Tout les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois, un style concis au service d’un destin tragique

Jean-Paul Dubois restait pour moi un auteur inconnu, j’avais entendu parler de certaines de ces oeuvres tel que Kennedy et moi, Vous plaisantez monsieur Tanner ou encore Une vie française mais sans jamais franchir le pas. Alors lorsque l’occasion s’est présentée je me suis dis que tant qu’à découvrir un auteur aussi prolifique autant commencer par son dernier ouvrage en date.

En refermant la dernière page l’impression qu’il m’en est resté est que l’auteur maîtrise sa narration à la perfection. Faire tenir les mémoires d’un homme en moins de 300 pages n’est pas donné à la première plume venue. Là où d’autres auteurs auraient eu besoin du double de page pour conter les malheurs de Paul Hansen, Jean-Paul Dubois parvient à tracer un chemin de vie en allant à l’essentiel.

Le récit se partage entre les souvenirs de Paul et sa vie actuelle au pénitencier de Bordeaux, dans la province de Montréal. Ses chroniques de prisonniers sont les plus accessibles car elles recèlent un humour burlesque incarné par son compagnon de cellule Horton, un Hell’s Angel accusé de meurtre qui a la phobie des rongeurs et des coiffeurs. Ses élucubrations apportent une respiration dans un récit qui possède par ailleurs une grande part de mélancolie.

Il faut dire qu’entre le couple improbable formé par ses parents, les déménagements, l’industrie minière et l’amiante ce pauvre Paul Hansen n’a pas eu une vie facile. Sa capacité à assimiler les drames de son existence et à les digérer est impressionnante. Une résilience qui fait de lui le témoin idéal d’une époque en plein changement.

Le style concis et précis de l’auteur lui permet d’intégrer de nombreux personnages secondaires sans surcharger son récit. On fait ainsi la connaissance de ses parents, de sa femme Winona, son voisin et ami Kieran Read ou encore l’ignoble Sedgwick. Sous sa plume c’est un destin tragiquement banal qui prend forme, celui d’un homme ballotté par la vie et qui atteint son point de rupture alors que la vie vient de lui infliger une nouvelle et tragique épreuve.

Cet ouvrage qui a remporté le prix Goncourt en 2019 est le premier mais sans doute pas le dernier signé par cet auteur dans lequel je me plongerais.

Résumé: Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.
Retour en arrière: Hansen est superintendant a L’Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et l’inévitable se produit.
Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert, les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.
Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.

  • Broché : 256 pages
  • Editeur : L’Olivier; Édition : 01 (14 août 2019)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2823615164

The Cry de Helen Fitzgerald | 24 juin 2020

Joanna et Allister, couple sans histoires, s’envolent pour l’Australie avec leur bébé de neuf semaines. Entre larmes et crises de l’enfant, le voyage est éprouvant.
Peu après leur arrivée, ils découvrent que leur enfant a perdu la vie. Accès de panique ou froid calcul ? Les deux parents prennent une décision folle.

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Chronique : The Cry d’Helen Fitzgerald est un récit sombre et troublant de culpabilité, d’innocence, de vérité et de mensonges qui m’a tenu en haleine du début à la fin.

Ce drame psychologique palpitant plonge dans le pire cauchemar de chaque parent. Noah, neuf semaines, est parti et rien de ce que sa mère, Joanne, peut faire ne le ramènera à elle. Elle se demande si elle est punie pour sa liaison avec le père de Noah, Alistair, qui était encore marié lorsqu’elle a commencé à le voir, ou pour son impatience et sa colère face aux pleurs incessants de Noah pendant le voyage en avion de Londres à l’Australie, mais peu importe le « pourquoi », Joanna se blâme elle-même.

Je déteste donner le moindre indice des rebondissements saisissants qui attendent le lecteur dans ce roman captivant. L’intrigue est habilement conçue pour révéler et dissimuler la vérité et les mensonges qui entourent le destin du bébé Noah. Rien n’est jamais tout à fait ce qu’il semble être et je n’ai pas pu m’empêcher de parcourir les pages jusqu’à ce que the cry atteigne sa conclusion stupéfiante.

