Harmonie de Anne-france Dautheville | 17 octobre 2019

Voyageuse, aventurière, amoureuse des plantes, voici longtemps qu’Anne-France Dautheville explore les mythes, légendes et récits de le Grèce ancienne. Elle donne maintenant la parole à l’immortelle Harmonie, fille du dieu de la guerre et de la déesse de l’amour.

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Chronique : Superbe histoire d’Anne-France Dautheville on découvre Harmonie raconte l’amour de Cadmos et le destin prodigieux de leur couple. Entre légende et réalité, nous voyons naître la Béotie, dont Harmonie et Cadmos sont les fondateurs. Ils façonnent la première véritable nation dans une Grèce émiettée en petits royaumes où l’on ne voit pas plus loin que le bout de son champ. le changement entre l’antiquité mythologique et l’antiquité chrétienne. En entamant la lecture on ne s’attend pas à plonger dans une intrigue aussi sombre entre manipulations et trahisons, secrets de famille et luttes de pouvoir. Ont cette laisse embarquée bien volontiers dans le monde en pleine mutation décrit par l’auteur qui mêle mythologie et réalité qui font partie intégrante du décor. La plume de l’auteure est agréable à suivre et très visuelle. Ce livre s’impose comme un roman initiatique qui délivre une histoire marquante ne ressemblant à aucune autre. L’univers est fouillé et complexe et les personnages suffisamment captivants pour pousser le lecteur à finir le roman d’une traite.

Note : 9/10

  • Broché : 377 pages
  • Editeur : Alma Editeur (17 octobre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2362794512

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La Fontaine aux violettes de Françoise BOURDON | 10 octobre 2019

De Tourrettes-sur-Loup, sur les hauteurs de Nice aux beaux quartiers de Paris, quatre générations de femmes libres, vibrantes, indépendantes vont se succéder entre 1879 et 1945.
Il y a d’abord Rosine, fille de modestes paysans, qui quitte, enceinte, son pays de la violette pour devenir une courtisane en vue de la capitale. Sa fille, Eloïse, mène une vie plus rangée près de Lyon auprès de son mari instituteur. Suivront Emma aux amours ardentes, créatrice de mode qui traverse intensément les Années folles, et sa fille Béatrice,  » nez  » de talent dans la ville de Grasse.

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Chronique : Le texte a éveillé ma curiosité, m’a semblé être une histoire facile et d’une certaine manière estivale. J’ai tout de suite eu un désir extrême de lire ce livre et je suis très reconnaissant à presse de la cité de ce superbe roman.
J’ai été très enthousiasmé par le livre dès le début, j’ai immédiatement aimé le style d’écriture et j’ai rapidement trouvé mon chemin dans l’histoire. Françoise BOURDON écrit des textes très picturaux, détaillés et tout simplement magnifiques – surtout en ce qui concerne les plantes et les fleurs. L’auteure écrit avec amour sur le monde végétal, comme si c’était aussi sa propre passion (c’est peut-être :)). Cela correspond, à mon avis, très bien à l’histoire et à la lecture d’un film de qui se développe.
Je peux certainement recommander le livre, surtout si vous aimez les histoires de famille mystérieuses.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 448 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (10 octobre 2019)
  • Collection : Terres de France
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258148006

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La Fabrique de poupées de Elizabeth MACNEAL| 3 octobre 2019

Londres, 1850. L’Exposition universelle va bientôt ouvrir ses portes dans le tout nouveau Crystal Palace, et les badauds se pressent pour venir admirer cette merveille. Parmi eux, Iris, modeste employée dans un magasin de poupées, à la beauté mâtinée de difformité, qui rêve de devenir artiste peintre.

