Cette nuit-là – 6 mai 2021 de Victoria HISLOP

Le 25 août 1957, la colonie de lépreux de l’île de Spinalonga ferme ses portes. Maria retourne à Plaka, en Crète, avec son mari, le docteur Kyritsis. Mais alors que la soirée de célébration pour fêter leur retour bat son plein, sa sœur Anna est assassinée par Andreas, son mari, lorsqu’il découvre qu’elle a pour amant son cousin Manolis.

Achat : https://amzn.to/2R0jqcv

Chronique : Je dois admettre que je pensais que « Cette nuit-là » est la suit de « L’île ». J’imaginais être transportée à nouveau dans la colonie de lépreux de Spinalonga, mais ce ne fut pas le cas. Ce livre est basé sur les semaines précédant l’évacuation de l’île et au-delà, mais le livre se déroule en Crète plutôt que sur l’île. Les fans de L’île reconnaîtront immédiatement les personnages du livre précédent : Anna, Maria, Manolis et Andreas. Anna et Manolis se sont lancés dans une histoire d’amour clandestine, qui se terminera en tragédie et divisera deux familles.

Victoria Hislop a écrit un livre imprégné de l’atmosphère des îles grecques, mais malheureusement, j’ai trouvé que les personnages et l’intrigue manquaient de la profondeur que j’attends de cette auteure. Il y avait tellement de choses que je voulais savoir sur chacun des personnages, mais j’ai eu l’impression que l’auteur n’a fait qu’effleurer certaines de leurs vies à un niveau superficiel. J’imagine que Maria, en tant que survivante de la lèpre, a dû faire face à de nombreux préjugés à son retour de Spinalonga, mais ce sujet est à peine abordé.

Ne vous méprenez pas, j’ai apprécié « Cette nuit-là », c’est une histoire captivante d’amour, de jalousie et de pardon. L’accent est mis sur les espoirs et les rêves des personnages, sur les tragédies et les terribles conséquences de leurs actes. Les riches descriptions de la Crète ainsi que l’histoire de l’époque ont vraiment donné vie à ce livre. J’ai trouvé que le livre se terminait brusquement, ce qui m’a un peu déçue. Mais pour la défense de l’auteur, il est possible qu’elle l’ait écrit de cette façon pour permettre aux lecteurs de parvenir à leur propre conclusion. Je pense que si vous avez lu et aimé « l’île », vous serez peut-être légèrement déçu par « Cette nuit-là », mais ce n’est que mon humble avis. Si vous n’avez pas lu « L’ile », je pense que c’est une lecture parfaite, surtout pour ceux qui apprécient une saga familiale dans un endroit magnifique.

Note : 9/10

Éditeur : Les escales éditions (6 mai 2021) Langue : Français Broché : 304 pages ISBN-10 : 2365695833 ISBN-13 : 978-2365695831

365 JOURS – Tome 1 – 6 mai 2021 de Blanka Lipińska

Don Massimo Torricelli est le chef d’une des plus puissantes familles mafieuses de Sicile.
Il y a plusieurs années, alors qu’on lui a tiré dessus, il se bat pour survivre, il a des visions d’une jeune femme. À peine sorti du coma, il fait réaliser des peintures du visage de cette femme qui l’obsède et qu’il n’a de cesse de trouver.

Achat : https://amzn.to/3b0ts4k

Chronique : Très bien, mes amis les livres cochons ! Attachez vos ceintures parce que je vais vous donner l’essentiel. Ai-je déjà vu le film ? Oui. Est-ce que je voulais le lire à cause de Netflix ? Doublement oui. Est-ce un chef-d’œuvre de la littérature ? Non. Est-ce que je le lirai quand même, tout en ayant un éventail à portée de main ? OUI ! C’est ce que j’appelle une lecture de type bonbon. Amusant, un peu mauvais pour vous, et juste délicieux. .

Je suis d’accord pour dire que l’auteur s’est probablement inspiré de Cinquante Nuances car certaines scènes sont similaires mais meilleures. Je ne suis pas contre le mieux. J’accueille le mieux.

Certains ont mentionné le syndrome de Stockholm. Je ne suis pas d’accord. Oui, elle a été kidnappée mais jamais abusée. En fait, elle a été plutôt gâtée. Et c’est elle qui décidait quand. Elle a aussi accepté un contrat de 365 jours.

