Rouille de Floriane SOULAS – 12 mars 2020

1897, Paris. Violante est amnésique. Elle ne sait plus qui elle est ni d’où elle vient. Ses uniques indices sont son pendentif, fait d’une étrange gemme, et son prénom. Placée dans une maison close, Les Jardins Mécaniques, elle devient Duchesse, la plus courue des prostituées, dont s’entiche le comte de Vaulnay, énigmatique promoteur ayant fait fortune sur la lune.

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Chronique : On se retrouve aujourd’hui avec une chronique de Rouille, de Floriane Soulas. Il s’agissait de ma toute première incursion dans l’univers de cette autrice et je n’ai vraiment pas été déçue. C’est un roman steampunk, une uchronie qui fait la part belle aux extraordinaires machineries de la première révolution industrielle du 19e siècle, dont j’avais simplement vu la couverture et lu le quatrième de couverture sur Babelio. Il n’en fallait pas plus pour m’intriguer !

Floriane Soulas suit les pas de Violante, une jeune prostituée amnésique en quête de son passé. Dans un Paris surmonté d’un dôme de protection et survolé par les dirigeables, des prostituées et des enfants disparaissent, et leurs corps sont retrouvés atrocement mutilés. Face à cet affreux fléau couplé à la propagation d’une drogue qui rend plus dépendant que jamais, les autorités sont complètement démunies. Enfermée dans sa maison close, Violante, ou plutôt Duchesse pour ses clients, ne serait pas vraiment en danger si sa meilleure amie ne faisait partie des victimes et si elle ne se mettait en tête de retrouver son meurtrier.

Comment vous dire ? Je suis littéralement tombée sous le charme de cet univers. L’atmosphère sombre et brumeuse de ce Paris mécanique et toutes les belles idées de l’autrice pour réinventer les différents quartiers comme la Ferraille et ses occupants ou encore la Foire, la vie à cette époque, la provenance de la drogue dont le livre tire son titre ou encore les inventions de Jules… Les descriptions sont l’un des points forts de ce roman, c’est super bien fait, on n’a aucun mal à imaginer ou à s’immerger, tout tient parfaitement debout et c’est juste fascinant. Bon, il faut quand même avoir le cœur bien accroché sur certains passages, en particulier à la fin.

Je me suis également attachée aux personnages très facilement, que ce soit Violante, Jules ou même Léon le proxénète. On sent chez la jeune femme une certaine fragilité qui contrebalance la détermination sans faille dont elle fait preuve. Mais les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, même si on sent venir la romance avec Jules à des kilomètres ! Elle n’est pas trop présente, heureusement. Louis, Léon, Feu sont également autant de personnages atypiques et passionnants. Sans parler de l’homme aux cheveux blonds qui enlève tout ce petit monde…

C’est un roman très riche, tant par son univers habilement construit que par ses personnages complexes et son intrigue addictive. La tension est présente jusque dans les toutes dernières pages et vous savez quoi ? C’est un coup de cœur, un vrai ! Un premier roman très sympathique qui donne envie de relire Floriane Soulas le plus vite possible.

Note : 9,5/10

Chronique de Kahlan

 

  • Broché : 432 pages
  • Editeur : Pocket (12 mars 2020)
  • Collection : Science-fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2266306634

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Le bureau des sabotages : L’étoile et le fouet ; Dosadi de Frank Herbert

Dans cette immense société pan-galactique où cohabitent plusieurs espèces sentientes et où les Calibans ont offert à l’humanité la possibilité de voyage instantané entre les étoiles, les Etats sont si efficaces qu’ils peuvent broyer aveuglément leurs populations. Le Bureau des Sabotages a été fondé pour enrayer ces risques majeurs

