Ma douleur est sauvagerie de Pierric Guittaut | 17 avril 2019

Un jour de chasse comme un autre, Stéphane croise un grand cerf blanc. Un fugace échange de regards et l’animal disparaît. Quelques jours plus tard, le cerf provoque un accident : la femme de Stéphane est morte.
Lancé dans une traque obsessionnelle, obsédé par la soif de vengeance, le chasseur se fond dans la forêt. Il en réapprend tous les codes. Chaque pas dans les bois le rapproche du rendez-vous fatidique avec le cerf.
De l’homme et de la bête, un seul sortira vivant de ce duel sauvage dans le cœur sombre de la forêt

Chronique : Une histoire tragique, un style viscéral, une réflexion sur la société et le rapport à la nature il n’en faut pas plus à Pierric Guittaut pour créer un ouvrage qui vous prend au tripe.

L’un des aspect le plus marquant dans son récit sont les couleurs. Le vert profond de la forêt, le brun sacré de la terre,le noir profond de la nuit, le blanc ici couleur annonciatrice de mort et surtout le rouge, le rouge du sang versé mais aussi celui de la rage, d’une sauvagerie ancestrale trop longtemps contenue qui remonte à la surface.

C’est le récit d’une mort et d’une renaissance. La mort d’un mari aimant, employé modèle qui ne trouve plus sa place dans une société déshumanisé. Et la renaissance d’un homme, fils adoptif de la forêt qui renoue avec les racines fondamental du vivant. D’abord empli de crainte et de respect mais envahi d’une détermination féroce le personnage redécouvre un lieu qu’il a pourtant déjà parcouru.

À travers les pages du livre c’est toute une nature que l’on croit apprivoisé, qui se révèle. Là une grotte invisible, ailleurs une source salvatrice. Une nature sauvage, implacable où le fort dévore le faible et où un simple orage est synonyme d’apocalypse.

Un récit brut, au style viscéral, héritier d’une nature qui refuse de ployer sous le joug de la modernité. Un récit qui est bien plus qu’une traque vengeresse. Un récit qui parlera à tous, amateur de chasse ou pas.

Note 8/10

Chronique de Christophe C.

 

  • Poche: 227 pages
  • Editeur : Les Arènes (17 avril 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 271120104X

51Bmn5j4PbL._SX303_BO1,204,203,200_.jpg

 

Ils étaient vingt et cent… de Stanislas Petrosky | 11 avril 2019

Par l’auteur de REQUIEM et UN HAVRE DE PAIX
Un roman noir glaçant, pour ne jamais oublier.
L’histoire d’un homme qui a vu la construction et la libération du plus grand camp d’extermination de femmes du IIIème Reich, un homme qui a vécu des deux côtés des barbelés et qui a eu la vie sauve grâce à son art.

Gunther, jeune allemand opposé au régime nazi, excelle dans l’art du dessin.
Il se retrouve promu illustrateur officiel du camp de Ravensbrück, son œil d’artiste interprète la vie et surtout la mort.
L’histoire d’un homme qui a vu la construction et la libération du plus grand camp d’extermination de femmes du IIIème Reich, un homme qui a vécu des deux côtés des barbelés.
Prix des blogueurs 2016

Chronique : Il est inutile de rappeler que les récits consacré aux sorts des détenus des camps de concentration sont légions, pourtant Stanislas Petrosky apporte à son tour sa plume à l’édifice de la mémoire.

Son récit des mémoires d’un engagé de force dans la machine mortelle du troisième reich est poignant d’humanité et glaçant d’une horreur jamais à court de nouvelles atrocités.

Ici pas d’évasion héroïques, pas de père qui raconte des fables à son fils pour lui caché la réalité, pas de résistance acharné face à la monstruosité nazie non, rien de tout ça, juste l’horreur, pure, clinique et instrumentalisé aux profit d’un système qui n’a plus rien d’humain.

À travers les yeux, et aussi le coup de crayon de son personnage-narrateur, on assiste à la création de l’un des plus grands camps de concentration d’Allemagne, ravensbruck. Page après page ce lieu, qui deviendra l’antre de l’horreur, prend forme. À mesure qu’il se développe, s’agrandit, avalant toujours plus de condamnés dans ses fours, le sadisme et les tortures s’agrandissent en proportion.

