Les 15 meilleurs livres de 2019 à ajouté à votre liste de lecture ou à offrir :)

Si vous avez besoin d’un nouveau livre à ajouter à votre liste de lecture, ne cherchez pas plus loin que ce tour d’horizon des meilleurs livres qui sont sortis cette année. Nous avons été gâtés avec des lectures incroyables ces derniers temps, donc si vous êtes à la recherche d’un tourne de pages où d’un livre à offrir voici la sélection de 2019.
(Par Geoffroy)

1 – Midi pile de Rébecca Dautremer  (Sarbacane)

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Chronique : « Midi pile », est un superbe album jeunesse sorti chez Sarbacane signé Rebecca Dautremer sur ce qui peut ce passer AVANT un rendez-vous. Un livre, véritable trésor de délicatesse à mettre entre les mains de tous les enfants à partir de six ans. Rébecca Dautremer propose ici un album ciselé tant dans la tendresse de son propos que dans le détail et l’aboutissement du graphisme.  La couverture donne immédiatement envie d’aller voir plus loin et de feuilleter l’album avant de le lire. Les illustrations sont originales et extrêmement variées tout en gardant une belle unité. Rebecca Dautremer  offre ici un album sublime et découpé par la magie du laser.

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2 – La Prisonnière du temps de Kate MORTON  (Presses de la Cité )

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Trouvez votre coin de lecture préféré, prenez la boisson de votre choix (en fait, ce serait le livre parfait pour lire devant une cheminée, enveloppé dans un édredon, regardant la neige ou la pluie tomber, mais je n’avais pas le choix) et laissez Kate Morton vous transporter. Oui, elle a écrit sur une autre maison, une maison qui a été témoin d’un grand amour et d’une perte insupportable, une maison qui est le dépositaire de nombreux secrets. Une lecture immersive et séduisante, bien que lente. Un conte gothique, où le passé et le présent se rencontrent, où il y a quelqu’un qui a tout vu, incapable de partir.

3 – L’étoile du nord de D.B. John (Les Arènes)

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Ce livre a un tel impact, mais le paragraphe qui expliquera le plus pourquoi il a affecté mon calme mental et émotionnel est le suivant : « La famine s’est aggravée, et sa quête de nourriture n’a pas suffi. Le jour où elle a vu des enfants dans le village ramasser de la merde de boeuf à la recherche de graines non digérées à manger, quelque chose à l’intérieur d’elle a changé en permanence ». C’est frais – stimulant intellectuellement – enrichissant les connaissances – parfois exaspérant – avec une atmosphère tendue.
Écrit de façon sensationnelle !

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4 – Anatomik de Serge Brussolo (Bragelonne)

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Brussolo n’utilise pas une surabondance de mots dénués de sens. Il réussit à évoquer l’émotion et à la capacité de raconter une belle histoire en utilisant le minimum de mots, ce qui permet un style de narration rapide. Brussolo incorpore également un style d’humour noir de potence dans le livre, ce qui convient à la tonalité sombre de l’ensemble.L’écriture est réellement créative et jamais ennuyeuse ; la construction tant du récit que de l’univers est sans faillesDe la science-fiction certes mais politique. Un livre à lire de toute urgence par les fans de science-fiction, et par ceux qui dénigre ce genre littéraire d’une originalité et d’une force rare.

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5 – Le Château des animaux : Tome 1 de Félix Delep et Xavier Dorison (Castermann)

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Un véritable coup de coeur, cette bande dessinée dur rend hommage au chef-d’oeuvre de George Orwell, la ferme des animaux avec un sujet d’actualité mais sans jamais le rendre compliqué. Les auteurs : Félix Delep et Xavier Dorison abordent sous l’angle de la filiation et des transmissions de savoir des êtres qui passent de génération en génération. Des moments beaux et touchants, un amour et une complicité, l’histoire d’une complicité intergénérationnelle qui fait réfléchir sur l’évolution politique de nos sociétés actuelles. Un très beau moment de lecture magnifiquement écrit et dessiné.

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6 – Cahier de Dessin Animé – Le Petit Nicolas  (Cahier de dessin animé)

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Si vous ou votre enfant en avez marre des coloriages, pourquoi ne pas se tourner vers le « cahier de dessin animé », une collection de livres publiée par les Éditions Animées, fondées en 2015 par Claire Faÿ . Ici le titre consacré au célèbre écolier : Le petit Nicolas, et l’expérience est réussie. Le livre se présente dans un format à l’italienne afin de faciliter la procédure nécessaire à l’animation des dessins qui est très bien pensé pour le coloriage. Sur la page face au dessin, Le texte intégral de Goscinny.

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7 – Un ours à la mer ! de Christine Schneider et Herve Pinel(Seuil Jeunesse)

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Un livre pour les enfants qui ne comprendront pas à première fois la nuance du recit sur l’amour qu’a un enfant et son doudou ainsi que ça séparation. Mais peut-on se séparer sans peine ? Pourquoi la séparation fait-elle naître en nous un sentiment d’abandon ? Qu’est-ce que le travail de deuil, et est-il jamais terminé ? À quoi servent les souvenirs ? Sommes-nous vraiment nostalgiques de cette fusion première avec notre doudou? Avec ce livre qui ici répond avec de la chaleur et de l’humanité une grande empathie pour les enfants nous qui tendant ainsi un miroir où chacun retrouvera ses interrogations et ses appréhensions face à la séparation

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8 –  Le cycle de Mithra de Rachel Tanner (Mnemos)

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Sans mièvrerie ni moralisme, comme en fait foi le splendide portrait des deux concubines d’un patricien. Sans misérabilisme non plus, mais avec réalisme quant à la misère et l’injustice, à la douleur et aux blessures, ou à l’exploitation, y compris sexuelle, y compris celle des enfants, ceci avec une authentique sensibilité, de celles qui font cogner fort, et droit à l’estomac. Et avec, en fait, une attention constante aux choses et aux gens, et une volonté de parler du passé non tel que le mythifient les adeptes du « bon vieux temps » mais tel qu’on peut le connaître, quitte, à partir de là, à le modifier et à le rêver, mais dans ses dégueulasseries et son humanité mêlées. Avec cette intégrale de Rachel Tanner les lecteurs auront fort envie de se le procurer.

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9 – Nos éclats de miroir de Florence Hinckel (Nathan)

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Ce livre nous emporte à travers le sentiment et réactions de Cléo sur ce carnet. Les adultes peuvent être mieux à même de comprendre les adolescents d’aujourd’hui. Ces préoccupations sont en partie les mêmes que celles de leurs parents au même âge, mais le contexte sociologique et technologique est bien différent (place des échanges virtuels…). Cette lecture est très agréable et on lit le roman d’un traite.

