Une certaine idée du Paradis – 16 septembre 2020 de Elisabeth Segard

Chacun a son idée du paradis dans la charmante bourgade de Mouy-sur-Loire en Touraine. Madame le maire, d’abord, qui se bat pour faire de sa commune un territoire attractif. L’abbé Marcel, qui parvient à remplir son église, quitte à user d’astuces peu orthodoxes. Violette Laguille, vieille dame très discrète – pour faire oublier, peut-être, un passé trop flamboyant. Et aussi sa voisine, Nathalie, une citadine venue s’installer dans ce beau village pour y ouvrir un gîte alternatif et offrir des stages de pleine conscience.

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Chronique : Une certaine idée du Paradisn’est pas seulement un roman policier, c’est un roman plein d’esprit, humoristique et sombre, qui crée une forte dépendance et qui ne peut être rejeté.
J’ai adoré ce livre qu’on finit par parcourir les pages de façon addictive et en perdant la notion du temps. Les personnages sont si uniques et différents. Il n’y a personne que l’on n’aime pas et même si l’histoire est basée sur l’humour et la langue de bois, l’auteur couvre toujours les émotions avec sympathie et on se retrouve avec un ensemble qui dépasse de loin tout simple roman policier.

Un mystère à résoudre donc, mais pas tout à fait pour le lecteur puisque nous savons à peu près ce qui s’est passé dès le départ. Mais les personnages de cette histoire sont tous si incroyablement imprévisibles, qu’il n’y a aucun moyen de savoir ce qu’ils vont faire ensuite ou même si leurs actions seront couronnées de succès. C’est la moitié du plaisir. Mais il y a aussi un aspect plus sérieux à l’histoire. Celle des habitants de cette communauté endormie, avec leurs ambitions et leurs rêves d’une vie meilleure, qui saisissent désespérément les occasions de changer les choses. Merveilleusement bizarre, fabuleusement drôle et extrêmement divertissant.

Note : 9,5/10

L’arbre aux fées de R. Michael Radburn, un voyage enchanteur empreint d’une poésie mélancolique

Ce polar australien est à l’image du véhicule de fonction de ce brave ranger Taylor Bridges. Il met un peu de temps à démarrer mais une fois lancer la conduite est agréable, sans parler de l’intérieur confortable grâce à une mélancolie omniprésente.

Le début du récit est en effet un peu poussif comme si le moteur avait un peu de mal à démarrer. Il faut dire que l’auteur doit nous introduire un décor extraordinaire, l’île de Tasmanie, et plus précisément la ville de Glory crossing. Un décor crépusculaire, menacé de disparaître où la neige recouvre le paysage tel un linceul. Mais l’auteur doit aussi nous présenter son personnage principal, un père ravagé et hanté par la disparition de sa fille et pour qui cette nouvelle affectation est autant un refuge qu’un exil. Il faut donc un peu de temps pour se laisser imprégner par la mélancolie qui se dégage de ce démarrage un peu lent.

Le moteur s’allume enfin et la magie opère. En accompagnant le ranger durant ces virées à travers Glory crossing on découvre un décor protéiforme, entre paysages ruraux hivernaux, maisons abandonnées par ses habitants et cimetière à moitié englouti duquel certains cerceuils refont parfois surface. Une atmosphère particulière plane ainsi sur le récit, fait de mélancolie et de tristesse. Une atmosphère de fin de monde que la plume de l’auteur illumine d’une grâce féerique. Un style qui donne la sensation d’être dans un vieux véhicule qui a atteint son rythme de croisière et dont l’habitacle est un véritable cocon protecteur dans lequel on assiste en toute sécurité au drame qui se joue à l’extérieur.

La vitesse se fait subitement ressentir alors que l’enquête prend une tout autre ampleur. La galerie de personnages est atypique entre l’ermite des bois, le doux dingue incapable de jeter le moindre journal et l’inspecteur venu du continent dont le passe-temps est la spéculation d’antiquité, l’auteur nous offre de beaux portraits d’êtres fracassés par la vie et dont les souffrances font écho à celle de Taylor. Là encore la plume de l’auteur fait des merveilles, il parvient à rendre attachant ces personnages tout en conservant leur aura inquiétante qui les anime.

