Latium (Tome 1) (3 octobre 2016) de Lucazeau,Romain

Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l’espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer. Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du retour de l’Homme, elle dérive depuis des siècles aux confins du Latium, lorsqu’un mystérieux signal l’amène à reprendre sa quête. Elle ignore alors à quel point son destin est lié à la guerre que s’apprête à mener son ancien allié, le proconsul Othon. Pétri de la philosophie de Leibniz et du théâtre de Corneille, Latium est un space opera aux batailles spatiales flamboyantes et aux intrigues tortueuses. Un spectacle de science-fiction vertigineux, dans la veine d’un Dan Simmons ou d’un Iain M. Banks

Critique : Un Space Opera post-apocalyptique assez dingue pour ce roman de Romain Lucazea qui nous offre un livre avec de profondes réflexions psychologiques et philosophiques inspiré par de nombreux grands-maîtres de la SF dont on reconnais la pate à la lecture = Banks, Simmons, Asimov, Clarke. L’auteur va développer une histoire qui  place des milliers d’années après la disparition de l’homme. Des intelligences artificielles dont les corps sont des vaisseaux vastes comme des petits pays – et contiennent des automates qui constituent des parties de leur personnalité et continuent de vivre en vénérant l’Homme mais parce qu’ils sont programmés. Durant la lecture on s’attache à Plautine, cette intelligence qui s’est elle aussi isolée des autres automates et a créé en son sein une version biologique d’elle-même, si proche de l’Homme, une sorte de Blade Runner . On a hâte de lire le tome 2.

 Note: 9/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (3 octobre 2016)
  • Collection : Lunes d’encre

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Jeux de vilains (25 août 2016) de Mondrup,Iben

Godhavn est une petite ville sur l’île de Disko, située à l’ouest du Groenland. C’est là que s’est installée une famille danoise avec trois enfants qui, chacun à leur manière, tentent de trouver leur place dans cette petite communauté de trappeurs. L’environnement hostile et le climat particulièrement rude ne facilitent pas leur intégration. Il y a Bjork la fille cadette, capricieuse, égoïste et solitaire, Knut le garçon vulnérable et sensible, et leur grande soeur Hilde, la prunelle des yeux de leur père. Celle-ci tombe amoureuse de Johannes, un garçon de l’île, sauvage et imprévisible. Johannes se lie d’amitié avec la famille, et se retrouve au coeur d’événements violents et inattendus. Iben Mondrup se penche sur la vie secrète des enfants, dont elle dévoile les secrets les mieux gardés et les désirs les plus inavouables avec poésie, force et émotion

Critique: L’auteure nous plonge ici dans l’intimité de trois enfants d’âges et caractères différents, déracinés de leur terre natale et contraints de s’adapter, bon gré mal gré, à cet environnement remarquablement bien décrit, rude et glacial, où la nuit règne la moitié de l’année, dans une petite ville qui ressemble plutôt à un village coupé du monde, où les animaux ne font l’objet d’aucune pitié, où les rustres habitants semblent encore très attachés à l’appartenance communautaire et où les arrivants ne font dès lors que passer. Ce texte est très fort car il nous plonge dans les petits riens de la vie qui révèlent la beauté de toute une île, nous dressons le parcours de nos trois personnages qui regroupent les paysages transcendant à la gravité des maux de chacun. Ici malgré la taille de cette île et l’isolement qu’elle procure, on retrouve les mêmes problématiques que n’importe où. le besoin d’attachement, la force de l’amitié, l’envie de parcourir le monde, de tout quitter et le rejet de l’autre car il est « étranger ». Ce roman d’apprentissage nous touche dans sa simplicité également. Ces enfants nous bouleversent car nous rappellent ce que cela fait de se sentir seul, de rechercher des amis avec qui tout partager puis la solitude quand ils nous sont arrachés !

Note : 8,5/10

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : Denoël (25 août 2016)
  • Collection : Denoël & d’ailleurs

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Arslan (9 juin 2016) de Engh,M. J.

