L’île interdite de James Rollins, Gare aux piqûres

On ne va pas y aller par quatre chemins pour parler de cette lecture, c’était fun, c’était divertissant, c’était tout à fait le genre de lecture de  décompression dont on a besoin lorsque l’on s’apprête à partir en vacances.

N’attendez rien du style ni de la psychologie des personnages. On lit un James Rollins avant tout pour l’action et ses intrigues pseudo scientifiques improbables mais captivantes. On en profite au passage pour glaner quelques éléments de culture générale. Dans ce volume des aventures de la force Sigma l’auteur évoque la route de l’ambre, les mines de sel de Wieliczka, un endroit qu’il m’a donné envie de visiter mais aussi les mystères entourant James Smithson et le Smithsonian.

La formule Rollins consiste à appliquer à la lettre la formule du Blockbuster hollywoodien. L’action frénétique y est juste entrecoupée de passages explicatifs, les méchants sont très méchants, voire même stupide par moments, comme le vénérable Takashi qui fait preuve de beaucoup de légèreté dans la communication de son plan diabolique, comme quoi la sagesse ne vient pas forcément avec l’âge. Les gentils sont altruistes, volontaire mais il ne faut pas trop les chercher non plus et l’intrigue est une profusion d’incohérences qui finissent par être gênantes, surtout vers le dénouement mais encore une fois la vraisemblance n’est pas ce que l’on recherche avec ce genre de lecture.

Si l’on est capable d’accepter ces défauts inhérents à ce genre de roman d’aventures on passe plutôt un bon moment. Il manque peut-être juste une pointe d’humour qui permettrait à l’intrigue de prendre un peu de recul sur cette crise mais le comic relief c’est tout un art que ne maîtrisent pas forcément les blockbuster.

Résumé: Au large des côtes du Brésil, une équipe de scientifiques découvre une île où toute vie a été éradiquée par une espèce inconnue et extrêmement dangereuse. Avant d’avoir pu rapporter leur découverte, ils sont tous éliminés par une force mystérieuse. Seul un expert des créatures venimeuses en réchappe. Mais face à une espèce qui s’adapte à son environnement au risque de devenir de plus en plus incontrôlable, le commandant Gray Pierce et son équipe vont devoir affronter leurs plus grandes peurs pour éviter que le monde que nous connaissons soit entièrement détruit.

  • Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (8 avril 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 480 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2265143952
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265143951
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 560 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.6 x 3.1 x 22.6 cm

L’enfant de février d’Alan Parks, Regardez-moi sombrer…

Au-delà d’un simple polar urbain ce second volume de la saga d’Alan Parks publié chez rivages est surtout le portrait d’un homme fracassé, au bord du gouffre. Un officier de police chargé de faire respecte la loi mais qui franchit la ligne rouge si souvent qu’il ne doit même plus la voir. Un homme qui est la proie d’un passé qui a planté ses serres et qui le comprime plus fort de jour en jour. Alors pour échapper à ce passé dont il ne veut plus se souvenir mais qui ne cesse de le hanter il s’engouffre dans un tunnel autodestructeur fait d’alcool et de paradis artificiels.

C’était déjà perceptible dans le premier volet, Janvier noir, mais cela prend une ampleur démesurée dans cette suite. L’inspecteur McCoy s’effondre sous les yeux du lecteur. Ce n’est pas que la carapace se fend, c’est qu’il y en a plus de carapace. Ce polar est avant tout la déchéance d’un homme qui en apparence à tout pour réussir alors même que son âme s’enfonce dans un marasme sans fond.

Le fait est que le contexte social ne se prête pas à ce que notre ”héros” s’épanche sur ses traumatismes. L’action se déroule toujours à Glasgow durant les années 70 et à l’époque on ne parlait pas de ça. On serrait les dents et on avançait parce qu’il fallait être un homme pas le choix, pas de place pour les sentiments. Glasgow est toujours aussi effroyable dans ce récit. Un royaume de béton et d’asphalte où l’alcool et la drogue règnent en maîtres. Préparez vous à faire la tournée des grand ducs, du misérable troquet poussiéreux jusqu’au splendide bar avec clientèle prestigieuse, l’auteur nous a concocté une visite touristique de Glasgow bien particulière.

