Rendez-vous au paradis de Heine Bakkeid, au pays des invraisemblances

Dans l’enfer de l’addiction

Ce polar norvégien, qui s’inscrit dans la tradition du page-turner, met en scène le personnage d’enquêteur le plus amoral que j’ai eu l’occasion de lire, et donc le plus plaisant à suivre au cours de la lecture. Pourtant il contient également nombre d’éléments que je ne souhaite plus retrouver dans mes lectures.

Durant ce polar dense mais dont les pages se tournent toutes seules vous serez invité à suivre Thorkild doit sa mission de la dernière chance. Il est en effet sommé par son psy d’accompagner la célèbre auteure de polar Milla Lind dans ses recherches pour son prochain ouvrage pour lequel elle a décidé d’enquêter sur la disparition de deux adolescentes. Rapidement Thorkild va se rendre compte qu’on lui cache des éléments, la mission s’avère plus compliquée que prévu.

Commençons par la grande réussite de cet ouvrage, le personnage de Thorkild Aske. Cet ancien policier est au fond du trou, mais le genre de trou que l’on a continué à creuser après avoir chuté au fond du gouffre. Il a franchi la ligne rouge depuis tellement longtemps qu’il ne la voit même plus. L’auteur a peaufiné son personnage jusqu’à faire de lui un être ravagé par ses démons, hanté par ses erreurs passées, en décalage complet avec les attentes de son entourage et capable de tout pour obtenir sa dose d’anti-douleur auxquels il est devenu accro. Un personnage tout en nuances de gris, amoral et cynique mais épris de justice pour les innocents, empêtré dans la haine qu’il se voue à lui-même mais sauvé par l’amour inconditionnel que lui vouent ses proches, doté d’un esprit acéré qui lui permet d’avoir une vision douce-amère sur sa situation. Ce personnage est une grande réussite.

Malheureusement son charisme a tendance à phagociter les autres personnages qui pâtissent de son ombre corrosive et son verbe incisif. Au mieux ils sont transparents, comme ce brave Iver, au pire ils sont insupportables de clichés comme cette pauvre Milla qui ne sait pas faire grand-chose d’autres que sangloter sans pouvoir finir ses phrases ou écarter les jambes. Elle sera d’ailleurs complètement écartée du final, n’aura même pas droit à une ligne de dialogue. Un personnage consternant, à l’utilité toute relative et pour lequel il est difficile de ressentir la moindre empathie tellement son portrait est maladroitement dressé. À moins que ce portrait à la limite du sexisme ne soit volontaire de la part de l’auteur, si c’est le cas c’est dommage.

Les seuls personnages qui parviennent à briller sont Ulf, le psychiatre de Thorkild et Gunnar son ancien patron à la police. Encore faut-il noter qu’ils ne brillent qu’en présence de ce cher Thorkild, qui est de tous les chapitres. La relation faite d’amour et de haine qui lie Gunnar et Thorkild donne lieu à des dialogues savoureux mais également à des passages perclus d’invraisemblances qui m’ont fait lever les yeux au ciel.

Deux passages m’ont véritablement exclu du récit. Difficile d’en parler dans la chronique sans révéler des éléments cruciaux de l’intrigue. Je me contenterais juste de vous signifier que l’auteur a cru bon d’utiliser le bon vieux cliché de l’escapade en milieu reculé sans aucune préparation, ni armes, ni moyen de communication pour instaurer une certaine tension vers la fin du récit. Un périple qui va bien évidemment se retourner contre nos deux compères, qui sont censés pourtant être aguerris et méfiants mais qui vont se jeter gentiment dans la gueule du loup. Un ressort scénaristique usé jusqu’à la corde que je ne veux plus retrouver dans mes lectures.