Ancien président du Turkestan, général moitié ouïghour moitié ouzbek, Arslan a conquis le monde. Pour une raison obscure, c’est dans l’insignifiante petite ville américaine de Kraftsville, Illinois, qu’il a décidé de fêter sa victoire finale.
Dès lors, le plus important n’est pas tant qu’Arslan ait conquis le monde, mais ce qu’il va faire avec. Une perspective effrayante… quand on voit les nouvelles règles qu’il impose aux habitants de Kraftsville.
Publié pour la première fois en 1976, Arslan est l’œuvre la plus connue de l’auteure américaine M.J. Engh (elle a signé un autre roman de science-fiction remarqué : Rainbow Man). Terriblement dérangeant, aujourd’hui considéré comme un classique intemporel, Arslan continue, quarante ans après sa première publication, de susciter de violentes polémiques.

Critique :  Orson Scott Card présente « Arslan » comme un roman qui domine son époque et son genre…. et il admira comment Engh a pu créer Arslan, un personnage ignoble que vous apprenez à connaître et sympathiser avec.
Ce livre est un véritable joyau de la fiction spéculative. Le personnage central, Arslan, est peut-être l’un des personnages les plus puissants jamais créé: il est une force du mal énervant, logique, mais passionnée, mais il est incroyablement humain, voire romantique. L’objectif de Arslan est de sauver le monde. De nous. Et pourtant, il se réjouit certes dans la chasse même, la bataille. Il savoure la douleur. Il se complaît dans la perversion autant qu’il se complaît dans l’apprentissage. Il façonne la vie des gens avec sa seule présence.
L’utilisation subtile, la langue rapide mouvement d’Engh peint un chef-d’œuvre brillant qui nécessiterait de mieux le faire connaitre du public pour ses idées
. Le livre est bien écrit et quand on y pense il à été écrit en 1976
Un grand livre d’étude de caractère et de politique à découvrir d’urgence.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Denoël (9 juin 2016)
  • Collection : Lunes d’encre
  • Prix : 22 euros

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Le jour où Anita envoya tout balader (11 mai 2016) de Bivald,Katarina

L’été de ses 18 ans, Anita Grankvist s’était fixé trois objectifs dans la vie : apprendre à conduire une moto, acheter une maison et devenir complètement indépendante. Presque vingt ans plus tard, Anita est certes indépendante, mais n’a toujours pas réalisé ses deux autres rêves. Elle mène une petite vie tranquille, seule avec sa fille, et travaille au supermarché local. Le départ d’Emma pour l’université va bouleverser ce quotidien un peu plan-plan. Anita réalise qu’elle va devoir gérer quelque chose qui lui a cruellement manqué ces deux dernières décennies : du temps libre. Qu’à cela ne tienne, Anita commence à prendre des leçons de moto, se lance dans un projet impossible, apprend à connaître sa mère légèrement sénile, et tombe follement amoureuse. Finalement, n’est-ce pas merveilleux de réaliser ses rêves d’adolescence à l’approche de la quarantaine ?

Critique : Un roman feel-good de l’auteur Katerina Bivald qui arrive à recréer un petit cocon familial qui va être sur le point d’être chamboulé par le départ de la fille d’ Anita, Emma, qui quitte sa mère pour commencer ses études universitaires.
Le thème du roman est sur le départ de l’enfant pour y faire sa vie et quitter le cocon famillial et y faire leur indépendance. Ici Anita va devoir apprendre à vivre différemment, ,supporter la solitude, occuper son temps, ne pas s’inquiéter pour son enfant, ect…Cette héroïne est très originale,dans sa façon d’élever sa fille Emma qui est très drôle, ambitieuse et surtout  loyale envers ses deux meilleures amies Pia et Nesrin.
Malgré un sujet que ceratine personne peuvent ce dire que c’est un livre à faire pleurer c’est tout le contraire  c’est un roman réconfortant qu’on n’a pas envie de le lâcher et qu’on le dévore pour rester avec ses personnages attachants et émouvants. Le lieu du livre ce deroule comme un petit huis clos dans la petite ville de Skogahammar qui se compose en tout et pour tout de la maison d’Anita, de l’ Extra-market où elle travaille, et du bar où Anita et ses amies se retrouvent pour boire un verre. On y suit Anita qui nous touche dans cette nouvelle vie auquel elle ne c’était pas preparer et auquel elle tente de combler la solitude qui lui tombe un peu dessus du jour au lendemain. Un beau livre touchant de simplicité que on à du mal à lâcher et que dés la dernière page tourner on aimerai s’y replonger.