10 – Le Gène Atlantis de A.G. Riddle (Bragelonne)

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Si vous aimez la science-fiction/thrillers, vous aimerez probablement ce livre. Parce qu’il s’agit du premier livre d’une série, ne vous étonnez pas qu’il ait une fin ouverte un peu comme le font les séries télévisées. Certains critiques se sont plaints de la fin, mais je pense qu’ils ne comprennent tout simplement pas que le twist est conçu pour aiguiser suffisamment la curiosité du lecteur pour acheter le prochain livre de la série. Un roman qui vaut le détour et qui vous accompagnera en voyage avec grand plaisir.

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11 –  Horrifikland de Lewis Trondheim et Alexis Nesme (Glénat)

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Alexis Nesme, dans un graphisme hors d’âge, offre un écrin sur mesure à cette histoire horrifiquement drôle. Il apporte une patte très personnelle au graphisme des personnages tout en respectant les codes de leurs personnalités et de leurs attributs. Les décors touffus donnent à voir dans tous les coins faisant de l’album un livre qui peut se lire et se relire sans lassitude. Là est la richesse du média bande-dessinée. Les en-têtes chapitrant l’histoire nous invitent dans les années 30 comme dans les plus beaux cinémas-théâtres de l’époque. Un des meilleurs épisodes de la série.

11 – Toto Ninja chat et l’évasion du cobra royal de Dermot O’Leary et Nick East (Gallimard Jeunesse)

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Parfait pour les lecteurs réticents ou les jeunes lecteurs. L’intrigue est passionnante et rythmée et les personnages sont hilarants. Les illustrations sont superbes et aident à engager et à briser l’histoire pour que les enfants n’aiment pas trop la lecture. Il y a aussi beaucoup de vocabulaire nouveau dans ce livre.

12 – Vorrh de B. CATLING ( Outre Fleuve)

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Il s’agit d’un livre spectaculaire, comme un scintillement de lumière qui rend les autres livres fades et monochromes. Je vous le recommanderais si vous aspirez secrètement à quelque chose qui vous sortira du classicisme de la lecture, quelque chose qui ouvrira votre subconscient et brouillera les frontières entre la prose et la poésie… et les rêves.

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13 – Ninie ! de Michaël Escoffier (KALEIDOSCOPE )

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On sait que la répétition est essentielle à l’épanouissement cérébral et affectif et ce livre permet d’anticiper les rituels et de les rejouer à l’infini afin de leurs expliquer au mieux leurs quotidiens.Ninie incarne l’enfant qui grandit, indécis, audacieux plein de fantaisie et d’imagination. Douceur, respect et bienveillance qui est écrit et illustré avec beaucoup de douceur ce livre aborde habilement des problématiques rencontrées par des tout petits en proposant des histoires courtes et originale qui laissent place à l’imaginaire.

14 – L’Incroyable histoire de la littérature française de Catherine Mory et Philippe Bercovici (Les Arénes)

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Le trait caricatural de Bercovici se prête à merveille à ce projet. Grâce à son trait de crayon irrévérencieux il redonne vie et stature humaine à des grands noms tels que Victor Hugo, Émile Zola ou Albert Camus. Dense, passionnant d’une époque à l’autre, souvent drôle, cet ouvrage pourrait peut-être plus se voir comme une boîte de chocolats dans laquelle le lecteur est invité à piocher à sa guise pour découvrir à chaque bouché de nouvelle saveurs.

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15 – L’étrange histoire du collectionneur de papillons de Rhidian BROOK (Fleuve)

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Voyage dont on voudrait prolonger la durée tant il représente une bulle de respiration dans le récit avant que celui-ci ne prenne une tournure plus tragique. Le dernier tiers du livre prend en effet une tournure plus sombre. Les enjeux se font plus graves et les masques tombent, et c’est là que l’auteur en profite pour lancer son troisième sort. La transition entre l’atmosphère plus légère du road trip et l’aspect tragique est certes un peu brutale mais nécessaire. Il s’agit pour l’auteur de redistribuer les cartes pour la dernière partie de l’histoire, l’heure n’est plus à la bravade ni au grand discours. La tension s’installe très vite et on sent bien que l’on est passé à une autre étape du récit, celui où tout va se dénouer pour le meilleur ou le pire. L’auteur nous livre ici une véritable épopée moderne tantôt drôle tantôt tragique toujours finement maîtrisée avec un Ulysse bien souvent dépassé par les événements, traversé par une galerie de personnages haut en couleur.

 

 

 

Que valent les premières séries TV d’Apple?

Ce n’est pas tous les jours que sort un produit Apple pas cher. Depuis vendredi, le géant de l’informatique a ouvert son service de vidéo en ligne, gratuit une semaine, puis seulement 6 francs par mois. Si l’on souscrit pour une année, on a une petite ristourne, le total est alors de 60 francs. Il faut changer le choix dans les réglages. Afin de jouer sur sa force de frappe dans les appareils, Apple offre une année d’Apple TV + lors de tout achat d’un téléphone ou une tablette.

Sur une Apple TV, l’apparition des fictions TV maison se révèle discrète: celles-ci sont noyées dans l’ensemble, et il faut même farfouiller un peu pour atteindre le bouton d’abonnement. Trois épisodes sont proposés par série, le reste viendra en diffusion hebdomadaire. L’outil se révèle assez fruste: on ne peut éviter ni génériques ni récapitulations.

Désormais, la firme à la pomme entre dans le cercle, qui s’agrandit, des robinets à images produisant du contenu, secteur pour l’heure dominé par Netflix. Que dire de ses premières propositions?

«The Morning Show»: on peut être déçu en bien

La tête de gondole est sans conteste la série coproduite et interprétée par Jennifer Aniston et Reese Witherspoon. Alex (l’ex-Friends, excellente) anime le Morning Show, institution télévisuelle depuis quinze ans, avec son collègue Mitch. Un matin alors qu’elle arrive au studio, elle apprend que celui-ci a été licencié pour harcèlement sexuel. Alex va devoir composer avec une direction de chaîne qui veut aussi la pousser dehors, et une jeune et remuante journaliste que la même direction pousse sous les projecteurs. Le feuilleton a été démoli aux Etats-Unis, on peut se montrer plus nuancé. La bonne idée réside dans le choix d’une narration en continu, chaque journée qui suit le licenciement de l’accusé. Cette temporalité donne une certaine densité au récit. Mais The Morning Show souffre du fait qu’elle risque de ne pas être une grande série sur le monde de la TV, pas plus que sur la question du harcèlement et de l’ère #MeToo.

