi me pavanant avec d’autres lectures. Puis enfin le moment arriva où nous partîmes à la découverte l’un de l’autre.

Et ce fut une véritable douche froide. J’avais beau faire bruisser tes 600 pages de papiers fins, parcourir ton interminable liste de personnages, lire et relire les mêmes phrases pour tenter d’en dégager la saveur du style de ton créateur mais il n’y avait rien à faire, tout en toi me laisser froid. Notre étreinte tant désirée se révéler stérile de tout plaisir.

Seul certains dialogues parvenaient à susciter de l’intérêt même si la plupart se révélaient être purement factuels. Je n’y retrouverais pas cette ironie douce amère, ce jeu des faux-semblants que l’on peut savourer dans les dialogues d’autres sagas. Avec toi tout est constamment grave, dramatique alors certes c’est la guerre mais un peu de second degré et d’humour noir serait le bienvenu.

Tu es une lecture exigeante mais tu as confondu exigence et accessibilité. Ta volonté de nous plonger dans ton vaste univers sans nous en donner les clés est louable à condition de nous faire accompagné par un personnage qui serait un compagnon de découverte de ton monde rude et lugubre. Il y a pléthore de personnages certes mais aucun qui se détache du lot, tous ne font que prendre part au vaste jeu de pouvoirs qui semblent se mettre en place sans y apporter son grain de sel personnel. Tu donnes l’impression de suivre des pièces d’échec dépersonnalisé et sans aucune aspérité, c’est fort dommage.

Tu t’échines à rendre dramatique chaque situation, chaque dialogue mais cela crée l’effet inverse, lorsque tout est grave plus rien ne l’est au final. Et c’est lorsque j’ai compris ça que mes mains t’ont lâché, à mon grand regret. J’aurais aimé vibrer avec tes récits de combats homériques, sentir la décrépitude de ton univers poisseux et m’inquiéter de la prochaine malversation divine mais il n’y avait rien à faire, plus j’essayais de m’accrocher à ton récit plus celui-ci me fuyait et notre étreinte s’acheva avant même d’avoir commencé. Crois-moi j’en fus le premier malheureux.

Tu me vois dans le regret de te reposer définitivement, en ayant péniblement atteint la moitié de tes 600 pages. Je suis persuadé que toi et moi ne parlons pas le même langage ni la même manière de raconter une histoire. Ta narration inutilement alambiquée m’a refroidi d’emblée et ta manière d’amener les enjeux de ton histoire ne m’a guère convaincu. Je n’éprouve aucune rancœur envers toi, tu n’étais pas fait pour moi tout simplement et je te souhaite le meilleur dans tes futures rencontres de lecteurs et lectrices qui seront plus conquis que moi par ton style sans concessions. Je me console en me disant que des étreintes qui m’emporteront dans un tourbillon fantastique j’en connaîtrai sûrement d’autres mais subir une telle désillusion est toujours difficile.

Résumé: Dans un monde qui a vu naître et disparaître d’innombrables races et civilisations, l’empire malazéen étend implacablement sa domination, soumettant des continents entiers les uns après les autres, grâce à la discipline de ses armées et la supériorité de ses mages de guerre.
Mais la loyauté de ses soldats, abandonnés et trahis par leur impératrice, est mise à rude épreuve. Perdus, abandonnés et déchus, les fidèles de l’empire vont devoir tenter de survivre, entre sacrifices et dangers mortels.
Un complot bien plus vaste se joue en toile de fond. D’anciennes forces terrées dans l’ombre semblent se réveiller, prêtes à tout pour regagner leur splendeur passée. Regroupés sous la coupe du jeu des dragons, dieux et ascendants, sorciers et chamans, Eleints et changeurs de formes, tirent les ficelles d’un drame qui, transcendant les conflits des simples mortels, se joue à l’échelle du temps lui-même.
Avec un enjeu de taille : la suprématie totale

  • ASIN : B079VF7Q12
  • Éditeur : LEHA (18 mai 2018)
  • Langue : Français
  • Broché : 512 pages
  • ISBN-13 : 979-1097270193
  • Poids de l’article : 800 g

Le Pacte du Hob de Patricia Briggs / 24 mars 2021

Haïe et redoutée, la magie avait disparu du pays. Elle s’en revient aujourd’hui, libérée des sortilèges des mages de sang. Et Aren sent croître son propre pouvoir, la « vue », qui lui révèle des instants du passé comme d’obscurs éclats d’avenir.