Ce tableau sombre, glauque et désespérée aurait été parfait s’il avait été complété par une enquête plus palpitante et moins prévisible. Il ne faut pas se lancer dans cette saga en espérant découvrir des intrigues renversantes. Le propos de l’auteur est ailleurs et il faut dire que son portrait de l’inspecteur McCoy est suffisamment percutant pour faire oublier ce défaut.

Un polar âpre et violent dont il me tarde de découvrir le troisième volet.

Résumé : Deuxième opus d’une série mettant en scène l’inspecteur McCoy et son adjoint Wattie dans le Glasgow des années 1970, sur fond de musique, drogues et gangs, dans la lignée de William McIlvanney.

  • Éditeur ‏ : ‎ EDITIONS PAYOT & RIVAGES (5 février 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 410 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2743649496
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743649494
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.5 x 2.8 x 22.5 cm

Vierge de cuir de Joe R. Lansdale, redoutables innocence


Encore un excellent récit écrit par Joe R. Lansdale. Cet auteur parviens à nous immergé dans une région, une époque en quelques pages. Ici on se retrouve au Texas au lendemain de la guerre d’Irak. Cason, vétéran un peu largué, revient à Camp Rapture, sa ville natale dans l’espoir de prendre un nouveau départ. Il a réussi à trouver un poste de chroniqueur au journal local et va tout tenter pour reconquérir son amour perdu. Bien évidemment rien ne va se passer comme il a prévu.

Si vous aimez les personnages à l’éloquence très personnel qui s’attirent des ennuis dès qu’ils ouvrent la bouche alors vous aimerez Cason. Impertinent, insolent, provocateur, alcoolique et légèrement traumatisé par son expérience militaire Cason est tout cela et bien plus. Avec son langage outrancier il va réveillée la poussièreuse ville de son enfance dans laquelle s’agite toujours les mêmes tensions séculaires. Un personnage haut en couleurs qui donnent au récit toute sa saveur, avec l’aide bien mérité de l’imprévisible Booger.

Pour rendre le récit encore plus savoureux il aurait fallu que l’auteur se donne la possibilité d’écrire une histoire un peu plus ambitieuse. On a l’impression que des pan entier de son intrigue ont été volontairement écarté afin de se focaliser sur Cason et son parcours chaotique. Un choix qui accorde au récit son côté nerveux mais l’empêche dans le même temps de prendre de l’ampleur afin de s’élever au delà du simple récit divertissant. C’est d’autant plus rageant que tout les éléments sont réunis pour bâtir un polar plus dense et complexe.

Résumé: Houston, le journaliste Cason Stalter, vétéran de la guerre du Golfe et sélectionné pour le prix Pulitzer, retourne dans sa petite ville natale de l’est du Texas, Camp Rapture. Cason est au fond du trou : il boit trop, harcèle son ex-petite amie qui refuse de le voir, et jalouse la réussite de son frère aîné. Pour remonter la pente, il se fait engager comme chroniqueur dans le journal local et tente de s’occuper l’esprit en s’intéressant à une vieille affaire de meurtre non résolue : Caroline Allison, une jeune étudiante en histoire à la beauté fascinante, s’est évanouie dans la nature, sans laisser de traces. A cours de son enquête, Cason découvre que ce meurtre est lié à une série d’événements étranges et dérangeants survenus récemment à Camp Rapture. L’affaire impliquerait des personnes prêtes à dépasser toutes les limites.

  • Éditeur ‏ : ‎ Folio (2 mars 2011)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Poche ‏ : ‎ 448 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 207040174X
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2070401741
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 222 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 10.8 x 1.8 x 17.8 cm

Une vie de poupée d’Erik Axl Sund, quand le fond ne convient pas à la forme…

C’est avec une impression mitigée que je referme ce polar. Très vite je me suis fait la réflexion que la plume des deux auteurs, Erik Axl Sund n’étant qu’un pseudonyme, ne convenait pas à la forme choisie pour mettre en scène leur récit. Des chapitres courts qui rappelle les thrillers addictifs au rythme effréné  alors même que la plume est introspective, avec peu d’action au final. Cette dichotomie (oui j’utilise de grands mots) m’a empêché de m’immerger complètement dans cette histoire.

