Le problème à trois corps de Liu Cixin, comme s’il n’y en avait qu’un seul problème

Un mot pour résumé cette lecture ? Ardue. Oui ardue comme peut l’être un problème de mathématique lorsque vos connaissances s’arrêtent à comment écrire boobs avec la calculette casino de votre grand frère.

Pourtant je le présageais plus ou moins que cette lecture allait être exigeante. L’auteur, Liu Cixin, est réputé pour écrire des récits de hard science pointue mais l’engouement des réseaux sociaux et de l’annonce de la future adaptation en série par les showrunners de Game of throne m’avait fait grésiller les circuits.

On va tout de suite évacuer le problème de la quatrième de couverture, le fameux résumé de l’éditeur, car à la place d’un résumé succinct qui attise la curiosité du lecteur on a droit à un récapitulatif quasi complet de l’intrigue. Plus de la moitié de l’intrigue de ce premier volet est révélée en une quinzaine de lignes. Au-delà de l’aspect spoilant d’un tel résumé il induit le lecteur en erreur. En lisant ces quelques lignes on s’attend à passer les 400 pages du roman avec l’héroïne, Ye Wenjie, un certain horizon de lecture se détache clairement.

Croyez le ou non mais cette brave Ye Wenjie est presque un personnage secondaire dans ce premier tome de la trilogie. En vérité on va surtout suivre un chercheur nommé Wang Miao et très vite le problème du résumé dilvugacheur va se poser. En effet ce brave scientifique va passer les deux tiers du livre à se demander dans quel pétrin il s’est fourré mais le lecteur le sait déjà grâce à la délicatesse de l’éditeur qui a pris soin de lui révéler les tenants et les aboutissants de l’intrigue. Tous les passages où Wang Miao doit remettre en cause ses convictions scientifiques et se confronte à des questions sans réponses tombent donc à l’eau et gâche le plaisir de lecture lié à la découverte progressive de l’intrigue.

Au-delà de ce détail qui compte beaucoup pour moi je dois avouer que le style aride de l’auteur n’a pas trouvé d’échos en moi. Ye Wenjie possède une psychologie complexe mais le personnage reste cependant assez froid. Wang Miao, quant à lui, reste assez plat en matière de développement, il est surtout là pour servir de miroir au lecteur dans sa découverte des ramifications de cet univers complexe.

Car complexe la lecture l’est sans aucun doute possible. Notamment lors du dernier tiers qui exige de mobiliser tout son attention pour comprendre les enjeux terribles qui se mettent en place. Mais ce sous-genre de la science-fiction a besoin que ces éléments purement scientifiques soient emmenés par des personnages attachants, ce qui n’est malheureusement pas le cas ici.

Voilà donc une lecture à côté de laquelle je suis passé. Nul doute qu’une meilleure gestion de la quatrième de couverture m’aurait permis de m’immerger différemment et de passer outre l’exigence scientifique.

Résumé: plutôt que de vous faire l’affront de reproduire ici le résumé éditeur je vais vous écrire mon propre résumé, ce qui vous évitera peut-être la déconvenue que j’ai vécu.

En pleine révolution culturelle, la jeune scientifique Ye Wenjie se retrouve mis au ban de la société, catalogué comme dissidente elle se retrouve affectée à un base militaire secrète dont le véritable objectif lui restera dissimulé pendant des années.

38 ans plus tard le scientifique Wang Miao, spécialiste en nanomatériaux, est approché par les services de renseignements chinois pour enquêter sur une vague de suicide qui touche la communauté scientifique. Tous avaient été approchés par une association scientifique qui sélectionne ses membres sur des critères strictes. Très vite Wang Miao voit sa propre vie menacée et va devoir remettre en cause toutes ses convictions scientifiques pour espérer s’en sortir vivant.

  • ISBN-10 : 2330070748
  • ISBN-13 : 978-2330070748
  • Dimensions du produit : 14.6 x 3 x 24.1 cm
  • Broché : 432 pages
  • Éditeur : Actes Sud (5 octobre 2016)
  • Poids de l’article : 500 g
  • Langue : : Français

Mother Code – 14 octobre 2020 de Carole Stivers

2049. La race humaine est en péril. Les habitants de la Terre n’ont plus qu’un seul recours : placer des enfants génétiquement modifiés dans les cocons de robots géants. Après une période d’incubation, ils seront mis au monde et élevés par des machines. L’ultime espoir de préserver la société humaine réside dans ces robots dotés d’une intelligence artificielle qui rend chacun d’entre eux unique : le code-mère.

