L’incivilité des fantômes de Rivers Solomon, chronique d’un abandon

Avec cet article nous allons inaugurer une nouvelle catégorie d’articles sur le site. Celle des abandons. C’est une catégorie que j’aurais préféré ne jamais avoir à créer mais la vie de lecteur est ainsi faite que parfois la rencontre tant désirée entre un récit et son lecteur ne se fait pas. Et comme j’ai passé deux jours à lire ce livre je tiens quand même à faire partager mon ressenti.

Aux forges de Vulcain est une maison d’édition spécialisée dans les récits de science-fiction et de fantastique relativement jeune et qui m’attire par ces choix de récits exigeants mais divertissants, sans parler du fait que leurs couvertures transpirent la classe. Ce premier roman de Rivers Solomon promettait une réflexion sur la lutte des classes sur fond de voyage interstellaire.

Or parvenu à la moitié du récit force est de constater que l’insurrection promise tarde à démarrer. L’intrigue stagne énormément sur les déboires de l’héroïne face aux autorités, les conditions de vie déplorables et des flashbacks beaucoup trop longs. La thématique de l’identité sexuelle est à peine survolée et ne constitue même pas un thème de fond dans le récit.

Mais ce qui m’a vraiment fait abandonner l’ouvrage c’est l’héroïne. L’auteur a vraiment cru qu’en écrivant son personnage principal de cette manière cela allait fonctionnait ? Elle est prétentieuse, se prétend intelligente mais ses réponses impulsives la place plus d’une fois dans des situations critiques et elle compte alors sur l’aide des autres pour s’en sortir. Ses interactions avec les autres, que ce soit avec ses compagnons de galères ou son allié Théo le chirurgien, sont empreint d’une tension constante qui se révèle usante. On a l’impression que cette brave Aster est constamment en colère, ce qui peut se comprendre étant donné le monde dans lequel elle évolue mais moi ce genre de personnage a tendance à me lasser.

Résultat, alors qu’il me restait une centaine de pages à lire, j’ai lâché le livre en me rendant compte que la suite des mésaventures d’Aster ne m’intéresse absolument pas.

Résumé: Aster est une jeune femme que son caractère bien trempé expose à l’hostilité des autres. Son monde est dur et cruel. Pourtant, elle se bat, existe, et aide autant qu’elle le peut, avec son intelligence peu commune, ceux et celles qu’elle peut aider. Mais un jour, un type la prend en grippe. Et Aster comprend qu’elle ne peut plus raser les murs, et qu’il lui faut se tenir grande. Sa rébellion est d’autant plus spectaculaire qu’elle est noire, dans un vaisseau spatial qui emmène les derniers survivants de l’humanité vers un éventuel Eden, un vaisseau où les riches blancs ont réduit en esclavage les personnes de couleur. Un premier roman qui prend pour prétexte la science-fiction pour inventer un microcosme de l’Amérique, et de tous les maux qui la hantent, tels des fantômes.

  • Éditeur : AUX FORGES DE VULCAIN (6 septembre 2019)
  • Langue : Français
  • Broché : 391 pages
  • ISBN-10 : 2373050560
  • ISBN-13 : 978-2373050561
  • Poids de l’article : 500 g

C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc de Lilian Bathelot

Un court récit non dénué de substances, un roman de science-fiction qui va droit à l’essentiel, une fable percutante sur la déshumanisation et la place de la technologie dans nos vies. Ce roman est tout cela à la fois et le tout sur un format peu épais.

Le récit est avant tout construit comme une course contre la montre, les chapitres alternent entre la chasseuse Kisimiipunga et l’équipe des services secrets chargés d’une mission à haut risque. Les chapitres consacrés à la jeune inuite qui tente d’achever le rite ancestral de son peuple ont eu ma préférence. Plus intimiste et baignant dans un champ lexical qui allie la beauté de la banquise à la survie en milieu hostile. Les chapitres mettant en scène l’équipe d’intervention sont plus techniques, plus froids aussi malgré les dissensions incarnées par les deux commandants. Le monde qu’il représente est aussi moins développé et donc plus nébuleux. La narration est extrêmement rythmée et pose rapidement les enjeux qui ont cours tout au long de l’ouvrage.

