Rusty puppy de Joe R. Lansdale, osez monter sur le ring

Si vous êtes amateurs de la langue anglaise vous savez que rusty puppy se traduit par chiot rouillé. Quel titre étrange pour un polar mettant en scène deux détectives privés dans un texas qui étouffe sous la poussière et les tensions raciales. Un titre qui interpelle et qui finira par avoir une explication et croyez-moi les seuls chiots dont vous allez entendre parler dans ce récit sont purement fictifs car seules les molosses les plus hargneux parcours les rues de Camp rapture.

ROUND D’OBSERVATION

Les intrigues de Lansdale ne sont pas d’une surprise renversante, on peut même dire que dans cette dernière enquête de Collins et Hap en date l’intrigue est un peu cousue de fil blanc. Elle se laisse suivre avec plaisir mais elle ne va pas vous retourner le cerveau et vous faire confondre le nord et le sud.

L’atmosphère n’est pas non plus la plus étudiée que j’ai eu l’occasion de goûter. La faute est un manque d’approfondissements dans le background de la ville et du texas en général. La ségrégation et les tensions raciales sont bien présentes mais le contexte n’est pas détaillé, ça manque de corps. Et oui vous avez bien lu j’ai parlé de ségrégation, si elle n’est plus institutionnalisée à travers un ensemble de lois immondes elle est pourtant toujours présente dans les faits. C’est toujours étrange pour un Français comme moi qui a l’habitude d’une certaine mixité sociale mais le quadrillage des quartiers selon la couleur de peau est une réalité aux U.S.A, il suffit de voir le chapitre relatant l’arrivée de Hap dans la cité ghetto de camp rapture pour se rendre compte comment cette séparation des quartiers et des races est culturelle dans ce pays. C’est peut-être juste un détail mais moi ça me sidère.

QUE LE COMBAT COMMENCE

Pour en revenir à nos molosses si l’intrigue n’est pas la plus surprenante ni l’atmosphère la plus dense, qu’est-ce qui fait la force de ce récit ? Deux choses, les personnages et les dialogues. Les personnages principaux sont immédiatement attachants, leur duo fonctionne à merveille et les voir échanger punchlines après punchlines est un délice. Les dialogues sont de pures morceaux de bravoure me faisant parfois penser aux dialogues qu’affectionne Quentin Tarantino dans ses films, en plus concis évidemment.

Des dialogues qui s’apparentent à match de boxe où toutes les règles sont abolies. Toute l’intrigue est construite de cette manière, uppercut, contre, direct du droit, l’auteur ne vous laissera pas souffler avant la dernière page et un final à la hauteur de son talent de boxeur narratif.

Les pages de ce polar sont un ring dans lequel l’auteur n’a pas fini nous faire danser. Voilà pourquoi Joe R. Lansdale est un grand nom du polar malgré ce que ces intrigues pourraient nous laisser penser de prime abord.

Résumé: Hap Collins, plouc autoproclamé, et Leonard Pine, noir, gay et républicain vétéran du Vietnam, ne sont pas les plus malins des détectives. Et ils ont une fâcheuse tendance à se mettre dans l’embarras.
Quand les deux compères se penchent sur le cas d’un jeune Noir assassiné par la police, ils mettent le doigt dans un engrenage qui les mènera jusqu’à un réseau de combats clandestins. Au cours de leur enquête, Hap et Leonard se retrouveront confrontés à des flics corrompus, des tueurs à gages sans scrupule et même à une vampire naine assoiffée de vengeance (à moins qu’il s’agisse simplement d’une gamine au caractère exécrable).
Ce n’est pas la première fois qu’ils subissent menaces, intimidations et agressions, mais que faire quand vos ennemis sont les représentants de la loi en personne ?

