Zombie story tome 2 zombie nation de David Wellington, regarde le monde brûler

Après un premier tome fantasque qui réunissait tous les ingrédients de la bonne grosse série Z décomplexée, David Wellington revient avec un second tome de son apocalypse zombie. Alors que le premier volume mettait en scène un combat du bien contre le mal somme toute assez classique malgré les tentatives de l’auteur d’insérer de nouveaux éléments, ce second volume fait plutôt penser à un road-movie crépusculaire.

Les 100 premières pages n’offrent rien d’original, le monde s’effondre, personne n’y peut rien et c’est la panique générale. Du déjà vu mais les afficionados de lecture apocalyptique y trouveront leurs comptes. Le récit se concentre rapidement sur deux personnages principaux. Le premier n’est rien d’autre qu’une morte-vivante amnésique mais toujours consciente tandis que le deuxième est un capitaine de la garde nationale qui tente tant bien que mal de garder le contrôle de la situation.

Si ces deux personnages principaux avaient été correctement écrits le récit auraient pu être vraiment plaisants à suivre mais malheureusement ce n’est pas le cas. Clark se révèle complètement impuissant face à la menace mondiale et son personnage se résume à celui de bon petit soldat sans imagination. Il est tout juste bon à constater l’anéantissement de son monde. Le choix d’en faire un personnage sans attache ne contribue pas à en faire un héros attachant. Son profil est sans relief et son arc narratif ne parvient jamais à lui accorder ce sursaut d’instinct de survie pourtant nécessaire à ce genre de personnage.

Le cas de Nilla est plus problématique, son personnage de zombie amnésique en quête de réponse aurait pu être intéressant mais cela n’est jamais développé de manière passionnante. Nilla est une page blanche, donc elle aussi sans attache, qui doit aller d’un point A à un point B. Alors que son trajet aurait pu être original et palpitant. À la place on se retrouve avec une fuite éperdue qui n’utilise jamais les caractéristiques du personnage à son avantage, on aurait pu voir Nilla éviter des chasseurs humains ou tenter de communiquer avec ses pairs putréfiés au lieu de ça Nilla parlemente avec un mage mort et un télépathe reclus sortis de nulle part.

L’intrigue ne décolle jamais vraiment et les ajouts de l’auteur paraissent forcés, importants mais développés de manière bancale et finalement ils n’apportent pas grand chose au récit. Un récit qui paraît brouillon et très loin de l’action débridée que proposait le premier volume. L’auteur a voulu engager une réflexion sur l’humanité, la solitude et le sentiment d’abnégation mais le tout est maladroit et manque de profondeur.

Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur se sera débarrassé de ses démons pour le troisième et dernier tome et parvienne à revenir aux fondamentaux qui faisaient tout l’intérêt de son intrigue apocalyptique.

Résumé: Un jour les morts se sont relevés… Une vague de terreur et de cannibalisme se répand aux États-Unis. Bannerman Clark, capitaine de la Garde nationale, est chargé d’une mission capitale : découvrir l’origine de ce désastre et l’empêcher de gagner Los Angeles. Son enquête le mène en Californie où une femme détiendrait le secret de l’Épidémie. Mais elle est frappée d’amnésie. Et pour la protéger, Bannerman doit venir à bout de zombies de plus en plus nombreux, invisibles ou dotés de pouvoirs dignes de super-héros. Apprenez comment l’horreur a commencé…

  • Poche : 416 pages
  • Editeur : Bragelonne (14 juillet 2010)
  • Collection : Terreur
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2811203648
  • ISBN-13 : 978-2811203641

La Légion de la terreur: La Guerre des démons, T1 de Raymond E. Feist | 10 JUIN 2020

À l’autre bout de l’univers, un peuple est harcelé par une horde de démons terrifiants. Le monde des Taredhels était autrefois un vaste empire. Désormais, il n’est plus que ruine et cauchemar. Seul un espoir subsiste : une planète ancrée dans l’histoire de leurs lointaines origines… Convaincus que Midkemia est cette planète, les Taredhels souhaitent la reconquérir.

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Chronique : C’est quand même incroyable, le monde de Midkemia ne peut jamais avoir la paix alors qu’il se remet à peine d’une guerre et que Pug est parvenu à créer une organisation secrète composée de guerriers aux profils divers, voilà que ces maudits démons, que l’on pensait exterminés, pointent à nouveau leurs cornes.