Les personnages sont complexes, réels mais profondément imparfaits comme nous le sommes tous. Ce que vous ressentez pour ces personnes, Joanna, Alistair et Alexandra, change à mesure que les façades commencent à se fissurer sous la pression de l’incertitude et des secrets révélés.

Les thèmes abordés  sont assez bouleversants, allant de l’anxiété à la dépression, en passant par le blâme, la culpabilité, la confusion, la perte, la tristesse et la justice. La croix dans le décor de Glasgow à Melbourne a été bien présentée par Helen FitzGerald. Il y a aussi un présage, lorsqu’un feu de brousse menace de s’installer, ce qui ajoute à la tension accrue – une atmosphère remplie. FitzGerald est clairement la reine de la manipulation, elle nous prépare à une situation que nous essayons de déballer avec autant de logique que possible, mais elle tourne l’axe pour que nous nous sentions désorientés. J’admets n’avoir absolument aucune idée de l’endroit où la fin allait se situer, mais la conclusion présentée par FitzGerald était appropriée.

Ce livre et la série qui l’accompagne ont eu droit à un tollé de twitter. Je pense que The Cry est un roman qui plaira aux lecteurs de tous les genres, c’est ce style de livre. Il vous fera tourner la tête ! Le souvenir durable que m’a laissé The Cry est mon nouvel intérêt pour Helen FitzGerald, j’ai vraiment envie d’explorer davantage son travail.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 400 pages
  • Editeur : Les Arènes (24 juin 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500564

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La théorie des poignées de main de Fabienne Betting, études scientifiques et aventure humaine

Résumé: Antoine Cavallero, doctorant en statistiques, a pris pour sujet de sa thèse l’idée selon laquelle tout individu peut être relié à n’importe quel autre via six degrés de séparation maximum. Lors d’un colloque, un éminent professeur, irrité par son arrogance, l’invite à mettre sa théorie en pratique. Piqué au vif, l’étudiant accepte et se lance dans un tour du monde pour vérifier ce postulat.

Chronique : La première fois que j’ai entendue parler de la fameuse théorie des six degrés de séparation, il ya plusieurs années, j’ai ressenti une sensation de vertige. Imaginez un peu si cette théorie s’avérait vraie chacun d’entre nous se retrouverait liée d’une manière ou d’une autre à chaque habitant de la planète, voilà une idée qui avait le don de me faire tourner la tête car cela me faisait prendre conscience de l’immensité de notre monde et en même temps de son côté minuscule. Avec ce roman Fabienne Betting se propose de mettre en pratique cette théorie en la mettant à l’épreuve du chaos engendré par l’homme et son égoïsme.

Les personnages décrits dans ce récit ne sont pas les plus transcendants que vous aurez l’occasion de lire, ils peuvent même paraître assez banals mais c’est sans doute voulu par l’auteure car cette aventure humaine se doit d’avoir un visage auquel on peut s’identifier facilement. Le propos de l’auteure est ailleurs. Il s’agit de mettre en valeur le travail scientifique face aux réalités du terrain.

En effet le défi auquel doit se confronter Antoine, le personnage principal, est de taille. La théorie est mis à mal par la tragédie que tous les peuples ont connu au cours de leur histoire, la guerre. La guerre ainsi que le chaos et la destruction qu’elle engendre rendent quasi impossible d’étayer cette chaîne universelle si prometteuse. Cette quête déterminée nous offre les meilleurs passages du livre, le voyage entrepris par Antoine se révélera être une aventure humaine qui lui fera tisser encore plus de liens que ne pourrait le faire aucune théorie.

