Dark sky – 20 mai 2021 de Mike BROOKS

Alors que la révolution explose, tout ce qu’il reste à faire est de choisir un camp – et d’espérer en sortir vivant.

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Chronique : Dark Run est le deuxième livre de la série de livres de science-fiction Keiko. Dans cet épisode, l’équipage du Keiko profite d’un repos bien mérité après les événements du livre précédent. Ichabod Drift a amené son équipage sur la planète New Samara dans l’un des casinos les plus prestigieux de la galaxie, dirigé par le mafieux russe Orlov. Après qu’Orlov ait engagé Ichabod pour effectuer un simple travail sur la planète minière d’Uragan (qui fait partie de la Confédération de l’étoile rouge), l’équipage se retrouve dans une situation encore plus délicate : celle d’une ville en pleine révolution.

J’ai vraiment apprécié ce livre, encore plus que le premier. C’est une aventure vraiment amusante et pleine d’action, et les problèmes de la seconde moitié du premier livre et du rythme sont grandement améliorés ici. C’est un livre solide d’un bout à l’autre ; il n’y a pas de moments où j’ai eu l’impression que l’intrigue s’échappait de Brooks comme elle l’a fait dans le premier livre, et il n’y a pas de véritables détours inutiles. Les personnages présentés sont pour la plupart sympathiques et bien développés, et je dois admettre que je ne pensais pas que l’intrigue prendrait la direction qu’elle a prise après les premiers chapitres. De légers spoilers pour le développement de certains personnages à partir de ce point.

Dark Run a commencé comme une petite histoire centrée sur les personnages qui s’est transformée en une superproduction d’action à la fin, sans transition appropriée entre les deux. Dans cette histoire, Brooks fait un excellent travail pour créer une tension et établir les personnages qui sont importants pour les développements ultérieurs de l’histoire. Dès que l’équipage pose le pied sur Uragan, il y a une atmosphère oppressante et lourde, et les choses ne font qu’empirer et se tendre au fur et à mesure que l’histoire progresse jusqu’à ce qu’elle explose en une émeute ouverte. Nous sommes présentés à la fois à Murat et à Ricardo Moutinho très tôt dans l’histoire, et cela les rend tous deux plus fascinants. De même, l’équipe est divisée plus tôt, ce qui augmente les enjeux et la tension, car ils sont séparés à différents niveaux, sans aucun moyen de communiquer et en sachant qu’ils sont pris dans une situation très grave qu’ils n’ont pas vraiment le pouvoir d’influencer.

Uragan est une planète minière contrôlée par l’Étoile Rouge, qui semble être une fédération perdue de contrôle russe et chinois. En tant que telle, c’est une planète régie par la bureaucratie, les règles et l’ordre. D’après la description de la ville, elle est conçue et construite de manière strictement utilitaire, les gens sont tous fatigués et effrayés, et le gouvernement contrôle pratiquement toute leur vie. J’ai trouvé certaines des choses sur l’oppression de la planète russe un peu archaïque, mais compte tenu de ce qui se passe actuellement en Russie, cela n’a pas semblé trop tiré par les cheveux. Il était intéressant de lire sur une planète qui ne parle que le russe et utilise le cyrillien, et comment cela a affecté l’équipage, en particulier Ichabod qui ne le connaissait pas.

Une autre chose que j’ai vraiment appréciée en termes d’intrigue, c’est que la situation n’était pas noire et blanche et peinte en tant que révolution bonne, gouvernement mauvais. Il y avait beaucoup d’avantages et d’inconvénients des deux côtés, présentés par les personnages et le cadre lui-même. Même le point de départ de l’intrigue, à savoir l’insistance des Shirkov à être expulsés de la planète, dépeint une ville où, bien que les gens soient désespérés de partir, l’anéantissement complet de la structure sociale et gouvernementale aurait des conséquences désastreuses qui rendraient la vie des habitants encore pire. Ayant grandi dans un pays où les vestiges de cette peur sont encore bien réels et ressentis au quotidien, j’ai trouvé cet aspect très vrai. J’ai apprécié que Brooks ne dépeigne pas non plus les autres fédérations comme étant meilleures ; Ichabod était un pirate pour les Européens après tout, et le travail de Rooke pour les Nord-Américains consistait à fomenter des rébellions et des insurrections en territoire étranger, puis à les laisser être écrasées par les gouvernements pour marquer des points politiques.

Cela m’amène à parler des personnages. Comme je l’ai dit dans ma précédente critique, ce que je préfère dans cette série, ce sont les personnages. Je ne pense pas avoir déjà lu un livre où le personnage principal est de loin mon préféré, mais on peut dire qu’Ichabod est ce qui fait l’équipe Keiko pour moi. Il est jeté hors de son élément dans ce livre, car non seulement il est incapable de parler russe, mais il se retrouve également du côté de la loi pour une fois. J’ai aimé sa relation avec Murat, la façon dont il reconnaît que l’homme est capable et se soucie de son peuple, tout en cherchant constamment une issue pour lui-même et son équipe. J’ai également apprécié que Micah soit souvent mentionné, et que son absence affecte Ichabod à la fois sur le plan du caractère et de l’intrigue. De même, son secret a été évoqué, influençant certaines de ses décisions ainsi que la façon dont les autres personnages (notamment Aparna et Jenna) le perçoivent.

