Les générations de Flavia Biondi, vibrant appel à l’acceptation de soi-même

Au travers du parcours du jeune Matteo la jeune artiste italienne Flavia Biondi opère une brillante analyse sur ce que signifie l’acceptation de soi-même et l’acceptation des autres.

Cette oeuvre touchante et sincère nous invite à suivre deux histoires, celle de Matteo d’abord, jeune homme perdu dans un monde où il ne se sent nulle part à sa place. Son retour dans sa ville natale après une rupture amoureuse résonne pour lui comme un échec. Alors qu’elle sera en fait l’occasion de renouer avec ses racines, ses proches et finalement avec lui-même. C’est au gré des rencontres qu’il va progressivement prendre conscience que faire son coming-out ce n’est pas seulement affirmé son identité sexuelle mais aussi accepter le regard des autres et ses racines.

Un retour à la maison difficile

La seconde histoire est celle de la famille de Matteo, les Vanni, personnages secondaires qui illuminent chacun à leurs façons cette tendre bande-dessiné. L’artiste parvient à faire vivre chacun des membres de cette famille qui s’aiment passionnément et se détestent avec tout autant de passion. Chacune des trois tantes de Matteo lui apporte quelque chose il partage une complicité évidente avec Tatie A., qui lui rappelle que la vie est aussi faite de légèreté et de rires comme lorsqu’il vivait à Milan. Sa tante C. , à travers son histoire déchirante, lui permet de lancer sa réflexion autour des liens familiaux et comment ceux-ci sont fondateurs de notre identité. Ce personnage est particulièrement réussi et offre l’un des passages le plus émouvant du récit. Quant à Tatie B., par son intransigeance et son intégrisme elle permet à Matteo de se confronter au monde qui l’effraie tant. Ce personnage est mon seul regret dans ma lecture, il aurait mérité d’être approfondi afin de faire craquer ce vernis de droiture et de colère qui semble cacher une profonde blessure.

Une famille unie malgré ses désaccords

Les dessins en noir et blanc sont d’une précision admirable, surtout sur les visages, et accompagnent le parcours du personnage principal. Des cases très resserrées au début qui nous transmettent la dépression de Matteo, son avenir incertain et son oisiveté. Puis à mesure qu’il s’ouvre au monde et aux autres, les cases s’aèrent et nous plongent dans cette campagne italienne que Matteo redécouvre. Ses escapades salvatrices illustrent ses réflexions sur lui-même, son parcours, sa relation avec son père et sa famille. Son cheminement intérieur est plaisant à suivre, agissant comme des interludes philosophiques qui peuvent se lire et se relire indépendamment et contibue à faire de lui un jeune homme en paix avec lui-même et les autres.

Je ne remercie jamais assez mon libraire de m’avoir fait découvrir cette oeuvre touchante et émouvante qui sera assurément l’un de mes coups de coeur de cette année.

Résumé : Après trois années passées à Milan, Matteo rentre au pays avec pas mal d’appréhension. Il faut dire que son départ, provoqué par son coming out et une violente dispute avec son père, ne s’était pas passé de la meilleure des manières. Vivre dans une métropole urbaine comme Milan a été pour le jeune homme un changement radical, une expérience libératrice, loin de l’étroitesse d’esprit de la petite ville où il avait grandi. Mais aujourd’hui, Matteo n’a plus le choix. Sans argent, sans travail, paumé comme tant d’autres « millennials » de sa génération, il doit rentrer à la maison. Ce retour aux sources sera pour lui l’occasion de se confronter à son passé et à ses peurs, mais aussi de découvrir pas mal de choses sur ses proches… et sur lui-même.

  • Relié : 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (11 mars 2020)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2344030824

Curon saison un sur Netflix, sale ambiance en Italie du nord

Synopsis: Une femme retourne dans son village pour la première fois depuis 17 ans. Mais lorsqu’elle disparaît mystérieusement, ses enfants doivent affronter un sombre héritage.

