Chambre 413 (2 octobre 2019) de Joseph Knox

Tournant le dos à sa vie d’avant, indifférent à son avenir, l’inspecteur Aidan Waits s’est résigné à intégrer la patrouille de nuit – cycle sans fin d’appels insignifiants et de solitudes insolubles. Jusqu’à ce que lui et son coéquipier, l’inspecteur principal Peter Sutcliffe, soient dépêchés au Palace, un immense hôtel désaffecté au cœur d’une ville en ébullition. Sur les lieux, dans la chambre 413, ils découvrent un homme. Il est mort. Et il sourit. On a retiré toutes les étiquettes de ses vêtements. On a limé et remplacé ses dents. Même ses empreintes digitales ne sont pas les siennes. Seule une pièce cousue à l’intérieur de son pantalon donne un indice sur son ultime acte désespéré…

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Chronique : Après plusieurs lectures décevantes (coucou la promesse de Tony Cavanaugh) ou maussade (coucou bloc 46 de Johanna Gustawsson), il était plus que temps pour moi de renouer avec un vrai bon polar. Joseph Knox avec son deuxième roman est arrivé à point nommé.

L’œuvre baigne tellement dans une atmosphère glauque et obscure que c’est à se demander si le soleil éclaire parfois cette sombre ville de Manchester. L’auteur a le style idéal pour retranscrire cette ambiance poisseuse d’un été meurtrier dans les nuits de Manchester. Soyez donc prêts à embarquer à la découverte d’un Manchester nocturnes des plus reluisants, entre hôtel abandonné, bar miteux et appartement crasseux.

En plus d’une atmosphère convaincante, le récit est porté par des personnages terriblement attachants chacun à leur manière. Le personnage d’Aidan coche toutes les cases d’un modèle rabattu: alcoolique, honni par les siens, qui flirte avec les deux côtés de la loi, mais investi d’une mission de justicier. Toutes les caractéristiques de l’anti-héros sont remplis. Cependant son passé trouble suffit à faire de lui un personnage complexe qui n’a sans doute pas encore révélé tous ses secrets.

Le coéquipier de ce cher Aidan, le fameux Peter Sutcliffe, est délicieusement odieux. Ses réparties caustiques et vulgaires, aussi déplacés soient-elles, allègent quelque peu un récit des plus sombres. Les trop rares interventions du superintendant Parrs sont du même ordre. Il fait plus figure de parrain mafieux que de chef de la police mais il n’en reste pas moins que ces dialogues sont un régal de cynisme. On a même droit à un ersatz de femme fatale avec le personnage d’Alicia Russel. Ce polar offre tout un spectre de personnages que l’on prend plaisir à suivre.

Terminons par l’intrigue en elle-même. Si j’étais un peu rebuté au début par les interludes sur le jeune garçon tout finit par s’expliquer et trouver sa place dans l’ensemble du récit.Les différents faisceaux de preuve s’imbriquent de façon naturelles et malgré les nombreuses pistes étudiés l’auteur parvient à garder une cohérence jusqu’au final où tous les nœuds de l’intrigue se dénouent alors que l’auteur gardent suffisamment de cartouches pour poursuivre les patrouilles nocturnes d’Aidan Waits.

Même si pour rien au monde je ne voudrais rejoindre ce pauvre Aidan dans ces patrouilles à la rencontre de ce que l’humanité a de pire à offrir il me tarde quand même de le retrouver dans sa prochaine enquête.

Note : 9/10

 

  • Broché : 384 pages
  • Editeur : Le Masque (2 octobre 2019)
  • Collection : Grands Formats
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702448526

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Les Mécaniques du crime de Sylvain Larue | 10 octobre 2019

1853, hiver de l’Amour, printemps de la mort… Aux premiers mois du Second Empire, Paris est en liesse : Napoléon III se marie ! Mais au soir même des noces, une explosion meurtrière vient endeuiller la lune de miel impériale… et ce n’est que le commencement. Durant les semaines qui suivent, des bombes sont retrouvées un peu partout dans la ville.

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Chronique : Il s’agit d’une histoire captivante axée sur les personnages, et au fil de l’histoire, et l’intrigue nous laisse perplexes tout le temps, et on est vraiment pris par surprise par les rebondissements stellaires de l’histoire vers la fin. Il se passe beaucoup de choses dans cette histoire, mais Sylvain Larue fait un travail minutieux pour régler les derniers détails. On est impressionné par la quantité de recherches qui ont été effectuées sur ce roman. L’auteur a un vocabulaire qui plaît . Vous allez apprécier chaque minute et on le recommande fortement à tous les lecteurs de romans

Note : 9/10

 

  • Broché : 445 pages
  • Editeur : Editions De Borée (10 octobre 2019)
  • Collection : Vents d’histoire
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2812926163

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La daronne de Hannelore Cayre

Résumé :Patience Portefeux, 53 ans, deux filles, un chien, un fiancé flic et une vieille mère en EHPAD. Patience trime, Patience est traductrice de l’arabe pour le ministère de la Justice. Des milliers d’heures à transcrire des écoutes entre petits dealers et grands bandits. Puis Patience franchit la ligne jaune : elle détourne une montagne de cannabis issue d’un Go Fast. Sans culpabilité ni effroi. Simplement une petite entorse morale. Et encore.