Et pour les opposants, je me demande si vous avez déjà lu des romances avant. Que dites-vous des héros hommes des cavernes qui crient « chatte » au milieu d’une scène de sexe… ou d’une vierge de 25 ans qui est déflorée et pénétrée plusieurs fois, y compris par voie anale, avec à peine quelques préliminaires, avec des bites généralement anacondas ? Parce qu’il s’agit de livres, c’est « bien » ? des centaines de romances sur le marché… et pourtant je ne vois guère de critiques appelant au meurtre et à la violence à ce sujet… Donc nous avons tous nos propres visions. Pour moi, elle a accepté le marché quand elle a appelé sa mère sans que personne derrière elle ne lui torde la main pour le dire.

Certains ont parlé de viol ? Pas de viol du tout. C’est ELLE qui a initié le sexe. Elle est tombée follement amoureuse d’un homme dangereux.

Je veux dire que j’ai commencé à lire une critique et c’était de la pure haine. OMG 😳

J’ai aimé le film. J’ai aimé les acteurs. J’ai aimé l’intrigue. Je pense que c’était la romance des voyous mais c’est juste ça… une romance. Donc je ne m’attendais pas à ce que tout soit parfait. Je ne m’attendais pas à ce que cette romance soit réelle.

C’est le film que j’attendais de cinquante nuances et que je n’ai jamais eu… surtout parce que l’acteur de Grey est loin d’être beau et que les deux acteurs ont mal joué parce qu’ils n’avaient aucune alchimie ensemble… ce qui est tout le contraire avec Laura et Massimo dans 365dni. L’alchimie a juste explosé. C’était violent et brut. Et une histoire d’amour passionnée.

Oui la fin n’est pas une fin heureuse mais c’est une trilogie….

Le second roman est prévu pour le 3 juin 2021 : https://amzn.to/2RlQ9cn

Éditeur : Hugo Roman (6 mai 2021) Langue : Français Broché : 360 pages ISBN-10 : 2755687827 ISBN-13 : 978-2755687828

Le Jour d’après – 7 avril 2021 de Philippe de Villiers

Cela s’est passé plusieurs mois avant la survenance du virus. En réalité, les participants – les géants du capitalisme de surveillance – anticipaient ainsi la catastrophe à venir. Ils avaient voulu un monde d’un seul tenant, sans cloisons.

Achat: https://amzn.to/2QN0oWW

e viens de finir le livre. J’ai mis un peu de temps afin de souffler entre des chapitres à sujets difficiles… En effets, l’information venant d’une personne qui connait bien la sphère politique est terrible : tout est dit, rien n’est caché. Tous dirigeants rêvent d’un monde de science-fiction et s’auto-convainc qu’ils ont raison de vouloir forcer tout le monde dans ce chemin de perdition !

Ma question est de savoir si ce livre peut être compris par tous ? Il me semble qu’il faut au lecteur un certain bagarre de connaissances, une bonne mémoire et une bonne ouverture d’esprit. Moi, ce livre m’a juste confirmé ce que je savais déjà tout en posant les faits à plat. Il m’a donné des noms afin que je continue moi même mes recherches.
Merci à l’auteur de nous avoir expliqué, par l’exemple, comment l’Histoire est faite par de petites histoires tellement humaines, par des hommes dont l’entêtement ou l’aveuglement est absolu…
Merci de nous avoir donné les clefs

Éditeur : Albin Michel (7 avril 2021) Langue : Français Broché : 224 pages ISBN-10 : 222646199X

Petite louve de Marie Van Moere, aiguise tes griffes ma fille

Les fauves sont lâchés

La parentalité et toutes les conséquences que le fait d’être responsable d’une autre vie que la sienne entraîne, voilà un thème qui est prépondérant dans la littérature en ce moment. La cellule familiale mise en avant par Marie Van Moere va devoir faire face à de voraces prédateurs. Reste à voir ce que cette jeune auteure peut apporter de neuf à des thèmes déjà milles fois abordés.

