The mire / Netflix

Netflix a l’habitude de surcharger son catalogue avec quantité de productions diverses et variées. Difficile parfois pour les projets intéressants de faire surface, noyé entre une énième série pour ados ou un obscur film de science-fiction au budget limité. Voilà pourquoi je me décide à faire la chronique de cette série policière polonaise de bonne facture.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser la série n’est pas une production Netflix, sous le titre original de rojst elle a été diffusée en 2018 en Pologne, la plateforme a racheté les droits pour une diffusion internationale. Elle a été réalisée par Jan Holoubek et produire par showmax. Les deux acteurs principaux sont Andrzej Seweryn ,qui a notamment joué dans la liste de Schindler, et Dawid Ogrodnik. Les deux acteurs sont convaincants dans leurs rôles de deux journalistes aux méthodes différentes mais acharnés tous les deux à faire toute la lumière sur ce double meurtre d’une prostituée et d’un membre haut-placé du parti communiste.

C’est la fête au village

On constate très vite que les moyens ont été investis à tous les niveaux de la production, images, son, décor, direction artistique et musique. Netflix a su dénicher une pépite issue de l’Europe de l’est.

Alors certes on pourra reprocher aux polonais de ne pas être les maîtres du rire et de rester hanté par le passé. L’ambiance est certes pesante mais distille un suspens savamment dosé. L’image est froide, presque clinique, mais illumine d’une lumière crue les zones d’ombre de cette petite ville de Pologne. On aimerait voir autant de série française s’attaquer à la part sombre de l’histoire de notre pays.

Les cinq épisodes de la série sont à l’image de son titre, un véritable bourbier duquel il sera difficile de s’extraire sans payer le prix fort. La tension s’échelonne d’épisodes en épisodes et les scénaristes ont été assez malins pour ne pas la faire retomber lors d’un épilogue qui réserve encore bien des surprises. Il est juste dommage que l’histoire locale ne soit pas mieux mise en avant et arrivent tardivement dans le récit.

Une très bonne surprise pour qui aime les polars à l’ambiance glaçante, au jeu d’acteur tout en retenue et au scénario finement maîtrisé.

Critique : 7. KOĞUŞTAKI MUCIZE / NEFLIX

Salut à tous !
Nouvelle critique sur le film turc : 7. Koğuştaki Mucize sur Netflix réalisé par Mehmet Ada Öztekin avec Aras Bulut İynemli, Nisa Sofiya Aksongu
L’histoire: Séparé de sa fille, un père avec un handicap mental doit prouver son innocence lorsqu’il est arrêté pour le meurtre d’une enfant.
#7KoğustakiMucize #Critique #Film

Bloodride une anthologie d’horreur / Netflix

Une anthologie d’horreur norvégienne ? On peut dire que Netflix a le don pour dénicher les projets les plus inattendus. Pour autant cette randonnée sanglante tient-elle toutes ses promesses ?

Composée de six épisodes entièrement indépendants, l’anthologie propose une compilation de petites histoires courtes, pas plus d’une demi-heure par episodes, à la qualité inégale mais qui demeure toujours assez jouissive à regarder, à condition d’aimer l’horreur bien sûr.

Une horreur qui reste tout de même assez gentille et propre malgré le titre évocateur, il n’y a pas tant de scènes gores. Le principe des épisodes repose sur un twist scénaristique final plus que sur la terreur pure. Un principe qui rappelle celui d’une autre anthologie célèbre, la quatrième dimension, mais bloodride n’a pas la prétention qualitative de cette dernière et se révèle être un honnête divertissement mais sans rien de plus.

Le cadre norvégien aurait mérité d’être vraiment mis en avant, en l’état les épisodes pourraient se dérouler n’importe où en Occident, c’est quand même dommage de ne pas mettre plus en avant les légendes de ce grand pays nordique possédant une Histoire riche.

Les deux premiers épisodes sont aussi les moins mémorables, surtout la deuxième avec ce twist vu et revu. Le troisième récit reste la proposition la plus audacieuse tandis que celui sur les rats de laboratoire reste plaisante si l’on parvient à faire abstraction des nombreuses incohérences. Les deux dernières histoires sont prévisibles mais suffisamment distrayantes pour oublier le manque d’originalité.

