Jefferson (1 mars 2018) de Jean-Claude Mourlevat

En ce radieux matin d’automne, le hérisson Jefferson décide d’aller chez son coiffeur se faire rafraîchir la houppette. Comment pourrait-il imaginer, alors qu’il arrive plein d’entrain au salon Défini-Tif, que sa vie est sur le point de basculer ? Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, le brave Jefferson, 72 cm de frousse et de courage, est jeté dans une aventure qui le mènera, pour le meilleur et pour le pire, au pays des êtres humains.

Chronique : Mourlevat nous offre avec ce récit un roman plein d’aventures, de tendresse, d’humour, d’amitiés dans laquelle l’inventivité de l’auteur est remarquable et une formidable invitation à découvrir la littérature jeunesse de qualité pour les indécis. Le ton trépidant et enlevé nous donne envie d’ aimer ….cette fable animalière et pour autant  profonde qu’elle nous touche et nous interpelle avec des thèmes universels sur la protection des animaux; drôle et féroce à la fois un livre à lire et a découvrir.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 272 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (1 mars 2018)
  • Langue : Français

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Le Mystère Jérôme Bosch (28 septembre 2017) de Peter DEMPF

Dans la lignée de Iain Pears et d’Arturo Pérez-Reverte, ce thriller érudit, qui connaît un triomphe international, entraîne le lecteur dans un jeu de piste passionnant à travers les secrets de l’œuvre de Jérôme Bosch. 2013 : Madrid. Le Prado. Le Jardin des délices, célèbre triptyque du peintre flamand Jérôme Bosch, a été vandalisé par un prêtre dominicain. Le religieux, convaincu que l’œuvre dissimule un dangereux secret susceptible de nuire à l’Église, a lancé du vitriol sur le tableau avant d’être maîtrisé par les gardiens du musée.
Restaurateur de tableaux, Michael Keie se voit confier la tâche délicate de remettre le triptyque en état. Très vite, il fait une découverte stupéfiante : à plusieurs endroits, les couches de peinture altérées laissent transparaître des symboles cachés. Avec l’aide de son collègue madrilène Antonio de Nebrija, un vieil érudit fantasque, Keie va tenter de déchiffrer ces signes étranges.
1510 : Petronius Oris arrive à Bois-le-Duc dans les Flandres pour travailler aux côtés de Jerôme Bosch. Alors que la cité est envahie par les sbires de l’Inquisition, Petronius découvre que Bosch, initié à un secret hérétique, travaille en secret à un mystérieux triptyque.

Chronique : Écrit très intéressant sur deux niveaux de temps – d’une part , ici et maintenant à Madrid, d’autre part, retombant dans le 16ème siècle. De plus, L’auteur touche une grande œuvre d’art « Le Jardin des Délices, » une image qui a toujours existé  et qui est  un matériel d’interprétation multiple en raison des vues .
L’auteur parvient à combiner des faits avec la fiction et de fantaisie, de sorte qu’une histoire de détective est liée à l’historique.
Sont particulièrement réussies descriptions d’image et leurs interprétations (possibles) -Beaux personnages, solides, attachants, et belle description du monde engoncée dans son conservatisme.
Un beau livre qui suscite la réflexion, les débats, les envies d’aller plus loin. Heureux sont ceux qui vont découvrir ce roman de belle écriture et de belle facture.

Note : 9/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Cherche Midi (28 septembre 2017)
  • Langue : Français

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Inséparables (24 avril 2017) de Elie Darco

Ballottés au gré des affectations successives de leurs parents militaires, Alec et sa soeur Beryl sont un peu livrés à eux-mêmes. Complices et inséparables, ils aiment repousser leurs limites et tenter des expériences dangereuses, quitte à enfreindre les règles de la société sécuritaire dans laquelle ils vivent. Et quand la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu de la forêt, à des kilomètres des tripots clandestins, des salles d’arcade et de toute animation, l’ennui les gagne…

