Des enfants trop parfaits de Peter James, un thriller trop imparfait

Peter James fait partie de ces auteurs best-sellers, auteurs d’une dizaines de thrillers à succès, à côté desquels je suis passé complètement à côté durant tant d’années. Il était temps de combler ce manque.

Je vais être honnête je ne m’attendais pas à grand grand-chose. La réputation de l’auteur et les différentes quatrièmes de couverture que j’ai parcourues dressaient le portrait d’un auteur de blockbuster facile d’accès et sans prise de tête. J’ai choisi cet ouvrage parmis les cinq qui figuraient dans les rayons de ma médiathèque. Le thème me paraissait prometteur et je pensais qu’avec un peu de chance une réflexion autour de l’eugénisme se développerait.

Et bien malgré mes attentes très basses l’auteur est parvenu à me décevoir sur tout les points. L’intrigue est plate et ne démarre qu’aux environs de la page 400, certains polars psychologiques ont un rythme plus frénétique que cette histoire. Si au moins l’auteur profitait de la mise en place interminable de son intrigue pour faire part d’un début de réflexion autour de l’eugénisme et de la procréation assistée mais non surtout pas il ne faudrait pas stimuler les neurones des lecteurs partiellement endormis.

Les personnages sont donc sans relief aucun. Je ne suis même pas parvenu à les détester tant leurs personnalités sont établies de manière maladroite. Le couple formé par Naomi et John est passif au possible et se contente du rôle de pion durant l’ensemble de l’intrigue. Les antagonistes qui orbitent autour d’eux ne sont pas mieux décrits, le docteur Dettore est prétentieux mais sa vision du monde et du futur de l’humanité reste brouillonne et sous-développés tandis que les inévitables fanatiques religieux sont justes très très méchants parce que jouer à Dieu c’est pas bien.

Pire l’auteur s’avère incapable de conclure décemment son intrigue et après plus de 500 pages d’incohérences et de longueurs, la fin abrupte s’avère aussi incompréhensible que l’ensemble de l’intrigue. Au moins c’est cohérent.

Je ne retiendrais qu’une chose de cette lecture décevante, je peux barrer le nom de Peter James de la liste des auteurs qu’il me reste à découvrir et c’est déjà ça de pris.

Résumé: Naomi et John ont perdu leur fils unique, emporté par une maladie génétique rare à l’âge de 4 ans. Aujourd’hui, des années plus tard, ils se sentent enfin prêts à refonder la famille dont ils ont toujours rêvé. Lorsqu’ils entendent parler du docteur Dettore, généticien visionnaire, ils voient en lui l’homme providentiel. Dettore connaît une méthode infaillible pour que leur prochain enfant ne soit pas atteint de la même pathologie. Comment résister à la promesse d’un bébé en bonne santé ? Ils auraient pourtant dû être alertés par la liste qu’on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives… Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.

Paru le : 13/03/2014

Thématique : Thriller

Auteur(s) : Auteur : Peter James

Éditeur(s) : Fleuve éditions

Collection(s) : Fleuve noir Thriller

Contributeur(s) : Traducteur : Raphaëlle Dedourge

ISBN : 2-265-09480-3

Rusty puppy de Joe R. Lansdale, osez monter sur le ring

Si vous êtes amateurs de la langue anglaise vous savez que rusty puppy se traduit par chiot rouillé. Quel titre étrange pour un polar mettant en scène deux détectives privés dans un texas qui étouffe sous la poussière et les tensions raciales. Un titre qui interpelle et qui finira par avoir une explication et croyez-moi les seuls chiots dont vous allez entendre parler dans ce récit sont purement fictifs car seules les molosses les plus hargneux parcours les rues de Camp rapture.

ROUND D’OBSERVATION

Les intrigues de Lansdale ne sont pas d’une surprise renversante, on peut même dire que dans cette dernière enquête de Collins et Hap en date l’intrigue est un peu cousue de fil blanc. Elle se laisse suivre avec plaisir mais elle ne va pas vous retourner le cerveau et vous faire confondre le nord et le sud.