Et Patience devient la Daronne.

Chronique : Aussi mince soit-il par son nombre de pages ce polar soulève des vagues d’émotions, ce n’est pas pour rien qu’il a remporté des prix littéraires récompensant les meilleurs polars l’année de sa parution.

Armé de sa plume caustique Hannelore Cayre brosse le portrait d’une mère de famille, la renversante Patience Portefeux, qui voit arrivée calmement la soixantaine sans que son avenir ne semble s’alléger. Sa mère est placé en EHPAD ce qui ronge la majeure partie de son budget, son travail l’amène à se frotter aux pires aspects de l’humanité. Plus le temps passe plus son regard sur la société se teinte d’un cynisme mordant.

Au travers de ses péripéties de dealeuse de shit en herbe, notre brave Patience porte un regard acide sur la société, la religion, l’hypocrisie de la justice et le traitement de la population âgée. C’est tout le côté absurde de notre société qui transparaît sous la plume acérée de Hannelore Cayre.

Les confidences de Patience sur son enfance, pour le moins particulière, montrent bien qu’il suffit de quelques pages pour créer un personnage. Nul besoin d’entasser les pages comme certains auteurs de pavés le font.

Et même si le récit est parfaitement maîtrisé du début jusqu’à la fin on en vient à désirer que l’histoire se prolonge sur une centaine de pages supplémentaires afin de passer plus de temps avec ces personnages haut en couleur.

Note 9 /10

Éditeur métaillé
Date de publication 8 mars 2018
Langue Français
Longueur du livre 172
ISBN-10 2757871099

Le cheptel de Céline Denjean

Résumé :Le corps d’une jeune femme est retrouvé en Lozère. Au regard des éléments qu’ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis : elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme… Pour le capitaine Merlot, d’Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série. Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu’Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains

Chronique : Maintenir un rythme enlevé sur plus de 600 pages n’est pas chose aisée, nombre d’auteurs s’y sont cassé la plume. Pourtant Céline Denjean y parvient à merveille, aidée en cela par une intrigue s’étalant sur des décennies et une profusion de personnages.

Le nombre important de personnages pourrait alourdir le récit déjà complexe mais le talent de conteuse de Denjean empêche le lecteur de s’y perdre. Rien de très original dans la caractérisation de ceux-ci mais leur description est suffisamment efficace pour nous emmener à les suivre dans leurs enquêtes. Chaque personnage principal se concentre sur un aspect de la vaste enquête ce qui permet de reconstituer le puzzle pièces après pièces.

En adaptant sa narration à chaque personnage, L’auteure permet de situer immédiatement où en est dans le récit, une technique simple mais efficace qui permet de ne jamais se sentir perdu dans l’enquête.

À titre personnel je dois reconnaître que j’ai été déçu par la fin que j’ai trouvé cynique mais cela dépend de l’interprétation de chacun.

Note : 8/10

Éditeur Marabout
Date de publication 17 janvier 2018
Langue Français
Longueur du livre 656
ISBN-10 2501122550

Sacrifices de Ellison COOPER| 7 novembre 2019

Neuroscientifique, spécialiste du comportement des psychopathes, Sayer Altair est appelée d’urgence par le FBI. On vient de retrouver des ossements humains dans une grotte perdue du parc national de Shenandoah. Un tueur semble y déposer ses victimes depuis des décennies. Lorsque l’affaire est reliée à la disparition inquiétante d’une femme et de sa petite fille quelques mois auparavant, une course contre la montre s’engage pour les retrouver avant l’issue fatale.

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Chronique : Êtes-vous prêt à plonger profondément dans l’esprit d’un tueur en série ? Ce livre vous tiendra éveillé et vous devriez peut-être penser à garder les lumières allumées pour quelques chapitres si vous êtes enclin à trop vous investir dans une histoire.

Je n’ai pas lu le premier livre de cette série bien qu’il ait été sur ma liste après un sérieux buzz. Mais je ne me sentais pas du tout en retard quand j’ai lu Sacrifices ! L’agent spécial Sayer est de garde après la dernière affaire qu’elle a résolue et qui s’est terminée par une blessure par balle. Mais son esprit est plus vif que jamais et elle avait besoin de toute son intelligence pour résoudre cette affaire !

Lorsque l’agent Max sort promener son chien, l’odeur d’un cadavre amène le chien (et Max) à découvrir un ensemble d’os humains. C’était un sacré début d’histoire ! Je suis un peu obsédé par les chiens policiers. Ils sont incroyables, capables de différencier les parfums de manière très spécifique. Mais je m’écarte du sujet….