Un village reculé, un lac artificiel recouvrant un ancien village dont seul le clocher de l’église reste visible, une forêt mystérieuse et un retour aux sources qui n’annonce pas que du bon il n’en fallait pas plus pour me convaincre de jeter un œil sur la nouvelle série italienne de Netflix.

La série est une création du scénariste Ezio Abbate et du réalisateur Ivano Fachin, au casting on retrouve une majorité d’acteurs italiens à la carrière nationale, beaucoup de nouvelles têtes donc mais on pourra noter la présence de Valeria Bilello, vu dans la série sense 8, Luca Lionello, qui a joué dans la passion du Christ, ou encore Federico Russo, qui n’est autre que le présentateur de la version italienne de the voice.

Les acteurs s’en sortent bien dans l’ensemble

BUIO IN ITALIANO

La série a le mérite de poser une ambiance dès les premières minutes, aidée en cela par la géographie de la vallée où se situe l’action. Une lumière bleu-gris imprègne l’ensemble des sept épisodes, le clocher qui pointe au beau milieu du lac fait son petit effet également et le générique est plutôt réussi. Une ambiance qui ne sera pas sans rappeler les séries à grand mystère tel Twin peaks ou Dark pour rester dans le périmètre de Netflix. Le thème du double est omniprésent et sera au centre de cette première saison.

TEEN-SHOW OU AUTRE CHOSE

La comparaison s’arrête là cependant car installer une ambiance est une chose, en faire quelque chose de palpitant en est une autre. La série échoue à poser ses enjeux et préfère enchaîner les scènes de lycée prolongeant ainsi la malédiction des teen-show Netflix aussi intéressant que les conditions d’utilisation de Google. Il faut malheureusement attendre l’épisode quatre pour que l’histoire se lance enfin, soit la moitié de la saison, alors qu’entre-temps ni le passé du village, pourtant prometteur, ni les personnages ne sont suffisamment développés. Le casting s’avère convaincant mais il est difficile de faire croire à son personnage lorsque celui-ci n’est pas suffisamment écrit.

L’ambiance est là mais n’est jamais approfondi

MON DOUBLE ET MOI

L’histoire s’emballe durant les trois derniers épisodes, enchaînant aussi les facilités scénaristiques mais où moins la serie se montre enfin divertissante et esquisse même un début de réflexion sur le thème de l’identité, du refoulement, du moi et du surmoi mais tout cela reste esquissé en surface par manque de temps. Aussi prometteur et mystérieux que soit son thème, on regrette que le lac garde tous ses mystères à la fin du dernier épisode. Ce genre de série se doit d’avancer des pistes, amenant souvent à leur tour d’autres questions, pour maintenir l’attention du public mais la série a la caméra entre deux genres, la série a suspense et serie pour adolescents, et peine ainsi à convaincre qui que soit.

Nationalité Italie

Chaîne d’origine Netflix

Le Jeu du Chuchoteur de Donato Carrisi | 2 octobre 2019

En pleine nuit d’orage, l’appel au secours d’une famille. Autour de leur maison, un homme à capuche qui rôde. La police n’arrive qu’au petit matin. Le spectacle d’un carnage: du sang partout. Mais aucun corps. Ni parents. Ni enfants.

Achat du livre : https://amzn.to/2JWDVQz

Chronique : Après le finale plein d’adrénaline et surprenante du tome précédent Maria Elena Vasquez démissionne et décide de devenir mère, abandonnant son travail dans les limbes. Pour la première fois, elle a mis sa fille Alice devant ce qui était sa mission : retrouver les personnes disparues. Maintenant, Elle vit au bord d’un lac, essayant d’avoir une vie normale. Mais l’obscurité qu’elle a toujours ressentie en la cherchant, ne veut pas la laisser partir, et l’arrivée de Johanna Shutton, brise son calme la ramène au pire de ses cauchemars.