L’autre obstacle qui se dressera face à notre jeune chercheur est plus basique mais tout aussi universel. Il s’agit de la nature humaine et son égocentrisme tout simplement. L’auteure tente de retranscrire la frénésie qui s’empare des internautes dès qu’un sujet devient viral mais son traitement reste malheureusement superficiel et un peu trop scolaire. Le récit manque de chaleur dans son ensemble. En l’occurrence un personnage secondaire aurait mérité d’être développé plus profondément. La mesquinerie humaine, virtuelle ou bien réelle, peuvent donner du corps à un récit sous une plume plus acérée.

L’ouvrage reste une lecture plaisante mais les lecteurs habitués aux fresques plus dense, prenant place à travers le monde entier, risquent de rester sur leur faim. L’auteure à fait le choix d’un récit court, sans fioritures, mais le monde du SSR esquissé dans ce roman aurait pu devenir une magnifique toile avec plus de développement.

Note : 8,5/10

Paru le : 18/06/2020
Thématique : Littérature Française
Auteur(s) : Auteur : Fabienne Betting
Éditeur(s) : Editions les Escales
Collection(s) : Domaine français
ISBN : 2-36569-462-4

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Les liens éternels de Anne B. RAGDE 518 Juin 2020)

Après la mort de son oncle Margido, Torunn se consacre corps et âme à la modernisation de l’entreprise de pompes funèbres sans pour autant négliger la ferme familiale où elle règne désormais seule.
Sa petite routine est cependant interrompue par deux événements : Erlend et Krumme, accompagnées de leurs enfants et de leurs mères porteuses ont décidé de rendre une visite à l’ancienne demeure familiale ; et depuis peu, le nouveau pasteur de la région semble éprouver un intérêt tout particulier pour la jeune propriétaire de la ferme.

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Chronique :Après la mort de Margido, Torunn est assis avec le salon funéraire de Neshov, la ferme de Neshov et son grand-père Neshov. Torunn connaît maintenant tous les tristes secrets de la famille Neshov, c’est pourquoi elle peut également choisir d’être Neshov. Torunn construit une vie quotidienne simple et solitaire qu’elle partage entre le chien, le grand-père et les funérailles. L’équilibre fragile est ruiné lorsque la grande et bruyante famille d’Erlend de Copenhague prend Neshov pour une délicieuse semaine de vacances d’automne. La proximité de ces personnes fait que Torunn se rapproche également de lui – et alors vous ne pouvez pas tout repousser, la seule chose que l’on puisse tirer de ce livre est son irrégularité. Au début, l’auteur recueille tous les fils, il y a beaucoup de répétitions et il ne se passe pas grand-chose de nouveau, mais la fin est un énorme chaos émotionnel qui rend presque impossible de ranger le livre. L’histoire de Gabriele m’a fait pleurer, j’attendais ça depuis le début de la série.

Note : 9/10

 

  • Broché : 368 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (18 juin 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265154806

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Un amour infaillible de Anne B. RAGDE e | 18 juin 2020

Après une vie mouvementée, Tormod Neshov, le patriarche de la famille, coule enfin des jours paisibles dans sa maison de retraite. Plus rien ne l’empêche désormais de baigner dans les souvenirs de son premier amour, un jeune soldat allemand, une histoire qu’il a dû nier toute sa vie et que pourtant il n’a jamais oubliée

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Chronique :  L’auteur à succès norvégien a poursuivi l’histoire de la famille Neshov. Je n’ai lu que le premier livre, « La maison des mensonges ». Il n’a donc pas été facile de trouver le fil conducteur. Mais en incorporant intelligemment les informations des quatre livres précédents, presque tout pouvait être compris.
Cette partie concerne principalement la fille de 40 ans du frère aîné Neshov Torunn. Il y avait un grand secret dans cette famille, qui était lié à l’homosexualité du grand-père et avait des conséquences pour tout le monde. Torunn était éleveur de bétail et aidait son père dans l’élevage de porcs. Mais elle a fui la maison du mensonge parce qu’elle ne pouvait plus supporter les arguments.
Dans cette partie, elle retourne à la ferme délabrée après la séparation d’avec son petit ami et en est complètement vidée. Torunn rééquipe la cour et la maison. Elle entre dans le funérarium de son oncle Margido. Torunn prend ses devoirs très au sérieux et s’occupe avec dévouement de son grand-père dans la maison de retraite. Elle n’a pratiquement aucun contact avec l’autre oncle Erlend. Erlend est heureux à Kopen-hagen avec son mari Krumme et ses trois enfants. Il installe une villa où ils vivront avec le couple de lesbiennes Jytte et Lizzi et leurs enfants.