«For All Mankind»: l’intrigante uchronie de Ronald R. Moore

La plus originale. Ronald R. Moore, qui avait piloté la saisissante Battlestar Galactica des années 2000, se pose la question: que se serait-il passé si les Russes avaient mis les premiers le pied sur la Lune, en 1969? Par ce postulat original, l’auteur développe une uchronie subtile, car sans grands retournements historiques. L’enjeu est d’abord de rattraper le regard, puis de reprendre la main dans la bataille spatiale. Le feuilleton constitue aussi une chronique des vies des astronautes et autres ingénieurs de la NASA, avec femmes et enfants, dans ces années 1960-1970. Agréable saga, mais à ce stade, on se demande toujours ce que Ronald R. Moore veut vraiment raconter.

«Dickinson»: Nouvelle-Angleterre puritaine et rap

L’essai paraît bancal, il énerve même parfois, mais il y a au moins une proposition. La scénariste Alena Smith esquisse une biographie de la poétesse Emily Dickinson lorsqu’elle a 18 ans et s’oppose toujours plus fortement à son milieu. La jeune femme vive et créative est dépeinte comme féministe avant l’heure, toujours en avance sur son époque. Cette ligne donne un caractère assez intempestif au propos. Le choix de séquences accélérées avec rock et rap d’aujourd’hui renforce le caractère plutôt agaçant de l’ensemble.

«See»: rhaaa, worf, plouf

Elle était fort attendue, c’est la pire de l’offre. Dans un futur assez lointain, à la suite d’un virus, il ne reste que 2 millions d’humains vivant dans les bois, et, surtout, devenus aveugles. Le curieux suit les batailles et déplacements d’une tribu poursuivie par l’armée d’une reine qui se masturbe en priant et qui entretient des torches dans son bastion, alors que tout le monde est non-voyant. Ça grogne, ça beugle et ça brame sans fin dans ce post-apocalyptique ennuyeux animé par de ridicules singeries. La seule intrigue qu’inspire cette ânerie consiste à comprendre ce que Steven Knight, le créateur de la singulière Peaky Blinders, compte faire dans ces marécages.

L’offre des débuts comprend également un documentaire animalier et quelques programmes pour enfants, dont un sympathique Snoopy dans l’espace, ou quand le petit chien fait tout pour devenir astronaute. En somme, pour aller chez Ronald D. Moore, le monde d’Apple est petit.

Au fond, même si elles n’ont aucun rapport entre elles, les premières fictions d’Apple ont un point commun clair: elles semblent écrites en roue libre, sans forte tension ni arcs structurés. Il leur manque, en fait, un caractère, de vraies personnalités d’auteurs.

Chronique de Nicolas Dufour

L’interview de Serge Brussolo pour la sortie de ANATOMIK le 13/11/2019

Avec la parution du nouveau livre de Serge Brussolo aux Éditions Bragelonne voici une interview en 18 points avec le maitre français souvent comparé à Steven King.

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Site de Serge Brussolo : https://brussolo-serge.pagesperso-orange.fr/

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L’interview de Serge Brussolo

1 : Que diriez-vous pour convaincre que l’histoire que vous écrivez est intéressante, importante et utile ?

Cela fait quarante ans que je publie, j’ai mes lecteurs fidèles, je pense que je n’ai pas à les convaincre que ce que j’écris va les intéresser, ils me font confiance. C’est du moins ce qui ressort des réactions que je reçois. Ils aiment le style d’histoires que je raconte, ils savent à quoi s’attendre. J’écris pour eux. Je n’ai jamais cherché à m’attirer un public généraliste, ce qui m’obligerait à faire trop de concessions. Certains éditeurs m’y ont encouragé, certes, mais ça ne me convenait pas. Le réalisme n’est pas mon élément naturel.

: À partir de quand le passé devient-il assez vieux pour être de l’histoire ? L’humain (dans le récit) pourquoi est-il un animal qui trébuche vingt fois sur le même caillou ?

La notion de passé est très relative. Quand j’évoque devant un jeune homme les événements de 1968 ça lui paraît aussi lointain que les Croisades ou la Guerre de Cent ans, or pour moi c’était hier. Einstein a écrit quelque chose à ce propos, je crois. L’homme ne tire jamais les leçons de l’expérience, il recommence perpétuellement les mêmes erreurs, c’est comme ça depuis la nuit des temps, et il en ira ainsi jusqu’à ce qu’il détruise la planète. Ce qui évolue, en revanche, ce sont les outils de destruction dont il dispose.

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3 : Comment démêler le vrai du faux dans les récits écrit pour un public qui dans son premier abord ne cherche pas un livre dit réaliste ?

Si l’on commence à se poser ce genre de question, on se gâche d’emblée le plaisir de la lecture ! Le lecteur doit jouer le jeu, se laisser prendre au piège du récit, s’abandonner au rêve, sinon ce n’est pas la peine d’ouvrir un roman, mieux vaut lire des traités de sociologie ou de mathématiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines personnes détestent les romans et les jugent inutiles.

4 : Est-il nécessaire d’avoir des connaissances solides dans un sujet pour arriver à en faire un livre ? La confiance que le public accorde à vos récits est-elle dangereuse ?

C’est sûr qu’il est préférable de ne pas dire de conneries dans un contexte réaliste, mais ce n’est pas tellement le domaine dans lequel j’évolue. La Fantasy ne prête pas le flanc à ce genre de critique. Maintenant, si l’on écrit un roman historique, il est préférable de savoir de quoi on parle. Cela dit, je ne vois pas en quoi raconter comment était fabriquée une armure peut s’avérer dangereux… A moins que le lecteur ne s’improvise forgeron ! Mais là cela relève de la bêtise. Il y toujours des esprits faibles, si l’on se met à censurer les livres à cause d’eux, on n’écrit plus rien.

5 : Que pensez-vous  de la multiplication des romans dits best-sellers ces dernières années ?

Les best-sellers ont toujours existé, ça n’a rien d’un phénomène nouveau. C’est le public, les médias et la publicité qui les fabriquent. Ils correspondent à une attente du public à un moment donné. Ils obéissent à un effet de mode, ainsi qu’à un certain conformisme, ce qu’on surnomme « l’effet moutonnier ». Puis le temps passe, et la plupart d’entre eux sont oubliés.

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6 : Voyez-vous le livre dématérialisé comme l’avenir de l’éducation et de l’information, et devrait-il donner plus de visibilité aux jeunes lecteurs ?