Raymond E. Feist applique une recette qu’il maîtrise à la perfection avec cette nouvelle saga qui se passe dans le même univers qu’il peaufine depuis maintenant plus de trente ans. Sa narration simple et fluide permet d’arpenter ce vaste univers de manière complètement sereine sans se sentir complètement perdu. L’intrigue des tomes précédents est résumée de manière à permettre à chacun de prendre ses marques. De nouveaux personnages font leur apparition et renforce ce sentiment de découverte pour les nouveaux lecteurs qui ne connaissent pas encore cet univers qui s’étend même sur d’autres mondes.

En ce qui concerne les personnages il faut bien avouer qu’il est plus facile de s’attacher à ceux qui ont un rythme biologique semblable aux nôtres, comme Sandreena par exemple, que ceux qui annoncent leurs longévités comme qui rigolent. Difficile de s’identifier à un personnage qui affiche plusieurs siècles au compteur. Le choix de l’auteur de faire du peuple elfes, les Taredhels, des êtres hautains et méprisants paraît un peu étrange. Comment ressentir de l’empathie pour un peuple qui passe son temps à clamer son aversion pour les autres races ? Les prochains volumes apporteront peut-être une réponse en indivisualisant un peu plus ces réfugiés désespérés mais antipathiques.

Pug, qui a tenu le haut de l’affiche lors de nombreuses aventures précédentes, est plus en retrait dans ce tome. Tome qui introduit parfaitement l’intrigue de la saga mais qui souffre aussi de cet état malheureusement. En effet, arrivé à la fin de l’ouvrage on a l’impression d’avoir assisté à une longue introduction de 400 pages. L’auteur n’en finit pas de mettre en place son intrigue à l’aide de chapitres explicatifs très bavards durant lesquels les redondances se multiplient. Les derniers chapitres offrent des scènes qui laissent enfin place à l’action, la situation se dénoue enfin et certains antagonistes qui n’étaient que nommaient depuis le début du récit font enfin leurs apparitions, mais par rapport au potentiel que laisse entrevoir la saga, ces quelques scènes d’action ne sont pas une mise en bouche suffisante.

Nul doute que l’auteur saura rendre plus consistant les tomes suivants afin de rendre cette guerre des démons un peu moins sage et un peu plus trépidante.

Note : 8,5/10

 

  • Poche : 440 pages
  • Editeur : Bragelonne (10 juin 2020)
  • Collection : La Guerre des démons (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028108373

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L’Appel du loup: Raven Blade, T1 de Anthony Ryan| 10 juin 2020


Célébré dans tout le Royaume Unifié pour son génie militaire après avoir vaincu le mal sans nom, Vaelin Al Sorma s’est détourné de la gloire, préférant vivre en paix dans les Hauts Confins. Mais des bruits courent sur l’approche de la Horde d’Acier, une armée menée par un homme se prenant pour un dieu. Vaelin découvre alors que Sherin, son amour perdu il y a longtemps, est leur captive. 

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Chronique : Après la trilogie blood song qui a fait sa renommée dans le milieu de la fantasy littéraire, Anthony Ryan revient avec une nouvelle saga qui prend à nouveau place dans le royaume unifié.
Un seul objectif semble avoir motivé l’auteur pour cette nouvelle saga, l’efficacité. La fantasy militaire n’a plus de secret pour lui, il sait comment mener sa barque pour captiver le lecteur pendant 500 pages. Alors certes cela manque un peu d’originalité, on y retrouve tous les ingrédients traditionnels de ce genre de saga, un peuple guerrier assoiffé de conquête, un chef de guerre ambitieux et égocentrique, sans oublier le mal ancien mais encore mystérieux qui tire les ficelles dans l’ombre. Rien de bien original en somme, David Gemmel et James Barclay on déjà contés des histoires similaires il y a quelques années déjà. Mais ce n’est pas parce que la recette est connue que le plat n’en est pas moins agréable en bouche.

Le royaume unifié ayant déjà été le théâtre de la saga précédente, les héros, que les lecteurs familiers de cet univers retrouveront avec plaisir, embarquent pour un nouveau continent largement inspiré par la Chine antique. Les nouveaux lecteurs peuvent cependant se lancer sans crainte dans la lecture de ces chroniques d’un voyage en Orient car l’auteur prend le temps durant les premiers chapitres de résumer l’intrigue de ses précédents ouvrages. Concernant le voyage en lui-même le choc des civilisations aurait pu être accentué notamment en évoquant les traditions culinaires par exemple ou les rapports hommes-femmes qui ont l’air d’être complexes.