En ces temps d’incertitudes où beaucoup d’entre nous sont cloîtrés chez eux cette anthologie pourrait faire passer le temps à ceux qui trouvent le temps long. Cependant on peut regretter l’absence de prise de risque et le côté aseptisé de l’ensemble.

Note: 6/10

Depuis 2020 / Epouvante-horreur
Nationalité Norvège

Ton fils de Miguel Angel Vivas / Netflix

On reproche souvent à Netflix de mettre à disposition de ses utilisateurs des films à la qualité moyenne digne d’un téléfilm d’après-midi pluvieux. Pourtant en cherchant bien il existe sur la plateforme de streaming des films qui méritent l’attention des abonnés.

Ton fils est un film espagnol dont Netflix a acheté les droits de diffusion et l’a discrètement mis en ligne en mars 2019. L’acteur principal a été nominer pour les Goya pour son interprétation d’un père perclus de douleur et de rage.

Le film est un drame humain, empruntant quelques éléments au thriller mais également au vigilante movie américain, celui d’un homme qui voit sa vie voler en éclat après l’agression sauvage dont son fils a été victime. Le film est centré sur lui, la caméra le suit tout le long au plus près, conférant au film un sentiment d’étouffement qui résonne avec la détresse de ce père qui a perdu toutes illusions en la justice de son pays.

Certains reprocheront au film un rythme lent mais ce rythme est calculé sur le pouls de son personnage principal qui prend peu à peu conscience de sa solitude et que la rage prend le pas sur la raison jusqu’à l’irréparable.

Le film est une réflexion astucieuse sur notre rapport à l’image, il agit comme un rappel nécessaire à une époque qui privilégie la réaction sur la réflexion. Les deux scènes les plus insoutenables du film sont des vidéos. Quelques minutes où l’humanité déserte l’écran et où la cruauté règne. Une cruauté qui finira par envahir le quotidien de manière irrémédiable.

Note: 7/10

1 mars 2019 sur Netflix / 1h 43min / Policier
Nationalité Espagnol

The naked director saison un (Netflix)

Découvrez le parcours hors du commun de Toru Muranishi, que l’on surnomma le pape du porno, dans la première saison de cette série débridée.

Un tel pitch de départ pourrait en repousser plus d’un, pourtant la série mérite le coup d’œil à plus d’un titre. Tout d’abord son côté loufoque permet d’aborder le sujet principal de manière décontracté. L’aspect pornographique reste soft et moins vulgaire que ce à quoi on pourrait s’attendre. Les coulisses et les astuces de l’industrie sont dévoilés au fil des épisodes permettant de désacraliser un propos loin d’être aisé à traiter.

La série comporte également un aspect sociologique. Au fil des épisodes on voit la société japonaise changée, coincé entre une pudibonderie héritée des siècles passés où le rôle de la femme était plus effacé et l’arrivée de technologie qui désinhibe une population plus vite que ses dirigeants ne peuvent l’accepter.

Si le personnage principal est un homme et que le casting ne comporte qu’un seul rôle principal féminin, la série n’en est pas moins une ode féministe. Toru Muranishi a articulé toute son œuvre autour du plaisir féminin, il a ainsi pris le contre-pied de la production pornographique de l’époque où les actrices n’étaient que des réceptacles au plaisir masculin. En accordant à ses actrices une place centrale, le réalisateur participe à sa manière à la libération des femmes, du moins sur le plan de la sexualité.

Il est dommage que le ton léger et loufoque empêche la série de développer plus profondément ses personnages. Dès que le ton se fait plus sérieux, les créateurs évacuent la tension sans fioritures. Même si l’on peut comprendre qu’ils aient voulu conserver une unité de ton, il est regrettable que cela se fasse au détriment de la psychologie des personnages. Du fait de cette légèreté les personnages ont l’air de se sortir des épreuves trop facilement et sans conséquence. En témoigne le passage en prison de Muranishi.

Malgré ce léger défaut la série est un concentré d’énergie originale doublé d’un pari osé pour Netflix qui a du porter ses fruits puisque la série a apparemment été renouvelé pour une saison deux.

Note : 8/10

Depuis 2019 / 40min / Comédie, Drame, Biopic

Nationalité Japon