Si l’auteur parvient rapidement à nous plonger dans son intrigue il manque cependant un élément lors du dénouement pour transcender un peu cette quête de liberté. Un surplus qui ferait dire au lecteur qu’il tient entre les mains un excellent ouvrage de science-fiction. Je ne parle pas forcément d’un twist renversant mais plutôt d’un passage marquant, d’une scène mémorable qui s’imprimerait dans l’imagination du lecteur. De plus si l’auteur parvient à rendre son héroïne attachante on reste assez froid devant la peine qui l’accable étant donné que l’objet de son chagrin est resté extérieur au récit et n’a même pas droit à un seul chapitre pour exister.

Il n’en reste pas moins que l’auteur parvient à développer un propos intéressant sur la place de plus en plus importante de la technologie dans notre société. Son récit reste très positif sur le devenir de l’humanité. La globalisation technologique n’efface pas les différences, au contraire celles-ci s’expriment encore plus fort et se débattent avec toute l’énergie du désespoir pour survivre. Sans trop dévoiler l’intrigue il est intéressant également d’assister à la libération d’un peuple grâce à la technologie tandis que de l’autre un soldat acquis à la cause de l’autorité se voit redevenir humain là aussi grâce à la technologie. Le message de l’auteur est clair la technologie ne signera pas notre perte, elle n’est qu’un outil à notre service, seul l’homme est responsable de ses tourments.

Un récit court qui prend quand même le temps de délivrer un message optimiste dans une narration rythmé et haletante. Il manque peut-être juste un éclat narratif fort pour finir de le rendre mémorable.

Résumé: 2089, dans une société hypertechnologique, tous les habitants de la planète sont reliés au réseau de surveillance de leur zone gouvernementale. Les territoires inuits, pourtant, ne suivent pas la règle commune ; là, pas de surveillance, une certaine liberté et de grands espaces sauvages où l’on peut retrouver la nature et des gestes ataviques. Les gouvernements planétaires tentent désespérément de trouver une parade à cette indépendance qui a, semble-t-il, fort à voir avec les narvals, et leur sonar si particulier. La jeune chercheuse inuit Kisimiippunga vient de terminer le rite ancestral de la Première Chasse. Alors qu’elle est seule au milieu de nulle part, elle voit surgir un traîneau sur lequel elle découvre un Européen blessé. Qui est-il et que vient-il faire ici ?

  • Éditeur : Pocket (19 novembre 2020)
  • Langue : : Français
  • Poche : 256 pages
  • ISBN-10 : 2266307452
  • ISBN-13 : 978-2266307451
  • Poids de l’article : 130 g
  • Dimensions : 10.8 x 1.1 x 17.8 cm

Star Wars : L’Ombre de la reine Poche – 3 décembre 2020 de E. K. JOHNSTON

Quand l’heure est venue pour Padmé Amidala de rendre sa couronne de reine de Naboo, elle est prête à reprendre le cours d’une vie normale.

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Chronique : C’est exactement le livre que je voulais, c’est exactement le livre dont chaque fille qui a rencontré Padmé pour la première fois à l’âge de 8, 10, 12 ans a besoin parce que ce livre est exactement ce que mérite chaque fille qui a voulu croire qu’elle avait sa place dans Star Wars.

E.K. Johnston, comme d’habitude, fait passer ses personnages à un niveau supérieur. Ceux que vous connaissez et aimez – Padmé, Sabé, Captain Tanaka, Bail Organa- et les nouveaux brillent tous de leur propre voix, de leurs propres objectifs et de leurs propres désirs. C’est un témoignage de l’excellente écriture de Johnston que j’ai pu entendre le dialogue dans la voix de Natalie Portman, dans celle de Keira Knightley, surtout dans celle de Jimmy Smitt, pendant que je lisais.

Les personnages sont intrinsèquement liés à la Guerre des étoiles, bien sûr, mais ils ont aussi quelque chose de frais et de réel. Ils veulent des choses tellement réelles que c’est déchirant de savoir ce qui leur arrive, de savoir ce qu’ils ne peuvent pas avoir. Ce livre parle de vouloir, de Padmé qui trouve ce qu’elle veut, qui trouve sa place dans la galaxie. Il parle du changement et de tous les changements qu’elle subit après une transition majeure. Padmé et Sabé apprennent à redevenir Padmé et Sabé, au lieu d’être la reine Amidala. Et c’est merveilleux d’avoir un livre qui ne s’excuse pas de ce que ses dames veulent.