Mais il ne s’agirait pas d’oublier que nous avons affaire à un saga de fantasy militaire et qui dit militaire dit bataille, combat et tripaille. Sur ce point là ce premier tome ne déçoit pas, ça tranche, ça entaille, ça perfore, ça découpe plus vite que le lecteur ne peut tourner les pages. Le dernier tiers du livre est consacré à un siège qui rappellera à tous ce que le mot épique signifie. Sans doute la partie du récit la plus immersive, même si, bien entendu, l’histoire principale stagne un peu durant cette bataille rangée.

Le fait de ne pas avoir encore lu la saga Blood song m’a empêché de pleinement apprécier le système de magie qui suit ses propres règles complexes à base d’immortalité, de chant magique capable de prouesses, de dons faisant penser aux superpouvoirs de certains héros de comics et de pierres antiques aux capacités encore brumeuses. mais cette absence de référence ne m’a pas empêché de me passionner pour la quête désespérée de Vaelin Al Sorna.

En l’état ce premier tome de Raven blade fait office de divertissement plaisant mais manquant un peu d’originalité. Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur parvienne à trouver un équilibre entre l’enchantement du voyage dans des contrées inconnues et l’action frénétique et sanglante.

Note : 9/10

 

  • Broché : 504 pages
  • Editeur : Bragelonne (17 juin 2020)
  • Collection : Raven Blade (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028104214

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Laisse moi entrer de John Ajvide Lindqvist / bragelonne terreur / 11 mars

Résumé: Oskar a 12 ans et vit avec sa mère dans une banlieue glacée de Stockholm. Solitaire et discret, martyrisé au collège, Oskar n’a d’yeux que pour sa nouvelle voisine. Elle est si différente ! La petite fille ne sort que le soir, ne craint ni le froid ni la neige, et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable. Oskar trouvera en elle un écho à sa propre solitude et ils deviendront vite inséparables. Mais que penser des meurtres et disparitions inexplicables qui se multiplient dans le quartier depuis son arrivée ?

Chronique: C’est par son second roman Le retour des morts que j’ai découvert Lindqvist et je garde un assez bon souvenir de cette lecture. J’avais trouvé sa relecture du mythe des morts-vivants, sous un prisme social, intéressante malgré quelques longueurs. C’est pourquoi je me suis lancé dans la lecture de son tout premier roman confiant dans ses talents.

Hors les longueurs c’est vraiment la seule chose que je retiens de cette nouvelle itération sur le thème du vampire. Sa vision du vampirisme n’apporte rien d’original. À sa décharge notons qu’il devient vraiment difficile de proposer quelque chose d’original sur ce thème. Cela étant dit cela n’excuse pas les errances de l’intrigue.

L’auteur multiplie les personnages avec leur propres arcs scénaristiques, non seulement ceux-ci se relèveront peu passionnants et sans véritables liens avec l’intrigue principale. L’aspect social est primordial dans ce premier récit de l’auteur suédois. La société suédoise des années 80 n’avait pas l’air d’être des plus reluisantes tant l’auteur insiste sur la misère sociale. Malheureusement il ne parvient pas à créer de l’empathie pour ses personnages que ce soit Tommy et sa crise d’adolescence sans relief ou Lacke et sa bande d’amis qui prennent une place trop importante alors que le véritable personnage de cette partie du récit est Virginia, qui n’est pas assez mise en avant pour que l’on ressente suffisamment d’empathie pour son sort.

À côté de ses digressions sans saveur, la relation entre Oskar et Eli est censée portée le récit. Oskar, personnage principal du roman, est crédible dans son rôle de tête de turc mais l’évolution du personnage est bancal, tantôt courageux et prêt à régler ses comptes avec ses tourmenteurs, tantôt passif comme si l’auteur ne parvenait pas à choisir comment faire évoluer son personnage. Quant à Eli son personnage est nimbé de mystère durant la majeure partie de l’histoire ce qui n’aide pas à créer une osmose entre ces deux parias. La révélation de ses origines arrivent trop tard et de manière trop succincte pour relancer le récit.

Une lecture assez mitigée donc et ce n’est pas la fin précipitée et narrée de manière maladroite qui va arranger les choses.