304 pages, 155 x 225 mm

ISBN : 9782207139592 / Gencode : 9782207139592
Code distributeur : B26825

Catégorie > Sous-catégorie : Policiers > Romans noirs

Pays : États-unis

Collection Sueurs Froides
Parution : 24-10-2019

La Bibliothèque de Mount Char (24 août 2017) de Scott Hawkins

Un dieu qui manque à l’appel. Une bibliothèque qui renferme les secrets de l’univers. Une femme, prise dans une course folle, qui perd de vue son propre coeur. Carolyn était une jeune Américaine comme les autres. Mais ça, c’était avant. Avant la mort de ses parents. Avant qu’un mystérieux personnage, Père, ne la prenne sous son aile avec d’autres orphelins. Depuis, Carolyn n’a pas eu tant d’occasions de sortir. Elle et sa fratrie d’adoption ont été élevés suivant les coutumes anciennes de Père. Ils ont étudié les livres de sa Bibliothèque et appris quelques-uns des secrets de sa puissance. Parfois, ils se sont demandé si leur tuteur intransigeant ne pourrait pas être Dieu lui-même. Mais Père a disparu – peut-être même est-il mort – et il n’y a maintenant plus personne pour protéger la Bibliothèque des féroces combattants qui cherchent à s’en emparer. Carolyn se prépare pour la bataille qui s’annonce. Le destin de l’univers est en jeu, mais Carolyn a tout prévu. Carolyn a un plan. Le seul problème, c’est qu’en le menant à bien elle a oublié de préserver ce qui fait d’elle un être humain. Avec une galerie de personnages mémorables et une intrigue qui vous réserve plus d’une surprise, La Bibliothèque de Mount Char est à la fois terrifiant et hilarant, étrange et humain, visionnaire et captivant. Un roman qui marque l’entrée en scène d’une voix nouvelle dans le monde de la fantasy.

Chronique : Ce livre est classé dans la «fantaisie contemporaine», et il faut supposer que cela devrai être le cas. C’est un romantrès particulier, dans son ambition mais aussi dans le côté horrifique, gore et malsain de certaines scènes. Ce n’est tout de même pas si souvent qu’on voit le maître de la Réalité et de toutes choses à l’oeuvre, formant douze disciples comme autant d’apôtres dévoyés, chacun maîtrisant une partie du pouvoir suprême, chacun étant tour à tour horriblement torturé s’il ne se soumet pas aux volontés de Père. Ces anciens petits américains ont été arrachés, à huit-dix ans, au monde normal, pour être conduits dans la Bibliothèque, celle qui renferme tous les secrets de l’univers.
Malgré des scènes très cruelles, un ton souvent très noir, la fin du livre vous réservera bien des surprises avec des cruautés sans fin ici. Familles psychotiques. Des machinations politiques insensées. Magie étrange. Tours étonnants. Aussi horrible que cela puisse paraître, on apprécie la lecture de ce livre! L’histoire est très attirante. Il vous emmènera et vous tiendra en otage jusqu’à ce que vous arriviez à la fin. L’auteur à une méthode pour l’horreur et la folie, et qui est ici traitée équitablement.
Bien qu’il y ait beaucoup de questions  c’est un très bon roman mais qui appel à un second tome.

Note : 9/10

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Denoël (24 août 2017)
  • Collection : Lunes d’encre

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Le Dernier Péché (1 juin 2017) de Rebecka Aldén

Vous pensiez qu’il n’existait que sept péchés capitaux ? Voici le huitième, et il est redoutable… Brillante auteure et conférencière, Nora sait convaincre son public que le bonheur et la réussite sont à la portée de chacun, pour peu que l’on s’en donne la peine. Ce bonheur, elle a décidé de le construire après son accident, survenu dix ans plus tôt lorsqu’elle est tombée du septième étage et a miraculeusement survécu. Elle vit à présent avec son mari, Frank, qui est aussi son agent, et leurs deux enfants, dans un quartier résidentiel cossu. Une fois par an, Nora organise pour tout le voisinage une somptueuse fête où elle joue à merveille son rôle d’hôtesse. Mais ce tableau idyllique est un jour bousculé par l’arrivée de Klara, qui s’installe dans la maison d’en face.