Chronique : Elie Darco nous propose avec Inséparables, une lecture à destination des jeunes lecteurs . C’est un roman qui va d’ailleurs les enchanter! On retrouve tous les ingrédients qui font une excellente intrigue. Des personnages principaux attachants, une atmosphère angoissante, des adultes très étranges et un mystérieux meurtre. Difficile alors de ne pas dévorer ce roman! Elie Darco ne situe pas exactement son intrigue et laisse volontairement les pistes brouillées. Elle décrit une petite ville paumée, grise et sombre, sous la pluie. A Morran tout le monde se connaît. La forêt entoure la ville et la coupe un peu du monde. On comprend aussi que le monde dans lequel Alec et Beryl vivent n’est pas vraiment le nôtre . L’énergie est économisée. On n’écrit plus sur du papier mais sur des tablettes. L’eau, l’essence sont rationnées. Bref, cela ajoute un sentiment d’oppression. L’atmosphère pesante et mystérieuse de la ville de Morran ajoute du suspens au roman. Les personnages vont de découverte en découverte. Palpitant et bien écrit, on nous propose une intrigue bien construite, des personnages attachants, et une plume vive et dynamique que l’on découvre avec beaucoup de plaisir.

Note : 9/10

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : MAGNARD (24 avril 2017)
  • Collection : M les romans

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De sel et de sang (30 août 2017) de Denise Mina

Le Loch Lomond est profond de plus d’un kilomètre et demi par endroits. Un jour, le corps d’une jeune femme remonte à la surface. Elle a été assassinée.
Pour mener l’enquête, l’inspectrice Alex Morrow se rend à Helensburgh, une petite bourgade tranquille de bord de mer. Mais les apparences sont trompeuses et elle découvre que la ville est un lieu où se côtoient cupidité, pouvoir et soif de vengeance. L’endroit idéal pour se débarrasser de quelqu’un.

Chronique :  Si vous cherchez quelque chose de différent dans le genre de mystère criminel, ne voulant pas lire sur un cortège de crimes horribles commis par des tueurs en série, mais une histoire humaniste à propos de la plupart des personnes moyennes prises dans des circonstances qui les détournent, alors vous êtes au bon endroit avec cette série. Ce qui rend différent, c’est le temps consacré aux criminels et leur développement en tant que personnages, le lecteur voit les choses dans leurs yeux en alternant des chapitres. L’auteur les traite en tant que personnes en trois dimensions, en leur donnant autant, sinon plus, le temps de la page que les détectives.  L’écriture, comme d’habitude, est très bonne avec des études de comportement habiles construites par phrase. Il n’y a pas de stéréotypes dans cette histoire qui est un soulagement rafraîchissant. C’était une mesure du talent de l’auteur qu’elle était capable de créer des personnages sympathiques parmi ceux qui ne mérite pas nécessairement la sympathie. Et elle a fait cela non pas en montrant leur enfance tragique, mais en montrant leurs espoirs, leurs rêves et leurs luttes au quotidien, tout comme les bons citoyens de leur ville.
Si vous n’avez pas encore lu cette série, commencez au début, car il est important que vous connaissiez l’histoire d’Alex. Ce côté personnel est quelque chose que on manque dans ce livre dans lequel les criminels ont véritablement éclipsé Alex. On souhaite plus de temps avec elle dans sa vie à la maison et avec elle menant l’enquête. Elle est intelligent, cynique, ​​mais avec un coeur d’or, mais elle ne l’admettra jamais.

