Derrière les panneaux il y a des hommes de Joseph Incardona, lorsque l’asphalte nous rappelle notre condition humaine

Résumé: Pierre a tout abandonné, il vit dans sa voiture, sur l’autoroute. Là où sa vie a basculé il y a six mois.
Il observe, il surveille, il est patient.
Parmi tous ceux qu’il croise, serveurs de snack, routiers, prostituées, cantonniers, tout ce peuple qui s’agite dans un monde clos, quelqu’un sait, forcément.
Week-end du 15 août, caniculaire, les vacanciers se pressent, s’agacent, se disputent. Sous l’asphalte, lisse et rassurant, la terre est chaude, comme les désirs des hommes.
Soudain ça recommence, les sirènes, les uniformes.
L’urgence.
Pierre n’a jamais été aussi proche de celui qu’il cherche.
Joseph Incardona mêle les genres avec habileté et réussit un roman profond et ambitieux. Son style puissant et son art très cinématographique de la narration font mouche.

Je traverse vos territoires, je vous permets de rejoindre la destination de vos rêves en une journée à peine, je permets à vos vacances ou vos escapades en amoureux de prendre forme et pourtant je ne suis qu’un no man’s Land ou vous ne faites que passer, bref éclairs de couleur chromée dans un paysage de bitume et de barrière de sécurité. Et pourtant dans ces lignes droites, symbole du mouvement et de la fuite, grouille un microcosme dont vous saisissez l’existence à travers vos pare-brise mais que vous préférez ignoré, pressez que vous êtes d’arriver à destination peut-être ou effrayer parce que la révélation de ce monde pourrait vous apprendre sur vous-même. Un homme pourtant, un écrivain, Joseph Incardona, a décidé de placer l’action de son roman au sein de mon petit monde dissimulé aux yeux de tous et d’en révéler la noirceur et peut-être aussi quelque chose sur les Hommes.

Je suis un territoire où rien ne se créer, pas d’écoles, pas d’entreprises innovantes, pas de salle de réunion, pas de concert, pas de cinéma. La liste de ce qui n’existe pas au sein de mon royaume, qui s’étale sur plus de 116 000 km, est longue alors il n’est guère étonnant que l’humanité s’en trouve réduite à sa plus juste expression, à ses instincts les plus primaires, manger, baiser, tuer. Pas de place pour le reste, lorsque l’on fait partie de l’espace compris entre un point A et un point B il ne peut y avoir de place pour les rêves vaporeux et les projets d’évasion. Les pensés se retrouvent abaissées au même niveau que les besoins, au ras du goudron.

Mes sujets se retrouvent réduits à la fonction qui leur a été dédié et se doivent d’accomplir leurs tâches sans espoir de devenir autre chose, sans même l’espoir de connaître une douce fin. Mes sujets sont des petits salariés, des gérants mesquins, des prostituées esseulées et vulnérables, des laissé-pour-compte qui ne s’y retrouvent plus dans votre royaume de faux-semblants, des assassins aussi, au moins un, sans doute plus. Et puis il y a Pierre.

Pierre et sa haine solitaire, Pierre et sa soif de vengeance qui vont le pousser à arpenter mon royaume qu’il n’aurait même pas daigné regarder auparavant mais ça c’était avant que sa fille ne disparaisse au sein de mon fief. Depuis Pierre n’est plus un homme c’est une arme. Mais une arme solitaire, qui cogite sur le sens de sa quête sanglante, qui remue des réflexions philosophiques que moi, le seigneur du bitume, en tant que témoin de vos disputes sur les bandes d’arrêt d’urgence, de vos accidents fulgurants et parfois mortels je connais depuis longtemps mais que j’ai décidé de taire pour maintenir l’illusion. Car si vous saviez, peut-être resteriez-vous chez vous plutôt que de fouler mon empire de goudron.