Note : 6/10

COLLECTIONL’Ombre
NOMBRE DE PAGES600
ISBN979-10-281-0345-3
TRADUCTEURSCarine Bruy

Calame, T1 : Les Deux Visages /11 mars 2020 de Paul Beorn

Après un an de guerre civile au royaume de Westalie, une rébellion est écrasée dans le sang au cours de l’assaut contre la capitale. Son chef légendaire, Darran Dahl, est tué dans un affrontement avec le roi lui-même et ses partisans sont jetés au cachot.

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Chronique: La production française en matière de littérature d’heroic fantasy est encore trop rare pour ne pas se permettre de souligner la sortie d’une nouvelle saga qui s’inscrit dans la lignée des meilleures productions du genre.

C’est en nous contant la défaite de ses héros que l’auteur a décidé de débuter son périple. Un choix original qui installe d’emblée un suspens insoutenable et nous fait rentrer dans le vif du sujet. Même si le récit s’installe progressivement dans une narration plus classique, ce parti pris de faire commencer sa saga par ce qui est souvent la fin dans d’autres saga reste bien trouver et accrocheuse.

L’idée d’un témoignage en vue d’écrire l’histoire des vainqueurs et une idée ingénieuse qui permet d’une part de prendre conscience des jeux de pouvoirs qui se mettent en place en coulisses et d’autres part à permettre au lecteur de s’immerger dans cet univers à travers des chapitres flash-back.

Le récit au passé prend une place de plus en plus importante et constitue la pièce maîtresse du récit. On assiste à la naissance d’une légende et d’une rébellion. La plume de l’auteur est rythmée et parcourue d’un souffle épique qui empêche le lecteur de reposer l’ouvrage. L’auteur devra forcément trouver une formule pour faire coïncider ses deux récits mais ce premier tome laisse présager du meilleur.

La seule chose qui me semble encore un peu perfectible, une fois la dernière page refermée, est le système de magie et de pouvoir. L’auteur va devoir détailler les différences entre les gottaran et les midaran afin de consolider son univers.

Un premier tome prometteur qui laisse envisager le meilleur pour la suite.

Note: 9/10

 

  • Poche : 552 pages
  • Editeur : Bragelonne (11 mars 2020)
  • Collection : Calame (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028107734

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Zombie Story, T1 : Zombie Island (11 Mars 2020) de David Wellington

À la suite d’une catastrophe mondiale les pays les plus développés sont envahis par des hordes de zombies cannibales. Seules quelques enclaves subsistent, en Somalie notamment. À la recherche d’un remède au virus, un groupe d’adolescentes surarmées, menées par un vétéran, se rend à New York.

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Chronique : David Wellington s’est fait spécialiste de la réécriture de mythe moderne. Je garde un excellent souvenir de ma lecture de Positif, son précédent ouvrage sur les zombies et la fin du monde. Visiblement il n’avait pas encore tout dit sur le sujet.

Dès les premières pages il est évident que l’auteur a voulu écrire la série B, ou Z comme vous voulez, ultime. Il convoque tous les ingrédients pour faire du premier tome de cette trilogie un concentré d’action pure sans aucun temps mort. On retrouve donc le personnage principal obligé de se lancer dans une quête périlleuse par amour de ses proches, en l’occurrence sa fille, ainsi que la bande de guerrières déchaînées et armés jusqu’aux dents. Le personnage de Dekalb est un digne héritier d’Ulysse, c’est à dire un héros sans force physique particulière, un peu lâche et qui devra apprendre à compter sur son intellect et sa débrouillardise pour espérer se sortir vivant de cette morgue à ciel ouvert qu’est devenue New York.

Lui et Gary sont les deux seuls personnages qui disposent d’un réel développement. Le récit étant essentiellement concentré sur l’action. Comme dit plus haut, le récit ne souffre d’aucun temps mort et l’intrigue, une fois que l’on a accepté son côté fantastiquement loufoque, offre de sacrés moments de suspens et de déferlements d’adrénaline.

L’action culmine jusqu’à un final dantesque dans central park et une fin ouverte qui ne laisse qu’une seule interrogation, celle de savoir comment l’auteur va orienter la suite.

Un récit a dévorer pour tous ceux qui cherchent un exutoire facile d’accès. Une série B sanglante qui ne prétend pas être autre chose et c’est exactement ce que l’on attend d’elle.