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Chronique : C’est un livre amusant avec un personnage profondément sympathique dont il a été facile de tomber amoureux. Aren est plus forte qu’elle ne le pense, et plus puissante. Et compatissante, bien plus que je n’aurais pu le faire. Briggs fait un excellent travail en créant une histoire et un cadre aux contours très larges de pouvoir et de lutte dans un village isolé dans une vallée loin de la dévastation de la guerre mais qui en ressent néanmoins les effets.

Cela est facilité par la création de trois forces contre lesquelles les villageois doivent se battre, toutes effroyablement plus puissantes qu’elles ne le sont. Parmi elles, les mages du sang sont les plus puissants et les plus implacablement maléfiques. Leur pouvoir est fondé sur la mort et l’asservissement d’autrui et sur une envie folle d’en avoir plus, qui ne fait que croître à mesure que leur pouvoir augmente.

Récemment libéré de la domination des maîtres du sang, le monde sauvage éveillé est plus imprévisible. Je pourrais les appeler fey, car beaucoup d’entre eux correspondent aux définitions traditionnelles, mais je préfère le terme de Briggs de « sauvageons ». Ils peuvent varier de l’esprit de la terre de la vallée entière aux dryades, nyades, fantômes et fetchs plus subtils qui tourmentent les individus ou hantent des parcelles spécifiques de niches facilement définies. Une grande partie de l’histoire consiste à réapprendre le vieux savoir pour trouver comment coexister/apprivoiser/défaire ces forces nouvellement sorties de leur sommeil.

Enfin, il y a les raiders qui viennent d’arriver dans leur vallée. Ces antagonistes « simplement » humains ne sont peut-être pas aussi effrayants que les autres, mais leurs prédations sont tout autant une menace existentielle et semblent aussi implacables. En effet, ils sont les premiers que nous rencontrons lorsque Briggs nous fait passer d’un début facile, voire pastoral, à un déchirement et une perte.

Le courage d’Aren est mis à l’épreuve dès le début, car sa maison est l’une des premières à être confrontée aux nouvelles menaces qui pèsent sur leur vallée. Son chagrin m’a immédiatement attiré vers elle et a suscité une intimité qui m’a porté tout au long de la phase de découverte de l’histoire. En fait, mon intérêt a baissé un peu périodiquement dans cette phase initiale. Jamais assez pour rompre avec l’histoire, mais les événements étaient parfois télégraphiés un peu trop simplement et Briggs s’est un peu attardé sur certains des bas-fonds émotionnels du début du roman, je pense. Étant donné que l’action est en grande partie épisodique tout au long du roman (les objectifs étant principalement à court terme et rapidement atteints), le problème de rythme du début du roman a été plus marqué qu’il ne l’aurait été autrement.

Cela dit, la dernière moitié de l’histoire a été extrêmement difficile à mettre en place, avec la nature épisodique de l’action clairement sur un vecteur unifié mais sans être prévisible ou ennuyeux. Briggs fait un excellent travail en guidant le voyage émotionnel d’Aren et de Caefawn alors qu’ils s’unissent dans leur lutte pour la survie, à la fois d’eux-mêmes en tant qu’individus et du village pour lequel Aren se sent obligé. La seule distraction dans cette dernière partie du livre a été le mépris du village lui-même. Je comprends que les gens sont mesquins et que les querelles et la mauvaise humeur peuvent s’envenimer, mais ces gens ont été inutilement stupides en plus et j’ai eu beaucoup plus de mal à m’y faire. Enfin, ça et les liens d’Aren avec le village. En y repensant, j’aurais préféré qu’Aren et Caefawn leur fassent un doigt d’honneur et partent seuls à l’aventure. Heureusement que ça ne m’est pas venu à l’esprit, sinon j’aurais perdu mon investissement émotionnel.