Ajoutons à ces déceptions que l’auteur a tenu à insérer des chapitres flashback focalisé sur les deux fugueuses. Des chapitres trop courts pour que ces deux personnages endossent une réelle personnalité. En l’état ces passages tiennent plus lieu d’interlude de remplissage que de réel apport narratif. Là encore c’est un cliché récurrent dans la littérature policière que je ne veux plus voir.

Une criante déception que ce rendez-vous au paradis au final. J’ai lu le livre à un rythme si effréné que j’ai dû louper une ou deux incohérences dans l’intrigue mais c’est le principe des page-turner, on les dévore sans même sans rendre compte. J’ajouterais pour conclure que ce n’est pas avec ce polar que vous voyagerez en Norvège mais ce n’est pas le but du récit qui est centré sur le parcours chaotique du personnage principal au détriment de tout le reste.

  • Éditeur : Les Arènes (12 mai 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 544 pages
  • ISBN-13 : 979-1037502957
  • Poids de l’article : 685 g
  • Dimensions : 15.8 x 3.1 x 22.2 cm

Le Cavalier Du Septième Jour – 25 avril 2021 – de Serge Brussolo

A Pueblo Quito, une localité frontalière du sud des États-Unis, une communauté défavorisée survit grâce aux retombées du commerce de la drogue. C’est également là qu’ont échoué nombre d’individus au passé tragique. A Pueblo Quito, tout le monde a quelque chose à cacher : crimes, trahisons, rêves absurdes, fantasmes sulfureux…

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Chronique : Dans ce nouveau roman Serge Brussolo immerge son récit dans une histoire sombre et politique.

C’est un thriller, un vrai … Comme savent les faire Ken Follet ou John Grisham. Les ingrédients habituels sont utilisés. Par exemple, trois histoires sans rapport apparent entre elles démarrent et finissent par se recouper. Les personnages sont traditionnels voire caricaturaux : le jeune homme qui ce fait avoir par les antagonistes , la vieille folle ancienne artiste et l’ Indienne si tendre viennent peupler ce roman captivant qui se lit en deux nuits. Ne venez pas y chercher hémoglobine ou démon furieux . Évidemment, on frémit parfois .

J’ai vraiment pris du plaisir à la lecture du Cavalier Du Septième Jour, une perle de chez H&O édition Dès les premières lignes, nous serons captivés par un récit dense et rempli de suspense, qui ne laisse la place à aucune concession. Après avoir lu ce roman je peux vous certifier que le génie de Brussolo n’a rien perdu de son talent.
Il arrive à nous faire pénétrer dans le subconscient de ses personnages avec une relative facilité afin de nous les rendre attachants ou au contraire nous rebuter au plus haut point. Plus qu’un thriller, c’est également une véritable plongée dans l’âme humaine. Brussolo est toujours véritablement un grand maître en la matière.
Que ce soit pour nous narrer une abomination ou un thriller implacable, comme celui-ci, il est extrêmement doué.
Si vous appréciez les histoires où les rebondissements seront légionn ce roman est fait pour vous. Ici vous vous rendrez bien compte que la pire créature du mal qui puisse exister est issue de la race humaine. Une véritable perle Brussolienne du genre. Je vous le recommande sans aucune réserve.

Note : 9,5/10

Éditeur : h & o; h & o édition (25 avril 2021) Langue : Français Poche : 256 pages ISBN-10 : 284547380X ISBN-13 : 978-2845473805

Inconditionnelles – 7 avril 2021 de Marlène Charine

« Venez ! Elles sont là ! » La capitaine Silke Valles et son équipe viennent d’investir une maison délabrée sur les hauteurs d’Annecy. Au sous-sol, une des trois fillettes enlevées dix jours auparavant gît, inconsciente, dans une baignoire remplie de glace. Les deux autres sont recroquevillées à côté, terrifiées mais indemnes.

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Après « Tombent les anges », et « le Projet Alice » que j’avais respectivement adoré et beaucoup aimé, j’étais impatiente de me plonger dans ce titre, noté, précommandé et reçu le jour de sa sortie !