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Chronique : Mother Code commence avec la naissance d’un enfant. Kai est né de Rho-Z et son instinct est de le garder en sécurité. De là, nous remontons dans le temps, une quinzaine d’années auparavant, et nous apprenons l’échec de l’expérience de guerre biologique menée par les États-Unis, qui a provoqué une épidémie généralisée. Rassemblant des compétences dans de nombreux domaines tels que l’armée, la biologie, l’immunologie, la programmation, la robotique et la psychologie, une opération secrète est lancée avec l’intention de modifier l’ADN humain de manière à ce que les humains puissent devenir immunisés contre cette maladie.

Cependant, aussi mortelle qu’elle soit, il n’y a pas assez de temps pour trouver un remède pour tout le monde et les responsables de cette opération décident d’exécuter leur dernier plan : Des mères qui donneront naissance à des enfants qui seront immunisés, une toute nouvelle génération qui survivra sûrement. Outre Kai, nous rencontrons d’autres enfants. L’unique est Misha, une fille née d’une des Mères mais sauvée par les humains lorsque son robot-mère est irrémédiablement endommagé. Il y a tellement de choses à penser dans ce livre et je veux me concentrer sur trois idées principales.
Peut-on faire réfléchir les machines ? Il existe de nombreux algorithmes, les réseaux de neurones étant les plus utilisés dans l’apprentissage profond, et à vrai dire, peu de gens comprennent ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Je trouve les livres sur l’intelligence artificielle fascinants parce qu’ils enlèvent le côté mathématique lourd de ces technologies et imaginez simplement que si nous pouvions les utiliser, que ferions-nous avec eux ? C’est dans les moments d’adversité que nous sommes les plus créatifs et The Mother Code représente bien les sauts et les liens des avancées qui se produisent avec une épidémie imminente.

Mother Code est le code qui représente chacune des Mères. Il a été créé pour préserver l’essence des véritables mères biologiques des enfants. Nous ne parlons pas ici d’une seule IA – nous parlons d’une IA unique pour chacune des Mères. L’auteur, Carole Stivers, a fait un travail louable dans mon esprit en expliquant le raisonnement qui sous-tend cette démarche.


Les survivants ont fait partie intégrante de l’opération secrète et ont eu accès aux médicaments pour ralentir les effets de l’épidémie. Ils ont cherché inlassablement les enfants. Mais ce sont les Mères qui les ont empêchés de s’approcher le plus longtemps. Plus tard, elles ont pris des décisions sans comprendre le lien que la Mère et l’enfant partageaient, considérant que les enfants de onze ans n’avaient pas leur mot à dire dans le destin de leur parent célibataire. Cette attitude illustre bien ce qui se passe lorsque nous sommes stressés et que nous agissons dans la peur. Ne vous inquiétez pas, les choses se passeront bien, et tout comme les mères apprennent de leurs enfants, les humains apprendront aussi.

C’est un livre sur lequel je reviendrai dans le futur. La situation inquiétante à laquelle le monde était confronté, les choix difficiles que les gens ont dû faire pour s’assurer que les enfants survivraient et naîtraient avec l’immunité forment un récit intéressant. Je le recommande vivement aux lecteurs qui aiment lire sur l’IA, les progrès de la science et la maternité.

C’est un roman indépendant et j’ai vraiment apprécié le voyage du début à la fin. Il s’est bien terminé en abordant tous les points principaux tout en éclairant un avenir qui reste à venir. Sera-t-il en 2049 ? Nous verrons bien…

Note : 9,5/10

Le Janissaire – 28 août 2020 de Olivier Bérenval

Khataï est une planète perdue au bout de l’univers. Elle appartient a la Communauté, l’empire galactique réunissant l’humanité qui a essaimé dans les étoiles. Lorsqu’il y est envoyé pour enquêter sur l’assassinat d’un haut dignitaire, le Janus aire Kimsè ne doute pas un instant qu’il résoudra l’affaire. Surentraînés, les janissaires forment l’élite des investigateurs de la Communauté, redoutés pour leur efficacité proche de l’inhumanité.

