SS-GB (12 janvier 2017) de Len Deighton

Angleterre, 1941. Londres est occupé par l’armée nazie. Churchill est mort, le roi George croupit au fond d’une cellule et la loi martiale terrorise le pays. Douglas Archer, commissaire à Scotland Yard, se voit confier une enquête de la plus haute importance : le Dr Spode, brillant physicien qui travaillait pour les nazis, a été assassiné et retrouvé avec d’étranges brûlures sur les bras. Et si ce meurtre était le signe avant-coureur de bouleversements autrement plus graves ? Et si le monde était sur le point de changer pour toujours ? SS-GB, un classique de l’uchronie, à (re)découvrir d’urgence !

Critique :  Aussitôt le roman commencé, on en vient à se demander où finit le fantasme et où commence la pesanteur de ce qui est tangible, incontestable, certain ? Comme dans tous ses romans, Len Deighton nous fait douter, nous entraîne dans des univers qui se croisent, se recoupent, se ressemblent, finissant parfois en forme d’impasses… Les Américains ont-ils perdu la guerre, ainsi qu’on le croit ? Ou bien une résistance s’organise-t-elle pour peu à peu sortir de l’étreinte brutale des nazis et des Japonais ? Len Deighton toujours aussi pertinent, multiplie les fausses pistes et on assiste à une mise en abyme : un roman dans le roman, qui serait la clé du mystère. l’auteur jette les pièces de monnaie à mesure qu’il écrit, et se laisse ainsi inspirer par les choix de l’oracle. Mais ce choix apparemment hasardeux ne l’empêche pas de construire un roman passionnant, structuré et rigoureux, agrémenté comme toujours de toutes sortes de petits fragments de Vie, si sentis, si intimement vécus…
En fait, ce qui caractérise cet auteur, c’est la façon qu’il a de nous toucher, toujours si sensible, si tourmentée, et excellant dans l’art difficile de transmettre la moindre vibration de son âme. Une uchronie qui n’a pas du tout vieilli, tant les thèmes qu’elle aborde sont toujours présent dans notre XXIème siècleÀ (re)découvrir.

Note : 9/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (12 janvier 2017)
  • Collection : Sueurs froides

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Troupe 52 (14 novembre 2016) de Nick Cutter

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.
Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Critique :Il est évident que ce livre est un conte horrible avec quelques scènes horribles de la violence et l’imagerie inquiétante qu’elle en dégage. Si vous n’êtes pas tolérant de ce fait, vous devriez probablement passer à un genre différent. Nick Cutter est un écrivain très bien avec une bonne mécanique et une excellente représentation de l’imagerie.  » Troupe 52″ ne se lit pas comme un livre d’un nouvel auteur . La façon dont l’auteur  utilise des documents officiels et d’ autres articles écrits pour changer le rythme de l’histoire et de donner un aperçu de l’ endroit où le parasite est originaire et ce qui se passait autour de l’île pendant le péril des personnages est original. Le style d’écriture de Cutter est impeccable. Il a un sens très vif pour la description, que ce soit lors de la gestion des émotions, le paysage, ou le gore, lui – même, et sa prose est majestueuse en quelque sorte, comme ce que vous trouverez dans la littérature britannique.  La partie centrale du livre est un peu lent, et il y avait peut être trop de trame de fond. Il est très gore, et comme d’ autres l’ ont écrit, il y a des cas de maltraitance animale.Ceci est un roman d’horreur, après tout. Il est censé être dégoûtant et faire ressortir vos émotions, et cela étant dit, si c’est ce que vous cherchez, vous êtes à la bonne place.

Note : 9/10

  • Nombre de pages  : 448 pages
  • Editeur : Editions Denoël (14 novembre 2016)

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Latium (Tome 1) (3 octobre 2016) de Lucazeau,Romain

Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l’espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer. Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du retour de l’Homme, elle dérive depuis des siècles aux confins du Latium, lorsqu’un mystérieux signal l’amène à reprendre sa quête. Elle ignore alors à quel point son destin est lié à la guerre que s’apprête à mener son ancien allié, le proconsul Othon. Pétri de la philosophie de Leibniz et du théâtre de Corneille, Latium est un space opera aux batailles spatiales flamboyantes et aux intrigues tortueuses. Un spectacle de science-fiction vertigineux, dans la veine d’un Dan Simmons ou d’un Iain M. Banks

Critique : Un Space Opera post-apocalyptique assez dingue pour ce roman de Romain Lucazea qui nous offre un livre avec de profondes réflexions psychologiques et philosophiques inspiré par de nombreux grands-maîtres de la SF dont on reconnais la pate à la lecture = Banks, Simmons, Asimov, Clarke. L’auteur va développer une histoire qui  place des milliers d’années après la disparition de l’homme. Des intelligences artificielles dont les corps sont des vaisseaux vastes comme des petits pays – et contiennent des automates qui constituent des parties de leur personnalité et continuent de vivre en vénérant l’Homme mais parce qu’ils sont programmés. Durant la lecture on s’attache à Plautine, cette intelligence qui s’est elle aussi isolée des autres automates et a créé en son sein une version biologique d’elle-même, si proche de l’Homme, une sorte de Blade Runner . On a hâte de lire le tome 2.

