Terminus de Tom Sweterlitsch, boucle infernal

Ce roman je l’aurais attendu longtemps mais quand j’ai enfin eu l’occasion de me plonger dedans le voyage ne m’a plus qu’à moitié. Est-ce moi qui en ai trop attendu ou bien l’ouvrage souffre-t-il de défauts qui me l’ont rendu indigeste ?

Commençons avec les points positifs du roman. La narration de l’auteur est maligne. Il va enchaîner les paragraphes introspectifs, sans réel développement de l’intrigue avant de brusquement enchaîné surnune scène d’action digne des meilleurs films thrillers hollywoodien. Il y a d’ailleurs une manière très américaine de traiter l’action, les fusillades, les combats. Ces scènes sont très cinématographiques et agissent comme des décharges électriques qui relancent l’intérêt pour la lecture. L’on va vivre tous ces scènes par le point de vue de Shannon Moss, le personnage principal, dont le développement m’a laissé débutatif.

Ce personnage est lancé dans une course contre le temps. Une course qu’elle ne peut évidemment pas gagner. Ce qui explique peut-être son caractère impulsif et tête brûlée. Le problème ce que ce genre de personnage à tendance a très vite m’irriter. Que Shannon fonce droit vers une probable planque de terroriste une fois d’accord mais elle répète ce genre d’imprudence plusieurs fois au cours du récit. Et sur un récit qui s’étale sur 400 pages c’est pénible. Il y a même un passage que je considère comme une incohérence, où Shannon aurait dû se méfier d’un personnage ou lieu de lui faire bêtement confiance mais le récit étant dense et les personnages sujets à de grands changements de par la narration c’est peut-être moi qui n’ai pas saisi un détail. En tout cas ce passage étant une scène charnière du récit cela m’a sorti du récit.

La bonne idée de Sweterlitsch est d’avoir incorporé son récit de science-fiction dans une narration de thriller. Ainsi les éléments se rattachant au domaine de la science-fiction, comme les voyages temporels, les vaisseaux spatiaux prennent ancrage dans un univers où l’homme a dompté la science. Aucun personnage n’est jamais vraiment surpris d’apprendre que Shannon voyage dans le temps ni qu’il existe un département d’État consacré à l’étude des voyages temporels. Cela permet à l’auteur de donner un cadre précis à son récit. Malheureusement cela l’enferme aussi dans une sorte de vase clos qui empêche à ses même éléments de prendre de l’ampleur.

Comme je l’ai dit plus haut tous les personnages sont au courant de l’existence des voyages temporels, que ce soit les alliés ou les adversaires de Shannon. Tout le récit baigne dans une atmosphère d’agents secrets, d’agents gouvernementaux et je crois que c’est de là que vient mon ressenti mitigé. Le récit manque d’un personnage étranger à ce milieu, qui le découvrirait avec des yeux ébahis et permettrait ainsi à cette avancée scientifique fantastique de prendre de l’ampleur. Un personnage par les yeux duquel on découvrirait les voyages temporels, ses effets secondaires, ses dangers et ses risques. Là l’auteur a choisi de tout nous livrer par les yeux d’un personnage aguerri qui balance ses informations comme si elle écrivait un rapport. Cela manque d’une approche plus innocente, plus humaine.

Un autre point d’achoppement entre cet ouvrage et moi concerne les antagonistes que Shannon traque. Autant l’auteur est parvenu à livrer aux lecteurs un univers dense de manière concise, au final 400 pages c’est peu au vu de la richesse du thème, autant le groupe de terroristes souffre d’un manque d’écriture. Je reproche à Shannon d’être impulsive mais c’est un personnage à part entière, elle a une voix, une épaisseur dont manquent les adversaires qu’elle affronte. Leurs motivations paraissent prévisibles et leur caractérisation trop grossière pour être crédible. Cela aurait mérité un peu plus de développement.

