N’aie pas peur ! (15 février 2018) de Jeanne Willis, Tony Ross

« N’aie pas peur, Papa ! » Sophie se lance pour la première fois sur son grand vélo. Pour elle et son papa, cette leçon de bicyclette devient une leçon de vie… Grandir, c’est aussi apprendre à voler de ses propres ailes.

Chronique : Tony Ross et Jeanne Willis ont toujours fait pour un grand partenariat ensemble et on attend avec impatience cette nouvelle rencontre. Ici les mots et l’image fonctionnent si bien ensemble et on aime particulièrement le court que Ross lui-même évoque entre l’enfant et les parents, ce qui n’est pas explicite dans le texte. Le livre lui-même est un regard libérateur sur la relation entre un père et sa fille dans laquelle les idéologies masculines sont remises en question.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 3 – 6 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (15 février 2018)
  • Collection : L’heure des histoires

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Le rêveur (04 janvier 2018) de Ian McEwan

«Quelle merveille que de se déguiser en chat ! Peter se mit sur le dos et enfila les bras dans les pattes de devant de Guillaume. Puis il glissa tant bien que mal ses jambes dans les pattes de derrière et sa tête épousa parfaitement les contours de celle du chat. Il se redressa et fit quelques pas. Il pouvait voir ses moustaches jaillissant de part et d’autre de son visage et sentait sa queue boucler derrière lui…»Peter est un rêveur. Et vous trouverez dans ce livre quelques-unes des aventures étranges qui lui arrivèrent…

Chronique : McEwan écrit avec ce roman une prose libre, ludique et méditative dans ce livre pour les enfants et les adultes qui méditent sur ce que cela signifie d’être un enfant et sur ce que cela signifie de perdre l’enfance, mais pas de perdre son imagination. Chaque chapitre est centré sur la relation entre l’enfant solitaire et les autres personnes et créatures. La solitude, la perception et les sauts imaginatifs amènent l’enfant à combler le fossé entre lui-même et les autres. Au lieu de soupçonner que la socialisation est ce qui nous fait reconnaître les autres êtres et les autres, McEwan fait implicitement le contraire, c’est-à-dire que la compréhension des autres subjectivités est toujours un saut imaginatif, une spéculation, de sorte que l’approfondissement de l’accès à la fantaisie, aussi superficiellement isolé qu’il puisse paraître, approfondit aussi la profondeur d’un lien avec les autres l’auteur s’intéresse à notre responsabilité envers les autres et à notre désir inopportun mais inévitable de les diriger (un désir le plus évident chez un enfant qui n’ a pas appris à atténuer cette impulsion). McEwan traite également notre exploration du contrefactuel comme une forme d’accès à d’autres consciences auxquelles il pourrait être difficile de céder le contrôle ou la primauté. Cet accès à une autre conscience, qu’il s’agisse d’un chat, d’une brute de l’école ou d’un bébé, fait que le moi narcissique s’apaise en faveur de la compassion et de l’émerveillement. Les deux histoires les plus puissantes sont celle du chat et celle de l’été. McEwan nous rappele ce que c’est que de jouer sur la plage quand on est enfant, et il ne se concentre pas seulement sur la perte, mais qu’il nous rappelle aussi les merveilles et les aventures que l’âge adulte réserve à l’adulte avec son pot au noir du monde du travail. Un livre simple avec beaucoup de chaleur et de compréhension philosophique.

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 128 pages
  • Tranche d’âges: 10 – 13 années
  • Editeur : Folio Junior
  • Collection : Folio Junior

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Un p’tit coin de parapluie (7 juin 2017) de Colpoys Allison et Davina Bell

Au moment d’aller au lit, à l’école, sur la plage, dans une nouvelle maison… il y a plein de
moments dans une vie d’enfant où on se sent seul, intimidé, perdu ou, tout simplement, mal à l’aise. Mais heureusement, il y a l’amour qui protège de tout, qui rassure et porte, répare et réconforte.

Chronique : Un vrai coup de coeur avec des thèmes qui ce décline comme :l’amour inconditionel
Sur une mise en page sobre à l’extrême, au graphisme parfaitement maîtrisé pour laisser toute la place à l’émotion, cet album ressemble à un arrêt sur image.
Le texte es neutre, ni misérabiliste, ni moralisateur. Il s’efface au profit de l’illustration forte, puissamment évocatrice. Sur la palette en variation  seul le parapluie offre une touche de couleur vivifiante. A chaque page, le travail graphique se joue du point de vue, alternant contraste, flou et images hors champ comme pour préserver l’intimité de cet échange.
Un album émouvant, mais aussi pudique; un album réaliste mais aussi esthétique.
Une lecture à partager blottis bien au chaud pour tenter de répondre aux nombreuses questions qu’elle suscitera.

Note : 10/10

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : SARBACANE (7 juin 2017)
  • Collection : ALBUMS (HORS CO

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Le Petit Grand Samouraï (4 novembre 2016) de Kochka et Chiaki Miyamoto

Nô rêve de devenir un grand samouraï comme son père ! Pour commencer, il se renseigne auprès des villageois sur les exploits à accomplir : faire fuir un léopard, sauver le gouverneur, rapporter le sourire du grand Bouddha Sûr de lui, un soir à la dérobée, Nô part bien décidé à égaler les prouesses de son père. Mais celles-ci sont-elles vraiment à sa hauteur ? Pour devenir un grand samouraï, il faut savoir grandir avec sagesse !

Critique : Une histoire attachante de ce petit japonais qui brave l’autorité paternelle, sauve plusieurs animaux à la mesure de ses capacités et reçoit un retour positif de son père, avec de belles illustrations pour une histoire toute simple qui aide à grandir et surtout à attendre de grandir.

Note : 9/10

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : Tom’poche (4 novembre 2016)
  • Collection : ALBUMS

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