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Chronique : Merci à Mnémos pour ce magnifique Intégrale de Herbert qui comprend deux nouvelles se déroulant dans le même univers, dont une inédite, complètent l’intégrale. Avec ce grand classique de la SF réuni pour la première fois en un volume, Frank Herbert nous immerge dans le cœur réactif et les rouages d’une société à la dimension d’une galaxie, aux prises avec ses démons. Le livre débute avec L’étoile et le Fouet qui est ici une histoire d’amour bien étrange, celle entre un individu ordinaire et l’équivalent d’un dieu. Mais avant de parler d’histoire d’amour il s’agit bien d’un court roman de S-F traitant des problèmes de communication entre les êtres et évidemment entre les individus. Il a choisi pour cela de s’offrir toute une panoplie d’individus aussi farfelus les uns que les autres et permettant de balayer un large spectre de forme de vie (aux pouvoirs parfois bien différents).
L’histoire d’amour et ce thème de la communication sont supporter par une intrigue policière qui entraine inévitablement une enquête et force dons le lecteur à tenter de la résoudre lui aussi. le stratagème fonctionne véritablement et les pages s’enchainent sans que la lassitude ne vienne pointer le bout de son nez.
Mais quel est cette intrigue ? Me direz-vous ! Eh bien figurez-vous que toutes personnes ayant emprunté les couloirs calibans (permettant de se déplacer dans toute la galaxie) perdent subitement la mémoire ou bien disparaissent étrangement. Personne ne sait vraiment comment fonctionnent ces couloirs. Pour couronner le tout une boule métallique s’écrase et à son bord se trouve une forme calibane dont le langage ne partage pas les mêmes concepts que les êtres qu’elle va rencontrer. Jorj X. McKie est le saboteur extraordinaire en charge de cette mission et c’est à lui qu’il revient également de maintenir le contact avec l’entité calibane.
Une histoire à la fois passionnante et distrayante qu’il convient de classer dans les réussites de Herbert.  Ensuite nous partons sur Dosadi seule ville d’un monde isolé , en quarantaine et impropre à la vie. Un monde qui est cependant habité par deux espèces qui cohabitent sur le fil du rasoir ( deux espèces dont les hommes ).
Et l’autre point de vue : une sorte de communauté galactique très riche et complexe , dont les habitants de Dosadi ignorent totalement l’existence.
La création de Dossadi est le résultat d’une sorte de bavure d’un point de vue légal et éthique . Une bavure qui va déboucher sur un fantastique conflit , une crise institutionnelle de derrière les fagots et sur un procès qui est un morceau d’anthologie dans le genre système juridique Alien.
C’est un vrai bonheur d’explorer cette ville impitoyable ou si tout est compliqué et où rien n’est manichéen pour autant .
Ce texte n’est pas un roman artificiellement compliqué et sa complexité est un plaisir pour les explorateurs des mondes étranges et étrangers que sont souvent les amateurs de SF.
Les personnages sont très solides et très fonctionnels ,alors que l’univers est d’une densité extrême …
En prime donc : il nous est offert d’explorer un système juridique Alien du plus grand intérêt ( passionnant ) avec finesse et subtilités , ainsi que de sentir intimement les difficultés de faire cohabiter deux espèces intelligentes …
Il y a dans ce bouquin des aliens qui sont parmi les plus réussis du genre .
Dosadi est une injure aux lois et à l’éthique et ce dernier aspect génère un imbroglio juridique mâtiné d’action et de rythme assez intense.
Par ailleurs de par leurs conditions d’existences les habitants de Dosadi ont acquis certaines caractéristiques psychosociales qui ne resteront pas sans conséquence sur l’avenir de cet univers et c’est peut-être là que se trouve le coeur de ce texte délicieux de dépaysement . Nous arrivons sur La délicatesse du saboteur ou le protagoniste de « The Saboteur Tact » est saboteur extraordinaire Jorj X. McKie , un employé du Bureau de Sabotage (ou BuSab). BuSab est un organisme gouvernemental chargé de mener des trucs sales « au lieu de ruban rouge » pour aider à ralentir et réguler la grande bureaucratie couvrant la galaxie de la ConSentiency ( en vertu des règles BuSab le secrétaire de l’agence conserve sa position jusqu’à ce qu’il est lui – même saboté) . Chargé de trouver manquant saboteur Napoléon Bildoon, McKie tente de percer les secrets de la Pan-Spechi , une course divisée en groupes de cinq « compagnons de crèche », dont un seul ego possèdent la conscience à la fois. Ce faisant , il va à l’ encontre de l’organisation « Watchers fiscales », qui est catégoriquement opposé à l’existence de BuSab et on fini avec l’inédit  Tracer son sillon Cette histoire se déroule dans un avenir lointain sur la planète Aspidiske VII. Une réunion du « Sous-comité spécial de la culture intergalactique » est convoquée pour étudier la possibilité d’un gaspillage excessif de la part des « équipes de préservation historique du Bureau des affaires culturelles ». Le secrétaire Hablar vient présenter un échantillon du travail effectué par l’équipe de préservation historique. L’échantillon qu’il soumet est une interview avec l’un des rares pionniers survivants de la planète Gomeisa III. C’est un vieil homme nommé Hilmot Gustin. Au cours de l’entretien, on apprend que Hilmot était l’inventeur du rollitor, un harnais de charrue pour une forme de vie extraterrestre originaire de la planète, et aussi l’homme qui a découvert ce que la crème des marais fait pour le teint. Une fois l’entretien terminé, la réunion est ajournée jusqu’au lendemain.

Un livre juste magnifique.

Note : 10/10

 

  • Broché : 592 pages
  • Editeur : Mnémos Editions (15 mai 2020)
  • Collection : INTEGRALE
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2354087721

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Star Wars Episode IX – L’Ascension de Skywalker de Rae CARSON (4 Juin 2020)

Un an après Les Derniers Jedi, la Résistance a pu renaître de ses cendres. Toutefois, si Rey et ses compagnons sont prêts à reprendre le combat, la guerre contre le Premier Ordre et son Suprême Leader, Kylo Ren, est loin d’être gagnée. Tandis que l’étincelle de l’insurrection se ravive, un message à glacer le sang est diffusé à travers la galaxie : l’Empereur Palpatine, que l’on pensait vaincu depuis des décennies, est revenu d’entre les morts…

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Chronique : Je peux honnêtement dire que ce n’est pas seulement l’une des plus agréables nouvelles de Star Wars que j’aie jamais lues, mais aussi celle qui ajoute le plus à son matériel de base. Plus important encore, je pense que la lecture de ce document m’a permis d’apprécier et de comprendre certains des choix créatifs que J.J. Abrams a faits avec L’Ascension de Skywalker .

