Nos corps étrangers de Carine Joaquim, Et inévitablement nous sombrons…

Et inévitablement nous sombrons…

D’une plume raffinée, élégante mais également malicieuse Carine Joaquim nous invite à observer la déliquescence d’une famille banale en apparence. Sauf que le problème est là tout n’est qu’apparence.  Derrière le masque du quotidien de chaque personnage bout une rage d’existence qui se débat, se heurte aux autres et qui est prête à se raccrocher à n’importe quoi pour y parvenir, quitte à se faire du mal, à soi-même et aux autres.

Rarement le titre d’un roman aura été aussi juste, évocateur d’une tragédie implacable mais empreint d’une poésie discrète qui parcourt le récit. Car le thème du corps et de l’étranger sous-tend tout le roman. Maxence est prisonnier d’un corps qui échappe à son contrôle, Ritchie est un étranger sur le sol français, Maëva tente d’apprivoiser son corps d’adolescente. Sans parler des membres de cette famille qui s’ignorent sous leur propre toit tels des étrangers qui partagent pourtant le même sang.

Le récit est dotée d’une force tranquille qui rend encore plus insoutenable son dénouement. On assiste à la lente décomposition d’un corps familial. Tout espoir de réconciliation ou de renouveau est  aussitôt anéanti par l’incompréhension, la mésentente ou l’incapacité à communiquer.

Le seul bémol que je pourrais trouver au roman est une fin expédiée alors que j’aurais voulu que l’auteur insiste sur certains aspects qui frappent durement cette famille. Mais je ne peux pas lui reprocher de ne pas signé une fin honnête et dépourvue de sentimentalisme inutile.

C’est fou qu’un tel ouvrage, relativement court, à peine plus de 200 pages, laisse la part belle à temps d’interprétations, tout en brassant un cocktail d’émotions savamment dosé. Un grand et beau roman.

Résumé: Quand Elisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrou­ver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahi­sons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?

  • Éditeur ‏ : ‎ MANUFACTURE LIV (7 janvier 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 240 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2358877247
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2358877244
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 260 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 1.7 x 20 cm

Petite louve de Marie Van Moere, aiguise tes griffes ma fille

Les fauves sont lâchés

La parentalité et toutes les conséquences que le fait d’être responsable d’une autre vie que la sienne entraîne, voilà un thème qui est prépondérant dans la littérature en ce moment. La cellule familiale mise en avant par Marie Van Moere va devoir faire face à de voraces prédateurs. Reste à voir ce que cette jeune auteure peut apporter de neuf à des thèmes déjà milles fois abordés.

La famille, l’amour de ces êtres avec lesquelles on partage le même sang, l’unité, le clan que cela crée. Une fois ma lecture achevée je me suis fait d’abord la réflexion que l’auteure ne proposait rien de neuf par rapport à d’autres récits abordant ce thème riche et complexe, le récit introduit même une figure paternelle de manière fort opportune. Le duo composé par Agathe et sa fille n’offre rien d’original mais c’est parce la richesse du récit n’est pas tant dans la relation mère-fille que dans l’image de la famille même. Une image qui s’esquisse en reflet avec cette autre famille, le clan Vorstein, une meute prête à tout pour protéger les siens. Le clan Vorstein n’obéit qu’à ses propres lois et elles sont simple, tu fais saigner un membre de ma meute, je te saignerai en retour. Une loi immuable simple mais qui implique une unité familiale inébranlable. À l’opposé la famille d’Agathe est désunie, le père batifole avec une autre femme, la mère est obnubilé par son désir de vengeance et par le désir de protégé sa fille, une fille qui se referme sur elle-même. La seule unité familiale forte du récit est donc une force nuisible et implacable tandis que l’autre famille est désemparée par la situation, en fuite et incapable de faire face à ses propres failles et contradictions.