Pour rendre compte de cette nature humaine et de cette folie qui guette, l’auteur a fait le choix de phrases courtes qui ne sont même plus des phrases parfois. Ses écrits s’étiolent comme la pensée humaine face à l’approche de la mort, se résument à des concepts, des idées qui traversent l’air épais du mois d’août comme vos bolides traversent mon royaume.

Ou alors ces non-phrases sont-elles la métaphore d’un homme, Pierre, à bout de souffle face aux épreuves que lui impose la dure loi que je fais régner dans mon royaume, un souffle que chacun de mes sujets tente de récupérer sans jamais comprendre que, dans le no man’s land qui est le mien, le seul souffle que j’autorise est celui de la mort.

Je suis le début et la fin de votre civilisation. Je ne suis qu’une étape dans votre parcours et pourtant sans vous en rendre compte vous laissez sur mon territoire un peu de vous, des rires, des larmes, des enfants ou une sombre torpeur annonciatrice de votre allégeance future à mes lois séculaires. Car aucun de mes sujets n’a fait le choix de rester mais tous se savent condamnés à jouer leur rôle, comme vous le vôtre, jusqu’à ce que j’en estime en avoir fini avec eux. Et joseph Incardona a parfaitement compris ceci et me retranscrit très bien dans son roman.

”Pierre Castan espère une seule chose :

Que Bouddha se soit trompé.

Que Bouddha soit un bonhomme jovial, obèse et heureux, mais qu’il se soit trompé.

Que la réincarnation n’existe pas.

Surtout pas.

Surtout ne pas vivre encore et encore.

L’enfer, c’est l’éternité.

  • ISBN-13 : 978-2363390547
  • Poids de l’article : 400 g
  • Dimensions du produit : 14.5 x 2.3 x 22 cm
  • Broché : 288 pages
  • ISBN-10 : 2363390547
  • Éditeur : Finitude (16 avril 2015)

Une cosmologie de monstre de Shaun Hamill

Résumé (si l’on peut dire) : « Dans Une Cosmologie de monstres, Shaun Hamill allie brillamment les univers angoissants de H.P. Lovecraft avec l’histoire contemporaine d’une famille menacée de destruction par des forces surnaturelles. Il réussit son coup, parce que ces braves gens pourraient être nos voisins. L’horreur ne fonctionne que lorsque nous nous attachons aux personnes concernées ; nous nous attachons aux Turner, et leurs cauchemars deviennent les nôtres. La prose de Hamill est sobre, tout simplement belle. Voilà à quoi ressemblerait un roman d’horreur signé John Irving. J’ai adoré ce livre, et je pense qu’il vous plaira aussi. »
Stephen King

Chronique : Il est rare que je me plonge dans la lecture d’un livre sans avoir lu le résumé figurant sur la quatrième de couverture. C’est une habitude, c’est comme lorsqu’on rentre dans l’eau, on trempe d’abord les orteils avant de s’immerger entièrement. La quatrième de couverture permet de savoir dans quel genre de livre on s’aventure, même si cela n’empêche pas les mauvaises surprises, c’est un bon moyen de repérer les livres qui vont nous accrocher.

Cette introduction, plus longue qu’à l’accoutumé, pour bien vous faire comprendre mon ressenti de lecture par rapport à ce premier roman de l’auteur. La quatrième de couverture se résume à une citation attribué à Shephen King et les personnes qui m’en avaient parlé sont resté évasives quant à la teneur de l’histoire. Cependant l’évocation de l’univers de Lovecraft m’a suffi pour ouvrir cette cosmologie de monstre.

Je ressors de ma lecture assez satisfait, même si mes attentes, ou plutôt fantasmes de lecture, n’ont pas été combler. De manière, peut être un peu naïve, je m’attendais à un récit angoissant où la folie côtoie l’horreur mais en fait il s’agit avant tout du récit du destin d’un homme, Noah Winters, et de sa famille. Une fois compris que la mythologie lovecraftienne restera en toile de fond, je me suis mis à vraiment apprécier ma lecture.