La famille, l’amour de ces êtres avec lesquelles on partage le même sang, l’unité, le clan que cela crée. Une fois ma lecture achevée je me suis fait d’abord la réflexion que l’auteure ne proposait rien de neuf par rapport à d’autres récits abordant ce thème riche et complexe, le récit introduit même une figure paternelle de manière fort opportune. Le duo composé par Agathe et sa fille n’offre rien d’original mais c’est parce la richesse du récit n’est pas tant dans la relation mère-fille que dans l’image de la famille même. Une image qui s’esquisse en reflet avec cette autre famille, le clan Vorstein, une meute prête à tout pour protéger les siens. Le clan Vorstein n’obéit qu’à ses propres lois et elles sont simple, tu fais saigner un membre de ma meute, je te saignerai en retour. Une loi immuable simple mais qui implique une unité familiale inébranlable. À l’opposé la famille d’Agathe est désunie, le père batifole avec une autre femme, la mère est obnubilé par son désir de vengeance et par le désir de protégé sa fille, une fille qui se referme sur elle-même. La seule unité familiale forte du récit est donc une force nuisible et implacable tandis que l’autre famille est désemparée par la situation, en fuite et incapable de faire face à ses propres failles et contradictions.

Si j’ai trouvé la relation entre Agathe et sa fille si peu développée c’est tout simplement parce que, hormis les aspects essentiels à leur survie, la mère et la fille ne savent plus se parler, Agathe se sait pas interpréter les signes qui lui sont mis sous les yeux. Une louve aveugle qui doit protéger un oisillon traumatisé. À l’opposé, comme un reflet souillé, le clan Vorstein voit, observe, scrute les ombres à la recherche de leurs proies et sait réagir en conséquence. Deux images de la famille opposé mais complémentaires. Il est nécessaire de saisir cet aspect du récit pour en apprécier la lecture.

Le récit s’ouvre sur une inhumation. Agathe accompli un acte censé clore un chapitre douloureux alors qu’elle ne fait qu’ouvrir la boîte de pandore qui va les précipités, elle et sa fille sur un chemin sanglant. En cette nuit caniculaire Agathe enterre son nemesis mais aussi la femme qu’elle était. De cette nuit de sang il n’émergera qu’une louve. D’une plume acéré que l’on ne retrouvera qu’occasionnellement au cours du récit, l’auteure sonne le cor d’une traque vengeresse.

Par la suite la plume se fait plus sobre. Elle aligne les actions banales d’un quotidien qui n’a plus lieu d’être comme pour invoquer une normalité anéantie par l’irruption des fauves. À l’image des titres de chapitres, réduits à de simples verbes comme pour mieux souligner le fait que les protagonistes de ce sombre récit en sont réduits à des actions basiques, animales, instinctives. Mais qui sont aussi des rappels incessants pour les deux fugitives de ce qui n’est plus, d’un quotidien reduit en cendre par le brasier de la vengeance.

La vengeance, le désir primaire de rendre le mal que l’on nous a fait, à nous ou à un membre de notre famille, est le second thème dont s’empare l’auteure. Elle questionne cette loi du talion en laissant le lecteur tiré ses propres conclusions. Là encore le récit propose deux images de la vengeance à travers ses personnages. Une vengeance rageuse de mère blessée, une vengeance minutieuse et élaborée sans compromis et, de l’autre, une vengeance d’honneur avec Avi et Iro qui accomplissent leur devoir parmis d’autres méfaits, tels deux prédateurs qui ne savent plus quand doit cesser la chasse. Ces deux personnages me sont apparus comme les seuls failles du récit. Tantôt fauves ivres de violences, tantôt incarnation de Laurel et Hardy qui se seraient fait meurtrier. Une volonté de l’auteure sans doute de contrebalancer ces figures de la vengeance avant l’entrée en scène d’un ultime fauve, parfait reflet d’Agathe dans ses plus sombres aspects.

Le récit s’achève sur une promesse d’une renaissance. La promesse de laisser les plaies du passé cicatrisé. Le roman noir et viscéral de Marie Van Moere n’aura pas abordé les thèmes auxquelsje m’attendais, la relation mère-fille notamment, en tout cas pas comme je m’y attendais, mais c’est sans doute la force de bons romans de nous faire emprunter des sentiers que l’on ne se préparait pas à parcourir de prime abord.

Un dernier mot pour remercier la maison d’éditions la manufacture de livres pour l’envoie de l’ouvrage.