Une fois que le land rover de vingt ans d’âge a atteint son rythme de croisière, la frénésie propre à toute enquête criminelle ne nous quitte plus jusqu’au dernier acte. La résolution n’a rien de renversant, la poésie mélancolique qui imprègne l’ouvrage n’empêche pas de tirer ses propres hypothèses, mais a le mérite d’être solide et offre une ultime séquence empreinte d’une touche de fantastique incongru mais qui s’accorde plutôt bien à l’ambiance générale du récit.

Arrivé à destination on quitte le véhicule sereinement, confiant dans les fées qui seront sans nul doute se pencher à nouveau sur l’auteur afin qu’il nous conduise vers des contrées que sa plume poétique embellira à coup sûr.

Résumé: Taylor Bridges, un ranger australien, est hanté par la disparition de sa fille Claire, huit ans. Son couple a volé en éclats et pour cesser de ruminer son chagrin, il demande sa mutation en Tasmanie. Dès son arrivée dans la petite bourgade de Glorys Crossing, Drew, une fillette du même âge que Claire, disparaît également. Taylor y voit une coïncidence avec son propre malheur et mène une enquête au sein d’une population pour le moins hostile. Une initiative qui déplaît à O’Brien, le chef de la police locale. Taylor, convaincu que Drew est vivante, poursuit ses investigations et apprend que d’autres petites filles ont disparu avant elle. Avec l’aide de Grady, un inspecteur du continent envoyé sur place, Taylor découvre une île aux secrets bien gardés…

  • Poids de l’article : 280 g
  • Broché : 320 pages
  • ISBN-10 : 2021417808
  • ISBN-13 : 978-2021417807
  • Dimensions du produit : 14.7 x 2.2 x 22 cm
  • Éditeur : Le Seuil (12 septembre 2019)

Tout un été sans Facebook de Romain Puertolas, Saint réseau social délivre nous du mal

Il y a des choses plus difficiles que d’écrire un roman policier humoristique mais elles sont peu nombreuses. Écouter un album de Jul en entier ou retenir les noms de toutes les stations de métro par exemple. Romain Puertolas manie cet art délicat de nous faire rire de manière intelligente tout en nous contant une histoire qui, sans être renversante, se révèle solide et efficace.

Tenir en haleine le lecteur sur plus de trois cents pages avec un propos humoristique n’est pas chose aisée. Il faut savoir équilibrer entre la narration, l’humour et les personnages. Dans cet été sans Facebook l’auteur a opté pour un humour frontal frôlant parfois avec l’absurde mais toujours amené finement et au service d’une histoire qui fait passer un agréable moment tel un bon gros dont dont on savourerait chaque bouchée. On y retrouve tous les ingrédients d’une comédie, une galerie de personnages alliant stupidité et effronterie, des gags de répétitions, des situations rocambolesques, des références culturelles intelligemment placées et du name-dropping littéraires ce qui n’est pas si courant. Un humour omniprésent dans les dialogues, où les personnages se font passer pour plus bêtes qu’ils ne le sont car derrière ces mines affables et ces répliques absurdes se dissimule une certaine malice.

Si l’on pourrait craindre que l’humour prenne le pas sur la narration il n’en ait heureusement rien, l’auteur sait où il veut mener le lecteur et son récit s’apparente parfois à un énorme jeu de piste parcouru par des écureuils radioactifs qui divertissent le regard du lecteur pour mieux l’empêcher de voir l’évidence. À grand coups de références littéraires l’auteur parvient à draper son été sans Facebook d’une profondeur insoupçonnée grâce à la présence du personnage Agatha Crispies.

Ce personnage principal est un véritable bol d’air frais. À contre-courant de tous les modèles que l’on a l’habitude de lire ou de voir. Bien en chair, pour ne pas dire obèse, toujours avec un donut à la main, ou plutôt dans la bouche, ce petit bout de femme qui semble avoir oublié toutes les bonnes manières et qui possède ses propres techniques d’enquêtes nous entraîne avec elle dans un périple qui ne connaîtra aucun temps mort tout en tentant de distiller autour d’elle sa passion pour les grands classiques.