Ce livre est calme. Il y a beaucoup de politique, de difficultés et de catastrophes à éviter, mais il y a aussi ces doux moments de pure amitié. Comme la mode de Naboo, l’intrigue elle-même est parfaitement conçue pour Padmé : elle semble intimidante, frivole et extravagante, mais elle est en fait pratique et intelligente, un filet de sécurité défensif et une arme tout en un. (Et la mode ! Ce livre se concentre sur les robes et le maquillage de Padmé avec la même gravité que les autres livres de Star Wars reposent sur des sabres laser, ce qui est parfait, car les armes de Padmé sont ses robes et ses déguisements).

Et ça… colle. Ce livre est si bien relié aux autres canons de la Guerre des étoiles – les films, évidemment, mais aussi la série animée Clone Wars. Même si vous n’avez jamais vu que les films, vous ne pourriez jamais être perdu dans ce livre, et c’est une porte d’entrée parfaite pour plus de Padmé. Ce livre est destiné aux personnes qui voulaient plus pour Padmé, qui savent qu’elle mérite plus que ce que les films lui ont donné, qui ont grandi en l’aimant à cause et malgré tout ce qu’elle était et aurait pu être. Ce livre s’adresse aux fans de Star Wars qui veulent plus d’histoire, plus de connaissances sur ces personnages et la galaxie dans laquelle ils vivent, et ce livre s’adresse aux filles qui aiment Star Wars et qui s’accrochent à Padmé comme l’une des rares femmes qu’elles voient à l’écran. Ce livre est destiné à toutes les filles qui aiment Star Wars et qui se sont fait dire qu’elles n’étaient pas de vraies fans de Star Wars parce que Padmé est son personnage préféré. Ce livre s’adresse aux fans de Star Wars qui sont des filles qui aiment Star Wars. Ce livre est destiné aux fans de Star Wars.

Note : 9,5/10

Éditeur : Pocket (3 décembre 2020) Langue : : Français Poche : 336 pages ISBN-10 : 2266299484

Idéalis tome 1 à la lueur d’un étoile inconnue de Christopher Paolini, je t’ai dans la peau

Après s’être fait un nom dans le milieu littéraire avec sa saga de fantasy Eragon, l’autre succès young adult des années 2000, Christopher Paolini revient avec une nouvelle saga. Une saga de science-fiction cette fois-ci, on reste sur les terres de l’imagination, l’auteur invente un univers solide, très référencé, qui pose les bases d’une nouvelle épopée épique.

Les amateurs de science-fiction ne seront pas dépaysés à la lecture de cette nouvelle saga. De multiples références à des oeuvres devenues cultes parsèment l’ouvrage à commencer par le film Alien de Ridley Scott. Plus tard c’est la saga vidéo-ludique Mass effect qui s’invite dans le vortex de références qui soutiennent Idéalis. Il y en a sans doute d’autres qui m’on échappées. Cet aspect très référencé ancre le récit dans un voyage extrêmement balisé qui n’a rien d’original mais reste plaisant à lire. Le récit reste très accessible malgré l’omniprésence d’une technologie imaginaire, il suffit d’avoir lu ou vu une ou deux œuvres de science-fiction pour saisir immédiatement les concepts qui constituent cet univers.

Le récit se focalise sur Kira, l’héroïne de cette nouvelle saga. L’auteur a la bonne idée de nous la présenter comme une fille simple. Malgré son métier d’exobiologiste et sa batterie de diplôme, elle n’aspire qu’au bonheur familial et à la stabilité. Impossible de ne pas ressentir de l’empathie pour elle lorsque son monde implose. Une héroïne positive et pleine de ressources auquel il est aisé de s’identifier. Il n’y a que vers le second tiers du récit que l’auteur commet un faux pas dans son écriture. En effet, afin de développer certains personnages secondaires, l’auteur n’a rien trouvé de mieux que de lancer Kira dans une suite de questions réponses assez intrusive et forcés. La démarche paraît artificielle tout comme les prétextes trouvés par l’auteur pour justifier ces confessions. Mais à part ces écarts, qui permettent quand même d’épaissir des personnages secondaires attachants mais là aussi très classiques, Kira campe parfaitement l’héroïne embarquée malgré elle dans l’aventure et qui découvrira les mystères intersidéral en même temps que le lecteur.