Le thriller débute par une enquête qui prend fin : trois fillettes disparues, séquestrées, maltraitées sont retrouvées, leur bourreau flingué pendant l’assaut. Les familles récupèrent leurs enfants, en état de choc et de stress post-traumatique, et vu les horreurs subies, seul le temps et les aides feront le reste. Seule Mélie n’aura pas cette chance.
Très vite, Silke la capitaine de police chargée de l’affaire, mais aussi Garance, Cora et Blandine, les mères des victimes, suspectent l’homme tué sur les lieux de n’avoir été qu’un pion, un sous-fifre au service d’un autre… !

L’auteure bascule la narration d’un chapitre à un autre entre chacune des mères et Silke, toutes bien décidées à déceler toute la vérité. Un étrange conte régional pour enfants où il est question d’un marquis cruel, des dessins d’enfants qui mettent en scène une quatrième fille, des terreurs nocturnes, des peurs panique résiduelles sont autant de pistes à suivre pour comprendre ce qui s’est réellement passé dans ce sous-sol sordide. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour venger nos enfants ?

Le tout début du livre vous entraîne et vous accroche à chacun des personnages par un sentiment d’empathie bien sûr, mais aussi par cette curiosité d’en apprendre plus, notamment sur les liens qui unissent ces trois familles, mais aussi sur le passé de Silke dont on devine que cette affaire fait écho à son propre vécu et qui se retrouve émotionnellement très impliquée…
Ensuite, malgré pas mal de longueurs qui donnent le sentiment de tourner en rond et de reculer le moment où l’on avance enfin vers la résolution de cette intrigue, l’auteure clôt cette histoire d’un dénouement aussi efficace que brillant, riche en rebondissements et en suspense, en apothéose !!!

J’ai beaucoup aimé ce policier efficace, malgré un rythme inégal, mêlant avec efficacité les thèmes de la maternité, l’amour inconditionnel et sans limites, le thème de la vengeance et de la résilience face au pire.

 » Elle s’etait promis de ne plus jamais faillir. C’était la première chose à laquelle elle pensait en se réveillant, la dernière aux portes du sommeil. Cela durerait sans doute jusqu’à son ultime souffle. C’était ainsi. Chacun sa croix. »

 » Un bout d’humanité, peut-être. Une partie d’elle, sombre et vicieuse, tonnait pour obtenir plus. Plus de sang, plus de violence, plus de justice. Sa justice à elle. Sévère et implacable. « 

Note : 9,5/10

Chronique de Marie Desmons

Éditeur : Calmann-Lévy (7 avril 2021) Langue : Français Broché : 342 pages ISBN-10 : 2702182240 ISBN-13 : 978-2702182246

Le cercle des mensonges – 3 mars 2021 de Céline Denjean

Le lieutenant de police Urbain Malot, dit le Zèbre, et la gendarme Éloïse Bouquet, enquêtent chacun de leur côté, tirant, sans le savoir, les fils d’une même pelote. Alors qu’Éloïse poursuit également la piste d’Anne Poey, la criminelle qui lui a échappé trois ans plus tôt, elle va devoir s’unir au Zèbre pour démêler l’écheveau qui les mènera jusqu’au dernier cercle des mensonges, au risque de se heurter à un adversaire beaucoup plus fort qu’eux…

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Chronique : Le cercle des mensonges, est un excellent thriller.
L’intrigue est très bien construite, prenante et originale. L’écriture est très soignée, pointue, précise et ciselée.
Le choix de faire entrer le lecteur dans l’enquête par deux récits bien distincts est une idée périlleuse, et ici parfaitement aboutie et réussie avec brio…

C’est un vrai sac de nœuds que nous a préparé Denjean. On ne peut pas le lâcher. On a envie de sauter les pages pour découvrir le fin mot de l’histoire. le livre se lit de manière indépendante des précédents romans de même si connecté au roman Cheptel par les personnages
Et c’est une nouvelle lecture que l’auteur nous livre, elle a cette extraordinaire faculté d’inventer des histoires dans son histoire, de créer un scénario sans temps mort qu’on ne veut pas lâcher, de créer des labyrinthes extraordinaires.
Elle a aussi cette capacité de créer des personnages qui prennent vie et qui accompagnent le lecteur, s’insinuent dans son univers.
Un excellent thriller qui déploie toute la maestria de l’auteur, le tout porté par une plume alerte et soignée.