Ichabod est associé à Jia et Kuei dans ce livre, et Jia n’a pas beaucoup de moments pour briller. Elle a droit à une scène plutôt sympa avec son frère où ils se disputent sur le fait de négliger leurs parents, mais l’accent est surtout mis sur Kuei. Je ne me suis pas particulièrement attaché à lui. Je ne sais pas si c’est sa personnalité, car il est censé être un homme un peu lâche et passif agressif, mais Micah était passif agressif aussi, et je l’aimais. Je pense que Brooks ne sait pas vraiment quoi faire de lui, donc Kuei finit par avoir très peu de personnalité. Il est sous-entendu qu’il pourrait être gay, mais c’est une phrase tellement banale que je ne suis même pas sûre que ce soit intentionnel ou que je l’ai mal interprété.

Le personnage que j’ai beaucoup aimé dans ce groupe est Murat. Pour poursuivre sur le thème de la diversité des personnages, Murat est musulman, sur une planète de mineurs majoritairement russes orthodoxes. C’est un très bon personnage ; il est bon de bout en bout et j’ai beaucoup aimé son badinage avec Ichabod qui est la définition du chaotique neutre. C’est un homme qui se soucie de ses devoirs et de sa ville, il est intelligent mais aussi trop attaché à suivre les règles pour être réellement efficace dans son travail. Son changement de caractère à la fin était authentique et construit, et je suis heureux qu’il fasse partie du prochain livre.

Dans l’autre équipe, nous avons Rooke, Jenna et Aparna. J’adore Aparna, et dans ce livre, il est encore plus attachant. C’est un personnage si doux, malgré son tempérament, et j’ai adoré sa relation avec Jenna. Au début, je n’étais pas sûre d’aimer la direction que prenait leur relation, mais honnêtement, elle est si douce et semble très naturelle. Ce sont deux personnes qui ont passé toute leur vie à construire des murs et des attentes, alors se trouver l’un l’autre comme un réconfort et un soutien était très naturel. Il y a quelque chose de remarquable dans le fait que l’homme maori, grand et intimidant, soit autorisé à ne pas être seulement un bon personnage qui n’est pas seulement là pour la violence ou le soulagement comique, mais qu’il soit également autorisé à avoir une relation authentique, douce et romantique avec un autre personnage.
Jenna était le personnage que je préférais le moins dans le premier livre, et dans celui-ci, je n’arrive toujours pas à me défaire du sentiment qu’elle est un peu trop parfaite. Brooks essaie d’équilibrer cela en la rendant maladroite et plus qu’un peu snob et pleine de préjugés, ce qui est bien, même si j’aurais pu me passer de ses crises de colère. J’aime le fait qu’il soit très clair que son personnage prend de l’assurance, et je suis curieuse de découvrir ce qui s’est passé avec le Circuit pour qu’elle leur soit si hostile.
Rooke est le dernier membre de la distribution principale, et j’ai vraiment apprécié que nous puissions la voir davantage dans ce livre. Elle était bien dans le premier tome, mais elle semblait toujours un peu trop parfaite et impénétrable en tant que personnage. Ici, nous la voyons fatiguée, faire des erreurs et s’investir dans la rébellion, malgré ses intentions et son meilleur jugement. Le fait qu’elle s’introduise dans le bâtiment de diffusion par le tuyau m’a rappelé la scène où Inej escalade l’échappement dans Six of Crows, ce qui est approprié puisque les deux personnages sont similaires. J’ai apprécié que le livre reconnaisse l’âge du personnage, surtout pour elle, mais les meilleurs moments ont été ses plaisanteries avec Moutinho.

Il est logique que le faire-valoir d’Ichabod soit un contrebandier brésilien qui parle portugais et russe et qui a couché avec Rooke. Moutinho était une explosion, un personnage complètement fourbe et égoïste que j’ai néanmoins beaucoup apprécié. Il n’a pas l’occasion de se confronter à Ichabod et passe une grande partie du livre à contrarier Rooke et à essayer de convaincre Jenna de changer d’équipe, mais j’attends avec impatience l’inévitable confrontation dans un prochain livre.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (20 mai 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 368 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265118400 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265118409

Population: 48 d’Adam Sternbergh, un château de cartes perfectible

Brouillon et perfectible…

Le pitch avait pourtant su aiguise ma curiosité. Imaginez que vous soyez un témoin dont la vie est menacé ou bien un criminel repenti dont la tête est mise à prix. Votre vie ne vaut plus rien pour ceux qui ont décidé d’en finir avec vous alors autant l’oublier. C’est ce que propose un programme secret du gouvernement supervisé par un laboratoire privé. Votre mémoire, et donc vos crimes, sont effacés, en échange vous vous engagez à passer le reste de votre vie à Caesura, alias Blind Town, une ville coupée du monde où le téléphone et internet n’existent pas. Aucun contact avec l’extérieur n’est autorisé et les armes à feu sont bien entendu proscrite. Pourtant dans ce petit monde clôt un homme parvient à mettre fin à ses jours par arme à feu et, peu de temps après, un meurtre par balles est commis. Le fragile équilibre de la ville de la petite communauté va alors voler en éclat.