Malgré son nombre de pages conséquents, près de 800 si l’on excepte ses appendices et la postface, le rythme est soutenu. L’auteur ménage les passages de tension, les scènes d’action et les instants plus calmes sans que l’on ressente jamais un manque de souffle. Le fait que certaines informations primordiales aux mésaventures de Kira transite par ses rêves est par contre assez regrettable car certaines informations restent nébuleuses. Ces passages brisent quelque peu le rythme de lecture sans pour autant être fondamental au développement du récit. Il faudra d’ailleurs un long dialogue vers la fin du livre pour tamiser la masse d’informations recueillies durant ce premier tome pour que l’on y voit un peu plus clair. L’auteur maîtrise donc parfaitement sa narration mais pas encore complètement la manière dont il transmet les clés de son récit.

Un premier tome convaincant, une nouvelle saga qui ne réinvente rien mais qui promet des heures de lectures passionnantes dans un univers bien construit en compagnie d’une héroïne attachante.

J’en profite pour remercier le site babelio et les Éditions Bayard qui m’ont envoyé l’ouvrage dans le cadre d’une opération masse critique.

Résumé: Kira Navárez rêvait d’un monde nouveau.
Elle vient de réveiller un cauchemar d’une ampleur intersidérale…
Lors d’une mission de routine sur une planète inconnue, Kira découvre un organisme vivant d’origine extraterrestre. Fascinée, elle s’approche de l’étrange poussière noire. La substance s’étend sur tout son corps et commence à prendre le contrôle. Kira, en pleine transformation, va explorer les dernières limites de sa condition d’être humain.
Mais quelle est l’origine de cette entité ? Quelles sont ses intentions ?
La scientifique n’a pas le temps de répondre à ces questions : la guerre contre les aliens est déclarée, et Kira pourrait bien être le plus grand et le dernier espoir de l’humanité.

  • Poids de l’article : 1.22 kg
  • Broché : 848 pages
  • ISBN-13 : 979-1036325069
  • Dimensions : 15.3 x 4.5 x 22.8 cm
  • Éditeur : Bayard Jeunesse (14 octobre 2020)
  • Niveau de lecture : 12 et plus
  • Langue : : Français

L’anomalie – Prix Goncourt 2020 – 20 août 2020 de Hervé Le Tellier

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai. Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.

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Chronique : Un livre qui vous saisit, vous fait renoncer au programme que vous vous étiez fixé pour la journée afin d’arriver à la fin, c’est plutôt rare.. L’art de l’intrigue, l’écriture parfaitement maîtrisée, les formules lapidaires choc que vous aimeriez bien retenir pour les replacer, tout y est. Les personnages sont consistants, attachants, certains pathétiques les situations inattendues et on espère des explications, un dénouement extraordinaires. C’est oublier que là n’est pas le but de cet ouvrage et que ce qu’a voulu l’auteur, me semble-t-il, c’est nous faire vivre avec ses personnages ces moments improbables et ces situations devant lesquelles on se demande bien comment nous, nous réagirions. Alors oui, Le Tellier nous propose quelques clés à son intrigue, dont une déjà évoquée par Daniel Galouye en 1964, mais c’est un peu décevant mais pas grave car ce n’est pas ce qui l’intéresse, pas ce qui devrait nous intéresser. Au passage, on pourrait s’interroger sur les arcanes de l’édition qui fait publier ce livre dans une collection littérature. Y a-t-il sa place ? Aurait-il été plus opportun de le publier dans une collection SF ? Mais revenons à ce bouquin : si on entre dans le jeu de l’auteur alors on se pose cette question en frissonnant : sommes-nous réels ?

Note : 9,5/10

ISBN-10 : 207289509X ISBN-13 : 978-2072895098 Dimensions : 14 x 2.2 x 20.5 cm Poids de l’article : 330 g Broché : 336 pages Éditeur : Gallimard; 1er édition (20 août 2020)

Retour sur l’année 2020 avec mes meilleures lectures fantastiques

On continue la rétrospective 2020 avec cette fois-ci les œuvres qui m’ont le plus enthousiasmé dans le domaine des lectures de l’imaginaire. Un genre souvent méprisé mais qui offre pourtant de superbes moments d’évasions. Un classement composé uniquement de cinq ouvrages il a fallu faire des choix malheureusement. Petite précision sur ce classement les lectures du mois de décembre ne seront évidemment pas oubliées elles apparaîtront dans le classement de l’année prochaine.