C’est étrange comment un ouvrage peut vous plaire et vous décevoir en même temps. Le personnage de Shannon est attachant, c’est une femme meurtrie dans sa chair et qui a le sens du sacrifice ce qui la dote d’une grandeur d’âme indéniable mais son impulsivité la dessert trop souvent pour en faire un personnage dont je me souviendrais. L’univers mis en place par l’auteur est passionnant mais son approche militarisée pour l’introduire m’a déconcerté. Pas une mauvaise lecture en soie mais pas une lecture mémorable.

Résumé: Depuis le début des années 80, un programme ultrasecret de la marine américaine explore de multiples futurs potentiels. Lors de ces explorations, ses agents temporels ont situé le Terminus, la destruction de toute vie sur terre, au XXVIIe siècle.
En 1997, l’agent spécial Shannon Moss du NCIS reçoit au milieu de la nuit un appel du FBI : on la demande sur une scène de crime. Un homme aurait massacré sa famille avant de s’enfuir. Seule la fille aînée, Marian, 17 ans, serait vivante, mais reste portée disparue. Pourquoi contacter Moss ? Parce que le suspect, Patrick Mursult, a comme elle contemplé le Terminus… dont la date s’est brusquement rapprochée de plusieurs siècles.

  • diteur : Albin Michel (24 avril 2019)
  • Langue : Français
  • Broché : 448 pages
  • ISBN-10 : 2226439935
  • ISBN-13 : 978-2226439932
  • Poids de l’article : 500 g
  • Dimensions : 14 x 3 x 20.5 cm

Fortune Cookies – 12 mai 2021 de Silène Edgar

Une coupure d’électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l’Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes  : le gouvernement cache qu’il se passe quelque chose au sud… la guerre  ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur.

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Fortune Cookies est l’un de ces romans à la lecture desquels on ne ressort pas indemne.
Bretagne. Blanche et Hadrien mènent leur petite vie tranquillement, sans heurts, sans écueils. Mais leur vie bascule lorsque la France se retrouve plongé dans un black-out géant de trois jours. Aucune information, pas de réconfort à attendre de qui que ce soit, uniquement une angoisse tenace et la vision d’avions de chasse en route vers le Sud. le Sud, où se trouve Elisabeth, la fille unique du couple. Et cette décision prise en un instant de tout quitter et de tout faire pour la retrouver.
Situation de crise, instincts humains les plus bas, comportements bestiaux… Désillusion. Et puis rébellion ! Blanche devient Bianca : elle est prête à n’importe quoi pour tirer les gens de leur torpeur et les faire réagir. Elle intègre un groupe de résistants qui diffusent des messages partout où ils le peuvent : tags sur des produits alimentaires, affiches sur les murs, petits papiers dissimulés dans les fameux « fortune cookies ». Et le coup d’éclat, le projet de grande envergure : la diffusion d’un reportage non censuré, monté par Bianca elle-même. Aucun retour en arrière n’est possible.
Fortune Cookies, c’est le genre de roman d’anticipation qui vous prend aux tripes. Vous fait prendre conscience que l’indifférence générale pourrait nous mener à cette situation. le texte est émaillé d’extraits de loi : on touche du bout du doigt la réalité de Bianca/Blanche, cette femme à double visage, une citoyenne comme les autres qui décide d’abandonner mari et enfant pour se lancer dans une folle aventure, portée par ses convictions, sa rage de liberté, quitte à tout perdre.

Note : 9,5/10

ASIN : B08S2VRGHK Éditeur : Bragelonne (12 mai 2021) Langue : Français Poche : 216 pages ISBN-13 : 979-1028114213

Le Styx coule à l’envers – 29 avril 2021 de Dan SIMMONS

En douze récits tantôt tragiques, mélancoliques ou humoristiques, Dan Simmons tend à l’humanité un miroir terrifiant et explore ses thèmes de prédilection : la maladie, le prosélytisme religieux, la mort, l’enfance abîmée, la perversité des adultes.
Douze nouvelles navigant entre fantastique, horreur et science-fiction pour remonter le Styx… Car l’Enfer est peut-être bien ici-bas.

