Le diable tout le temps Donald Ray Pollock, une sombre symphonie discordante

Il y a certains ouvrages, une fois achevés, qui vous laissent une arrière-pensée persistante dans la tête comme si vous n’étiez pas parvenu à saisir la mélodie du recit. Vous avez entendu les notes, apprécié la rythmique mais une fois l’outro terminée vous ne savez pas exactement ce que vous avez entendu. Un sentiment agaçant que m’a procuré le premier roman de Donald Ray Pollock.

Après avoir cherché d’où pouvait venir cette discordance que je ressentais dans ma lecture, j’ai fini par me demander si c’était parce que le livre lui-même ne sait pas ce qu’il est. Car ce roman sans concessions sur l’Amérique profonde emprunte certains codes du polar au sein d’un récit qui lui, va plutôt chercher du côté de Jack Kerouac pour l’errance et l’attrait de la route et de Charles Bukowski pour l’aspect sordide. Ses chapitres courts et ses personnages sombres et torturés rappellent les thrillers prenant la campagne américaine comme décor qui fleurissent sur les étals des librairies. Pourtant le style et la narration vont chercher plus loin, plus profond, comme si la plume de l’auteur était une pelle avec laquelle il exhumerait les pires travers de l’humanité.

Mais ce côté thriller où la mort rôde à chaque page l’empêche de prendre une dimension plus littéraire qui le rapprocherait de ces illustres prédécesseurs. La faute peut-être aussi à ses personnages antipathiques pour la plupart, dont l’existence chaotique nous est présentée sans développement, sans tout le parcours nécessaire pour s’attacher à ces âmes fracassées par le sort. C’est le cas de Sandy par exemple, d’abord mentionnée comme une jeune fille timide et introvertie on la découvre, dans le chapitre suivant, en Bonnie qui serait devenue une pin-up infernale et sanguinaire sans le nécessaire développement pour comprendre comment elle a pu en arriver là. Il en va de même pour le duo Roy et Théodore dont le rôle dans cette virée sanglante tient plus de la note en bas de page que d’un réel apport à l’intrigue. Seul le personnage d’Arvin éclaire de sa présence cette galerie de personnages qui se veut le portrait d’une certaine Amérique.

La mélodie que nous compose Donald Ray Pollock avec ce premier livre à de quoi séduire, une plume crépusculaire qui fouille les moindres recoins de l’âme de ses personnages, mais sa volonté de répéter certains codes du polar créer une dissonance qui m’a empêché d’apprécier pleinement sa sombre symphonie. L’adoption à venir par netflix avec un casting alléchant et Antonio Campos à la réalisation permettra peut-être de régler ce problème.

Résumé: De l’Ohio à la Virginie-Occidentale, de 1945 à 1965, des destins se mêlent et s’entrechoquent : un rescapé de l’enfer du Pacifique, traumatisé et prêt à tout pour sauver sa femme malade ; un couple qui joue à piéger les auto-stoppeurs ; un prédicateur et un musicien en fauteuil roulant qui vont de ville en ville, fuyant la loi… La prose somptueuse de ce premier roman de D. R. Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages. Un univers terrifiant que la critique n’hésite pas à comparer à ceux de Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cormac McCarthy.

  • Poche : 408 pages
  • ISBN-10 : 2253175889
  • ISBN-13 : 978-2253175889
  • Poids de l’article : 218 g
  • Dimensions du produit : 11.1 x 2.5 x 17.7 cm
  • Éditeur : Le Livre de Poche (3 janvier 2014)
  • Langue : : Français

CRITIQUE A CHAUD : PROJECT POWER: Explication de la fin du film Netflix !

Project Power est disponible sur Netflix ! Si vous souhaitez connaitre l’explication de la fin en détails, lisez la suite ! Project power sur Netflix fait tourner le genre des super-héros d’une manière qui permet à n’importe qui de devenir un super-héros

Avec une limite de temps de cinq minutes, chacun peut avoir le sentiment d’appartenir à l’univers de DC ou de Marvel. Mais tout a un prix. Trois personnes se retrouvent mêlées à ce qui s’avère être une plus grande conspiration des méchants pour s’emparer du monde. La fin de Project Power ouvre la porte à un autre chapitre de l’histoire. Voici ce que cela signifie pour les personnages.