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Chronique : Un livre pas simple de son premier abord. Je l’avoue au bout de 50 pages j’ai abandonner une première fois mais…j’y suis retourner et ce roman proche de« Altered Carbon », celui-ci est un grand mélange de détective noir et de cyberpunk dans un monde dystopique. L’élément cyberpunk gibsonien satisfaisant du récit provient de la froideur de notre héros face à toutes les factions corrompues auxquelles il doit faire face. Olivier Bérenval construit une enquête policière pleine de rebondissements où chaque personnage avance masqué, soit parce que ses intentions ne sont pas claires, soit parce que la chair qu’il ou elle porte ne lui correspond pas. Et pour une fois, le côté cyberpunk étant tellement éloigné de ce qu’offrent les possibilités informatiques actuelles, La grande qualité de ce livre, outre son histoire, est que les personnages ont l’air vrai et profond, tout comme le contexte, les situations et les dialogues. Un tel degré de réalisme n’est pas courant dans ce genre où les personnages sont le plus souvent superficiels et simplement au service de l’intrigue. Ici, l’essence même de son personnage principal et son expérience de l’existence pousse le lecteur à la réflexion et suscite son empathie. C’est selon moi la preuve que Olivier Bérenval est un grand écrivain qui sait distraire et faire réfléchir ses lecteurs.

Note : 9/10

Blitz, T1 : Black-out – 16 septembre 2020 de Connie Willis

Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement. Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…Ils sont aux premières loges. Une aubaine pour des historiens, sauf quand l’Histoire elle-même se met à dérailler.

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Chronique : Avertissement : Ce livre n’a pas de fin appropriée. Il était censé être la première moitié d’un livre mais l’éditeur l’a divisé en deux livres et Black out est la première moitié. All Clear est le deuxième livre/la deuxième moitié du livre. Vous devez absolument avoir All Clear sous la main pour le lire immédiatement après ce livre. J’ai fini ce livre et j’ai commencé le lendemain le même jour et c’est comme ça qu’il faut faire. J’ai délibérément lu lentement pour qu’il n’y ait pas d’interruption avant que je puisse lire le livre suivant.

J’ai été complètement fasciné ! Ce livre est tellement amusant à lire.

J’étais au paradis : de la fiction historique où j’ai vraiment appris beaucoup sur ce que c’était que d’être un civil à Londres et dans les zones d’évacuation et d’autres parties de l’Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale, de la fiction spéculative qui est l’un de mes genres préférés, et des voyages dans le temps pour lesquels j’ai un penchant particulier.

J’aime le fait que ce soit un personnage nommé Ira Feldman, un juif, qui a inventé le voyage dans le temps, et que ses parents semblent avoir vécu pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce fait n’est mentionné qu’en passant, mais je l’ai bien noté.

J’ai apprécié tous les personnages principaux : Polly, Merope/Eileen, Mike, et aussi beaucoup d’autres en 2060 et 1940. Ce sont des personnages qui me tenaient à cœur et ils semblaient tous complètement authentiques. Je commençais à dresser une liste de quelques personnages mémorables, mais ils étaient trop nombreux, alors je vais simplement dire cela et laisser les lecteurs les rencontrer et apprendre à les connaître lorsqu’ils liront ce livre. Il y a eu beaucoup de répétitions pendant le livre, en particulier la longue dernière partie, mais cela a marché pour moi parce que c’est le genre de pensée obsessionnelle et répétitive et d’inquiétude que je ferais dans ces circonstances, et le fait que les personnages du livre le fassent a donné aux événements un tel sentiment d’immédiateté. La plupart des actions se déroulent en 1940 et dans les environs, mais le monde d’Oxford en 2060 était également fascinant. J’aime la façon dont les historiens voyageurs de 2060 doivent apprendre les méthodes de 1940, par exemple comment conduire une voiture à essence de l’époque.

L’histoire et les personnages sont si fascinants, et la prémisse est si créative, que même si ce n’est pas parfait, c’était un merveilleux livre .