Elle verra Mila se lancer dans une course folle contre la montre, en compagnie d’une vieille amie qui ne refuse pas son aide. Et encore une fois, les ténèbres engloutissent le lecteur, lui faisant croire ce qu’il n’est pas, et lui donnant l’illusion d’avoir compris de découvrir alors, après quelques pages, que rien n’est comme il paraît, car…..

Commencer à lire un livre de Carrisi, c’est comme monter sur un siège de montagnes russes et commencer une folle aventure, dans laquelle vous ne pouvez pas prédire où vous finirez, et quels virages vous prendrez. Une fois de plus, nous suivrons Mila dans une enquête quelque peu surréaliste, qui nous mènera dans un monde sans règles, où tous les désirs les plus pervers peuvent être satisfaits, où il n’y a ni loi ni punition, rencontrant des personnages incroyablement caractérisés qui restent longtemps gravés dans l’esprit du lecteur.

Mais c’est le personnage de Mila qui frappe le plus pour le meilleur et pour le pire. Son alexithymie la rend extrêmement originale et sert d’excuse à plusieurs de ses attitudes vraiment incroyables. Sa folle curiosité qui la met en danger et son incapacité à évaluer soigneusement les risques auxquels elle est confrontée, sont des aspects qui finissent par l’isoler de ses amis, mais qui lui permettent presque toujours de garder le sang froid nécessaire pour relier des lambeaux d’indices. Sa force, véritable talon d’Achille, est son désir de savoir et cette pathologie qui ne lui permet pas de ressentir des émotions.

Mais il y a un prix à payer. Le manque d’empathie était une affinité dangereuse avec les monstres qui se nourrissent de la souffrance de leurs victimes sans pouvoir avoir pitié d’elles.
Je veux voir ce qu’il y a derrière le rideau, regarder le magicien dans les yeux et démasquer le tour.

Ici, pour la première fois, nous commençons à mieux connaître Alice, un personnage qui semble destiné à avoir de plus en plus de profondeur, et sur qui pèse l’ombre de ce père qui est si important pour elle, mais qui en réalité ne l’a jamais vraiment connue.

Carrisi est un écrivain incroyablement talentueux, capable de tisser des intrigues extraordinairement complexes, qui captivent jusqu’à la dernière page. Ses fins alors, qui ouvrent toujours de nouvelles lueurs nous laissent avec le désir de découvrir ce qui n’est pas encore arrivé, parce que le mal ne peut pas être arrêté, il y’a toujours quelqu’un qui attend pour frapper dans l’ombre. Pour chaque question à laquelle on répond, il y en a d’autres qui attendent des explications.

C’était un livre que j’ai lu sans pouvoir le clore jusqu’à la fin, et cela m’a vraiment donné des émotions fortes. Il peut être lu comme Autonome mais après avoir lu les précédents, il permet une vue d’ensemble beaucoup plus articulée et détaillée, offrant une expérience de lecture beaucoup plus complète et intéressante, qui ne peut échapper à ceux qui aiment le genre.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 380 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (2 octobre 2019)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702166776

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Complots au Vatican, II : La balle sainte (15 juin 2017) de Rocha,Luís Miguel

Quel est le lien entre ces événements étranges qui surviennent aux quatre coins du monde ? Un triple meurtre est commis dans la gare d’Amsterdam-Centrale, un attentat dévaste une maison en plein coeur de Londres et un vieux musulman se vantant de dialoguer avec la vierge Marie est enlevé à Jérusalem… Ajoutez à ça des prêtres espagnols voleurs de cadavres et des évêques empoisonnés aux Etats-Unis, vous obtiendrez le cocktail sanglant que la journaliste Sarah Monteiro s’apprête à déguster. Une fois de plus, elle va devoir employer toutes ses ressources pour démonter cette machination, et son enquête pourrait bien l’amener à élucider la mystérieuse tentative d’assassinat dont Jean-Paul II avait été la cible en 1981