Note : 10/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (11 mai 2016)
  • Collection : GRAND PUBLIC

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Bart is back (11 mai 2016) de Soledad Bravi

L’épopée en 9 vies de Bart le Zombie Cat s’inspire d’un fait divers survenu en 2015 : à Tampa, Floride, un chat enterré depuis cinq jours est sorti de sa tombe à la stupeur de son propriétaire. Les médias se sont empressés de le surnommer Zombie Cat. Partant de là, Soledad imagine le destin de ce félin indestructible. Un destin fait de pulsions de liberté sans cesse contredites par les réalités du monde. C’est violent et lucide, avec une sorte de happy-end, of course, il faut toujours une happy-end. L’éternel recommencement, le cycle de la vie, est à ce prix.

Critique : Voici un album hors normes mais superbes dans sa composition. Tout d’abord le dessin est plein d’humour malgré certains passages qui pourront être trash on est dans un univers à la Tim Burton (la triste fin du petit enfant huître et autres histoires) et Marjane Satrapi. Le livre se divise en neuf parties, car nous savons tous que les chats ont neuf vies. Bart en aura bien besoin pour survivre au traitement cruel que lui réserve son voyage en Chine. Même si l’auteur dit à la fin du livre ne pas prendre de parti sur les pratiques culinaires en Chine on ressent que l’auteur est une défenseuse des animaux et y fait aussi la critique de ses pratiques tout en humour. Un livre à l’humour noir drôle et dur à la fois, ce court récit en neuf vies se révèle surprenant et engagé pour une histoire vraiment décalée.

Note : 9,5/10

  • Album: 128 pages
  • Editeur : Denoël (11 mai 2016)
  • Collection : Denoël Graphic

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Quand la neige danse de Delzongle,Sonja

2014. L’hiver est le plus froid que Crystal Lake ait jamais connu. Cette petite ville paisible proche de Chicago semble pétrifiée, mais la neige et le blizzard ne sont pas les seuls coupables. Depuis un mois, quatre fillettes se sont volatilisées. Les habitants sont sous le choc. Ce matin-là, Joe Lasko s’équipe pour une énième battue dans les bois gelés lorsqu’on lui dépose un paquet. Dedans repose une poupée, une magnifique poupée aux cheveux longs et roux, comme sa fille Lieserl disparue. Comble de l’horreur : la poupée est vêtue exactement comme Lieserl le jour où elle s’est volatilisée. Ce matin de février 2014, toutes les familles des fillettes vont recevoir une poupée… C’en est trop pour Joe. Ce jeune divorcé n’a plus que Lieserl dans sa vie. Il décide de mener sa propre enquête, aidé par Eva Sportis, une détective privée dont il était secrètement amoureux des années plus tôt. Eva comprend très vite que l’affaire la dépasse et appelle à l’aide Hanah Baxter, son ancienne prof de fac, la célèbre et charismatique profileuse et son inséparable pendule. Hanah réalise au fil de l’enquête que quelque part, dans Crystal Lake, quelqu’un s’en prend aux enfants depuis très longtemps. Les détient-il prisonniers ? Sont-ils encore en vie ? Un criminel maintes fois condamné semble être le coupable tout indiqué, pourtant Hanah, Eva et Joe sont persuadés que la police se trompe de coupable. Dans un décor impressionnant de froid et de glace, Sonja Delzongle mène de main de maître une histoire trépidante dont les rebondissements et les fausses pistes trouvent leur sens dans le passé et nous mènent inexorablement vers un final terrifiant.

Critique : Un autre magnifique roman policier sorti de chez les Éditions Denoël avec un livre au mystère complet ou l’auteur va nous faire entrer dès le début face à une histoire complexe autour de laquelle s’articulent des personnages énigmatiques et un drame des pires avec l’enlèvement de fillettes, le roman ne donne pas l’impression de déjà-vu. Les éléments qui viennent s’y greffer rendent inquiétante la lecture. Par l’écriture à la troisième personne l’auteur nous change le point de vue des personnages et nous fait entrer dans plusieurs flashbacks, on y découvre beaucoup de choses sans vraiment y comprendre. Sonja Delzongle nous met des fragments de réponses au fur et à mesure du récit pour être de plus en plus dérangeant, tout en gardant le suspens intact. Les thèmes abordés comme choisit comme la maltraitance des enfants, les pathologies psychologiques mettent mal à l’aise. L’auteur prend plaisir à brouiller les pistes et le choix des lieux, et la saison donnent à cette histoire un côté surréaliste. Arrivé à la fin on se prend à reprendre souffle tellement l’histoire est prenante. Un superbe livre à lire dans s’ennuyer.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 432 pages
  • Editeur : Denoël (1 avril 2016)
  • Collection : Sueurs froides