Note : 9,5/10

Community de Luna Joice, tous connectés, tous heureux

Le roman ayant remporté le prix Bernard Weber de cette troublante année 2020 est une nouvelle variation sur le meilleur des mondes vu, cette fois-ci, sous le prisme de la communication et des réseaux sociaux.

Il faut bien reconnaître que les moyens de communication sont les technologies qui ont connu une démocratisation fulgurante ces deux dernières décennies, alors que l’ingénierie génétique reste encore de l’ordre de l’imaginaire réservéàun élite financière. Les smartphones et leurs corollaires les applications de messagerie instantanées. Jamais on ne s’est autant écri, des millions de messages sont envoyés, des conversations qui s’étalent sur des heures voire des jours, des groupes de conversations sont créés autour d’un thème que les participants partagent en commun, mais pourtant jamais l’humanité n’a paru aussi divisée, séparé en groupes qui se hurlent sans s’écouter. Il n’est donc guère étonnant que la science-fiction s’empare de ce thème pour nous en dire un peu plus sur l’humanité et ses travers.

Sous le regard de notre héroïne Lyah, on découvre un monde utopique en apparence. L’auteur a fait le choix de nous décrire un personnage classique mais à la psychologie subtile et emphatique. Comme tous les personnages qui remettent en cause le monde dans lequel ils vivent, elle possède un esprit curieux, rêveur et se heurte rapidement aux parois vitrées de ce monde qui paraît vite limité. Son besoin d’évasion va la pousser en remettre en question les fondements de ce monde trop parfait.

Car certes le monde de Lyah est idyllique, la paix mondiale règne, la barrière des langues a été abolie, toutes les données qu’elles soient culturelles, scientifiques ou autres sont téléchargeables quasi instantanément mais comme pour tout ce que l’on obtient dans la vie il y a un prix à payer et c’est ce que Lyah va découvrir. On suit son évolution psychologique à mesure que son désenchantement sur son monde prend forme. Pour être vraiment convaincant il aurait fallu que la fin soit plus détaillée, moins expéditive. Le système des chercheurs aurait mérité d’être plus étayé, ses failles bien humaines encore plus mis en avant. L’épilogue notamment passe trop rapidement sur une conséquence des actions de Lyah qui, potentiellement, pourrait signifier le retour des conflits mais le but de l’auteur est de pousser la réflexion.

Le récit prend rapidement un tournant young adult loin d’être désagréable, la romance entre Lyah et Caleb est plaisante et touchante, surtout que la mentalité des citoyens de ce monde connecté l’empêche de prendre une place prépondérante dans le récit. Les interrogations de lyah trouveront facilement un écho dans l’esprit de tous les adolescents utilisateurs des réseaux sociaux et qui ont parfois l’impression d’étouffer dans notre monde qui offre tant de libertés virtuelles mais si peu souvent l’occasion de les mettre en pratique dans le monde réel.

Résumé: 3006. La Terre a été pacifiée grâce à Community, une technologie révolutionnaire qui permet à l’homme de communiquer par télépathie. L’égoïsme mis de côté au profit de la collectivité, conflits et inégalités appartiennent désormais au passé.
Passionnée par les étoiles, Lyah est une jeune femme dotée d’une profonde soif de connaissances, qui la pousse à se poser beaucoup de questions sur le monde qui l’entoure. Bien plus que tous ceux qu’elle connaît… Pourquoi les humains ont-ils désormais interdiction de se toucher ? Pourquoi ne peut-elle pas choisir elle-même sa future Assignation ? Et pourquoi certaines bases de données lui sont-elles inaccessibles ?
Tandis qu’elle exhume secret après secret sur la société aseptisée dans laquelle elle vit, une interrogation grandit dans son esprit.
Pour Community, à quoi l’humanité a-t-elle renoncé ?

  • Broché : 298 pages
  • ISBN-13 : 978-2755647365
  • ISBN-10 : 2755647361
  • Éditeur : Hugo Roman (3 septembre 2020)

Star Wars : Renaissance – 27 août 2020 de Rebecca ROANHORSE

La Résistance est en ruine. À la fuite difficile de Crait, ce qui était autrefois une armée a été réduit à une poignée de héros blessés. Finn, Poe, Rey, Rose, Chewbacca, Leia Organa – leurs noms sont célèbres parmi les mondes opprimés pour lesquels ils luttent. Mais les noms ne font pas tout et le dernier appel à l’aide désespéré de Leia est resté sans réponse.

