Canicule de Jane Harper, une première œuvre prometteuse mais un peu trop scolaire

Jane Harper est une journaliste australienne, Canicule est son premier roman. Une œuvre convaincante mais qui souffre évidemment de quelques défauts.

Jane Harper est journaliste donc et cela se ressent dans son style, très factuel et descriptif. La plume nous décrit cette petite ville de Kiewarra de manière suffisamment crédible pour suivre l’intrigue mais sans parvenir à nous transporter dans cette bourgade écrasée par un soleil impitoyable. Un effort de caractérisation est fait pour les personnages. Tous disposent d’un caractère bien construit et d’une psychologie bien étayé, entre résignation fataliste et désœuvrement social. Le personnage principal, Aaron Falk, est à l’image de nombre de personnages policiers, célibataire, solitaire et consciencieux dans son travail, il souffre d’un sentiment de culpabilité qui aurait pût être encore plus développé.

L’intrigue démarre immédiatement mais, une fois passer les différents chapitres qui exposent les différents protagonistes du drame, elle ronronne gentiment et se perd dans des fausses pistes soporifiques qui font souffrir l’ensemble de l’ouvrage de longueur. L’auteure réagit dans le dernier tiers du livre pour livrer une conclusion habile où le rythme s’emballe tout en gardant cette distanciation journalistique dans le style. L’auteure a du mal à mettre en scène les sentiments exacerbés qu’entraînent forcément ces situations extrêmes. L’épilogue permet de classer les derniers éléments de l’intrigue restée dans l’ombre et permettre à Aaron de chasser ses démons persistants.

La fin ouverte est frustrante en cela que certains personnages hargneux qui hantent tout le roman auraient mérité d’être confronté dans un ultime chapitre qui aurait signé leur chute définitive. Cependant malgré ses défauts indéniables de style et la présence de quelques longueurs, Jane Harper signe une entrée en matière convaincante dans l’univers du polar.

Résumé: Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

  • Poids de l’article : 500 g
  • ISBN-10 : 2366582625
  • Broché : 400 pages
  • ISBN-13 : 978-2366582628
  • Dimensions du produit : 22.5 x 3.2 x 14 cm
  • Éditeur : Kero (11 janvier 2017)

La promesse de Tony Cavanaugh

Résumé : Ex-flic des homicides à Melbourne, Darian Richards a laissé derrière lui un cortège de vies anéanties, de familles en deuil, de réponses impossibles à donner. Épuisé par cette litanie de souffrances, il a pris une retraite solitaire dans le Queensland, loin des villes et de leurs turpitudes. Mais les démons sont partout. Et dans la région, depuis quelques mois, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces. La police locale parle de fugues. C’est en général ce qu’on dit quand on ne retrouve pas les corps, Darian le sait, mais il ne veut plus s’en mêler.
Ce n’est plus son histoire. Et pourtant… malgré la promesse qu’il s’est faite de se tenir éloigné des tragédies, l’idée de laisser toutes ces familles sans réponses le hante. Aussi décide-t-il de prendre les choses en main. Mais à sa façon cette fois, sans s’encombrer du protocole. Il est loin d’imaginer ce qui l’attend.

Chronique : Encore un polar qui démarre de manière excellente. On a un personnage d’enqueteur misanthrope plutôt bien trempé et l’équipe qui l’entoure est attachante. La région du Queensland est très bien retranscrite. Malgré l’omniprésence du soleil, les paysages baignent dans une sorte de pénombre sordide. L’office du tourisme australien ne risque pas d’embaucher l’auteur pour rameuter les touristes. Les premières pages se dévorent aisément alors que se met en place l’intrigue. Malheureusement l’auteur va très vite saborder son récit.

Si vous suivez mes chroniques sur le blog vous savez qu’il y a un mécanisme d’écriture que je réprouve, ce sont les chapitres consacrés à l’assassin. Sous prétexte de rentrer dans la tête du tueur, tentative le plus souvent vouée à l’échec, les auteurs de polars multiplient les passages narratifs sur l’assassin. Dans ce polar les chapitres remplissage sur le tueur prennent de plus en plus de place au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue. Ils sont là uniquement pour cacher la pauvreté d’une intrigue qui, passer les deux cents premières pages, n’a plus rien à offrir. Et si vous attendez une fine analyse psychologique d’un serial-killer vous pourrez repasser. Le psychopathe décrit dans ces pages est un être pathétique et mesquin, tout dans sa caractérisation tend à le rendre détestable. Ce qui n’apporte rien, ni à l’intrigue ni à la psychologie des sérail-killers en général.

Un polar à éviter, si vous voulez voyager dans la région du Queensland je vous conseille la lecture du livre du diable dans la peau de Paul Howarth dont la chronique est sur le site.