Si j’ai trouvé la relation entre Agathe et sa fille si peu développée c’est tout simplement parce que, hormis les aspects essentiels à leur survie, la mère et la fille ne savent plus se parler, Agathe se sait pas interpréter les signes qui lui sont mis sous les yeux. Une louve aveugle qui doit protéger un oisillon traumatisé. À l’opposé, comme un reflet souillé, le clan Vorstein voit, observe, scrute les ombres à la recherche de leurs proies et sait réagir en conséquence. Deux images de la famille opposé mais complémentaires. Il est nécessaire de saisir cet aspect du récit pour en apprécier la lecture.

Le récit s’ouvre sur une inhumation. Agathe accompli un acte censé clore un chapitre douloureux alors qu’elle ne fait qu’ouvrir la boîte de pandore qui va les précipités, elle et sa fille sur un chemin sanglant. En cette nuit caniculaire Agathe enterre son nemesis mais aussi la femme qu’elle était. De cette nuit de sang il n’émergera qu’une louve. D’une plume acéré que l’on ne retrouvera qu’occasionnellement au cours du récit, l’auteure sonne le cor d’une traque vengeresse.

Par la suite la plume se fait plus sobre. Elle aligne les actions banales d’un quotidien qui n’a plus lieu d’être comme pour invoquer une normalité anéantie par l’irruption des fauves. À l’image des titres de chapitres, réduits à de simples verbes comme pour mieux souligner le fait que les protagonistes de ce sombre récit en sont réduits à des actions basiques, animales, instinctives. Mais qui sont aussi des rappels incessants pour les deux fugitives de ce qui n’est plus, d’un quotidien reduit en cendre par le brasier de la vengeance.

La vengeance, le désir primaire de rendre le mal que l’on nous a fait, à nous ou à un membre de notre famille, est le second thème dont s’empare l’auteure. Elle questionne cette loi du talion en laissant le lecteur tiré ses propres conclusions. Là encore le récit propose deux images de la vengeance à travers ses personnages. Une vengeance rageuse de mère blessée, une vengeance minutieuse et élaborée sans compromis et, de l’autre, une vengeance d’honneur avec Avi et Iro qui accomplissent leur devoir parmis d’autres méfaits, tels deux prédateurs qui ne savent plus quand doit cesser la chasse. Ces deux personnages me sont apparus comme les seuls failles du récit. Tantôt fauves ivres de violences, tantôt incarnation de Laurel et Hardy qui se seraient fait meurtrier. Une volonté de l’auteure sans doute de contrebalancer ces figures de la vengeance avant l’entrée en scène d’un ultime fauve, parfait reflet d’Agathe dans ses plus sombres aspects.

Le récit s’achève sur une promesse d’une renaissance. La promesse de laisser les plaies du passé cicatrisé. Le roman noir et viscéral de Marie Van Moere n’aura pas abordé les thèmes auxquelsje m’attendais, la relation mère-fille notamment, en tout cas pas comme je m’y attendais, mais c’est sans doute la force de bons romans de nous faire emprunter des sentiers que l’on ne se préparait pas à parcourir de prime abord.

Un dernier mot pour remercier la maison d’éditions la manufacture de livres pour l’envoie de l’ouvrage.

Résumé: La Corse. C’est là qu’Agathe va fuir après avoir entassé dans sa voiture leurs bagages et annoncé à sa fille qu’elles allaient prendre quelques jours de vacances. Cette chirurgienne sans histoire vient de rendre la justice elle-même. L’homme qui avait agressé sa fille, détruit l’équilibre de leurs vies, a été relâché, et elle lui a réglé son compte, définitivement. Mais ce type au casier déjà bien chargé, avait lui aussi une famille qui a l’intention de rendre les coups. Sur les routes de Corse s’engage alors une traque à mort où les femmes et leurs poursuivants se feront tantôt proies, tantôt prédateurs.
Dans ce roman noir au rythme implacable, Marie Van Moere nous offre une sorte de Thelma et Louise débridé où une mère et une fille accomplissent une vengeance qui les conduira sur les chemins les plus obscurs.