Sayer correspond certainement à ce qu’on attend d’elle. Disons simplement qu’elle n’est pas du genre à lire un livre comme celui-ci et à laisser les lumières allumées, je le dis. Elle est dure comme un clou travaillant comme une femme dans un domaine dominé par les hommes. J’ai vraiment aimé en apprendre plus sur sa vie aussi. J’ai pensé que Cooper a fourni beaucoup d’histoire et de développement de personnages, ce qui fait souvent défaut dans les deuxièmes romans d’une série. J’ai entendu parler de ses parents et de la mort de son fiancé, et j’ai eu l’impression de vraiment savoir qui elle était en dehors de sa carrière.

Le rythme de celui-ci m’a paru rapide, en partie parce que l’histoire était si bonne et aussi parce que stylistiquement Cooper a utilisé des chapitres plus courts pour un grand effet. Il y avait aussi une foule de suspects et d’indices, et ils ont été livrés tout au long de l’histoire d’une manière qui m’a fait tourner la tête. C’est un genre de livre à lire en une journée si vous en avez le temps !

Des rebondissements, des frissons, de grands personnages, et un cas fantastique. Je ne peux pas vous le recommander assez !

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 448 pages
  • Editeur : Cherche Midi (7 novembre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2749157706

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Block 46 de Johanna Gustawsson

Résumé : Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie… En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944. Johana Gustawsson vit à Londres, avec son fils et son mari.

Chronique : Contrairement à ma lecture précédente, dont vous pouvez retrouver la chronique plus bas, celle-ci a mal commencé. Les personnages sont inconsistants et malgré le fait que l’enquête se déroule sur deux pays différents à aucun moment on a l’impression d’être à Londres ou en Suède. Je vais éviter de m’étendre sur les chapitres où le narrateur semble aussi être l’assassin vous savez dorénavant ce que j’en pense.

J’entamais donc ma lecture avec difficulté. L’enquête piétine pendant les deux cents premières pages et seuls les chapitres se focalisant sur les camps de la mort revitalisent le récit par l’horreur mortifère qu’ils amènent.

J’étais tellement lassé de la construction du récit que je ne m’attendais plus à rien de la part de l’œuvre. Aussi lorsque tombe la révélation finale j’avoue avoir été surpris, L’auteure est parvenue à me prendre à mon propre piège de lecteur désabusé. Mais d’autres ne s’y laisseront peut-être pas conter.

Cependant malgré ce retournement de situation bienvenue, le style générique de l’auteure ne m’accroche pas suffisamment pour que j’ai envie de découvrir le reste de ses ouvrages.

Note :6/10

Éditeur Bragelonne
Date de publication 21 octobre 2016
Langue Français
Longueur du livre 480
ISBN-10 2811218297

La promesse de Tony Cavanaugh

Résumé : Ex-flic des homicides à Melbourne, Darian Richards a laissé derrière lui un cortège de vies anéanties, de familles en deuil, de réponses impossibles à donner. Épuisé par cette litanie de souffrances, il a pris une retraite solitaire dans le Queensland, loin des villes et de leurs turpitudes. Mais les démons sont partout. Et dans la région, depuis quelques mois, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces. La police locale parle de fugues. C’est en général ce qu’on dit quand on ne retrouve pas les corps, Darian le sait, mais il ne veut plus s’en mêler.
Ce n’est plus son histoire. Et pourtant… malgré la promesse qu’il s’est faite de se tenir éloigné des tragédies, l’idée de laisser toutes ces familles sans réponses le hante. Aussi décide-t-il de prendre les choses en main. Mais à sa façon cette fois, sans s’encombrer du protocole. Il est loin d’imaginer ce qui l’attend.

Chronique : Encore un polar qui démarre de manière excellente. On a un personnage d’enqueteur misanthrope plutôt bien trempé et l’équipe qui l’entoure est attachante. La région du Queensland est très bien retranscrite. Malgré l’omniprésence du soleil, les paysages baignent dans une sorte de pénombre sordide. L’office du tourisme australien ne risque pas d’embaucher l’auteur pour rameuter les touristes. Les premières pages se dévorent aisément alors que se met en place l’intrigue. Malheureusement l’auteur va très vite saborder son récit.

Si vous suivez mes chroniques sur le blog vous savez qu’il y a un mécanisme d’écriture que je réprouve, ce sont les chapitres consacrés à l’assassin. Sous prétexte de rentrer dans la tête du tueur, tentative le plus souvent vouée à l’échec, les auteurs de polars multiplient les passages narratifs sur l’assassin. Dans ce polar les chapitres remplissage sur le tueur prennent de plus en plus de place au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue. Ils sont là uniquement pour cacher la pauvreté d’une intrigue qui, passer les deux cents premières pages, n’a plus rien à offrir. Et si vous attendez une fine analyse psychologique d’un serial-killer vous pourrez repasser. Le psychopathe décrit dans ces pages est un être pathétique et mesquin, tout dans sa caractérisation tend à le rendre détestable. Ce qui n’apporte rien, ni à l’intrigue ni à la psychologie des sérail-killers en général.

Un polar à éviter, si vous voulez voyager dans la région du Queensland je vous conseille la lecture du livre du diable dans la peau de Paul Howarth dont la chronique est sur le site.

Note :5/10

Éditeur Sonatine
Date de publication 12 avril 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2355846596