L’atmosphère n’est pas non plus la plus étudiée que j’ai eu l’occasion de goûter. La faute est un manque d’approfondissements dans le background de la ville et du texas en général. La ségrégation et les tensions raciales sont bien présentes mais le contexte n’est pas détaillé, ça manque de corps. Et oui vous avez bien lu j’ai parlé de ségrégation, si elle n’est plus institutionnalisée à travers un ensemble de lois immondes elle est pourtant toujours présente dans les faits. C’est toujours étrange pour un Français comme moi qui a l’habitude d’une certaine mixité sociale mais le quadrillage des quartiers selon la couleur de peau est une réalité aux U.S.A, il suffit de voir le chapitre relatant l’arrivée de Hap dans la cité ghetto de camp rapture pour se rendre compte comment cette séparation des quartiers et des races est culturelle dans ce pays. C’est peut-être juste un détail mais moi ça me sidère.

QUE LE COMBAT COMMENCE

Pour en revenir à nos molosses si l’intrigue n’est pas la plus surprenante ni l’atmosphère la plus dense, qu’est-ce qui fait la force de ce récit ? Deux choses, les personnages et les dialogues. Les personnages principaux sont immédiatement attachants, leur duo fonctionne à merveille et les voir échanger punchlines après punchlines est un délice. Les dialogues sont de pures morceaux de bravoure me faisant parfois penser aux dialogues qu’affectionne Quentin Tarantino dans ses films, en plus concis évidemment.

Des dialogues qui s’apparentent à match de boxe où toutes les règles sont abolies. Toute l’intrigue est construite de cette manière, uppercut, contre, direct du droit, l’auteur ne vous laissera pas souffler avant la dernière page et un final à la hauteur de son talent de boxeur narratif.

Les pages de ce polar sont un ring dans lequel l’auteur n’a pas fini nous faire danser. Voilà pourquoi Joe R. Lansdale est un grand nom du polar malgré ce que ces intrigues pourraient nous laisser penser de prime abord.

Résumé: Hap Collins, plouc autoproclamé, et Leonard Pine, noir, gay et républicain vétéran du Vietnam, ne sont pas les plus malins des détectives. Et ils ont une fâcheuse tendance à se mettre dans l’embarras.
Quand les deux compères se penchent sur le cas d’un jeune Noir assassiné par la police, ils mettent le doigt dans un engrenage qui les mènera jusqu’à un réseau de combats clandestins. Au cours de leur enquête, Hap et Leonard se retrouveront confrontés à des flics corrompus, des tueurs à gages sans scrupule et même à une vampire naine assoiffée de vengeance (à moins qu’il s’agisse simplement d’une gamine au caractère exécrable).
Ce n’est pas la première fois qu’ils subissent menaces, intimidations et agressions, mais que faire quand vos ennemis sont les représentants de la loi en personne ?

304 pages, 155 x 225 mm

ISBN : 9782207139592 / Gencode : 9782207139592
Code distributeur : B26825

Catégorie > Sous-catégorie : Policiers > Romans noirs

Pays : États-unis

Collection Sueurs Froides
Parution : 24-10-2019

La Nanny de Gilly MACMILLAN (11 Juin 2020)

Jocelyn, sept ans, aime sa nourrice plus que tout. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de traces, Jo est inconsolable. Comment a-t-elle pu partir ainsi, sans même lui dire au revoir ?
Trente ans plus tard, Jo se voit obligée de retourner vivre dans la demeure familiale, malgré la relation conflictuelle qu’elle entretient avec sa mère.

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Chronique  Quel thriller surprenant et lent avec des personnages improbables mais quelque peu appréciables (si vous gérez un peu de folie de batshit et de tendances sociopathes, c’était bien !), une lecture captivante qui vous rend captif et vous oblige à réfléchir à ce qui va se passer ensuite et à vous frapper à la seconde près avec une grande révélation ! BAM ! Oui, je donne mes quatre étoiles et je lance ma tequila contre ma bouche (cette fois, le Chardonnay est trop léger pour absorber ce genre de thriller, croyez-moi !)

OMG ! Quel est le problème des auteurs de thrillers avec ces nourrices ? Si d’autres livres sont écrits et publiés à leur sujet, je crains que la plupart d’entre eux ne soient mis à la porte et que toutes les mères ne soient plus déprimées par les enfants en pleurs qui leur sont jetés à l’étage des supermarchés à cause de l’insensibilité de leur mère à l’achat de mauvaises céréales.