Je comprends mieux le film grâce à la lecture de l’impeccable roman de Rae Carson – que cela signifie ou non que le film lui-même est un échec est ouvert à l’interprétation. Le premier devrait certainement se présenter comme une œuvre d’art (populaire) à part entière, sans avoir besoin d’un roman pour l’expliquer. Mais ce que Carson a réussi à faire de manière si efficace ici, c’est de permettre au lecteur de pénétrer dans les processus de pensée des personnages lors d’événements clés, ce qu’un film ne peut que laisser entendre.

Bien sûr, le roman sacrifie le spectacle sur grand écran, surtout avec les batailles à finir (encore) vers la fin, où l’écriture de Carson est en quelque sorte superficielle. Elle brille vraiment par son travail sur les personnages, et donne à chacun de la grande distribution un moment significatif (certains ont des scènes prolongées ou des éléments explicatifs ajoutés, alors qu’il y a même un personnage entièrement nouveau).

Je me rappelle encore clairement avoir vu le premier Star Wars, et le sentiment d’émerveillement qu’il a suscité en moi (et la terreur. C’est peut-être quelque chose qui manquait aux films plus récents, mais les perceptions de chacun changent aussi avec l’âge, bien sûr). Ce sentiment d’émerveillement ne m’a jamais quitté, et m’a inspiré un amour de toute une vie pour la science-fiction.

C’est aussi une flamme que je maintiens dans les moments les plus difficiles de la vie, quand je me demande ce que C3PO, ou le fringant héros Han Solo, ferait face à l’adversité, au stress, à la perte et à tous les autres aspects désordonnés de l’être humain.

Ma foi en Star Wars a été sérieusement ébranlée par la réaction toxique au Dernier Jedi et le mépris manifesté par certains « fanboys » pour l’inclusion de la diversité dans cette galaxie très, très lointaine. Ce que cela m’a appris, c’est que personne n’a le droit d’avoir des droits, et que le respect et la compassion doivent être les valeurs qui président au discours civilisé.

J.J. Abrams a dû faire face à une tâche herculéenne (certains diraient même impossible) en essayant de plaire à une base de fans très disparates avec ce qui a été présenté comme le dernier film de Star Wars (bien sûr, ce ne sera pas le cas).

Honnêtement, je ne sais pas. Il y a des choses que j’ai aimées, d’autres que j’ai adoré, d’autres encore que je n’ai pas vraiment appréciées. Ce que Carson fait si bien dans le livre, c’est d’ajouter du tissu conjonctif à l’histoire plus large qui lie les personnages entre eux. La Force était vraiment de son côté avec celui-ci

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (4 juin 2020)
  • Collection : Star wars
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265154873

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La prisonnière du ciel (D.E.S.T.R.O.Y t. 2) de Serge Brussolo |

Une femme, tombée des nuages, s’écrase en plein Tokyo après avoir traversé la verrière d’un centre commercial. A-t-elle sauté d’un immeuble de grande hauteur ? Est-on en présence d’un suicide spectaculaire ?

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Chronique :  L’auteur décrit une chute hallucinante d’un corps humain, un corps qui traverse les différentes couches de l’atmosphère pour s’écraser dans une piscine sur le toit d’un hôtel. L’énergie cinétique est telle que le fond se crevasse et provoque une catastrophe. Ce qui reste du corps est emmené par les hommes de la médecine légale qui constatent que la femme est toujours …vivante !

Ainsi commence le second tome de la série « DESTROY ». DESTROY est un organisme secret, spécialisé dans les missions les plus inhumaines. Il est dirigé par le colonel Evgueni, un ancien des services secrets russes. Celui-ci, alerté, veut comprendre ce qu’il y a derrière. Il charge donc Peggy qui, à l’issue de sa mission précédente, a retrouvé son handicap, (elle est paraplégique suite à une chute en montagne) d’enquêter sur cette femme. Pourquoi et comment cette serveuse, se mettant en scène sur un site sexy d’Internet, a-t-elle pu acquérir l’immortalité ?

Débute pour Peggy une quête hallucinatoire qui va la mener à s’infiltrer dans un réseau qui mène une expérience étonnante. Son organisme a été préparé pour cette enquête. Il est truffé de nanotechnologies qui devraient lui permettent de faire face, avec succès, à toutes les situations.

Mais le danger le plus réel et le plus redoutable ne vient-il pas de Yumiko Yoshitzune, un ancien agent qui a été évincé du service au profit de Peggy et dont les nano particules sont devenues incontrôlables et surtout …imprévisibles.

Serge Brussolo nous a habitués à des intrigues peu communes, à des mises en scène dramatiques et angoissantes, à des mutations, des transformations d’organismes peu ordinaires. Mais, avec l’aide des nano particules, il fait un pas de plus dans la démesure, dans l’explosion organique. Il a conçu de nouveaux types d’immortels, des agents mutagènes, des transformations encore inédites comme l’homme « trou noir » qui aspire toute matière organique qui passe à sa portée. On a le sentiment qu’il a fait passer une imagination déjà surdimensionnée à la vitesse supérieure. L’auteur irait presque trop loin, trop fort et le récit perdrait vite de sa « véracité » si quelqu’un d’autre était aux commandes de l’histoire. Mais Serge Brussolo, avec son art diabolique de conteur, rend presque crédible toutes ses inventions.