Résumé: La Corse. C’est là qu’Agathe va fuir après avoir entassé dans sa voiture leurs bagages et annoncé à sa fille qu’elles allaient prendre quelques jours de vacances. Cette chirurgienne sans histoire vient de rendre la justice elle-même. L’homme qui avait agressé sa fille, détruit l’équilibre de leurs vies, a été relâché, et elle lui a réglé son compte, définitivement. Mais ce type au casier déjà bien chargé, avait lui aussi une famille qui a l’intention de rendre les coups. Sur les routes de Corse s’engage alors une traque à mort où les femmes et leurs poursuivants se feront tantôt proies, tantôt prédateurs.
Dans ce roman noir au rythme implacable, Marie Van Moere nous offre une sorte de Thelma et Louise débridé où une mère et une fille accomplissent une vengeance qui les conduira sur les chemins les plus obscurs.

ROMAN NOIR

19.90 euros – 272 pages

Parution le 04/03/2021

ISBN 978-2-35887-734-3

La Disparition – 4 mars 2021 de Florence de Changy

En mars 2014, le Boeing MH370 de la Malaysia Airlines disparaît au-dessus du golfe de Thaïlande avec 239 passagers à bord. Malgré les innombrables satellites et radars, civils et militaires, qui surveillent cette partie du globe, l’avion semble s’être volatilisé.

Achat : https://amzn.to/3l3UATD

Chronique : Qu’est-il arrivé au vol MH370 de Malaysia Airlines ? Comment un Boeing 777, bourré d’électronique, avec 239 passagers et au moins autant de téléphones, a-t-il pu disparaître à l’insu des radars et des satellites dans une des zones les plus stratégiques de la planète ? Deux ans plus tard, les proches des disparus attendent toujours une explication plausible. Sur la base de calculs mathématiques savants, on leur apprend que l’avion s’est écrasé dans l’océan Indien. Mais il n’existe aucune preuve tangible pour étayer cette version officielle. Le Boeing transportait-il des passagers suspects ? Des cargaisons secrètes ? En marge des enquêtes menées au large de l’Australie, le monde entier a suivi les traces de l’avion : services secrets, détectives privés, scientifiques et amateurs en tout genre. Des millions de dollars ont été engloutis. En vain. Le mystère est devenu un thriller. Correspondante du Monde et de RFI en Asie-Pacifique, Florence de Changy démantèle les rumeurs une à une, explore toutes les pistes, de Kuala Lumpur aux Maldives. Grâce à des recherches passionnantes, elle a eu accès à des documents confidentiels et a rencontré des témoins essentiels.

Sa conviction : le vol MH370 n’a pas disparu. Les gens le savent. Les États cachent certains faits. La vérité dérange. L’Acte de Disparition est une plongée audacieuse, fascinante et très fouillée dans l’une des disparitions d’avion les plus profondément inexplicables de mémoire récente ; non pas parce qu’elle est vraiment inexplicable dans le sens où il n’y a pas plusieurs théories qui pourraient sonner juste, mais plutôt parce qu’à notre époque, avec toute la technologie, les radars et les équipements de recherche spéciaux, les gens se sentent mal à l’aise qu’une cause DEFINITIVE ne puisse être donnée. Dieu sait que les familles des personnes à bord méritent certainement une réponse quant à la raison pour laquelle elles ne reverront jamais leurs proches. Rassemblant les dernières recherches, les documents, les experts et les témoins, de Changy rédige une formidable enquête médico-légale qui rassemble tout ce qui est connu et certaines informations qui ne l’étaient pas et dresse un tableau de la probabilité de chaque théorie. J’espère simplement qu’avec le temps, nous en saurons peut-être plus. RIP. Hautement recommandé.

Note : 9,5/10

ASIN : B08QSSCPD6 Éditeur : Les Arènes (4 mars 2021) Langue : Français Broché : 520 pages ISBN-13 : 979-1037502827

Trois Voeux – 3 février 2021 de Liane Moriarty

Il y a Lyn, la soeur raisonnable, qui bataille pour trouver un équilibre entre sa vie de mère, de couple et sa vie professionnelle. Cat, dont tout le monde envie le prétendu mariage parfait. Et Gemma, qui change de job et de fiancé comme de chemise.