S’il n’y a rien à relever en ce qui concerne la plume de l’auteur, fonctionnelle et au service du récit, il faut quand même souligner la volonté de l’auteur de nous faire comprendre avec malice, en conjuguant culture populaire et littéraire, que rien n’est jamais ce qu’il semble être. Une évidence que malheureusement, à l’heure des réseaux sociaux, des polémiques éclairs et des jugements à l’emporte-pièce, beaucoup ont encore tendance à oublier.

Résumé: Mutée disciplinairement à New York, Colorado, un petit village du fin fond de l’Amérique, raciste, sans couverture mobile et où il ne se passe jamais rien, la lieutenant de police de couleur noire, à forte corpulence, Agatha Crispies a trouvé un échappatoire à son désœuvrement dans l’animation d’un club de lecture au sein du commissariat. Mais alors qu’elle désespérait de pouvoir un jour enquêter à nouveau sur un meurtre autre que celui d’un écureuil, une série d’effroyables assassinats et disparitions viennent (enfin) troubler la tranquillité des lieux, mettant à l’épreuve ses connaissances littéraires. Puértolas signe un drôle de thriller loufoque, un poilar !

  • Broché : 380 pages
  • ISBN-13 : 978-2842639075
  • ISBN-10 : 2842639073
  • Dimensions du produit : 14.1 x 3 x 20.4 cm
  • Éditeur : Le Dilettante (29 avril 2017)

Les petites filles de Julie Ewa, restez en France il n’y a rien à voir

De bon retour sur les blogs et les réseaux sociaux, une quatrième de couverture qui promet un voyage dans un pays dont on entend souvent parler, surtout en ce moment, une enquête bien glauque sur fond de trafic d’enfants. Il n’en fallait pas plus pour que je me lance dans la lecture des petites filles de Julie Ewa .mal m’en a pris, j’aurais mieux fait de rater l’avion.

Commençons par le personnage principal, une jeune femme Lina, elle est belle mais elle ne le sait pas, elle est célibataire mais par choix, elle a une blessure profonde qui remonte à son enfance et qui explique son caractère renfermé et solitaire, elle se méfie des hommes qui sont tous des pervers en goguette évidemment. En une trentaine de pages l’auteure a fait cocher toutes les cases de l’héroïne moderne à qui on ne la fait pas à son personnage mais en oubliant d’y ajouter un soupçon d’originalité, ce qui la rend proprement insupportable. Ah et son meilleur ami est gay forcément.

Ensuite le voyage. Les descriptions sont peu nombreuses et pas assez étayées, qu’est-ce donc que les roches karstique dont on parle deux fois dans l’ouvrage ? Il ne faudra pas attendre de réponse de la part de l’auteure. Le village, où se situe la majeure partie de l’action, est assez bien décrit cependant et rend une ambiance carte postale credible mais le reste du voyage est plat, tout comme la plume de l’auteure mais les envolées lyriques ce n’est pas non plus ce que l’on attend de ce genre d’ouvrage me direz-vous. Le récit aborde frontalement les divers problèmes liés à l’enfance en Chine, la loi sur l’enfant unique, les abandons, les avortements forcés, le travail des enfants et la place de la femme dans une société qui se développe plus vite que sa population ne peut l’assimilé. L’auteure nous offre un panorama sordide mais malheureusement réaliste de la situationdes filles au pays du soleil levant. Rien de transcendant dans le propos mais les faits permettent de remettre les pendules à l’heure dans nos esprits d’Occidentaux.

La double temporalité. Oui ça aussi il va falloir en parler. C’est un procédé éminemment dangereux car il peut casser le rythme du récit, diluer la tension et provoquer une redondance dans la narration. L’auteure s’en tire plutôt bien sur la question du rythme, aidé en cela par des chapitres très courts. Le récit se lit facilement et les deux intrigues contiennent suffisamment d’éléments pour ne pas se parasiter. Mais la présence d’éléments connue dès le début dans l’un des récits entraîne forcément des révélations dans le second qui tombent à plat, sans parler de celles que l’on avait vues venir de trop loin. Malgré de gros efforts l’auteure n’est pas parvenu à me surprendre une seule fois.