Personnellement, j’ai commencé à avoir peur d’eux et ce livre a complètement effacé de mon esprit le spectacle « Nanny » de Fran Drescher. ( Ok je retire ce que j’ai dit parce qu’elle était aussi effrayante quand elle a fait son rire d’âne caractéristique !) Et Mary Poppins s’est transformée en villanelle en lavant le cerveau de ces enfants innocents avec des contes de fées et des illusions (je pense qu’elle a peut-être mélangé la nourriture des enfants avec des hallucinogènes et les a transformés en membres d’une secte). Voyez comment ce livre m’a influencé pour créer des récits plus sombres de Mary Poppins dans mon esprit).

Ce livre est centré sur trois femmes et une petite fille ! Les deux maris étaient déjà partis au ciel ou ailleurs (le père de Jocelyn nous donne de mauvaises vibrations et l’impression d’un vilain garçon !)
Jocelyn perd son mari dans un tragique accident de la route et ses problèmes financiers l’obligent à retourner au Royaume-Uni avec sa fille de dix ans, Ruby, pour vivre avec sa mère Virginia, dont elle est séparée. Jo avait une relation trouble avec sa mère qui ne lui avait jamais montré d’affection quand elle était petite et qui lui reprochait encore le départ soudain de sa nourrice bien-aimée Hannah. Elle s’agite auprès de sa propre fille pour son affection envers sa grand-mère. Elle veut quitter la maison pour commencer une nouvelle vie, mais elle ne peut pas le supporter financièrement. Elle se sent donc piégée dans ce manoir avec ses souvenirs d’enfance laids mais un peu flous.

Virginia semble être un personnage louche, notoire mais aussi intelligent et sarcastique. La détermination et le flou de Jocelyn sur son propre passé m’ont fait réfléchir, elle n’est pas le mal qu’on lui dit.
Et puis un jour, un crâne est découvert au bord du lac ! Appartient-elle à la bien-aimée Hannah qui avait disparu il y a des années ?

Mais SURPRISE ! HANNAH est de retour et elle tient tant à être au service de Jocelyn pour s’occuper de la petite Ruby. Mais est-elle vraiment la personne qu’elle a admise ? Eh bien, d’après Virginia, c’est un peu délicat parce qu’elle a peut-être laissé son cadavre au lac il y a des années ! !!!!
Alors, qui est le vrai mal ? Qui est le plus grand menteur ? La nounou a-t-elle ressuscité ou est-elle un sosie ? Quelle Virginie se cache de sa fille ?

Tant de questions délicates comme mais ne vous inquiétez pas, lorsque vous aurez vos réponses, vous aurez l’impression que le tapis s’est déchiré sous vos pieds. Lorsque votre dos touchera le sol, ne maudissez pas car le choix du livre à lire mérite d’être dicté par le cerveau du génie maléfique de cet auteur !
Brava Gilly Macmillan ! Bien écrit, bien joué !

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 432 pages
  • Editeur : Les escales éditions (11 juin 2020)
  • Collection : Les escales noires
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2365694705

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Marseille 73 (10 juin 2020) par Dominique Manotti

La France connaît une série d’assassinats ciblés sur des Arabes, surtout des Algériens. On les tire à vue, on leur fracasse le crâne. En six mois, plus de cinquante d’entre eux sont abattus, dont une vingtaine à Marseille, épicentre du terrorisme raciste. C’est l’histoire vraie.

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Chronique : Dominique Manotti nous livre ici un récit extrêmement documenté à base d’intrigues politico- raciste imbriquées et de quelques meurtres.
On y découvre un jeune commisaire du nom de Daquin . Manotti mêle  faits et personnages réels à sa fiction qui n’en devient que plus crédible.  Le livre bénéficie d’une écriture remarquable, sèche qui parvient à nous rendre intelligibles, des mécanismes complexes, sans jamais sacrifier le sens du récit et de la tension…
L’auteur rend hommage à la beauté des paysages et ne cache rien de la complexité des relations humaines et des renvois d’ascenseur. Car les réseaux se télescopent : les stups sont liés au consulat américain de Marseille, la sécurité publique abrite quelques membres du SAC, les Corses s’entraident entre truands et flics, la PJ veut faire oublier son inefficacité. Le livre est un vrai turn-over, on le dévore d’une traite, pour assécher cette soif de savoir qui nous conduit vers la fin.`Les points négatifs, il y en a un petit; si l’on devine rapidement l’élément-clé qui explique tout, cela gâchera un peu le plaisir. Néanmoins, la mise en place de l’intrigue est tellement parfaite et bien ficelée qu’à la fin, même si vous veniez à deviner il y a toujours les explications des différents indices semés tout au long du Roman, et que l’on avait manqué. J’ai été époustouflée par ce travail de recherche . Un super roman à lire, où on ne s’ennuie jamais.