Une nouvelle drogue arrive sur le marché qui permet à ses utilisateurs de devenir temporairement des super-héros. Le seul hic, c’est que la drogue est super chère et imprévisible. Vous ne savez pas ce que vous allez obtenir. Malgré cela, les criminels l’utilisent pour prendre l’avantage sur les flics. Alors que les forces de l’ordre tentent d’arrêter le flux de drogue. Un policier nommé Frank pense qu’ils devraient utiliser la drogue pour égaliser le terrain.

Il s’approvisionne auprès d’un adolescent nommé Robin. Dont le vrai talent réside dans le rap. Les choses deviennent plus intéressantes lorsqu’un homme nommé The Major se lance dans la bagarre. Il cherche les meilleurs éléments de Teleios, la société qui produit la drogue. Avec une vendetta en tête, il est prêt à faire tout ce qu’il faut pour les faire tomber.

Que se passe t’il à la fin de Project Power ?

Après avoir tué Biggie, Frank arrête Art alias The Major. Tandis que Robin suit l’homme barbu que Art cherchait depuis tout ce temps. Art dit à Frank que son chef est aussi avec les personnes qui distribuent la drogue Power dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Lorsque le chef dit à Frank de ne pas amener Art au poste, il est convaincu en faveur de son captif et décide de l’aider à récupérer sa fille. Il laisse Art à l’endroit où il est capturé par les gens de Teleios. Et est emmené sur le Genesis qui est prêt à prendre la mer. La poursuite de l’homme barbu par Robin l’amène aussi au navire.

Frank utilise la pilule pour pénétrer de force dans le navire, suivi par Robin. Ils prennent le contrôle de toutes les écoutilles et surveillent tous les coins du navire. L’art est tenu en captivité dans les niveaux inférieurs. Pendant que Frank essaie de le libérer, Robin trouve l’emplacement de Tracy. Un combat s’ensuit avec tous les méchants qui utilisent leurs étranges super-pouvoirs trouvés dans les pilules. Pendant ce temps, Art essaie de ne pas utiliser sa pilule. Jusqu’à ce qu’ils se retrouvent dans les circonstances les plus extrêmes.

Frank trouve Art tandis que Tracy est secourue par Robin. Au milieu de tout cela, nous découvrons également que le pouvoir de Tracy est de guérir les choses. Ils se retrouvent tous les quatre sur le quai et se préparent à s’échapper en utilisant le canot de sauvetage. Cependant, en essayant d’aider Art à s’échapper, Robin reste derrière et est capturé. Gardner l’utilise pour attirer Art et lui dit de renoncer à Tracy. Refusant de sacrifier l’une des filles. Art décide que le moment est venu pour lui d’utiliser ses super-pouvoirs. Il avait déjà fait allusion à l’intensité de ce phénomène alors qu’il était encore en captivité. Il avait décrit les pouvoirs de la crevette pistolet à l’homme qui le gardait et l’avait utilisée comme levier pour se libérer.

Une autre scène qui nous avait permis de jeter un coup d’œil sur la dévastation que la version super-héroïne de Art pouvait causer était dans la scène du flashback. Où il avait dit à Robin pourquoi il avait arrêté de prendre les pilules. Il s’est avéré que tout ce qu’il avait dit au garde sur les crevettes pistolet était réel et non une ruse. Au moment où il prend les pilules, une forte vague d’énergie s’échappe de lui et tue tout le monde dans son entourage. Robin se protège en se baissant juste à temps. Alors que tous les ennemis sont tués à cause de cela, l’utilisation du pouvoir fait aussi des ravages sur Art et il tombe inconscient. C’est alors que Tracy utilise ses pouvoirs pour le ranimer et que les quatre s’échappent du navire.

project power fin netflix

Que cela signifie t’il pour la suite ?

