AGATHE PORTAIL : L’entretien (L’année du gel)

Salut à tous !
Interview de l’auteur Agathe Portail pour son livre : L’année du gel qui sort le 08 janvier 2020 au chez Calmann-Lévy TerritoiresAchat du livre : https://amzn.to/301xp26
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Emergency 911 de Ryan David Jahn

Résumé : A Bulls Mouth, Texas, quand on fait le 911, on tombe directement sur le Bureau du shérif. Collé derrière le central, son adjoint Ian passe ses journées à jouer aux cartes sur l’écran de son ordinateur tout en répondant aux rares appels d’urgence. Il faut dire qu’il n’a plus du flic que l’uniforme. Il y a sept ans, sa fille Maggie a été kidnappée, et l’enquête n’a jamais rien donné. Depuis, Ian s’est mis à boire, sa femme l’a quitté et le shérif lui a retiré son arme de service. Ce jour-là, il lui reste une heure à tirer quand il reçoit un coup de fil un peu spécial. « Je vous en prie, aidez-moi ! » La voix a changé, mais c’est bien sa petite fille qui l’appelle au secours avant que la communication ne s’interrompe brutalement. Ian n’a que très peu d’informations, mais il ne laissera pas Maggie disparaître une seconde fois. Alors il prend son sig Sauer, grimpe dans sa Mustang 1965 et part à sa recherche. Du Texas à la Californie, il enfile l’Interstate 10 à tombeau ouvert sur la trace du monstre qui lui a volé sa vie.

Chronique : Soyez prévenu, ce thriller est un bolide lancé sur une autoroute sanglante que rien ne peut arrêter.

Ryan David Jahn signe ici son second roman. Et il a décidé de nous emmener sur des montagnes russes dès le début du récit. L’ambiance s’installe rapidement, le nombre de personnages réduits permet un démarrage de l’action quasi immédiat. On est dans une situation d’urgence et l’auteur parvient parfaitement à traduire ce sentiment. L’action redescend un peu le temps pour l’auteur d’installer les éléments du drame à venir. Enfin les montagnes russes repartent vers les hauteurs pour ne plus jamais les quitter.

L’auteur place en miroir un homme obligé de devenir prédateur et un autre qui en est un de naissance. Un homme prêt à tout pour récupérer sa famille et l’autre prêt à tout pour la garder. Le tout sur fond de course poursuite et un final apocalyptique qui rappelle les meilleurs westerns.

Inutile d’en rajouter sur ce roman, un véritable shoot d’adrénaline qui ne laissera personne indifférent.

Note: 8/10

Éditeur Actes Sud Editions
Date de publication 7 mai 2014
Langue Français
Longueur du livre 402
ISBN-10 2330028687

L’interview de Serge Brussolo pour la sortie de ANATOMIK le 13/11/2019

Avec la parution du nouveau livre de Serge Brussolo aux Éditions Bragelonne voici une interview en 18 points avec le maitre français souvent comparé à Steven King.

Achat du livre : https://amzn.to/33D7Hls

Site de Serge Brussolo : https://brussolo-serge.pagesperso-orange.fr/

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L’interview de Serge Brussolo

1 : Que diriez-vous pour convaincre que l’histoire que vous écrivez est intéressante, importante et utile ?

Cela fait quarante ans que je publie, j’ai mes lecteurs fidèles, je pense que je n’ai pas à les convaincre que ce que j’écris va les intéresser, ils me font confiance. C’est du moins ce qui ressort des réactions que je reçois. Ils aiment le style d’histoires que je raconte, ils savent à quoi s’attendre. J’écris pour eux. Je n’ai jamais cherché à m’attirer un public généraliste, ce qui m’obligerait à faire trop de concessions. Certains éditeurs m’y ont encouragé, certes, mais ça ne me convenait pas. Le réalisme n’est pas mon élément naturel.

: À partir de quand le passé devient-il assez vieux pour être de l’histoire ? L’humain (dans le récit) pourquoi est-il un animal qui trébuche vingt fois sur le même caillou ?

La notion de passé est très relative. Quand j’évoque devant un jeune homme les événements de 1968 ça lui paraît aussi lointain que les Croisades ou la Guerre de Cent ans, or pour moi c’était hier. Einstein a écrit quelque chose à ce propos, je crois. L’homme ne tire jamais les leçons de l’expérience, il recommence perpétuellement les mêmes erreurs, c’est comme ça depuis la nuit des temps, et il en ira ainsi jusqu’à ce qu’il détruise la planète. Ce qui évolue, en revanche, ce sont les outils de destruction dont il dispose.

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3 : Comment démêler le vrai du faux dans les récits écrit pour un public qui dans son premier abord ne cherche pas un livre dit réaliste ?