Note : 9/10

 

  • Broché : 384 pages
  • Editeur : Les Arènes (10 juin 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français

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Les Secrets de Brocéliande de Jean-Luc BANNALEC

Le commissaire Dupin et son équipe s’apprêtent à se détendre en forêt de Brocéliande, la plus grande de Bretagne. C’est le  » dernier royaume des fées « , l’épicentre breton du fantastique. Auparavant, Dupin doit interroger pour le compte d’un collègue parisien le directeur du Centre de l’Imaginaire arthurien. Quand il se présente, il découvre un cadavre. Premier meurtre d’une série…

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ChroniqueAmusant de découvrir la Bretagne et les Bretons sous la plume d’un éditeur allemand francophone et francophile. L’intrigue est bien ficelée, des caractères intéressantes et une très bonne description de la Bretagne et des Bretons.  La description des odeurs, des couleurs de la mer, de la lumière sur ses rochers, nous transportent immédiatement sur les lieux, le tout sur fond d’enquête.
L’écriture est fluide, et même si certains pensent que l’écriture n’est pas d’un niveau d’un prix littéraire….. franchement qui lit un polar en cherchant ce style d’écriture.
Nous passons un bon moment et nous attachons à ce fameux Dupin avec ses manières bien à lui.

Note : 9/10

 

  • Broché : 300 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (4 juin 2020)
  • Collection : Terres de France
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258162114

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Le Jour des cendres de Jean-Christophe Grangé

Dans un monde de pure innocence, quel peut être le mobile d’un tueur ? Dans une communauté sans péché, comment le sang peut-il couler ? À moins qu’à l’inverse… Le coupable soit le seul innocent de la communauté.
Le nouveau thriller de l’auteur des Rivières pourpres.

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CHRONIQUE : Attention ce roman n’est que l’adaptation d’un épisode de la série télé » les rivières pourpre » il nous a déjà fait le coup avec le roman » la dernière chasse » et déception à la hauteur de l’attente …donc méfiez vous d’y laisser un billet de 20 euros et attendez au pire qu’il soit empruntable dans votre bibliothèque municipale…  Des retrouvailles avec l’auteur, mais pas seulement. Celles avec le commandant Niemans, qui menait la danse dans Les Rivières Pourpres. L’Alsace et ses vignes comme lieu du crime. Une communauté de religieux coupés du monde comme cible. Des écorchés vifs qui viennent chercher refuge dans ces vendanges tardives. Une bulle hors du temps, hors du monde. Une bulle qui se craquelle avec les meurtres de certains de ses membres. La rudesse de la police aux gros sabots confrontée à la délicatesse du silence d’une communauté à la pureté de façade.
Une enquête au cordeau dans le froid de l’hiver alsacien, où la nuit et le froid prédominent et apportent une atmosphère particulière, sans lumière, sans espoir. du nihilisme à l’état pur. L’ingrédient (pas si) secret de l’auteur. Les pages s’enchaînent à une vitesse vertigineuse, laissant poindre une certaine amertume de la part du lecteur. le sang coulent et les cendres pleuvent. Quelle est cette bête dont la venue est tant crainte ? Chimère ou réalité ?
Bien qu’il m’ait été plaisant de retrouver l’esprit noir de Jean-Christophe Grangé, la déception l’emporte malgré tout sur le reste. La vision du monde apportée est trop manichéenne à mon goût, sans grandes nuances et avec force cliché. L’intrigue se déroule lentement, mais ne prend pas en épaisseur. Sa linéarité nous apporte un dénouement rapide et dénué de suspens, qui m’a laissée perplexe.

Note : 5/10

Chronique de : lesjolismotsdeclem  

 

  • Broché : 368 pages
  • Editeur : Albin Michel (3 juin 2020)
  • Collection : A.M.THRIL.POLAR
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2226439420

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Il était deux fois de Franck THILLIEZ

En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au cœur des montagnes, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu’effrénée.

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Chronique : Attention, vous ne savez pas où vous mettez les pieds en pénétrant dans l’univers de Franck Thiliez.
Le titre interpelle bien sûr, il est à lui seul une énigme, une incitation.
Franck Thilliez est un auteur que j’apprécie. Il a toujours su m’étonner, créer des ambiances imprégnées de tension, imbibées d’angoisse et de mystère, et encore une fois il nous le prouve avec son tout dernier livre. Ce dernier thriller est un véritable page turner qu’il m’a été impossible de lâcher… oui, je sais, il a bien fallu à un moment donné mais prévoyez plusieurs heures voire deux jours pour vous imprégner de cette atmosphère oppressante et cette lecture addictive.