Bien qu’il existe déjà plusieurs volumes d’histoire, c’est un bon livre pour s’y plonger. Il s’agit de secrets de famille et le livre vous rend curieux de connaître plus de détails. Des sujets comme l’homosexualité et la mort jouent un rôle. Le livre peut être lu couramment et quelque chose d’inattendu se produit dans l’histoire.

Le texte est compréhensible. J’ai trouvé l’orthographe intéressante et détendue. Bien sûr, vous pouvez recommander le livre à d’autres personnes.

Note : 9/10

 

  • Poche : 408 pages
  • Editeur : 10 X 18 (18 juin 2020)
  • Collection : Littérature étrangère
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2264074949

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Et la vie reprit son cours de Catherine BARDON (28 Mai 2020)

Après Les Déracinés et L’Américaine, découvrez le troisième tome de la superbe fresque historique imaginée par Catherine Bardon. Au cœur des Caraïbes, en République dominicaine, la famille Rosenheck ouvre un nouveau chapitre de son histoire.

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Chronique : C’est avec plaisir que je retrouve la famille Rosenheck dans le troisième tome de la saga. Après son escapade New-Yorkaise, Ruth retrouve le pays de son enfance, son pays de coeur, la République Dominicaine.
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La famille s’agrandit, se métisse et les grands bonheurs s’entremêlent avec les drames de la vie. L’Histoire qui couvre la fin des années 60 à 1979 s’écrit toujours en filigrane de l’histoire familiale. Ainsi, on assiste à la fin du mouvement hippie, à la mort de Martin Luther King ou encore à la guerre de six jours…
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On a de belles surprises et certains fantômes du passé ressurgissent. Almah, la force tranquille, le phare dans la nuit de cette famille est toujours plus forte et plus sage. Ce personnage est un réel bonheur. le traumatisme de la génération post-shoah et la difficulté de cette quête identitaire est illustré par Lizzie. Je suis d’ailleurs ravie de la réapparition de ce personnage qui va en faire voir de toutes les couleurs à Ruth, et montrer la force du lien qui les unit depuis leur enfance et l’époque des mousquetaires.
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Catherine Bardon est une conteuse hors-pair, dès les premières lignes on est happé par l’histoire et on ne s’arrête que lorsque la dernière page se tourne. Elle a un talent pour décrire les sentiments, bons comme mauvais et nous faire sentir comme un membre à part entière de cette famille.
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J’ai toujours une préférence pour le premier tome de la saga. Je suis comme les Rosenheck, Wilhelm me manque. Mais le pari est réussi, on ressort de cette lecture avec l’envie de les retrouver pour de nouvelles aventures. J’ai hâte 😁.

Note : 9/10

Chronique de Lili_Mockingbird

 

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : Les escales éditions (28 mai 2020)
  • Collection : Domaine français
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2365695175

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L’Homme et la nature de Peter Wohlleben – 3 juin 2020

Après  La Vie secrète des arbres, l’auteur met en évidence les bienfaits que procure à l’homme la connexion à la nature. Il montre que l’homme n’a pas cinq mais sept sens, qu’il a la faculté de percevoir les fluctuations atmosphériques (météoropathie) et la position des différentes parties de son corps (proprioception). Il montre comment il peut ainsi réveiller cette nature.

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Chronique :  Depuis que j’ai lu Peter Wohlleben j’aime la façon dont il raconte les phénomènes étonnants de la nature, en utilisant les découvertes scientifiques et ses propres expériences.