ROMAN NOIR

19.90 euros – 272 pages

Parution le 04/03/2021

ISBN 978-2-35887-734-3

Un petit pois pour six: Histoires des Jean-Quelque-Chose (8 février 2018) de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Décidément, les six frères Jean n’en ratent pas une ! Au programme de cette année à Cherbourg : les mystérieux rendez-vous de Jean-A., le nouveau copain ceinture noire de Jean-B., un dimanche de pêche en famille et une fête des Mères que papa n’est pas près d’oublier… Sans compter une nuit passée dans une cabane perchée. Quoi de plus fastoche pour des aventuriers qui n’ont peur de rien… ou presque ?

Chronique :  Amateurs du Petit Nicolas, ce livre est pour vous!
L’histoire des Jean-quelque-chose c’est une famille de 5 garçons prénommés Jean-quelque-chose, à la fin des années 60. Raconté par le numéro 2 de la fratrie, les aventures de cette famille hors norme où le père à un humour décalé et peu de patience, la mère est très organisée et chaque frère doit se faire sa place. de bons moments, parfois un peu désuet mais qui nous parle d’un temps que les moins de cinquante ans n’ont pas connu. Entre Zorro, Rintintin et la piste aux étoiles, entre Eddy Merx et Poulidor, la même veine que Goscinny mais plus centrée sur la vie de famille, les bagarres entre frères les bonnes idées du père et l’igerence des grands-parents, sans oublier les cousins Fougasse!
On a perpétuellement le sourire aux lèvres.  Le ton employé par l’auteur est humoristique et on sent qu’il a pris plaisir à raconter sa jeunesse.
A partir de 9 ans si l’enfant lit seul, avant si un adulte lit l’histoire.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 176 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 13 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (8 février 2018)
  • Collection : ROMANS JUNIOR F

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Le rêveur (04 janvier 2018) de Ian McEwan

«Quelle merveille que de se déguiser en chat ! Peter se mit sur le dos et enfila les bras dans les pattes de devant de Guillaume. Puis il glissa tant bien que mal ses jambes dans les pattes de derrière et sa tête épousa parfaitement les contours de celle du chat. Il se redressa et fit quelques pas. Il pouvait voir ses moustaches jaillissant de part et d’autre de son visage et sentait sa queue boucler derrière lui…»Peter est un rêveur. Et vous trouverez dans ce livre quelques-unes des aventures étranges qui lui arrivèrent…

Chronique : McEwan écrit avec ce roman une prose libre, ludique et méditative dans ce livre pour les enfants et les adultes qui méditent sur ce que cela signifie d’être un enfant et sur ce que cela signifie de perdre l’enfance, mais pas de perdre son imagination. Chaque chapitre est centré sur la relation entre l’enfant solitaire et les autres personnes et créatures. La solitude, la perception et les sauts imaginatifs amènent l’enfant à combler le fossé entre lui-même et les autres. Au lieu de soupçonner que la socialisation est ce qui nous fait reconnaître les autres êtres et les autres, McEwan fait implicitement le contraire, c’est-à-dire que la compréhension des autres subjectivités est toujours un saut imaginatif, une spéculation, de sorte que l’approfondissement de l’accès à la fantaisie, aussi superficiellement isolé qu’il puisse paraître, approfondit aussi la profondeur d’un lien avec les autres l’auteur s’intéresse à notre responsabilité envers les autres et à notre désir inopportun mais inévitable de les diriger (un désir le plus évident chez un enfant qui n’ a pas appris à atténuer cette impulsion). McEwan traite également notre exploration du contrefactuel comme une forme d’accès à d’autres consciences auxquelles il pourrait être difficile de céder le contrôle ou la primauté. Cet accès à une autre conscience, qu’il s’agisse d’un chat, d’une brute de l’école ou d’un bébé, fait que le moi narcissique s’apaise en faveur de la compassion et de l’émerveillement. Les deux histoires les plus puissantes sont celle du chat et celle de l’été. McEwan nous rappele ce que c’est que de jouer sur la plage quand on est enfant, et il ne se concentre pas seulement sur la perte, mais qu’il nous rappelle aussi les merveilles et les aventures que l’âge adulte réserve à l’adulte avec son pot au noir du monde du travail. Un livre simple avec beaucoup de chaleur et de compréhension philosophique.