J’ai une fois de plus était scotchée par le style de Thilliez, par son imagination, par son talent à plonger le lecteur dans un climat de ouf. Avec Thilliez, c’est toujours la « surprise » ; on croit qu’on est prêt mais on ne l’est jamais et c’est ce que j’aime.
Les thèmes majeurs exploités ici ne sont pas nouveaux mais Thilliez a l’art de se les approprier, déjà par une accroche choc/brutale, il a le don de capter l’attention du lecteur comme jamais.
Le lecteur comme le personnage principal se posent maintes questions, toutes les questions qui entretiennent le suspense, donnent de l’intérêt à l’énigme. De questions en inconnues, on attend de comprendre ce qu’il s’est passé. Ce qui est sûr c’est que notre personnage principal n’a rien perdu de sa détermination ou devrais-je dire de sa hargne.
C’est vraiment addictif, très bien écrit, prenant, avec beaucoup de références à l’art en général, la science, l’actualité…

Je ne dévoilerai pas l’intrigue, je vous parle simplement du tout début (il ne vous restera plus que 520 pages à découvrir) :

Le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato n’a plus qu’un but dans sa vie, trouver l’ordure responsable de la disparition de sa fille. Nous sommes en 2008 au mois d’avril et cela fait un mois que Moscato parcourt tous les hôtels, les auberges à la recherche d’un indice. Ce jour-là, il fait une halte à l’hôtel de la Falaise ; il occupe la chambre 29 au deuxième étage. Après avoir dormi un moment il est brutalement réveillé par des bruits extérieurs, ne reconnaît pas la chambre de la veille ni l’étage… pire encore, c’est que ce qu’il ne sait pas à cette seconde précise, c’est que nous sommes en 2020 ! Avouez, qu’il y a de quoi se passer de l’eau froide sur le visage, se demander si on n’a pas rêvé… Je vous laisse imaginer le choc !

Avec « Il était deux fois », vous ne serez pas au bout de vos surprises. Bon courage !
Personnellement, j’ai beaucoup aimé même si certaines « scènes » sont assez noires.

Note : 9,5/10

Chronique de Chopin

 

  • Broché : 528 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (4 juin 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265144274

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Femmes sans merci de Camilla Läckberg | 3 juin 2020

Ingrid Steen a renoncé à sa carrière de journaliste le jour où son mari infidèle a été promu éditeur en chef. Depuis, elle s’occupe de leur fille et s’efforce de maintenir l’image d’un mariage parfait.
Viktoria Brunberg est misérable, enchaînée aux fourneaux dans sa maison de Sillbo. Quand elle a découvert la véritable nature de son mari Malte, il était déjà trop tard.
Birgitta Nilsson, bientôt à la retraite, n’arrive pas à se libérer de son mari abusif. Depuis des années, elle fait tout pour cacher ses bleus.
Extrêmement différentes, ces trois femmes ont une chose en commun : elles sont toutes coincées dans des mariages destructeurs et toxiques. Via un forum sur le Net elles concluent un pacte : chacune va commettre le meurtre parfait en assassinant le mari de l’une des autres.

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Chronique : Il est tout petit, 144 pages, et c’est une bombe. Un polar aussi glaçant que réjouissant autour d’un thème pourtant difficile, celui des violences faites aux femmes. Un roman qui vous tient en haleine sur toute la longueur car quand vous aurez fait connaissance avec Ingrid, Brigitta et Victoria, ces « Femmes sans merci », vous ne pourrez plus les laisser seules.