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Chronique : Ce recueil de nouvelle comporte 12 récits orientés fantastiques, parfois teinté d’horreur ou de Science fiction. Chaque nouvelle est d’abord présenté par son auteur, une manière de la remettre dans son contexte ou d’exposer les raisons d’avoir voulu traiter tel sujet. Et clairement c’est le livre qui m’a le plus appris sur Dan Simmons, l’homme.
On commence par la nouvelle qui a donné son titre au présent recueil. C’est le premier écrit publié de Simmons, l’histoire de sa publication raconté par Simmons mais aussi par Harlan Ellison dans la préface de ce livre est d’ailleurs très drôle mais montre bien que parfois, il faut être au bon endroit au bon moment pour réussir, quelque soit son talent. La nouvelle en elle même est très sympathique, bien qu’assez classique. Dans certains des écrits de ce livre il nous parle du fanatisme et du mercantilisme religieux, dans d’autre des guerres du passé, de la maladie ou du métier d’enseignant (qu’il pratiqua). le ton global du recueil est mélancolique et empli d’humanité. Même la nouvelle pleine d’humour cynique et sarcastique « Mémoires privés de la pandémie des stigmates de Hoffer » fini sur une conclusion dramatique. Heureusement la dernière nouvelle, magnifique et poignante, se fini sur une belle note d’espoir.
Bon comme tout recueil de nouvelle tous les récits ne se valent pas, il y a du très bon comme « À la recherche de Kelly Dahl », vraiment belle et poétique, « Photo de classe » ou comment mettre de la poésie dans une nouvelle sur des zombie, ou « Mes Copsa Mica » qui mélange fiction et réalité sans qu’on sache ce qui fait partie de l’un ou de l’autre et qui propose une mise en forme très original. Mais il y a aussi du moins bon comme « Vanni Fucci est bien vivant et il vit en Enfer » trop sommaire ou « Deux minutes quarante-cinq secondes » dont l’idée du sujet est très bon mais que j’ai trouvé un peu brouillonne. Par contre la présentation de cette nouvelle est drôlissime, un bel exemple de l’auto-censure du monde de l’édition.
En bref un recueil très sympa, irrégulier mais à lire si on aime comme moi Dan Simmons. Je pense d’ailleurs qu’il vaut mieux avoir lu d’autres ouvrages du bonhomme pour apprécier pleinement ce livre.

Chronique de Neurot

Éditeur : Pocket (29 avril 2021) Langue : Français Poche : 464 pages ISBN-10 : 2266297716 ISBN-13 : 978-2266297714

La Haute République : En pleines Ténèbres – 22 avril 2021 de Claudia GRAY

Longtemps avant le Premier Ordre, l’Empire et même la Menace fantôme… découvrez l’ère de la Haute République, âge d’or pour l’Ordre Jedi et la galaxie .

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Chronique : C’est un livre génial. Claudia Grey et Rae Carson ont été pour moi l’étalon-or des nouveaux auteurs de Star Wars.

Le livre se concentre sur 4 nouveaux personnages Jedi et l’équipage du « vaisseau » frontalier. La caractérisation et le développement des personnages sont excellents. En ce qui concerne la continuité, j’aime beaucoup la façon dont les événements de ce livre s’intègrent aux autres livres de la série et la mention honorable des personnages utilisés dans les autres livres.

J’aime beaucoup le conflit qui pousse les Jedi à trouver leur propre voie dans la vie et dans la force. Je trouve également intéressant le fait que les Jedi soient plus politiques, philosophiques et, si nécessaire, militaristes à cette époque. Selon la voie qu’un Jedi décide de suivre, bien qu’il reçoive une formation au combat, la grande majorité d’entre eux ne l’ont pas utilisée et ne s’attendent pas à l’utiliser. Une partie de ce processus est également très bien expliquée dans ce livre.

Après avoir lu ce livre, j’aimerais vraiment voir ce qui se passe ensuite pour tous les personnages de ce livre et j’espère vraiment qu’ils apparaîtront dans d’autres livres. Cette époque est devenue soudainement beaucoup plus intéressante.

