Petite louve de Marie Van Moere, aiguise tes griffes ma fille

Les fauves sont lâchés

La parentalité et toutes les conséquences que le fait d’être responsable d’une autre vie que la sienne entraîne, voilà un thème qui est prépondérant dans la littérature en ce moment. La cellule familiale mise en avant par Marie Van Moere va devoir faire face à de voraces prédateurs. Reste à voir ce que cette jeune auteure peut apporter de neuf à des thèmes déjà milles fois abordés.

La famille, l’amour de ces êtres avec lesquelles on partage le même sang, l’unité, le clan que cela crée. Une fois ma lecture achevée je me suis fait d’abord la réflexion que l’auteure ne proposait rien de neuf par rapport à d’autres récits abordant ce thème riche et complexe, le récit introduit même une figure paternelle de manière fort opportune. Le duo composé par Agathe et sa fille n’offre rien d’original mais c’est parce la richesse du récit n’est pas tant dans la relation mère-fille que dans l’image de la famille même. Une image qui s’esquisse en reflet avec cette autre famille, le clan Vorstein, une meute prête à tout pour protéger les siens. Le clan Vorstein n’obéit qu’à ses propres lois et elles sont simple, tu fais saigner un membre de ma meute, je te saignerai en retour. Une loi immuable simple mais qui implique une unité familiale inébranlable. À l’opposé la famille d’Agathe est désunie, le père batifole avec une autre femme, la mère est obnubilé par son désir de vengeance et par le désir de protégé sa fille, une fille qui se referme sur elle-même. La seule unité familiale forte du récit est donc une force nuisible et implacable tandis que l’autre famille est désemparée par la situation, en fuite et incapable de faire face à ses propres failles et contradictions.

Si j’ai trouvé la relation entre Agathe et sa fille si peu développée c’est tout simplement parce que, hormis les aspects essentiels à leur survie, la mère et la fille ne savent plus se parler, Agathe se sait pas interpréter les signes qui lui sont mis sous les yeux. Une louve aveugle qui doit protéger un oisillon traumatisé. À l’opposé, comme un reflet souillé, le clan Vorstein voit, observe, scrute les ombres à la recherche de leurs proies et sait réagir en conséquence. Deux images de la famille opposé mais complémentaires. Il est nécessaire de saisir cet aspect du récit pour en apprécier la lecture.

Le récit s’ouvre sur une inhumation. Agathe accompli un acte censé clore un chapitre douloureux alors qu’elle ne fait qu’ouvrir la boîte de pandore qui va les précipités, elle et sa fille sur un chemin sanglant. En cette nuit caniculaire Agathe enterre son nemesis mais aussi la femme qu’elle était. De cette nuit de sang il n’émergera qu’une louve. D’une plume acéré que l’on ne retrouvera qu’occasionnellement au cours du récit, l’auteure sonne le cor d’une traque vengeresse.

Par la suite la plume se fait plus sobre. Elle aligne les actions banales d’un quotidien qui n’a plus lieu d’être comme pour invoquer une normalité anéantie par l’irruption des fauves. À l’image des titres de chapitres, réduits à de simples verbes comme pour mieux souligner le fait que les protagonistes de ce sombre récit en sont réduits à des actions basiques, animales, instinctives. Mais qui sont aussi des rappels incessants pour les deux fugitives de ce qui n’est plus, d’un quotidien reduit en cendre par le brasier de la vengeance.

La vengeance, le désir primaire de rendre le mal que l’on nous a fait, à nous ou à un membre de notre famille, est le second thème dont s’empare l’auteure. Elle questionne cette loi du talion en laissant le lecteur tiré ses propres conclusions. Là encore le récit propose deux images de la vengeance à travers ses personnages. Une vengeance rageuse de mère blessée, une vengeance minutieuse et élaborée sans compromis et, de l’autre, une vengeance d’honneur avec Avi et Iro qui accomplissent leur devoir parmis d’autres méfaits, tels deux prédateurs qui ne savent plus quand doit cesser la chasse. Ces deux personnages me sont apparus comme les seuls failles du récit. Tantôt fauves ivres de violences, tantôt incarnation de Laurel et Hardy qui se seraient fait meurtrier. Une volonté de l’auteure sans doute de contrebalancer ces figures de la vengeance avant l’entrée en scène d’un ultime fauve, parfait reflet d’Agathe dans ses plus sombres aspects.

Le récit s’achève sur une promesse d’une renaissance. La promesse de laisser les plaies du passé cicatrisé. Le roman noir et viscéral de Marie Van Moere n’aura pas abordé les thèmes auxquelsje m’attendais, la relation mère-fille notamment, en tout cas pas comme je m’y attendais, mais c’est sans doute la force de bons romans de nous faire emprunter des sentiers que l’on ne se préparait pas à parcourir de prime abord.