1 chien de guerre d’Adrian Tchaikovsky

On commence avec de la science-fiction, un récit dont le personnage principal est un chien et où l’homme tient le second rôle, et pas le plus glorieux. Mais pas n’importe quel chien, une machine à tuer commandé par l’homme qui va peu à peu prendre son indépendance. Une fable remplie d’humanité comme son titre ne le laisse pas paraître.

https://culturevsnews.com/2020/10/28/chiens-de-guerre-dadrian-tchaikovsky-science-sans-conscience/

2 une cosmologie de monstres de Shaun Hamill

Une lecture déconcertante car l’horizon de lecture était tout autre au moment d’entamer la lecture. Shaun Hamill signe une œuvre poignante et profonde avec en toile de fond l’héritage lovecraftien. Si vous souhaitez découvrir une saga familiale parsemée d’éléments fantastique ce livre est fait pour vous.

https://culturevsnews.com/2020/01/27/une-cosmologie-de-monstre-de-shaun-hamill/

3 Vaisseau d’arcanes d’Adrien Tomas

Voilà sans doute la lecture de fantasy la plus rafraîchissante que j’ai pu lire cette année. Un univers où la magie côtoie la technologie, des personnages immédiatement attachants et un récit tout sauf manichéen. Un auteur qui ne demande qu’à ce que je découvre le reste de ses œuvres.

https://culturevsnews.com/2020/08/28/vaisseau-darcanes-dadrien-tomas-editions-mnemos-28-aout/

4 Cochrane vs Cthulu de Gilberto Villarroel

J’adore lorsqu’un auteur parvient à s’emparer des éléments de l’univers de Lovecraft pour écrire sa propre histoire. Dans ce récit où la brume maritime dissimule de sombres créatures, vous pourrez suivre une figure historique anglaise, lord Thomas Cochrane, qui assiège fort Boyard rien que ça.

https://culturevsnews.com/2020/09/08/cochrane-vs-cthulu-de-gilberto-villarroel-la-bataille-secrete-de-fort-boyard/

5 l’outsider de Stephen King

On achève ce classement sur une lecture récente, il n’y aura donc pas de lien renvoyant vers une chronique antérieure. Quelques lignes suffiront pour vous dire que cette livraison 2019 du maitre de l’horreur m’a bien plus convaincu que l’institut paru en début d’année. La narration resserrée, la variation sur l’image du croque-mitaine, les retournements de situation que je n’avais pas vue venir et une intrigue constamment sur la corde raide permettent à ce thriller horrifique d’atteindre la cinquième place du classement malgré une fin précipitée mais les connaisseurs du King ont l’habitude malheureusement.

Star Wars : Thrawn : Trahison – 26 novembre 2020 de Timothy ZAHN

Depuis qu’il a prêté allégeance à Palpatine, Thrawn est devenu l’un de ses outils les plus efficaces, mais l’Empereur rêve d’une arme plus destructrice.
Alors que son programme de perfectionnement des chasseurs TIE est arrêté au profit du projet Étoile de la Mort, Thrawn réalise que les rapports de force ne se mesurent pas qu’à l’aune de l’efficacité tactique au sein de l’Empire. Même l’être le plus intelligent ne peut rivaliser avec le pouvoir d’annihiler des planètes entières.

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Chronique : Thrawn Trahison est un roman amusant et intriguant. À la fin, j’avais l’impression que Timothy Zahn avait créé un livre qui combinait les concepts de George Lucas et d’Agatha Christie. Le choix de la langue et des mots utilisés ressemble exactement à ce à quoi je m’attendais dans les romans Star Wars, ainsi que le rythme, l’action et les personnages, mais il y avait juste assez de mystère pour me laisser deviner tout au long du livre.

Deux personnages sont revenus et j’étais vraiment excité de leur retour. Eli Vanto et l’amiral Ar’alani, qui ont tous deux joué un rôle important dans Thrawn et Outbound Flight respectivement. J’ai senti que j’avais un meilleur lien avec Eli Vanto qu’avec n’importe quel personnage de canon et même avec la plupart des personnages de légendes. L’écriture de Thrawn sur son dialogue intérieur et ses loyautés conflictuelles était fascinante. Ar’alani était intrigante en raison de ses capacités de leader et du mystère naturel qui l’entoure, elle et le reste des Chiss. Même si je connaissais beaucoup de ses légendes originales, j’ai senti que Zahn avait rendu son personnage frais et nouveau.

Le personnage qui, à mon avis, est le plus remarquable du roman est le commodore Faro. J’étais tellement intrigué par le rôle de Faro en tant que « Watson » dans « Holmes » de Thrawn. Ce rôle n’a pas été aussi utilisé que lorsque Thrawn a interagi avec Eli Vanto dans le premier roman de Thrawn, mais je crois qu’il est aussi utilisé, sinon mieux, ici.