« Nous ne sommes pas des êtres dégénérés qui ne peuvent survivre à long terme qu’avec l’aide de la technologie moderne. Au cours de votre voyage dans les bois, vous serez surpris de constater à quel point vos sens fonctionnent bien ! Par exemple, il y a des odeurs que vous pouvez mieux percevoir que les chiens. Nous rencontrerons également des phénomènes électriques sur les arbres qui font dresser les poils d’araignée. À la campagne, il y a une pharmacie bien approvisionnée dans laquelle non seulement tous les animaux mais aussi vous pouvez vous servir. De plus, un cocktail de communication s’agite autour de vous, renforçant votre circulation et votre système immunitaire ».

En tant que forestier et écologiste, Peter Wohlleben découvre des similitudes étonnantes entre l’homme et la nature – un lien ancien qui est encore intact aujourd’hui, même si nous n’en sommes pas toujours conscients. Par exemple, notre système immunitaire bénéficie manifestement des antibiotiques des plantes lors d’une promenade en forêt, qui font que les arbres sèchent la sève pour se protéger des agresseurs. Notre tension artérielle se normalise autour des arbres, la couleur verte nous calme, la forêt aiguise nos sens, elle nous apprend à sentir, entendre, ressentir et voir. Peter Wohlleben nous ouvre les yeux sur l’interaction cachée entre l’homme et la nature. Il nous emmène dans un cosmos merveilleux, dans lequel l’homme n’apparaît pas comme un être supérieur, mais comme une partie de la nature comme chaque plante, chaque animal.

Mais Peter Wohlleben nous fait également prendre conscience qu’il est dans notre propre intérêt de préserver la nature. Il a étudié la sylviculture et a été fonctionnaire dans l’administration forestière de l’État pendant plus de vingt ans. Aujourd’hui, il donne des conférences et des séminaires, écrit des livres sur la forêt et la conservation de la nature et dirige une académie forestière dans l’Eifel. Il travaille dans le monde entier pour le retour des forêts primaires, car la nature endommagée peut mieux guérir si on lui laisse la place pour le faire. Mais il traite également des forêts qui font actuellement la une des journaux et fournit des informations intéressantes. Il y a beaucoup de matière à réflexion dans ce livre, mais il envoie aussi un signal clair qu’il n’est pas trop tard pour protéger la nature – il ne peut jamais être trop tard, car nous, en tant qu’humains, y sommes beaucoup trop fortement liés.

Ainsi, en plus de sensibiliser aux problèmes de la forêt et de sa gestion, le livre crée une atmosphère vivante dans laquelle on peut découvrir des choses étonnantes sur la nature et en même temps donne envie d’aller tout de suite dans la forêt suivante afin de la vivre à nouveau avec tous ses sens et ses nouvelles connaissances. Un livre qui a un effet durable.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 288 pages
  • Editeur : Les Arènes (3 juin 2020)
  • Collection : AR.ENVIRONNEMEN
  • Langue : Français

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Femmes sans merci de Camilla Läckberg | 3 juin 2020

Ingrid Steen a renoncé à sa carrière de journaliste le jour où son mari infidèle a été promu éditeur en chef. Depuis, elle s’occupe de leur fille et s’efforce de maintenir l’image d’un mariage parfait.
Viktoria Brunberg est misérable, enchaînée aux fourneaux dans sa maison de Sillbo. Quand elle a découvert la véritable nature de son mari Malte, il était déjà trop tard.
Birgitta Nilsson, bientôt à la retraite, n’arrive pas à se libérer de son mari abusif. Depuis des années, elle fait tout pour cacher ses bleus.
Extrêmement différentes, ces trois femmes ont une chose en commun : elles sont toutes coincées dans des mariages destructeurs et toxiques. Via un forum sur le Net elles concluent un pacte : chacune va commettre le meurtre parfait en assassinant le mari de l’une des autres.

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Chronique : Il est tout petit, 144 pages, et c’est une bombe. Un polar aussi glaçant que réjouissant autour d’un thème pourtant difficile, celui des violences faites aux femmes. Un roman qui vous tient en haleine sur toute la longueur car quand vous aurez fait connaissance avec Ingrid, Brigitta et Victoria, ces « Femmes sans merci », vous ne pourrez plus les laisser seules.