Un résumé alléchant. Malheureusement les premières incohérences pointent rapidement le bout de leurs nez. Elles sont beaucoup trop longues pour être toutes citées mais notons le prisonnier célèbre dans le monde entier alors que le programme est censé être secret. Le shérif qui se demande qui lui envoie des fax alors que peu de gens connaissent le numéro, sérieusement mec . On peut ajouter aussi les amnésies élastiques qui s’éclipsent en un éclair ou encore les règles très flexibles du laboratoire qui finissent d’enterrer la crédibilité du récit.

Je reproche aussi à l’auteur une narration paresseuse qui le pousse à révéler des éléments primordiaux de l’intrigue par le biais de chapitres introspectifs qui gâche tout le suspens et font des personnages de simples spectateurs d’un drame sans tension ni suspens. Il n’y a donc pas vraiment d’enquêtes, ni de véritables révélations car malheureusement les éléments de l’intrigue se devine très vite. À tel point que l’on a envie d’interpeller les personnages pour les secouer et qu’ils ouvrent enfin les yeux.

Un château de cartes qui s’écroule très vite.

Résumé: Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.
En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

  • Éditeur ‏ : ‎ Super 8 éditions (11 octobre 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 432 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2370561114
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2370561114
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.7 x 20 cm

Trois de Valérie Perrin, c’est une valse…

Ce livre est une valse, une valse à trois temps enchanteresse.

Dès la première page Valerie Perrin nous prend par la main et nous entraîne dans une sublime danse dans laquelle on se sent immédiatement en confiance. Les voix des trois personnages principaux, Adrien, Nina et Étienne se superposent pour créer le rythme d’une douce mélodie qui nous enrubanne dans un cocon soyeux comme seuls les vrais conteurs savent le faire.

Oubliez tout de suite la volonté de progresser dans le récit afin de démêler les mystères qui entourent nos trois amis. Si vous lisez Trois uniquement pour les révélations concernant chaque intrigue, vous risquez de ne pas apprécier ce tour de piste que vous offre l’auteur. Les secrets n’ont rien d’exceptionnels, il n’y a pas de twist fracassant pour la simple et bonne raison que le propos de l’ouvrage est ailleurs.

Pour mieux apprécier la lecture il faut appréhender chaque chapitre comme si un vieil ami sonnait à votre porte à l’improviste et se livrait à cœur ouvert autour d’un bon café, les mots se bousculent sur sa langue alors que l’émotion est palpable. Des moments que la vie nous offre rarement Valerie Perrin nous en fait l’offrande tout au long de son magnifique roman. Une valse intime et pudique où chaque personnage possède une profondeur rarement égalée.

Notre trio inséparable est bien sûr d’une candeur émouvante mais le moindre personnage secondaire possède sa voix, son épaisseur, son propre rythme qui s’insère parfaitement dans l’ensemble de la partition rédigé par l’auteure. La plume est d’une richesse narrative exquise et renforce le plaisir d’être plongé dans les existences de ses trois amis que l’on quitte à regret.

En quelque 600 pages ce sont trois décennies, trois destins qui ont pris vie sous nos yeux et Dieu que j’aimerais danser plus souvent de cette manière dans mes lectures.

Résumé: 1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer. 2017. Une voiture est découverte au fond d’un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l’événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d’enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d’amitié ?

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel (31 mars 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 672 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226451145
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226451149

Dark run – 20 mai 2021 de Mike BROOKS

Ichabod Drift est le capitaine beau-parleur et charmeur de la Keiko et de son équipage de mercenaires. Tous sont les meilleurs dans leur domaine : Jia la pilote et son frère Kuai, mécanicien, la jeune hackeuse Jenna, l’ancien chef de gang maori Apirana ou encore la redoutable et énigmatique tueuse Rourke.

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Chronique : Dark Run de Mike Brooks est un roman d’aventure de science-fiction qui a d’abord fait ses débuts au Royaume-Uni à l’été 2015 avec des critiques plutôt bonnes, et j’ai été agréablement surpris lorsque j’ai remarqué que le livre et sa suite Dark Sky étaient tous deux disponibles aux États-Unis en format audio.