ChroniqueC’est un thriller psychologique bien écrit. Il est très facile à lire,et les chapitres sont efficace. La langue coule facilement et bien, et l’excitation … oui, l’excitation est là tout le temps! Ce livre à un début très bien écrit, et il montre que l’auteur est en train d’écrire .
Il y a beaucoup de marqueurs de temps modernes. Nora est obsédé par la façon dont elle apparaît à l’extérieur, et dans la société d’aujourd’hui, cela signifie bien sûr qu’elle dépend des médias sociaux.
Ce récit à un sens totalement maitrisé du tempo et une cohérence d’ensemble parfaite. L’auteur s’amuse à nous faire tomber de fausse piste en fausse piste, de chausse trappe en chausse trappe ; elle lézarde lentement mais surement nos certitudes, en jouant avec les indices qu’elle parsème au long des chapitres. Elle nous fait vivre aussi comme si on y était la lutte de Nora pour sa survie, avec un sens aigu du détail.
Le style d’écriture est fluide, très agréable, le vocabulaire simple mais maitrisé et rarement répétitif. La fin de ce roman est très bien trouvé. Il y a néanmoins un bon travail de recherche sur la psychologie des personnages, les dialogues selon la maturité des personnages tiennent la route.

Note : 9/10

 

  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Denoël (1 juin 2017)
  • Collection : Sueurs froides

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Obsessions (4 mai 2017) de Luana Lewis

Suicide tragique ou meurtre parfait ? Belle à se damner, mère de famille comblée, Vivien fascine les hommes autant que les femmes. Pourtant, sous les apparences se cache une personnalité rongée par les TOC. Poids, amis, famille, Vivien contrôle tout d’une main de fer. Le jour où on retrouve son corps sans vie dans Regent’s Canal à Londres, tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide. Comme si de jolis mensonges cachaient de bien vilaines réalités…

Chronique : Perdre votre enfant est la chose la plus dévastatrice possible pour quelqu’un. Rose perd sa seule fille, la police soupçonne un suicide possible. Sa fille parfaite avait tout, une maison parfaite, un mari parfait, une petite fille parfaite. Mais était-il suffisant pour le bonheur? Pourquoi voudrait-elle se tuer?
Le seul espoir de Rose dans la vie est maintenant le petit Lexi. Elle se reproduit pour le suicide de sa fille et prendre soin de sa petite-fille la rend moins coupable. Mais son beau-fils, Ben, ne pense pas que Rose soit une bonne personne pour être autour de Lexi. Il a besoin de temps pour le deuil. Ils le font tous les deux. Ou peut-être y a-t-il une autre raison pour qu’il la garde loin de sa fille?
Vivien était parfaite. Elle avait un regard étonnant, les hommes tournaient la tête après elle. Elle a toujours eu ce qu’elle voulait. Elle marchait sur les cadavres juste pour obtenir ce qu’elle voulait. Son mari, Ben, était le copain de son meilleur ami. Il n’y a pas d’amis en guerre et en amour. Elle a toujours pris soin de son apparence, se demandant toujours quelle sorte d’impression elle a laissée. Elle avait la famille parfaite, mais était-elle assez parfaite pour elle?
Rose a des doutes sur la mort de Vivien. Elle soupçonne que quelque chose se passe dans la maison où vit la famille de sa fille. Inquiet pour la sécurité de Lexi, elle commence sa propre enquête. Elle est vraiment surprise quand elle voit Cleo, l’ex-meilleure amie de Vivien et l’ex-fiancé de Ben en visite à Ben dernièrement la nuit. Quelque chose se passe.
Mais Rose est-elle prête pour la vérité, la vérité sur sa belle fille? Pour chaque parent, son enfant est parfait. L’amour des parents est inconditionnel et très souvent un parent ne peut pas voir le vrai visage de son enfant. En cherchant la vérité sur la mort de sa fille, Rose essaie de faire face à son propre échec en tant que mère. Être grand-mère est juste une tentative de réparer les choses qu’elle a malmenées depuis longtemps. Elle essaie de découvrir la vérité. Sa victime était-elle victime? Ou sa famille était-elle la victime? Qui est le véritable prédateur ici?
Le style d’écriture capture dès le premier moment. Ce roman à beaucoup du style d’écriture de Paula Hawkins. C’est une histoire brillante, avec des moments très sombres. L’auteur créé des personnages avec des masques, avec deux visages, un pour la foule, celui qui s’affiche lorsqu’il n’y a personne là-bas à regarder. Vous ne savez jamais ce qui se passe derrière les portes fermées. Nous avons juste quelques personnages ici, mais chacun d’entre eux a un squelette dans le placard. L’auteur nous empêche de deviner le récit jusqu’à la fin et, à un moment ou à un autre, on ce méfie de tous les personnages de l’histoire. Le suspense dans ce livre est presque tangible et on sent comme si on est là avec les personnages dans la salle de bain froide de Vivien ou dans sa sombre cuisine au sous-sol. À la fin, quand la vérité a finalement été révélée on est prit par surprise.