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Chronique : Un très bon livre. C’est le parfait livre de transition dont nous avons besoin. Après le dernier Jedi, la Résistance a survécu mais elle a été décimée en termes de personnel, d’armes et de soutien L’autre chose, c’est que le temps entre le Réveil de la Force et le Dernier Jedi est si minuscule que la lecture de ce livre m’a fait réaliser le peu de temps que les personnages ont entre eux. C’est le point principal de ce livre : il donne vraiment aux personnages du nouveau et de l’ancien temps et une chance de faire leur deuil et de créer des liens.

L’une des grandes choses que j’ai toujours aimées dans Star Wars, c’est la continuité entre les films, les livres, les bandes dessinées et même les jeux. C’est quelque chose qui a manqué à l’époque de Disney. Oui, de nouveaux personnages doivent être créés, mais avant ce livre, les choses n’allaient pas vraiment bien ensemble. J’y ai vu des personnages de la trilogie Aftermath, dont l’un s’est fait un nom dans l’univers de la bande dessinée, Bloodlines, Rebels, et d’anciens héros également.

Pas de grandes révélations dans ce livre, mais un livre vraiment nécessaire pour rassembler tous les personnages. De nouveaux personnages, d’anciens et de nouveaux héros, de nouveaux rôles à jouer, et un feu renouvelé pour combattre l’injustice. Un grand livre. Rey est très calme dans ce livre, elle n’y fait que quelques apparitions, je suppose qu’elle est sauvée pour le film, mais ce serait dommage que les autres personnages ne soient pas reconnus. À lire absolument avant le début de l’aventure Skywalker

C’est aussi un livre de Poe Dameron. Il est encore en train d’accepter sa mutinerie et toutes ses ramifications et d’apprendre comment en sortir. Il se sent incroyablement nécessaire et Rebecca Roanhorse gère habilement son état d’esprit. Honnêtement, il y a beaucoup de choses à aimer dans ce livre, mais je ne veux vraiment pas en gâcher davantage pour les lecteurs, car chaque nouvelle révélation ou inclusion de personnage a été une joie à découvrir en lisant.

Note : 9/10

Traque-la-Mort de Serge Brussolo | 25 mai 2020

On la surnommait Lona-la-Rouge, elle figurait sur tous les avis de recherche. Elle fuyait, semant malgré elle destruction et carnage. Elle n’était plus vraiment elle-même depuis que son corps avait été modifié. Lui faire mal, c’était courir le risque de déclencher d’épouvantables catastrophes.

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Chronique : H&0 et Serge Brussolo c’est le nouveau duo 2020 et il en fait des étincelles et nous offre ou nous permet de découvrir plus d’œuvre du maitre. Ici une édition revue et corrigée par l’auteur. Traque-la-mort relève d’une esthétique punk. L’intrigue est certe conventionnelle mais histoire d’amour entre chasseur et gibier et belle et pas romancé et arrive à nous passionné d’un bout à l’autre. Et ça marche et c’est beau.  Un livre de course-poursuite qui fonctionne et ce lit d’une traite avec pour paysage post-apocalyptique avec son atmosphère si particulière. L’écriture s’adapte bien au récit et il se passe des aventures dans chaque chapitre ce qui nous fait face au destin des deux héros auquel on s’attache rapidement et de nous représente une réalité pas si éloigné de la notre .  Le livre ce fini par une fin que l’on ne s’y attend pas, l’auteur nous surprend de plus belle. A lire où relire.

Note : 9,5/10

 

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 1788 KB
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 147 pages
  • Editeur : H&O (25 mai 2020)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN : B08969C2HQ

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Rouille de Floriane SOULAS – 12 mars 2020

1897, Paris. Violante est amnésique. Elle ne sait plus qui elle est ni d’où elle vient. Ses uniques indices sont son pendentif, fait d’une étrange gemme, et son prénom. Placée dans une maison close, Les Jardins Mécaniques, elle devient Duchesse, la plus courue des prostituées, dont s’entiche le comte de Vaulnay, énigmatique promoteur ayant fait fortune sur la lune.