Le camp de la mort devient ainsi l’un des personnages principaux de l’histoire, lieu d’exactions innommables, symbole du pouvoir nazi et ultime sépulture de tant d’anonymes.

La place accordé aux camp n’occulte cependant pas le témoignage empreint d’humanité du jeune Gunther, qui pris entre la crainte d’être envoyé au front en tant que soldat ou de rejoindre la cohorte de malheureux destiné à disparaître, choisis ce qui lui paraît être un moindre mal. Gunther pourrait être n’importe lequel d’entre nous, confronté à l’horreur il décide d’en faire le portrait afin de conserver une trace des actes commis au nom de l’idéologie aryenne.

Cette forme de résistance s’avérera salvatrice dans un premier temps, lui permettant de conservé son humanité mais elle l’amènera bien vite à être témoin de torture mené au nom d’une certaine science.

L’auteur prend le parti de tout décrire. Cela donne lieu à des scènes de torture abject, brut ou le sadisme le dispute à la froideur clinique des médecins, contés dans un style détaché de tout pathos.

Ce distanciation du récit par rapport aux scènes et aux réactions qu’elles provoquent chez le lecteur pourra en rebuté certains mais c’est ce détachement même qui permet de rendre compte au mieux de l’horreur qui a eu lieu entre les blocks de ravensbruck.

Et pourtant malgré cette déshumanisation, ces brimades constantes et les visions d’horreurs, c’est l’humanité persistante des prisonniers qui interpelle, tel un ruisseau qui refuse de s’aseché, l’entraide et la solidarité sont des valeurs omniprésente chez ces compagnons d’infortune.

Tout comme son narrateur, le lecteur restera longtemps hanté par le témoignage de ce que l’homme est capable de pire.

Note :9/10

Chronique de Christophe C.

 

  • Broché: 240 pages
  • Editeur : French Pulp éditions (11 avril 2019)
  • Collection : Grands romans
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1025105412

511obDAskLL._SX331_BO1,204,203,200_.jpg

 

La part du ciel de Stéphanie Halperson | 6 mars 2019

A la fin de sa vie, Pauline s’était imaginé quitter la terre dans un épais brouillard. Esquisse d’une peur qui l’expédiait dans un gouffre inquiétant. Il n’en est rien. Légère, Pauline s’envole dans un tunnel étincelant à une vitesse vertigineuse. Mais au terme d’un voyage lumineux, Pauline ne peut rejoindre l’Origine. Il lui faut revisiter les étapes charnières de son existence : le chagrin d’une enfance volée, les amours cabossés, les coups infligés à ses proches pour étouffer la douleur. Parviendra-t-elle à consoler les coeurs meurtris pour consentir à son propre pardon ? Parviendra-t-elle à gagner l’Origine ?

Chronique : Malgré son titre et la quatrième de couverture le récit de Stéphanie Halperson aborde surtout la vie, le chemin que l’on y parcoure et les choix que l’on fait.

L’auteure nous invite donc à suivre la vie de son personnage à travers les épisodes les plus marquants de son existence, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. C’est l’occasion de revenir sur tout les non dits, ces moments que l’on a tous vécu un jour ou l’autre où l’on s’est tue au lieu de dire ce que l’on pensait, par peur d’être rejeté, moqué ou incompris.

En pleine rétrospective, l’auteure mélange le style direct et indirect dans de court paragraphe, rendant ainsi le voyage immersif pour le lecteur en quelques lignes seulement. Quelques pages suffisent pour planter les différents décors où vont se jouer les moments décisifs de la vie de Pauline.

L’accent est mis sur l’empathie, du moins dans la première partie du récit, il s’agit prendre conscience de ses douleurs muettes, de ce gâchis de sentiments inexprimés.

La seconde partie, consacré à l’âge adulte est plus détaché, plus froide tout comme l’adulte qui nous est décrite que l’on pourra parfois trouver antipathique. Adulte qui ne sait pas, ou plus, exprimer ce qu’elle ressent.

Chacun pourra trouver une résonance en lui à travers ce portrait de femme aux blessures d’enfance restés béantes. Blessures qui, plus tard, contribueront à créer une adulte aigri, aux désir flétris avant l’heure, renonçant à trouver le bonheur et rejetant son amertume sur autrui.