Reste le gros problème que représente le final, complètement raté. C’est quand même formidable d’introduire une héroïne sur plus de 300 pages, de nous expliquer comment elle est courageuse téméraire et qu’elle sait aussi distribuer quelques droites lorsque la situation l’impose pour l’écarter complètement lors du dernier acte. Elle n’est même pas spectatrice, non elle est juste absente, écartée d’un final inutilement glauque et cruel, alors que l’intrigue est exempt de gore jusque là. L’auteure a sans doute voulu se raccrocher à la tendance gore assez présente dans le polar féminin au début des années 2010 en enchaînant les scènes gores et cruelles mais oublie du coup de mettre en scène son héroïne et qu’un bon polar n’est pas forcément des passages glauques sans fondements.

Le voyage terminé, et après que l’auteure est enfoncée toutes les portes ouvertes du polar bien rythmés, bien glauque et bien bourrin mais sans rien apporter de neuf au genre il ne me tarde qu’une chose c’est que l’avion quitte le tarmac pour ne plus jamais pénétrer dans cet espace aérien bien triste.

Résumé: Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d’enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle…

Réseaux d’adoption clandestins, mafias chinoises, trafics d’organes, prostitution… oscillant entre passé et présent, un thriller dépaysant, remarquablement documenté, qui nous conduit au coeur d’une Chine cynique et corrompue où la vie d’une petite fille ne vaut que par ce qu’elle peut rapporter.

  • Broché : 416 pages
  • ISBN-10 : 2226322728
  • ISBN-13 : 978-2226322722
  • Dimensions du produit : 14.8 x 3 x 22.5 cm
  • Éditeur : Albin Michel (4 janvier 2016)
  • Poids de l’article : 358 g
  • Langue : : Français

L’horizon qui nous manque de Pascal Dessaint, chroniques social tirant vers le brun

Une courte chronique pour un court roman 220 pages à peine, un roman vendu comme un roman noir mais qui se rapproche plus de la chronique social teintée de folie et de violence.

S’il faut ranger chaque roman dans la catégorie assez brumeuse de roman noir dès qu’un crime est commis ou que des policiers ou gendarmes interviennent dans l’intrigue cela me paraît un critère un peu facile. Ce récit, plaisant au demeurant, n’a que de fragile attache avec le roman noir.

L’auteur nous brosse le portrait de trois êtres échoués sur le rivage de la société moderne française. Pour diverses raisons, ces deux hommes et cette femme vont se créer un refuge où ils pourront échapper aux furies du monde moderne. Lucille sera le pivot autour duquel va s’articuler ce récit, trentenaire désabusée, trahie, en perte de repères. Ces chapitres seront l’occasion d’une contemplation mélancolique au milieu des dunes délaissées. Malgré l’inertie de l’intrigue durant ces passages, on prend plaisir à écouter la complainte de cette jeune femme paumée comme on réconforterait une amie autour d’un chocolat chaud.

Les deux autres personnages sont tout aussi finement décrits, Anatole, dont l’esprit fantasque n’est pas formaté pour vivre selon les codes de la société de consommation, endosse le rôle de vieil ermite bourru au cœur pas si dur, quoique ça dépend des saisons. Loïk est une boule de nerf constamment sur le fil du rasoir qui mène à la violence déchaînée, un guerrier qui n’a pas su trouver sa bataille et qui du coup se retourne vers tous ceux qu’il pense être ses ennemis.

L’aspect noir mis en avant par l’éditeur survient tard dans le récit et reste relativement subjectif, il manque peut-être un événement suffisamment puissant pour transcender le récit, souder véritablement le trio et transformer l’intrigue en roman noir proprement dit. En l’état l’auteur propose une élégante balade sur les rives de la Manche en compagnie d’un trio attachant mais dont les membres vivent leurs galères chacun de leurs côtés àpartàdeux ou trois événementsprès, teinté d’une poésie désenchantée et d’un humour à froid pour nous rappeler que la vie laisse peu de place aux esprits hors normes ou qui pensent à contre-courant.