Chronique :Second tome de Complots au Vatican  où le lecteur retrouve des protagonistes côtoyés; certains sont toujours aussi fourbes, mauvais, d’autres nous surprennent et ceux auxquels on s’était attaché restent nos préférés. Ils n’ont rien perdu de leur aura, de leur mystère et se sont même étoffés, grandissant dans leur personnalité jusqu’à devenir des « familiers ». Les particularités de chacun sont soigneusement installées à travers les chapitres et ce qui est très fort, c’est qu’on peut être totalement « baladés » même en étant hyper attentifs. Pour autant, cela ne signifie pas qu’on lise tout puis son contraire. Pas du tout, c’est beaucoup plus subtil que ça et à ce « petit jeu », Luís Miguel Rocha est excellent. Il est capable de nous persuader d’un fait, d’un choix, que nous comprenons parfaitement, prenant alors fait et cause pour celui ou celle qui l’a fait. Et puis, en deux ou trois lignes, tout s’écroule… A-t-on raté une information, un indice ? Non, même pas, on aurait pu, peut-être interpréter un renseignement différemment mais pas évident….Cette façon de faire est une grande force de ce livre car on ne sait jamais à quoi s’attendre. Le style est singulier, atypique. Le lecteur est souvent pris à témoin par des phrases où il est intégré dans un nous collectif : « Laissons , regardons, éloignons-nous … ». C’est surprenant dans un premier temps mais le rythme donne l’impression d’une balade au cœur des différents « mouvements », comme une caméra qui s‘approprie peu à peu ce qui apparaît dans son objectif. Ne croyez pas que ce soit lent et lourd, pas du tout !   Tout est méticuleusement agencé et pourtant, on n’a pas l’impression de suivre un plan prédéfini trop visible. Comme le laisse deviner le titre, on parle d’un Pape, plus particulièrement un Pape sur lequel une balle a été tirée. On retrouve également des faits réels commentés avec un autre regard. C’est un roman captivant, intéressant, bluffant, fascinant.

Note : 9/10

  • Poche: 656 pages
  • Editeur : Folio (15 juin 2017)
  • Collection : Folio Policier

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Une voix dans l’ombre (8 juin 2017) de Andrea CAMILLER

Rude journée pour le commissaire Montalbano : d’abord agressé dans sa cuisine par un poulpe haineux, il l’est ensuite dans sa voiture, à coups de clé à molette, par un jeune chauffard. Étrange coïncidence, la compagne de son agresseur est retrouvée assassinée peu après.
Pendant ce temps, un directeur de supermarché est victime d’un cambriolage, mais ce dernier paraît surtout terrorisé par la possible réaction de ses propriétaires – en l’occurrence la mafia.
Derrière ces deux affaires que rien ne réunit, de puissants hommes politiques semblent vouloir la peau du Maigret sicilien. Malgré l’aide de toute la tribu du commissariat de Vigàta, et celle d’une mystérieuse voix dans la nuit, Montalbano parviendra-t-il à venir à bout des pièges qu’on lui tend ?

Chronique :  Lire Camilleri, c’est partir en voyage et traverser toute l’Italie en quelques minutes afin de rejoindre cette île.
Un commissaire Montalbano qui vieillit, qui s’en rend compte et qui doute. L’intrigue est tortueuse, heureusement que Montalbano est là pour nous l’expliquer.
C’est souvent drôle, parfois grinçant (Camilleri n’est jamais avare de coups de griffes sur le monde qui l’entoure) et à chaque fois un plaisir de lecture. On se prend définitivement d’affection pour ce commissariat et les agents qui l’animent. Andréa Camélléri sait captiver son lecteur, l’amuse, l’entraîne dans son récit sans le lasser. Les personnages secondaires sont savoureux, fragiles, éprouvent les mêmes affres de la vie que tout un chacun, des humains en somme….
Montalbano, parfait anti-super héros, nous fait partager ses doutes, ses joies et ses peines, nous fait partager ses goûts culinaires, ses problèmes familiaux, ses émotions… Ce livre satisfera tous ceux qui aiment le style de Camilleri. On attend le suivant.