Le récit est court, L’auteure cherche à aller à l’essentiel. On peut cependant regretté que l’ouvrage ne soit pas plus épais. Ce portrait de Mme Bovary moderne aurait gagné à être un véritable fleuve de vie, aux eaux troubles par les sentiments contrasté du personnage, plutôt que ce mince ruisseau qui manque parfois de consistance.

La partie du récit consacrée aux spirituel et à la vie après la mort paraît plus anecdotique et trop idéalisé pour vraiment servir le récit. Le tout aurait pu être plus original si l’on avait eu droit à des dialogues entre les différents protagonistes, qui auraient profité de ces retrouvailles astrale pour se dire tout ce qu’ils n’ont pas su se dire de leur vivant.

En somme La part du ciel nous dévoile une morale que chacun d’entre nous connaît sans vraiment l’appliquer; pour être heureux, ou tout du moins un peu moins malheureux, il faut parler, communiquer, s’ouvrir aux autres avec toutes les difficultés que cela comporte.

Note : 7,5/10

Chronique de Christophe C.

 

  • Broché: 190 pages
  • Editeur : Editions La Bruyère (6 mars 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2750014476

31joEOQ7bjL._SX311_BO1,204,203,200_.jpg

 

Le journal intime et illustré d’Archie Adams (04 Avril 2019) de Katie KIRBY

« Bonjour à tous, je m’appelle Archie et je commence la rédaction de mon journal sur un cahier qui m’a été offert dans l’espoir que j’y dessine des soleils, des fleurs et des animaux de la ferme. Mais au lieu de me consacrer à cette gentille occupation, j’ai décidé d’y coucher mes tourments intérieurs. Ma famille se compose de maman (sur les nerfs en permanence, portée sur l’aboiement, oreilles ravissantes), de papa (parfois drôle, le plus souvent sans grand intérêt, pétomane en chef) et de Monsieur Poil, le chat (caractériel, un rien bas de plafond, haleine de putois). J’ai deux ans un quart. Je n’entends pas grand-chose à ce truc arbitraire qu’on appelle l’âge, si ce n’est que, dans mon cas, il est brandi comme une arme pour m’interdire de me servir de ciseaux, de conduire une voiture et de boire de la bière. »

Chronique : J’ai tellement aimé ce livre que je suis terrifié à l’idée d’en faire trop pour tous ceux qui lisent cette critique ! En ce qui me concerne, si vous êtes humain, vous aimerez ce livre !

L’histoire est racontée dans un journal intime à travers les yeux d’un jeune enfant précoce. Archie est un enfant typique. Ses parents s’attendent à ce qu’il fasse des choses déraisonnables comme ne pas se réveiller à une heure qui commence par un 4 ou un 5 et manger des légumes. Archie doit faire des pieds et des mains tous les jours pour affirmer son autorité sur eux. Puis ces horribles parents lui lancent une balle courbe et lui disent qu’il va devoir les partager avec une chose extraterrestre bizarre qui pousse dans le ventre de maman. L’enfer est sur le point de se déchaîner, alors préparez-vous !

Katie Kirby illustre les entrées avec de jolies images d’homme de bâton représentant des choses telles que la rage d’Archie quand le bébé ose regarder dans la direction générale de « sa » télévision. Comme je l’ai dit au début de ce post, si vous êtes humain, vous apprécierez ce livre. Si vous avez la chance d’avoir des enfants bien élevés, vous rirez avec suffisance des crises de colère d’Archie. Si vos enfants se comportent comme Archie, vous trouverez peut-être dans ces pages un léger soulagement. Si vous n’avez pas du tout d’enfants, vous pourriez être très tenté de le garder ainsi après avoir lu ceci. Et si vos enfants sont depuis longtemps dans ces phases, vous rirez avec manie du malheur des autres.

Kirby a un véritable talent pour injecter de l’humour dans les situations qui mettent les gens au bout du rouleau. Ce livre est rempli de moments d’hilarité. Prenez-en une copie pour vous et distribuez-les à tous ceux que vous connaissez pour cet été. Ils vont les adorer ! Pendant que vous y êtes, jetez un coup d’œil sur le blog de Kirby à l’adresse http://www.hurrahforgin.com Elle a élargi son répertoire pour y inclure des cartes de souhaits humoristiques qui comprennent ses photos de l’homme au bâton.