À la fin de Project Power, Art et Tracy se préparent à partir. Art raconte à Frank que l’histoire est terminée de son côté. Maintenant, il veut juste garder sa fille en sécurité et vivre en paix quelque part loin de tout danger et du drame qu’ils ont vécu. Il dit à Robin d’utiliser le pouvoir de ses mots pour changer le monde. Plutôt que de compter sur une pilule pour lui montrer ce qu’elle vaut. Il lui laisse également un peu d’argent pour combler le manque à gagner pour payer l’opération de sa mère. Elle peut maintenant se concentrer sur son éducation et sa carrière. Et ne doit pas retourner vendre de la drogue dans la rue.

Alors qu’Art, Tracy et Robin s’assurent que leurs liens ont été coupés du monde des drogues de puissance. Frank décide de faire éclater toute la conspiration au grand jour. Il prévoit de confronter le chef au sujet de son implication dans Teleios et il va également révéler l’histoire aux médias. Afin d’empêcher les trafiquants de drogues de se cacher et de poursuivre leurs plans maléfiques. Il pense que malgré ses efforts et toutes les destructions qu’ils ont causées, l’histoire n’est pas encore terminée. Il a l’intuition que toute cette affaire est bien plus importante qu’il n’y paraît et que plus il s’y intéressera, plus la situation empirera. Mais c’est tout pour l’avenir. Pour l’instant, leurs ennuis ont disparu.

L’Univers du Sorceleur : The Witcher illustré : CRITIQUE ET UNBOXING (1 juillet 2020) de Andrzej Sapkowski (Auteur), Thimothée Montaigne (Auteur)

Nouvelle critique et unboxing (2:07) du livre où je donne mon avis sur L’Univers du Sorceleur : The Witcher illustré au édition Bragelonne
Livre illustré : https://amzn.to/2WiAz0K
Livre : https://amzn.to/32faIui

Chronique : L’illustration de la première nouvelle du Sorceleur, issue du Dernier Voeu écrit par Sapkowski est un régal, mélangeant ce que l’on pouvait imaginer suite à notre lecture mais contentant également les adeptes du jeu vidéo ou de la série !
La représentation de la strige m’a quand même surprise, je m’attendais à quelque chose…
Les illustrations de Thimothée Montaigne sont incroyables et riches ; le fait qu’elles aient été réalisées à la peinture ajoute un cachet à cet univers d’inspiration médiéval !

Vidéo et Unboxing

 

  • Broché : 56 pages
  • Editeur : Bragelonne (1 juillet 2020)
  • Collection : L’Univers du Sorceleur (Witcher) (The Witcher illustré : Le Sorceleur)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028102708

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Ju-On: origins saison 1 sur netflix, mais arrêtez d’entrer dans des maisons inconnues!!!

Le film Ju-on ,ou the grudge comme il fut renommé après sa traversée de l’océan Pacifique, reste l’un des souvenirs de visionnage le plus terrifiant de toute ma vie. Je me souviens être resté tétanisé pendant le générique de fin, complètement paralysé par cette histoire de fantôme vengeur sans pitié. Lorsque la dernière image du générique fut passé l’écran de mon ordinateur devint noir, je me retrouvais donc seul dans ma chambre, dans le noir complet, avec des images toutes plus glauques les unes des autres imprimées sur ma rétine. Des années après ce film reste une référence du film d’horreur, avec son ambiance mélancolique imprégnée de solitude et de tristesse. Je n’ai pas vu les suites, qui n’ont pas la réputation d’être à la hauteur du premier opus mais l’annonce d’une série en partie produite par netflix a su titiller ma curiosité.

C’est donc parti pour une petite séance de frisson, petite car la série contenant six épisodes de trentes minutes, générique compris, on peut rapidement la binge watcher. Par contre il n’y a pas de doublage en français alors qu’un doublage allemand est possible, parfois il ne faut pas chercher à comprendre. Certains sous-titres sont complètement à côté de la plaque dans leurs traductions mais rien de bien méchant.