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 128 pages
  • Tranche d’âges: 10 – 13 années
  • Editeur : Folio Junior
  • Collection : Folio Junior

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Échange Fatal (13 septembre 2017) de Shioban MacDonald

Pour les vacances de la Toussaint, Kate et Hazel décident d’échanger leurs domiciles. Kate est irlandaise et pense qu’une semaine à New York sera salvatrice pour son couple et sa famille, qui traversent des moments difficiles. Hazel vit à Manhattan et rêve de retourner à Limerick, sur les terres de son enfance, avec son mari et leurs deux enfants. Une manière aussi de tourner la page après l’agression dont elle a été victime. Mais les vacances idylliques virent au cauchemar. Le mari de Kate se montre étrangement distant tandis que Hazel a la désagréable impression d’être en permanence épiée. Quand s’ouvre ce roman, un coffre de voiture se referme. À l’intérieur, le cadavre d’une femme…

Chronique : Echange fatal amène le lecteur nous emmène au cœur de la vie de deux familles : Oscar et Hazel Harvey aux Etats-Unis et Mannix et Kate O’Brien en Irlande. Les deux couples et leurs enfants respectifs vivent des moments difficiles pour diverses raisons et décident de changer d’air lors des vacances d’octobre par le biais d’un échange de maisons -Hazel souhaitant revenir dans sa ville natale en Irlande et les O’Brien profitant de l’occasion unique de passer des vacances de rêve dans un appartement new-yorkais.
La narration alterne les points de vue des quatre adultes, dessinant ainsi peu à peu un tableau des non-dits, des secrets, des mensonges et des tensions dans les deux familles. Les événements nous sont présentés de telle sorte que ce qui nous parait évident ne le sera plus dans les chapitres suivants. Siobhan Macdonald jouit d’un grand œil pour le rythme et l’atmosphère, en explorant les thèmes du mariage et de la loyauté, des choses que nous gardons cachées et le coût du mensonge. Une très bonne lecture qui se lit avec plaisir.

Note : 8,5/10

  • Broché: 352 pages
  • Editeur : Archipel (13 septembre 2017)
  • Collection : Suspense

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Disparition: Quelqu’un doit bien savoir ce qui est arrivé à son fils (31 mai 2017) de Carol Louise TAYLOR

Vous aimez votre famille. Vous lui faites une confiance aveugle.
Le devriez-vous vraiment ?
Quand Billy Wilkinson, 15 ans, disparaît une nuit de l’été 2015, sa mère Claire, est dévastée et submergée par la culpabilité. Elle n’est pas la seule. Chacun des membres de la famille de Billy se sent coupable.

Chronique  :C.L. Taylor est un écrivain merveilleux. Elle a la capacité d’écrire de l’intérieur de la tête d’une personne, même si cette personne subit une crise émotionnelle ou psychologique. Le troisième thriller psychologique de l’auteur de « L’accident » traite de la plus grande peur des parents; La disparition d’un enfant. Alors que Billy a quinze ans, et plus grande que sa mère, il est encore son bébé. La douleur ressentie par Claire est palpable, l’incertitude, la peur et les espaces vides dans sa vie quotidienne. Son mari, Mark, semble résigné au fait qu’il ne retrouvera jamais son fils et que sa déflation devient un problème au sein du ménage de Wilkinson. Le frère aîné, Jake, essaie de contrôler ses humeurs et se transforme en alcoolique pour engourdir sa douleur. Sa petite amie Kira, ne peut que regarder sa spirale lente dans la dépression. Dans l’ensemble, l’atmosphère du roman est sombre. Il y a des messages Snapchat tout au long du livre et il appartient au lecteur de décider qui sont les utilisateurs. C’est une façon intelligente de s’identifier à la situation, en dehors du ménage, en ajoutant une nouvelle perspective. Lorsque Claire commence à perdre littéralement des parties de sa journée et se trouve avec plus de questions que de réponses possibles, l’obscurité semble dépasser la portée du chagrin ou du stress. L’esprit est drôle, et le sien semble lui raconter quelque chose.
Il y a tellement de cas d’enfants disparus qui se trouvent à l’esprit lorsque vous commencez à lire ce roman. Ce livre examine ce qui se passe lorsque vous ne connaissez pas les deux sens. Comment pouvez-vous continuer votre vie quotidienne avec cette douleur douloureuse sur vous? Poursuivez-vous votre recherche, sur l’avis d’experts? Pensez-vous à vos instincts ou commencez-vous à en douter? L’auteur pose toutes ces questions, et plus encore. Brûlure lente, avec une forte protagoniste féminine, il y a de nombreux moments où vous pourriez penser que vous avez deviné la fin, puis un autre chapitre vous fait changer d’avis. Juste ce qu’un thriller psychologique devrait faire. Une autre excellente lecture de l’un des plus beaux écrivains de genre du Royaume-Uni. Superbe.