Oh, il y a un avertissement que je pourrais mettre sur ce livre. Archie est un tout petit peu grossier. Eh bien, en fait, sa bouche était plus sale que l’aisselle d’un lutteur de sumo, donc si vous êtes sensible à ce genre de chose, alors ce n’est peut-être pas le livre pour vous. Pour les autres, lisez-le, riez, puis revenez me remercier plus tard !

Note : 9,5/10

ISBN : 2221242327
Éditeur : Robert Laffont (04/04/2019)

41sWtYg5jyL._SX195_.jpg

Graine de sorcière de Margaret ATWOOD | 11 avril 2019

Injustement licencié de son poste de directeur du festival de Makeshiweg, au Canada, alors qu’il mettait en scène La Tempête de Shakespeare, Felix décide de disparaître. Il change de nom et s’installe dans une maisonnette au coeur de la forêt pour y panser ses blessures, pleurer sa fille disparue. Et préparer sa vengeance.

Chronique :  Felix est le directeur artistique du Makeshiwig Theater Festival et un visionnaire théâtral dont les ré imaginations étranges des pièces de Shakespeare ont déconcerté et impressionné les critiques. À l’aube de la mise en scène de La Tempête, une pièce de théâtre que Félix a l’intention de présenter comme sa plus grande œuvre à ce jour, un acte de trahison imprévu le relève de son poste et le prive de sa dignité professionnelle. Douze ans plus tard, après qu’un besoin de vengeance se soit métastasé dans le cœur de Félix, la vengeance arrive sous la forme d’un poste d’enseignant dans une prison voisine, le Fletcher County Correctional Institute, où Felix fera enfin La Tempête et piégera les hommes traitres qui ont causé sa perte.

Graine de sorcière est un récit satirique et astucieux de La Tempête, exécuté par Felix et sa bande d’escrocs condamnés qui mettent en scène leur propre récit fantasque et étrange de la pièce. Ce chevauchement dans la narration réussit à éduquer des lecteurs qui n’ont jamais vu la pièce, à ravir ceux qui connaissent le récit de Shakespeare sur les naufragés échoués sur une île éloignée qui complotent et complotent les uns contre les autres, et à représenter La Tempête sur le nez.

Mais la tempête une pièce de théâtre sur un homme qui produit une pièce – une pièce qui sort de sa propre tête, de ses  » fantaisies  » – alors peut-être que la faute pour laquelle il doit être pardonné est la pièce elle-même.

L’obsession de Felix de recréer La Tempête est plus qu’une simple vengeance. Ses intentions sont personnelles et enracinées dans le chagrin, ce qui ajoute de la profondeur à ses motifs et enrichit le récit. Felix souhaite commémorer sa fille décédée, Miranda (dont l’homonyme est dérivé de la pièce).

Cette Tempête serait géniale : la meilleure chose qu’il ait jamais faite. Il avait été – il s’en rend compte aujourd’hui – obsédé par cette idée malsaine. C’était comme le Taj Mahal, un mausolée orné élevé en l’honneur d’une ombre bien-aimée, ou un écrin précieux contenant des cendres. Mais plus encore, parce qu’à l’intérieur de la bulle de charme qu’il était en train de créer, sa Miranda allait revivre.

La prison est l’île où Félix enfilera sa cape et conjurera un plan destiné à l’élever au-dessus de ses ennemis, à se positionner comme chef et divinité, à appliquer la justice et à infliger les punitions qui s’imposent. Il n’a jamais imaginé qu’il éduquerait les escrocs en prison, mais la prison peu glorieuse est néanmoins l’endroit où son plan doit se dérouler.

Il y a un déclic. La porte se déverrouille et il entre dans la chaleur, et cette odeur unique. Peinture non fraîche, moisissure légère, nourriture non aimée mangée dans l’ennui, et l’odeur de découragement, les épaules qui s’affaissent, la tête inclinée, le corps qui s’effondre sur lui-même. Une maigre odeur. Les pets à l’oignon. Pieds nus froids, serviettes humides, années sans mère. L’odeur de la misère, couchée sur tout le monde à l’intérieur comme un enchantement.