Note : 9,5/10

Éditeur : Marabooks (3 mars 2021) Langue : Français Broché : 368 pages ISBN-10 : 2501138589 ISBN-13 : 978-2501138581

Le crime de mon père – 31 mars 2021 de de Gillian McAllister

Il y a 18 ans, le père d’Izzy English a été emprisonné pour le meurtre de sa femme Alexandra. Sa peine purgée, il écrit à sa fille avec l’espoir de démonter l’accusation et de lui prouver son innocence.

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Chronique : Si je n’avais droit qu’à un seul mot pour décrire  » Le crime de mon père « , ce serait  » indécrottable  » !

Izzy English a dû vivre avec le fait que son père a été condamné pour le meurtre de sa mère il y a 18 ans. Izzy avait 17 ans à l’époque, et ce n’est toujours pas quelque chose qu’elle a réussi à accepter toutes ces années plus tard, préférant repousser les pensées de ce terrible événement dans les recoins sombres de son esprit. C’était un événement si traumatisant qu’il a provoqué une fracture non seulement au sein de sa famille, mais aussi, et surtout, en elle-même. Il a été particulièrement difficile pour Izzy de vivre sur l’île de Wight – ce n’est pas une très grande île et partout où elle va, les gens savent qui elle est – savent ce que son père a fait. Aujourd’hui, son père a été libéré sur parole et le passé est sur le point de la hanter à chaque instant lorsqu’il se présente au restaurant que possédait sa mère Alexandra et qu’Izzy dirige maintenant. Il clame son innocence, mais n’est-ce pas ce que disent tous les anciens détenus ? Izzy réalise finalement qu’elle doit prendre l’initiative et commencer sa propre enquête sur ce qui s’est réellement passé cette nuit d’Halloween, il y a 18 ans !

McAllister se concentre sur les personnes, plutôt que sur le crime lui-même, sur les vies brisées en mille morceaux, les traumatismes, le mariage, la famille, la confiance, les relations et les secrets. Elle explore les sentiments très humains que sont le doute, la douleur, les émotions désemparées, les conflits, la méfiance et la façon dont les souvenirs des mêmes événements peuvent différer de façon si importante. Sans surprise, Gabe n’est plus le même homme qu’avant la prison, il est amer et rancunier, la perte de sa femme et de sa fille a contribué à le briser. Izzy elle-même a eu du mal à faire face aux défis de la vie dans les années qui ont suivi. C’est une lecture passionnante, avec un récit discret qui se glisse avec aisance dans la vie des personnages, où des vies, des carrières et des avenirs ont déraillé. Il y a des rebondissements et beaucoup de suspense alors que la vérité est lentement révélée.

Je ne vais délibérément pas entrer dans les détails ici, car j’aimerais que vous, lecteurs, fassiez l’expérience par vous-même de cette lecture intelligente et captivante. Le rythme n’est pas très rapide, mais les secrets du passé sont lentement révélés et la tension est parfois palpable ! J’ai également trouvé que l’élément humain de ce livre était vraiment très émouvant. Je sais que les thrillers psychologiques sont très à la mode aujourd’hui, et il n’y a pas de plus grand fan que moi, et bien que la plupart d’entre eux soient assez bons, une chose est sûre – si Gillian McAllister l’a écrit, alors vous allez avoir une lecture craquante !