 » quand je nous voyais, être sans vraiment l’être à nos petites affaires, je me disais que c’était aussi un drôle de hasard de nous retrouver ensemble sur terre, à cet endroit-là, pas à un autre, et pour espérer quoi ?

Peu à peu, je me suis aperçue – il s’agissait d’un sentiment irrationnel, comme une gêne prémonitoire – que nous vivions dans l’attente du pire.  »

Résumé: la jungle de Calais vient d’être démantelée et Lucille, qui avait plaqué son métier d’enseignante pour venir en aide aux migrants, se retrouve désemparée. Cherchant un « point de chute », elle arrive chez un vieux loup solitaire nommé Anatole. Ce dernier lui loue une caravane sur son terrain. Anatole est chasseur. Il passe des heures à bricoler des oiseaux en bois destinés à servir de leurre. Il n’attrape jamais grand chose, mais rêver lui suffit. Une étrange relation se noue entre la jeune femme et le chasseur solitaire. Leur modus vivendi est bientôt bouleversé par l’arrivée de Loïk. Un gars qui a fait de la prison. Un impulsif. Imprévisible.

  • Broché : 219 pages
  • ISBN-10 : 2743648449
  • ISBN-13 : 978-2743648442
  • Dimensions du produit : 15.5 x 2 x 22.5 cm
  • Éditeur : EDITIONS PAYOT & RIVAGES (18 septembre 2019)
  • Langue : : Français

Les oubliées du printemps – 16 septembre 2020 de Nele NEUHAUS

Lorsque la policière Pia Sander est missionnée pour enquêter sur la mort du vieux Theodor Reifenrath, elle est loin de s’imaginer l’ampleur que va prendre l’affaire. En effet, de nombreux ossements humains sont retrouvés sur la propriété du vieil homme.

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Chronique : Le propriétaire Theo Reifenrath est retrouvé mort sur son vaste domaine. Au début, il n’est pas clair si Theo est mort par accident ou par une influence extérieure. Cependant, lorsque des os humains sont trouvés par hasard dans la zone extérieure de sa maison, l’affaire prend une tournure inquiétante. Reifenrath était-il un tueur en série longtemps recherché ? Les traces conduisent à de nombreux cas de disparition, dont certains remontent à de nombreuses années.

Les oubliées du printemps est le neuvième volume de la série . Bien que les personnages eux-mêmes continuent à se développer dans les livres, les cas sont chacun achevés, de sorte qu’il serait possible de lire les livres sans ordre chronologique.

Comme ce n’était pas mon premier Neuhaus, je savais déjà à quoi m’attendre. Neuhaus a une façon très calme de construire l’histoire. Tout commence très lentement et nous accompagnons beaucoup de travail d’investigation. Cela m’a parfois coûté une certaine tension dans les volumes précédents, mais dans « Les oubliées du printemps », j’ai été captivé du début à la fin. Je ne sais pas si c’est à cause de l’affaire elle-même ou si je me suis juste échauffé très lentement avec les personnages. Mais surtout, Pia s’est maintenant,, ouverte à moi bien mieux qu’auparavant.

En dehors de nos deux enquêteurs, nous avons à nouveau beaucoup de personnages secondaires à gérer. J’avais déjà le sentiment qu’il y aurait à nouveau beaucoup de personnages, quand au début du livre 3 pages résumaient les personnages. En soi, c’est assez utile. Comme Nele Neuhaus a rempli tout un village de vie ici à nouveau, certains personnages sont juste moins importants que d’autres, mais il faut rester sur la balle pour se souvenir de tous à mi-chemin. Certains chiffres étaient plus faciles à mémoriser que d’autres, qui restaient plutôt pâles. Les enchevêtrements dans le village, qui est lié à qui, qui est lié à qui, etc. étaient également très complexes, surtout à cause des gardiens.