Après une intro et une amusante farce à travers les machinations de Félix, le livre arrive à une conclusion rassasiante et offre une ligne de fermeture mémorable avec un sens qui résonne.

Bon à rire, enchanteresse par son écriture superlative, étonnamment tendre et sublimement construite, Graine de sorcière est une ravissante parodie littéraire.

Note:  9,5/10

 

  • Broché: 360 pages
  • Editeur : Robert Laffont (11 avril 2019)
  • Collection : Pavillons
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2221217993

61UDSI0-rbL._SX312_BO1,204,203,200_.jpg

 

La Prisonnière du temps de Kate MORTON | 4 avril 2019

À l’été 1862, un groupe de jeunes peintres proches des Préraphaélites, menés par le talentueux Edward Radcliffe, s’installe au Birchwood Manor, sur les rives de la Tamise. Là, inspiré par sa muse, la sulfureuse Lily avec qui il vit une passion ravageuse, Edward peint des toiles qui marqueront l’histoire de l’art. Mais à la fin de sa retraite, une femme a été tuée, une autre a disparu, un inestimable diamant a été dérobé, et la vie d’Edward Radcliffe est brisée.

Chronique : Trouvez votre coin de lecture préféré, prenez la boisson de votre choix (en fait, ce serait le livre parfait pour lire devant une cheminée, enveloppé dans un édredon, regardant la neige ou la pluie tomber, mais je n’avais pas le choix) et laissez Kate Morton vous transporter. Oui, elle a écrit sur une autre maison, une maison qui a été témoin d’un grand amour et d’une perte insupportable, une maison qui est le dépositaire de nombreux secrets. Une lecture immersive et séduisante, bien que lente. Un conte gothique, où le passé et le présent se rencontrent, où il y a quelqu’un qui a tout vu, incapable de partir.

Des décors luxuriants et des détails d’époque fantastiques. Des impressions des gens sur les lieux à travers l’histoire. Beaucoup de personnages qui racontent leur histoire, non pas dans des chapitres alternatifs comme il est d’usage dans ce type d’histoires à double ligne du temps, mais dans un brillant rendu du mélange du temps sur cette maison qui a vu tant de choses. Les histoires du présent et du passé se fondent l’une dans l’autre, jusqu’à ce que les liens entre elles soient révélés. J’ai adoré, je crois que Morton s’est surpassée ici. Il ne s’agit pas d’un roman qu’il faut lire à la hâte, mais d’un roman dans lequel il faut s’enfoncer et s’amuser. Beaucoup de personnages, mais il n’est pas nécessaire, peut-être un peu impossible, de les mémoriser et de les placer tous dans leurs lignes du temps, tout deviendra clair. Patience, cher lecteur.

Il y a l’art, un mystère, la disparition d’une belle pierre précieuse et une personne aimée. Il y a des enfants orphelins, des parents sans parents et quelques jeunes filles qui détiennent chacune une clé pour démêler l’histoire. La résolution ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais j’ai trouvé cela approprié, certaines maisons ne dévoileront peut-être jamais tous leurs secrets. La prose est merveilleuse, perspicace et beaucoup d’entre elles peuvent être citées. J’avais quelques favoris mais j’aurais pu en trouver beaucoup plus.

« Les êtres humains sont des conservateurs. Chacun peaufine ses souvenirs préférés, afin de créer un récit qui plait. Certains événements sont réparés et polis pour être exposés ; d’autres sont jugés indignes et mis de côté, stockés sous terre dans la réserve débordante de l’esprit. Le processus n’est pas malhonnête : c’est la seule façon pour les gens de vivre avec eux-mêmes et le poids de leurs expériences.

« Parents et enfants. La relation la plus simple au monde et pourtant la plus complexe. D’une génération à l’autre, une valise remplie de pièces de puzzles enchevêtrées provenant d’innombrables puzzles recueillis au fil du temps et qui disent : « Voyez ce que vous pouvez en faire. »

Note ; 9,5/10

 

  • Broché: 624 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (4 avril 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258115655

51o6pkORSxL._SX309_BO1,204,203,200_.jpg

 

L’Enfer est pavé de bonnes intentions de Lauren WEISBERGER | 4 avril 2019

Ex-associée dans un des plus grands cabinets d’avocats de Manhattan, Miriam a depuis peu troqué sa robe contre des leggings hors de prix, et commence les cocktails dès le matin.
De quoi lui donner le temps d’accueillir dans cette banlieue huppée, où les pièges sont nombreux, Emily – ex-assistante de la grande Miranda Priestly – qui vit une mauvaise passe. Reconvertie en consultante en image à Hollywood depuis son départ de Runway, elle est complètement larguée en matière de réseaux sociaux… et sa rivale n’en rate pas une lorsqu’il s’agit de récupérer ses clients infidèles.