Note : 9,5/10

Éditeur : Marabooks (31 mars 2021) Langue : Français Broché : 288 pages ISBN-10 : 2501138503 ISBN-13 : 978-2501138505

Intuitio – 7 avril 2021 de Laurent Gounelle

Timothy Fisher, jeune auteur de polar, mène une vie tranquille dans une rue du Queens à New York, avec son chat Al Capone. Quand deux agents du FBI se présentent à sa porte pour lui demander de les aider à arrêter l’homme le plus recherché du pays, il croit d’abord à une plaisanterie.

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Chronique : Voici un superbe roman auquel j’ai tout de suite accroché au style très entrainant de l’auteur qui vous embarque dans l’aventure incroyable de Timothée, auteur à succès, qui va intégré un programme secret du FBI, à New-York : Intuitio ! On va lui apprendre à développer son intuition pour prévoir prédire les faits et geste d’un terroriste qui s’attaque à certaines grandes tours de New-York !

On donne beaucoup de réflexion sur les amitiés et le pouvoir de donner de l’argent, l’inégalité et l’injustice, voire la malveillance et l’intimidation. En lisant un livre, les événements des temps modernes ont surgi, surtout ceux qui sont au pouvoir. On y ajoute des réflexions sur l’argent, le pouvoir, ses conséquences et l’on obtient ce magnifique livre, d’une grande densité, à la sensibilité à fleur de peau qui ne peut que nous transporter, nous ramener à notre propre existence, nous questionner sur nos choix On apprécie le style d’écriture qui coule très bien et c’est un plaisir de lire.

J’ai trouvé cette aventure très prenante, le suspense super bien maitrisé et un héros  » malgré lui  » très sympathique ! Entre Nicolas Beuglet et Bernard Werber, çà a été vraiment une bonne surprise pour moi que cette lecture ultra divertissante tout en vous apportant des questionnements très intéressants sur des thématiques d’actualité , sans jamais être donneur de leçon, juste expliquer une situation ! Passionnant et divertissant !!

Note : 9,5/10

Éditeur : Calmann-Lévy (7 avril 2021) Langue : Français Broché : 400 pages ISBN-10 : 2702182933 ISBN-13 : 978-2702182932

A vif – 17 mars 2021 De René Manzor

Dans la forêt qui borde le village de Gévaugnac, on découvre une toute jeune fille brûlée sur un bûcher. La capitaine Julie Fraysse, du SRPJ de Toulouse, est priée de différer ses vacances et de consulter Novak Marrec, le policier qui a mené l’enquête sur des meurtres très similaires, attribués à un mystérieux « Immoleur » jamais arrêté.

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Chronique : « A vif » est une sorte de départ pour René Manzor. Avec ce texte, il nous promet des intrigues, des actions et des conspirations, et il a certainement tenu cette promesse. L’histoire était extrêmement complexe, Convaincu que l’Immoleur est de retour, Novak se lance à corps perdu dans l’enquête avec Julie. Mais comment découvrir la vérité quand votre propre esprit joue contre vous ? Parviendront-ils à mettre au jour les secrets de la petite communauté de Gévaugnac ?

Le rythme est parfait, imprégné d’un air de tension et d’attente, alors que Novak devient le centre d’intérêt de ceux qui veulent désespérément mettre la main sur les preuves – des gens qui ont des sommes d’argent démesurées mais qui n’ont aucune boussole morale. Il s’est peut-être trouvé dans des situations dangereuses par le passé, mais cela s’estompe dans l’insignifiance de ce qu’il va affronter !

L’écriture est machiavélique, le style est diablement efficace avec des fins de chapitres annonçant à l’avance certains événements qui ne seront détaillés que plus tard. Les scènes d’action sont très visuelles et riches en détails nourrissant un rythme enlevé.