Après avoir terminé le livre moi-même, je dois dire que ces comparaisons sont assez justes. Dark Run suit les exploits de l’équipage du Keiko, mené par son audacieux capitaine Ichabod Drift. Un jour, un vieil ami vient frapper à la porte et Drift se voit confier une mission qu’il ne peut refuser, littéralement. Sous peine de mort, il est contraint de récupérer une mystérieuse cargaison et de la livrer à un endroit de la vieille Terre à une date et une heure bien précises. Toute cette histoire de contrebande est louche, mais Drift n’a pas le choix. Afin de protéger ses amis de son passé, il devra également garder secrète l’identité de son employeur. Bien sûr, cela ne convient pas du tout à l’équipage du Keiko, bien qu’avec la somme d’argent qu’ils reçoivent, Drift sait qu’ils seront heureux de laisser tomber… pour le moment.

Le calme ne dure pas. Alors que le Keiko s’approche de son point de chute sur Terre, les plans soigneusement élaborés tombent à l’eau et l’équipage se retrouve face à un sérieux dilemme. Non seulement Drift doit faire la lumière sur leur mission, mais il vient peut-être de les mettre tous en grand danger. Des tensions apparaissent alors que de vieilles histoires remontent à la surface, mais l’équipage du Keiko pourra-t-il les surmonter afin de se venger d’un nouvel ennemi impitoyable ?

Il est vrai que l’intrigue et les personnages de Dark Run sont assez stéréotypés, mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Après tout, ce n’est pas pour rien que certaines formules ont du succès, et ce livre s’inscrit parfaitement dans la sous-catégorie des  » westerns spatiaux  » de la science-fiction, dont il emprunte largement les thèmes et les tropes. Il y a les pirates, les contrebandiers et les découpeurs, l’action à l’arme blanche et les manœuvres spatiales audacieuses. La majeure partie de l’histoire se déroule également dans des décors sordides et anarchiques, tels que des repaires de courtiers en informations, des bars miteux, des marchés de mercenaires et même des clubs de combat clandestins.

Cependant, les personnages sont le principal attrait du jeu. Bien qu’ils soient les archétypes typiques d’une équipe de braqueurs, ils sont intéressants et amusants. Ichabod Drift est le capitaine, un homme énigmatique à l’attitude désinvolte qui dirige néanmoins un navire étroit. Il essaie d’échapper à une sombre histoire personnelle, mais c’est aussi le cas de la plupart des membres de l’équipage du Keiko. Ils ont même une règle à bord : Ne pas parler de son passé.

Cela convient parfaitement à leur nouvelle trancheuse, une jeune femme nommée Jenna qui a été recrutée pour ses incroyables compétences techniques et son talent pour s’introduire dans n’importe quel système. Après Drift, elle a eu le plus de sections POV. Vient ensuite Tamara Rourke, une spationaute expérimentée qui protège son passé plus farouchement que quiconque à bord, y compris leur capitaine. L’origine de Rourke est un mystère, mais après avoir travaillé ensemble sur de nombreux projets au fil des ans, Drift lui fait implicitement confiance. Elle est également très intelligente et supervise souvent les détails de toutes leurs opérations. Si Rourke est le cerveau, Apirana est le muscle, un grand Maori au cœur tendre qui vit dans la crainte constante qu’un jour son tempérament intense et terrible ne prenne le dessus et ne lui fasse faire quelque chose qu’il regrettera. Viennent ensuite les frères et sœurs Jia et Kuai, l’un étant un as du pilotage et l’autre un maître mécanicien. Enfin, nous avons notre expert en armes, un mercenaire du nom de Micah qui aime tout ce qui explose.

C’est le genre d’ensemble de personnages que j’ai déjà vu à plusieurs reprises, mais heureusement, leurs particularités individuelles les rendent aussi très attachants. Chaque personne apporte quelque chose d’unique à l’histoire, qui est rythmée et pleine de rebondissements. Cependant, je pense que j’ai préféré la première moitié du livre à la seconde, car alors que le début contenait tout le mystère et la tension, les dernières parties étaient plus axées sur les discussions, la planification et la vengeance. L’ensemble de l’histoire est solide, mais personnellement, j’ai toujours eu tendance à préférer les parties où il y a plus d’anticipation plutôt que l’action proprement dite.

En parlant de cela, je suis très intéressé par les futures aventures de l’équipage du Keiko. J’adorerais revoir ces personnages une nouvelle fois, je suis très intéressé par les futures aventures de l’équipage du Keiko. J’adorerais revoir ces personnages et en apprendre davantage sur leur passé. Dans l’ensemble, Dark Run a été une lecture divertissante et rapide, remplie d’action de science-fiction amusante.