Et la raison pour laquelle cela ne s’est pas produit est que l’action était rapide et captivante et que les liens d’Aren avec sa maison avaient du sens, même si j’avais du mal à les accepter moi-même. Si le village avait été rayé de la vallée à la fin et qu’Aren et Caefawn avaient chevauché vers un coucher de soleil modérément sûr, j’aurais été satisfait.

Mais cela m’aurait privé d’une conclusion qui aurait fait grimper le livre d’une étoile à lui tout seul. Tous les fils de l’histoire se sont révélés beaucoup plus tridimensionnels que ce à quoi je m’attendais et la conclusion a eu une forte charge utile qui m’a laissé un peu abasourdi (et oui, il y a eu des larmes). La fin forte a plus que compensé les bégaiements du début et m’a laissé avec une chaleur dans laquelle je me prélasse encore un peu.

Note : 9,5/10

EAN : 9791028117733
360 pages
Éditeur : Bragelonne (24/03/2021)

L appel des grands cors – Chevauche-Brumes, tome 3 / 19 mars 2021 / de Thibaud LATIL-NICOLAS THIBAUD

Le Bleu-Royaume n’a jamais été aussi menacé. Pourtant, face à l’ennemi qui les met en péril, les grands seigneurs sont incapables de lui opposer un front uni.

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Chronique : Merci à MNEMOS pour ce superbe livre de fantasy qui nous fait voyager vers des terres peu connues. Avec une superbe couverture, des chapitres bien mis en évidence…et c’est surtout un agréable roman.

Il y a de bons ingrédients permettant aux lecteurs d’apprécier cette histoire : magie, aventure et récit initiatique. On peut honnêtement dire sans gâcher une chose que ce roman offre de l’estime de soi. Car cela se ressent dans une véritable horreur depuis le début et jamais une fois la tension ne s’est glissée, se basant sur les détails, des caractérisations pointues et des révélations merveilleuses. On pourrait l’appeler une fantasy sombre, bien sûr, ou une fiction historique avec un réalisme magique plié, ou même un conte tellement enraciné dans la réalité qu’on ne pourrait jamais creuser assez profondément. Cette saga est donc dotée de bien des qualités. La plume de l’auteur est enchanteresse et il est agréable de se laisser porter par les mots, rien que pour le plaisir de lire de belles phrases bien tournées. Et puis il y a l’histoire et ses personnages. Nous emmenant dans un univers riche et complexe à souhait, peuplé de créatures fantastiques, où nos héros ne pourront se contenter d’être de simple spectateur et entre dans ce cauchemar. Instruments de pouvoir ou créatures dotées de consciences, capables de ressentir .

Plus qu’un roman de fantaisie d’aventure, Thibaud Latil-Nicolas tire à chaque fois la bonne combinaison pour trouver alliés et solutions à chaque étape de son périple… Quel tome bien rempli ! Là encore, impossible d’arrêter ma lecture, de décrocher de cet univers car la structure du livre nous montrent les deux tableaux séparés avec les liens qui les unissent.Côté ambiance générale, c’est assez froid et fataliste quoi que réchauffé par de belles rencontres et de grandes surprises. L’amitié et la force de la fidélité façonnent dans ce troisiéme tome la plume de l’auteur est fluide et met en place un parfait équilibre entre descriptions, dialogues et actions, nous présentant au travers d’une intrigue captivante.

Note : 9,5/10

Éditeur : MNEMOS (19 mars 2021) Langue : Français Broché : 350 pages ISBN-10 : 2354088078 ISBN-13 : 978-2354088071

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Lord cochrane vs l’ordre des catacombes de Gilberto Villaroel, que résonne le cor de l’aventure

Qui sait ce qui se dissimule dans les catacombes ?