« La prisonnière du ciel » est un volet qui ne dépare pas une œuvre foisonnante où l’angoisse le dispute à la démesure. « DESTROY » devient une série d’exception !

Note : 9,5/10

 

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 2076 KB
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 217 pages
  • Editeur : H&O (18 mai 2020)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français

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Into the night saison 1 / Netflix

J’ai fait un peu le tour des séries sur Netflix. Je suis loin d’avoir épuisé ma liste mais côté nouveauté je suis à peu près à jour. Voilà sans doute pourquoi la bande annonce de cette série belge a su me happé et que j’ai lancé le premier épisode sans trop savoir à quoi m’attendre. J’aurais du y réfléchir à deux fois tant la série s’avère décevante sur de nombreux points.

Les créateurs se sont d’abord tiré une balle dans le pied en choisissant un casting international ne maîtrisant pas forcément le français. Il en résulte une cacophonie d’accent qui m’a personnellement empêcher de suivre tous les dialogues. Cela reste subjectif mais il faut le savoir avant de lancer la série surtout que j’ai pu me rendre compte que les acteurs belges on le même défauts que certains acteurs français, ils n’articule pas assez. Ajoutons à cela un jeu d’acteur hasardeux pour certains et une écriture franchement maladroite par moment et vous aurez saisi le problème.

Comment ça mon personnage est mal écris ?

Le point fort de cette première série belge estampillée Netflix est son synopsis accrocheur entre apocalypse mondiale et huis-clos oppressant. Un pitch qui nécessite de se concentrer sur l’action et l’aspect sensationnel surtout au vu du format court, six épisodes de quarante minutes, et du budget de la série qui n’a pas grand chose à voir avec celui de Stranger thing forcément. Mais ce choix n’excuse pas toutes les errances du scénario. Malgré deux premiers épisodes plutôt corrects, qui parviennent à instaurer une tension et une atmosphère angoissante, la suite peine à convaincre. L’aspect huis-clos est rapidement évacué par des expéditions de première nécessité qui sont justifiées mais qui annulent le côté anxiogène qui faisait la force des premiers épisodes.

L’écriture des personnages reste le gros point faible de cette saison. On a droit à des comportements incohérents comme lorsque deux personnages qui se détestent cordialement en viennent aux mains sans raison alors même qu’ils poursuivent un objectif commun et qu’ils sont pris par le temps. Les dialogues font parfois preuve d’un surréalisme affligeant comme lorsqu’un personnage confesse à un autre qu’il est heureux que cette tragédie se soit produite car cela a permis à leur petit groupe d’être réunis. Plus de la moitié de la population mondiale vient de succomber mais lui il est content de pouvoir craindre pour sa vie, de tenter désespérément de se ravitailler en carburant et nourriture et de trouver un terrain d’entente avec le reste des survivants.

J’appelle mon agent qu’il me sorte de cette galère

Les personnages sont introduits par un flash-back au début des épisodes, comme le faisait jadis la série lost, sans que cela ne permette d’approfondir leur personnalité ni que l’on ne puisse s’attacher à eux ni craindre pour leur vie.

Malgré un bon potentiel de départ, into the night se révèle être une déception francophone de plus pour Netflix. Quant à moi je vais fouiller à nouveau ma liste pour tenter de trouver un programme plus solide.

Synopsis : Lorsque le soleil commence soudain à tout tuer sur son chemin, les passagers d’un vol de nuit en partance de Bruxelles tentent de survivre par tous les moyens, coincés dans un avion condamné à faire le tour de la Terre…

Depuis 2020 / 40min / Drame, Science fiction, Thriller
De Jason George (XIII)
Avec Pauline Etienne, Laurent Capelluto, Stefano Cassetti
Nationalité Belgique
Chaîne d’origine Netflix

Le hasard et la nuit (21 mars 2020) de Serge Brussolo

Comment s’échapper d’un monde qui a sombré dans l’intolérance et l’obscurantisme et a ressuscité les antiques religions sacrificielles ? Quand Julia voit ses proches s’offrir avec le sourire au couteau des prêtres-bourreaux qui adorent couvrir de sang les escaliers monumentaux de leurs pyramides-abattoirs, elle s’enfuit…
Avec « Le hasard et la nuit », Serge Brussolo fait exploser les règles du space opera et nous offre un roman de science-fiction d’une mordante ironie.