Le thème commun à tout ce livre, cependant, est la loyauté. Lorsqu’il a été commercialisé au préalable, le concept derrière la trahison de Thrawn était que la loyauté de Thrawn serait mise à l’épreuve. Bien que je pense que c’est le cas, je crois que les mots « trahison » et « loyautés » peuvent décrire les arcs de caractère de toutes les personnes qui entourent Thrawn autant qu’ils se rapportent à Thrawn lui-même.

En ce qui concerne les critiques, que l’on peut trouver dans chaque livre, je crois que ce livre en contient peu. Je pense que Zahn a été gêné et comme Thrawn dans le livre, il n’a pu couvrir qu’une semaine d’histoire. Par conséquent, tout semble se passer en même temps. Peut-être que s’il avait eu plus de possibilités d’étaler les événements dans le temps, cela aurait légèrement mieux fonctionné. De plus, il y a eu plusieurs moments où Zahn faisait référence à ses autres projets ou à Rebels, mais j’ai rarement pu trouver des références aux œuvres d’autres auteurs. La plupart des romans Star Wars, en particulier ceux de James Luceno, Alexander Freed et Christie Golden (pour n’en citer que quelques-uns) comportent une foule de références, mais il s’agit davantage d’une préférence personnelle que d’une plainte légitime.

Dans l’ensemble, c’est un grand roman fantastique. Je pensais, en le commençant que ce serait un roman de Zahn mais le développement des personnages du deuxième acte et la vision incroyable du troisième acte sont tout à fait merveilleux et brillants. Beau travail Zahn.

Note : 9,5/10

Poche : 480 pages ISBN-10 : 2266307274 ISBN-13 : 978-2266307277 Dimensions : 10.9 x 2.1 x 17.8 cm Éditeur : Pocket (26 novembre 2020)

New-York 2140 de Kim Stanley Robinson, l’humanité trouvera toujours un chemin

Le nouveau livre de Kim Stanley Robinson, un auteur renommé et récompensé à de multiples reprises, brasse tellement de thèmes disparates qu’il risque bien de laisser nombre de lecteurs sur le rivage. Pourtant le sujet dont il traite et la manière de le mettre en scène mérite l’attention.

Les premières pages de ce récit à l’intrigue décompresser feront prendre conscience de deux choses au lecteur. La première c’est qu’il est face à une œuvre exigeante, ardue même par moments, mais aussi profondément intéressante tant par l’univers mis en place, la ville de New York immergée et toutes les conséquences que cela implique, que par le propos qui va au-delà du simple discours écologique. La deuxième c’est que cette œuvre, qui dépasse de loin le cadre de la science-fiction, est une œuvre protéiforme qui adopte un nouveau genre littéraire quasiment à chaque chapitre. On est parfois en train de lire un pamphlet contre la société occidentale consumériste avant de plonger dans un récit d’aventures et de chasse au trésor avant d’obliquer vers un thriller politique, le tout englober dans une ode à une ville insubmersible et fascinante, New York. L’ensemble du récit est un patchwork littéraire formant ainsi l’un des ouvrages les plus ambitieux qui m’ait été donné de lire cette année. Les différents personnages, assez nombreux, permettent de faire le lien entre chacun de ses passages de la narration.

Des personnages qui sont beaucoup mieux écrits que ce à quoi je m’attendais dans ce genre d’ouvrage. C’est une réalité dans ce genre de livre univers où l’auteur cherche à délivrer un message la caractérisation des personnages passent au second plan. Ici l’auteur n’a pas oublié qu’une bonne histoire c’est avant tout de bons personnages. Chacun d’entre eux est développé de manière égale, possèdent son arc narratif et son heure de gloire. On pourra ainsi faire la rencontre de Franklin, le trader cynique qui attendait juste d’avoir une cause à défendre et qui révélera son humanité au cours du récit lorsqu’il s’inquiète du sort de deux orphelins dont il se fichait royalement plus tôt. On suivra également Amelia, star du cloud, dans ses aventures rocambolesques pour la survie des espèces menacés à bord de son dirigeable automatisé. On embarquera avec l’inspectrice Gen, ancienne sumo aquatique, dans sa lutte pour garder un semblant d’ordre dans les canaux New Yorkais tandis que Charlotte, avocate et présidente du syndicat de copropriété du MET tente de déjouer l’OPA hostile dont son association est victime, épaulée par Vlade, le concierge plein de ressources de l’immeuble où tous ces personnages résident et vont unir leurs forces facent aux épreuves qui les attendent. Enfin impossible de finir cette litanie sans citer Idelba, capitaine d’une simple barge qui n’hésite pas à sortir en pleine tempête pour secourir ses concitoyens.