Note : 9/10

  • Éditeur ‏ : ‎ Pocket (20 mai 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Poche ‏ : ‎ 448 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 226630707X
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266307079

Le carrousel infernal de Joe Hill, sombres ritournelles

Les recueils de nouvelles me posent un véritable défi de lecture. Le commencement de chaque nouvelle exige un effort pour se replonger dans une nouvelle histoire, de nouveaux personnages, une intrigue différente. Ce qui entraîne un rythme de lecture différent. Pourtant les talents de conteur de Joe Hill ont rapidement balayé mes craintes. En un paragraphe il fait prendre vie à des personnages, il parvient à nous plonger dans des lieux comme si on y était, à retranscrire une époque. Son style est efficace et immersif.

Il ne faut pas chercher un fil rouge à ces 13 récits ou, si l’horreur tient le haut du pavé, elle n’est pas la seule émotion à être invoquée. Ce recueil regroupe des nouvelles, inédites pour la plupart, écrites à des époques différentes. Si toutes ne vise pas à créer de l’effroi, celles qui s’y emploient sont redoutables dans leur efficacité. La nouvelle qui donne son titre à l’ouvrage est un cauchemar éveillé avec une fin douce-amère des plus angoissantes tandis que La gare de Wolverton permet à l’auteur de faire étalage de son style visuel gore qui marque l’imagination.

Parmi les nouvelles qui touchent à un autre domaine que l’horreur Les retardataires est une pépite émouvante qui n’est pas sans rappeler l’ouvrage de son père 22/11/63 mais en beaucoup plus concis. Faune est un bijou de conte cruel impitoyable tandis que Tout ce qui compte c’est toi est une jolie fable sur la solitude. Certains de ces récits m’ont semblé un cran en dessous mais le recueil est un immense plaisir de lecture.

Résumé: treize histoires au suspense fantastique, dont deux co-écrites avec Stephen King, dissèquent les aléas de l’existence humaine, pour notre plus grand plaisir de lecture, même si la terreur n’est jamais loin.
 
Lorsque les animaux d’un ancien carrousel rendent une ultime sentence. Qu’un chauffeur sans visage entame une danse macabre avec des motards hors-la-loi. Et qu’un propriétaire d’une chaîne de cafés qui grignote peu à peu les petits commerces se retrouve au milieu de loups. Quand une petite porte s’ouvre sur un monde féerique, qui devient le terrain de jeu de chasseurs assoiffés de sang. Et qu’un homme désespéré décide de conduire un vieux bibliobus pour fournir des lectures aux morts. Lorsqu’une adolescente désœuvrée raconte en direct ses vacances en famille sur Twitter. Quand un frère et une sœur s’aventurent dans un champ pour venir au secours d’un enfant. Et que les passagers d’un avion assistent en direct au  déclenchement de la Troisième Guerre mondiale… L’auteur
nous embarque dans une odyssée troublante au cœur de la  psyché humaine.

  • Éditeur ‏ : ‎ JC Lattès (23 septembre 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 464 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2709666073
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2709666077
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 579 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15 x 3 x 23 cm

Janvier noir d’Alan Parks, prêt à bouffer du bitume ?

Janvier noir et le premier tome d’une saga policière qui se veut noire, urbaine et dotée d’une atmosphère glauque et désespéré sans concession.

Le personnage principal, l’inspecteur McCoy, est l’atout principal de ce polar urbain. Un personnage nuancé par une teinte de gris tirant fortement vers le noir qui le rendent attachant. Une enfance traumatisante dans un orphelinat, une tendance à s’emporter, une passion préjudiciable pour des substances illicites et une accointance avec les milieux mafieux constituent un personnage de flic original et borderline. Un personnage qui avance constamment sur le fil du rasoir et regarde le gouffre qu’il traverse en rigolant à gorge déployée.

La ville de Glasgow finit de planter le décor de l’ouvrage. Les peintures utilisées par l’auteur pour dépeindre la ville renforcent l’atmosphère lourde et lugubre. Le noir de la fumée industrielle, le gris des trottoirs qui crachent leur misère et le rouge des victimes, beaucoup de rouge. Une palette de couleurs pas super diversifiée mais évocatrice. Le tableau final forme une toile qui sent le whisky et la fumée de cigarette.

Le seul bémol que je pourrais apporter à ma lecture concerne l’intrigue en elle-même, qui après une amorce originale retombe très vite vers le classique avec une fin convenue et grand public. Le noir tableau d’Alan Parks mérite sans doute une intrigue moins ambitieuse mais plus original, plus surprenante dans son dénouement. Mais cela n’enlève rien aux qualités de ce polar urbain qui frappe fort avec ce premier volume.

Résumé: Premier opus d’une série mettant en scène l’inspecteur McCoy et son adjoint Wattie dans le Glasgow des années 1970, sur fond de musique, drogues et gangs, dans la lignée de William McIlvanney. Quand une jeune femme est abattue par un garçon de 18 ans en pleine rue à Glasgow non loin de la gare routière, l’inspecteur Harry McCoy y voit autre chose qu’un acte de violence isolé. Son enquête le met sur la piste d’un réseau de drogue et surtout l’amène à croiser la route de Teddy Dunlop, fils dégénéré d’une riche famille de Glasgow, qui fait la pluie et le beau temps dans la ville. 