Chronique : L’ex-assistante préférée de tout le monde, Emily Charlton, est de retour, toujours aussi insolente !! Voir ma critique complète ici !

Si un personnage méritait son propre livre, Emily serait en tête de ma liste ! Ce livre est un vrai délice et présente deux nouvelles co-leaders féminines qui sont le complément parfait d’Emily. Lauren Weisberger sait écrire un livre à la mode avec des commentaires sociaux étonnamment profonds sur l’insécurité qui sous-tend tous les paillettes, le glamour et l’argent sans être trop critique envers quiconque souscrit à ce style de vie. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre, et je pense que d’autres lecteurs, qu’ils soient nouveaux chez Weisberger ou fans de longue date, seront du même avis !

Emily a trouvé son chemin dans une carrière qui capitalise parfaitement sur son mélange de goût, d’élégance et d’audace en travaillant comme conseillère en image pour des célébrités. Emily peut gérer n’importe quoi, d’un scandale sexuel à un commentaire raciste avec aisance, et elle gère tout cela avec le charme typique d’Emily. Cependant, Emily perd peu à peu des clients au profit d’une jeune entreprenante qui est plus en contact avec les médias sociaux qu’elle ne l’est actuellement. Emily sait que tout le monde veut toujours quelqu’un de plus jeune et de plus tendance, mais elle est choquée quand même un client de longue date se détourne d’elle !

Karolina est une ex-mannequin qui a dirigé la piste de Victoria’ Secret (et la couverture de Runway elle-même) pendant des années, tout en épousant un sénateur américain et en devenant une mère pour son fils de 4 ans. Cependant, lorsque Karolina est arrêtée pour conduite en état d’ivresse avec des enfants dans la voiture, elle a besoin d’aide et rapidement ! Karolina n’était pas ivre, mais malgré ses plaidoyers pour un alcootest, la police l’a enfermée et la presse connaissait tous les détails sordides dès le matin. Karolina se retrouve à la rue avec ses amis, son mari et les médias, et elle a besoin de comprendre ce qui se passe rapidement !

Miriam est une avocate de haut niveau, formée à Harvard, qui a quitté son poste d’associée dans l’un des cabinets les plus prestigieux de NYC pour s’installer à Greenwich, CT avec son mari et ses enfants. Miriam essaie de se convaincre que c’est ce qu’elle veut. Mais si c’est vrai, pourquoi n’a-t-elle pas couché avec son mari depuis des mois ? Et pourquoi a-t-elle pris 20 livres ? Miriam ne sait pas s’ils ont pris la bonne décision après tout, mais parfois parler à ceux que vous aimez peut être plus difficile que d’être l’assistante junior de Miranda Priestley !

Emily, Miriam et Karolina se retrouvent bannies à Greenwich en même temps, et elles sont peut-être la combinaison exacte des personnes nécessaires pour affronter les menaces qui pèsent sur leur vie ! Avec une escouade de mamans vêtues de lululemon et des fêtes secrètes de jouets sexuels dans des manoirs Greenwich scintillants, Emily, Karolina et Miriam trouveront un moyen de s’entraider comme seul un ancien assistant de Miranda Priestley le pourrait !

J’ai adoré la relation entre les trois femmes. Ils ont chacun une qualité qui équilibre les autres, et les garde sous contrôle. Et mieux encore, ils s’acceptent les uns les autres pour ce qu’ils sont, malgré leurs différences. Ils n’ont pas peur de se dire les choses difficiles qu’ils ont besoin d’entendre. Ils luttent tous avec leur propre vie, et pourtant ils se soutiennent les uns les autres.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 432 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (4 avril 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265099074

414o0GxAa2L._SX331_BO1,204,203,200_.jpg