Note : 9,5/10

Éditeur : Pocket (22 avril 2021) Langue : Français Poche : 448 pages ISBN-10 : 2266315498

Star Wars : Leia, Princesse d’Alderaan de Claudia GRAY – 25 février 2021

À seize ans, la Princesse Leia Organa se retrouve confrontée au plus grand défi de sa courte vie : faire ses preuves dans les domaines du corps, du cœur et de l’esprit, afin de mériter son titre de princesse héritière du trône d’Alderaan.

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Chronique : Elle l’a bien cerné. Claudia Grey a parfaitement saisi le caractère et les caractéristiques de Leia. Je ne veux manquer de respect à personne, mais je pense honnêtement que personne n’aurait pu écrire une meilleure histoire d’origine pour Leia.

Au début du livre, j’étais un peu déçu que ce soit une histoire sur la jeune Leia, mais le livre était incroyable. Comme je l’ai dit, Claudia a montré tous les aspects de la personnalité de Leia. La princesse, la guerrière, la patiente négociatrice et la chatte de l’enfer au tempérament fougueux.

C’est l’histoire de la maturité de Leia. Cependant, une autre bonne chose que l’on peut penser de ces livres est que Claudia a fait un excellent travail sur les personnages secondaires. Comme tout fan de Star Wars le sait, le « père » de Leia, Bail Organa, a été impliqué dans la rébellion, mais le crédit accordé à sa « mère » Breha est insuffisant. Beaucoup de ses talents, s’ils n’ont pas été appris en les cultivant, ont été définitivement mis en valeur à partir de là. Le dernier point à souligner est la recherche, les détails et les camaïeux de ce livre. Pour moi, tout est parfait dans ce livre.

Ce qui fait le succès de ce livre qui es si bon c’est l’accent mis sur les personnages. Plutôt que de s’enliser dans des histoires qui ressemblent à des reprises d’événements que nous avons vus ou lus d’innombrables fois dans d’autres médias de la Guerre des étoiles, Gray met l’accent avant tout sur le développement des relations entre la jeune Leia et son entourage : sa mère Breha. Son père Bail. Son amie Amilyn Holdo. Son intérêt pour l’amour Kier. Ces relations, et toutes les émotions complexes qui les accompagnent, sont les principaux éléments qui alimentent ce livre et lui donnent l’énergie qu’il a ; elles sont aussi ce qui en fait une lecture si convaincante : en tant que lecteur, vous êtes investi dans l’intrigue non pas parce qu’on s’attend à ce que vous le fassiez, mais parce que Claudia Gray vous donne en fait une RAISON de le faire. C’est incroyablement rafraîchissant, non seulement de voir cela dans un roman de Star Wars, mais de le lire dans N’IMPORTE QUEL roman, point final,

« Leia, » est la définition d’une « bouffée d’air frais » : elle est bien écrite, a des personnages qui vous tiennent à cœur et traîne rarement, voire jamais. C’est le type de roman Star Wars que vous aimeriez que tous les romans Star Wars soient, ceux qui valorisent les relations et le développement de ses protagonistes plutôt que les combats au sabre laser et les batailles de vaisseaux. Espérons que ce n’est pas la dernière fois que Claudia Gray rend visite à une galaxie aussi lointaine.

Note : 9,5/10

Éditeur : Pocket (25 février 2021) Langue : Français Poche : 400 pages ISBN-10 : 2266292072 ISBN-13 : 978-2266292078

60 jours et après de Kim Stanley Robinson

Washington vit un hiver des plus capricieux : froid sibérien et chaleur tropicale se succèdent de façon alarmante. Démocrate passionné d’écologie, Phil Chase vient d’être élu président des États-Unis.

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Chronique : La trilogie de l’auteur le plus célèbre pour la trilogie « Mars » sur un groupe de scientifiques qui terraforment Mars – le postulat évident de cet ensemble est que la terre elle-même a besoin de se terraformer en réponse au changement climatique / réchauffement de la planète et que les scientifiques doivent s’impliquer plus activement politiquement à la fois avec l’électorat et avec ceux qui ont précédemment contrôlé les cordons de leur bourse et que les organismes de recherche doivent établir activement le programme de recherche (un nouveau projet Manhattan ou course à la lune) plutôt que de répondre aux propositions reçues.