Il ne faut pas se leurrer, en tant que grand défenseur (et utilisateur) du ebook, j’ai pu me rendre compte qu’on se heurtait à une terrible résistance du public. Aux USA, le livre dématérialisé fonctionne très bien, il représente le quart des ventes totales du pays. En France, hélas, ce support ne prend pas, on est à peine à 4%.  A l’heure actuelle il est impossible de prévoir si le ebook a la moindre chance de survivre. Il faudrait que le jeune public s’y mette sans tarder car sinon les éditeurs laisseront tomber. Certains n’y croient déjà plus et se montrent très pessimistes. En ce qui me concerne, les ventes dématérialisées représentent 10% des ventes totales.

7 : L’idéologie a-t-elle sa place dans le récit ?

Chaque auteur à ses convictions, l’empêcher de les exprimer relèverait de la censure. C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe avec la généralisation du « politiquement correct », des choses ou des mots qu’il ne faut ni prononcer ni évoquer… Maintenant qu’on soit d’accord ou pas avec les idées de l’auteur relève d’un autre débat. Il convient de se méfier de la pensée unique.

8 : Que pensez-vous du travail de Stephen King qui vous est souvent comparé?

Je connais mal Stephen King, je n’ai lu que deux romans : Salem et Shining. Son fantastique n’est pas le mien, il est très ancré dans le réalisme, ce qui n’est pas mon cas. Je préfère le franc délire, les frontières qu’on repousse, voir jusqu’où on peu aller trop loin. 

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9 : Est-il conseillé de juger un roman en s’appuyant sur nos mœurs actuelles ? Peut-elle se transformer en propagande ? 

Encore une fois tout cela est très relatif. La notion d’admiration est toujours tributaire d’un moment historique. Au XIXe siècle on trouvait tel ou tel roman génial, aujourd’hui on estime que ces mêmes oeuvres sont des bouses et leurs auteurs de gros nuls… Il en ira de même pour notre période. Les « grands » auteurs d’aujourd’hui passeront probablement pour des has been dans trois ou quatre décennies… en admettant qu’on lise encore!

10 : Selon vous, est-ce que la science-fiction nous permet de réfléchir à un futur plus ou moins proche et d’éviter ainsi de potentiels dangers ? dixit votre nouveau roman « Anatomik »

C’était, à l’origine, le but de la SF, à travers une métaphore de faire la critique de nos sociétés. Tous les auteurs n’ont pas suivi cette voie, et le genre a peu à peu évolué vers la simple distraction. Dans les livres qui me passent entre les mains, je détecte souvent une idolâtrie excessive de la technique. Une vénération de la Science qui confine à la religion. Ce manque de recul critique me gêne un peu.

11 : Que pensez-vous du paysage de la littérature dite de genre actuel et de son évolution ?

Pas grand-chose car j’en lis très peu. Je suis gêné par le formatage des genres comme le thriller qui ne nous présente plus guère que des histoires de serial killer, et cela depuis plus de vingt ans! ça m’ennuie, et ça a grandement contribué à m’éloigner du genre.`

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12 : Existe-t-il une concurrence entre les auteurs ?

Concurrence je ne sais pas, mais une grosse jalousie, oui c’est sûr, en dépit des grandes claques dans le dos que s’envoient les écrivains. Dès qu’on a le moindre succès, on devient un concurrent, et c’est mal vu.

13: Sont-ils plus suivis pour leur personne que pour leur contenu ?

Non, les auteurs ne sont pas des stars de cinéma. L’écriture reste un métier obscur, qui n’a rien de glamour ni d’excitant aux yeux de la plupart.

14 : L’argent nuit-il au métier ?

Etant donné le faible pourcentage des droits que touchent la plupart des auteurs j’aurais plutôt tendance à reformuler la question en « Le MANQUE d’argent nuit-il au métier? » Rappelons que 90% des écrivains sont obligés d’exercer un autre métier pour survivre. Les médias ne cessent de mettre en avant les auteurs fortunés, mais ils oublient de préciser que ces rares privilégiés sont extrêmement peu nombreux.

15 : Combien de temps passez-vous à écrire et quel sont vos loisirs extérieurs ?  

 Ecrire est pour moi un plaisir, donc un loisir à temps complet. La durée d’écriture dépend du livre, de l’humeur, des événements extérieurs. Trouver les idées peut prendre plusieurs années, l’écriture du manuscrit deux ou trois mois pour le premier jet, viennent ensuite les corrections. Il n’existe pas de règles. J’ai écrit certains roman en dix jours (comme Simenon) d’autres en un an, voire davantage.

16 : Malheureusement le cinéma et vous ne vous êtes pas donné rendez-vous, mais êtes vous cinéphile ?  Quels sont les films et séries que vous aimez ?

Je ne considère pas le cinéma comme une promotion, donc le mot « malheureusement » est de trop. Je n’ai aucun regret, mais plutôt un certain soulagement. J’ai refusé beaucoup de propositions parce que je ne voulais pas voir mes romans massacrés. Les scénarios qu’on me présentait étaient le plus souvent absurdes ou sans aucun rapport avec le livre.

Je n’ai rien d’un cinéphile, je reste un homme du livre. Pour moi, le cinéma est une aimable distraction, rien de plus, ça ne me passionne pas. Si je « regarde » une série, c’est d’un œil distrait, la plupart du temps en faisant autre chose.

17 : Comment voyez-vous votre avenir dans les prochaines années ?

A mon âge il est conseillé de ne pas faire de projets, mais plutôt de profiter de l’instant présent.

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18 : Pouvez nous donnez des indices sur vos prochaines sorties et où en sont vos projets jeunesses comme Peggy Sue où Elodie ?  

Les prochaines sorties sont sur mon site perso, dans les mois qui viennent je compte me focaliser sur l’auto-édition numérique (gratuite) pour des raisons de liberté d’écriture. Les contraintes éditoriales me sont devenues insupportables.  Je n’écris plus d’ouvrages « jeunesse » depuis presque dix ans. Ce cycle était lié à un éditeur, Olivier Orban chez Plon, qui me laissait toute liberté d’écriture (qu’il en soit remercié!) Je ne suis pas certain qu’aujourd’hui on me permettait d’écrire ce genre de texte, donc je préfère m’abstenir, je n’ai pas envie de batailler contre la censure, j’ai passé l’âge.

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Venise 2019 : Le Lion d’Or pour Joker, Roman Polanski et Ariane Ascaride au palmarès

Le Joker de Todd Phillips, avec Joaquin Phoenix dans le rôle de l’iconique personnage DC, a remporté ce samedi soir le Lion d’Or lors de la 76e Mostra de Venise, succédant ainsi au Roma d’Alfonso Cuaron. Le long métrage sortira dans les salles hexagonales le 9 octobre prochain. Le Grand Prix du Jury revient quant à lui au long métrage J’accuse de Roman Polanski, emmené par Jean Dujardin et Louis Garrel, qui revient sur l’affaire Dreyfuss. Sortie le 13 novembre.