  • Éditeur ‏ : ‎ EDITIONS PAYOT & RIVAGES (7 mars 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 365 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2743643056
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743643058
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.9 x 2.6 x 22.7 cm

Ni vu ni connu – 10 juin 2021 de Jeffrey ARCHER

William Warwick a été promu et intègre la brigade des stupéfiants. Ses membres ont pour objectif prioritaire d’appréhender Assem Rashidi, le fameux baron de la drogue du sud de Londres, connu sous le nom de La Vipère.

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Chronique : Jeffrey Archer revient avec un nouveau roman exceptionnel de la série William Warwick. Ramenant les lecteurs à l’époque glorieuse des années 1980, ce roman policier procédural en impressionnera plus d’un, en particulier ceux qui ont une grande affinité avec les Chroniques de Clifton d’Archer.

William Warwick a reçu un cadeau rare au travail : une promotion au grade de sergent-détective, attendue depuis longtemps. Cependant, cette promotion s’accompagne d’un transfert à la brigade des stupéfiants pour une affaire intense qui pourrait lui apporter une grande notoriété. De grandes quantités d’héroïne ont fait leur apparition à Londres, une drogue qui a paralysé l’Angleterre de 1986 et provoqué des vagues au sein de la police métropolitaine.

La promotion de Warwick amène un nouveau membre dans l’équipe, le DC Paul Adaja, dont l’intérêt pour le travail bien fait ouvre la voie à une addition réussie à l’équipe. Grâce à la poignée d’informateurs confidentiels à leur disposition, Warwick et l’équipe apprennent qu’il y a une réunion hebdomadaire qui pourrait donner lieu à de nombreuses arrestations, bien que l’emplacement de la Viper reste un secret bien gardé. Au cours d’une série de folles poursuites en voiture, Warwick n’est pas le plus malin lorsqu’il s’agit d’attraper ce gros poisson, mais il refuse d’abandonner trop vite.

Sur une note plus personnelle, Warwick et sa fiancée, Beth, sont impatients de partager leurs noces, planifiant une petite cérémonie qui s’avère être tout sauf calme. Le célèbre cerveau criminel, Malcolm Faulkner, se fait connaître et tente de détruire toute crédibilité de Warwick, bien que le pouvoir de l’amour semble l’emporter.

Lorsque l’on apprend que Faulkner est sur le point de recevoir une cargaison de drogue qui pourrait le mettre hors d’état de nuire dans un avenir proche, tout le monde est sur le pont pour faire le coup. Faulkner crie au scandale et fait tout ce qu’il peut pour empêcher les changements, bien que l’équipe de procureurs ne soit autre que Sir Julian et Grace Warwick, le duo père et sœur de notre bien-aimé William. L’affaire suit son cours et le jury est constitué, laissant les tribunaux décider du sort de Faulkner une fois pour toutes.

Lorsque Warwick découvre l’endroit où se trouve le Nid de Vipère, il s’empresse de s’y précipiter, même si l’arrestation ne sera en aucun cas pacifique. Les pertes pourraient être massives car ce sont les plus durs des durs, mais Warwick apprendra vite que c’est le dernier de ses soucis. Divertissant de bout en bout, Archer montre qu’il est toujours au sommet de son art.

Je suis depuis longtemps un fan de presque tout ce que Jeffrey Archer met sur papier, ayant amassé une grande quantité de romans de grande qualité. Cette nouvelle série, qui est en fait le recueil d’écrits auquel il est fait référence à plusieurs reprises dans les Chroniques de Clifton, se déroule peut-être dans les années 1980, mais elle peut facilement retenir l’attention des amateurs de thrillers.

William Warwick est de retour et incarne un merveilleux protagoniste. Bien qu’il soit un flic raisonnable, sa nature extravertie le rend attachant pour beaucoup. Toujours à l’affût de la prochaine percée dans une affaire, Warwick exerce sa magie comme seul Jeffrey Archer pourrait le faire. Avec ses liens étroits avec sa famille et son lieu de travail, le personnage de Warwick se développe tout au long de cette pièce et certains indices laissent penser qu’il devra se diversifier dans le prochain roman, car il est certain qu’il assumera un ou deux nouveaux rôles.

Archer réussit également à développer certains de ses personnages secondaires, qui contribuent sûrement à enrichir l’histoire de plusieurs façons. Qu’il s’agisse des autres membres du clan Warwick ou de ceux qui travaillent au sein du Met, chacun d’entre eux enrichit le récit de manière efficace et fait progresser l’intrigue toujours en cours d’élaboration d’Archer. Alors que certains sont des personnages récurrents, il y a une poignée de personnages uniques et forts, qui gardent le lecteur diverti tout au long du livre.