Note : 9/10

 

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : Denoël (4 mai 2017)
  • Collection : Sueurs froides

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Récidive (6 avril 2017) de Sonja Delzongle

Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah.
Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.
À New York, au même moment, Hanah qui a appris la libération de l’assassin de sa mère est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour.
Pourquoi a-t-il tué sa mère ? Quand surgira-t-il ? Quels sont ces appels anonymes ?La confrontation est inévitable.Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux ?

Chronique : Un thriller psychologique dans une ambiance du film à la Seven, voir le silence des agneaux avec un peu d’Agatha Christie modernisé. Tout est un symbole. L’exploitation qui en est faite par Sonja Delzongle nous emmène sur des chemins métaphysiques. Avec ses faux airs de ressemblance avec des films et d’autres auteurs, avec ce roman vous n’allez pas l’oublier pas une fois refermée. Plusieurs raisons à cela, d’abord la structure très bien construite et qui vous tient en haleine à chaque page qui en distillant des bribes de solutions qui s’avèrent parfois justes et d’autres fois qui vous mènent sur une fausse piste. Ensuite l’histoire est vraiment bien vue avec une intrigue originale qui évite les ressorts éculés des polars avec serials killer et meurtres en série. Enfin les personnages qui sortent là encore des stéréotypes habituels et chacun à ses propres zones troubles et n’est pas en tous les cas pas le héros de roman habituel. Pas d’hésitation, à lire d’urgence !

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 416 pages
  • Editeur : Denoël (6 avril 2017)
  • Collection : Sueurs froides

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La Fille qui lisait dans le métro (9 mars 2017) de Christine Féret-Fleury

Juliette prend le métro tous les jours à la même heure. La ligne 6, le métro aérien. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est observer, autour d’elle, ceux qui lisent. La vieille dame, le collectionneur d’éditions rares, l’étudiante en mathématiques, la jeune fille qui pleure à la page 247. Elle les regarde avec curiosité et tendresse, comme si leurs lectures, leurs passions, la diversité de leurs existences pouvaient donner de la couleur à la sienne, si monotone, si prévisible.
Jusqu’au jour où Juliette décide de descendre deux stations avant son arrêt habituel, et de se rendre à son travail en coupant par une rue inconnue ; un pas de côté qui va changer toute sa vie.

Chronique : Un livre qui fait du bien à lire. Merci à Denoël et Christine Féret-Fleury pour ce beau livre où les émotions sont décrites avec une incroyable justesse. On peut passer du rire aux larmes en un clin d’œil. Justine qui est un personnage tout en justesse qu’on essaye de comprendre mais qui semble toujours nous glisser entre les doigts mais comme le lecteur arrive dans un moment crucial de sa vie, voit s’opérer son choix de changer de vie on comprend ce  choix. Les autres rencontres que Juliette fait sont brèves mais l’auteur arrive à nous les faire aimer et surtout Soliman et son aspect mystérieux.
L’écriture est très fluide et on lit le livre d’une traite; on est face à un court roman dit : feel-good.
Tout semble tellement disproportionné dans cette histoire mais voilà ce  qui marque sa singularité ! Une grande réussite.