Le premier volume des aventures du fameux Lord Cochrane m’avait permis de faire de belles rencontres. La rencontre d’un auteur d’abord, Gilberto Villaroel, d’origine chilienne, résident à Paris, passionné d’histoire européenne et de littérature fantastique. La rencontre avec une maison d’éditions ensuite, aux forges de vulcain, dont les couvertures minimalistes et hautes en couleurs m’ont immédiatement séduites. Enfin j’ai pu faire connaissance avec une figure historique des plus fascinantes, le fameux Lord Cochrane, navigateur anglais, inventeur excentrique, héros du chili et tant d’autres choses encore. Inutile de vous dire qu’avec tous ces éléments réunis le livre n’est pas resté longtemps sur le présentoir de mon libraire.

L’aspect historique prend une place plus importante dans ce volume, là où le premier volume faisait plus office de parenthèse fantastique sans réel lien avec la marche incessante du monde. Le récit se situe durant la période ô combien confuse de la restauration monarchique. Napoléon et son empire sont partis en fumé mais pourtant son ombre imprègne tout le récit. L’auteur parvient à dérouler l’aspect historique de son récit tout en évitant de donner un simple cours d’histoire et c’est en grande partie grâce à son personnage principal, lord Cochrane.

La plume de l’auteur ne s’anime jamais autant que lorsqu’il s’agit de mettre en scène cet aventurier intrépide, ce soldat rebelle qui a dû dire adieu à sa patrie, cet inventeur touche-à-tout qui regrette la lenteur du monde qui l’entoure. À la fin de l’ouvrage, l’auteur explique que Lord Cochrane a probablement servi de source d’inspiration pour nombre de figures d’aventurier navigateur qui ont émergé dans la culture populaire contemporaine et ce n’est guère surprenant. Ce personnage charismatique dynamite les pages du récit, son aura de capitaine chevronné accorde au moindre dialogue une atmosphère chargée en testostérone, rendant la narration encore plus riche et savoureuse. La caractérisation sur ce personnage est très juste, l’auteur en fait un personnage complexe, non manichéen, plus âgé mais donc aussi plus sage mais toujours déterminée à faire mordre la poussière à ses adversaires.

En ce qui concerne l’intrigue l’auteur a décidé de s’aventurer vers des chemins plus balisés. Ce tome est l’occasion d’invoquer l’esprit des pulps d’antan, le Paris des mystères et ses ruelles insalubres. Cela donne un récit d’aventure honnête mais on y perd l’originalité du premier volume. L’auteur coche les cases des récits d’aventures du 19ème siècle. Le cimetière lugubre, les catacombes morbides, sans oublier les ecclésiastiques fanatiques qui font office d’ennemis au final bien peu menaçant mais très clichés. Le rythme est haletant, les personnages ont à peine le temps de s’extirper d’une situation mortelle qu’une nouvelle péripétie survient. Mais ce que l’on y gagne en rythme on le perd en atmosphère. L’apport de cet ordre des catacombes est minime, jamais le récit ne va développer de réelles intrigues politiques ce qui empêche d’accorder du crédit et de l’épaisseur narrative à cet ordre de fanatiques.

Le fantastique est quelque peu en retrait dans ce tome. L’univers Lovecraftien sert plus de toile de fond que de moteur à l’intrigue. Les horreurs surgies de l’esprit de Lovecraft n’ont qu’un rôle extrêmement secondaire. Les chapitres se déroulant dans l’Antiquité et incarnant deux autres personnages historiques majeurs, à savoir César et Vercingétorix, sont plaisants à suivre au début avant que l’on comprenne qu’il s’agit pour l’auteur de mettre à nouveau en scène un combat contre la divinité des profondeurs. Une confrontation intéressante mais qui a perdu la fraîcheur des débuts.