Le palmarès complet de la 76ème Mostra de Venise – Compétition officielle :

Lion d’Or : Joker de Todd Phillips

Lion d’Argent du Meilleur Réalisateur : Roy Andersson pour About Endlessness

Grand Prix du Jury : J’accuse de Roman Polanski

Prix Spécial du Jury : La mafia non è più quella di una volta de Franco Maresco

Coupe Volpi du Meilleur Acteur : Luca Marinelli dans Martin Eden

Coupe Volpi de la Meilleur Actrice : Ariane Ascaride dans Gloria Mundi

Prix du Meilleur Scénario : Ji Yuan Tai Qi Hao (No.7 Cherry Lane) de Yonfan

Prix Marcello Mastroianni du Meilleur espoir : Toby Wallace dans Baby Teeth

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Découvrez le projet GRYYYM

Vous le savez, il y a toujours de la place pour les comics, la bandes dessinée comme les lectures décalées et de qualité en France C’est pourquoi nous vous invitons à vous intéresser au projet de recueil de récits fantastiques Gryyym, qui se propose d’alterner bandes dessinée et nouvelles illustrées pour stimuler notre imaginaire et nous faire frissonner. Pensé comme un véritable hommage à Eerie & Creepy, Metal Hurlant, 2000 AD et autres étrangetés éditoriales, il convie, parmi des auteurs talentueux déjà connus ou à faire connaître, nombre d’artistes cultes de la BD, d’Adrian Smith à des pointures telles que Pat Mills (2000 AD), Esteban Maroto (Eerie & Creepy), David Lloyd (V pour Vendetta), en passant par Ashley Wood (Popbot) ou encore Michael Moorcock !

La réalisation du projet restant tributaire d’un financement participatif, voici le lien de leur campagne de crowdfunding : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/gryyym

Avis aux amateurs donc !

Concours Pâques: Gagnez un exemplaire de « Premier prix pour Amandine Malabul » et des œufs de pâques qui l’accompagne.

Pour Pâques gagnez un exemplaire de la magicienne Malabul de Jill Murphy qui a sa série sur Netflix.

Pour participer c’est tout simple répondez par mail sur Culturevsnews@gmail.com à cette question :

Le premier prix pour Amandine Malabul ce passe en quel année scolaire ?

Où aller sur Instagram à https://www.instagram.com/culturevsnews/
Et vous commenter sous la photo

Bon courage et bonne Pâques

Les Pyjamasques / Un phénomène de société

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Lancée en septembre 2015 sur les chaînes Disney Channel et Disney Junior, la série américaine P.J. Masks s’est fait une place dans les Zouzous de France 5 dès décembre dernier sous le titre français de Pyjamasques. Réalisée en 3D par Christian de Vita (Gus) et Wilson Dos Santos (Les Lapins crétins), elle compte pour l’instant trois saison où les épisodes dur 13 minutes. A noter : l’originalité des décors urbains, avec des architectures complètement fantaisistes, un peu comme si les bâtiments étaient dessinés par des enfants. Seul dessin animé mettant en scène des super-héros d’âge pré-scolaire (4-7 ans), Pyjamasques défend, derrière son coté rigolo, des valeurs qui plaisent aussi aux parents : solidarité, esprit d’équipe, amitié…

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Ca parle de quoi ? 

De trois mini justiciers de 6 ans qui, après avoir enfilé leur pyjama, se transforment en super-héros et bénéficient, via divers gadgets, de pouvoirs extraordinaires. Le jour, Sacha, Amalya et Greg sont des enfants comme les autres.Le soir venu, ils deviennent  Yoyo, Bibou et Gluglu. Chacun a ses caractéristiques : Yoyo se métamorphose en chat et jouit  d’une ouïe hyper développée ainsi que d’une extrême agilité ; Bibou, qui vire hibou, vole et voit dans la nuit ; quant à Gluglu, c’est un serpent doté d’une force incroyable et d’un talent bien commode pour le camouflage. Nuit après nuit, les trois « Pyjamasques » doivent résoudre des mystères afin de traquer les méchants, Roméo, Sorceline et Ninjaka, qui sont aussi des marmots.

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Avant la série, des livres

A l’origine, Pyjamasques est une collection de livres pour enfants créée par l’auteur parisien Romuald Racioppo.  Romuald est né en 1976 à Paris et est très tôt pris d’une insatiable envie de dessiner et d’inventer des histoires. Son diplôme à l’école d’arts graphiques Estienne en poche, il réalise son autre « rêve de gosse » en devenant sapeur-pompier, mais ne peut s’empêcher de revenir au dessin… Entre deux créations, il aime par-dessus tout courir en forêt et voyager. Il est l’auteur des Pyjamasques, trois super-héros débordant d’humour et d’imagination pour inspirer les petits. Succès immédiat ! Editée en France par Gallimard, la série s’est écoulée à 40 000 exemplaires depuis en 2007. A ce jour, elle compte 18 titres. C’est en 2013 qu’Olivier Dumont, directeur général d’Entertainment One Family, en a proposé une adaptation à Disney et à France Télévisions.

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La critique de la série

Une excellente surprise telle on aime à les découvrir que cette petite série charmante répondant au nom assez déroutant des Pyjamasques. Trois héros écoliers échangent la nuit venue leurs tenues d’élèves insoupçonnables contre celles de héros veillant à ce rien ni personne ne vienne semer le trouble sur la ville endormie. Or en cela, la tâche ne leur sera pas épargné : quand ce ne sont pas Roméo un petit génie bien guère méchant, hilarant à la James Bond, et ses plans de conquérir le monde, ou le présomptueux et narcissique Ninjaka à la tête d’une troupe délirante composée de  » Ninjas Zouaves  » (adorables) volant tout ce qui mettrait davantage sa valeur en exergue, voire Sorceline entendant bien y mettre son grain de baguette avec une nuée de papillons nocturnes, nos trois héros ont toujours du pain sur la planche et ce doivent de faire avec leurs qualités et leurs défauts du moment. Heureusement, même si tout n’est pas parfait, Biboux, Yoyo et Gluglu pourront toujours compter sur leur quartier général, leurs aptitudes ainsi que leur amitié pour se sortir du pétrin et ramener les choses dans le bon ordre.

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La critique des livres

La série des pyjamasques a tous les ingrédients pour plaire aux enfants : aventures, humour et rêve dans un monde qui ressemble au leur, et qui l’air de rien, aborde les préoccupations de leur quotidien dans un univers imaginaire et coloré.