Note :9,5/10

 

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Marabout (31 mai 2017)
  • Collection : Marabooks

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Ces liens qui nous séparent (11 mai 2017) de Ann Brashares

Sasha et Ray passent tous leurs étés dans la vieille maison de famille de Long Island. Depuis l’enfance, ils partagent tout, lisent les mêmes livres, courent les mêmes sentiers sablonneux vers la plage, dorment dans le même lit. Mais ils ne se sont jamais rencontrés !Car le père de la jeune fille a été marié avec Lila, la mère de Ray. Et depuis leur séparation houleuse, chacun a refait sa vie et veille à ce que leurs nouvelles familles ne se voient jamais en même temps dans la maison des vacances. Mais cet été, le destin s’en mêle, aidé d’Emma, Quinn et Mattie, leurs trois sœurs irrésitibles. Les chemins de Ray et Sasha vont enfin se croiser. Et bien des certitudes vont voler en éclats.

Chronique : Ces liens qui nous séparen est une histoire magnifiquement écrite sur la famille, la perte et la croissance en tant que famille tout en attirant l’attention sur le sujet sensible de la race et des préjugés. Ann Brashares ne cesse de nous étonner de sa capacité d’écriture. Si ses mots étaient une image, elle capturerait chaque instant parfaitement. Il y a un drame familial qui est aussi grand que la plage … peut-être encore plus grand. Les personnages sont fantastiques et vous donnent l’espoir même quand ils sont à leur plus bas point.
Aucune famille n’est parfaite et cette famille n’essaie pas de faire semblant d’être. L’histoire se concentre sur la relation entre Sasha et Ray. Ils partagent à peu près tout, sauf les frères et sœurs. Les choses sont plus intéressantes parce qu’elles ne se sont jamais rencontrées. Chacune de leurs familles respectives tourne en partageant une maison, qui ne crie pas l’unité! Les deux ans, ces deux personnes doivent faire face à tant d’émotions tout en essayant d’amener leurs familles ensemble. Est-ce que ces deux sont assez matures pour gérer les difficultés d’une famille fracturée? Le développement et la croissance de Ray et Sasha sont une joie à lire. Ils nous rappellent toute l’importance d’accepter les autres, indépendamment du genre, de la race ou des croyances religieuses.
Peu importe les obstacles auxquels ces personnages sont confrontés, ils continuent d’être une famille qu’ils souhaitent l’admettre ou non. Chaque famille a ses secrets, mais posséder à eux peut vraiment promouvoir la croissance. Ce livre vous fait espérer même après que cette famille soit brisée.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (11 mai 2017)
  • Collection : ROMANS ADO

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La famille royale: SOS sur une île déserte (27 avril 2017) de Christophe Mauri et Aurore Damant

Alice et Louis-Junior s’envolent en hélico avec leurs copains du centre-ville. Rien de mieux qu’une île pour échapper aux insupportables Georgette ! Les apprentis Robinsons construisent un fort sur la plage, récoltent des noix de coco et organisent des concours de plongeons. Mais qui voient-ils pointer à l’horizon ? Pirate en vue ?

Chronique : « La famille royale » est une série sympa de romans pour les juniors  : ils vont découvrir les aventures farfelues d’une famille royale moderne et déjantée côté mer ou côté montagne, en fonction des envies de votre jeune lecteur. On s’attache d’autant plus facilement à cette famille bien singulière que les illustrations sont joyeuses à souhait. Il s’en dégage une énergie, un enthousiasme qui font du bien. Chaque situation est comique, et l’on rit de bon cœur à ces facéties de vacanciers un peu gauches  Le tome 4 arrive cette automne.