QUI? QUAND? COMMENT ?

Le vrai problème de la série vient des choix scénaristiques faits par les producteurs. La narration est décousue, non seulement l’on va nous raconter plusieurs histoires avec différents personnages mais en plus celles-ci ne se passent pas en même temps. Certains récits s’étalent sur plusieurs années alors que d’autres à tiennent en quelques jours ou mois. Autant ce choix peut s’expliquer dans le cadre d’une intrigue plus complexe aux ramifications multiples mais là il s’agit d’une histoire d’épouvante, pourquoi compliquer un sujet qui se doit d’être simple pour captiver le spectateur? Arrivé au sixième épisode j’étais incapable de’savoir si l’on était en 1988, 1995 ou à une autre époque. La série n’est parvenue à me faire peur qu’à de rares occasions mais elle sera parvenue à m’embrouiller complètement dans sa narration.

Les différentes trames narratives se suivent sans réelle passion. La série instaure une certaine atmosphère mystérieuse et glauque avec quelques fulgurances gores il faut lui reconnaître cela. Mais elle échoue complètement à nous faire ressentir quoique soit pour ses différents personnages, sans même parler de suspens. Si la série s’était concentrée sur deux ou trois personnages elles auraient pu brosser des portraits convaincants mais là non seulement ces personnages n’ont pas le temps d’exister mais ils paraissent également assez antipathiques pour la plupart.

Prenons par exemple le personnage de Yasuo Odajima, l’enquêteur du paranormal, qui passe les premiers épisodes à déambuler en posant les mêmes questions avant de se souvenir subitement du drame familial qui le relie à la maison la plus flippante de la banlieue tokyoïte en fin de saison. Le jeu impassible de son interprète, Yoshiyoshi Arakawa, n’aide pas à donner consistance à ce personnage qui est pourtant l’un des principaux de cette première saison. Les autres personnages sont à l’avenant, la lycéenne traumatisée et traumatisante est complètement incohérente dans ces décisions et la jeune actrice débutante, Haruka Honjo, est sous-développée.

-Ca va faire peur? -Bof, par contre on va bien se faire chier

UNE MACABRE DÉCOUVERTE…

Il va falloir m’expliquer également cette obsession pour les faits divers sordides qui parcourt la saison, si c’était pour servir de marqueur temporel il y avait d’autres moyens d’ancrer la série dans les différentes époques parcourus. Si la volonté des producteurs était de relier la série aux films à travers ces faits divers, qui jouent un rôle dans le premier film, c’est que l’héritage de celui-ci est bien pauvre ou incompris. La série dresse un portrait bien sombre et misérable de la société japonaise où les conflits familiaux se règlent dans le sang mais cela paraît artificiel et creux à tel point que je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux au ciel lorsqu’un énième fait diver sanglant n’ayant même pas de rapport lointain avec le thème de la série est évoqué dans les derniers épisodes.

Toi après avoir regardé le journal télévisé japonais

De l’esprit du film il ne reste plus grand-chose dans cette série qui passe complètement à côté de son sujet, à savoir l’épouvante. À part quelques images fugaces qui rappelleront l’ambiance du premier long-métrage. La saga Ju-On mérite mieux que ces origines brouillonnes et creuses.

Synopsis: Un chasseur de phénomènes paranormaux cherche désespérément une maison maudite où une mère et son enfant ont été les victimes d’un drame il y a bien longtemps.

Depuis 2020 / Epouvante-horreur
Titre original : Ju-On: Origins
Nationalité Japon

Chaîne d’origine Netflix

Bande-annonces : https://youtu.be/MJqHpN9b0U4

Netflix et le cas 13 reasons why

La mise en ligne début juin de la saison quatre de la série 13 reasons why a été l’occasion d’assister à la fin d’une longue agonie. Une mise à mort annoncée dont les signes étaient visibles pour qui voulait bien se donner la peine de les voir. Des signes que les dirigeants de Netflix ont peut-être déjà su interprétés afin de pallier aux critiques.