Achat : https://amzn.to/3qsz3W8

Chronique: C’est le premier roman de Moriarty, écrit en 2003 avec beaucoup de perspicacité, d’humour et d’empathie pour les parents (aujourd’hui séparés et en compétition) et leurs filles de plus de 30 ans qui ont les mêmes problèmes que leur mère et que de nombreuses jeunes femmes. C’est juste que les choses semblent amplifiées quand tout est triplé. Quand l’une d’entre elles est blessée, elles le sont toutes, du moins après que deux d’entre elles ont fini de gronder et de continuer à dire que la troisième (blessée) n’aurait pas dû faire ce qu’elle faisait à ce moment-là.

J’ai tort de dire des trentenaires quand ils fêtent leur 34e anniversaire, mais cela semble être le genre d’histoire à dire des trentenaires. Tous atteignent ce moment de leur vie où ils se demandent s’ils sont sur la bonne voie – ou n’importe quelle voie, d’ailleurs.

Les deux blondes sont magnifiques, l’une étant un numéro cool, perfectionniste, à l’emploi du temps serré et aux cheveux en place, l’autre semblant plus décontractée et moins anxieuse, « sembler » étant le mot clé. Quant à la rousse, Gemma, eh bien, elle est dans une classe à part et aime se vanter d’avoir un œuf entier pour elle, alors que ses sœurs n’en ont chacune qu’une moitié.

« Gemma était habillée, comme toujours, comme une dame de sac curieusement belle. Elle portait une robe à fleurs fanées et un étrange gilet troué qui n’était pas assorti à la robe et qui était trop grand pour elle. Ses cheveux rouge-doré luisants étaient partout, un enchevêtrement qui lui tombait sur les épaules. Pointes fourchues. Le chat a regardé un type à la porte se tourner pour la regarder. Beaucoup d’hommes n’ont pas remarqué Gemma, mais ceux qui l’ont fait l’ont vraiment fait. »

Ils sont en quelque sorte les gardiens les uns des autres et ils n’ont aucun secret les uns pour les autres. Elles savent comment sont leurs maris et leurs petits amis au lit et elles échangent toutes sortes de détails personnels. Du moins, c’est ce que chacune d’entre elles pense des deux autres. Nous apprenons différemment, progressivement.

Il y a des échanges de courriels très amusants où les trois correspondent régulièrement entre elles. Mais lorsque deux ont besoin de dire quelque chose en privé sur le troisième, on ne comprend jamais qu’il ne faut pas « répondre à tous », alors le troisième en reçoit aussi une copie – ce qui n’est pas conseillé ! J’ai adoré la dernière ligne d’un e-mail à un autre, parce qu’elle sonne si fraternellement.

Comme dans le très réussi Big Little Lies de Moriarty, il se passe beaucoup de choses derrière des portes closes, les secrets qu’ils se cachent les uns les autres vous donnent envie de lire un chapitre de plus.

Ses descriptions de la vie dans cette partie de Sydney sont précises et familières pour moi (j’y ai aussi élevé des petits enfants), et les relations entre tous les membres de la famille sont parfaites.

Elle a quatre soeurs et un frère, il n’est donc pas étonnant qu’elle saisisse si bien les subtilités et les oscillations amour-frustration-dévotion-exaspération, que ce soit entre les frères et soeurs ou les couples, ou les générations. La maladresse entre les membres d’une famille proche qui rencontrent un nouveau petit ami est une chose à laquelle cette famille doit faire face – du bon temps, surtout quand Nana est sur place. Elle n’a rien de timide.

Je dois ajouter ce passage, qui montre comment ils pensent (schéma ?). Il s’agit d’un rendez-vous à venir avec un nouveau type.

« Maintenant, enroulant une serviette autour d’elle, la bouche mentholée par Listerine (ce soir, c’était sans aucun doute le moment du premier baiser), elle est allée dans sa chambre, goutte à goutte, dans le couloir, pour choisir ses sous-vêtements les moins sexy et les moins assortis afin de ne pas être tentée de coucher avec lui trop tôt ».

Bien sûr, tout n’est pas rose et tout n’est pas gaiement parfait dans les différents foyers. Il y a des sous-entendus sombres, mais pas les éléments criminels et sombres de Big Little Lies.