 Note: 9/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (3 octobre 2016)
  • Collection : Lunes d’encre

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Jeux de vilains (25 août 2016) de Mondrup,Iben

Godhavn est une petite ville sur l’île de Disko, située à l’ouest du Groenland. C’est là que s’est installée une famille danoise avec trois enfants qui, chacun à leur manière, tentent de trouver leur place dans cette petite communauté de trappeurs. L’environnement hostile et le climat particulièrement rude ne facilitent pas leur intégration. Il y a Bjork la fille cadette, capricieuse, égoïste et solitaire, Knut le garçon vulnérable et sensible, et leur grande soeur Hilde, la prunelle des yeux de leur père. Celle-ci tombe amoureuse de Johannes, un garçon de l’île, sauvage et imprévisible. Johannes se lie d’amitié avec la famille, et se retrouve au coeur d’événements violents et inattendus. Iben Mondrup se penche sur la vie secrète des enfants, dont elle dévoile les secrets les mieux gardés et les désirs les plus inavouables avec poésie, force et émotion

Critique: L’auteure nous plonge ici dans l’intimité de trois enfants d’âges et caractères différents, déracinés de leur terre natale et contraints de s’adapter, bon gré mal gré, à cet environnement remarquablement bien décrit, rude et glacial, où la nuit règne la moitié de l’année, dans une petite ville qui ressemble plutôt à un village coupé du monde, où les animaux ne font l’objet d’aucune pitié, où les rustres habitants semblent encore très attachés à l’appartenance communautaire et où les arrivants ne font dès lors que passer. Ce texte est très fort car il nous plonge dans les petits riens de la vie qui révèlent la beauté de toute une île, nous dressons le parcours de nos trois personnages qui regroupent les paysages transcendant à la gravité des maux de chacun. Ici malgré la taille de cette île et l’isolement qu’elle procure, on retrouve les mêmes problématiques que n’importe où. le besoin d’attachement, la force de l’amitié, l’envie de parcourir le monde, de tout quitter et le rejet de l’autre car il est « étranger ». Ce roman d’apprentissage nous touche dans sa simplicité également. Ces enfants nous bouleversent car nous rappellent ce que cela fait de se sentir seul, de rechercher des amis avec qui tout partager puis la solitude quand ils nous sont arrachés !

Note : 8,5/10

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : Denoël (25 août 2016)
  • Collection : Denoël & d’ailleurs

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Arslan (9 juin 2016) de Engh,M. J.

Ancien président du Turkestan, général moitié ouïghour moitié ouzbek, Arslan a conquis le monde. Pour une raison obscure, c’est dans l’insignifiante petite ville américaine de Kraftsville, Illinois, qu’il a décidé de fêter sa victoire finale.
Dès lors, le plus important n’est pas tant qu’Arslan ait conquis le monde, mais ce qu’il va faire avec. Une perspective effrayante… quand on voit les nouvelles règles qu’il impose aux habitants de Kraftsville.
Publié pour la première fois en 1976, Arslan est l’œuvre la plus connue de l’auteure américaine M.J. Engh (elle a signé un autre roman de science-fiction remarqué : Rainbow Man). Terriblement dérangeant, aujourd’hui considéré comme un classique intemporel, Arslan continue, quarante ans après sa première publication, de susciter de violentes polémiques.

Critique :  Orson Scott Card présente « Arslan » comme un roman qui domine son époque et son genre…. et il admira comment Engh a pu créer Arslan, un personnage ignoble que vous apprenez à connaître et sympathiser avec.
Ce livre est un véritable joyau de la fiction spéculative. Le personnage central, Arslan, est peut-être l’un des personnages les plus puissants jamais créé: il est une force du mal énervant, logique, mais passionnée, mais il est incroyablement humain, voire romantique. L’objectif de Arslan est de sauver le monde. De nous. Et pourtant, il se réjouit certes dans la chasse même, la bataille. Il savoure la douleur. Il se complaît dans la perversion autant qu’il se complaît dans l’apprentissage. Il façonne la vie des gens avec sa seule présence.
L’utilisation subtile, la langue rapide mouvement d’Engh peint un chef-d’œuvre brillant qui nécessiterait de mieux le faire connaitre du public pour ses idées
. Le livre est bien écrit et quand on y pense il à été écrit en 1976
Un grand livre d’étude de caractère et de politique à découvrir d’urgence.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Denoël (9 juin 2016)
  • Collection : Lunes d’encre
  • Prix : 22 euros