Note : 9/10

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Le Masque (30 août 2017)
  • Collection : Grands Formats

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Test DVD : Jeu trouble (25 juillet 2017) de Zack Whedon avec Aaron Paul, Annabelle Wallis

Claire et David vivent une idylle parfaite jusqu’au jour où Claire disparait soudainement sans laisser de traces. David part à sa recherche au péril de sa vie et découvre qu’elle n’est pas celle qu’il croyait

Chronique : Voila un titre plein de mystères pour un habile petit thriller oscillant entre «Ne le dis à personne», le best-seller d’Harlan Coben, brillamment adapté au cinéma en 2001 par Guillaume Canet et «L’homme qui voulait savoir» de Georges Sluizer en 1988. Encore une fois maladroitement titré «Jeu trouble» chez nous (pourquoi ne pas garder les titres originaux?), nous découvrons David (Aaron Paul, «Breaking Bad») et Claire (Annabelle Wallis, «Peaky Blinders»), un joli couple amoureux, dont l’histoire nous est présentée à travers des flashbacks successifs. Une vie sans histoire semble se dessiner pour notre jeune couple, jusqu’au jour où Claire disparaît sans laisser aucune trace. Le réalisateur Zack Whedon laissera à David 380 jours, (un peu plus d’une année), pour transformer un drame poignant : (la perte de l’être cher, le traumatisme de ne pas savoir, la difficile reconstruction) en un thriller prenant. Et si Claire n’était pas celle qu’elle prétend être ? Vu récemment dans l’excellent «La 9e vie de Louis Drax» d’Alexandre Aja, Aaron Paul incarne avec brio un homme fragile mais surtout déterminé à retrouver l’amour de sa vie. Annabelle Wallis (l’héroïne de «La momie» avec Tom Cruise), quant à elle, livre une excellente prestation en femme ambiguë au cœur d’une dramatique histoire où les multiples rebondissements et l’action sont proportionnels à la détermination sans faille d’un homme prêt à tout pour savoir la vérité !

Note : 8/10

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Test DVD :

Image : Sur ce dvd des détails supérieurs, des couleurs vives, un fort contraste et une absence de bruit, des bandes Ou d’autres artefacts. Des portions substantielles se jouent dans des intérieurs sombres, non seulement dans l’appartement, mais aussi les extérieurs. Alors que le manque d’illumination dans de telles scènes peut provoquer des plaintes erronées d’écrasement, un examen minutieux révèle que l’absence de détail dans certaines parties du cadre est intentionnelle. L’éclairage révèle les éléments essentiels du design visuel d’une scène, en utilisant la noirceur et l’ombre à la fois pour diriger l’oeil et pour créer de l’atmosphère.

Son : Le mixage audio 5.1  sans perte, continue de profiter pleinement de la matrice surround, ce qui place l’environnement et les effets spécifiques dans les canaux arrière pour une immersion complète avec  une gamme dynamique est large, l’extension des graves est profonde et le dialogue est clairement rendu.

Bonus : Un making off qui nous parle du film avec son réalisateurs de sa création, ses ambitions, les inspirations et les différents rôles des personnages.

  • Acteurs : Aaron Paul, Annabelle Wallis, Garret Dillahunt, Terry Chen, Zachary Knighton
  • Réalisateurs : Zack Whedon
  • Format : PAL
  • Audio : Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Néerlandais, Français
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 2.40:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 25 juillet 2017
  • Durée : 107 minutes

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L’Affaire Cendrillon (2 novembre 2016) de Mary Higgins Clark et Alafair Burke

Une ravissante étudiante, un petit ami suspect, un célèbre réalisateur de Hollywood, des millionnaires, des stars du show-biz… et un meurtre jamais élucidé.
Quel meilleur scénario pour Suspicion, célèbre série de télé-réalité qui reconstitue des cold cases avec la participation des proches de la victime ? Encouragée par l’énorme succès de son émission pilote, la productrice Laurie Moran a choisi de s’attaquer à l’« affaire Cendrillon » : l’assassinat de Susan Dempsey, une étudiante retrouvée près d’une somptueuse villa de Hollywood… étrangement chaussée d’un seul escarpin. L’émission pourrait bien faire exploser l’audimat. En braquant les projecteurs sur un coupable plus dangereux qu’on ne le pense…