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Chronique : On se retrouve aujourd’hui avec une chronique de Rouille, de Floriane Soulas. Il s’agissait de ma toute première incursion dans l’univers de cette autrice et je n’ai vraiment pas été déçue. C’est un roman steampunk, une uchronie qui fait la part belle aux extraordinaires machineries de la première révolution industrielle du 19e siècle, dont j’avais simplement vu la couverture et lu le quatrième de couverture sur Babelio. Il n’en fallait pas plus pour m’intriguer !

Floriane Soulas suit les pas de Violante, une jeune prostituée amnésique en quête de son passé. Dans un Paris surmonté d’un dôme de protection et survolé par les dirigeables, des prostituées et des enfants disparaissent, et leurs corps sont retrouvés atrocement mutilés. Face à cet affreux fléau couplé à la propagation d’une drogue qui rend plus dépendant que jamais, les autorités sont complètement démunies. Enfermée dans sa maison close, Violante, ou plutôt Duchesse pour ses clients, ne serait pas vraiment en danger si sa meilleure amie ne faisait partie des victimes et si elle ne se mettait en tête de retrouver son meurtrier.

Comment vous dire ? Je suis littéralement tombée sous le charme de cet univers. L’atmosphère sombre et brumeuse de ce Paris mécanique et toutes les belles idées de l’autrice pour réinventer les différents quartiers comme la Ferraille et ses occupants ou encore la Foire, la vie à cette époque, la provenance de la drogue dont le livre tire son titre ou encore les inventions de Jules… Les descriptions sont l’un des points forts de ce roman, c’est super bien fait, on n’a aucun mal à imaginer ou à s’immerger, tout tient parfaitement debout et c’est juste fascinant. Bon, il faut quand même avoir le cœur bien accroché sur certains passages, en particulier à la fin.

Je me suis également attachée aux personnages très facilement, que ce soit Violante, Jules ou même Léon le proxénète. On sent chez la jeune femme une certaine fragilité qui contrebalance la détermination sans faille dont elle fait preuve. Mais les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, même si on sent venir la romance avec Jules à des kilomètres ! Elle n’est pas trop présente, heureusement. Louis, Léon, Feu sont également autant de personnages atypiques et passionnants. Sans parler de l’homme aux cheveux blonds qui enlève tout ce petit monde…

C’est un roman très riche, tant par son univers habilement construit que par ses personnages complexes et son intrigue addictive. La tension est présente jusque dans les toutes dernières pages et vous savez quoi ? C’est un coup de cœur, un vrai ! Un premier roman très sympathique qui donne envie de relire Floriane Soulas le plus vite possible.

Note : 9,5/10

Chronique de Kahlan

 

  • Broché : 432 pages
  • Editeur : Pocket (12 mars 2020)
  • Collection : Science-fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2266306634

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Le bureau des sabotages : L’étoile et le fouet ; Dosadi de Frank Herbert

Dans cette immense société pan-galactique où cohabitent plusieurs espèces sentientes et où les Calibans ont offert à l’humanité la possibilité de voyage instantané entre les étoiles, les Etats sont si efficaces qu’ils peuvent broyer aveuglément leurs populations. Le Bureau des Sabotages a été fondé pour enrayer ces risques majeurs