Note : 9/10

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (8 juin 2017)
  • Langue : Français

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Froid comme la mort: Une enquête de Rocco Schiavone (4 mai 2017) de Antonio Manzini

Beaucoup de choses irritent le vice-préfet Rocco Schiavone dans la vie : sa mutation à Aoste un an plus tôt, le ciel gris, la neige qui s’insinue dans ses Clarks, la bêtise de ses agents, la fête d’anniversaire de sa maîtresse, la course cycliste du préfet, sans parler des inspecteurs qui entrent dans son bureau quand il fume son joint matinal… Mais le comble des emmerdes, c’est une affaire de meurtre. Lorsque le corps d’Ester Baudo est retrouvé pendu dans son salon par sa femme de ménage, Rocco comprend vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’une mise en scène. Et donc qu’il en est quitte pour une sacrée quantité d’ennuis. Or, quand Rocco Schiavone est de mauvaise humeur, ses méthodes deviennent pour le moins expéditives… Avec son humour noir ravageur, ses dialogues cinglants et une vraie sensibilité en prime, cette nouvelle enquête de Rocco Schiavone est un bonheur pour les amateurs de polar à l’italienne.

Chronique : Si l’homicide se situe au 10e degré selon l’échelle des ennuis du sous-préfet (commissaire de police transalpin) Rocco Schiavone, cela tient au fait qu’il va devoir affronter les turpitudes humaines en se glissant dans l’esprit répugnant d’un assassin pour le comprendre et le confondre puis s’en extraire avec des bouts abjects collés à l’âme. La pendaison d’Ester Baudo dans son appartement d’Aoste, 22 via Brocherel, apparaît d’emblée comme un suicide qui ressemble de plus en plus à un assassinat à mesure que le sous-préfet Schiavone reconstitue la scène. Rapidement, Rocco n’a plus de doute ; il s’est hissé au taquet des tracas et les indices vont dessiner des pistes comme les cailloux de Poucet jusqu’à l’ultime révélation face à la gueule du monstre.
« Froid comme la mort », second roman d’Antonio Manzini traduit et publié en France après « Piste noire » narre la suite des enquêtes de Rocco Schiavone au Val d’Aoste. Cette fois, on en apprendra un peu plus sur le passé de Rocco Schiavone et notamment sur la mystérieuse affaire romaine qui lui a valu de se retrouver exilé dans ces vallées de montagne qu’il exècre, comme une sorte de Hasbrouck italien.
Comme il se doit, l’affaire commence avec la découverte d’un cadavre, celui d’Ester, une femme pendue chez elle et que ‘on’ aurait peut-être bien aidée à se pendre.
On ne vous en dit pas plus sur l’enquête : il faudra se montrer patient et obstiné, à l’image du sous-préfet Schiavone qui, une fois de plus, en dépit de ses supérieurs et de ses subordonnés, réussira à dénouer les fils de l’intrigue … dans un cimetière en présence d’un curé. Comme dans tout bon polar, l’enquête policière n’est là que comme un référentiel de codes auxquels se conforment les personnages et le roman.
A nouveau, le roman juxtapose deux histoires qui éclairent le personnage du commissaire. Le retour précipité de Rocco à Rome pour mettre fin à une sordide histoire est peut-être un des moments les plus forts du récit. La fin de l’enquête est surprenante et inattendue. Elle met en lumière l’intelligence, la sensibilité et l’interprétation toute personnelle des lois faite par Rocco Schiavone. Une nostalgie sourde et poignante nimbe tout le roman et sous des dehors bravaches, égrillards, impertinents, Rocco est un être esseulé et profondément meurtri par la vie. Le lecteur ne peut qu’adhérer à cette faconde puis espérer que la suite des aventures du sous-préfet déjà publiées en Italie franchisse les barrières des Alpes et de la langue.

