Bloodborne tome 3 le chant des corbeaux, une mélopée ésotérique et hermétique

Alors que les joueurs attendent désespérément un nouveau volet, l’univers de Bloodborne continue d’exister à travers cette adaptation en comics publié par titan comics aux U.S.A et par Urban comics en France.

C’est déjà le troisième volume de cette adaptation et la formule commence à être rodé. Le scénariste Aleš Kot s’empare d’un personnage ou d’un concept présenté dans le jeu vidéo de From software et le met en scène sur quatre numéros mensuels avant de passer à un autre.

SOLITUDE ET INTROSPECTION INTÉRIEURE

Bloodborne possède un univers riche où Lovecraft côtoie l’angleterre du XVIII siècle mais le jeu a également la réputation d’avoir l’intrigue la plus cryptique parmis la production vidéo-ludique. Les lecteurs qui espèrent des éclaircissements sur l’univers ou l’intrigue risquent d’être déçus. Difficile de savoir quelle est la part personnelle apportée par le scénariste mais nul doute qu’il doit respecter un cahier des charges précis de la part des créateurs du jeu vidéo. Et parmis ces charges doit certainement figurer celles de signer une intrigue la plus ésotérique possible, au risque de perdre un peu le lecteur. Le second tome se penché sur la fameuse église du remède, l’un des antagonistes du jeu, et proposait une intrigue plus terre à terre, centrée sur les dérisoires ambitions humaines.

L’intrigue de ce tome est plus introspective et solitaire. On suit Eileen, la traqueuse de chasseurs fous, durant son errance à travers une Yharnam enneigée. Pas de dialogues, juste les ruminations mentales d’Eileen alors que sa santé mentale se détériore et que le voile de la réalité se fissure de plus en plus. Une intrigue qui a le mérite d’être fidèle à la création de Miyasaki mais qui laisse cependant un goût d’inachevé. Quant au lecteurs qui découvriront l’univers de Bloodborne avec ce comics, ils pourraient bien rester bloqués aux portes de la ville derrière un haut portail en fer forgé vu l’hermétisme de l’oeuvre.

PLANCHES DE SANG

En ce qui concerne la partie graphique, j’avoue avoir été déçu par les premières planches de Piotr Kowalski dans les premiers tomes, j’attendais un style plus organique, plus gothique. Les croquis de Kowalski me semblaient trop éthérés et figés pour représenter l’univers glauque et dangereux de Bloodborne. Mais force est de reconnaître que l’artiste livre des planches d’une grande beauté et moins gore que précédemment, sa représentation de Yharnam sous la neige sont splendides et la lune de sang omniprésente éclaire les pages d’une lumière écarlate et inquiétante. L’architecture labyrinthique de la ville transparaît dans les cases tout comme l’ambiance glauque instaurée par le jeu vidéo. Sur ce point là en particulier l’oeuvre est une réussite.

Après trois tomes et douze numéros, il faut reconnaître que l’adaptation de Bloodborne en comics est une semi-réussite. Le scénario est cryptique, tout comme l’œuvre originale, mais ne propose pas malheureusement ses différents niveaux de lecture et d’interprétations, les planches magnifiques de Piotr Kowalski offrent un voyage graphique qui ne pourra ravir que les fans déjà conquis par l’univers de Bloodborne.

Résumé: Eileen le Corbeau traque une espèce de monstres bien particuliers : ses pairs corrompus par une vie de Chasse. À l’oeuvre avec l’un d’entre eux, elle le laisse cependant prendre la fuite. Empoisonné et guidé par ses instincts bestiaux, le fugitif rôde en ville, entassant les corps sur son passage. Au même moment, le voile de la réalité menace de se déchirer à Byrgenwerth. À la recherche du chasseur, Eileen se débat avec sa propre santé mentale et ces visions qu’elle ne comprend pas. Le sang et la mort envahissent Yharnam et ceux qui la suivent…

  • Public : 15+
  • Collection : URBAN GAMES
  • Date de sortie : 13 mars 2020
  • Pagination : 112 pages
  • EAN : 9791026818526
  • Contenu vo : Bloodborne vol.3 A Song of Crows (#9-12)
  • Voir fiche série

Dark souls par-delà la mort de Damien Mecheri et Sylvain Romieu

Avant de vous parler de ce diptyque fabuleux que sont les deux ouvrages consacrés aux jeux du studio from software, il faut que je vous raconte un peu mon parcours avec les créations du studio japonais.