Le livre s’avère très divertissant, faisant progresser la série tout en restant très réaliste. Se déroulant à la fin des années 1980, Archer utilise cette toile de fond pour développer une histoire forte avec de nombreuses intrigues qui ne manqueront pas de tenir le lecteur en haleine. Le livre ne donne pas l’impression d’être  » daté « , même si le manque de technologie mentionné ne manquera pas d’être remarqué par ceux qui parcourent le récit. Archer utilise son merveilleux style pour emmener le lecteur dans ce voyage tordu, tandis qu’il se perd dans ce récit fort. Avec des chapitres de longueur décente, Archer utilise son style pour injecter des détails dans l’histoire, laissant le lecteur s’imaginer les choses au fur et à mesure qu’elles se produisent. Les cliffhangers sont omniprésents et le développement de certaines intrigues secondaires rend l’attente du prochain livre indispensable.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (10 juin 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695760 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695763

Pour tout te dire – 10 juin 2021 de Gilly MACMILLAN

Le talent d’écrivaine de Lucy Harper lui a tout donné : la gloire, la fortune et des fans par millions. Il lui a aussi donné Dan, son mari jaloux dont la carrière d’écrivain est au point mort.

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Chronique : S’il est bien écrit, un narrateur non fiable ajoute un élément d’excitation à un roman. Une couche supplémentaire de mystère et de suspense. Une touche de folie. Il nous oblige, en tant que lecteurs, à réfléchir de manière complexe, à relier les pièces du puzzle et à tirer des conclusions indépendantes. Notre esprit est mis à contribution, pour ainsi dire.

Et si vous appréciez autant que moi le défi que représente un narrateur peu fiable, alors le dernier roman policier de Gilly Macmillan, Pour tout te dire est peut-être le livre qu’il vous faut.

Lucy Harper, auteur de romans policiers à succès, a une carrière florissante et de nombreux admirateurs. Sous le regard plein de ressentiment de Dan, son mari et collègue écrivain, Lucy travaille d’arrache-pied pour mettre la touche finale au prochain épisode de sa série très populaire de romans policiers

Lorsque Dan disparaît brutalement une nuit, les souvenirs d’une autre disparition refont lentement surface pour Lucy. Des souvenirs datant d’il y a plus de trente ans. Des souvenirs de la disparition de son petit frère, Teddy. N’ayant jamais été retrouvé, la perte de Teddy hante sans cesse Lucy, d’autant plus qu’elle était, lorsqu’elle était jeune fille, le seul témoin du crime.

Soupçonnée d’avoir fait du mal à Dan, Lucy se lance dans une course pour élucider sa disparition et celle de Teddy. Tout en conciliant courageusement les dures réalités du présent et ses souvenirs tourmentés du passé.

Pour commencer, Pour tout te dire a largement dépassé mes attentes. N’ayant jamais lu un roman de Macmillan, je n’avais aucune idée que j’allais avoir une lecture aussi formidable. Elle a créé un mystère extrêmement captivant et atmosphérique. Il est tendu et captivant.

Le roman se compose de deux arcs narratifs distincts : la disparition actuelle de Dan et la disparition passée de Teddy. La majeure partie du roman est consacrée à Lucy et à ses efforts pour retrouver Dan, mais de courts chapitres sont parfois intercalés et consacrés à la nuit de la disparition de Teddy. Les intrigues indépendantes et tournantes fonctionnent efficacement, les récits du passé et du présent étant tous deux captivants.

Et l’écriture de Macmillan est sans aucun doute impressionnante. Sa prose est soignée. Intelligente. Tout indique que Macmillan est un auteur expérimenté et doué.

Elle vous tient également en haleine. Le lecteur est toujours laissé dans l’expectative, toujours incertain de la direction que prend le roman. Macmillan ne montre jamais qu’un aperçu fugace des cartes qu’elle a en main, ce qui rend délicat, voire presque impossible, la résolution de l’un ou l’autre des deux principaux mystères.

Je dois cependant signaler que l’intrigue générale de Pour tout te dire me semble un peu familière. L’histoire n’a rien de révolutionnaire ou de nouveau, et elle est amplement remplie de nombreux tropes typiques du genre. Cependant, la qualité de l’écriture et le caractère passionnant du roman font qu’il est facile de faire abstraction de cette intrigue plutôt basique et recyclée.

De plus, Lucy aide. La médiocrité de l’intrigue est rapidement oubliée une fois que vous êtes plongé dans son esprit fascinant. Elle est le classique narrateur peu fiable, à la fois frustrant et intriguant. Sa santé mentale et sa stabilité émotionnelle sont douteuses. Elle est malhonnête, trompeuse et secrète. Une minute, elle est aussi forte qu’un lion. La minute suivante, elle est timide comme une souris. Et elle dégage une aura de paranoïa omniprésente, qui renforce la tension du roman et brouille les pistes de la vérité.

Lucy donne lieu à une lecture amusante. Pour être sûr.