Note : 9,5/10

  • Poche: 304 pages
  • Editeur : Folio (4 mai 2017)
  • Collection : Folio Policier

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Rencontres clandestines (10 mai 2017) de Monica Bellucci et Guillaume Sbalchiero

« Allô Guillaume. C’est Monica. » Nuit qui s’écarte, voix  rieuse : je suis soudain, à l’autre bout du combiné, enfant,  fébrile. Un peu tremblant, je l’interroge sur sa collaboration  avec Emir Kusturica ; elle répond, pas de détours,  franchise et simplicité des formules, tonalité légère.
Cléopâtre, Perséphone, Alex, Malèna… : tous ses visages  me reviennent, par bribes, par éclats, visions d’instants  nées de sa seule voix, que je tente, au mieux, de saisir d’une  question, d’un silence.
Naît alors la curiosité, le désir de connaître cette fi gure  incandescente mais insaisissable. Pour cela, se plonger  dans les méandres de sa vie : l’expérience de mannequin,  les premiers pas au cinéma, la passerelle Coppola, puis en  France L’Appartement, les expériences hollywoodiennes,  les remous d’Irréversible
Une fois le téléphone raccroché, le désir alors d’approcher  cette figure plurielle. De prolonger le dialogue.

Chronique : Superbe autobiographie dialoguée tels un voyage auquel le lecteur est invité à coté de cette actrice à écouter le dialogue de  Guillaume Sbalchiero à Monica Bellucci tels une confession ce livre est un vrai coup de cœur. Avec cette lecture le lecteur va se laisser porter par les mots de l’auteur qui parle de cette artiste qui devient ici une femme profondément émouvante et fortes face aux choix, épreuves qu’elle à faite et qui parle  aussi de souvenirs, d’enfance, de famille, de parents, d’amis, de sa vie et de ses films et des commentaires de la presse.  Ce livre se lit rapidement et avec bon sens on s’envole à travers la lecture on y voit le respect et la force de cette femme. Un livre un peu court mais qui est aussi un vrai bonheur de lecture.

Note : 9,5/10

  • Broché: 144 pages
  • Editeur : Archipel (10 mai 2017)
  • Collection : Arts, littérature et spectacle

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Saint-Pétersbourg & Rome / Escapades littéraires (23 mars 2017)

Pour approcher, visiter, comprendre une ville, qu’y a-t-il de mieux que de découvrir ce que les grands auteurs ont pu en dire ? Laissez-vous surprendre par les textes consacrés aux plus belles cités du monde, puisés dans les récits de voyage, correspondances et autres carnets de route des écrivains-voyageurs.

  • Voltaire, Diderot, Dumas, Zola, Casanova, Mérimée… Saint- Pétersbourg a fait couler beaucoup d’encre. Et, des grands de ce monde aux modestes voyageurs, l’avis est unanime : la ville étonne. Ces palais époustoufl ants sont-ils faits de bois ou de marbre ? Survivront-ils aux années ? Si certains s’interrogent, d’autres préfèrent simplement admirer..
  • L’Italie a toujours charmé les gens de lettres, mais ce n’est qu’au XIXe siècle que le voyage d’écrivain a trouvé sa véritable expression, offrant aux lecteurs de divines pages de promenades littéraires. Stendhal, Chateaubriand, Zola… Tous ont puisé leur inspiration dans les ruines, jardins et ruelles de Rome, l’ont décrite pour mieux faire éclater leurs souvenirs, leurs rêveries, leurs méditations…

Chronique : Très belle idée de la part de Robert Laffont de cette escapade littéraire; ici en Russie et en Italie accompagné d’auteurs classiques. Vous allez vivre un voyage avec les grand auteurs afin de visiter avec eux ses villes que sont St Petersbourg et Rome avec des descriptions des monuments remarquables et des paysages; commentaires historiques ; études psychologiques et physiques au grès des rencontres ses auteurs nous narrent un voyage dans deux villes  romantique.Que de connaissances chez ses auteurs de l’époque! A lire avec gourmandise.