Un dernier mot pour remercier la maison d’éditions la manufacture de livres pour l’envoie de l’ouvrage.

Résumé: La Corse. C’est là qu’Agathe va fuir après avoir entassé dans sa voiture leurs bagages et annoncé à sa fille qu’elles allaient prendre quelques jours de vacances. Cette chirurgienne sans histoire vient de rendre la justice elle-même. L’homme qui avait agressé sa fille, détruit l’équilibre de leurs vies, a été relâché, et elle lui a réglé son compte, définitivement. Mais ce type au casier déjà bien chargé, avait lui aussi une famille qui a l’intention de rendre les coups. Sur les routes de Corse s’engage alors une traque à mort où les femmes et leurs poursuivants se feront tantôt proies, tantôt prédateurs.
Dans ce roman noir au rythme implacable, Marie Van Moere nous offre une sorte de Thelma et Louise débridé où une mère et une fille accomplissent une vengeance qui les conduira sur les chemins les plus obscurs.

ROMAN NOIR

19.90 euros – 272 pages

Parution le 04/03/2021

ISBN 978-2-35887-734-3

Petite Chose de Lisa Brennan-Jobs (6 novembre 2019)

Elle est née dans une ferme, a été baptisée dans un champ, puis élevée parmi les hippies de Palo Alto. Lisa Brennan-Jobs a vécu une enfance hors norme, entre son père, Steve Jobs, créateur génial et froid de la firme Apple, et sa mère, Chrisann Brennan, artiste au tempérament bohème.

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Chronique : Si vous connaissez Steve Jobs, vous savez qu’il était un peu con. Bizarre. Exigeant. Sans compromis. C’est fastidieux. Asocial.

Maintenant, imagine-le comme un parent. Un parent réticent.

Lisa Brennan-Jobs est heureuse de vous décrire cette expérience. Elle est la fille de Jobs et de sa petite amie du lycée, Chrisann Brennan. Jobs depuis le début ni Lisa qui était son enfant quand elle était clairement. Même après un test génétique, il a quand même protesté. Lisa raconte son enfance jusqu’à l’âge adulte, prise entre sa mère hippie, émotionnellement instable, et les emplois éloignés et cruels. C’est une sacrée histoire. Aucun d’entre eux, y compris la manipulatrice Lisa, ne s’en sort très bien.

C’est l’histoire de Lisa, donc c’est l’histoire de sa vie de grandir et de révéler Jobs de son point de vue en tant que sa fille.

Une autre figure centrale du livre est la mère de Lisa, qui l’a souvent déplacée d’un endroit à l’autre, et à côté des années d’enfance de Lisa, les ordinateurs Apple s’imposaient à la fois dans la culture pop et chez une tonne d’utilisateurs, apportant non seulement notoriété mais également questions. Pourquoi Jobs était-il si réticent à reconnaître l’existence de sa fille alors qu’il passait encore du temps avec elle à l’occasion ? Pourquoi le choix du nom de l’ordinateur « Lisa » était-il un tel mystère ? Pourquoi Steve n’avait-il aucun problème avec ses beaux-enfants et ses collègues, mais Lisa a été largement ignorée ? Pendant ce temps, Lisa finit par emménager avec son père, mettant en lumière une relation à la fois tendue et dysfonctionnelle, mais toujours fondée sur une affection désespérée.

Steve Jobs lui-même est décédé et ne peut donc pas parler pour lui-même sur le sujet, donc ce qui est embelli ici  reste un peu brumeux. Pourtant, il met en lumière un côté moins glamour de l’atmosphère de l’Amérique des années 1980 et de l’insensibilité de l’environnement derrière toute cette rhétorique sur les rêves et l’imagination. Il s’agit moins de Steve Jobs que d’une fille qui essaie de comprendre le monde étrange et faussement idyllique dans lequel elle a passé son enfance.

Note : 9 /10

  • Broché : 560 pages
  • Editeur : Les Arènes (6 novembre 2019)
  • Collection : AR.TEMOIGNAGE
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2711201953

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N’aie pas peur ! (15 février 2018) de Jeanne Willis, Tony Ross

« N’aie pas peur, Papa ! » Sophie se lance pour la première fois sur son grand vélo. Pour elle et son papa, cette leçon de bicyclette devient une leçon de vie… Grandir, c’est aussi apprendre à voler de ses propres ailes.