Note : 8,5/10

 

  • Poche : 416 pages
  • Editeur : Bragelonne (30 mai 2013)
  • Collection : FANTASTIQUE
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2811210563

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Nous sommes Bob, T3 : Tous ces mondes (13 mars 2019) de Dennis E. Taylor

Le quotidien d’un vaisseau interstellaire intelligent devrait vraiment être plus fun. Pourtant, depuis qu’ils se sont éparpillés dans l’espace, Bob et ses clones ont toujours des ennuis.

Certes, ils ont établi assez de colonies extrasolaires pour empêcher l’extinction de l’humanité. Mais les querelles politiques ont la vie dure, et des sondes brésiliennes essaient encore d’éliminer toute concurrence. Sans parler du conflit avec une espèce extraterrestre technologiquement plus avancée, dotée d’un grand appétit et d’un caractère explosif.

Désormais les Bob doivent se préparer à une bataille décisive pour défendre les leurs. Ils vont avoir besoin de toute l’aide possible… or deux Bobs de la huitième génération ont fait une trouvaille dans l’espace profond. Une découverte qui pourrait sauver la Terre et peut-être l’humanité tout entière…

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Chronique : Et nous revoilà avec le troisième et dernier volume de la trilogie geek de Dennis E. Taylor. L’auteur parvient-il à conclure dignement sa saga spatiale ? C’est ce que nous allons voir.

Ce troisième volume se veut plus terre à terre que les précédents. L’exploration spatiale laisse place aux multiples colonisations par les humains des planètes découvertes par les Bob. Les intrigues se font plus humaines, plus sentimentales aussi, et cela n’est pas pour me déplaire. J’ai toujours trouvé que l’auteur s’en sortait mieux dans les interactions de Bob avec les humains que dans les scènes se déroulant dans l’espace. N’allez pas croire pour autant que l’on s’ennuie à la lecture de cet ultime tome. On a droit à une rébellion sur une planète aquatique, l’évacuation des derniers terriens et les premières guerres claniques. Les réunions de Bob et sa multitude de clone, les fameux grands raouts, sont toujours un délice de lecture. L’auteur conclue ici les intrigues débutés dans le premier volume tout en développant la mentalité des Bob, I. A. immortels destiné à survivre à cette humanité qu’il a sauvée de l’extinction.

Le côté space-opéra de la saga refait surface de manière plus sporadique, à l’occasion d’une bataille contre un ennemi de la première heure mais surtout face aux grand ennemis que sont les Autres, cette race insectoide qui moissonne les mondes pour piller les matières premières. Contrairement au précédent volume où je trouvais les batailles spatiales plutôt brouillonnes, celles décrites dans ce tome apparaissent beaucoup plus lisible et mettent toujours en avant l’ingéniosité des Bob.

En trois tomes l’auteur à livrer une saga qui est un hommage à la culture geek. Bob et son bataillon de clones, qui ont surmonté tous les obstacles avant tout avec leurs cerveaux, sont les équivalents de ces icônes pop immortelles, issues du cinéma ou de la bande dessinée, qui ont bercé, et continue à bercer, notre imaginaire.

Note : 8/10

 

  • Broché : 351 pages
  • Editeur : Bragelonne (13 mars 2019)
  • Collection : Bragelonne SF
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028106973

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Block 46 de Johanna Gustawsson

Résumé : Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie… En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944. Johana Gustawsson vit à Londres, avec son fils et son mari.

Chronique : Contrairement à ma lecture précédente, dont vous pouvez retrouver la chronique plus bas, celle-ci a mal commencé. Les personnages sont inconsistants et malgré le fait que l’enquête se déroule sur deux pays différents à aucun moment on a l’impression d’être à Londres ou en Suède. Je vais éviter de m’étendre sur les chapitres où le narrateur semble aussi être l’assassin vous savez dorénavant ce que j’en pense.

J’entamais donc ma lecture avec difficulté. L’enquête piétine pendant les deux cents premières pages et seuls les chapitres se focalisant sur les camps de la mort revitalisent le récit par l’horreur mortifère qu’ils amènent.

J’étais tellement lassé de la construction du récit que je ne m’attendais plus à rien de la part de l’œuvre. Aussi lorsque tombe la révélation finale j’avoue avoir été surpris, L’auteure est parvenue à me prendre à mon propre piège de lecteur désabusé. Mais d’autres ne s’y laisseront peut-être pas conter.