Les personnages de Nova et Mercy et leur destin tragique constituent la pièce maîtresse de l’intrigue mais autant les flashbacks sont convaincants et accordent au récit une  réelle densité autant leur pérégrination au présent m’a paru redondante et souffrante d’un surplace narratif.

L’enquête policière, de son côté, est plombée par un rythme erratique. Elle est mise de côté pendant trois ou quatre chapitres avant de connaître une progression soudaine amenée de manière un peu abrupte. Les pistes se présentent aux enquêteurs, personnages complètement transparents, de manière un peu trop aisée de mon point de vue. Sans parler des éléments de l’enquête qui disparaissent et refont leur apparition de manière incongrue.

Il faut donc savoir à quoi s’attendre en commençant cette lecture. Si vous vous attendez à une plongée dans le milieu de la pédopornographie par le biais d’une enquête glauque, passez votre chemin. Par contre si vous voulez lire le portrait assez fin de deux adolescentes martyres qui ont vu le pire de ce que l’humanité a à offrir alors ce livre est fait pour vous.

Résumé: Nova et Mercy ont à peine seize ans, mais cela fait déjà bien longtemps qu’elles ont perdu leur innocence. Sous le couvert de la nuit, elles s’enfuient à bord d’une voiture volée, laissant derrière elles le foyer pour jeunes filles où une autre adolescente vient de disparaître. Que fuient-elles ? Et pourquoi ?
Tara est retrouvée sans vie en bas d’un immeuble. Selon sa famille, il s’agit d’un suicide. Mais quelque chose ne colle pas dans le récit de ses parents. Et qui peut bien être la personne qui lui avait donné rendez-vous ce soir-là ? Celui que la police ne va pas tarder à surnommer le Marionnettiste vient seulement de commencer son spectacle.

  • Éditeur ‏ : ‎ Actes Sud (6 janvier 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 416 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2330143737
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2330143732
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 539 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14.5 x 3.1 x 24 cm

Population: 48 d’Adam Sternbergh, un château de cartes perfectible

Brouillon et perfectible…

Le pitch avait pourtant su aiguise ma curiosité. Imaginez que vous soyez un témoin dont la vie est menacé ou bien un criminel repenti dont la tête est mise à prix. Votre vie ne vaut plus rien pour ceux qui ont décidé d’en finir avec vous alors autant l’oublier. C’est ce que propose un programme secret du gouvernement supervisé par un laboratoire privé. Votre mémoire, et donc vos crimes, sont effacés, en échange vous vous engagez à passer le reste de votre vie à Caesura, alias Blind Town, une ville coupée du monde où le téléphone et internet n’existent pas. Aucun contact avec l’extérieur n’est autorisé et les armes à feu sont bien entendu proscrite. Pourtant dans ce petit monde clôt un homme parvient à mettre fin à ses jours par arme à feu et, peu de temps après, un meurtre par balles est commis. Le fragile équilibre de la ville de la petite communauté va alors voler en éclat.

Un résumé alléchant. Malheureusement les premières incohérences pointent rapidement le bout de leurs nez. Elles sont beaucoup trop longues pour être toutes citées mais notons le prisonnier célèbre dans le monde entier alors que le programme est censé être secret. Le shérif qui se demande qui lui envoie des fax alors que peu de gens connaissent le numéro, sérieusement mec . On peut ajouter aussi les amnésies élastiques qui s’éclipsent en un éclair ou encore les règles très flexibles du laboratoire qui finissent d’enterrer la crédibilité du récit.

Je reproche aussi à l’auteur une narration paresseuse qui le pousse à révéler des éléments primordiaux de l’intrigue par le biais de chapitres introspectifs qui gâche tout le suspens et font des personnages de simples spectateurs d’un drame sans tension ni suspens. Il n’y a donc pas vraiment d’enquêtes, ni de véritables révélations car malheureusement les éléments de l’intrigue se devine très vite. À tel point que l’on a envie d’interpeller les personnages pour les secouer et qu’ils ouvrent enfin les yeux.

Un château de cartes qui s’écroule très vite.

Résumé: Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.
En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

  • Éditeur ‏ : ‎ Super 8 éditions (11 octobre 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 432 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2370561114
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2370561114
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.7 x 20 cm

Janvier noir d’Alan Parks, prêt à bouffer du bitume ?