La plume de l’auteur se fait parfois didactique, comme lors de ses longues diatribes sur la finance mondiale, sans aucun doute les passages les plus rébarbatifs, mais elle s’allège lors des passages narratifs pour prendre des allures épiques, offrant ainsi au récit de purs moments de grâce. L’auteur a tenu à complexifier son intrigue car le monde dans lequel nous vivons est complexe et si son récit s’attache surtout au sort de la ville de New York, le discours qu’il défend est universel. Un discours optimiste, teinté cependant d’un cynisme fataliste, qui va à contre-courant des discours alarmants que l’on nous assène depuis des décennies sans pour autant que les classes dirigeantes ne réagissent. Un discours qui tend à démontrer que l’humanité est résiliente est que malgré les catastrophes, dont elle est souvent responsable, elle trouvera aussi bien souvent les solutions par elle-même.

Par bien des aspects New York 2140 est une œuvre complexe, qui mérite de l’attention et de la concentration de la part des lecteurs, mais pour ceux qui sauront faire abstraction de son rythme décompressé et de son aspect didactique c’est une formidable plongée dans un récit touchant et renversant qui les attend et dont toute la portée pourrait se résumer à travers une phrase prononcée par un personnage au détour d’un dialogue « on perd jusqu’à ce qu’on gagne ».

Résumé: Avec l’élévation du niveau des mers, chaque avenue est devenue un canal, chaque gratte-ciel, une île. Pour les habitants d’un immeuble de Madison Square, cependant, New York en 2140 est loin d’être seulement une cité submergée par les eaux.

Il y a le trader, qui trouve des opportunités là où d’autres voient des problèmes. Il y a la policière, dont le travail ne disparaîtra jamais… de même que celui des avocats, bien sûr.

Il y a la star d’Internet, adulée par des millions de personnes pour ses aventures en dirigeable, et le gérant de l’immeuble, respecté par tous pour son souci du détail. Et puis il y a deux gamins qui n’habitent pas ici, mais qui n’ont pas d’autre foyer, et qui sont plus importants que quiconque pourrait l’imaginer.

Enfin, il y a les codeurs résidant temporairement sur le toit, et dont la disparition provoque une série d’événements qui vont menacer la vie de tous, et jusqu’aux fondations secrètes sur lesquelles repose la ville…

Bienvenue à New York en 2140.

  • Broché : 672 pages
  • ISBN-13 : 979-1028114374
  • Poids de l’article : 744 g
  • Dimensions : 15.3 x 4.2 x 23.8 cm
  • Éditeur : Bragelonne (18 novembre 2020)
  • ASIN : B08CPB4ZNH
  • Langue : : Français

Le Monde Atlantis: La Trilogie Atlantis, T3 de A.G. Riddle | 18 novembre 2020

Venu du plus profond de l’espace, un mystérieux signal révèle le secret des origines de l’humanité – et son ultime espoir de survie…

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Chronique : Le monde de l’Atlantide est le point culminant de la trilogie Origine. Dans ses premiers livres, A.G. Riddle a créé une histoire fraîche, diverse et complexe liant plusieurs domaines de la science et de l’histoire qui ferait tourner la tête d’un théoricien du complot. La Trilogie Atlantis a présenté nos protagonistes, le Dr Kate Warner et David Vale, aspirant à la carrière de MacGyver, alors qu’ils combattaient une organisation invisible en courant pour sauver leur vie. Ensemble, avec leurs alliés, ils ont couru pour trouver un remède à la peste de l’Atlantide, une pandémie mondiale menaçant de mettre fin à l’humanité ou de la modifier, tout en démêlant un écheveau de mystères entourant l’origine de l’homo sapiens. Le monde de l’Atlantide est la bataille finale pour le sort de l’humanité, révélant les objectifs de diverses factions à travers des millénaires d’histoire.