Les personnages principaux s’articulent autour de la NSF (l’organisme de recherche américain chargé d’évaluer les propositions de financement), principalement Anna Quibler (dont le mari Charlie reste à la maison avec leur jeune fils hyperactif Joe tout en travaillant comme conseiller, notamment sur les questions environnementales à un célèbre sénateur démocrate « mondial » – Phil Chase) et Frank Vanderwal (initialement en détachement pour un an, dont il démissionne auprès de la dirigeante de la NSF Diana Chang, il retire ensuite sa démission lorsque celle-ci lui permet de diriger une réorientation de la NSF vers un programme agressif visant à étudier les moyens d’atténuer le changement climatique à moyen et à court terme. Frank est sans abri pendant sa deuxième année et finit par vivre dans une cabane dans le parc tout en commençant une relation avec Caroline, une fille mystérieuse avec laquelle il était coincé dans un ascenseur. Elle finit par révéler qu’elle est un agent du gouvernement, mariée à un sinistre agent, qui a été chargé de suivre Frank qui, par le biais de diverses activités, notamment sa relation avec un chercheur Yann qui travaillait à la fois pour la NSF et pour une entreprise de biotechnologie dans laquelle il était impliqué et qui étudie l’utilisation d’algorithmes mathématiques dont Frank réalise qu’ils pourraient être utilisés pour aider le génie génétique).

Dans les deux livres, le climat de la Terre change radicalement en raison d’un hyper El Nino qui entraîne l’inondation de Washington et la fermeture du Gulf Stream , l’Europe et les États-Unis étant frappés par un hiver rigoureux, suivi de l’effondrement de grandes parties de la calotte glaciaire de l’Antarctique. L’intervention de la NSF en politique et l’intervention de Caroline pour donner à Frank un programme de truquage des élections qu’un de ses anciens collègues du renseignement, Eduardo, parvient à inverser, conduisent à l’élection de Phil Chase à la présidence. Les premiers actes de terraformation sont un déversement massif de sel organisé par la NSF (et financé par la réassurance !) pour relancer le Gulf Stream et un effort de l’URSS pour s’appuyer sur les travaux de Yann et de l’ex-Marta de Frank, pour concevoir des arbres capables d’absorber le CO2 supplémentaire, suivi d’un effort de pompage de l’eau de mer (causé par la NSF) dans des bassins naturels dans les zones sèches du monde (toujours avec un financement de la réassurance) et de retour sur les parties les plus stables de la calotte glaciaire de l’Antarctique.

D’autres thèmes du livre (qui au début détournent l’attention, puis dominent et deviennent ensuite l’histoire) sont :

  • Frank souligne que l’homme est à la base un primate de la savane et que l’histoire de la civilisation est trop courte pour avoir changé nos instincts évolutifs – il observe et analyse souvent le comportement sous cet angle, mais voit aussi son style de vie comme un retour à ses racines originelles – et joue au frisbee sur un terrain de golf avec un groupe de free-gans (qui ne mangent que la nourriture qu’ils peuvent récupérer) ainsi que le pistage des animaux libérés du zoo pendant l’inondation.
  • L’importance de l’exercice physique et du plein air – les personnages passent de longues périodes de la narration à faire de la randonnée, du kayak et de l’escalade, souvent sans autre développement narratif.
  • Les capacités mentales et le fonctionnement du cerveau – à la lumière des dommages apparents causés au jugement et à la capacité de décision de Frank après une attaque et un coup au nez.
  • Le bouddhisme et sa relation avec la science et la connaissance – en particulier les exilés tibétains qui viennent à Washington pour faire pression en faveur de l’île-nation Khembalung, menacée par le niveau de la mer (qui est alors inondée lorsqu’un morceau de glace se brise en Antarctique)
  • La surveillance gouvernementale – y compris l’utilisation de marchés à terme virtuels avec des acteurs automatisés utilisés pour évaluer les risques potentiels de sécurité ainsi que des séries d’agences concurrentes et ultra-secrètes.
  • Les défaillances du capitalisme de marché, notamment à la lumière des coûts qu’il externalise, comme le changement climatique. Le livre le dépeint comme un système féodal où les travailleurs ne bénéficient pas de la production de leur propre capital et où le système de la Banque mondiale et du marché libre a effectivement conduit à l’élimination et à l’impossibilité apparente d’autres systèmes libres, plus moraux et coopératifs