Chronique : Tony Ross et Jeanne Willis ont toujours fait pour un grand partenariat ensemble et on attend avec impatience cette nouvelle rencontre. Ici les mots et l’image fonctionnent si bien ensemble et on aime particulièrement le court que Ross lui-même évoque entre l’enfant et les parents, ce qui n’est pas explicite dans le texte. Le livre lui-même est un regard libérateur sur la relation entre un père et sa fille dans laquelle les idéologies masculines sont remises en question.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 3 – 6 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (15 février 2018)
  • Collection : L’heure des histoires

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La vie rêvée de Joséphine Bermudes (25 août 2017) de Mim et Benoit Bajon

Hector Boulay aime sa petite routine, les choses bien rangées et travaille au Ministère des rêves, où il note et archive les rêves des gens pour leur permettre de rester les pieds sur terre. Une mission qui lui convient parfaitement. Mais ces derniers temps, il doit tout de même s’avouer qu il s’ennuie un peu…

Chronique :  Qui est Joséphine Bermudes ? C’est une petite fille normale, c’est Indiana Jones des fillettes. Elle se montre courageuse et c’est une petite fille très intelligente et extrêmement maligne, qui va être d’une grande aide à Hector.  L’intrigue est assez improbable. Elle est très amusante néanmoins, remplie de rebondissements, des jeux de mots ingénieux, et des farces et des plaisanteries.
Un bon slivre qui allie humour et aventures. dans un monde fantastique et merveilleux, où tous les rêves (et les coups) sont permis.

Note : 9/10

  • Broché: 112 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 9 années
  • Editeur : MAGNARD (25 août 2017)
  • Collection : ROMANS PERLES

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La dernière épreuve (4 mai 2017) de Christelle Chatel et Sébastien Pelon

Brune a retrouvé la trace de sa mère : Dame Isabeau vivrait recluse dans le château de Sire Arnaldur, un étrange seigneur sur lequel courent les pires rumeurs. En ce jour de la Saint-Georges, il ouvre exceptionnellement sa forteresse à qui lui apportera une bête fabuleuse… Brune a un plan : déguiser l’ourson Arthur en bête fabuleuse, puis… improviser ! La jeune chevalière ne mesure pas encore l’étendue du danger… Retrouvera-t-elle sa mère ?

Chronique :  Christelle Chatel signe un roman pour jeunes lecteurs attractif où l’héroïne bouleverse les codes au travers de son rêve de devenir « chavalière ». Très joliement illustré par Sébastien Pelon, Brune du lac à tout pour ravir les enfants. Le texte en gros caractères est abordable et vivant; l’histoire entraînante ne laisse pas le temps à l’ennui de s’installer. Ce nouveau tome de Bune est un petit roman d’aventure bien écrit et joliment illustré est adapté aux plus jeunes lecteurs.

Note : 9/10

  • Poche: 64 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Nathan (4 mai 2017)
  • Collection : Premiers Romans

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NINN T01 La ligne noire (2 septembre 2015) de Johan Pilet et Jean-Michel Darlot

Ninn fut découverte tout bébé dans le métro parisien par deux ouvriers effectuant des réparations sur les voies. Aujourd’hui, Ninn a onze ans et le métro est son univers. Elle en connaît le moindre recoin et s’y sent comme chez elle. Mais en dépit de sa joie de vivre, Ninn se pose mille questions. D’où vient-elle ? Quels sont ces souvenirs lointains et incompréhensibles qui hantent ses souvenirs, elle qui n’a jamais mis le pied hors de Paris ? Pourquoi voit-elle, depuis peu, des essaims de papillons parcourir les galeries, invisibles aux yeux de tous sauf aux siens ? Toutes ces questions la taraudent, d’autant qu’une sourde menace la traque sans répit…

Critique : Mercie au édition Kennes pour cette album si sublime. L’histoire  de cette petite fille trouver dans le métro nous plonge dans une superbe histoire et il est impossible de s’en détacher grâce à des dessins sont très doux avec un coté enfantins mais qui garde un sérieux pour que tous le publics puisse le lire avec des  décors qui nous permettent de passez facilement du réel au fantastique. Portée par des dessins précis et une narration captivante, ce premier tome de Ninn est une BD prometteuse.
Ninn est charmante et pleine de vie et on s’attache rapidement à elle et nous donne des émotions ce qui ne nous ne laisse pas indifférent. On glisse au fil des pages vers le fantastique, avec en final une ouverture sur un monde imaginaire ce qui nous donne envie de lire le tome 2.
Une formidable quête de soi qui va révéler à notre héroïne ses origines et sa véritable nature. Un vrai coup de cœur.

Note : 10/10

  • Album: 72 pages
  • Editeur : Kennes Editions (2 septembre 2015)
  • Collection : KE.NINN

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