Cependant malgré ce retournement de situation bienvenue, le style générique de l’auteure ne m’accroche pas suffisamment pour que j’ai envie de découvrir le reste de ses ouvrages.

Note :6/10

Éditeur Bragelonne
Date de publication 21 octobre 2016
Langue Français
Longueur du livre 480
ISBN-10 2811218297

L’interview de Serge Brussolo pour la sortie de ANATOMIK le 13/11/2019

Avec la parution du nouveau livre de Serge Brussolo aux Éditions Bragelonne voici une interview en 18 points avec le maitre français souvent comparé à Steven King.

Achat du livre : https://amzn.to/33D7Hls

Site de Serge Brussolo : https://brussolo-serge.pagesperso-orange.fr/

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L’interview de Serge Brussolo

1 : Que diriez-vous pour convaincre que l’histoire que vous écrivez est intéressante, importante et utile ?

Cela fait quarante ans que je publie, j’ai mes lecteurs fidèles, je pense que je n’ai pas à les convaincre que ce que j’écris va les intéresser, ils me font confiance. C’est du moins ce qui ressort des réactions que je reçois. Ils aiment le style d’histoires que je raconte, ils savent à quoi s’attendre. J’écris pour eux. Je n’ai jamais cherché à m’attirer un public généraliste, ce qui m’obligerait à faire trop de concessions. Certains éditeurs m’y ont encouragé, certes, mais ça ne me convenait pas. Le réalisme n’est pas mon élément naturel.

: À partir de quand le passé devient-il assez vieux pour être de l’histoire ? L’humain (dans le récit) pourquoi est-il un animal qui trébuche vingt fois sur le même caillou ?

La notion de passé est très relative. Quand j’évoque devant un jeune homme les événements de 1968 ça lui paraît aussi lointain que les Croisades ou la Guerre de Cent ans, or pour moi c’était hier. Einstein a écrit quelque chose à ce propos, je crois. L’homme ne tire jamais les leçons de l’expérience, il recommence perpétuellement les mêmes erreurs, c’est comme ça depuis la nuit des temps, et il en ira ainsi jusqu’à ce qu’il détruise la planète. Ce qui évolue, en revanche, ce sont les outils de destruction dont il dispose.

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3 : Comment démêler le vrai du faux dans les récits écrit pour un public qui dans son premier abord ne cherche pas un livre dit réaliste ?

Si l’on commence à se poser ce genre de question, on se gâche d’emblée le plaisir de la lecture ! Le lecteur doit jouer le jeu, se laisser prendre au piège du récit, s’abandonner au rêve, sinon ce n’est pas la peine d’ouvrir un roman, mieux vaut lire des traités de sociologie ou de mathématiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines personnes détestent les romans et les jugent inutiles.

4 : Est-il nécessaire d’avoir des connaissances solides dans un sujet pour arriver à en faire un livre ? La confiance que le public accorde à vos récits est-elle dangereuse ?

C’est sûr qu’il est préférable de ne pas dire de conneries dans un contexte réaliste, mais ce n’est pas tellement le domaine dans lequel j’évolue. La Fantasy ne prête pas le flanc à ce genre de critique. Maintenant, si l’on écrit un roman historique, il est préférable de savoir de quoi on parle. Cela dit, je ne vois pas en quoi raconter comment était fabriquée une armure peut s’avérer dangereux… A moins que le lecteur ne s’improvise forgeron ! Mais là cela relève de la bêtise. Il y toujours des esprits faibles, si l’on se met à censurer les livres à cause d’eux, on n’écrit plus rien.

5 : Que pensez-vous  de la multiplication des romans dits best-sellers ces dernières années ?

Les best-sellers ont toujours existé, ça n’a rien d’un phénomène nouveau. C’est le public, les médias et la publicité qui les fabriquent. Ils correspondent à une attente du public à un moment donné. Ils obéissent à un effet de mode, ainsi qu’à un certain conformisme, ce qu’on surnomme « l’effet moutonnier ». Puis le temps passe, et la plupart d’entre eux sont oubliés.

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6 : Voyez-vous le livre dématérialisé comme l’avenir de l’éducation et de l’information, et devrait-il donner plus de visibilité aux jeunes lecteurs ?