Je l’ai apprécié et je le recommande à tous ceux qui aiment les histoires rapides et amusantes à lire, mais qui ont plus à offrir que « juste pour les gonzesses ».

Note : 9,5/10

Éditeur : Albin Michel (3 février 2021) Langue : Français Broché : 400 pages ISBN-10 : 222644095X ISBN-13 : 978-2226440952

Mes chats – 4 Février 2021 de Evelyne Dress

Le meilleur ami du chat, c’est l’écrivain, on le sait. Evelyne Dress n’échappe pas à la tradition et nous dévoile quelques anecdotes savoureuses sur ses rencontres félines. « Ces êtres silencieux, tantôt émouvants et sages, tantôt profonds et rebelles, m’ont aidée à panser mes blessures secrètes. Ils méritaient bien que je leur consacre quelques lignes. »

Achat : https://amzn.to/3aYa8Uo

Chronique : Evelyne Dress nous apprend avec humour les idées de nos chats , ce livre très complet nous dressant un portrait psychologique et hilarant du chat, ses aptitudes à s’adapter à l’humain, ses réactions de défense ou d’harmonisation face à sa vie de cohabitation avec son maître. Livre captivant qui nous apprend grâce à l’humour l’univers de nos animaux. Ce sont de simples histoires qui nous happe et nous recrache en petit morceaux une fois que on fini le livre. Ce n’est pas le récit la plus original mais c’est si bien raconté que ça en est secondaire. Le texte fourmille d’informations et de petits clins d’œil qui en disent long sur Evelyne Dress . Un moment de douceur, d’émotion.Que vous soyez passionné(e) ou simplement intéressé et passer un superbe moment sur les chats qui partage votre quotidien, faites l’acquisition de cet ouvrage vous ne le regretterez pas.

Note : 9,5/10

Éditeur : Editions Glyphe (15 janvier 2021) Langue : Français Broché : 100 pages ISBN-10 : 2352851246

L’Homme-chevreuil – Sept ans de vie sauvage – 11 février 2021 de Geoffroy Delorme

Amoureux de la nature, Geoffroy Delorme n’a pas vingt ans quand il aperçoit, dans la forêt de Louviers en Normandie, un chevreuil curieux et joueur.

Achat : https://amzn.to/3aPnpi6

Chronique : Ce livre est un vrai coup de cœur visuel. Juste pour les photos, elle mérite son achat pour soi où a offrir , le texte qui l’accompagne est également de haute volée et nous raconte des questions sur ce que ressentent l’homme face à un animal, ici le chevreuil. L’ animal peuvent-il penser comme les humains ? La plupart des êtres animal où humain sont avant tout une chose : des bébés innocents et doux.  Mais même le lecteur neutre devra admettre que les exemples – tirés de la science et de l’expérience de l’auteur – sont concluants et indiquent que nous ne faisons pas assez confiance aux animaux et Geoffroy Delorme l’a vecu avec une chevreuil. C’est une réalisation d’amoreux de la nature, surtout lorsqu’un animal est aussi intelligent et sensible. Le livre offre les nombreuses histoires étonnantes et divertissantes sur les capacités de l’auteur à vivre aux contact des chevreuils. Cependant, le livre n’est pas un sermon moral, mais il fournit des éléments de réflexion et un appel au respect de la vie en particulier. Basé sur un une experiance et les observations de l’auteur, ce livre offre de nombreuses perspectives intéressantes sur la vie. Dans ce livre une affirmation  fait qu’il y a des gens qui aiment et respectent les animaux, qui essaient de les comprendre comme des êtres vivants qui traversent le même ensemble d’émotions et de luttes, au lieu de les prendre pour acquis.

Note : 10/10

ASIN : B08PJPQKPF Éditeur : Les Arènes (11 février 2021) Langue : Français Broché : 251 pages ISBN-13 : 979-1037502810

Le romancier de la mer – 7 janvier 2021 de Joseph CONRAD

De tous les écrivains de la mer, Joseph Conrad est celui qui a restitué avec le plus d’authenticité la vie à bord d’un navire au temps où les grands-voiliers croisaient la route des premiers vapeurs. Cette anthologie regroupe les œuvres maritimes les plus remarquables d’un monstre sacré de la littérature anglaise dans des traductions révisées, dont Le Frère-de-la-Côte, son roman ultime et méconnu.