Chronique : Londres 1850, où les préraphaélites ont ébranlé le monde artistique, où une jeune femme est fatiguée de peindre des poupées et veut s’exprimer dans l’art réel, Londres où un petit garçon ramasse de l’argent en apportant des carcasses d’animaux morts à un taxidermiste très particulier pour acheter de fausses dents pour lui et qui s’occupe aussi de sa sœur, et Londres qui se prépare pour la grande exposition, est l’endroit qui me fascine en même temps, et qui est effarouche. L’auteur a fait un grand travail en incorporant de nombreuses particularités de l’Angleterre victorienne dans l’intrigue, par exemple, prendre l’idée macabre de prendre des photos des enfants disparus et de peindre des poupées dites de deuil pour les mettre sur leur tombe ou recueillir tout ce qui peut être recueilli, en
Les personnages de ce roman sont magnifiquement représentés, leurs actions et leurs désirs exprimés de telle manière que je n’ai pas été laissé indifférent, et j’étais avec eux dans la boutique de poupées, dans l’atelier de l’artiste ou dans la cave pleine de curiosités, dont certaines vraiment morbides. J’avais de la peine pour Albie, un petit garçon qui économise pour s’acheter de fausses dents, car il ne lui restait plus qu’un crochet ( !), et pour s’occuper de sa sœur aînée du mieux qu’il pouvait. Iris Whittle est une héroïne merveilleuse, désespérée d’atteindre ses objectifs malgré l’ostracisme. Et Silas …….. Je crois qu’il est l’un des personnages les plus effrayants et les plus odieux que j’ai rencontrés dans les romans gothiques.
Si vous aimez les détails d’époque de la fiction historique, le drame et les surprises choquantes d’un thriller vous serez probablement charmés comme moi. Ceci, à mon avis, est à ne pas manquer. J’attendrai patiemment son prochain travail éblouissant. Mlle Macneal, vous avez un ardent fan. Un grand merci au Presse de la cité pour le livre.

Note : 9,5/10

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  • Broché : 364 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (3 octobre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258161606

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Vorrh de B. CATLING| 26 septembre 2019

La Vorrh est une forêt merveilleuse et effrayante. Tous ceux qui y pénètrent y trouvent soit la mort, soit l’oubli. Néanmoins, elle exerce une fascination quasi magnétique et un attrait irrésistible. On dit que le jardin d’Éden est dissimulé en son cœur. Personne ne l’a jamais explorée en entier, elle serait sans fin.
Pourtant, un homme a entrepris le périple. Un ancien soldat qui a tout abandonné pour suivre sa bien-aimée, Este. À sa mort, il a, suivant d’antiques rituels, emprisonné son esprit dans un arc et, écoutant ses murmures, s’est lancé sur la route…

Chronique : « VVVOOORRRRRRRRHHHHHH » est un roman enivrant qui défie les livres faciles.  J’ai du commencer pas moins de 3 fois mais c’est un livre glissant et tortueux, il semble toujours se tortiller hors de portée. Le flou qui l’accompagne est terriblement inadéquat, bien qu’il n’y ait aucune faute pour le flou, car comment résumer un livre comme celui-ci en quelques lignes ? (J’aimerais bien savoir comment Catling a présenté ce livre à ses éditeurs…) Je ne pense pas avoir lu un livre comme celui-ci depuis longtemps. Des mots comme  » génie « ,  » folie pure  » et  » jungien  » se mélangent comme des billes dans ma bouche lorsque j’essaie de décrire ce livre pour mes amis.