Pour tout ceux qui n’ont pas le temps de se lancer dans de gros pavés – ce qui est souvent le cas dans la catégorie polars -, ce «Femmes sans merci» est ce qu’on appelle une «novella», soit un court roman ou une longue nouvelle (au choix). Ces 144 pages se tournent comme on monte dans un grand huit : sensations assurées. A l’intérieur même de ce petit volume, les chapitres sont très découpés et se concentrent à chaque fois sur l’histoire de l’une de ces trois femmes. De quoi tenir en haleine jusqu’au point final. Ce n’est pas un secret pour ses (très nombreux) fans : Camilla Läckberg soutient la cause des femmes dans la plupart de ses romans et a, en outre, fondé une société qui milite pour l’égalité salariale entre hommes et femmes. Dans son roman sorti l’an dernier («La cage dorée», Actes Sud), la star du polar scandinave décrivait déjà une femme piégée dans une union par un mari volage puis sa revanche.Ici, la romancière réitère mais avec plus de force que l’an dernier et montre à quelle vitesse ces femmes sont entrées dans un engrenage. D’abord celui de l’enfermement et de la soumission puis celui de la vengeance et de la haine. Au-delà du thriller, il est aussi question du pouvoir des hommes dans l’entreprise avec la figure de Tommy, le mari infidèle d’Ingrid, qui défend ici deux collaborateurs pourtant coupables de harcèlement sexuel. Un relent d’affaire Weinstein.

Loin d’être une incitation à la violence, cette novella est l’occasion de soulever le sujet de la condition des femmes même dans un pays comme la Suède, réputé pour réfléchir activement à son amélioration.

Camilla Läckberg ne tourne pas autour du pot et décrit en peu de mots ces femmes blessées par la vie, ces maris violents et égoïstes, mais aussi ces cheminements personnels bourrés d’erreurs et donc d’humanité. En très peu de mots aussi, elle fait basculer la réalité dans un engrenage de choix irrémédiables, dont on en sort K.O. Un sans faute.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Actes Sud (3 juin 2020)
  • Collection : Actes Noirs
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2330135734

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Jouissance Club : Une cartographie du plaisir (Essais Santé) 15 janv. 2020 par Jüne Plã

Pas de panique, Jüne du compte Instragram Jouissance Club fait souffler un vent de fraîcheur et d’espoir en proposant un manuel d’éducation sexuelle promouvant le plaisir accessible à tous, femme, homme, hétéro, homo ou trans !

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Chronique : Je suis Jüne alias « Jouissance Club » sur instagram depuis très longtemps, et son bouquin est pour moi une évidence. Il ne s’agit pas que de cul, c’est toute une philosophie qui se cache derrière ce bouquin, Jüne a su mettre autant en avant le plaisir physique que le plaisir mental. Il y a de la découverte, de l’évolution pour chacun dans X ou X domaine, elle renverse les tabous si connu des communs des mortels. Elle va permettre l’ouverture pour beaucoup d’entre vous. Ce bouquin est une perle, il est la vague qui va pousser bon nombre d’entre nous a enfin prendre du plaisir par tous les moyens, mais surtout aussi en donner. Jüne est une révolutionnaire sur le respect et l’orgasme. Si vous aimez le plaisir seul, à 2 ou plusieurs et que vous souhaitez apprendre des nouveaux gestes pour vous faire plaisir ou faire plaisir à l’autre ou encore si vous souhaitez vous informer sur l’éducation sexuelle, ce livre est top.
L’ idée est d’apprendre le plaisir de pleins de façons. Ce livre est écrit pour que tout le monde quelque soit l’orientation sexuelle, le genre,…s’y retrouve.
Il y a d’abord une description de l’anatomie des zones de plaisirs, des textes sur la contraception, l’orgasme, les IST, l’hygiène,…et puis des méthodes de plaisir illustrées.
Je n’ai jamais vu un livre aussi bien fait sur le sexe et ses plaisirs. Il est écrit avec beaucoup d’humour, il ne passe pas par 4 chemin pour décrire un sexe et ses plaisirs , c’est hyper décomplexé et libre, c’est clair et ça se lit très bien !
Je pense vraiment que tout le monde peut apprendre quelques petites choses dans ce livre et pour l’éducation sexuelle je le trouve top !
Comme le dit l’auteur : « ce livre est fait pour TOUT LE MONDE! Sauf ceux qui n’aiment pas le cul… »
Je recommande, ça va être un best seller, n’hésitez pas !!!!!