La fin est inattendue, mais elle est plus traditionnelle que les deux premiers livres de science-fiction. Au début de la trilogie, je ne savais pas vraiment si j’avais affaire à un thriller médical, à une histoire d’espionnage ou à un mystère sur la théorie du complot. La conclusion n’est pas parfaite et l’histoire a ses défauts, mais il faut féliciter Riddle pour ses débuts imaginatifs, pleins d’aventures à couper le souffle, de suspense intense et d’une intrigue complexe qui s’étend sur des éons et des étoiles.

Si vous décidez de lire La Trilogie Atlantis, je le recommande aux personnes qui aiment les intrigues complexes, l’aventure et la science-fiction, mais qui ont lu les critiques des deux premiers livres avant de se décider, et qui ont lu les livres dans l’ordre séquentiel. Si vous envisagez de lire cette fin après avoir lu les deux premiers livres, je vous encourage à le faire. L’histoire complète en vaut la peine pour un fan du genre. Vous pourrez dire que vous avez lu l’ouvrage de première année de A.G. Riddle lors de sa première publication.

L’auteur parvient à livrer un livre qui, tout en conservant le feeling des deux autres livres, offre une expérience complètement différente. Ce livre demande beaucoup de concentration et peut parfois vous laisser un sentiment d’épuisement. Pour moi, c’était une excellente expérience car j’avais l’impression de travailler pour me divertir.

Note : 9,5/10

Broché : 352 pages ISBN-13 : 979-1028121662 Dimensions : 14.2 x 2.2 x 21.3 cm Éditeur : Bragelonne (18 novembre 2020)

Chroniques des années noires – 15 Octobre 2020 de Kim Stanley Robinson

Quelle aurait été l’histoire du monde si l’Europe chrétienne avait disparu au Moyen Âge, ravagée par la peste ? Le Moyen-Orient et la Chine seraient devenus les civilisations dominantes, découvrant l’Amérique, inventant le chemin de fer et l’atome, se faisant la guerre…

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Chronique : Celui-ci va droit dans la catégorie des grande fiction de maitre ; c’est une SF épique d’une nature et d’une portée très sérieuse.

Elle va bien au-delà du sous-genre « normal » des histoires alternatives pour nous plonger dans une vaste et très impressionnante exploration de la Chine et de l’Inde qui dominent complètement la culture et l’espace du monde entier sous la légère altération : que la plus grande partie du monde caucasien s’est éteinte dans la peste noire.

C’est vraiment magnifique et ça coule vraiment bien. Attendez-vous à de nombreuses petites nouvelles qui nous donneront des bribes de temps de la peste et la feront progresser jusqu’à ce que nous ayons un monde entièrement technologique. Le christianisme est une note de bas de page. Les musulmans sont dominants, tout comme les bouddhistes, mais ce qui m’a vraiment fasciné, c’est la poésie, l’histoire des sciences et les différentes terminologies, les similitudes étranges avec notre propre histoire, notamment les pressions démographiques, les divers engins de guerre et une guerre mondiale, le droit de vote des femmes, le développement de la médecine, et bien d’autres choses encore.

Mais ce qui fonctionne le mieux pour moi, c’est un fil de réincarnation vraiment brillant. Comme pour relier tous les romans entre eux dans un ouvrage savant ultérieur qui réconcilie quelques grandes âmes d’incarnation en incarnation à travers l’histoire. Nous avons la vie de ces personnages dans l’ensemble du roman, et c’est vraiment magnifique. Une SF bouddhiste qui non seulement se concentre sur l’auto-référence et la cohérence, mais qui le fait d’une manière très détaillée et académique qui est presque trop belle pour être énoncée.

Brillant ne rend pas vraiment justice au travail.

Je ne vais pas dire qu’elle n’est pas légèrement surchargée par les éléments scientifiques comme si elle n’était qu’un véhicule pour des découvertes fondamentales particulièrement juteuses, mais j’aime aussi ce genre de choses. Cela ne me dérange pas. Cela a cependant rendu le texte un peu trop volumineux 🙂

Cela m’a rappelé très favorablement d’autres tomes épiques de science-fiction comme Le bateau d’un million d’années de Poul Anderson. Nous avons tout notre temps pour travailler et l’exploration des idées est à couper le souffle.

Je sais donc maintenant que Robinson est non seulement un grand conteur, un bon écrivain, mais aussi, de mon point de vue, un homme bon. C’est bien, je pense. Je vais certainement lire d’autres livres de lui.

Note : 9,5/10

Poche : 1024 pages ISBN-13 : 978-2266147590 Dimensions du produit : 11.1 x 4.3 x 17.8 cm Éditeur : Pocket