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La Loi du silence de Anita Terpstra

Alma Meester, son mari Linc et leurs enfants Iris et Sander semblent être une famille heureuse. Tout bascule lorsque Sander, âgé de onze ans, disparaît avec un petit camarade lors d’une colonie de vacances. Le corps de ce dernier est retrouvé, mais Sander, lui, semble s’être évaporé dans la nature. Cinq ans plus tard, un jeune homme se signale à un poste de police en Allemagne. Fous de joie, Alma et Linc peuvent à nouveau serrer leur fils dans leurs bras. Il affirme être Sander, le garçon disparu des années plus tôt. Pourtant les retrouvailles sont loin d’être parfaites, et la famille commence à douter. Sander est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Il a toujours été un garçon étrange, insaisissable, au comportement parfois malsain… Pour le savoir, ils devront se replonger dans un passé qu’ils préféreraient oublier afin de découvrir ce qui est réellement arrivé pendant la colonie de vacances. Dans ce récit brillamment construit, Terpstra dépeint avec empathie l’amour que porte une mère à son enfant, amour absolu et parfois aveugle.

Critique : L’histoire débute par un élèvement et le lecteur assiste à son retour avec sa familleSa mère n’a jamais cessé de chercher son enfant est folle de joie. Pour elle, le retour de son fils est synonyme de bonheur. En tant que lecteur on cherche à comprendre le pourquoi et le comment de la disparition du petit Sandler. Mais le père et la sœur aînée, ne sont pas d’accord et ont une réaction plus modérée. On est proche de la série américaine : The Family. et l’auteur construit son roman comme un film auquel on ne s’ennuie jamaisChaque chapitre donne envie de lire le suivant, il n’y a aucun moment de repos comme une chasse à la vérité nous allons de révélation en révélation et chaque personnage, chaque élément a son importance. C’est un livre fort et on est avec les personnages de bout en bout, l’écrivain nous présente une histoire écrite à la troisième personne ce qui vous met sur de fausses pistes, et qui arrivent à nous faire croire des choses sans rien dire et avec subtilité l’auteur nous donne au fur et à mesure des indices disséminés et des révélations tout au long du livre pour que l’a cette forge un fin idéal mais la vérité que l’ont pensé et la force de ce roman est cette fin insoutenable à laquelle le lecteur va vouloir reprendre le livre et se demander ce qu’il a raté. Un super roman qui ce lit d’une traite et que l’on vit comme un film.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Denoël (22 avril 2016)
  • Collection : POLICIER – SUSP

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Nom d’un chien de André Alexis

Tout commence par un pari alcoolisé entre Hermès et Apollon : si les animaux avaient l’intelligence humaine, seraient-ils aussi malheureux que les hommes ? Les deux dieux décident alors d’accorder conscience et langage à un groupe de chiens passant la nuit dans une clinique vétérinaire de Toronto. Tout à coup capable d’élaborer des raisonnements plus complexes, la meute se divise : d’un côté les chiens qui refusent de se soumettre à ce nouveau mode de pensée, de l’autre les canidés progressistes qui y adhèrent sans condition. Depuis l’Olympe, les dieux les observent, témoins de leurs tâtonnements dans ce nouveau monde qui s’offre à eux. Car, si Hermès veut l’emporter, au moins un des chiens doit être heureux à la fin de sa vie.

Critique : Sur une toile de fond fantastique sur le  pari entre les dieux d’Olympe, une quinzaine de chiens accèdent subitement à l’intelligence humaine et on suit au long de ce roman leur évolution. Ceci permet une réflexion autant sur la nature humaine qu’animale. Car, outre diverses péripéties, cette meute est aussi confrontée à une crise identitaire majeure. Les destins individuels présentés étonnent et enchantent parfois: un poète, un dictateur, un égocentrique, un philosophe, etc. La relation chienne humaine dans cette nouvelle donne change aussi radicalement. Ce livre met en lumière les côtés sombres de l’humanité, mais aussi ses qualités trop peu exploitées, et présente aussi assez bien une perspective canine quoique certains traits, de dominance notamment, soient très exagérés. Il n’en demeure pas moins que c’est une lecture très agréable qui porte son lot de questionnements.

Note 8,5/10

 

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Denoël (18 février 2016)
  • Collection : Y

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