Beastars ou quand Zootopie rencontre le studio ghibli

Lorsque Netflix a annoncé il y a deux ans vouloir investir massivement dans la production d’anime japonais, beaucoup ont eu les yeux qui ont brillé et ont trépigné d’impatience comme à l’annonce de la seconde génération de Pokémon. Au final l’année 2019 se sera révélée plutôt terne en matière d’ajouts originaux sur la plateforme. En effet hormis devilman crybaby on ne peut pas vraiment dire que la production d’anime ait particulièrement brillé, n’evoquons même pas le désastre saint seiya. C’est pourquoi l’arrivée de beastars, adapté du manga de Paru Itagaki, apparaît comme une véritable lueur d’espoir pour les abonnés.

À L’instar de nombreuses autres séries ayants des animaux anthropomorphes en vedette, les personnages évoluent dans un monde moderne, semblable au Japon actuel. En apparence tout va bien dans cet univers qui ne sera pas sans rappeler l’excellent Zootopie, pourtant Beastars se démarque très rapidement par son traitement plus mature et sérieux des thèmes abordés.

Le club de théâtre est le seul où herbivores et carnivores se côtoient

Très vite on se rend compte que de fortes dissensions secouent ce monde un peu trop idyllique. Les rapports entre carnivores et herbivores sont sources de tension malgré l’instauration d’un régime végétarien. Le parallèle avec notre société qui repose encore trop fréquemment sur les rapports dominants et dominés est évident. Mais la série traite aussi de nombreux autres sujets, l’addiction, le communautarisme, l’acceptation de soi et l’affirmation de son identité. Sans oublier une bonne petite romance impossible.

Car l’anime a ceci d’original qu’elle navigue entre shõjo et Shõnen. L’intrigue se concentre sur Leboshi, mal à l’aise dans son corps de loup gris, et Haru ,qui voudrait tellement que le monde la voit autrement que comme une petite lapine qui n’inspire rien d’autre que de la pitié. Leur relation suit les codes connus de la romance adolescente mais les deux personnages sont si finement écrits que cela n’est pas gênant. Le passage à l’âge adulte reste bien évidemment le thème moteur de cette première saison avec une psychologie toute étudié pour que l’on apprécie le parcours de nos protagonistes sans trouver le temps long.

Viens là que je te fasse un gros câlin

La qualité de l’animation saute aux yeux dès les premières minutes, l’anime a bénéficié d’une production aux petits soins. Le rendu sur les nombreux élèves de races différentes, sur leur pelage ou leur fourrure est impressionnant. Les scènes d’action, à défaut d’être chorégraphié de manière originale, sont fluides, on note un ou deux ralentissements dans l’animation mais rien de grave. Les personnages sont en 3D mais les décors sont dessinés à la main, ce qui contribue à donner une réelle identité visuelle aux élèves du lycée de Cherryton et à l’environnement dans lequel ils évoluent.

Non ce n’est pas ce que vous croyez…enfin je crois

Le seul reproche que je pourrais faire à cette première saison et de lancer une intrigue en introduction avant de prendre une direction complètement différente par la suite. Le mystère original n’est pas oublié pour autant mais il paraît quand même étrange de ne pas l’avoir un tant soit peu développé au cours des douze épisodes. Ceci n’enlève rien à la qualité de cette série qui a su m’aggriper avec sa production léchée et ses personnages attachants.

Depuis 2019 / 24min / Aventure, Comédie, Drame, Romance, Animation
Nationalité Japon
Chaîne d’origine Netflix