Ainsi fleurit le mal (8 septembre 2016) de Julia HEABERLIN

À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d’ossements humains et au côté d’un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des  » Marguerite  » – surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série –, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane.
Presque vingt ans ont passé. Aujourd’hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix – celles des Marguerite qui n’ont pas eu sa chance –, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l’assaille… Son  » monstre  » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ?

Critique : Ce roman est très bien construit, durant sa lecture le lecteur va se douter un peu de certains éléments. Mais réussit un véritable tour de force avec ces deux parties qui se mêlent. Ce qui s’est passé en 1995 et ce qui se passe actuellementIl n’y a pas réellement de dimension psychologique énorme même si Tessie/Tessa est encore vraiment male depuis son enlèvement et ce procès. Toute la lumière doit être faite et elle seule détient la solution. Pour moi, l’auteur aurait vraiment gagné à créer une atmosphère plus sombre, même si elle donne de nombreux renseignements sur l’ADN, sa recherche, la psychologie, la peine de mort et le Texas et son système judiciaire. Nous avons deux parties qui se chevauchent, la préparation de Tessie au premier procès et la préparation de Tessa pour tenter de faire libérer celui qui est prison, qui doit subir la peine capitale dans peu de temps. En effet, Tessie et Tessa ne sont qu’une même personne. Tessie a été enlevée avec d’autres jeunes filles. Elle a subi un véritable traumatisme. Mais il n’y a pas que celui-là pour cette jeune fille. Les psys qu’elle a vus, dont le dernier, tentent de lui faire recouvrir la vue et la mémoire. Mais Tessie a un fort caractère et elle ne se laisse pas faire. Quant à Tessa, depuis tout ce temps, elle tente d’avoir moins peur, elle tente de vivre, surtout qu’elle a une fille adolescente. Mais depuis de nombreuses années, les marguerites font régulièrement leur apparition. le temps presse, en tous les cas. Si Tessa a décidé depuis quelque temps de faire rouvrir le procès, elle ne dit pas tous aux enquêteurs. Pour elle, c’est également une recherche d’indices qu’elle a pu laisser un peu partout. Heureusement que la science avec ses nombreux domaines permet d’avancer pour résoudre des meurtres, pour donner un nom aux victimes. Tessa nous force à nous interroger, qui est le coupable ? qui veut à détruire ? comment survit-elle? Le style est assez linéaire mais nous fait accroché à l l’intrigue, et le suspense psychologique de ce premier roman est vraiment superbe.

Note : 9/10

 

  • Broché: 560 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (8 septembre 2016)

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Les Courses (14 avril 2016) de Russell WANGERSKY

Depuis le départ de sa femme, après dix-huit ans d’un mariage calamiteux, Walt, la cinquantaine légèrement bedonnante, vit seul. Pas d’amis, pas de vie sociale. Ce qu’il aime : déambuler la nuit dans les rues de sa ville et, de temps en temps, aller à la pêche dans des coins isolés. Walt est aussi collectionneur, quoique d’un genre particulier : agent d’entretien dans un supermarché, il récolte les listes de courses que les clients jettent dès les caisses passées. C’est devenu un hobby : ramasser ces listes et essayer de se faire une idée de la vie de leurs propriétaires. Ensuite, il aime bien vérifier s’il est tombé juste, jusqu’à s’introduire en douce chez ceux qui ont éveillé sa curiosité…
Walt a-t-il seulement une petite manie inquiétante mais inoffensive ? Ou pourrait-il être à l’origine de la disparition de plusieurs femmes de la région ?

Critique : L’idée de quelqu’un qui construit des vies à partir de listes de courses est une très bonne idée
La plupart des chapitres commencent par une liste de courses. C’est Walt qui prend la parole. Jusqu’à la fin du roman, nous n’aurons, pratiquement, que sa vision. Il se lance dans une interprétation d’un univers qu’il recrée, non seulement à partir des produits mentionnés sur la liste, mais aussi d’une foule de petits détails : l’écriture, l’encre utilisée, les fautes d’orthographe, voire le support, la plupart des listes étant rédigées sur du papier de récupération : enveloppes, virements, talons de chèques, publicités… ce qui lui fournit des éléments bien utiles, comme des adresses.
Mais soudain, le monologue est interrompu. Voici qu’apparaissent des pages écrites en italiques par une autre personne. Il s’agit d’un journal intime. D’autres chapitres, chapeautés d’un texte en petits caractères et apparemment administratifs, sont pris en charge par un narrateur externe. Ils nous entraînent dans un commissariat de la GRT, la gendarmerie royale de Terre Neuve. Nous y faisons la connaissance de deux flics paumés, l’inspecteur Dean Hill et le sergent Jim Scoville, qu’on a relégués dans un placard et auxquels on refile des enquêtes pourries.
Le roman est mystérieux. La majeure partie de l’histoire nous est narrée par Walt qui est manifestement un malade mental. Il met le lecteur mal à l’aise. Par exemple, certaines personnes lui paraissent si parfaites qu’il a « envie d’aller mettre le bazar là-dedans ».       Le roman laisse une impression  malsaine mais c’est aussi le but et on s’en réjouit. Ce que l’auteur est arrivé à retranscrire est de voir le monde à travers le regard d’un tueur. L’histoire fait penser à un puzzle qu’il faut reconstituer avec patience.
Un livre qui ne plaira pas à tout le monde qui trouvera l’approbation des fan à la Stephen King.

Note : 9/10

 

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (14 juin 2016)
  • Prix : 14,96 euros

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Hors cadre de Stefan Ahnhem

Près des corps sauvagement mutilés de deux victimes, une photo de leur classe de 3e sur laquelle leur visage a été raturé. Cette classe a aussi été celle de l’inspecteur Fabian Risk de la police de Helsingborg. Pour arrêter la spirale infernale et éviter d’être la prochaine cible, il s’enfonce dans les méandres de son propre passé. Au risque de s’y perdre. Best-seller partout où il est publié, ce roman troublant et cruel qui interroge la violence de la société, impose Stefan Ahnhem comme un des auteurs de thrillers scandinaves les plus prometteurs.

Critique : Un thriller mystérieux avec une ambiance glauque où un tueur inconnu s’en prenden prends à une classe entière, un policier, ancien élève de cette fameuse classe maudite impliqué dans l’enquête, des secrets, des fausses pistes…voici un livre rempli de suspense.
Le personnage principal qu’est Fabien Risk, un policier qui vient s’installer dans la ville d’avec sa femme et ses enfants, il va s’apercevoir que l’enquête que l’on lui donne va le toucher de plus prés. C’est un roman addictif et l’on veut absolument ce besoin connaitre la fin. L’histoire offre plusieurs points de vu ce qui nous permet de suivre et apprendre à connaitre plusieurs personnages à la fois et surtout le point de vue du tueur ce que l’auteur s’amuse à nous amener sur de fausse piste et jouer avec le lecteur . Toute la mise en scène est bien orchestrée avec une écriture fluide, des chapitres sont courts et un dénouement auquel on ne s’attend pas et auquel le personnage principal nous entraine avec son équipe afin de démasquer le meurtrier.
Voici un très bon thriller avec une intrigue prenante. À lire !

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 576 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (30 mars 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE

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