J’ai trouvé que l’intrigue exigeait du lecteur qu’il suspende parfois son incrédulité, mais vous savez quoi ? J’ai été heureux de le faire, pour une lecture aussi passionnante et convaincante . Il est nécessaire de suspendre l’incrédulité pour tirer le meilleur parti de ce thriller captivant. L’histoire est complexe avec une intrigue complexe et est habitée par un large éventail de personnages. Novak est un personnage central déterminé. C’est une lecture divertissante qui entraîne le lecteur avec aisance, vous voudrez savoir exactement comment tout cela se termine.

Note : 9,5/10

Éditeur : Calmann-Lévy (17 mars 2021) Langue : Français Broché : 400 pages ISBN-10 : 2702161790 ISBN-13 : 978-2702161791

Serial bomber de Robert Pobi, boom boom boom et re-boom

Un polar explosif

Janvier 2020, j’abandonne deux lectures guère passionnantes pour me lancer dans City of windows de Robert Pobi. Un polar captivant qui finira dans le top de mes lectures de l’année. Une plume addictive, des thèmes qui pousse au débat et un personnage sans concessions, Lucas Page, que l’on retrouve dans cette nouvelle enquête. L’auteur parviendra-t-il à reproduire l’engouement que j’ai ressenti pour son précédent roman ? Réponse dans les lignes qui suivent.

L’ouvrage commence de manière tonitruante, une explosion ravage un musée lors d’un gala privé, plus de 700 morts sont dénombrés, des œuvres d’art inestimables sont perdus à jamais et la bombe laisse une nouvelle plaie béante dans la chair de la ville de New York. Rapidement le professeur en astrophysique Lucas Page est appelé à la rescousse par le FBI pour mener l’enquête alors que les attentats se suivent à une vitesse effrayante.

Pendant près de trois cents pages l’auteur est parvenu à maintenir l’illusion qu’il me racontait un bon polar d’enquête. C’est bien le seul aspect positif que je peux lui trouver, savoir maintenir l’intérêt du lecteur avec une intrigue aussi riche en péripéties redondantes et un récit dénué d’originalité est une prouesse. Moi qui aime lorsque l’intrigue se présente comme une pelote de mystère qu’il va s’agir de démêler jusqu’à trouver le fil conducteur je dois avouer que j’ai été particulièrement déçu avec cet ouvrage. Le schéma narratif se révèle répétitif, Page se traîne de site d’explosions en sites d’explosions sans que jamais ses capacités, qui relèvent de plus en plus du superpouvoir, ne permettent de faire avancer l’enquête.

Il faut dire que ladite enquête n’a rien de passionnant. Très vite une piste apparaît, plutôt un boulevard qu’une simple piste sans parler d’un personnage tellement suspect qu’il ne pourrait pas l’être plus s’il se baladait avec une pancarte marquée « JE SUIS COUPABLE « . Mais plutôt que d’approfondir ces pistes pour nous livrer une enquête dense et passionnante et, pourquoi pas, en profiter pour soulever à nouveau des sujets de société brûlants, l’auteur préfère enchaîner les scènes d’action et les répliques acerbes de Page, dont le caractère hautain et méprisant devient de plus en plus difficile à apprécier au fil des pages. Surtout que ce personnage que l’on nous présente comme hautement intelligent passe son temps à mettre sa vie en danger après avoir gambergé sur les motivations du coupable que n’importe quel lecteur habitué aux intrigues de polar aura deviné depuis longtemps.

En fil rouge l’auteur insère des interludes qui montre l’impact des événements du récit sur la population américaine. Autant d’occasions pour l’auteur de fustiger l’emprise des réseaux sociaux et de la technologie sur nos vies. Mais ces thèmes auraient mérité une approche plus subtile et un développement plus conséquent que le cliché de la stupidité rampante accentué par les réseaux sociaux. Ces courts interludes font plus office de parodie sinistre que de réelle réflexion sur l’état de notre monde.

Je vais passer sur les incohérences du récit, dont le rythme effréné permet de passer à côté, pour conclure que cette nouvelle aventure de Lucas Page est bien en deçà de la précédente. L’auteur reproduit le schéma de City of windows, jusqu’au dénouement, mais sans le charme ni la minutie de la précédente enquête. Une déception à la hauteur de mes attentes.