MESSAGES

Groupe

Gestion d’une équipe. Trois petits héros qui ont tout intérêt à mettre leurs pouvoirs en commun plutôt que de travailler chacun pour soi.

Se décentrer

Ne pas être trop centré sur soi. Les soucis des petits héros proviennent surtout de leur difficulté à prêter, vouloir trop faire tout seul, ou se sentir le meilleur. On apprend ici que c’est bien de fonctionner avec l’autre. Accepter que l’autre ait des potentiels parfois mieux adaptés que soi. Réparer ses dégâts. Les petits héros ont parfois besoin de se sentir meilleurs que d’autres, on va leur apprendre que c’est mieux de fonctionner ensemble que d’être en compétition.

Monde scolaire

On nous montre des écoliers, cour de récréation, visite de musée, salle d’école. On montre juste l’environnement, mais on saisit que les enfants ont du plaisir à y être, c’est donc une subtile revalorisation de l’école.

Aider l’autre

Faire en sorte que le monde aille mieux et aider ses camarades de classe (soit individuellement soit pour arranger un problème global).

Ne pas dénigrer

Le méchant fait de vilaines choses, mais les héros ne vont pas le dénigrer, s’il perd à la fin, le but n’est pas de lui faire du mal ou de le rabaisser (après ce sont quand même des combats gentils contre méchants, on peut se demander si les petits ont besoin de cela).

Apprentissage

Amélioration personnelle. Quand on est un super-héros, on doit se montrer performant et faire en sorte de progresser dans la vie pour assumer sa responsabilité de héros. Un petit doit apprendre à mieux faire même s’il n’est pas un héros.

Motivation au combat

Avec des personnages qui sont contents de se mettre en action (ici l’action c’est quand même souvent le combat). On résout les problèmes en luttant contre l’ennemi (et sans vraiment le souci d’être trois contre un).

Autonomie

Vouloir faire les choses comme un grand (et en plus la nuit), on ne voit jamais aucune adulte. Force d’un petit. Des enfants ont des super pouvoirs qu’ils utilisent la nuit (vision nocturne, vitesse, voler, rafale d’air, sauter haut, être invisible). Fille forte. Il y a une fille aussi forte que les garçons dans l’équipe.

Animaux

Les trois héros ont des costumes proches du chat, du Gekko et Hibou, les potentiels qu’ils peuvent avoir sont en lien avec des spécificités de ces animaux.

Revalorisation des véhicules

Les héros ont parfois des véhicules de grands. Le chatbolide, un bolide qui fonce bien, l’astrohibou vole dans le ciel (et il faut mettre ses ceintures de sécurité).

Technologie

Beaucoup de matériel de science-fiction qui permet de choses incroyables (voler, sauter haut, ). Robot, véhicules spectaculaires.

Malversation

De petits méchants qui ont chacun leur motivation à faire le mal. Toute proportion gardée, ce sont des envies ou des attitudes que peuvent avoir les enfants. Vol. La méchante veut voler des jouets des magasins ou des cadeaux de Noël. Être imbu de soi-même. Se croire trop beau et remplir les livres de sa photo. Vouloir être le maître du monde. Se sentir le meilleur. Prendre les affaires des autres parce que l’on sait mieux que les autres.

Mises en danger

Petites tensions, les pyjamasques oeuvrent la nuit et seul. Mur qui se fissure, on voit que c’est un gant de boxe géant qui le démolit. Avoir deux amis piégés et devoir gérer les choses seules (les deux garçons sont ficelés par un robot qui s’est vite débarrassé d’eux, Bibou est jeté dans une poubelle, avec ensuite un combat avec le gros robot. Pendant que ses deux camarades sont emmaillotés dans des tapis, Yoyo préfère s’occuper des méchants, il ira à leur secours quand ils sont envoyés en bas d’une route à toute vitesse. Les papillons ont entouré Bluglu et Bibou, Yoyo ne pavient pas à gérer seul les choses). Poursuite, tomber d’un véhicule en marche, se faire éjecter par terre.

Complexité

Si les intrigues sont plutôt simples, ce n’est pas évident d’imaginer que les enfants puissent comprendre le message qui veut être transmis dans chaque épisode (ils risquent de surtout être attirés par les scènes d’action).

Malaise

Sorceline, une des méchantes de la série est une petite fille qui a clairement des problèmes familiaux, elle se retrouve seule à Noël, n’a jamais eu de cadeaux. On l’entend dire qu’un de ses soucis est de ne pas se retrouver entourée de personne. Les héros réalisent souvent qu’elle fait de la peine.

Étrangeté

Étrange de montrer que « les soucis, on les règle la nuit ». Des enfants qui osent sortir la nuit pour régler des problèmes (autant dire sans l’autorisation des parents). Ou alors c’est l’idée qu’avec son pyjama, on puisse rêver à devenir ce que l’on veut quand on fait dodo, ou que notre subconscient traite la nuit les choses que l’on a à régler le jour (certains ont l’idée que c’est une fonction des rêves).

Conclusion

Une série pour les petits qui veulent entrer dans le monde des super-héros. Les héros sont des enfants, et les supervilains aussi, autant dire que ce n’est pas trop stressant, c’est pensé pour les plus jeunes (aucun adulte méchant, aucune véritable malversation). Mais la série met le plus souvent une suite de confrontation combat entre un vilain et les trois héros. Il y a une fille dans la bande des super-héros, c’est malheureusement pas assez courant pour qu’on doive en être content. Il y a clairement des thèmes mis en avant dans chaque épisode (laisser le tour à l’autre. Ne pas se croire plus performant que l’autre. Travailler avec ses propres potentiels et ne pas se prendre pour quelqu’un d’autre. Abandonner trop vite ce que l’on tente d’essayer. Rester zen. Ne pas bousculer l’autre), mais pas certain que l’enfant les saisissent vraiment, il risque d’être plus absorbé par les coups et autres rebondissements. Une série de combats pour les plus jeunes, finalement c’est au parent de décider si c’est ce qu’il veut proposer à son enfant.

Un grand merci à Gallimard jeunesse pour cet article de fond.

 

Dossier : Serge Brussolo / Un écrivain au fil du temps

Auteur de plus d’une centaine de romans, vieux routard de la littérature interlope à l’imagination démoniaque, Serge Brussolo occupe une place très particulière dans le champ littéraire français. Si vous avez peut-être lu sa série de littérature jeunesse, Peggy Sue, avez-vous déjà regardé sa production antérieure ? Brussolo est-il un écrivain prolixe ou prolifique ? 