Janvier noir et le premier tome d’une saga policière qui se veut noire, urbaine et dotée d’une atmosphère glauque et désespéré sans concession.

Le personnage principal, l’inspecteur McCoy, est l’atout principal de ce polar urbain. Un personnage nuancé par une teinte de gris tirant fortement vers le noir qui le rendent attachant. Une enfance traumatisante dans un orphelinat, une tendance à s’emporter, une passion préjudiciable pour des substances illicites et une accointance avec les milieux mafieux constituent un personnage de flic original et borderline. Un personnage qui avance constamment sur le fil du rasoir et regarde le gouffre qu’il traverse en rigolant à gorge déployée.

La ville de Glasgow finit de planter le décor de l’ouvrage. Les peintures utilisées par l’auteur pour dépeindre la ville renforcent l’atmosphère lourde et lugubre. Le noir de la fumée industrielle, le gris des trottoirs qui crachent leur misère et le rouge des victimes, beaucoup de rouge. Une palette de couleurs pas super diversifiée mais évocatrice. Le tableau final forme une toile qui sent le whisky et la fumée de cigarette.

Le seul bémol que je pourrais apporter à ma lecture concerne l’intrigue en elle-même, qui après une amorce originale retombe très vite vers le classique avec une fin convenue et grand public. Le noir tableau d’Alan Parks mérite sans doute une intrigue moins ambitieuse mais plus original, plus surprenante dans son dénouement. Mais cela n’enlève rien aux qualités de ce polar urbain qui frappe fort avec ce premier volume.

Résumé: Premier opus d’une série mettant en scène l’inspecteur McCoy et son adjoint Wattie dans le Glasgow des années 1970, sur fond de musique, drogues et gangs, dans la lignée de William McIlvanney. Quand une jeune femme est abattue par un garçon de 18 ans en pleine rue à Glasgow non loin de la gare routière, l’inspecteur Harry McCoy y voit autre chose qu’un acte de violence isolé. Son enquête le met sur la piste d’un réseau de drogue et surtout l’amène à croiser la route de Teddy Dunlop, fils dégénéré d’une riche famille de Glasgow, qui fait la pluie et le beau temps dans la ville. 

  • Éditeur ‏ : ‎ EDITIONS PAYOT & RIVAGES (7 mars 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 365 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2743643056
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743643058
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.9 x 2.6 x 22.7 cm

Ni vu ni connu – 10 juin 2021 de Jeffrey ARCHER

William Warwick a été promu et intègre la brigade des stupéfiants. Ses membres ont pour objectif prioritaire d’appréhender Assem Rashidi, le fameux baron de la drogue du sud de Londres, connu sous le nom de La Vipère.

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Chronique : Jeffrey Archer revient avec un nouveau roman exceptionnel de la série William Warwick. Ramenant les lecteurs à l’époque glorieuse des années 1980, ce roman policier procédural en impressionnera plus d’un, en particulier ceux qui ont une grande affinité avec les Chroniques de Clifton d’Archer.

William Warwick a reçu un cadeau rare au travail : une promotion au grade de sergent-détective, attendue depuis longtemps. Cependant, cette promotion s’accompagne d’un transfert à la brigade des stupéfiants pour une affaire intense qui pourrait lui apporter une grande notoriété. De grandes quantités d’héroïne ont fait leur apparition à Londres, une drogue qui a paralysé l’Angleterre de 1986 et provoqué des vagues au sein de la police métropolitaine.

La promotion de Warwick amène un nouveau membre dans l’équipe, le DC Paul Adaja, dont l’intérêt pour le travail bien fait ouvre la voie à une addition réussie à l’équipe. Grâce à la poignée d’informateurs confidentiels à leur disposition, Warwick et l’équipe apprennent qu’il y a une réunion hebdomadaire qui pourrait donner lieu à de nombreuses arrestations, bien que l’emplacement de la Viper reste un secret bien gardé. Au cours d’une série de folles poursuites en voiture, Warwick n’est pas le plus malin lorsqu’il s’agit d’attraper ce gros poisson, mais il refuse d’abandonner trop vite.