Note : 9/10

Éditeur : Pocket (9 juin 2011) Langue : Français Poche : 704 pages ISBN-10 : 2266210807 ISBN-13 : 978-2266210805

50° au-dessous de zéro de Kim Stanley Robinson

Des pluies diluviennes ont submergé Washington. Peu à peu, les eaux se retirent, mais les inondations ont eu des conséquences effroyables. Les sans-abri sont légion et les catastrophes s’enchaînent : la montée des océans raye de la carte les nations insulaires.

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Chronique : Il est clair maintenant que Frank Vanderwal est le personnage principal de ces livres. C’est un scientifique chargé de l’examen et du financement des subventions à la NSF dans un avenir très nouveau où le climat mondial subira un changement soudain. Le réchauffement climatique a bloqué le Gulf Stream, ce qui conduit ironiquement à un gel de la côte est des États-Unis. Frank n’a pas d’endroit où vivre dans la région de Washington DC récemment inondée, alors il construit une cabane dans les arbres à Rock Creek Park, d’où il se rend à son travail quotidien. La description de son mode de vie et de ses relations avec les différents animaux sauvages et les humains qui vivent maintenant dans le parc est liée au mode de vie sauvage que Robinson a décrit dans Blue Mars, mais elle est explorée à travers les yeux d’un anthropologue introspectif. Frank est également ami avec la famille nucléaire Quibler qui est un canal entre la NSF et la campagne présidentielle du sénateur Phil Chase. Il développe également sa vie spirituelle grâce à son amitié avec les réfugiés bouddhistes de Khembalan, et est impliqué avec une femme insaisissable dans le monde du renseignement, qu’il a rencontré un jour dans un ascenseur bloqué.

Le style d’écriture est familier, avec des concepts détaillés et scientifiquement plausibles, des personnages bien développés, et cela est nouveau – à un point très politique. Les républicains ne vont pas aimer ce livre. Je n’étais pas sûr après Quarante signes de pluie, mais ce roman me paraît maintenant comme un ouvrage majeur au même niveau que la trilogie de Robinson sur Mars.

Note : 9/10

Éditeur : Pocket (9 juin 2011) Langue : Français Poche : 768 pages ISBN-10 : 2266210793 ISBN-13 : 978-2266210799

Les 40 signes de la pluie de Kim Stanley Robinson

Demain, à Washington… Anna et Charlie Quibler œuvrent aux applications des découvertes scientifiques visant à améliorer la vie sur Terre.

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Chronique : Kim Stanley Robinson est un érudit. Je l’ai déjà dit et je le répète : la quantité de connaissances qu’il possède dans tous les domaines est stupéfiante. Ce livre ne fait pas exception à la règle : il traite du changement climatique et de ses implications sur les gens, du citoyen moyen aux scientifiques, en passant par les lobbyistes, les sénateurs et le personnel présidentiel, mais aussi sur l’environnement politique, économique et social.

On peut difficilement le considérer comme de la science-fiction ; la dystopie sera plus exacte pour le moment, car, dans quelques années, je pense qu’il deviendra de la non-fiction. Ou de la fiction, du point de vue des personnages, mais basée sur des événements réels.

Et même si ce n’est pas un livre facile à lire, surtout à cause de tous les détails sur le travail des scientifiques (la génétique menant à la bio-ingénierie), la bureaucratie et les programmes politiques (que je digère rarement), c’est l’un de ses ouvrages les plus fascinants. La tension monte progressivement – la calotte polaire fond, les marées montent, les tempêtes se multiplient et s’intensifient. Dans ce contexte, les scientifiques font tout leur possible pour sensibiliser au réchauffement climatique et à ses conséquences catastrophiques, mais leurs efforts sont constamment rejetés au profit de l’économie .