Son œuvre décapante compte plus d’une centaine de titres. Un rapide coup d’œil à sa production littéraire suffit à faire éclater la traditionnelle classification en genre : fiction historique, thriller d’anticipation, space opera,  policier, roman d’horreur, littérature jeunesse…il est difficile de trouver une catégorie marginale, un sous-genre obscur, que Brussolo n’aurait pas exploré. D’aucuns diront que le seul exercice auquel il ne se soit pas plié est celui de la littérature. Pourtant, si l’on observe de plus près sa production , on pourrait remarquer qu’elle se structure toujours autour des mêmes obsessions. C’est donc à travers elles que je compte vous faire (re)découvrir l’univers fort peu recommandable de Brussolo.

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L’amour de la marge

Si on ne devait retenir qu’une seule caractéristique des innombrables romans de Brussolo, ce serait une fascination pour l’étrange et le pathologique. Quel que soit le genre dans lequel il officie, le personnage central sera systématiquement frappé d’anathème et mis à l’index de la société. Parfois, ce choix de la bordure contre la norme est volontaire, voire même déterminant. Cependant, dans certains cas, c’est une posture forcée. Pour prendre un exemple extrême, l’un des avatars du héros chez Brussolo est Conan Lord, un aviateur défiguré contraint à cambrioler pour subvenir à ses besoins.

Pour autant, si on devait définir une topique du personnage, on pourrait proposer la figure suivante : David Sarella, jeune thésard en histoire travaillant sur un sujet oublié, bien souvent forcé à accepter un emploi pour gagner un peu d’argent, généralement une tâche monotone et propice à l’exclusion sociale. A cela, il faut ajouter des relations conflictuelles avec son entourage, des histoires d’amours inachevées, une tendance naturelle à la paranoïa doublée d’un courage hors-norme et d’un don pour la rêverie.  Or dans bien des récits de Brussolo, c’est justement cet attrait pour l’imagination qui entraîne peu à peu le personnage au bord de la société. De façon schématique, une imagination débridée est le premier pas vers la folie dans les romans de Brussolo.

Par ailleurs, la marge ne se manifeste pas uniquement à travers le milieu socio-culturel du personnage brussolien  mais se rapporte également dans les cercles dans lesquels évolue le personnage.  En somme, le héros marginalisé fréquente des groupes eux-mêmes marginalisés. De cette façon, les tentatives de socialisation du personnage le font pénétrer dans d’inquiétants microcosmes. Ces sociétés en vase clos permettent à Brussolo d’étudier les rapports de domination entre individus ainsi que de désigner les symboles de pouvoir. Bien souvent, ces micro-sociétés sont religieuses, s’apparentant parfois à des sectes mais il peut également s’agir d’un lieu confiné ne pouvant interagir avec le monde extérieur.  Il ne faut pas pour autant se méprendre : les analyses de Brussolo sur ces groupes restreints détachés de la société ne peuvent en aucun cas prétendre à une quelconque pertinence sociologique, l’intérêt de ses ouvrages est ailleurs.

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L’esthétique du Grand-Guignol

Si la marge est le thème récurrent par excellence des romans de Brussolo, le Grand-Guignol est la principale composante stylistique de ses romans.  Les détails macabres parsèment ses romans de manière si intensive qu’on peut soupçonner l’auteur d’en faire un usage parodique. Le ton volontairement cynique, parfois même badin, contraste avec l’extrême violence des situations et provoque un effet comique, proche de l’humour noir. L’une des meilleures illustrations de ce principe serait la première phrase de La Fille de la nuit :

« Certaines personnes ont un trou de mémoire…un trou dans leur emploi du temps…elle, elle avait tout cela à la fois puisqu’elle avait un trou dans la tête. »

Par ailleurs, l’un de ses romans, Les écorcheurs, fait directement référence au théâtre du  Grand-Guignol et, dans un renversement grotesque, les acteurs de ce théâtre ont réellement étripé, mutilé et torturé des gens sur scène en faisant passer ces crimes pour une représentation particulièrement réaliste. Il semblerait que la multiplication de situations mortifères et d’intrigues sanglantes soient un prétexte sur lequel se greffe l’imagination délirante de Brussolo. Par exemple, voici le motif récurrent de L’enfer, c’est à quel étage ? roman dont le titre nous aiguillonne déjà sur la piste de la surenchèr.

Traditionnellement, l’appât du gain justifie toutes les exactions des personnages de Brussolo et leur permet toutes les excentricités. Notez également la situation particulièrement grotesque dans laquelle se retrouve l’héroïne de L’homme sur la banquise .

Le folklore traditionnel et certaines mythologies orientales servent de point d’appui à Brussolo pour déployer les ressorts de son imagination. Les artefacts perdus, les histoires racontées au coin du feu et les croyances ancestrales de population reculées sont souvent exploitées afin d’en faire ressortir la part la plus sombre et la plus violente. Les mythes apportent un semblant d’authenticité au récit, un pseudo contexte historique qui tend à amplifier l’horreur du récit. Par exemple, si Brussolo développe une intrigue se déroulant dans l’Antiquité, elle prendra nécessairement place sous le règne d’un empereur romain décadent torturant les chrétiens. De même, le Moyen-Âge est systématiquement décrit comme une ère obscurantiste où les superstitions se mêlent au christianisme dans un syncrétisme douteux. Evidemment, autant dire que ses romans n’ont pas la moindre valeur historique et perpétuent sans cesse des clichés. Mais la fin justifie les moyens. Brussolo n’est pas historien, il est romancier et cherche à susciter la terreur et la pitié en utilisant tous les artifices imaginables.

Pour clore ces réflexions éparses sur l’usage immodéré du gore, on pourrait justifier son emploi de plusieurs manières. Tout d’abord parce que c’est un moyen très efficace pour retenir l’attention du lecteur. Rien de telle qu’une mutilation du héros pour le mettre en éveil et le faire tourner les pages de manière fébrile. L’abondance d’hémoglobine peut aussi être envisagée comme un ressort du comique, ce qui ferait basculer certains des romans les plus macabres de Brussolo dans la parodie. Ici, je pense notamment à la série en deux volumes des Croix de Sang où nous suivons les aventures malheureuses d’un infirmier de guerre sur une planète lointaine et dangereuse.  Cependant, lorsque l’horreur est distillée de manière plus subtile, ce qui est le cas dans la majorité des romans de Brussolo, elle provoque un sentiment d’angoisse, parfois redoutablement efficace.