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Le jour où Anita envoya tout balader (11 mai 2016) de Bivald,Katarina

L’été de ses 18 ans, Anita Grankvist s’était fixé trois objectifs dans la vie : apprendre à conduire une moto, acheter une maison et devenir complètement indépendante. Presque vingt ans plus tard, Anita est certes indépendante, mais n’a toujours pas réalisé ses deux autres rêves. Elle mène une petite vie tranquille, seule avec sa fille, et travaille au supermarché local. Le départ d’Emma pour l’université va bouleverser ce quotidien un peu plan-plan. Anita réalise qu’elle va devoir gérer quelque chose qui lui a cruellement manqué ces deux dernières décennies : du temps libre. Qu’à cela ne tienne, Anita commence à prendre des leçons de moto, se lance dans un projet impossible, apprend à connaître sa mère légèrement sénile, et tombe follement amoureuse. Finalement, n’est-ce pas merveilleux de réaliser ses rêves d’adolescence à l’approche de la quarantaine ?

Critique : Un roman feel-good de l’auteur Katerina Bivald qui arrive à recréer un petit cocon familial qui va être sur le point d’être chamboulé par le départ de la fille d’ Anita, Emma, qui quitte sa mère pour commencer ses études universitaires.
Le thème du roman est sur le départ de l’enfant pour y faire sa vie et quitter le cocon famillial et y faire leur indépendance. Ici Anita va devoir apprendre à vivre différemment, ,supporter la solitude, occuper son temps, ne pas s’inquiéter pour son enfant, ect…Cette héroïne est très originale,dans sa façon d’élever sa fille Emma qui est très drôle, ambitieuse et surtout  loyale envers ses deux meilleures amies Pia et Nesrin.
Malgré un sujet que ceratine personne peuvent ce dire que c’est un livre à faire pleurer c’est tout le contraire  c’est un roman réconfortant qu’on n’a pas envie de le lâcher et qu’on le dévore pour rester avec ses personnages attachants et émouvants. Le lieu du livre ce deroule comme un petit huis clos dans la petite ville de Skogahammar qui se compose en tout et pour tout de la maison d’Anita, de l’ Extra-market où elle travaille, et du bar où Anita et ses amies se retrouvent pour boire un verre. On y suit Anita qui nous touche dans cette nouvelle vie auquel elle ne c’était pas preparer et auquel elle tente de combler la solitude qui lui tombe un peu dessus du jour au lendemain. Un beau livre touchant de simplicité que on à du mal à lâcher et que dés la dernière page tourner on aimerai s’y replonger.

Note : 10/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (11 mai 2016)
  • Collection : GRAND PUBLIC

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Bart is back (11 mai 2016) de Soledad Bravi

L’épopée en 9 vies de Bart le Zombie Cat s’inspire d’un fait divers survenu en 2015 : à Tampa, Floride, un chat enterré depuis cinq jours est sorti de sa tombe à la stupeur de son propriétaire. Les médias se sont empressés de le surnommer Zombie Cat. Partant de là, Soledad imagine le destin de ce félin indestructible. Un destin fait de pulsions de liberté sans cesse contredites par les réalités du monde. C’est violent et lucide, avec une sorte de happy-end, of course, il faut toujours une happy-end. L’éternel recommencement, le cycle de la vie, est à ce prix.

Critique : Voici un album hors normes mais superbes dans sa composition. Tout d’abord le dessin est plein d’humour malgré certains passages qui pourront être trash on est dans un univers à la Tim Burton (la triste fin du petit enfant huître et autres histoires) et Marjane Satrapi. Le livre se divise en neuf parties, car nous savons tous que les chats ont neuf vies. Bart en aura bien besoin pour survivre au traitement cruel que lui réserve son voyage en Chine. Même si l’auteur dit à la fin du livre ne pas prendre de parti sur les pratiques culinaires en Chine on ressent que l’auteur est une défenseuse des animaux et y fait aussi la critique de ses pratiques tout en humour. Un livre à l’humour noir drôle et dur à la fois, ce court récit en neuf vies se révèle surprenant et engagé pour une histoire vraiment décalée.

Note : 9,5/10

  • Album: 128 pages
  • Editeur : Denoël (11 mai 2016)
  • Collection : Denoël Graphic

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