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Chronique : L’auteur n’est plus à présenter , il écrit abondamment et il sait à la perfection matérialiser des univers fantasques sous un jour fabuleusement rationnel avec des personnages qui ont énormément de présence , de sens et de portée …

Il a écrit dans des genres très différents et en introduction de cette modeste bafouille misérable , je voudrais préciser que ce livre est de l’authentique science-fiction , plus particulièrement dans le registre du sous-genre planète opéra tout à fait orthodoxe . Le récit qui composent ce livre , est assez cohérents ( à cause de l’univers ) et de qualité . C’est une très bonne expérience de planète opéra …Le lecteur est plongé dans un magma de dépaysements divers et variés , ces divers univers qui tapent sur le système , des êtres troublants au ou des cultes tout à fait savoureux et un « lien » avec la nature comme par exemple ..S’adapter à un contexte aberrant génère des aberrations en boucles , elles sont savoureuses et elles interrogent notre propre réalité en miroir. C’est un délice à plusieurs niveaux de lecture .C’est enfin, une sorte d’apocalypse permanente. Chaque personnage est une histoire à lui tout seul et je ne détaillerai pas pour ne rien dévoiler de ce qui fait tout l’attrait de ce livre, à savoir, l’étonnement permanent, l’ébahissement sans cesse renouvelé et la stupéfaction devant la capacité de Serge Brussolo à nous divertir certes mais aussi à nous émouvoir…
Sa plume est un petit bonheur…. Mise au service d’une fantasmagorie riche aussi bien visuellement que sur le plan sonore, elle regorge de métaphores riches à souhait et diablement bien trouvées…. La poésie est partout, dans chaque phrase, chaque plan visuel, chaque son, chaque destin, chaque personnage…
Les trouvailles sont légion et le voyage est des plus dépaysant…
Voila, que dire de plus ? Le hasard et la nuit est un formidable spectacle onirique, un opéra, une merveilleuse allégorie qui met en éveil tous nos sens…. Et met notre imagination à contribution plus que de raison. Chaque page est une découverte…

Le personnage de Julia est assez impressionnant: elle a été formatée par ses parents ayant une croyance assez ancestrale , elle a  l’esprit critique. Son attitude montre qu’elle est une vrai guerrière intelligente..

Le personnage de Aurore est assez détestable. Elle est égoïste, froide, calculatrice… Elle est également très lucide…

On retrouve certains thèmes chers à Brussolo. Par exemple, une situation extrême conduisant certains à accomplir des folies, et à y croire.

Note : 9,5/10

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 1756 KB
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 224 pages
  • Editeur : H&o (21 mars 2020)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français

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Thin Air (11 mars 2020) de Richard Morgan

Hakan Veil est un ex-agent de sécurité haut de gamme, dont le corps équipé de technologies militaires fait de lui une véritable machine à tuer.

Chronique : Tout comme « Altered Carbon », celui-ci est un grand mélange de détective noir et de cyberpunk dans un monde dystopique. Au lieu d’envoyer un détective sur des planètes lointaines en transportant une personnalité numérique dans un corps récepteur, la future technologie mise en scène ici sur une Mars coloniale et terraformée est dans le domaine de la bio-ingénierie, des implants d’intelligence artificielle et des nanotechnologies. Au lieu de Tak dans la série précédente, notre héros similaire ici est Hak, diminutif de Hakan Veil, et il est une arme incarnée.

Veil a été génétiquement modifié pour augmenter ses capacités physiques (comme la vision nocturne et les modes de combat à haut indice d’octane) et a été implanté dès son enfance avec une IA de niveau militaire embarquée avec laquelle il peut dialoguer en interne et interagir grâce à des écrans analytiques projetés sur sa rétine. Cet investissement a été réalisé par une méga-corporation, Blond Vaisutis, spécialisée dans la sécurité des entreprises, une sorte de Haliburton du futur. Pendant vingt ans, Veil a travaillé pour eux en tant qu' »agent de contournement », un agent polyvalent pour l’espionnage, les opérations secrètes et les contre-mesures violentes à toute menace de pirates, d’insurrections ou de gouvernements locaux arrogants à l’encontre des entreprises rentables. Mais il a commis une erreur coûteuse qui a fait des morts et a exposé l’entreprise à une exposition politique défavorable, pour laquelle il a été licencié et exilé sur Mars. Là-bas, il lutte contre la pauvreté pour utiliser ses talents dans le cadre de contrats privés.
Sa constitution cybernétique exige que Veil soit en hibernation pendant quatre mois sur un an. Il a pu acheter une ancienne nacelle de sauvetage avec unité d’hibernation installée dans un bloc vivant de nacelles pour les pauvres de la métropole Bradley (un peu comme la nacelle de Bruce Willis dans le film « le 5eme Élément »). Lorsqu’il est ranimé, il court « à chaud », ou sur un déclencheur à cheveux, pour trouver des solutions violentes, ce qui fait partie de sa programmation pour une action décisive comme lorsqu’un vaisseau de société est attaqué. Ainsi, notre super-héros déchu prend un aspect un peu caricatural à la Hulk. Son IA à bord, « Ris », tente de l’orienter vers un comportement plus stratégique et plus sûr, avec des provocations sarcastiques et des harcèlements ironiques, mais « sa » conception militaire.