Note : 9/10

  • Broché: 176 pages
  • Editeur : Denoël (9 mars 2017)
  • Collection : ROMANS FRANCAIS

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The Mountain Story (23 février 2017) de Lori Lansen

Un matin d’hiver, quatre randonneurs se retrouvent dans la cabine d’un téléphérique qui les dépose en haut d’Angel’s Peak. La météo change brusquement et une tempête de neige les bloque en altitude. Bravant une contrée aussi sublime qu’inhospitalière, Nola, Bridget, Vonn et Wolf – qui ne se connaissaient pas vingt-quatre heures plus tôt – seront confrontés à une question terrible : quels sacrifices sont-ils prêts à consentir pour sauver la vie d’un inconnu?

Chronique : On ne sait pas à quoi s’attendre avec ce livre et on est heureusement surpris. En théorie, c’est un livre sur 4 personnes qui survivent 5 jours sur une montagne sans nourriture et un abri mais c’est vraiment une histoire qui va plus loin.
Wolf, un garçon de 18 ans qui a passé son enfance avec un père irrégulier, indépendant, se sent perdu et rencontre 3 femmes par hasard sur le sommet d’une montagne perdu il essaie de les aider à trouver leur chemin vers le lac secret. Les mésaventures multiples les amènent à se perdre, perdent leur nourriture et passent 5 jours en train de tenter de sortir vivant. Dans ce temps, chacun des 4 révèle des choses à l’autre et montre leur meilleur  et pire côté et vont prendre soin de l’autre et ainsi développer un lien durable.
L’histoire est écrite comme une lettre par Wolf à son fils qui était sur le point de partir pour l’université. Le fils de Wolf a toujours voulu entendre toute mais Wolf n’a jamais partagé les détails. Dans cette lettre, il explique tout et espère que son fils sera capable d’accepter la vérité. Ces personnages grandissent avec vous. Au début, il n’y a pas de lien émotionnel avec les femmes mais à la fin on à l’impression de les connaître personnellement.
La fin a été superbe, et nous prend par surprise. Mountain Story est une lecture fascinante et engageante

Note : 9/10

  • Date de parution 23/02/2017
  • Editeur Denoël
  • Collection Grand Public
  • Nombre de pages 356

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Profil bas (2 février 2017 de Nugent,Liz

« Mon mari n’avait pas l’intention de tuer Annie Doyle, mais cette petite menteuse l’avait bien cherché ». Lydia vit dans une superbe demeure dublinoise avec son mari, le très respectable juge Fitzsimons, et leur fils adolescent. Ils forment une famille unie et heureuse. Il manque juste un petit quelque chose pour que le bonheur de Lydia soit total… et ce petit quelque chose, elle est prête à tout pour l’obtenir. Même à tuer ? Comme dans Oliver ou La fabrique d’un manipulateur (Denoël, 2015), Liz Nugent nous livre les pensées les plus sombres d’un être capable de causer la perte de tous ceux qu’elle aime sans éprouver le moindre remords.

Chronique :Profil bas est un roman effrayant rempli de jeux de puissance, nauséabond de secrets où la culpabilité et la folie sont au rendez-vous. C’est la recette parfaite pour un thriller psychologique sombre et tordu. On lit ce livre d’une traite. Il nous pend du début et on ne peut pas le poser. Il est clair dès le début qu’une série de catastrophes se met en marche et qu’on est fasciné et repoussé par ce qui s’y passe. Liz Nugent a écrit une histoire impressionnante remplie de suspense et de terribles surprises.
Le style d’écriture est facile à lire avec un contraste entre la manière accessible que l’auteur écrit et les choses horribles qui se produisent dans l’histoire. On se sent fasciné et indigné en même temps. L’écriture de Liz Nugent est comme un spectacle de théâtre, elle est le maître de marionnettes qui contrôle tout et tout le monde et elle sait exactement quand elle a besoin de tirer quelle corde. Cela rend cette histoire extraordinaire.
Profil bas est un livre étonnant. C’est une histoire dont on s’en souviendra. Il y a tellement de bonté dans certains des personnages principaux, mais il y a aussi un grand mal. C’est une histoire remplie d’oppositions, de scrupules et de décisions impossibles avec beaucoup de torsions et de tours intéressants et l’auteur réussit à surprendre le lecteur encore et encore. La fin est fantastique et inattendue, créative et brillamment mise en scène. Si vous aimez le genre du policier à suspense, vous ne voulez pas manquer cette histoire.