 

  • Broché : 224 pages
  • Editeur : Marabout (15 janvier 2020)
  • Collection : Santé – Développement Personnel
  • Langue : Français

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La vie est un roman de Guillaume Musso – 26 mai 2020

Ainsi débute le récit de Flora Conway, romancière renommée à la discrétion légendaire. La disparition de Carrie n’a aucune explication. La porte et les fenêtres de l’appartement étaient closes, les caméras de ce vieil immeuble new-yorkais ne montrent pas d’intrusion. L’enquête de police n’a rien donné.

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Chronique : Le pouvoir de l’imagination est infini, pour les auteurs qui le détiennent. Un talent qu’il n’est pas toujours facile de dompter. Parce qu’il ne suffit pas à raconter un bonne histoire.
La vie est un roman, le bien nommé, est une belle démonstration de ce que l’imagination peut éclairer quand on a une vraie habileté de conteur. Et Guillaume Musso en est indéniablement pourvu.
Cette histoire est bien plus étonnante qu’elle n’y paraît de prime abord. Déroutante, même. Ce qui débute comme une version moderne du mystère de la chambre jaune, se révèle bien plus surprenant au fil des pages. Croyez-moi sur parole, puisqu’il serait criminel de révéler quoi que ce soit sur cette intrigue.
Encore une histoire d’écrivains, allez-vous dire. Mais ne parle t-on pas le mieux de ce qu’on connaît ? Prenez l’exemple de Stephen King, que Musso cite à plusieurs reprises dans ce roman concernant sa manière d’écrire, il a souvent mis en scène des congénères. D’ailleurs, il est amusant de constater que plusieurs petits clins d’oeils renvoient à l’auteur américain.
Il est loin d’être le seul auteur nommé. le roman égraine des citations tout du long, et ce ne sont pas de simples mots lancés au hasard. Elles sont minutieusement choisies et servent à ouvrir des portes au lecteur.
La vie secrète des écrivains mettait en avant l’amour des livres. Ce nouveau roman dépeint leur pouvoir et la puissance de leur emprise. Sur celui qui lit, mais surtout sur celui qui écrit.
Alors que son précédent livre était construit très minutieusement tel un puzzle, Guillaume Musso semble s’être octroyé davantage de liberté dans le cheminement de cette histoire assez inclassable. Entre thriller et récit plus intimiste qui pousse au questionnement, il jongle allègrement entre fiction et réalité. Un vrai jeu à travers deux mondes, le réel et l’imaginaire, les États-Unis et la France.
Il fallait oser une telle intrigue, renversante. A la construction fantasque. Plus d’une fois, je me suis demandé comment il allait se sortir d’une telle affaire. Mais comme tout bon auteur puisant dans son imaginaire, il est un peu magicien.
Mon seul regret aura été que cette parenthèse entre les pages des romans fut un peu courte, je m’y serais bien abandonné davantage.
La vie est un roman est un livre joliment divertissant et qui pousse à certaines vraies réflexions. Comme à se dire que la vie est pleine de surprises et que rien n’est écrit à l’avance.
Le pouvoir de l’imagination est infini quand il est mis au service d’une bonne histoire et d’émotions, Guillaume Musso le prouve avec brio.

NOTE : 8,5/10

CHRONIQUE DE GRUZ

 

  • Broché : 304 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy; Édition : 01 (26 mai 2020)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702165540

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