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Chronique : Merci à Mnémos pour ce magnifique Intégrale de Herbert qui comprend deux nouvelles se déroulant dans le même univers, dont une inédite, complètent l’intégrale. Avec ce grand classique de la SF réuni pour la première fois en un volume, Frank Herbert nous immerge dans le cœur réactif et les rouages d’une société à la dimension d’une galaxie, aux prises avec ses démons. Le livre débute avec L’étoile et le Fouet qui est ici une histoire d’amour bien étrange, celle entre un individu ordinaire et l’équivalent d’un dieu. Mais avant de parler d’histoire d’amour il s’agit bien d’un court roman de S-F traitant des problèmes de communication entre les êtres et évidemment entre les individus. Il a choisi pour cela de s’offrir toute une panoplie d’individus aussi farfelus les uns que les autres et permettant de balayer un large spectre de forme de vie (aux pouvoirs parfois bien différents).
L’histoire d’amour et ce thème de la communication sont supporter par une intrigue policière qui entraine inévitablement une enquête et force dons le lecteur à tenter de la résoudre lui aussi. le stratagème fonctionne véritablement et les pages s’enchainent sans que la lassitude ne vienne pointer le bout de son nez.
Mais quel est cette intrigue ? Me direz-vous ! Eh bien figurez-vous que toutes personnes ayant emprunté les couloirs calibans (permettant de se déplacer dans toute la galaxie) perdent subitement la mémoire ou bien disparaissent étrangement. Personne ne sait vraiment comment fonctionnent ces couloirs. Pour couronner le tout une boule métallique s’écrase et à son bord se trouve une forme calibane dont le langage ne partage pas les mêmes concepts que les êtres qu’elle va rencontrer. Jorj X. McKie est le saboteur extraordinaire en charge de cette mission et c’est à lui qu’il revient également de maintenir le contact avec l’entité calibane.
Une histoire à la fois passionnante et distrayante qu’il convient de classer dans les réussites de Herbert.  Ensuite nous partons sur Dosadi seule ville d’un monde isolé , en quarantaine et impropre à la vie. Un monde qui est cependant habité par deux espèces qui cohabitent sur le fil du rasoir ( deux espèces dont les hommes ).
Et l’autre point de vue : une sorte de communauté galactique très riche et complexe , dont les habitants de Dosadi ignorent totalement l’existence.
La création de Dossadi est le résultat d’une sorte de bavure d’un point de vue légal et éthique . Une bavure qui va déboucher sur un fantastique conflit , une crise institutionnelle de derrière les fagots et sur un procès qui est un morceau d’anthologie dans le genre système juridique Alien.
C’est un vrai bonheur d’explorer cette ville impitoyable ou si tout est compliqué et où rien n’est manichéen pour autant .
Ce texte n’est pas un roman artificiellement compliqué et sa complexité est un plaisir pour les explorateurs des mondes étranges et étrangers que sont souvent les amateurs de SF.
Les personnages sont très solides et très fonctionnels ,alors que l’univers est d’une densité extrême …
En prime donc : il nous est offert d’explorer un système juridique Alien du plus grand intérêt ( passionnant ) avec finesse et subtilités , ainsi que de sentir intimement les difficultés de faire cohabiter deux espèces intelligentes …
Il y a dans ce bouquin des aliens qui sont parmi les plus réussis du genre .
Dosadi est une injure aux lois et à l’éthique et ce dernier aspect génère un imbroglio juridique mâtiné d’action et de rythme assez intense.
Par ailleurs de par leurs conditions d’existences les habitants de Dosadi ont acquis certaines caractéristiques psychosociales qui ne resteront pas sans conséquence sur l’avenir de cet univers et c’est peut-être là que se trouve le coeur de ce texte délicieux de dépaysement . Nous arrivons sur La délicatesse du saboteur ou le protagoniste de « The Saboteur Tact » est saboteur extraordinaire Jorj X. McKie , un employé du Bureau de Sabotage (ou BuSab). BuSab est un organisme gouvernemental chargé de mener des trucs sales « au lieu de ruban rouge » pour aider à ralentir et réguler la grande bureaucratie couvrant la galaxie de la ConSentiency ( en vertu des règles BuSab le secrétaire de l’agence conserve sa position jusqu’à ce qu’il est lui – même saboté) . Chargé de trouver manquant saboteur Napoléon Bildoon, McKie tente de percer les secrets de la Pan-Spechi , une course divisée en groupes de cinq « compagnons de crèche », dont un seul ego possèdent la conscience à la fois. Ce faisant , il va à l’ encontre de l’organisation « Watchers fiscales », qui est catégoriquement opposé à l’existence de BuSab et on fini avec l’inédit  Tracer son sillon Cette histoire se déroule dans un avenir lointain sur la planète Aspidiske VII. Une réunion du « Sous-comité spécial de la culture intergalactique » est convoquée pour étudier la possibilité d’un gaspillage excessif de la part des « équipes de préservation historique du Bureau des affaires culturelles ». Le secrétaire Hablar vient présenter un échantillon du travail effectué par l’équipe de préservation historique. L’échantillon qu’il soumet est une interview avec l’un des rares pionniers survivants de la planète Gomeisa III. C’est un vieil homme nommé Hilmot Gustin. Au cours de l’entretien, on apprend que Hilmot était l’inventeur du rollitor, un harnais de charrue pour une forme de vie extraterrestre originaire de la planète, et aussi l’homme qui a découvert ce que la crème des marais fait pour le teint. Une fois l’entretien terminé, la réunion est ajournée jusqu’au lendemain.