Note :5/10

Éditeur Sonatine
Date de publication 12 avril 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2355846596

Les orages de l’été (3 mai 2017) de Tamara McKinley

1947. Accompagnée d’un ami d’enfance secrètement amoureux d’elle, Olivia Hamilton retourne en Australie, sa terre natale, où sa mère Eva vient de mourir. Avant de disparaître, cette dernière lui a transmis des documents qui ont ébranlé ses certitudes concernant ses origines.
Sur place, Olivia retrouve sa sœur aînée, qui cultive à son égard une franche hostilité. Les archives léguées par leur mère seraient-elles à l’origine d’une telle animosité ? Aidée par Maggie, la gérante de la pension où elle loge, Olivia tentera de percer un à un les secrets qui nimbent son enfance.
Avec cette saga, dans la lignée de ses grands succès, Tamara McKinley signe son roman le plus personnel, celui qui lui tient le plus à cœur.

Chronique : Les livres de Tamara McKinley sont comme des petites parenthèses avec ses grandes sagas dépaysantes et humaines. Ce roman se passe en Australie, pays cher au cœur de l’auteur, elle y dépeint comme personne et on en ressent l’atmosphère. Olivia est une jeune femme dont la maman vient de décéder, accompagné de son meilleur ami Giles elle va revenir en Australie, deux ans après la Seconde Guerre mondiale. Elle va découvrir des documents qui vont la bouleverser, car ils vont poser des questions sur sa naissance, son origine. C’est un roman très féminin, un roman à trois voix où l’on en apprend sur chacune d’elle, leurs vies. Beaucoup de secrets de famille sont dévoilés au fur et à mesure de l’histoire, on alterne entre passé et présent et tout s’éclaire petit à petit. L’histoire est vraiment bien rythmé et  la façon qu’a Tamara McKinley de mêler histoire et description des paysages australiens nous entraîne dans une histoire de famille dont on devine pourtant plus ou moins la fin , sans qu’on ai envie d’arrêter la lecture.  Valeur sûre pour tout lecteur aimant les grands espaces, l’Australie, les grandes sagas ou les personnages féminins forts et déterminés, alors vous ne pouvez , ne devez pas passer à côté de ce roman.

Note : 9/10

  • Poche: 544 pages
  • Editeur : Archipoche (3 mai 2017)
  • Collection : Roman étranger

51E-mtgq3WL._SX308_BO1,204,203,200_

Le pays du soleil rouge (8 février 2017) de Elizabeth Haran

Angleterre, 1941. Accusée d’avoir agressé le père d’un de ses élèves, Lara Penrose, une jeune enseignante, choisit pour éviter la prison de partir enseigner en Australie. Quand elle arrive à Shady Camp, bourgade reculée au nord de l’île continent, c’est le choc. D’abord, il n’y a pas d’école. Et puis la région est infestée de crocodiles. Mais Rick va régler le problème. Dès leur première rencontre, Lara est séduite par cet homme, éconduisant le Dr Jerry qui lui faisait jusque-là une cour assidue…
Des paysages exotiques et envoûtants, une héroïne qui doit lutter contre l’adversité pour trouver le bonheur et sa place dans la société… Sont ici réunis tous les ingrédients qui ont contribué au succès des sagas de Tamara McKinley, Sarah Lark ou Colleen McCullough.

Chronique : Un roman d’évasion qui ce lit comme un livre d’aventures mêlant à merveille romance, drame. Il y a beaucoup de choses : de l’émotion, de l’action, de l’humour, des valeurs, une vraie histoire ancrée dans la réalité… Et pour commencer l’écriture nous envoie dans la magie des paysages où le lecteur y est transporté avec une histoire très bien racontée. On ne sent pas les 500 pages et ça veut dire que ça marche. Et ça grâce à des personnages charismatiques qui vont vifs de vraies aventures : une femme qui veut fuir ses problèmes et va rencontrer Éric et le Dr Jerry… Même s’il y a quand même du classicisme avec l’histoire d’amour qui est très belle et convaincante. Mais il n’y a pas que ça, le livre est rempli de valeur et traite pas mal de sujet : la différence, l’amour, la jalousie, les traditions, la recherche d’identité… Elizabeth Haran sait écrire ses personnages qui transmettent des émotions on est dans une fresque une plus belle et captivante qu’on a hâte qu’un jour ce livre se retrouve sur le grand écran.

Note : 9,5/10

  • Broché: 500 pages
  • Editeur : Archipel (8 février 2017)
  • Collection : Grand roman

51gJqViMJWL._SX315_BO1,204,203,200_.jpg