Il ne faut pas se leurrer, en tant que grand défenseur (et utilisateur) du ebook, j’ai pu me rendre compte qu’on se heurtait à une terrible résistance du public. Aux USA, le livre dématérialisé fonctionne très bien, il représente le quart des ventes totales du pays. En France, hélas, ce support ne prend pas, on est à peine à 4%.  A l’heure actuelle il est impossible de prévoir si le ebook a la moindre chance de survivre. Il faudrait que le jeune public s’y mette sans tarder car sinon les éditeurs laisseront tomber. Certains n’y croient déjà plus et se montrent très pessimistes. En ce qui me concerne, les ventes dématérialisées représentent 10% des ventes totales.

7 : L’idéologie a-t-elle sa place dans le récit ?

Chaque auteur à ses convictions, l’empêcher de les exprimer relèverait de la censure. C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe avec la généralisation du « politiquement correct », des choses ou des mots qu’il ne faut ni prononcer ni évoquer… Maintenant qu’on soit d’accord ou pas avec les idées de l’auteur relève d’un autre débat. Il convient de se méfier de la pensée unique.

8 : Que pensez-vous du travail de Stephen King qui vous est souvent comparé?

Je connais mal Stephen King, je n’ai lu que deux romans : Salem et Shining. Son fantastique n’est pas le mien, il est très ancré dans le réalisme, ce qui n’est pas mon cas. Je préfère le franc délire, les frontières qu’on repousse, voir jusqu’où on peu aller trop loin. 

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9 : Est-il conseillé de juger un roman en s’appuyant sur nos mœurs actuelles ? Peut-elle se transformer en propagande ? 

Encore une fois tout cela est très relatif. La notion d’admiration est toujours tributaire d’un moment historique. Au XIXe siècle on trouvait tel ou tel roman génial, aujourd’hui on estime que ces mêmes oeuvres sont des bouses et leurs auteurs de gros nuls… Il en ira de même pour notre période. Les « grands » auteurs d’aujourd’hui passeront probablement pour des has been dans trois ou quatre décennies… en admettant qu’on lise encore!

10 : Selon vous, est-ce que la science-fiction nous permet de réfléchir à un futur plus ou moins proche et d’éviter ainsi de potentiels dangers ? dixit votre nouveau roman « Anatomik »

C’était, à l’origine, le but de la SF, à travers une métaphore de faire la critique de nos sociétés. Tous les auteurs n’ont pas suivi cette voie, et le genre a peu à peu évolué vers la simple distraction. Dans les livres qui me passent entre les mains, je détecte souvent une idolâtrie excessive de la technique. Une vénération de la Science qui confine à la religion. Ce manque de recul critique me gêne un peu.

11 : Que pensez-vous du paysage de la littérature dite de genre actuel et de son évolution ?

Pas grand-chose car j’en lis très peu. Je suis gêné par le formatage des genres comme le thriller qui ne nous présente plus guère que des histoires de serial killer, et cela depuis plus de vingt ans! ça m’ennuie, et ça a grandement contribué à m’éloigner du genre.`

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12 : Existe-t-il une concurrence entre les auteurs ?

Concurrence je ne sais pas, mais une grosse jalousie, oui c’est sûr, en dépit des grandes claques dans le dos que s’envoient les écrivains. Dès qu’on a le moindre succès, on devient un concurrent, et c’est mal vu.

13: Sont-ils plus suivis pour leur personne que pour leur contenu ?

Non, les auteurs ne sont pas des stars de cinéma. L’écriture reste un métier obscur, qui n’a rien de glamour ni d’excitant aux yeux de la plupart.

14 : L’argent nuit-il au métier ?

Etant donné le faible pourcentage des droits que touchent la plupart des auteurs j’aurais plutôt tendance à reformuler la question en « Le MANQUE d’argent nuit-il au métier? » Rappelons que 90% des écrivains sont obligés d’exercer un autre métier pour survivre. Les médias ne cessent de mettre en avant les auteurs fortunés, mais ils oublient de préciser que ces rares privilégiés sont extrêmement peu nombreux.

15 : Combien de temps passez-vous à écrire et quel sont vos loisirs extérieurs ?  

 Ecrire est pour moi un plaisir, donc un loisir à temps complet. La durée d’écriture dépend du livre, de l’humeur, des événements extérieurs. Trouver les idées peut prendre plusieurs années, l’écriture du manuscrit deux ou trois mois pour le premier jet, viennent ensuite les corrections. Il n’existe pas de règles. J’ai écrit certains roman en dix jours (comme Simenon) d’autres en un an, voire davantage.