L’auteur a un talent indéniable pour mettre en scène ses personnages et créer des relations intimes et puissantes entre les membres de cette famille maudite. Pendant 400 pages l’auteur va nous plonger au milieu de cette famille, de ces moments de tendresse jusqu’aux drames les plus tragiques et ce sur au moins quatre décennies. Un talent narratif qui parvient à masquer la lenteur de l’intrigue et le manque de suspens de manière générale.

Les descriptions auraient mérité d’être plus détaillé et mise en scène de manière plus inquiétante mais c’est un défaut pardonnable tant l’auteur parvient à incarner la famille Turner grâce à son style fluide et intime.

Un livre à déconseiller aux amateurs de Lovecraft qui s’attendraient à un récit étouffant d’angoisse mais tous ceux qui apprécient les chemins de vie gorgés d’émotions et mâtiné de fantastique devraient jeter un œil un ce premier roman prometteur.

Note: 8/10

Éditeur Albin Michel
Date de publication 2 octobre 2019
Langue Français
Longueur du livre 416
ISBN-10 2226439048

Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro

Résumé : 24 décembre. Un enfant disparaît dans un centre commercial de Madrid.
Même lieu et même mode opératoire qu’une ancienne affaire : l’enlèvement de Nicolás Acosta deux ans plus tôt. Et si tout recommençait ?
L’inspectrice Ana Arén, qui a failli lors de l’enquête précédente, se lance à corps perdu dans une course contre la montre pour retrouver le petit garçon. Mais certains journalistes viennent contrarier son enquête, avides de scoops et d’audience.
Les fausses pistes s’enchaînent, les rumeurs enflent et les politiques s’en mêlent. La ville tremble, sans répit, devant la menace d’un tueur en série, d’un prédateur à l’affût des proies qu’il veut faire siennes.
Alors que la vérité est sur le point d’éclater, l’inspectrice se retrouve face à une effroyable réalité qui pourrait la consumer

Achat du livre en ligne: https://www.amazon.fr/dp/2259277667/ref=cm_sw_r_cp_awdb_c_zFHgEb444J5XC

Chronique : L’empathie. Voilà une donnée essentielle pour tout auteur qui cherche à captiver les lecteurs dans leurs récits. Sans empathie pour les personnages les livres se retrouvent vite abandonnés en pleine lecture.

L’auteure, Carme Chaparro a bien tenté de mettre l’accent sur l’empathie dans son récit mais sans y parvenir réellement. La faute a un personnage d’enqêtrice surtout définie par une émotion prédominante, la colère. Une colère tout d’abord dirigée sur elle-même mais aussi contre sa hiérarchie. La rendre cassante envers ses subordonnés n’aide pas à faire d’elle un personnage attachant.

Le personnage d’Inès, la journaliste qui doit jongler entre son métier exigeant et son rôle de mère, est plus nuancé mais là encore je ne suis pas parvenu à m’attacher à elle.

En ce qui concerne l’enquête, celle-ci paraît être assez brouillonne. Certains éléments sont amenés sans que cela n’aille plus loin. La technique consistant à achever les chapitres sur la promesse d’une révélation choc est usante. Comme si l’auteure ne connaissait que cette astuce pour maintenir le suspens.

Deux mots sur la fin, qui participe à la renommée du roman, je n’ai pas tant été déçu par le dénouement en lui-même mais plutôt par le choix de basculer dans un récit confession sans aucune tension dramatique. Les enquêteurs dévoués et exténués qui avaient enfin les clés pour résoudre le mystère méritaient mieux que cette éclipse soudaine du récit.

J’ai plus apprécié les cent premières pages, où l’auteur met en place son récit et ses personnages que l’enquête en elle-même. Ce qui est dommage pour un polar.