Le thème des familles d’accueil a été traité de manière très intéressante. On souhaiterait que tout cela ne soit que de la fiction, mais malheureusement, le portrait n’est probablement pas si éloigné de la réalité. Dans l’ensemble, j’ai vraiment beaucoup aimé « Les oubliées du printemps » et c’est le moment fort de la série jusqu’à présent. Tout était parfait pour moi ici – le développement de nos enquêteurs, la représentation de tous les personnages importants et l’affaire elle-même.

Note : 9,5/10

Requiem pour un diamant – 17 septembre 2020 de Cécile CABANAC

Ce matin, la DRPJ de Versailles fourmille déjà. On vient de leur signaler un meurtre…

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Chronique : Ce roman est la suite du dernier livre de Cécile CABANAC: Des poignards dans les sourires sorti en 2019 On retrouve les personnages du précédent opus.
Avec Cabanac, le style est simple et efficace. Les descriptions des lieux comme des situations sociales et politiques sont très réalistes Avec ce nouveau roman on poursuit l’histoire de Virginie Sevran et Pierre Biolet. Que vous avez lu où non le dernier roman, le lecteur pourra quand même plonger dans « Requiem pour un diamant ». L’auteure nous livre un Paris horrible loin des complexes hôteliers, partagée entre les souvenirs de certaines grandeurs passées . Une enquête à tiroirs avec un auteur au meilleur de sa forme qui nous offre un turn over des plus puissant et arrive à dépasser son premier tome.  Excellent thriller d’un auteur qui maîtrise à merveille tous les codes, les finesses, les subtilités de la trame narrative. du grand art, on en redemande déjà dés la dernière page tourner.

Note : 9,5/10

Le banquier de Daech – 3 septembre 2020 de Pascal Canfin

Il fait chaud à Paris quand un jeune journaliste reçoit un courrier pour le moins déroutant. Un ¬djihadiste français avéré lui communique des éléments afin de ¬l’inciter à enquêter sur le financement de Daech. Est-ce un leurre ? Pourquoi a-t-il été choisi pour cette «?¬mission?»?? Quels risques est-il prêt à prendre?? Thomas devra d’abord se rendre à la City de Londres, où il découvrira un système bien huilé et glaçant de cynisme et d’efficacité, puis à Beyrouth, qui lui fera vivre de plein fouet la cruauté que cet «?État?» islamique réserve à ceux qui peuvent lui être utiles. Il ne sortira pas indemne de cette course contre la montre aux enjeux si complexes et aux répercussions pour le moins troubles.

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Chronique : Pour cette rentrée litteraire Pascal Canfin nous offre un récit empli d’humanité dans lequel l’auteur glisse des regards grinçant et sec avec le regard naïf d’hommes peu habitués à nos styles de vie. Un récit sur des chemins de vie où parfois la providence est inattendue, où souvent chaque acte de solidarité aide à avancer, où l’on perd la foi mais jamais l’amitié, où le sacrifice reste le seul moyen de sauver des vies. Un sujet d’actualité qui mérite bien plus que ce petit livre, qui traite du problème ou mieux des énormes problèmes de l’embrigadement.C’est un roman dont il  est difficile de parler, tant les scènes prennent aux tripes, peuvent choquer, révolter, mais invitent aussi le lecteur à comprendre et à porter un regard différent sur ce sujet dramatiquement d’actualité. Quelques passages d’humanité et d’empathie redonnent un brin confiance en l’homme, la fin est d’une force rare .

Note : 9,5/10

Le Silence de la ville blanche – 10 septembre 2020 de Eva Garcia SAENZ DE URTURI

Dans la cathédrale de Sainte-Marie à Vitoria, un homme et une femme d’une vingtaine d’années sont retrouvés assassinés, dans une scénographie macabre : ils sont nus et se tiennent la joue dans un geste amoureux alors que les deux victimes ne se connaissaient pas.

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Chronique : Je suis ravi de vous annoncer que Le silence de la ville blanche d’Eva García Seáenz de Urturi est le premier volume d’une trilogie, car une fois que vous aurez lu ce titre, vous en voudrez encore plus – et si vous êtes comme moi, vous espérerez que le processus de traduction se déroule rapidement et sans heurts.