Note : 9/10

 

  • Poche: 64 pages
  • Tranche d’âges: 7 – 10 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (27 avril 2017)
  • Collection : ROMAN CADET

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Une belle brochette de bananes: Histoires des Jean-Quelque-Chose (13 avril 2017) de Jean-Philippe Arrou-Vignod et Dominique Corbasson

Papa adore nous prendre en photo avec son appareil tout neuf. Il faut dire qu’il se passe toujours quelque chose chez les Jean ! La colo de ski où cette banane de Jean-B a franchi le mur du son, l’arrivée dans la famille du seul chien qui ressemble à Sherlock Holmes, la séance de cinéma archi-secrète avec Hélène (mais ça, ce n’est pas dans l’album photo de papa), sans parler de la balade en mer où on a attrapé le scorbut… Un vrai feu d’artifice !

Chronique : Cette nouvelle histoire. le récit de Jean-Philippe Arou Vignod est toujours pigmenté d’anecdotes drôles. C’est vrai qu’avec 6 enfants garçons, les parents ont de quoi faire. Le lecteur va avoir des  fous rires..Entre le grand qui photographie son postérieur en cachette Zean qui zozote, Jean Bon, Jean C rien, Jean dégâts et le bébé Jean F, Jean Fracas, les bêtises s’enchaînent. C’est une famille très attachante des années 60. Il y a de quoi s’arracher les cheveux pour les parents. Surtout quand les vacances sont là. Que de catastrophes ! Et comme si cela ne suffisait pas, la maison des « Jeans » ressemble à une vrai animalerie : deux poissons, un chinchilla, un chien, un petit chat et un coq. On suit tous ces personnages avec beaucoup de sympathie, en observant leurs faits et gestes quotidiens. Ce roman est plaisant et divertissant. Jean-Philippe Arrou-Vignod nous pousse à découvrir cette famille drôle et sympathique. C’est un livre captivant qui permet de s’évader.

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 160 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Folio Junior (13 avril 2017)
  • Collection : Folio Junior

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Noir sanctuaire (3 mai 2017) de Douglas Preston et Lincoln Child

Après une mauvaise rencontre dans les marais d’Exmouth, Massachusetts, l’agent spécial du FBI Aloysius Pendergast est porté disparu…
Bouleversée par la perte de son protecteur, Constance Greene se retire dans les souterrains du manoir de Pendergast, au 891 Riverside Drive, à New York, où une bien mauvaise surprise l’attend…
Diogène, le frère cadet d’Aloysius, que tout le monde croyait mort, fait sa réapparition et réussit à convaincre la jeune femme de le suivre sur une île mystérieuse.

Chronique : Les auteurs nous offrent ici une aventure tonitruante et mouvementée dont ils ont le secret. Si vous vous souvenez bien, dans l’épisode précédant, nous perdions la trace de l’inspecteur Pendergast. Constance de retour dans ses appartements souffre de son absence… Disparu, mort, qu’est-il advenu de lui ? L’ambiance est  ici sombre, secrète, tragique. Au centre de l’intrigue, des expériences scientifiques morbides et discutables, de la dissimulation doublée de manipulation. On y découvre des personnages sous un nouveau jour, avec leur histoire, leurs élans et leurs vieux démons. Ce que va vivre Constance est très intéressant et nous faire découvrir un pan de sa personnalité qu’on ne soupçonnait pas. C’est une bonne chose car cela permet de renouveler l’approche des personnages et de continuer de s’intéresser à eux en se disant qu’ils n’ont pas fini de nous étonner. L’écriture fluide nous permet de rester impliqué sans nous plaindre de longueurs inutiles. Et le contenu, bien ficelé, est intéressant et le trait n’est pas forcé sur le côté surnaturel et donc tout est dosé avec intelligence. A suivre avec plaisir…

Note : 9/10

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Archipel (3 mai 2017)
  • Collection : Suspense

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