Note 6/10

Éditeur Plon
Date de publication 26 septembre 2019
Langue Français
Longueur du livre 320
ISBN-10 2259277667

Bad man de Dathan Auerbach (21 février 2019)

Résumé : Eric, trois ans, a disparu il y a cinq ans. Peu à peu, les affichettes ont jauni, les policiers se sont désintéressés de l’affaire, la vie a repris son cours dans cette petite ville désaffectée de Floride.
Pas pour Ben, le grand frère de la victime. Qui ne s’est jamais remis du drame. Qui a vu sa famille sombrer. Mais qui n’a jamais cessé ses recherches.
Recruté en tant que magasinier de nuit dans le supermarché même où Eric a disparu, Ben sent que les lieux ont quelque chose à lui révéler. Quelqu’un sait où est son frère, une personne qui prend un malin plaisir à se jouer de lui. Qui ? Le directeur qui n’a jamais collaboré à l’enquête ? Ses collègues auxquels il a accordé trop vite sa confiance ? Mais il y a plus que ça, une présence impalpable, diffuse, qui brouille ses pensées… Qui est ce bad man dont l’ombre inquiétante plane sur la ville ?

Lien Amazon : https://www.amazon.fr/dp/2714479952/ref=cm_sw_r_cp_awdb_c_a46aEbYGHGQ4A

Chronique : Cet ouvrage prend un parti pris qui ne plaira pas à tout le monde mais son ambiance oppressante m’a convaincu de m’avancer dans les allés de ce supermarché rempli de secret et de drames.

Certains lui reprocheront le fait que l’intrigue piétine mais il faut comprendre que l’on se trouve en présence d’un thriller centré sur son personnage principal. Un personnage brisé, à la limite de sombrer dans le désespoir le plus total. Sa psychologie est solide même si elle n’évolue pas vraiment au cours de l’intrigue. Ben passe à travers divers états allant de la rage à la mélancolie le tout baignant dans une culpabilité que la chaleur du soleil de Floride n’arrange en rien.

D’autres s’attarderont sur ces passages qui insinuent qu’une menace diffuse rode dans le sillage de Ben. Passage qui n’apporte au final pas grand chose une fois la lecture terminée, mais ces scènes contribuent à créer une atmosphère angoissante à la limite du livre d’horreur. Ces scènes ont très bien fonctionné sur moi mais j’avoue être facilement impressionable. L’idée d’instiller l’angoisse dans un supermarché est originale, cela change des maisons abandonnées même si on retrouve aussi un tel lieu plus loin dans l’intrigue.

Enfin on pourrait aussi remarquer un final qui laisse dans l’ombre certains éléments de l’intrigue mais le but de l’auteur n’est sans doute pas de faire toute la lumière sur le mystère de la disparition du petit Éric mais d’instaurer une ambiance à part.

Pour ma part je regrette surtout que le supermarché, personnage à part entière du récit, ne soit pas mieux exploité tant les scènes de nuit se déroulant dans ses locaux déprimants sont marquants. L’auteur l’écarte même complètement à la fin du roman, un final qui traine en longueur d’ailleurs pour une fin d’une noirceur absolue mais suffisamment ouverte pour laisser espérer que certaines questions ne resteront pas sans réponse pour les personnages restants.

Ce thriller aurait pu être une vraie pépite si l’auteur s’était plus concentré sur les éléments de l’intrigue plutôt que l’atmosphère que j’ai personnellement trouvé à mon goût.

Note : 6/10

Éditeur Belfond
Date de publication 21 février 2019
Langue français
Longueur du livre 448
ISBN-10 2714479952

Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Résumé : 2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Chronique :Nouvelle sensation du polar français, Jérôme Loubry vient de signer l’un des succès de l’année 2019 avec les refuges. Il est temps pour moi de constater si cet auteur mérite toutes ses louanges en commençant par son premier roman : les chiens de Détroit.

Le récit commence sur un rythme effréné et avec une formule bien connue, on commence par la fin avant de revenir sur les événements antérieurs par le biais de chapitres flash back. Le rythme s’essouffle un peu lors des passages obligés où l’auteur nous présente les protagonistes principaux de son histoire.

Et c’est malheureusement là que se trouve la première faiblesse du roman, car malgré tous les efforts fournis par l’auteur pour nous intéresser à ses personnages d’inspecteurs torturés il ne parvient jamais à dépasser le statut de personnage de papier. La faute à des dialogues patauds et un style sans envergure.