Chronique : L’affaire Cendrillon, écrit à quatre mains avec Alafair Burke est un récit  palpitant et on se laisse embarquer par l’enquête et ses rebondissements Les deux auteurs connaissent très bien l’art de l’écriture et le suspense est efficace. L’affaire Cendrillon revient sur l’histoire de Susan une étudiante retrouvée assassinée à Hollywood dont l’auteur du crime n’a jamais été identifié.
Pour réaliser son émission Laurie entre en contact avec des proches de la victime. Tour à tour elle va les interroger revenir avec eux sur la nuit du crime en espérant découvrir de nouveaux éléments permettant de lever le mystère.
L’enquête est habilement menée et on se laisse prendre à l’histoire en ayant toutefois quelques doutes sur l’identité du coupable.
Un bon moment de lecture. Le livre se lit rapidement mais l’histoire est très dense. Il n’y a pas de temps mort. En bref, L’affaire Cendrillon n’est pas le meilleur livre de Mary Higgins Clarke mais son alliance avec Alafair Burke nous offre un roman policier percutant et agréable à lire avec toujours la même intensité.

Note : 8,5/10

 

  • Poche: 416 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (2 novembre 2016)
  • Collection : Policier / Thriller

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Complots au Vatican, II : La balle sainte (15 juin 2017) de Rocha,Luís Miguel

Quel est le lien entre ces événements étranges qui surviennent aux quatre coins du monde ? Un triple meurtre est commis dans la gare d’Amsterdam-Centrale, un attentat dévaste une maison en plein coeur de Londres et un vieux musulman se vantant de dialoguer avec la vierge Marie est enlevé à Jérusalem… Ajoutez à ça des prêtres espagnols voleurs de cadavres et des évêques empoisonnés aux Etats-Unis, vous obtiendrez le cocktail sanglant que la journaliste Sarah Monteiro s’apprête à déguster. Une fois de plus, elle va devoir employer toutes ses ressources pour démonter cette machination, et son enquête pourrait bien l’amener à élucider la mystérieuse tentative d’assassinat dont Jean-Paul II avait été la cible en 1981

Chronique :Second tome de Complots au Vatican  où le lecteur retrouve des protagonistes côtoyés; certains sont toujours aussi fourbes, mauvais, d’autres nous surprennent et ceux auxquels on s’était attaché restent nos préférés. Ils n’ont rien perdu de leur aura, de leur mystère et se sont même étoffés, grandissant dans leur personnalité jusqu’à devenir des « familiers ». Les particularités de chacun sont soigneusement installées à travers les chapitres et ce qui est très fort, c’est qu’on peut être totalement « baladés » même en étant hyper attentifs. Pour autant, cela ne signifie pas qu’on lise tout puis son contraire. Pas du tout, c’est beaucoup plus subtil que ça et à ce « petit jeu », Luís Miguel Rocha est excellent. Il est capable de nous persuader d’un fait, d’un choix, que nous comprenons parfaitement, prenant alors fait et cause pour celui ou celle qui l’a fait. Et puis, en deux ou trois lignes, tout s’écroule… A-t-on raté une information, un indice ? Non, même pas, on aurait pu, peut-être interpréter un renseignement différemment mais pas évident….Cette façon de faire est une grande force de ce livre car on ne sait jamais à quoi s’attendre. Le style est singulier, atypique. Le lecteur est souvent pris à témoin par des phrases où il est intégré dans un nous collectif : « Laissons , regardons, éloignons-nous … ». C’est surprenant dans un premier temps mais le rythme donne l’impression d’une balade au cœur des différents « mouvements », comme une caméra qui s‘approprie peu à peu ce qui apparaît dans son objectif. Ne croyez pas que ce soit lent et lourd, pas du tout !   Tout est méticuleusement agencé et pourtant, on n’a pas l’impression de suivre un plan prédéfini trop visible. Comme le laisse deviner le titre, on parle d’un Pape, plus particulièrement un Pape sur lequel une balle a été tirée. On retrouve également des faits réels commentés avec un autre regard. C’est un roman captivant, intéressant, bluffant, fascinant.

Note : 9/10

  • Poche: 656 pages
  • Editeur : Folio (15 juin 2017)
  • Collection : Folio Policier

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