Résumé: soir d’octobre à New York. Privatisé à l’occasion d’un gala, le musée Guggenheim accueille 702 convives, la plupart membres des élites du pays. Une explosion les tue tous, sans discrimination.
Un attentat d’une telle précision ne saurait être le fruit du hasard et le FBI est immédiatement débordé par le nombre extravagant des victimes, des profils à comparer, des dossiers à recouper. Il fait appel à Lucas Page, un ancien agent pour l’heure astrophysicien et professeur d’université. Atteint d’une forme du syndrome d’Asperger, il est capable de  » lire  » la scène d’un crime comme s’il y avait assisté, de compulser des données d’un seul coup d’œil. Lui seul semble à même d’arrêter le serial bomber avant qu’il ne frappe encore.
Une nouvelle enquête de Lucas Page, le génial héros de Robert Pobi, qui a fait une irruption remarquée dans le monde du thriller avec City of windows.

  • ASIN : B08R7BRYS5
  • Éditeur : Les Arènes (1 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 531 pages
  • ISBN-13 : 979-1037502933
  • Poids de l’article : 662 g

Le Poète de Michael Connelly

Le policier Sean McEvoy est retrouvé mort dans sa voiture. Chargé d’une affaire de meurtre abominable, son enquête n’avançait pas.

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Chronique : Mesuré par rapport à la norme établie par la plupart des auteurs de romans policiers, c’est un assez bon livre, mais par rapport à la norme établie par Michael Connelly, c’est une sorte de moyenne, quelque part au milieu du peloton du grand nombre de livres qu’il a maintenant produits.

Cela semble un peu étrange, car le protagoniste de ce livre est un journaliste et Connelly a lui-même été journaliste pendant un bon nombre d’années avant de devenir romancier. On pourrait penser que Connelly connaît bien ce personnage. En réalité, l’auteur ne parvient pas à habiter le personnage de Jack McEvoy de la même manière et avec la même profondeur que le personnage de sa série la plus connue, le détective Harry Bosch. McEvoy est bien dessiné, mais il est loin d’être aussi convaincant ou intéressant que Bosch.

Le livre s’ouvre sur le suicide apparent du frère jumeau de McEvoy, Sean, un inspecteur de la criminelle de Denver. Sean était gravement déprimé et se tourmentait parce qu’il n’avait pas réussi à résoudre un homicide particulièrement brutal. Tout le monde suppose que Sean était incapable de vivre avec son échec et qu’il a donc décidé de mettre fin à ses jours. Jack est réticent à l’idée que son frère puisse faire une telle chose, mais les preuves semblent accablantes et McEvoy finit par les accepter.

En tant que journaliste, Jack se spécialise dans les affaires d’homicide et décide de rédiger un article sur la mort de son frère. En faisant des recherches sur le sujet, il découvre qu’un certain nombre d’autres détectives de la criminelle à travers le pays se sont apparemment suicidés de la même manière que son frère, Sean. Jack commence à avoir des doutes et finit par conclure que Sean ne s’est pas suicidé mais qu’il a été victime d’un tueur en série qui s’en prend aux inspecteurs de la criminelle.

Jack finit par convaincre plusieurs services de rouvrir ces affaires et lorsqu’il devient évident que Jack a raison, le FBI entre en scène. Jack se fraie un chemin dans l’enquête et a ainsi une vue rapprochée de l’enquête et de la chasse à l’auteur du crime, connu sous le nom du Poète. En cours de route, Jack se lie avec une belle agent du FBI, Rachel Walling, et avant que tout ne soit dit et fait, Jack se retrouve dans la ligne de mire du Poète.