Sur une note plus personnelle, Warwick et sa fiancée, Beth, sont impatients de partager leurs noces, planifiant une petite cérémonie qui s’avère être tout sauf calme. Le célèbre cerveau criminel, Malcolm Faulkner, se fait connaître et tente de détruire toute crédibilité de Warwick, bien que le pouvoir de l’amour semble l’emporter.

Lorsque l’on apprend que Faulkner est sur le point de recevoir une cargaison de drogue qui pourrait le mettre hors d’état de nuire dans un avenir proche, tout le monde est sur le pont pour faire le coup. Faulkner crie au scandale et fait tout ce qu’il peut pour empêcher les changements, bien que l’équipe de procureurs ne soit autre que Sir Julian et Grace Warwick, le duo père et sœur de notre bien-aimé William. L’affaire suit son cours et le jury est constitué, laissant les tribunaux décider du sort de Faulkner une fois pour toutes.

Lorsque Warwick découvre l’endroit où se trouve le Nid de Vipère, il s’empresse de s’y précipiter, même si l’arrestation ne sera en aucun cas pacifique. Les pertes pourraient être massives car ce sont les plus durs des durs, mais Warwick apprendra vite que c’est le dernier de ses soucis. Divertissant de bout en bout, Archer montre qu’il est toujours au sommet de son art.

Je suis depuis longtemps un fan de presque tout ce que Jeffrey Archer met sur papier, ayant amassé une grande quantité de romans de grande qualité. Cette nouvelle série, qui est en fait le recueil d’écrits auquel il est fait référence à plusieurs reprises dans les Chroniques de Clifton, se déroule peut-être dans les années 1980, mais elle peut facilement retenir l’attention des amateurs de thrillers.

William Warwick est de retour et incarne un merveilleux protagoniste. Bien qu’il soit un flic raisonnable, sa nature extravertie le rend attachant pour beaucoup. Toujours à l’affût de la prochaine percée dans une affaire, Warwick exerce sa magie comme seul Jeffrey Archer pourrait le faire. Avec ses liens étroits avec sa famille et son lieu de travail, le personnage de Warwick se développe tout au long de cette pièce et certains indices laissent penser qu’il devra se diversifier dans le prochain roman, car il est certain qu’il assumera un ou deux nouveaux rôles.

Archer réussit également à développer certains de ses personnages secondaires, qui contribuent sûrement à enrichir l’histoire de plusieurs façons. Qu’il s’agisse des autres membres du clan Warwick ou de ceux qui travaillent au sein du Met, chacun d’entre eux enrichit le récit de manière efficace et fait progresser l’intrigue toujours en cours d’élaboration d’Archer. Alors que certains sont des personnages récurrents, il y a une poignée de personnages uniques et forts, qui gardent le lecteur diverti tout au long du livre.

Le livre s’avère très divertissant, faisant progresser la série tout en restant très réaliste. Se déroulant à la fin des années 1980, Archer utilise cette toile de fond pour développer une histoire forte avec de nombreuses intrigues qui ne manqueront pas de tenir le lecteur en haleine. Le livre ne donne pas l’impression d’être  » daté « , même si le manque de technologie mentionné ne manquera pas d’être remarqué par ceux qui parcourent le récit. Archer utilise son merveilleux style pour emmener le lecteur dans ce voyage tordu, tandis qu’il se perd dans ce récit fort. Avec des chapitres de longueur décente, Archer utilise son style pour injecter des détails dans l’histoire, laissant le lecteur s’imaginer les choses au fur et à mesure qu’elles se produisent. Les cliffhangers sont omniprésents et le développement de certaines intrigues secondaires rend l’attente du prochain livre indispensable.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (10 juin 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695760 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695763

Pour tout te dire – 10 juin 2021 de Gilly MACMILLAN

Le talent d’écrivaine de Lucy Harper lui a tout donné : la gloire, la fortune et des fans par millions. Il lui a aussi donné Dan, son mari jaloux dont la carrière d’écrivain est au point mort.

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Chronique : S’il est bien écrit, un narrateur non fiable ajoute un élément d’excitation à un roman. Une couche supplémentaire de mystère et de suspense. Une touche de folie. Il nous oblige, en tant que lecteurs, à réfléchir de manière complexe, à relier les pièces du puzzle et à tirer des conclusions indépendantes. Notre esprit est mis à contribution, pour ainsi dire.