Et même si ce n’est pas du tout un livre optimiste, il présente des situations hilarantes, la plupart fournies par le bambin d’un des personnages. J’ai vraiment bien ri et elles s’intègrent parfaitement dans l’histoire.

Ce qui se passe actuellement aux États-Unis, le retrait de l’accord de Paris et l’absurdité selon laquelle le dioxyde de carbone n’est pas l’un des principaux facteurs du changement climatique, c’est plus ou moins ce que vous trouverez dans ce livre (bien sûr, l’accord de Paris n’existait pas lorsque le livre a été écrit, mais le protocole de Kyoto est mentionné). Quoi qu’il en soit, il est étonnant de voir la ressemblance avec ce qui se passe de nos jours.

Bref, si vous voulez savoir comment Kim Stanley Robinson envisageait les choses aujourd’hui, allez lire le livre. Un scénario sinistre et effrayant mais tellement plausible.

Note : 9,5/10

  • Éditeur : Pocket (9 juin 2011)
  • Langue : Français
  • Poche : 512 pages
  • ISBN-10 : 2266183559
  • ISBN-13 : 978-2266183550

La chose de John W. Campbell, parfois la taille ça compte

Une chronique assez courte aujourd’hui pour un ouvrage assez court, 119 pages d’un récit acéré mais pas complètement convaincant. Il s’agit de ma première incursion dans la collection une heure lumière des éditions le Bélial’. Une collection qui met en avant des nouvelles ou des novellas signées par les plus grands auteurs de la science-fiction. Ici il s’agit du célèbre récit ayant été adapté par John Carpenter en 1982.

Les images de ce chef-d’œuvre du fantastique restent imprégnées en tête et représentent une première difficulté lors de la lecture. Difficile de séparer l’adaptation du récit original. Les scènes du film ne cessaient de parasiter ma lecture et m’empêchaient de me plonger sereinement dans la lecture.

La seconde difficulté tient au format du récit en lui-même, à peine plus de 100 pages pour raconter la lutte d’un groupe de chercheurs, piégés dans le grand désert de glace, contre une créature redoutable venue d’ailleurs c’est un peu court. Les personnages sont à peine esquissés et la tension n’a pas le temps de s’installer que déjà le récit s’emballe. La narration s’en retrouve hachée, avec parfois des ellipses brutales et des réactions abruptes des personnages. Je sais qu’il faut remettre l’œuvre dans son contexte, que les conditions de publications n’étaient pas les mêmes et que l’auteur a maintes fois remanié son texte qui était plus long à l’origine mais il n’en reste pas moins qu’il m’ait apparu difficile d’apprécier le récit en l’état.

J’ai quand même trouvé des éléments plaisants, toutes les explications et théories scientifiques pour tenter de saisir la nature de la chose et sa biologie infernale sont particulièrement délicieuses à suivre et le combat final dans le repaire du monstre est une leçon de maîtrise sur quelques pages à peine. Quelques pages qui donnent à voir le récit auquel on aurait pu avoir accès si l’auteur n’en avait pas décidé autrement.

Un chef-d’œuvre de la science-fiction et du fantastique, un récit qui marquera peut-être plus ceux qui n’ont pas vu la brillante adaptation de Carpenter, leur imagination vierge de toute image de la terreur arctique se laissera peut-être plus facilement emporter par cette nouvelle pas assez consistante à mon goût.

Résumé: En Antarctique, quelque part. Enfoui sous la glace, aux abords d’un artefact aux allures de vaisseau spatial, des scientifiques découvrent un corps congelé gisant là, sans doute, depuis des millions d’années. Un corps résolument inhumain. Résolument autre. Le choix est alors fait de ramener la stupéfiante découverte à la station pour étude. Doucement, la gangue de glace autour de la créature commence à fondre, libérant peu à peu cette totale étrangeté à l’aspect terrifiant. Et les questions de traverser l’équipe de chercheurs : qu’est-ce que cette chose ? Comment est-elle arrivée là ? Et après tout, est-elle seulement morte ? N’ont-ils pas mis au jour la plus épouvantable des abominations, une horreur proprement cosmique ? Récit haletant paru en 1938, proposé ici dans une nouvelle traduction, La Chose est un immense classique de la science-fiction mondiale. Porté à l’écran à trois reprises, ce court roman pose les bases du récit de SF horrifique.