Notre première expérience avec Veil au réveil de l’hibernation est le meurtre audacieux d’une figure du crime organisé qui a tué une femme qu’il avait sauvée des dommages collatéraux lors de son dernier travail. Peu de temps après, il se détend en faisant l’amour avec une voisine dans sa résidence de « Pod-Park Heaven ». La violence d’une vengeance grossière et le fait de se vautrer dans le sexe brut nous met sur un chemin tortueux vers quoi ? La phase suivante m’a rapidement fait pousser les « ucks » et les « icks » et m’a fait décoller pour un tour de « wow ». Comme dans les romans policiers noirs de James Ellroy à Los Angeles après la guerre, j’avais envie de prendre une douche à la fin de la course, mais je devais néanmoins courir à travers les pages.

L’élément cyberpunk gibsonien satisfaisant du récit provient de la froideur de notre héros face à toutes les factions corrompues auxquelles il doit faire face et de la reproduction du « Sprawl » de son prédécesseur, le ventre urbain richement détaillé et multiculturel d’un monde de chien-mangeur dans un avenir de haute technologie. Un agréable retour dans la jungle humaine a si bien capturé la prise du film « Blade Runner » de P.K. Dick. A découvrir

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 640 pages
  • Editeur : Bragelonne (11 mars 2020)
  • Collection : Bragelonne SF
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028111564

Thin air par Morgan

 

La guerre uchronique : Edition intégrale de Fritz Leiber| 31 janvier 2020

Deux peuples vivant à l’échelle galactique, les Araignées et les Serpents, se livrent d’une guerre secrète sans merci à travers les siècles à coups de modifications temporelles et d’uchronies qui déterminent la destinée de l’humanité. Greta Forzane, originaire de Chicago, a été recrutée par les Araignées et travaille désormais dans une station de récupération, un « Lieu » hors du Temps, sorte de cabaret dédié au repos des soldats temporels.

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Chronique : Première édition intégrale en France de ce cycle consacré aux voyages dans le temps et à l’uchronie. Traduction entièrement revue. Textes inédits. Le roman « L’hyper-temps ». Le roman court « Nul besoin de grande magie ». Toutes les nouvelles du cycle. Préface & glossaire. Etude conséquente consacrée à l’oeuvre de Fritz Leiber « Quelques motifs d’une toile de maître » par Timothée Rey.

– « L’Hyper temps » Llauréat du prix Hugo, est non seulement un roman agréable et mémorable, mais aussi un roman dérangeant. Il est né, en partie, de la conception que Fritz Leiber avait du voyage dans le temps et de la nature du passé. Il ne croyait pas du tout à « L’effet papillon » ; non, il pensait que le passé était plus déterminé, plus résistant. Si vous vouliez vraiment changer l’avenir, pensait Lieber, vous deviez revenir en arrière… encore, et encore, et encore.

Pendant la « Guerre du changement », deux groupes de combattants – dirigés par des chefs de file de l’ombre connus sous le nom d' »Araignées » (l’Ouest) et de « Serpents » (l’Est) – se battent et mènent des opérations clandestines, dans le passé comme dans l’avenir, afin de modifier l’histoire en leur faveur. Le roman se déroule dans une station de récupération, où notre narratrice Greta travaille comme « amuseuseur » – une sorte de travailleur du sexe, d’infirmière ou de thérapeute du TSDT – dont le travail consiste à remettre les soldats traumatisés en forme et à les préparer à retourner au front.

Au début, cela m’a rappelé une pièce de théâtre de la Première Guerre mondiale (des soldats en permission, se disputant amicalement, entourés de mademoiselles, ainsi qu’un film typique de la Seconde Guerre mondiale à Hollywood (une situation tendue qui exige l’unité, avec tous les groupes ethniques possibles de G.I. représentés). Sauf que, dans ce cas, les soldats vont du G.I. de la Seconde Guerre mondiale, commandant nazi, et Tommy britannique de la Première Guerre mondiale, à un Centurien romain, un Lunan sous forme octopoïde, et une Amazone de l’ancienne Crète. Mais, alors que tout le monde semble s’amuser, quelqu’un pose une bombe nucléaire sur la valise et l’équipe de la station de récupération doit résoudre le mystère de sa propre pièce fermée à clé pour survivre.

C’est un roman surprenant, inventif, plein de dialogues aigus et spirituels, avec des jeux de mots et des allusions littéraires multilingues. Mais il a aussi un côté sérieux. Alors que nous apprenons les nombreux changements que la « guerre du changement » a entraînés dans le temps – notamment la prise de contrôle de l’Amérique par les nazis pendant des siècles et la destruction des œuvres de Platon – nous commençons à ressentir le grand gaspillage et les dégâts encore plus importants que les Araignées et les Serpents ont causés.

– « Nul besoin de grande magie » Une suite (bien que cela n’y ressemble pas au premier abord) à L’Hyper temps. Nos intrépides joueurs sont de retour, narrés à nouveau par l’excentrique Greta, qui a perdu la mémoire. Dans L’Hyper temps, Greta est au courant, très en amont avec le lecteur, de la guerre du changement, des allées et venues des soldats qu’elle et les autres divertissent, du médecin, du service, etc. pour garder le moral.