Et si vous appréciez autant que moi le défi que représente un narrateur peu fiable, alors le dernier roman policier de Gilly Macmillan, Pour tout te dire est peut-être le livre qu’il vous faut.

Lucy Harper, auteur de romans policiers à succès, a une carrière florissante et de nombreux admirateurs. Sous le regard plein de ressentiment de Dan, son mari et collègue écrivain, Lucy travaille d’arrache-pied pour mettre la touche finale au prochain épisode de sa série très populaire de romans policiers

Lorsque Dan disparaît brutalement une nuit, les souvenirs d’une autre disparition refont lentement surface pour Lucy. Des souvenirs datant d’il y a plus de trente ans. Des souvenirs de la disparition de son petit frère, Teddy. N’ayant jamais été retrouvé, la perte de Teddy hante sans cesse Lucy, d’autant plus qu’elle était, lorsqu’elle était jeune fille, le seul témoin du crime.

Soupçonnée d’avoir fait du mal à Dan, Lucy se lance dans une course pour élucider sa disparition et celle de Teddy. Tout en conciliant courageusement les dures réalités du présent et ses souvenirs tourmentés du passé.

Pour commencer, Pour tout te dire a largement dépassé mes attentes. N’ayant jamais lu un roman de Macmillan, je n’avais aucune idée que j’allais avoir une lecture aussi formidable. Elle a créé un mystère extrêmement captivant et atmosphérique. Il est tendu et captivant.

Le roman se compose de deux arcs narratifs distincts : la disparition actuelle de Dan et la disparition passée de Teddy. La majeure partie du roman est consacrée à Lucy et à ses efforts pour retrouver Dan, mais de courts chapitres sont parfois intercalés et consacrés à la nuit de la disparition de Teddy. Les intrigues indépendantes et tournantes fonctionnent efficacement, les récits du passé et du présent étant tous deux captivants.

Et l’écriture de Macmillan est sans aucun doute impressionnante. Sa prose est soignée. Intelligente. Tout indique que Macmillan est un auteur expérimenté et doué.

Elle vous tient également en haleine. Le lecteur est toujours laissé dans l’expectative, toujours incertain de la direction que prend le roman. Macmillan ne montre jamais qu’un aperçu fugace des cartes qu’elle a en main, ce qui rend délicat, voire presque impossible, la résolution de l’un ou l’autre des deux principaux mystères.

Je dois cependant signaler que l’intrigue générale de Pour tout te dire me semble un peu familière. L’histoire n’a rien de révolutionnaire ou de nouveau, et elle est amplement remplie de nombreux tropes typiques du genre. Cependant, la qualité de l’écriture et le caractère passionnant du roman font qu’il est facile de faire abstraction de cette intrigue plutôt basique et recyclée.

De plus, Lucy aide. La médiocrité de l’intrigue est rapidement oubliée une fois que vous êtes plongé dans son esprit fascinant. Elle est le classique narrateur peu fiable, à la fois frustrant et intriguant. Sa santé mentale et sa stabilité émotionnelle sont douteuses. Elle est malhonnête, trompeuse et secrète. Une minute, elle est aussi forte qu’un lion. La minute suivante, elle est timide comme une souris. Et elle dégage une aura de paranoïa omniprésente, qui renforce la tension du roman et brouille les pistes de la vérité.

Lucy donne lieu à une lecture amusante. Pour être sûr.

La seule véritable critique que j’ai à formuler à l’égard du roman concerne la fin. Bien que totalement inattendue, la solution de l’un des mystères est presque trop surprenante et aléatoire. Si certains lecteurs peuvent apprécier la fin pour le simple fait qu’elle est si surprenante, j’ai trouvé que son manque de lien avec l’histoire passée ou présente était déroutant et, à certains égards, absurde.

TPour tout te dire étant mon premier roman de Macmillan, je ne suis pas en mesure d’évaluer la qualité de ce livre par rapport à ses précédents mystères. Mais je sais que, dans l’ensemble,

C’est intelligent. C’est captivant. Il est très divertissant.