Achat : https://amzn.to/2L7imRn

Chronique : Il y a des romanciers dont le seul nom suffit à évoquer tout un univers. Prononcez celui de Joseph Conrad et tout de suite on a l’impression d’entendre claquer les voiles et clapoter les vagues. On s’imagine à la proue d’un trois-mâts filant sur les mers du Sud ou à bord d’un « steamboat » remontant le fleuve Congo entre deux murs de lianes. Ah, que de belles heures de lecture je dois à ce magnifique raconteur d’histoires!

Adolescent, j’adorais son exotisme, sa prose au goût d’embruns, la richesse de son imagination. Ouvrir un de ses livres, c’était comme partir en voyage, embarquer pour une aventure dont j’ignorais tout, sinon que l’évasion et le plaisir seraient au rendez-vous. Et puis, en grandissant, peu à peu, je me suis ouverte à la complexité de cette oeuvre qui, sous ses dehors divertissants, cache en fait un profond pessimisme et une formidable aptitude à plonger dans les abysses de l’âme humaine.

Si Conrad fait de la mer le théâtre privilégié de ses récits, c’est parce qu’il fut longtemps marin, mais les drames qu’il met en scène et les passions qu’il décrit dépassent de loin ce cadre particulier. Ce qui l’intéresse vraiment, c’est l’aventure intérieure de ses personnages. Celle de  Lord Jim , par exemple, qui, à la suite d’une faute morale, n’aura de cesse de se racheter, quel que soit le prix de sa rédemption. Ou celle de  Kurtz , anti-héros nietzschéen pris au piège de sa propre folie.

L’univers de Conrad, c’est celui de Dostoïevski, Dieu en moins. Chez lui, point de salut. Ou guère. C’est la fatalité qui gouverne le monde et agite les fils des marionnettes que nous sommes. Désespoir ou lucidité, à chacun d’en juger, mais quel style, en tout cas, pour dire cette noirceur! A la fois post-classique et pré-moderne, rappelant Dickens et annonçant Faulkner, la prose conradienne est tout bonnement éblouissante de grâce, d’intelligence, de virtuosité. Elle ne se lit pas, elle se savoure. Telle page, parfois, semble touffue, mais ôtez-en un seul mot, une seule virgule, et le charme est rompu. C’est ça, la magie des grands écrivains!

Éditeur : Omnibus (7 janvier 2021) Langue : Français Broché : 864 pages ISBN-10 : 2258194504 ISBN-13 : 978-2258194502

Cent ans de Laurelfield – 14 janvier 2021 de Rebecca MAKKAI

1999 : Bienvenue à Laurelfield, vaste demeure du Midwest et partez à la rencontre de ses propriétaires ancestraux, les Devohr.

Achat : https://amzn.to/3prAjZP

Chronique Cent ans de Laurelfield est une famille de Canadiens excentriques de la classe supérieure. Le deuxième roman de Makkai raconte l’histoire de la maison à travers ses différentes incarnations – une prison pour une femme malheureuse, une colonie d’artistes, le cadre d’une histoire finalement tragique impliquant des identités échangées, la toile de fond d’une affaire qui n’a jamais existé et la recherche de dossiers perdus qui n’existent peut-être pas – mais il la raconte à l’envers.

Dans la première (et la plus longue) partie, nous sommes en 1999, et Laurelfield est habitée par Grace, une descendante des Devohrs, et son second mari, Bruce. La fille de Grace, Zee, spécialiste de la littérature marxiste, vit avec son mari Doug dans la remise, où ils sont bientôt rejoints par Case, le fils de Bruce, en phase terminale de malchance, et sa femme Miriam, une artiste folle. Doug prépare apparemment un doctorat en étudiant un poète presque oublié du nom d’Edwin Parfitt ; en réalité, il est sur le point de renoncer à ses ambitions académiques et passe ses journées à écrire des livres pour enfants trash sur des adolescentes courageuses. Doug sait depuis un certain temps que Parfitt a séjourné à Laurelfield lorsque c’était une colonie d’artistes, mais lorsqu’il découvre que Grace a peut-être de vieux dossiers sous clé dans le grenier, sa curiosité s’éveille et il devient convaincu que les trouver est la clé pour terminer sa thèse.