La seule véritable critique que j’ai à formuler à l’égard du roman concerne la fin. Bien que totalement inattendue, la solution de l’un des mystères est presque trop surprenante et aléatoire. Si certains lecteurs peuvent apprécier la fin pour le simple fait qu’elle est si surprenante, j’ai trouvé que son manque de lien avec l’histoire passée ou présente était déroutant et, à certains égards, absurde.

TPour tout te dire étant mon premier roman de Macmillan, je ne suis pas en mesure d’évaluer la qualité de ce livre par rapport à ses précédents mystères. Mais je sais que, dans l’ensemble,

C’est intelligent. C’est captivant. Il est très divertissant.

Et ce ne sera certainement pas le dernier roman que je lirai de Gilly Macmillan.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (10 juin 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 368 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695655 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695657

Dans la vallée décharnée de Tom Bouman, un hymne rural et mélancolique

Ce premier tome d’une nouvelle saga policière nous introduit dans une campagne américaine pleine de charme et de ténèbres, ainsi qu’un héros au passé trouble, vétéran de guerre et veuf.

L’atmosphère est très réussie on sent l’amour de la nature, les grands espaces, les forêts et les montagnes. Le personnage d’Henry Farrell que l’on va suivre tout au long du récit est très bien construit. Son regard blasé de vétéran veuf permet d’appréhender les enjeux qui secouent la petite ville de Wild Thyme.

On découvre cette région préservée mais également source de profit en même temps que l’on en apprend en peu plus sur le passé difficile de ce flic de canton qui n’a qu’une marge de manœuvre réduite. Son dénuement matériel résonne avec notre propre impuissance à changer le cours des choses.

Le rythme est nonchalant et nous invite à profiter des descriptions de paysages. L’ambiance rurale est très bien retranscrite avec ces mentalités et ses débordements. Une atmosphère mélancolique qui prend le pas sur l’intrigue en elle-même sans que cela n’entache la qualité du récit.

Le dénouement est convenu et sans réel surprise mais oriente l’intrigue vers un sujet encore tabou dans les territoires ruraux. Un premier tome honnête pour une saga qui possède un fort potentiel.

Résumé: Henry Farrell est le seul flic de Wild Thyme, une petite ville perdue dans le nord de la Pennsylvanie. Le genre de coin où il ne se passe pas grand-chose, mais vous savez ce qu’on dit de l’eau qui dort. Au début, Henry se voyait partager son temps entre parties de chasse et soirées à la coule, mais les compagnies pétrolières se sont mises à chercher du pétrole dans le coin, elles ont fait des chèques, et l’ambiance entre voisins s’en est ressentie. Sans compter la drogue, bricolée dans des labos de fortune cachés dans les bois. Henry connaît bien les mecs, il est allé à l’école avec eux. Alors quand on retrouve un cadavre sur les terres d’un vieux reclus, Henry comprend qu’il peut s’asseoir une bonne fois pour toutes sur ses rêves de tranquillité.

  • Éditeur ‏ : ‎ Actes Sud (7 février 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2330081863
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2330081867
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 13.6 x 2.6 x 21.5 cm

Le manteau de neige de Nicolas Leclerc, il manque une épaisseur à ce manteau…

Il manque une couche d’épaisseur à ce manteau…

Il m’a manqué quelque chose pour être complètement emporter par ma lecture. Le style de l’auteur m’a paru convenu et pataud. Les dialogues sont poussifs et mécaniques. Les personnages m’ont irrité au début du récit. Katia et sa mère souffraient de stéréotypes m’empêchant de ressentir de l’empathie pour leur drame familial.

Heureusement cela s’arrange lorsqu’elle commence à se prendre en main et à affronter les ténèbres qui cherchent à s’emparer d’elles. Les personnages prennent enfin un peu d’épaisseur.

L’intrigue est plaisante mais sans réelle surprise. Une fois l’élément fantastique établi elle suit son cours de manière somme toute classique à ce genre de thriller fantastique. Cependant, malgré quelques scènes où l’atmosphère se fait pesante, le récit ne se pare jamais de se voile lyrique qui distingue les scénario de téléfilms des véritables récits littéraires.

Je reconnais à l’auteur un certain don pour instaurer une ambiance glauque, notamment à la fin de l’ouvrage mais cela ne suffit pas pour faire de son manteau de neige une couverture suffisante pour réchauffer mon corps de lecteur.

Résumé: Katia est haptophobe : elle ne peut supporter aucun contact physique. Ses parents ont tout tenté depuis son enfance, médecins, psys, guérisseurs, rien n’y fait. Mais le malaise de Katia prend une ampleur plus inquiétante lorsque son grand-père est sauvagement assassiné par sa femme. Un détail cloche cependant : cette dernière était dans un état végétatif depuis 30 ans…

  • Éditeur ‏ : ‎ Le Seuil (6 février 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2021426904
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021426908
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 380 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14.1 x 2.6 x 22.5 cm