Un petit bémol également concernant la plume de l’auteur. Celle-ci est très riche et dense. L’auteur livre des éléments historiques, il dresse un portrait détaillé de la situation politique française et revient sur les dernières heures du règne de Napoléon, il effectue une biographie qui couvre plusieurs années de la vie de ce cher Lord Cochrane. Mais il nous donne aussi des détails techniques sur l’artillerie, la marine, la conquête de la Gaule par les Romains, et une étrange machine à vapeur qui servira vaillamment nos protagonistes. Tout ça fait que le récit souffre d’une certaine rigidité factuelle que la plume de l’auteur n’allège pas tend celui-ci tient à tout expliquer, tout détailler au risque de relâcher l’attention du lecteur. L’effort de produire le récit le plus complet possible que ce soit au niveau historique, technique ou des portraits de personnages est louables mais cela se fait au détriment de l’intrigue qui aurait pu être moins orientée action et offrir un peu plus d’effroi fantastique.

Avec ce second volume des aventures de Lord Cochrane l’auteur a pris le parti d’une aventure plus terre à terre en rappelant à notre bon souvenir l’esprit des récits d’aventures mâtiné d’une légère touche de fantastique. On y perd donc l’originalité du premier volume pour suivre un récit d’aventures mouvementées mais manquant d’originalité, qui vaut surtout pour la présence de son héros principal qui illumine chaque page où il est présent.

Résumé: 1826, Paris. Jean-Baptiste Dallier, un bonapartiste ami des frères Champollion, est assassiné dans les catacombes. Le célèbre héros écossais Lord Cochrane arrive alors à Paris. Il y retrouve Champollion le Jeune qui possède les preuves de l’existence de Cthulhu, un monstre antédiluvien. Champollion a récupéré un manuscrit de la main de César, qui décrit comment il s’est rendu sur R’lyeh, la ville du monstre, au large du fort romain construit sur la longe de Fort Boyard. Cochrane, Champollion le Jeune et le capitaine Éonet partent aussitôt récupérer le manuscrit caché au cimetière du Montparnasse. Mais un mystérieux « Ordre des Catacombes » rode, décidé à empêcher leur enquête !

  • Éditeur : FORGES VULCAIN (19 février 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 445 pages
  • ISBN-10 : 2373050994
  • ISBN-13 : 978-2373050998
  • Poids de l’article : 570 g
  • Dimensions : 15.5 x 3 x 23.5 cm

Diamants – 19 février 2021 de Vincent Tassy

D’un hiver sans fin naît l’espoir d’un printemps radieux
L’Or Ailé, de la cité immortelle, est descendu des cieux.
Seigneur ou roturier, lequel deviendra son suivant ?

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Chronique : Avec ce livre nous sommes immergés dans une atmosphère où la mélancolie qui nous touche immédiatement. On baigne dans quelque chose de presque lyrique, comme suspendu dans le temps et dans l’espace,  Un univers gothique et de Fantasy dans sa plus noble définition, à la fois sombre, mais d’une richesse incomparable. La magie en fait partie intégrante, nous faisant voir de la féerie dans tout ce qui nous entoure. Les paysages sont notamment d’un réalisme époustouflant, nous faisant littéralement rêver. Mais le côté obscur est tout aussi fascinant, nous faisant part d’un portrait des anges tout à fait unique. Des anges exceptionnels à mes yeux, différents de tous ceux que l’on a pu connaître.

Deux styles d’anges se détachent, chacun d’eux ressentant une certaine nostalgie de leur condition humaine perdue, mais pendant que l’un voudrait mettre fin à cette vie, l’autre en profite cruellement. Vincent Tassy nous délivre une histoire tout simplement magnifique, son écriture est magnifiquement soignée, chaque mot étant choisi avec une efficacité redoutable. Nous voyageons entre rêves et réalités, la frontière basculant sans cesse. Les épreuves s’enchaînent pour notre héros, il va devoir surmonter des instants terribles, à la hauteur des romans qu’il dévore. Les personnages sont tous très bien travaillés l’auteur nous emmène dans une intrigue très passionnante grâce à toutes les créatures mais surtout au mystère autour de chacun des personnages.
Ce roman a tous les ingrédients pour plaire. Tout d’abord, le lieu choisi pour l’intrigue et les créatures fantastiques, parfait pour ajouter un peu plus de mystères avec des descriptions sont toutes bien détaillées et travaillées.