16 : Malheureusement le cinéma et vous ne vous êtes pas donné rendez-vous, mais êtes vous cinéphile ?  Quels sont les films et séries que vous aimez ?

Je ne considère pas le cinéma comme une promotion, donc le mot « malheureusement » est de trop. Je n’ai aucun regret, mais plutôt un certain soulagement. J’ai refusé beaucoup de propositions parce que je ne voulais pas voir mes romans massacrés. Les scénarios qu’on me présentait étaient le plus souvent absurdes ou sans aucun rapport avec le livre.

Je n’ai rien d’un cinéphile, je reste un homme du livre. Pour moi, le cinéma est une aimable distraction, rien de plus, ça ne me passionne pas. Si je « regarde » une série, c’est d’un œil distrait, la plupart du temps en faisant autre chose.

17 : Comment voyez-vous votre avenir dans les prochaines années ?

A mon âge il est conseillé de ne pas faire de projets, mais plutôt de profiter de l’instant présent.

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18 : Pouvez nous donnez des indices sur vos prochaines sorties et où en sont vos projets jeunesses comme Peggy Sue où Elodie ?  

Les prochaines sorties sont sur mon site perso, dans les mois qui viennent je compte me focaliser sur l’auto-édition numérique (gratuite) pour des raisons de liberté d’écriture. Les contraintes éditoriales me sont devenues insupportables.  Je n’écris plus d’ouvrages « jeunesse » depuis presque dix ans. Ce cycle était lié à un éditeur, Olivier Orban chez Plon, qui me laissait toute liberté d’écriture (qu’il en soit remercié!) Je ne suis pas certain qu’aujourd’hui on me permettait d’écrire ce genre de texte, donc je préfère m’abstenir, je n’ai pas envie de batailler contre la censure, j’ai passé l’âge.

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Nous sommes Bob volume 2 : Nous sommes nombreux de Dennis E. Taylor

Résumé : Bob Johansson et ses copies ont désormais quitté la Terre depuis quarante ans, et sont à la recherche de nouvelles planètes habitables. Mais c’est la seule partie du plan encore viable. Une guerre globale a éclaté, éliminant 99,9% de l’espèce humaine. Un hiver nucléaire rend progressivement la Terre inhabitable. Un groupe d’extrémistes souhaite finir le travail et supprimer ce qui reste de l’humanité. Les sondes brésiliennes sont encore en activité et continuent à vouloir écarter toute concurrence. Et les Bob ont découvert une espèce capable de voyager dans l’espace qui considère toute forme de vie comme de la nourriture…

Chronique : La lecture du premier volume de la trilogie m’avait enthousiasmé grâce à son concept original et son style lui permettant d’introduire des concepts propres à la science-fiction de manière abordable.

Ce second volume confirme la place de la saga dans la longue histoire de la science-fiction. Une place à part tant l’auteur cultive un style léger et humoristique, en témoigne les nombreuses références à la culture pop, au détriment du style épique qui est de mise le plus souvent dans ce genre de récit. Un choix qui sert le plus souvent l’intrigue dans le bon sens, il est toujours amusant de lire les réactions des I. A. que sont devenus les bobs face aux dérives humaines. Le revers de la médaille est que l’auteur a bien du mal rendre palpitantes les différentes confrontations spatiales qui parsèment son œuvre. d’autant plus que ces lors de ces passages que l’auteur multiplie les termes techniques qui, à titre personnel, ne me parle pas.

Les chapitres les plus intéressants sont ceux où Bob et ses nombreux clones explorent l’espace et se prêtent à des études anthropologiques sur des espèces extra-terrestres. Chapitres durant lesquels Bob se rapproche le plus du concept d’humanité, le voir interagir et trouver une solution à chaque nouvel obstacle rencontré est vraiment plaisant.

L’histoire, éclatée entre différentes versions de Bob, espacé de plusieurs années-lumière, propose de nombreux rebondissements. Pourtant on ne ressent jamais de réelles difficultés pour les bobs. Ces immenses ordinateurs réfléchissant à la vitesse de la lumière trouvent très vite des solutions à tous les problèmes, empêchant ainsi la création d’un suspens haletant.

Malgré ses légers défauts la lecture de cette saga reste un plaisir de lecture agréable et distrayant.

Note : 8/10

Éditeur Bragelonne
Date de publication 12 septembre 2018
Langue Français
ISBN-13 979-1028111427