On ne va pas y aller par quatre chemins l’ultime saison de la série de Brian Yorkey est une catastrophe. Je ne vais pas m’épancher sur les éléments qui font de ce final interminable un désastre absolu, il suffit de chercher sur internet pour trouver des critiques qui feront le tour de tout ce qui ne va pas dans ce qui est l’une des premières séries Netflix originale.

La question est de savoir si Netflix a pris conscience du problème car le déclin de la série se faisait sentir bien avant cette fatidique saison quatre. À travers cet article je vais tenter d’apporter quelques réponses.

13 RAISONS PUIS 26 PUIS 39

Revenons un instant aux sources du projet. La série est d’abord inspirée d’un livre éponyme de Jay Asher dont l’intrigue est reproduite dans la saison un mis en ligne en 2017. Le livre aborde des sujets graves qui secouent la jeunesse à travers une narration originale. Netflix récupère le projet de film et le transpose en une série de treize épisodes. À l’époque le défi pour Netflix est important, il s’agit de se positionner sur le public adolescent avec une série au ton sérieux abordant des sujets difficiles. Le pari est réussi malgré quelques longueurs et maladresse dans le traitement de thèmes épineux. À la surprise générale la série est renouvelée pour une saison deux.

L’erreur initiale se situe sans doute là, car ni le concept narratif de la série ni son intrigue n’appelait à une suite. Dès lors les scénaristes vont s’embourber dans un schéma narratif qui ne fait plus sens, handicapés par une structure en 13 épisodes qui dessert l’ensemble à coups de remplissage et d’intrigues secondaires sous-développés. La troisième saison va précipiter la chute avec une intrigue policière bancale et poussive qui banalise la série avec toujours autant de remplissage sans compter les nouveaux personnages introduits aux forceps et l’écriture des personnages navrantes par moments. Le discours de Jessica en fin de saison aussi honorable et poignant soit-il ne suffit pas à sauver l’ensemble.

Tout part donc de là, de cette volonté d’entériner un succès sans que cela ne se justifie vraiment, de fidéliser un public alors que les rumeurs autour de plateforme de streaming concurrentes se faisaient déjà entendre. Toute la question est de savoir si Netflix a suffisamment retenu la leçon pour que plus jamais nous n’ayons à assister à un tel naufrage.

LA POURSUITE INCESSANTE DU SUCCÈS

À priori on pourrait croire que c’est le cas. Les sujets de société n’ont pas disparu de la plateforme, le format a juste changé, ces programmes sont dorénavant catalogués en tant que mini-série. C’est notamment le cas de dans leur regard, qui évoque un fait divers sordide et aborde le problème du racisme de manière frontale, on peut citer également Unorthodox qui traite du sujet de l’intégrisme religieux en 4 épisodes ou encore Unbelievable, qui en 6 épisodes, met en avant le thème du viol de façon juste et poignante. Ces mini-série à tendance sociale ont le mérite de former un tout qui permet à Netflix de continuer à mettre en avant des sujets de société épineux sans avoir à s’acharner à leur apporter une suite. Quant à la série the end of the fucking world deux saisons ont suffi pour clore ce récit de rébellion adolescente nihiliste. Ces projets limités par leur format profitent le plus souvent d’une exposition médiatique qui leur permet d’assurer leur avenir dans le catalogue.

Le casting et les créatrices de la mini Unbelievable

D’un autre côté la plateforme a mis en ligne en deux ans plusieurs séries qui visent le public adolescent. Je ne vais pas m’amuser à toutes les cités, retenons notamment the society, ou the order. Leurs points en commun n’est pas tant de proposer des intrigues romantiques sur fonds de mystères très mystérieux que de s’inscrire dans un format feuilleton très classique qui les rend toutes assez homogènes et surtout où tout concept narratif original est absent. Le but évident est de garder un public captif mais d’un autre côté je ne peux m’empêcher de penser que Netflix cherche désespérément à reproduire un autre succès récent de son catalogue, la série dark.