Et ce ne sera certainement pas le dernier roman que je lirai de Gilly Macmillan.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (10 juin 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 368 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695655 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695657

Dans la vallée décharnée de Tom Bouman, un hymne rural et mélancolique

Ce premier tome d’une nouvelle saga policière nous introduit dans une campagne américaine pleine de charme et de ténèbres, ainsi qu’un héros au passé trouble, vétéran de guerre et veuf.

L’atmosphère est très réussie on sent l’amour de la nature, les grands espaces, les forêts et les montagnes. Le personnage d’Henry Farrell que l’on va suivre tout au long du récit est très bien construit. Son regard blasé de vétéran veuf permet d’appréhender les enjeux qui secouent la petite ville de Wild Thyme.

On découvre cette région préservée mais également source de profit en même temps que l’on en apprend en peu plus sur le passé difficile de ce flic de canton qui n’a qu’une marge de manœuvre réduite. Son dénuement matériel résonne avec notre propre impuissance à changer le cours des choses.

Le rythme est nonchalant et nous invite à profiter des descriptions de paysages. L’ambiance rurale est très bien retranscrite avec ces mentalités et ses débordements. Une atmosphère mélancolique qui prend le pas sur l’intrigue en elle-même sans que cela n’entache la qualité du récit.

Le dénouement est convenu et sans réel surprise mais oriente l’intrigue vers un sujet encore tabou dans les territoires ruraux. Un premier tome honnête pour une saga qui possède un fort potentiel.

Résumé: Henry Farrell est le seul flic de Wild Thyme, une petite ville perdue dans le nord de la Pennsylvanie. Le genre de coin où il ne se passe pas grand-chose, mais vous savez ce qu’on dit de l’eau qui dort. Au début, Henry se voyait partager son temps entre parties de chasse et soirées à la coule, mais les compagnies pétrolières se sont mises à chercher du pétrole dans le coin, elles ont fait des chèques, et l’ambiance entre voisins s’en est ressentie. Sans compter la drogue, bricolée dans des labos de fortune cachés dans les bois. Henry connaît bien les mecs, il est allé à l’école avec eux. Alors quand on retrouve un cadavre sur les terres d’un vieux reclus, Henry comprend qu’il peut s’asseoir une bonne fois pour toutes sur ses rêves de tranquillité.

  • Éditeur ‏ : ‎ Actes Sud (7 février 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2330081863
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2330081867
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 13.6 x 2.6 x 21.5 cm

Le manteau de neige de Nicolas Leclerc, il manque une épaisseur à ce manteau…

Il manque une couche d’épaisseur à ce manteau…

Il m’a manqué quelque chose pour être complètement emporter par ma lecture. Le style de l’auteur m’a paru convenu et pataud. Les dialogues sont poussifs et mécaniques. Les personnages m’ont irrité au début du récit. Katia et sa mère souffraient de stéréotypes m’empêchant de ressentir de l’empathie pour leur drame familial.

Heureusement cela s’arrange lorsqu’elle commence à se prendre en main et à affronter les ténèbres qui cherchent à s’emparer d’elles. Les personnages prennent enfin un peu d’épaisseur.

L’intrigue est plaisante mais sans réelle surprise. Une fois l’élément fantastique établi elle suit son cours de manière somme toute classique à ce genre de thriller fantastique. Cependant, malgré quelques scènes où l’atmosphère se fait pesante, le récit ne se pare jamais de se voile lyrique qui distingue les scénario de téléfilms des véritables récits littéraires.

Je reconnais à l’auteur un certain don pour instaurer une ambiance glauque, notamment à la fin de l’ouvrage mais cela ne suffit pas pour faire de son manteau de neige une couverture suffisante pour réchauffer mon corps de lecteur.

Résumé: Katia est haptophobe : elle ne peut supporter aucun contact physique. Ses parents ont tout tenté depuis son enfance, médecins, psys, guérisseurs, rien n’y fait. Mais le malaise de Katia prend une ampleur plus inquiétante lorsque son grand-père est sauvagement assassiné par sa femme. Un détail cloche cependant : cette dernière était dans un état végétatif depuis 30 ans…

  • Éditeur ‏ : ‎ Le Seuil (6 février 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2021426904
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021426908
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 380 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14.1 x 2.6 x 22.5 cm