Pour tout ceux qui n’ont pas le temps de se lancer dans de gros pavés – ce qui est souvent le cas dans la catégorie polars -, ce «Femmes sans merci» est ce qu’on appelle une «novella», soit un court roman ou une longue nouvelle (au choix). Ces 144 pages se tournent comme on monte dans un grand huit : sensations assurées. A l’intérieur même de ce petit volume, les chapitres sont très découpés et se concentrent à chaque fois sur l’histoire de l’une de ces trois femmes. De quoi tenir en haleine jusqu’au point final. Ce n’est pas un secret pour ses (très nombreux) fans : Camilla Läckberg soutient la cause des femmes dans la plupart de ses romans et a, en outre, fondé une société qui milite pour l’égalité salariale entre hommes et femmes. Dans son roman sorti l’an dernier («La cage dorée», Actes Sud), la star du polar scandinave décrivait déjà une femme piégée dans une union par un mari volage puis sa revanche.Ici, la romancière réitère mais avec plus de force que l’an dernier et montre à quelle vitesse ces femmes sont entrées dans un engrenage. D’abord celui de l’enfermement et de la soumission puis celui de la vengeance et de la haine. Au-delà du thriller, il est aussi question du pouvoir des hommes dans l’entreprise avec la figure de Tommy, le mari infidèle d’Ingrid, qui défend ici deux collaborateurs pourtant coupables de harcèlement sexuel. Un relent d’affaire Weinstein.

Loin d’être une incitation à la violence, cette novella est l’occasion de soulever le sujet de la condition des femmes même dans un pays comme la Suède, réputé pour réfléchir activement à son amélioration.

Camilla Läckberg ne tourne pas autour du pot et décrit en peu de mots ces femmes blessées par la vie, ces maris violents et égoïstes, mais aussi ces cheminements personnels bourrés d’erreurs et donc d’humanité. En très peu de mots aussi, elle fait basculer la réalité dans un engrenage de choix irrémédiables, dont on en sort K.O. Un sans faute.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Actes Sud (3 juin 2020)
  • Collection : Actes Noirs
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2330135734

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La vallée (20 mai 2020) par Bernard Minier

Un appel au secours au milieu de la nuit Une vallée coupée du monde Une abbaye pleine de secrets Une forêt mystérieuse Une série de meurtres épouvantables Une population terrifiée qui veut se faire justice Un corbeau qui accuse Une communauté au bord du chaos Une nouvelle enquête de Martin Servaz

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Chronique :Un roman solide et très addictif que je viens de finir ce matin à l’aurore.
On y retrouve l’emblématique Martin Servaz, plus humain que jamais mais suspendu par sa hiérarchie vivant un confinement à ciel ouvert au sein d’une vallée coupée du reste du monde ( faudra lire le livre pour savoir pourquoi hein ?!!. ).
Des meurtres à la cruauté assez explicite, une enquête bien structurée, des protagonistes charismatiques très puissants.
Un excellent thriller dans lequel l’auteur nous embarque avec une efficacité déconcertante.
Attention tout de même à penser à changer de registre et à renouveler totalement ses personnages car le lecteur que je suis, risque rapidement de s’en lasser.
Je recommande néanmoins ce thriller haletant et captivant.

Note : 7/10

 

  • Broché : 522 pages
  • Editeur : XO (20 mai 2020)
  • Langue : Français

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L’Énigme de la Chambre 622 (27 mai 2020) par Joël Dicker

Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais.
Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire.
Que s’est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier?

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Chronique : Après les brillants « Harry Quebert » et « le livre des Baltimore », J. Dicker tombe dans le rocambolesque avec « la disparition de Stephanie Mailer » et touche le fond avec la chambre 622. Bien que se lisant facilement et même parfois avec plaisir tant il y a de rebondissements, nous sommes confrontés à une série d’invraisemblances, de grand guignol et de personnages factices, bref nous avons affaire à un « sous-litzer ». Il s’agit d’un roman pour pré-adolescents qui n’offre aucun intérêt littéraire mais, je le répète, qui se lit facilement. Je n’ai été intéressé que par le témoignage émouvant de Dicker à son éditeur décédé, B. de Fallois ainsi que par la dernière page empreinte de philosophie de la vie.La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » était un pastiche appliqué de roman noir américain dont on avait peine à imaginer qu’il puisse séduire au-delà des lycées francophones et des sacs de plage, mais son succès n’était pas complètement immérité. On sentait chez l’auteur une familiarité avec ses modèles et une compréhension innée des rythmes télévisuels qui formatent tant de lecteurs de polars, deux atouts qui laissaient présager une carrière à la Harlan Coben. Las, même le scénariste le plus fatigué ne trouvera rien à piller dans cette « Chambre 622 » entièrement meublée de poncifs en kit récupérés dans toutes les déchetteries d’Hollywood et remontés en dépit du bon sens.

Note : 4/10

 

  • Broché : 576 pages
  • Editeur : Editions de Fallois; Édition : 01 (27 mai 2020)
  • Collection : FALL.LITTERAT.
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1032102381

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