Il s’agit d’un livre tendu, bien écrit et particulièrement éclairant sur les méthodes utilisées par le FBI pour profiler et poursuivre les tueurs en série. Il devrait plaire à un grand nombre de lecteurs de romans policiers, et même s’il n’est pas aussi bon que plusieurs autres romans de Connelly, c’est uniquement parce que Connelly lui-même a placé la barre très haut.

Note : 9,5/10

Éditeur : Le Livre de Poche Langue : Français Broché : 768 pages ISBN-10 : 2253085863 ISBN-13 : 978-2253085867

L’homme craie de C. J. Tudor, souvenons-nous des instants terribles

Et toujours les ombres du passé…

Cela fait longtemps que ce thriller me faisait de l’œil mais ma médiathèque n’ayant jamais daigné se le procurer, j’ai dû attendre de le trouver en promotion sur ma liseuse. C’est désormais chose faite et il est temps de vous parler de cette lecture somme toute plaisante.

Une petite ville tranquille, une bande d’amis qui ne pensent qu’à profiter de chaque minute de l’été avant la reprise de l’école… Cela ne vous fait penser à rien ? L’ombre de Stephen King plane sur les passages se déroulant dans le passé. De nombreuses scènes mettant en scène la petite bande d’amis rendent hommage à l’un des récits les plus célèbres du grand auteur, à savoir ÇA. Pour quiconque connaît l’œuvre de King l’hommage sera évident sans pour autant que cela soit gênant à la lecture. Le récit possède sa propre empreinte et, même si j’aurais personnellement préféré que le récit insiste encore plus sur cette bande de potes que le sort va marquer à vie, il faut reconnaître que l’auteure amène d’une belle façon les thèmes qu’elle veut inclure à son récit, la maladie d’halzeimer, le droit à l’avortement.

La double temporalité est menée avec malice, empilant les mystères et les questions qui trouveront leurs réponses trente ans plus tard. Le suspens est astucieusement dosé pour que l’on est envie de continuer la lecture. Le récit flirte parfois avec l’horreur lors de courtes scènes cauchemardesques ou lors de la scène d’ouverture qui m’a happé et convaincu sur les talents de conteuse de Tudor, la plume de l’auteure est attirée par ce genre comme un aimant cela se ressent énormément. En témoignent les scènes de cauchemars et toutes les inquiétudes autour des dessins à la craie. Pourtant l’ouvrage est bien un thriller, l’auteure a probablement voulu s’en tenir à un récit plus accessible pour sa première publication. Le tout forme un ensemble convaincant mais qui aurait mérité un peu plus de profondeur dans le style.

Un parfum de nostalgie imprègne le récit, y compris les passages se situant de nos jours. Tendresse des jours d’été passé à déambuler avec ses amis, regrets de ne pas avoir pu faire ou dire ce qu’il fallait au bon moment sans parler des griffures du destin qui cicatrisent mal, même trente ans après. Cette atmosphère en teinte sépia se teinte peu à peu d’un rouge écarlate à mesure que le dénouement approche. Un dénouement quelque peu prévisible malheureusement mais qui a le mérite de ne pas traîner en longueur.

L’homme craie signe pour son auteure une entrée convaincante dans le monde du polar. Placé sous l’influence d’une autre grande plume mais avec suffisamment de présence et de d’atmosphère pour se démarquer du reste de la production. Depuis l’auteure a publié un autre polar et un troisième et sur le point de paraître, une auteure suivre donc.

Résumé: Le problème, c’est que nous n’étions pas d’accord sur la manière dont ça avait commencé. Etait-ce lorsqu’on s’était mis à dessiner les bonhommes à la craie, ou lorsqu’ils sont apparus tout seuls ? Etait-ce à partir du terrible accident ? Ou quand ils ont découvert le premier corps ?

  • Éditeur : Pygmalion (17 janvier 2018)
  • Langue : Français
  • Broché : 384 pages
  • ISBN-10 : 2756421731
  • ISBN-13 : 978-2756421735
  • Poids de l’article : 420 g
  • Dimensions : 13.6 x 2.6 x 21 cm