Note : 9,5/10

Éditeur : MNEMOS (19 février 2021) Langue : Français Broché : 304 pages ISBN-10 : 2354088272 ISBN-13 : 978-2354088279

La Belgariade – Intégrale 2 – 11 février 2021 de David EDDINGS

Au commencement de cette histoire, il était un jeune valet de ferme, ignorant tout de son Destin. Garion. Aux côtés de sa tante Polgara, la puissante sorcière, et de son grand-père Belgarath, l’homme éternel, Garion prit conscience de ses immenses pouvoirs et partit récupérer ce qui lui revenait de plein droit.

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Chronique : Dans La Belgariade – Intégrale 2, la quête de Garion et de ses amis pour retrouver son fils enlevé – et la rencontre finale entre l’Enfant de la Lumière et l’Enfant ou l’Obscurité, comme le prédisent les prophéties – commence enfin. Et, oooh, c’est toujours aussi excitant que la première fois que je l’ai lu !

Dans le premier tome, nous avons appris l’existence d’Harakan, un sous-fifre d’Urvon, ancien disciple de Torak, qui avait réussi à prendre le contrôle du culte de l’Ours et à comploter pour assassiner la femme de Garion, Ce’Nedra, et tuer leur fils Geran – et non l’enlever, ce qui a poussé Garion et les armées d’Alorn à s’en prendre au culte de l’Ours. Dans ce livre, nous découvrons Naradas, un Angarak qui n’a que du blanc pour les iris. Nous ne savons pas encore pour qui il travaille, mais il a causé toutes sortes d’ennuis en Occident, jetant des obstacles sur le chemin de Garion et de ses amis. Pourtant, ils parviennent à se rendre à Cthol Murgos sous le couvert d’esclavagistes, lorsqu’ils sont capturés par les Dagashi, des assassins Murgo très bien entraînés, qui ont pour mission, pour un groupe d’esclavagistes, de se rendre à Rak Hagga par bateau, en incluant une autre personne de leur groupe. Ils se retrouvent au palais de Drojim, où ils rencontrent le roi de Cthol Murgos, Urgit.

J’ai adoré ce livre ! J’ai adoré rencontrer Urgit à nouveau, et que le groupe d’amis apprenne à le connaître et l’aide en tant que roi. Urgit n’est pas un mauvais homme, Garion est déçu de le trouver, mais c’est un roi faible, et il est malmené par son personnel. Il n’a rien à voir avec les Murgos que le groupe a rencontrés par le passé, et n’a aucun désir d’être le roi que son père, Taur Urgas, était. Je l’aime vraiment bien, et, sachant où va l’histoire après avoir lu la série précédemment, j’ai apprécié toutes les surprises qui se sont produites en cours de route.

Cependant, il y a un certain nombre de choses qui se sont passées dans ce livre que j’avais complètement oubliées. Je savais que le groupe allait rencontrer Urgit, mais je ne me souvenais plus comment cela s’était passé. Le fait d’être capturé par les Dagashi et les événements qui ont conduit à la rencontre du groupe avec Urgit ont été une surprise, tout comme à peu près tout ce qui s’est passé après avoir quitté le palais de Drojim. Je me suis souvenu de certains morceaux ; je savais que le groupe rencontrerait certaines personnes à un moment donné de l’histoire, mais je ne savais pas quand – quel livre – ni comment. Tous ces détails avaient été perdus pour moi au fil des ans, c’était donc formidable de redécouvrir l’histoire. C’était presque comme si je la relisais pour la première fois, et j’étais complètement captivé.