Le postulat de base est le suivant : une série de meurtres datant d’il y a vingt ans semble recommencer à Vitoria, une ville du Pays basque espagnol. Mais l’homme condamné pour ces meurtres est sur le point d’être libéré sur parole, mais ne l’a pas encore été. Cela soulève les questions immédiates suivantes : a) a-t-il trouvé un moyen de poursuivre ses meurtres derrière les barreaux ? et b) était-il vraiment le coupable en premier lieu ?

García Seáenz de Urturi présente ce roman avec une série de rebondissements, de sorte que même lorsque le lecteur a compris une grande partie du mystère, il y a toujours des surprises en réserve. La distribution des personnages est large et engageante. Au centre se trouvent deux détectives de police – un homme et une femme – qui travaillent ensemble depuis des années. García Seáenz de Urturi crée une relation complexe et crédible entre les deux, qui équilibre les tensions et la confiance. Les personnages secondaires sont également bien développés. Certains sont sympathiques, d’autres moins, mais ils sont tous crédibles.

Ce livre vous donnera des brûlures d’estomac, car les inspecteurs sont dans une course constante contre la montre pour protéger et sauver les 25, 30, 35 ans etc… de Vitoria qui pourraient devenir les prochaines victimes, et résoudre l’affaire avant que Tasio ne soit libéré de prison. Surtout quand Kraken lui-même aura quarante ans…

La conclusion très rapide est suffisamment stupéfiante, même si toutes les pièces du puzzle étaient là, et le lecteur aurait pu deviner la choquante vérité. Mais ce n’est pas le cas, et le lecteur a lu les dernières pages avec la bouche béante d’étonnement.

La conclusion est suivie d’un épilogue, qui nous fait savoir que nous n’avons pas fini de voir La Ciudad Blanca. Le prochain livre de la série, Les Rituels de l’eau (Los Ritos Del Agua), apparaît en première page, et devrait être publié prochainement (le plus tôt sera le mieux)

Si vous aimez les mystères, en particulier les procédures policières, vous trouverez que Le silence de la ville blanche est un vrai cadeau : une longue lecture qui récompense le lecteur tout au long du récit.

Note : 9,5/10

L’Heure du diable (03 septembre 2020) par Patrick Bauwen

Chris Kovak est médecin, agoraphobe, incapable de sortir de chez lui. Quand un mystérieux patient le contacte, un compte à rebours meurtrier commence.

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Chronique : Avec ce nouveau livre Bauwen nous offre après le jour du chien et la nuit de l’ogre un roman qui gagne en profondeur et en force dans ce récit et qui est un de ses meilleurs livre dans le genre du thriller. Si vous n’avez jamais lu un de ses romans la trilogie de Chris Kovak est une bonne entrée dans le style de l’auteur.  Patrick Bauwen immerge son récit dans une histoire dur, proche de Se7en de Fincher qui frôle la démesure. Les idées qu’il emploie sont proches de la folie, souvent totalement absurdes, mais on se plonge dans le monde qu’il nous décrit car ce livre enchaîne les lieux comme  des plus étranges et des décors qui sont de plus en plus étranges. Les descriptions sont nombreuses et précises . Il faut réussir à suivre l’auteur dans cet univers où l’absurde qu’il nous est dépeint : mais c’est aussi au lecteur de rester terre à terre et de ne pas croire chacune des théories de ses personnages . À chaque page, le lecteur peut rencontrer une nouvelle trouvaille qui repousse encore plus loin des limites qu’on pensait atteintes depuis longtemps. Les idées partent vraiment dans tous les sens historiquement ou non. L’auteur joue avec la religion et la place de Dieu dans ce monde où les cultures ne savent ce que sait . Dans une histoire au rythme rapide et aux chapitres courts, il y a beaucoup de rebondissements, de faux-fuyants, et un niveau élevé de suspense et de tension. C’est une lecture fascinante, sombre, atmosphérique, avec un Chris Kovak qui capture habilement la nature et l’anatomie de la vie. Un roman plein d’intrigues et de surprises, qui aborde des sujets importants tels que le crime, le châtiment et la justice. Oh et attention à ne pas répandre les rumeurs et les commérages !

Note : 9,5/10