La façon la plus facile de commencer à parler du Vorrh est de demander : « Qu’est-ce que le Vorrh ? Le Vorrh est une forêt ancienne et dense située au cœur du continent africain, très probablement le Congo, et dont on dit qu’elle renferme le jardin d’Éden. Catling a pris le nom du tract de Raymond Roussel, Impressions of Africa, qui, d’après ce que je peux dire, était surtout une sorte de travelogue fou qui a contribué à promouvoir la notion occidentale standard de l’Afrique comme un lieu étranger rempli d’horreurs exotiques et de sauvagerie. (Maintenant, est-ce que Catling, un homme blanc anglais, perpétue cela ? Je ne crois pas, mais j’y reviendrai…) Catching charge le Vorrh avec son propre mythe : il est éternel et sans fin. Elle plie le temps ; elle cannibalise les souvenirs de ceux qui empiètent trop longtemps. La forêt est considérée avec respect et crainte par les habitants et les colons. A côté du Vorrh se trouve Essenwald, une découpe coloniale construite pour ressembler à une ville européenne typique, jusqu’à la dernière pierre. Au fur et à mesure de l’expansion de la ville, des voyages d’exploitation forestière ont lieu dans certaines parties du Vorrh pour ramasser du bois et des matériaux locaux pour les projets de construction, une métaphore ironique et très opérante pour l’idée d’incursion coloniale. Dans et autour du Vorrh et de la ville d’Essenwald, nous rencontrons plusieurs personnages, européens et africains, tous transformés ou effacés par la violence et le choc des cultures d’une manière ou d’une autre, et tous attirés par des randonnées malavisées dans le Vorrh.

Du point de vue structurel, le roman est essentiellement une série de décors chargés d’images et d’histoires disparates. Certaines histoires convergent, quelques-unes assez violemment dans la forêt mystérieuse, d’autres tournent autour du périmètre et se cachent. Cette incohérence peut être exaspérante. Les lecteurs qui aiment leurs récits soignés et soignés peuvent être découragés, mais soyez patients ; les choses finissent par s’unifier, et vous serez récompensés par un chef-d’œuvre méchamment labyrinthique.

Cet univers surréaliste est peuplé de gens de la vraie vie et de l’histoire : Edward Muybridge, Sarah Winchester, Sir William Withey Gull, Raymond Roussel lui-même (mais pas exactement sous ce nom) font tous des apparitions étranges. Il y a aussi des personnages fantastiques : un cyclope mélancolique nommé Ismaël, des robots bakélites sensibles, et divers êtres monstrueux (par exemple, les anthropophages) et éthérés (les Erstwhile). Il y a des guerriers, des guérisseurs, des assassins et des chasseurs. Il y a des armes charmées d’un poids et d’un symbolisme incroyables : l’une est un arc taillé dans les restes d’une femme mystique, l’amante du Bowman ; une autre est un fusil Lee-Enfield protégé par des charmes.

Les vagues du macabre et du grotesque reviennent souvent ici, mais Catling les utilise d’une manière qui est loin d’être répugnante. Deux exemples. Dans la première scène, un acte de vivisection et de mutilation se transforme en un hommage solennel et tendre à l’amour. C’est une représentation de l’amour si profonde et si profonde qu’elle éblouit les sens et remet en question nos notions modernes et aseptisées de l’amour. À ma grande perplexité, la scène m’a rappelé que Neruda sonnet que tout le monde aime tant citer à propos d’aimer quelque chose comme des choses sombres devrait être aimé – mais avec plus de sang et de viscères. Il évoque également la vénérable boucherie dans les enterrements du ciel tibétain.

Des lectures plus cyniques de The Vorrh peuvent rejeter les tropes surréalistes comme une autre sorte de grand coup de pinceau culturel mis au pilori par Binyavanga Wainainaina à Granta. Mais je pense personnellement que Catling opère à un tout autre niveau. C’est une critique du colonialisme et de la violence et de la distorsion de l’identité et de l’identité des oppresseurs et des opprimés, mais c’est aussi une sorte d’histoire alternative où tout est impossible. Mais la théorie critique mise à part, ce qui occupe le devant de la scène, c’est la façon dont Catling manœuvre à travers les tropes fantastiques. Le fantastique imprègne si profondément la réalité narrative du livre que vous vous demandez constamment :  » Suis-je éveillé ? Selon les mots d’Alan Moore, elle « laisse le lecteur souillé par ses graines et ses spores, encourageant une nouvelle croissance et menaçant une grande reforestation de l’imagination ».