Note : 9/10

 

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Denoël (2 février 2017)
  • Collection : POLICIER – SUSP

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SS-GB (12 janvier 2017) de Len Deighton

Angleterre, 1941. Londres est occupé par l’armée nazie. Churchill est mort, le roi George croupit au fond d’une cellule et la loi martiale terrorise le pays. Douglas Archer, commissaire à Scotland Yard, se voit confier une enquête de la plus haute importance : le Dr Spode, brillant physicien qui travaillait pour les nazis, a été assassiné et retrouvé avec d’étranges brûlures sur les bras. Et si ce meurtre était le signe avant-coureur de bouleversements autrement plus graves ? Et si le monde était sur le point de changer pour toujours ? SS-GB, un classique de l’uchronie, à (re)découvrir d’urgence !

Critique :  Aussitôt le roman commencé, on en vient à se demander où finit le fantasme et où commence la pesanteur de ce qui est tangible, incontestable, certain ? Comme dans tous ses romans, Len Deighton nous fait douter, nous entraîne dans des univers qui se croisent, se recoupent, se ressemblent, finissant parfois en forme d’impasses… Les Américains ont-ils perdu la guerre, ainsi qu’on le croit ? Ou bien une résistance s’organise-t-elle pour peu à peu sortir de l’étreinte brutale des nazis et des Japonais ? Len Deighton toujours aussi pertinent, multiplie les fausses pistes et on assiste à une mise en abyme : un roman dans le roman, qui serait la clé du mystère. l’auteur jette les pièces de monnaie à mesure qu’il écrit, et se laisse ainsi inspirer par les choix de l’oracle. Mais ce choix apparemment hasardeux ne l’empêche pas de construire un roman passionnant, structuré et rigoureux, agrémenté comme toujours de toutes sortes de petits fragments de Vie, si sentis, si intimement vécus…
En fait, ce qui caractérise cet auteur, c’est la façon qu’il a de nous toucher, toujours si sensible, si tourmentée, et excellant dans l’art difficile de transmettre la moindre vibration de son âme. Une uchronie qui n’a pas du tout vieilli, tant les thèmes qu’elle aborde sont toujours présent dans notre XXIème siècleÀ (re)découvrir.

Note : 9/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (12 janvier 2017)
  • Collection : Sueurs froides

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Troupe 52 (14 novembre 2016) de Nick Cutter

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.
Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Critique :Il est évident que ce livre est un conte horrible avec quelques scènes horribles de la violence et l’imagerie inquiétante qu’elle en dégage. Si vous n’êtes pas tolérant de ce fait, vous devriez probablement passer à un genre différent. Nick Cutter est un écrivain très bien avec une bonne mécanique et une excellente représentation de l’imagerie.  » Troupe 52″ ne se lit pas comme un livre d’un nouvel auteur . La façon dont l’auteur  utilise des documents officiels et d’ autres articles écrits pour changer le rythme de l’histoire et de donner un aperçu de l’ endroit où le parasite est originaire et ce qui se passait autour de l’île pendant le péril des personnages est original. Le style d’écriture de Cutter est impeccable. Il a un sens très vif pour la description, que ce soit lors de la gestion des émotions, le paysage, ou le gore, lui – même, et sa prose est majestueuse en quelque sorte, comme ce que vous trouverez dans la littérature britannique.  La partie centrale du livre est un peu lent, et il y avait peut être trop de trame de fond. Il est très gore, et comme d’ autres l’ ont écrit, il y a des cas de maltraitance animale.Ceci est un roman d’horreur, après tout. Il est censé être dégoûtant et faire ressortir vos émotions, et cela étant dit, si c’est ce que vous cherchez, vous êtes à la bonne place.

Note : 9/10

  • Nombre de pages  : 448 pages
  • Editeur : Editions Denoël (14 novembre 2016)

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