Note : 9/10

  • Poche: 128 pages
  • Editeur : Robert Laffont (23 mars 2017)
  • Collection : Pavillons poche

(Test) Les Médicis, Maîtres de Florence avec Richard Madden , Dustin Hoffman de Sergio Mimica-Gezzan ( 1 Février 2017)

Florence, XVème siècle. Giovanni de Medicis, père fondateur de la dynastie, décède dans de mystérieuses circonstances… Sa colossale fortune et la banque familiale reviennent alors à son ainé Cosimo. Ce dernier a appris à la dure à mettre ses ambitions artistiques de côté pour reprendre le flambeau de l’entreprise et survivre face aux nombreuses menaces qui entourent la banque. Il va devoir déjouer les complots et les conspirations des représentants des grands pouvoirs mais aussi mener une lutte acharnée pour contenir les rivalités qui menacent de déchirer sa famille…

Critique : Voici une série historique italienne sur la dynastie des Médicis.
La 1re saison compte 8 épisodes de 52 minutes chacun environ. Son récit se voudrait plus proche du thriller que de la saga historique avec une reconstitution de Florence au 15ème siècle fascinante, avec bien entendu son lot inépuisable d’intrigues. On prend bien conscience que ces gens ont offerte à l’Italie un patrimoine historique et artistique énorme.
Là où la série prend de la force c’est au niveau de l’émotion. Certains personnages sont très bien développés qu’il était difficile de ne pas s’y attacher. Il y a une véritable profondeur humaine.
Une série où le spectacle est de qualité qui a le mérite de mettre en lumière une période foisonnante de l’Histoire de l’Italie.

Note : 9,5/10

Test :

Image : Une image bien équilibrée tant dans les plans de Florance que dans les quelques scènes nocturnes. Le rendu colorimétrique est neutre mais la copie offre du détail et de jolies lumières.

Son : Ça claque et ça tonne fort, aussi bien en VO qu’en VF. Mais la dynamique de la piste musicale et des ambiances est purement artificielle et respire le dopage numérique pas vraiment subtil. Rien de discriminant, la chose est même agréable.

Bonus :Un gentil bonus par franchement folichon pour une telle série même si on se rend compte, du travail de l’équipe pour faire une série de ces acabits.

Contenu additionnel

« Les secrets de la série » : making of (42′)

Contient l’intégrale de la série :
01 – Péché original (Original Sin)
02 – Un dôme et un toit (The Dome and the Domicile)
03 – Le fléau de Dieu (Pestilence)
04 – Le jour du jugement (Judgement Day)
05 – Tentations (Temptation)
06 – Ascension (Ascendancy)
07 – Purgatoire (Purgatory)
08 – Révélations (Epiphany)

 

  • Acteurs : Richard Madden, Dustin Hoffman,
  • Réalisateurs : Sergio Mimica-Gezzan
  • Format : PAL
  • Audio : Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0), Français (DTS 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 2.35:1
  • Nombre de disques : 3
  • Studio : Wild Side Video
  • Date de sortie du DVD : 1 février 2017
  • Durée : 400 minutes

 

La tour Eiffel en Italie (7 juillet 2016) de Mymi Doinet et Mélanie Roubineau

La tour de Pise est d’humeur maussade. Pour la distraire, son amie la tour Eiffel lui fait voir du pays. Mais ni le Colisée de Rome, ni les pizzas de Naples n’arrivent à la réconforter. Alors, la tour Eiffel a une idée de génie : se rendre à Venise, pour le carnaval !

Critique : La collection premières lectures de chez Nathan est vraiment parfaite pour les apprentis lecteurs en CP et en CE1!
Des bulles et du texte (mélange histoire et BD) ce qui facilite la lecture des enfants en apprentissage.
Une nouvelle aventure adaptée aux jeunes lecteurs, aux illustrations douces et gaies à la fois avec des dominante de teintes pastel, c’est fascinant.A offrir sans modération ,très belle collection.

Note : 9/10

 

  • Poche: 32 pages
  • Editeur : Nathan (7 juillet 2016)
  • Collection : Premières lectures

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