Dans l’ensemble, il s’agit d’un livre spectaculaire, comme un scintillement de lumière qui rend les autres livres fades et monochromes. Je vous le recommanderais si vous aspirez secrètement à quelque chose qui vous sortira du classicisme  de la lecture, quelque chose qui ouvrira votre subconscient et brouillera les frontières entre la prose et la poésie… et les rêves.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 484 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (26 septembre 2019)
  • Collection : Outre fleuve
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265116610

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Personne inconnue de Susie Steiner | 25 septembre 2019

Pour son retour sur le devant de la scène, la détective Manon Bradshaw se retrouve confrontée au pire : un meurtre ultra-médiatisé pour lequel sa famille est au premier rang des suspects.
La victime, un richissime ban­quier de Londres, est en réalité plus proche d’elle qu’elle ne l’aurait jamais imaginé. Même ses collègues les plus chers se méfient d’elle.
Manon sera-t-elle capable de mener cette enquête avec l’im­partialité requise ?

Chronique : Il existe certains livres qui se retrouvent à mi-chemin entre deux genres, de manière volontaire ou non, et c’est justement le cas de personne inconnue. Avant tout il faut souligné que L’auteure fait partie de ces écrivains capables de poser une ambiance en quelques lignes. En effet à peine la première page tournée on est happé par une atmosphère so british, tous les éléments sont convoqués pour créer cette ambiance propice aux enquêtes policières. Du charme de la campagne anglaise jusqu’à la grisaille londonienne, sans oublier les personnages que l’on pourrait croire tout droit sorti d’un Roman de Doris Lessing. Les personnages sont l’atout majeur du livre. L’auteure parvient à les rendre attachants tout en ne mettant rien des regrets qui les rongent, de leurs peurs et de leur colère qui les poussent dans leurs derniers retranchements. À travers les portraits de ces personnages en perte du repère, c’est tout un portrait social de l’Angleterre contemporaine qui nous est présenté, le racisme ordinaire, les familles monoparentales sans oublier la cupidité vorace de la city, le grand centre d’affaires de Londres. Le personnage central, l’enquêtrice Manon Bradshaw, porte le récit presque entièrement sur ses épaules, qui bien que solides, laissent apparaître de nombreuses fêlures. Alors que l’on s’attend au début de l’ouvrage à rencontrer un flic revêche prêt à tout pour résoudre l’enquête on fait au contraire la rencontre d’une femme volontaire mais usée par les tragédies qui ont marqué sa vie et qui se rend compte que les bonnes intentions ne suffisent pas forcément pour créer un cadre familial idéal. En parallèle l’enquête policière suit son chemin de manière très classique, interrogatoire serré, analyse en laboratoire, portrait nuancé de la victime. Cette partie du livre n’offre malheureusement aucune originalité.  Elle est de plus alourdie par des chapitres consacrés à un personnage fugitif dispensable malgré le surcroît de contexte social que cela apporte au récit. Personne inconnue n’est simplement un polar mais aussi un récit social qui pose une base de réflexion sur notre monde actuel et ses dérives. On peut juste regretter que les deux aspects de l’œuvre ne soient pas mieux équilibrés.

Note : 9/10

 

  • Broché: 467 pages
  • Editeur : Les Arènes (25 septembre 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2711201104

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L’odyssée du distingué professeur Chandra de Rajeev Balasubramanyam | 28 août 2019

Le professeur Chandra, brillant universitaire, pressenti pour le Nobel d’économie, passe pour la seconde fois à côté de la récompense du travail d’une vie. Il comprend alors qu’il n’aura jamais le Nobel. Tant de travail, tant de stress, il comprend qu’il est en train de mourir à petit feu, qu’il lui faut prendre un nouveau départ. Chandra décide d’écouter les conseils de son médecin, de quitter Cambridge pour trouver les clés du bonheur. Il ne sait pas encore qu’il entame le grand voyage de sa vie