Il en est de même pour sa description de la ville de Détroit. Je me faisais une joie de lire un récit dans cette ville en souffrance, véritable exemple de ce que le capitalisme peut produire de pire. Mais là encore malgré des efforts pour nous plonger dans l’atmosphère de cette ville en ruine la magie n’opère pas. Sa description de l’ancienne capitale de l’industrie automobile reste beaucoup trop scolaire pour être vraiment captivante. C’est bien simple je n’arrivais pas à m’enlever de la tête l’image d’un touriste français en goguette dans cette grande ville, ce qui dommage lorsque vous devez croire en l’histoire.

Des personnages transparents, une atmosphère trop académique pour être crédible, il ne restait plus que l’intrigue en elle-même pour sauver ce premier roman. Si, de manière générale, celle-ci tient debout on pourra regretter une fin précipitée et parsemée d’invraisemblance.

Avec ce premier roman l’auteur s’est appliqué à retranscrire la recette du parfait petit polar sans parvenir à imprégner son récit d’un style marquant et c’est fort dommage.

Note : 5/10

En aparté, pour tous ceux qui sont intéressés par l’histoire de la ville de Détroit et sa déliquescence, je partage ici le lien d’un jeune youtubeur français, Arthur genre, passionné par les U. S. A. et leur histoire: https://youtu.be/_0p5VMCaOSM

Éditeur Calmann-Lévy
Date de publication 11 octobre 2017
Langue Français
Longueur du livre 306
ISBN-10 2702161707

Emergency 911 de Ryan David Jahn

Résumé : A Bulls Mouth, Texas, quand on fait le 911, on tombe directement sur le Bureau du shérif. Collé derrière le central, son adjoint Ian passe ses journées à jouer aux cartes sur l’écran de son ordinateur tout en répondant aux rares appels d’urgence. Il faut dire qu’il n’a plus du flic que l’uniforme. Il y a sept ans, sa fille Maggie a été kidnappée, et l’enquête n’a jamais rien donné. Depuis, Ian s’est mis à boire, sa femme l’a quitté et le shérif lui a retiré son arme de service. Ce jour-là, il lui reste une heure à tirer quand il reçoit un coup de fil un peu spécial. « Je vous en prie, aidez-moi ! » La voix a changé, mais c’est bien sa petite fille qui l’appelle au secours avant que la communication ne s’interrompe brutalement. Ian n’a que très peu d’informations, mais il ne laissera pas Maggie disparaître une seconde fois. Alors il prend son sig Sauer, grimpe dans sa Mustang 1965 et part à sa recherche. Du Texas à la Californie, il enfile l’Interstate 10 à tombeau ouvert sur la trace du monstre qui lui a volé sa vie.

Chronique : Soyez prévenu, ce thriller est un bolide lancé sur une autoroute sanglante que rien ne peut arrêter.

Ryan David Jahn signe ici son second roman. Et il a décidé de nous emmener sur des montagnes russes dès le début du récit. L’ambiance s’installe rapidement, le nombre de personnages réduits permet un démarrage de l’action quasi immédiat. On est dans une situation d’urgence et l’auteur parvient parfaitement à traduire ce sentiment. L’action redescend un peu le temps pour l’auteur d’installer les éléments du drame à venir. Enfin les montagnes russes repartent vers les hauteurs pour ne plus jamais les quitter.

L’auteur place en miroir un homme obligé de devenir prédateur et un autre qui en est un de naissance. Un homme prêt à tout pour récupérer sa famille et l’autre prêt à tout pour la garder. Le tout sur fond de course poursuite et un final apocalyptique qui rappelle les meilleurs westerns.

Inutile d’en rajouter sur ce roman, un véritable shoot d’adrénaline qui ne laissera personne indifférent.

Note: 8/10

Éditeur Actes Sud Editions
Date de publication 7 mai 2014
Langue Français
Longueur du livre 402
ISBN-10 2330028687