Chaque fois que je lis un personnage masculin qui est sexiste, je me mets immédiatement en colère, mais au fur et à mesure, on voit très clairement ce qu’Eddings pense de ces personnages, et on se moque toujours de ce personnage. Le choix évident pour Garion et Cho-Hag est que la reine Porenn, épouse de Rhodar et mère de Kheva, agisse en tant que reine régente jusqu’à ce que Kheva soit assez âgée pour gouverner, non seulement en raison de ce qu’elle est, mais aussi de ses capacités. Mais cela pose un problème à Anheg. Une femme ne peut pas régner. Ce n’est pas tant qu’il pense que Porenn ne peut pas le faire, mais qu’il est mal à l’aise avec le fait qu’une femme dirige un pays. Eddings parvient à le faire passer pour un idiot alors que Garion et Anheg critiquent ses objections, et c’est en fait un moment assez amusant. Un autre exemple dans King of the Murgos est lorsque Polgara doit faire quelque chose (ne peut pas dire, spoilers) qui lui pose vraiment problème. Elle est malheureuse et se sent coupable, et déteste le fait que c’était quelque chose qu’elle devait faire. Lorsqu’elle parle à Garion, Belgarath la critique, mettant en cause la compassion des femmes, laissant entendre que la compassion est une faiblesse, et que les hommes ne s’embarrassent pas de compassion. Mais Garion fait remarquer que Belgarath a fait quelque chose dans la première série avec les Fenlings de Mordai, où il leur a donné le pouvoir de la parole humaine, quelque chose qu’il ne voulait pas gagner ou lui donner un avantage dans leur quête à ce moment-là, quelque chose qu’il a fait pour Mordai par compassion. Le fait qu’on le lui rappelle rend Belgarath embarrassé, et Garion le gronde et se moque gentiment de sa folie à critiquer Polgara. Étant donné que l’Angleterre médiévale est basée sur le fantastique, je pense que la misogynie est en fait réaliste (bien que, bien sûr, les auteurs puissent écrire du fantastique sans les préjugés de la vie réelle dont l’époque s’inspire), mais j’aime que chaque cas de misogynie et de sexisme soit montré comme étant ridicule. On a l’impression qu’Eddings dit « Regardez ces hommes stupides » et qu’il rit avec nous et les personnages.

Note : 9,5/10

Éditeur : Pocket (11 février 2021) Langue : Français Poche : 880 pages ISBN-10 : 2266307444 ISBN-13 : 978-2266307444

La Route d’où l’on ne revient pas et autres récits – 10 mars 2021 de Andrzej Sapkowski

L’histoire des parents de Geralt de Riv, la légende revisitée de Tristan et Iseult, l’ombre d’Alice et de son fameux Chat du Cheshire ou encore les sorcières de Salem version Fantasy : découvrez plusieurs récits inédits du père de la célèbre saga du Sorceleur, écrits à différentes périodes de sa vie et abordant des thèmes variés.

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Chronique : Sapkovski est l’auteur de la saga à succès de « the witcher »
C’est un âge d’or pour l’auteur polonais qui, malheureusement, n’apprécie pas toujours les transpositions de ses œuvres et devient antipathique et irrespectueux envers ceux qui manipulent la matière de ses écrits. Je pense qu’il devrait simplement remercier ceux qui font connaître son travail au monde entier. En tout cas, c’est un auteur très talentueux, capable d’immerger le lecteur dans ses histoires. Ce recueil contient une série de nouvelles écrites à différentes époques et de différents genres, allant de la fantaisie, à l’uchronie, à l’horreur et elles sont toutes très belles et engageantes, je n’en ai pas trouvé une seule qui soit décevante : la première se déroule dans le monde du Sorcier, le protagoniste est la mère de la sorcière.
Chaque histoire est introduite par une brève explication sur sa naissance : dans les mots de l’auteur, on peut clairement voir la passion pour son travail, mais en même temps on ne peut s’empêcher de remarquer une certaine arrogance, une auto-célébration de sa capacité créative qui peut être ennuyeuse. Mais la « sève » est faite comme ça, à prendre ou à laisser. Après tout, il sait qu’il est un grand conteur, capable de tisser des histoires originales et d’écrire des personnages crédibles, jamais banals, qui sont accompagnés de dialogues toujours stimulants qui vous font croire que vous êtes là pour assister à un échange de plaisanteries.

Note : 9,5/10

ASIN : B08KHWHWZH Éditeur : Bragelonne (10 mars 2021) Langue : Français Broché : 384 pages ISBN-13 : 979-1028117542