La première partie occupe la moitié du livre, et il est donc inévitable que cette section implique le plus de détails et de développement, et produise l’investissement le plus émotionnel dans les personnages. Ce qui se passe entre eux à la fin est plutôt bouleversant… En tout cas, pour moi, c’était le cas – j’aimais un personnage en particulier et je méprisais un autre, et j’étais déçu de la façon dont les choses se passaient pour eux, bien que d’autres puissent avoir des réactions différentes. Je dois dire, cependant, que même si j’ai vraiment détesté ce qui s’est passé ici (j’aurais peut-être donné cinq étoiles à ce livre si le résultat de cette section avait été différent), les personnages ont dû être très bien écrits s’ils m’ont fait autant de cas. Et, ce livre étant ce qu’il est, il y a une raison pour laquelle les choses se passent ainsi : le lecteur découvrira plus tard que la dynamique qui se joue ici reflète étroitement les événements qui se sont déroulés trois quarts de siècle plus tôt et, en fait (sans trop en dévoiler ici), d’une certaine manière, elle leur permet de boucler la boucle.

Dans la deuxième partie, on est en 1955. Grace est une jeune épouse, mariée au père violent et dragueur de Zee, George. Elle s’ennuie, s’agite et se sent enfermée à Laurelfield. Lorsqu’elle remarque des petites choses étranges qu’elle considère comme des présages, sa vie commence lentement à changer, conduisant vers un destin inéluctable. Comme le lecteur a déjà découvert quelque chose de la nature de ce destin dans l’histoire de 1999, ce qui lui arrive à la fin n’est pas un mystère… Mais la façon dont elle y parvient l’est tout autant. C’est la découverte de cette chaîne d’événements qui donne à cette section du roman sa tension et son caractère dramatique.

Troisième partie : 1929, pendant la période où Laurelfield était une colonie d’artistes. Il y a ici un plus grand nombre de personnages, un groupe de huit ou neuf artistes de différents types – dont Edwin Parfitt, le sujet de thèse de Doug, et Zilla Silverman, le peintre dont Zee porte le nom. Le récit change souvent de perspective (certains sont racontés à la première personne du pluriel pour décrire les observations collectives d’un individu par le groupe) et est raconté par brèves salves. Il suit les efforts intrigants des artistes pour « sauver » la colonie lorsqu’elle est menacée de fermeture par un Devohr particulièrement désagréable.

Il n’y a pas de quatrième partie du livre, juste un « prologue », bien qu’il soit placé à la fin. Situé en 1900, au moment de la construction de la maison, il constitue une coda parfaite pour les contes antérieurs (ou postérieurs) de Laurelfield.

Ce n’est pas vraiment une histoire de fantômes, et les lecteurs qui s’attendent à quelque chose de vraiment effrayant seront déçus, mais il fait certainement référence aux histoires de fantômes de plusieurs façons. Il y a quelques incidents inexplicables, peut-être surnaturels ; plusieurs personnes plaisantent, ou à moitié plaisantent, sur le fait que Laurelfield est hanté ; Zee donne un cours sur les histoires de fantômes. Dans ce dernier exemple, il y a une théorie sur un type de hantise qui vient du futur plutôt que du passé, et cela influence la structure de l’histoire : comme le lecteur voit tout à l’envers, il est impossible de ne pas sentir que le présent retourne en quelque sorte dans le passé. Bien que le présent, évidemment, n’affecte pas et ne peut pas affecter ce qui se passe dans le passé, il déforme la façon dont l’observateur le voit. La vérité complète sur tout ce qui s’est passé à Laurelfield reste un mystère pour les personnages, et bien que le lecteur en découvre des parties, elle ne sera jamais entièrement révélée. C’est le genre de livre que vous pourriez certainement lire encore et encore et remarquer des choses que vous aviez manquées la première fois.

Ce roman est une lecture vivante, mémorable et enrichissante, que vous aimiez ou détestiez les histoires de fantômes, les histoires de grandes maisons anciennes, ou tout ce qui précède.

Note : 9,5/10

Éditeur : Les escales éditions (14 janvier 2021) Langue : Français Broché : 368 pages ISBN-10 : 2365695574 ISBN-13 : 978-2365695572