Cette série magnifiquement écrite et interprétée semble avoir lancé un nouveau genre sur la plateforme, celui du programme à grand mystère avec des adolescents en personnage principaux. Sauf qu’il est difficile d’atteindre la profondeur et la maîtrise de cette série. L’exemple le plus récent est la série italienne curon qui reprend les codes de dark sans pourtant atteindre le niveau du programme allemand.

L’influence de dark se fait ressentir à chaque minutes

Et j’ai bien peur que la politique d’engorgement de Netflix nous fasse encore assister à ce genre de déclinaison, peut-être avec la série sex education qui est l’autre succès ado récent de Netflix. Ce sera alors à nous, public serivore toujours en quête de nouveautés, à savoir faire le tri parmi la centaine de programmes qui nous sont proposés chaque jour par ces géants du divertissement.

Curon saison un sur Netflix, sale ambiance en Italie du nord

Synopsis: Une femme retourne dans son village pour la première fois depuis 17 ans. Mais lorsqu’elle disparaît mystérieusement, ses enfants doivent affronter un sombre héritage.

Un village reculé, un lac artificiel recouvrant un ancien village dont seul le clocher de l’église reste visible, une forêt mystérieuse et un retour aux sources qui n’annonce pas que du bon il n’en fallait pas plus pour me convaincre de jeter un œil sur la nouvelle série italienne de Netflix.

La série est une création du scénariste Ezio Abbate et du réalisateur Ivano Fachin, au casting on retrouve une majorité d’acteurs italiens à la carrière nationale, beaucoup de nouvelles têtes donc mais on pourra noter la présence de Valeria Bilello, vu dans la série sense 8, Luca Lionello, qui a joué dans la passion du Christ, ou encore Federico Russo, qui n’est autre que le présentateur de la version italienne de the voice.

Les acteurs s’en sortent bien dans l’ensemble

BUIO IN ITALIANO

La série a le mérite de poser une ambiance dès les premières minutes, aidée en cela par la géographie de la vallée où se situe l’action. Une lumière bleu-gris imprègne l’ensemble des sept épisodes, le clocher qui pointe au beau milieu du lac fait son petit effet également et le générique est plutôt réussi. Une ambiance qui ne sera pas sans rappeler les séries à grand mystère tel Twin peaks ou Dark pour rester dans le périmètre de Netflix. Le thème du double est omniprésent et sera au centre de cette première saison.

TEEN-SHOW OU AUTRE CHOSE

La comparaison s’arrête là cependant car installer une ambiance est une chose, en faire quelque chose de palpitant en est une autre. La série échoue à poser ses enjeux et préfère enchaîner les scènes de lycée prolongeant ainsi la malédiction des teen-show Netflix aussi intéressant que les conditions d’utilisation de Google. Il faut malheureusement attendre l’épisode quatre pour que l’histoire se lance enfin, soit la moitié de la saison, alors qu’entre-temps ni le passé du village, pourtant prometteur, ni les personnages ne sont suffisamment développés. Le casting s’avère convaincant mais il est difficile de faire croire à son personnage lorsque celui-ci n’est pas suffisamment écrit.

L’ambiance est là mais n’est jamais approfondi

MON DOUBLE ET MOI

L’histoire s’emballe durant les trois derniers épisodes, enchaînant aussi les facilités scénaristiques mais où moins la serie se montre enfin divertissante et esquisse même un début de réflexion sur le thème de l’identité, du refoulement, du moi et du surmoi mais tout cela reste esquissé en surface par manque de temps. Aussi prometteur et mystérieux que soit son thème, on regrette que le lac garde tous ses mystères à la fin du dernier épisode. Ce genre de série se doit d’avancer des pistes, amenant souvent à leur tour d’autres questions, pour maintenir l’attention du public mais la série a la caméra entre deux genres, la série a suspense et serie pour adolescents, et peine ainsi à convaincre qui que soit.

Nationalité Italie

Chaîne d’origine Netflix