Dans L’Hyper tempsc, elle est perdue, confuse, et lit certainement comme si le reste du monde était devenu fou autour d’elle (ou peut-être juste qu’elle est devenue folle…). C’est une histoire qui tourne autour d’un seul acte de la pièce écossaise dans une Angleterre élisabéthaine aussi exacte que possible (oui, Greta, c’est un anachronisme), et elle reconstitue soudainement les morceaux de sa mémoire.

La construction de l’action est lente par moments, parfois douteuse, surtout si on la compare à L’Hyper temps, mais elle se lit comme un classique de Leiber. C’est sa voix qui nous donne les histoires de Fafhrd et de Mouser qui sont étonnamment bizarres, et c’est une voix que j’adore. Tant de choses, au retour de la mémoire de Greta, sont dites en si peu de temps, que je trouve toute ma tête bourdonnante avec elle.

– « Nouvelles » Fritz Leiber est un nom légendaire dans la science-fiction et le fantastique, là-haut parmi les étoiles avec des personnages comme Isaac Asimov, Arthur C. Clarke et autres.  Grace à ce livre vous pouvez le découvrir.   L’auteur utilise le monde du futur et les avancées scientifiques imaginées comme un accessoire pour accrocher ses histoires, qui sont pour la plupart des fantasmes.

Certaines histoires sont des vignettes surréalistes, troublantes dans leur sombre intensité. Il est intéressant de noter que, selon Leiber, ces deux histoires « se sont presque écrites toutes seules ». L’homme qui n’a jamais grandi jeune est l’histoire d’un éternel dans un monde où le temps recule : tout autour de lui, il voit les gens grandir jeunes et retourner dans le ventre de leur mère, mais il est destiné à vivre pour toujours. Dans Mariana, le monde de l’imaginaire est amené à sa conclusion logique – ce qui est (terriblement !) ridicule.

Ces histoires couvrent la période allant de la fin de la Seconde Guerre mondiale dans les années quarante à la période de la guerre froide au début des années soixante-dix : et beaucoup de ces histoires reflètent les préoccupations de l’époque dans leur contenu et leur intention. La santé mentale et la recherche : Un Ennemi est un ennemi qui se préoccupe sans détour de la guerre et de la domination du monde. Ce sont essentiellement des histoires moralisatrices sur la guerre.

Un superbe ouvrage pour découvrir où redécouvrir cette artiste.

  Note : 10/10

 

  • Broché : 555 pages
  • Editeur : Mnémos Editions (31 janvier 2020)
  • Collection : INTEGRALE
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2354087535

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Rétrograde (1 janvier 2020) de Peter Cawdron

Liz Anderson est l’une des cent vingt personnes vivant au sein de la colonie martienne Endeavour. Entourée de ses collègues représentant les principaux pays du monde, et sous la direction de quatre agences spatiales travaillant de concert, Liz s’est engagée pour une mission de dix ans sur la planète rouge. Mais la camaraderie martienne vole en éclats lorsque, sur Terre, le feu nucléaire pleut sur plusieurs grandes villes.

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Chronique : Bien que plusieurs livres aient été écrits sur les gens piégés sur Mars (le plus récent étant  » The Martian  » d’Andy Weir), Cawdron a adopté une approche légèrement différente, en plaçant un important contingent de colons sur Mars, puis en faisant en sorte qu’un incident se produise sur Terre, ce qui signifie qu’ils sont seuls puisque la Terre est perdue pour eux. Comment survivent-ils sans leur soutien ? Il y a ensuite une autre histoire qui se passe sur la colonie de Mars qui crée ce livre étonnant que vous ne pouvez pas vous empêcher de lire.
Cawdron a écrit un livre étonnant ici, en entrant dans les détails incroyables sur la colonie de Mars, comment elle devrait être créée pour que les gens puissent réellement survivre, en utilisant la recherche réelle (il cite plusieurs sources dont la NASA), pour créer cette histoire qui est incroyablement réaliste, détaillée et authentique. En lisant cette histoire, vous obtenez une véritable éducation sur ce qui sera réellement nécessaire pour vivre sur Mars, comment une colonie fonctionnera, et ce dont ceux qui y vivent auront besoin pour survivre. En plus de cet incroyable thriller de science-fiction qu’il a écrit, il y a une sorte de documentaire détaillé intégré à l’histoire qui ne fait qu’ajouter à cette histoire exceptionnelle.
L’histoire est racontée du point de vue de l’un des colons américains, Liz, et comment, après qu’un incident majeur sur Terre ait coupé le contact avec la colonie, cela a un impact sur chacun des principaux acteurs. Il y a 4 modules principaux dans la colonie, le module chinois, le module américain, le module russe et un module eurasien qui est composé de Japonais, de Britanniques, d’Espagnols, d’Australiens et de quelques autres nationalités. A travers les yeux de Liz, nous pouvons voir comment les événements qui se sont produits sur Terre affectent chacun des autres colons, chacun des autres personnages du livre, qu’ils soient majeurs ou mineurs. C’est une façon très intelligente d’écrire l’histoire, permettant à un seul personnage de nous raconter l’histoire, mais en même temps, nous obtenons aussi les perspectives de plusieurs autres personnages, ainsi qu’une idée de la taille et de la population de la colonie, et un concept de ce que c’est que de vivre dans la colonie, pas seulement pour Liz et le contingent américain, mais aussi pour chacune des autres nationalités. C’est encore un autre exemple de l’exceptionnelle qualité d’écriture de Cawdron.
Il y a des personnages fascinants dans cette histoire, du commandant américain qui est un astronaute autodidacte, qui a appris tout seul en combattant comme soldat des Forces Spéciales. Son 2IC, Harrison, est bruyant, odieux, mais a un centre plus doux, si vous prenez le temps de le trouver. Le contingent chinois est d’une grande beauté, avec Doi, l’aînée des commandants, mise sur ses chemins, Jaiyun, la meilleure amie et l’amante de Liz. Les Russes ont quelques caractères standard, Vlad, très intelligent, aime boire, et il y a la belle Dr Anna, dont tout le monde tombe amoureux au premier regard. Bien sûr, elle est aussi l’une des personnes les plus intelligentes de la station.
C’est un regard approfondi sur la survie sur Mars, un thriller avec de multiples sous-intrigues qui se déroule après que les événements sur Terre aient eu lieu et bien sûr, c’est juste une histoire exceptionnelle de personnages de science-fiction.
Les interactions entre chacun des personnages sont intelligentes et granuleuses, réalistes, Cawdron a consacré beaucoup de temps et d’efforts à s’assurer que les conversations sur le front de la science-fiction sont exactes en demandant conseil à la NASA, il a fait ses recherches sur la construction d’une colonie sur Mars, à tel point que quelqu’un devrait l’engager pour faire partie d’un comité chargé de concevoir les plans de la prochaine base là-haut.
Et tout cela avant que les véritables rebondissements de l’histoire ne s’installent et que vous ne réalisiez que vous n’êtes pas encore entré dans la vraie histoire. Comme je l’ai dit, il y a beaucoup d’intrigues et de sous-intrigues pour en faire un thriller exceptionnel qui vous laissera assis à la fin en faisant  » Huh  » pendant que vous mettez tout cela en place.

