Le charme discret de l’intestin : Tout sur un organe mal aimé de Giulia Enders et Jill Enders

Giulia Enders, jeune doctorante et nouvelle star allemande de la médecine, rend ici compte des dernières découvertes sur un organe sous-estimé. Elle explique le rôle que jouent notre « deuxième cerveau » et son microbiote (l’ensemble des organismes l’habitant) dans des problèmes tels que le surpoids, la dépression, la maladie de Parkinson, les allergies… Illustré avec beaucoup d’humour par la sœur de l’auteur, cet essai fait l’éloge d’un organe relégué dans le coin tabou de notre conscience. Avec enthousiasme, Giulia Enders invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à son ventre.

Critique:

La première partie, sur la digestion, est passionnante. C’est tellement bien qu’on se demande pourquoi les sciences naturelles ne sont pas enseignées sous cette forme, didactique, imagée, humoristique, holistique (on voit bien que chaque organe est partie d’un tour, en relation avec les autres organes) en cours de SNV.
Mais il y a la suite, ou l’auteure s’aventure à parler de psychologie …
Pour être tout à fait honnête la psychologie c’est mon métier à plein temps, et l’apologie des antidépresseurs, des dépressions d’origine biologique, j’ai un peu (beaucoup) de mal avec ce genre de théories, car ma pratique quotidienne me montre le contraire de ce qu’affirme l’auteure, qui est visiblement totalement hors de son domaine de compétence.
Les antidépresseurs, à part « transformer les gens en zombies » (l’expression est d’un confrère médecin), ne font pas grand-chose et encore moins « soigner ».
Quant à la dépression, mes collègues moi-même ont toujours pu identifier au moins une (dans la plupart des cas plusieurs) causes psychologiques. Certes il arrive souvent que les patients aient du mal à identifier eux-mêmes la (les) causes de leur mal-être, mais une dépression ça ne tombe jamais du ciel, sans raison.
Rajouter à cela des comptes rendus d’expérimentation animale, l’on va faire nager des souris jusqu’à épuisement (jusqu’à ce qu’elles se noient) sachant que l’expérimentation animale n’est pas transposable à l’homme (ce que l’auteure omet d’indiquer), j’ai beaucoup de réserves sur ce bouquin … qui avait pourtant bien commencé, quel dommage !

 

Note : 4/10

 

  • Broché: 350 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions; Édition : ACTE-SUD (1 avril 2015)
  • Collection : Essais Sciences

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