Chronique : Le professeur P. R. Chandrasekhar a mené le genre de vie qu’il s’était prescrit 45 ans plus tôt lorsqu’il a quitté l’Inde à l’âge de 24 ans. Avec quelques modifications. Il a 69 ans et bien qu’il soit professeur émérite d’économie dans un collège d’Oxford, le grand prix, celui pour lequel il a travaillé si dur, a été insaisissable. Son mariage s’est écroulé quelques années auparavant lorsque sa femme l’a quitté pour un autre homme. Ils, ainsi que Jaz (Jasmine), la fille cadette du professeur, vivent au Colorado, ce qui rend difficile tout contact physique régulier.
Son ex-femme l’appelle Charles, la plupart des gens l’appellent Chandra (ou Professeur Chandra), et parfois Chandu. Le fils de Chandra, Sunny (Sunil), est à Hong Kong pour des séminaires d’affaires, et le pire, c’est qu’il a beaucoup de succès et n’hésite pas à le dire à son père. Chandra est éloignée de sa fille aînée, Rad (Radha), et avec Jasmine si lointaine, Chandra évalue sa vie et la trouve insuffisante. Il travaille plus fort et croit que s’il peut atteindre son but ultime de succès, le reste de sa vie se mettra en place également.
Alors, il a eu un accident. Avec un vélo. Il se retrouve à l’hôpital parce qu’il a aussi eu une crise cardiaque « silencieuse ». Son médecin est américain et lui fait savoir très fermement qu’il ne doit pas retourner au travail avant plusieurs mois. Il lui conseille de prendre un congé sabbatique et lui suggère joyeusement de « suivre son bonheur ».
Cette histoire a de l’humour, mais elle n’est certainement pas comique. L’humour est souvent sec – le genre où l’on cligne des yeux et où l’on peut le rater, mais où l’on a quand même un sourire sur le visage. C’est aussi spirituel, et parfois je pourrais imaginer un émoi clignotant qui se cache quelque part là-dedans. caractères et a été corrigé partiellementLe professeur P. R. Chandrasekhar a mené le genre de vie qu’il s’était prescrit 45 ans plus tôt lorsqu’il a quitté l’Inde à l’âge de 24 ans. Avec quelques modifications. Il a 69 ans et bien qu’il soit professeur émérite d’économie dans un collège d’Oxford, le grand prix, celui pour lequel il a travaillé si dur, a été insaisissable. Son mariage s’est écroulé quelques années auparavant lorsque sa femme l’a quitté pour un autre homme. Ils, ainsi que Jaz (Jasmine), la fille cadette du professeur, vivent au Colorado, ce qui rend difficile tout contact physique régulier.Son ex-femme l’appelle Charles, la plupart des gens l’appellent Chandra (ou Professeur Chandra), et parfois Chandu. Le fils de Chandra, Sunny (Sunil), est à Hong Kong pour des séminaires d’affaires, et le pire, c’est qu’il a beaucoup de succès et n’hésite pas à le dire à son père. Chandra est éloignée de sa fille aînée, Rad (Radha), et avec Jasmine si lointaine, Chandra évalue sa vie et la trouve insuffisante. Il travaille plus fort et croit que s’il peut atteindre son but ultime de succès, le reste de sa vie se mettra en place également.Alors, il a eu un accident. Avec un vélo. Il se retrouve à l’hôpital parce qu’il a aussi eu une crise cardiaque « silencieuse ». Son médecin est américain et lui fait savoir très fermement qu’il ne doit pas retourner au travail avant plusieurs mois. Il lui conseille de prendre un congé sabbatique et lui suggère joyeusement de « suivre son bonheur ». Cette histoire a de l’humour, mais elle n’est certainement pas comique. L’humour est souvent sec – le genre où l’on cligne des yeux et où l’on peut le rater, mais où l’on a quand même un sourire sur le visage. C’est aussi spirituel, et parfois je pourrais imaginer un émoi clignotant qui se cache quelque part là-dedans.