Note : 9/10

 

  • Broché : 368 pages
  • Editeur : Folio (1 janvier 2020)
  • Collection : Folio. Science-fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2072876761

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Pyramides de Romain BENASSAYA | 9 janvier 2020

2182, des colons fuient la Terre devenue stérile dans une vingtaine d’immenses vaisseaux pour un voyage de deux cents ans. Toutes prennent la direction de Sinisyys, une autre planète bleue, dans le système 82 Eridani. Une seconde chance pour l’humanité. Mais à leur réveil d’un long sommeil en biostase, les occupants du Stern III ne se trouvent pas sur le nouvel Éden tant souhaité. Ici, point de voûte étoilée, et l’IA du vaisseau en panne ne peut leur donner aucune indication.
Les seuls indices que les passagers ont sont l’extraordinaire évolution de la forêt qui sert de poumon au vaisseau, et des Jardiniers – des pucerons génétiquement modifiés devenus scarabées. Combien de temps ont-ils bien pu passer en stase pour qu’une telle chose soit possible ? Et quel est cet environnement froid et noir, ressemblant à un tunnel aux proportions dantesques ?

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Chronique :Qu’on put ressentir les explorateurs d’antan lorsque, après un long voyage, ils découvrent qu’ils ne sont pas parvenus à destination et surtout que le lieu où ils se trouvent leur est complètement inconnu ? C’est sur ce sentiment étrange, mélange de peur et d’incompréhension, que l’auteur base son récit.

Il n’est pas tant question de science-fiction dans cet ouvrage que de nature humaine. Les détails ayant trait à la science-fiction sont exposés de manière claire et concis, le récit se concentre sur les réactions des naufragés qui doivent appréhender un environnement inconnu et aux proportions gigantesques. Le récit se transforme alors en fable ethnologique nous montrant comment un groupe d’humains livré à lui-même peut se livrer aux pires comportements comme aux meilleurs. Les tensions se créent vite et certains personnages tombent rapidement dans les extrêmes, en étant fermés au dialogue et prêt à tout pour imposer leurs points de vue. C’est le seul reproche que je pourrais faire au livre, il manque une transition entre la naissance des différents groupes et le durcissement des opinions. On a l’impression qu’il manque une étape dans le basculement psychologique des personnages. Le manque de caractérisation des personnages secondaires n’aide pas.

Cependant l’auteur parvient à nous conter la création d’une société humaine sans être jamais ennuyeux malgré le nombre de pages conséquents. Le mystère entourant leur présence dans ce tunnel mystérieux reste finalement au second plan, l’auteur préférant se concentrer sur les passions humaines. Les détails épars distillés par l’auteur suffisent à maintenir la curiosité du lecteur tout au long de l’œuvre.

Le final apportera autant de réponses que de questions mais offrira de belles fins aux arcs narratifs des principaux personnages.
Pyramides offrent donc un récit captivant, une fable sur la nature humaine et ses travers, mais aussi sur sa force et sa capacité d’adaptation. On pourrait retenir que la morale de l’histoire est que la providence sourit aux téméraires.

Note : 8/10

 

  • Poche : 624 pages
  • Editeur : Pocket (9 janvier 2020)
  • Collection : Science-fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2266292617

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