RUDES LEÇONS

Le premier jeu auquel j’ai pu m’essayer fût Bloodborne, je n’avais alors que vaguement entendu parler du studio et de leurs diptyque dark souls, mais les quelques images que j’avais glanées ici et là sur leur dernière production m’avaient mis l’eau à la bouche. Bloodborne se présentait en effet comme un jeu lugubre, à l’ambiance glauque et l’atmosphère crépusculaire où la mort et la folie semblaient omniprésentes. Pour un amateur de gothique et de dark fantasy tel que moi il n’en fallait pas plus pour m’aguicher. Le mot difficile revenait très souvent dans les quelques articles que j’avais lu mais à l’époque je ne m’en n’étais pas préoccupé en bon joueur assisté que j’étais. C’est donc en toute confiance que j’ai lancé Bloodborne persuadé que je serais là encore guidé vers la victoire à coup de nombreux checkpoints, de tutoriel complet et d’une difficulté ajustable à tout moment.

Terrible fut la leçon que le jeu m’affligea afin de me débarrasser de mes illusions. Les dix, non plutôt, les vingt premières heures de jeu furent un véritable sacerdoce, je ne compte plus le nombre de fois où l’écran fatidique annonçant notre mort est apparu sous mes yeux effarés. Puis petit à petit, en suant sang et eau, je suis parvenu à appréhender les mécaniques de jeu et à progresser. Le jeu m’avait déjà captivé par son univers unique mais le sentiment d’accomplissement que je ressentais à franchir les épreuves qu’il mettait sur la route me motiver à poursuivre ma route dans les rues de Yharnam, malgré la difficulté croissante. Par la suite Dark souls 3 devait confirmer ma passion pour cet univers avant que je ne me lance dans la découverte des autres jeux de la licence.

Pourtant malgré les heures passées à arpenter les terres désolées de Lothric ou à lire les descriptions des tenues et des armes, de nombreuses questions demeuraient sans réponses sur le scénario et l’ensemble du lore. Car l’aspect cryptique des jeux de from software est une autre de leurs particularités, peu de cinématiques, des personnages qui parlent par énigmes ou qui mentent, il n’est pas aisé de saisir tous les tenants et les aboutissants de l’histoire. C’est pourquoi je me suis mis à la recherche d’ouvrage s’intéressant aux oeuvres de Hidetaka Miyasaki. Et je ne dois pas être le seul puisqu’au moment où j’ai commencé à chercher le premier tome était en rupture de stock et vendu en occasion à un prix beaucoup trop élevé. J’ai dû attendre la réédition pour pouvoir me le procurer.

Amateurs d’ambiance gothique ? Vous serez servie

PAR-DELÀ LES JEUX

Loué soit le soleil car mes prières furent entendues, les deux livres rédigés par Damien Mecheri et Sylvain Romieu reviennent non seulement sur la genèse de la création des différents titres formant la collection nommée soulborne mais aussi sur le scénario de chacun d’eux. Les zones d’ombre sont éclaircies à l’aide de théories solidement étayées tandis que les personnages secondaires et les boss ont droit à un récapitulatif complet de leur histoire.

S’il se contentait juste de résumer l’histoire et de d’aligner les portraits, l’ouvrage serait déjà satisfaisant mais les deux auteurs ne s’arrêtent pas là. Ils s’emparent des thèmes et des symboles mis en avant par la licence pour mieux en extraire toute la richesse. Ils permettent ainsi aux lecteurs de saisir quelque chose que la plupart des joueurs avaient assimilés, ne serait-ce que de manière instinctive, à savoir que ces créations vidéo-ludique ne sont pas seulement des objets de divertissement mais des oeuvres à part entière. Des oeuvres denses avec des thématiques fortes et à la puissance évocatrice indéniable. Les deux auteurs mettent en lumière, de manière ordonnée, les différentes thématiques qui sous-tendent toute la license, que ce soit la réincarnation, la nature humaine, la destinée, la notion de désir, la quête du savoir qui mène à la folie ou bien encore l’eschatologie. Le tout est présenté de manière claire et amène le lecteur à regretter que la plongée dans cet univers ne dure pas plus longtemps.

Bien sûr les ouvrages s’adressent avant tout aux joueurs qui ont eu l’occasion de se frotter aux cinq jeux du célèbre studio mais il serait dommage de passer à côté du travail passionné auquel se sont prêté les auteurs.

Pour finir il faut souligner le travail de la maison d’édition third qui agrémente le texte d’illustrations des artistes Hubert Griffe et Alexandre Dainche et offre un écrin classieux aux écrits de deux passionnés de jeux vidéo.

Dark souls par delà la mort volume 1

Paru le : 05/03/2020
Auteur(s) : Auteur : Damien Mecheri Auteur : Sylvain Romieu
Éditeur(s) : Third éditions
Collection(s) : RPG
Contributeur(s) : Préfacier : FibreTigre
ISBN : 2-37784-133-3
Pages : 327

Dark souls par delà la mort volume 2

Paru le : 31/08/2017
Auteur(s) : Auteur : Damien Mecheri Auteur : Sylvain Romieu
Éditeur(s) : Third éditions
Collection(s) : RPG
Contributeur(s) : Préfacier : Kévin Cicurel – Postfacier : Benoît Renier – Illustrateur : Hubert Griffe
ISBN : 979-10-94723-76-0