Note : 9/10

 

  • Broché: 352 pages
  • Editeur : Marabout (28 août 2019)
  • Collection : Romans
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2501138392

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Lettres de pluie de Steve SEM-SANDBERG | 22 août 2019

Les années 1960, une petite île suédoise. Minna et Andreas ont été confiés pour la journée à leur voisin, Johannes. Mais le soir, leurs parents ne rentrent pas. Toute trace d’eux a disparu. On sait seulement qu’ils sont américains. Alors on parle d’espionnage, on exhume des histoires de la dernière guerre et de l’occupation nazie… Étrangers, sans famille, élevés par un alcoolique soupçonné d’avoir été collabo, les deux enfants sont la cible toute désignée des haines qui rongent les insulaires.

Chronique : Enfant, Andreas vivait avec Johannes dans la maison jaune. À l’âge adulte, il retourne sur l’île et constate que le monde de l’enfance semble s’amenuiser à mesure qu’il grandit. Autrefois, le propriétaire foncier contrôlait les marchands qui entraient sur son île, mais aujourd’hui il est peut-être plus difficile de contrôler les marchands de l’ancien empire. Johannes, dans les dernières années de sa vie, était physiquement affaibli, aveugle, négligé et méfiant envers les autres dans la maison jaune. Dans les années 1940, il avait accueilli Andreas et sa sœur Minna après que leurs parents eurent été victimes d’un accident d’avion en route vers l’île. Le fait qu’un homme célibataire ait adopté deux enfants étrangers devait déjà être scandaleux. Ce qu’Andreas sait de l’île vient de Johannes seul depuis longtemps, et Minna a aussi raconté quelques histoires. Le narrateur à la première personne semble traîner d’un trou à l’autre dans ses souvenirs. Je me demandais qui était lié à qui dans l’histoire et de quoi il s’agissait.

Les marchands avaient manifestement un grand domaine et l’île devait être leur propriété privée pour la plupart. Johannes était à l’époque du conducteur d’occupation allemand de l’ancien marchand, qui cultivait à nouveau des relations avec le premier ministre fasciste Quisling. Andreas s’est rendu aux Etats-Unis sur les traces de ses parents, a fait des recherches sur les années 40 en Norvège et compile maintenant des souvenirs et des faits à partir des dossiers du Kaufmann-Hof pour en faire un tableau. Son père adoptif a dû classer tous les reçus et toutes les lettres soigneusement et Johannes s’y creuse la tête à travers des disputes sur les frontières et les investisseurs en bateaux. Des histoires anciennes de l’ère nationale-socialiste sont combinées avec des intérêts dans des propriétés insulaires de grande valeur. Chaque réponse semble soulever immédiatement une nouvelle question. Pourquoi Kaufmann a-t-il organisé une colonie d’enfants sur une île voisine pendant l’occupation et quel rôle Andreas Vater a-t-il joué en tant qu’Américain d’origine norvégienne ? Pourquoi cette Minna pleine d’entrain a-t-elle alors été donnée à des parents d’accueil ? Plus Andreas avance, plus il doute de ce qui lui a été dit à lui et à Minna quand il était enfant et plus il devient clair que Minna lui a menti et l’a manipulé. Les limites de son imagination limitent ce que moi, en tant que lecteur, je vais vivre de lui. Quand je l’ai lu, je n’ai pas pu me débarrasser de l’impression que les trous dans la mémoire de John se transforment couramment en suppositions et qu’il se perd dans sa recherche de traces dans sa propre histoire.

Le narrateur à la première personne de Steve Sem-Sandberg se sent doublement abandonné, par ses parents disparus et par sa grande sœur. Sa recherche de traces le conduit à travers l’exemple d’une petite île profondément ancrée dans l’histoire de la Norvège sous le national-socialisme. Qu’est-ce qui caractérise un homme comme Johannes, qu’est-ce qui rend une relation frère-sœur si spéciale ? l’auteur suédois raconte tout cela si intensément qu’il faut y prêter la plus grande attention.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Robert Laffont (22 août 2019)
  • Collection : Pavillons
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 222121515X

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