Un livre juste magnifique.

Note : 10/10

 

  • Broché : 592 pages
  • Editeur : Mnémos Editions (15 mai 2020)
  • Collection : INTEGRALE
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2354087721

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Star Wars Episode IX – L’Ascension de Skywalker de Rae CARSON (4 Juin 2020)

Un an après Les Derniers Jedi, la Résistance a pu renaître de ses cendres. Toutefois, si Rey et ses compagnons sont prêts à reprendre le combat, la guerre contre le Premier Ordre et son Suprême Leader, Kylo Ren, est loin d’être gagnée. Tandis que l’étincelle de l’insurrection se ravive, un message à glacer le sang est diffusé à travers la galaxie : l’Empereur Palpatine, que l’on pensait vaincu depuis des décennies, est revenu d’entre les morts…

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Chronique : Je peux honnêtement dire que ce n’est pas seulement l’une des plus agréables nouvelles de Star Wars que j’aie jamais lues, mais aussi celle qui ajoute le plus à son matériel de base. Plus important encore, je pense que la lecture de ce document m’a permis d’apprécier et de comprendre certains des choix créatifs que J.J. Abrams a faits avec L’Ascension de Skywalker .

Je comprends mieux le film grâce à la lecture de l’impeccable roman de Rae Carson – que cela signifie ou non que le film lui-même est un échec est ouvert à l’interprétation. Le premier devrait certainement se présenter comme une œuvre d’art (populaire) à part entière, sans avoir besoin d’un roman pour l’expliquer. Mais ce que Carson a réussi à faire de manière si efficace ici, c’est de permettre au lecteur de pénétrer dans les processus de pensée des personnages lors d’événements clés, ce qu’un film ne peut que laisser entendre.

Bien sûr, le roman sacrifie le spectacle sur grand écran, surtout avec les batailles à finir (encore) vers la fin, où l’écriture de Carson est en quelque sorte superficielle. Elle brille vraiment par son travail sur les personnages, et donne à chacun de la grande distribution un moment significatif (certains ont des scènes prolongées ou des éléments explicatifs ajoutés, alors qu’il y a même un personnage entièrement nouveau).

Je me rappelle encore clairement avoir vu le premier Star Wars, et le sentiment d’émerveillement qu’il a suscité en moi (et la terreur. C’est peut-être quelque chose qui manquait aux films plus récents, mais les perceptions de chacun changent aussi avec l’âge, bien sûr). Ce sentiment d’émerveillement ne m’a jamais quitté, et m’a inspiré un amour de toute une vie pour la science-fiction.

C’est aussi une flamme que je maintiens dans les moments les plus difficiles de la vie, quand je me demande ce que C3PO, ou le fringant héros Han Solo, ferait face à l’adversité, au stress, à la perte et à tous les autres aspects désordonnés de l’être humain.

Ma foi en Star Wars a été sérieusement ébranlée par la réaction toxique au Dernier Jedi et le mépris manifesté par certains « fanboys » pour l’inclusion de la diversité dans cette galaxie très, très lointaine. Ce que cela m’a appris, c’est que personne n’a le droit d’avoir des droits, et que le respect et la compassion doivent être les valeurs qui président au discours civilisé.

J.J. Abrams a dû faire face à une tâche herculéenne (certains diraient même impossible) en essayant de plaire à une base de fans très disparates avec ce qui a été présenté comme le dernier film de Star Wars (bien sûr, ce ne sera pas le cas).

Honnêtement, je ne sais pas. Il y a des choses que j’ai aimées, d’autres que j’ai adoré, d’autres encore que je n’ai pas vraiment appréciées. Ce que Carson fait si bien dans le livre, c’est d’ajouter du tissu conjonctif à l’histoire plus large qui lie les personnages entre eux. La Force était vraiment de son côté avec celui-ci

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (4 juin 2020)
  • Collection : Star wars
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265154873

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