  • Éditeur : BELIAL (5 novembre 2020)
  • Langue : Français
  • Broché : 130 pages
  • ISBN-10 : 2843449707
  • ISBN-13 : 978-2843449703
  • Poids de l’article : 130 g
  • Dimensions : 12.1 x 1 x 17.7 cm

Les Chats sont éternels – 29 janvier 2021 de Fritz Leiber

Des chats familiers ou étranges, inquiétants ou sympathiques, des chats d’ici et des chats d’ailleurs : toutes les nuances de la psychologie féline observées avec une acuité exceptionnelle par une fine plume des genres de l’imaginaire.

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Chronique : Pour la première fois, cet omnibus réunit l’ensemble des textes de SF de l’auteur qu’il consacra aux félins. Toutes les traductions ont été revues en profondeur par l’écrivain Timothée Rey, grand admirateur de l’auteur. Avec une introduction et un appareil cri­tique conséquents, il nous éclaire aussi sur l’importance des chats dans l’oeuvre de Fritz Leiber comme dans la SF.

  • Le roman « Le Millénaire vert » : C’est un livre amusant et excentrique qui se déroule dans un avenir dystopique du point de vue de l’ère McCarthy des années 1950. Il y a beaucoup de problèmes dans le monde avec un conflit entre les États-Unis libéraux débauchés et un fort courant politique en faveur de valeurs plus puritaines, toujours face aux Soviétiques. En même temps, le commun des mortels a un travail qui écrase les esprits, et recourt à toutes sortes d’évasions, de la RV, des spectacles exotiques (comme le catch homme-femme !!!) et toutes sortes de pornographie, tout en espérant que son travail ne soit pas rendu obsolète par un nouveau type de robot. Phil Gish est l’un de ces pauvres , mais son monde est transformé lorsqu’il est au chômage (à cause des robots mentionnés précédemment), et un étrange chat vert se promène dans son appartement. Sa vision du monde change soudainement et de façon spectaculaire, et il surnomme le chat « Lucky ». Avec sa confiance retrouvée, il se promène du côté sauvage, et même lorsque celui-ci perd son nouveau chat, la confiance qui s’est éveillée en lui demeure, et il commence une quête épique pour trouver l’étrange chat vert (qui aime la confiture de framboise). En cours de route, il rencontre le côté le plus sordide de la vie, ayant affaire à des voyous, des mafieux, des hommes d’affaires (parfois difficiles à distinguer des mafieux), une lutteuse, des agents fédéraux et des scientifiques. Il commence également à se demander s’il est sain d’esprit et s’il imagine tout, puisque personne d’autre qu’il rencontre ne voit le chat…., mais il se peut qu’ils l’aient manqué de peu. L’ajout d’un psychothérapeute ne fait que compliquer encore les choses, surtout lorsqu’il rencontre la fille du cambrioleur de chats, à la fois douce et violente.
  • La novella « Le Navire des ombres » Cette nouvelle de science-fiction se déroulant sur un vaisseau spatial où nous suivons notre protagoniste, Spar, un barman faisant partie de l’étrange société qui a évolué. Sans trop en dévoiler, c’est une histoire qui laisse beaucoup de place à la réflexion sur ce qui se passe à l’intérieur du vaisseau et sur la façon dont les gens sont contrôlés, ainsi que sur ce qui se passe à l’extérieur, dans la galaxie en général.

Une superbe livre à lire et qui regroupe des merveilles. Les Éditions Mnemos font fort encore une fois et nous régalent de récits juste parfait.

Note : 10/10

Éditeur : MNEMOS (29 janvier 2021) Langue : Français Relié : 560 pages ISBN-10 : 2354088345 ISBN-13 : 978-2354088347