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L’inquiétante étrangeté

L’esthétique macabre de ses récits permet de créer un climat délétère dans lequel le personnage principal doit se frayer un chemin. Tous les moyens sont bons pour susciter la terreur. L’inquiétante étrangeté qui se dégage de son univers romanesque se traduit par une défiguration du quotidien. Par exemple, l’action de Ceux qui dorment en ces murs se déroule dans un Brésil fantasmé, faisant écho à une vision grossière de l’Amérique du Sud. Les rapports de domination semblent bien exploités mais l’intrigue bascule assez rapidement dans un capharnaüm d’images grotesques. De même, pour prendre un roman plus réussi, Les chiens de minuit nous plonge au cœur de la jungle urbaine et met en lumière la dangerosité du sentiment d’appartenance à un gang. Or cette situation n’est pas sans rappeler certaines tensions sociales inhérentes aux grandes villes. Voir dans les romans de Brussolo une dégradation soudaine d’un univers familier provoque un sentiment de malaise, qui peut se prolonger jusqu’à l’angoisse, cette sensation diffuse d’étranglement.

Pour accréditer davantage cette présence d’une inquiétante étrangeté, on peut remarquer que les romans historiques de Brussolo comportent très souvent des notes à l’intention du lecteur signalant l’authenticité de certaines anecdotes du récit. Ce paratexte contribue à forger un effet de réel qui tend à bousculer la sérénité du lecteur. Ce principe est parfois renforcé par l’avertissement de l’auteur qui semble se prémunir d’éventuelles ressemblances avec le réel, tout en adoptant un ton goguenard et malicieux.

Par ailleurs, les héros de Brussolo ne méritent jamais ce qualificatif. Ils sont souvent entraînés malgré eux dans un conflit qui les dépassent. Ils sont passifs face à l’évènement et réagissent toujours de manière très humaine – trop humaine. Comme n’importe lequel d’entre nous en situation de crise, ils sont terrifiés et semblent souvent dépassés par ce qui arrive. Évidemment, il est difficile de généraliser sur plus d’une centaine de livres, et Peggy Meetchum se comporte véritablement en héroïne, mais cette caractéristique renforce cette impression de vulnérabilité du personnage principal. Les romans de Serge Brussolo sont un miroir déformant de notre propre quotidien. Par anamorphose, ils nous font basculer dans un univers violent et dégradé, qui n’est pourtant pas si étranger du nôtre. Dans le monde romanesque de Serge Brussolo, tout peut arriver et personne n’est en sécurité, pas même le personnage que vous suivez depuis 300 pages.

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Répétition ou réécriture ?

Si tout peut arriver dans un roman de Brussolo, il faut tout de même reconnaître que certains scénarios sont plus prévisibles que d’autres. L’imagination de Brussolo est certes délirante, elle n’est pas sans limite. Lorsqu’on écrit plus d’une centaine de livres, il est évident que les mêmes ficelles se répètent encore et encore. Certaines facilités oscillent entre le clin d’œil un peu lourd et la redite grossière. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder l’emploi des noms propres chez Brussolo. Pas moins d’une trentaine de ses héros se nomment David Sarella et partagent les mêmes caractéristiques alors même qu’ils ne sont pas identiques. Lorsque Brussolo veut évoquer un lieu mystérieux, il portera toujours le nom d’Almoha, et c’est une constante qui dure depuis son premier roman. Que ce soit une île battue par les flots, une oasis perdue, un monde inconnu, le nom reste le même. En revanche, si c’est une ville coloniale perdue dans l’Amazone, elle aura pour toponyme San-Carmino. De même, l’héroïne a fréquemment Peggy pour prénom, et son nom hésite entre Meetchum ou Sue. Même les personnages secondaires ne sont pas épargnés par ce fléau patronymique et Candarec joue souvent le même rôle. Pis encore, c’est parfois les intrigues qui se font directement échos. Pour reprendre un exemple bien connu, toute sa série jeunesse Peggy Sue n’est qu’une version édulcorée de ses romans pour adultes. De même, Brussolo glisse dans ses romans de nombreuses allusions à ses œuvres antérieures, que ce soit à travers des personnages récurrents ou des figures mythiques de ses romans, comme le mystérieux Docteur Squelette.

Pourtant, cette répétition permanente de certains motifs permet d’instaurer un rapport de familiarité inédit avec son lecteur. Une sorte de jeu se met en place et l’on se surprend à jouer au chat et à la souris avec l’auteur. Il ne s’agit plus de se laisser surprendre par une intrigue convenue mais de déchiffrer la mécanique du livre avant son dénouement. A ce titre, quelques ouvrages sont fascinants puisqu’ils tiennent plus du collage et à la juxtaposition de thèmes brussoliens plutôt qu’à une création originale. Le lecteur se fait donc enquêteur en reconstituant l’histoire à partir d’indices textuels.

L’univers de Serge Brussolo est foisonnant, insolite, avec parfois des idées incongrues et étranges, mais c’est ce qui fait le charme de l’auteur. D’un roman à l’autre, certaines de ses idées sont abordées de manière différente.

Qu’il s’agisse de récupérer un trésor dans une pyramide truffée de pièges et de faux-semblant, qui plus est enfouie dans les sables mouvants ; de percer à jour le secret d’un chevalier qui ne quitte jamais son armure sans céder aux superstitions locales ; de déjouer le mystère d’un faux pèlerinage et de puissances « démoniaques »… Brussolo ne lâche jamais son lecteur qu’il tient en haleine d’un bout à l’autre. « Pèlerins des ténèbres », « Le labyrinthe de Pharaon », « La Captive de l’hiver » : autant de titres qui semblent avoir été écrits pour des insomniaques chroniques.

Impossible ici d’évoquer chacun des fleurons d’une production pléthorique, dans laquelle la qualité est toujours au rendez-vous. Il existe cependant des Brussolo « mineurs », des Brusssolo paresseux, dans lesquels l’intrigue se déroule sans accrocs, sans surprises. Mais même ceux-là témoignent d’un tel savoir-faire qu’ils dépassent de plusieurs coudées la plupart des thrillers basiques : on y décèle malgré tout la griffe inimitable du maître.

Les thrillers de Brussolo, qu’ils fussent historiques ou contemporains, peuvent selon moi, se diviser en deux catégories : ceux dont l’intrigue rebondit pratiquement à chaque page (« Le labyrinthe de pharaon », « La main froide », « La fille de la nuit » par exemple) et ceux où l’atmosphère prévaut. Souvent oppressante, anxiogène. Si l’action finit quand même par avoir le dernier mot, les réflexions et hypothèses des héros et des héroïnes, leurs découvertes progressives y sont prédominantes. Là, Brussolo peut donner totalement libre cours à son imaginaire débridé. C’est le cas de « Armés et dangereux », « Le murmure des loups »  « Dortoir interdit ».Des romans fascinants à plus d’un titre, qui suscitent chez leurs lecteurs une irrémédiable addiction.

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