Si l’on commence à se poser ce genre de question, on se gâche d’emblée le plaisir de la lecture ! Le lecteur doit jouer le jeu, se laisser prendre au piège du récit, s’abandonner au rêve, sinon ce n’est pas la peine d’ouvrir un roman, mieux vaut lire des traités de sociologie ou de mathématiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines personnes détestent les romans et les jugent inutiles.

4 : Est-il nécessaire d’avoir des connaissances solides dans un sujet pour arriver à en faire un livre ? La confiance que le public accorde à vos récits est-elle dangereuse ?

C’est sûr qu’il est préférable de ne pas dire de conneries dans un contexte réaliste, mais ce n’est pas tellement le domaine dans lequel j’évolue. La Fantasy ne prête pas le flanc à ce genre de critique. Maintenant, si l’on écrit un roman historique, il est préférable de savoir de quoi on parle. Cela dit, je ne vois pas en quoi raconter comment était fabriquée une armure peut s’avérer dangereux… A moins que le lecteur ne s’improvise forgeron ! Mais là cela relève de la bêtise. Il y toujours des esprits faibles, si l’on se met à censurer les livres à cause d’eux, on n’écrit plus rien.

5 : Que pensez-vous  de la multiplication des romans dits best-sellers ces dernières années ?

Les best-sellers ont toujours existé, ça n’a rien d’un phénomène nouveau. C’est le public, les médias et la publicité qui les fabriquent. Ils correspondent à une attente du public à un moment donné. Ils obéissent à un effet de mode, ainsi qu’à un certain conformisme, ce qu’on surnomme « l’effet moutonnier ». Puis le temps passe, et la plupart d’entre eux sont oubliés.

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6 : Voyez-vous le livre dématérialisé comme l’avenir de l’éducation et de l’information, et devrait-il donner plus de visibilité aux jeunes lecteurs ?

Il ne faut pas se leurrer, en tant que grand défenseur (et utilisateur) du ebook, j’ai pu me rendre compte qu’on se heurtait à une terrible résistance du public. Aux USA, le livre dématérialisé fonctionne très bien, il représente le quart des ventes totales du pays. En France, hélas, ce support ne prend pas, on est à peine à 4%.  A l’heure actuelle il est impossible de prévoir si le ebook a la moindre chance de survivre. Il faudrait que le jeune public s’y mette sans tarder car sinon les éditeurs laisseront tomber. Certains n’y croient déjà plus et se montrent très pessimistes. En ce qui me concerne, les ventes dématérialisées représentent 10% des ventes totales.

7 : L’idéologie a-t-elle sa place dans le récit ?

Chaque auteur à ses convictions, l’empêcher de les exprimer relèverait de la censure. C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe avec la généralisation du « politiquement correct », des choses ou des mots qu’il ne faut ni prononcer ni évoquer… Maintenant qu’on soit d’accord ou pas avec les idées de l’auteur relève d’un autre débat. Il convient de se méfier de la pensée unique.

8 : Que pensez-vous du travail de Stephen King qui vous est souvent comparé?

Je connais mal Stephen King, je n’ai lu que deux romans : Salem et Shining. Son fantastique n’est pas le mien, il est très ancré dans le réalisme, ce qui n’est pas mon cas. Je préfère le franc délire, les frontières qu’on repousse, voir jusqu’où on peu aller trop loin. 

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9 : Est-il conseillé de juger un roman en s’appuyant sur nos mœurs actuelles ? Peut-elle se transformer en propagande ? 

Encore une fois tout cela est très relatif. La notion d’admiration est toujours tributaire d’un moment historique. Au XIXe siècle on trouvait tel ou tel roman génial, aujourd’hui on estime que ces mêmes oeuvres sont des bouses et leurs auteurs de gros nuls… Il en ira de même pour notre période. Les « grands » auteurs d’aujourd’hui passeront probablement pour des has been dans trois ou quatre décennies… en admettant qu’on lise encore!

10 : Selon vous, est-ce que la science-fiction nous permet de réfléchir à un futur plus ou moins proche et d’éviter ainsi de potentiels dangers ? dixit votre nouveau roman « Anatomik »

C’était, à l’origine, le but de la SF, à travers une métaphore de faire la critique de nos sociétés. Tous les auteurs n’ont pas suivi cette voie, et le genre a peu à peu évolué vers la simple distraction. Dans les livres qui me passent entre les mains, je détecte souvent une idolâtrie excessive de la technique. Une vénération de la Science qui confine à la religion. Ce manque de recul critique me gêne un peu.

11 : Que pensez-vous du paysage de la littérature dite de genre actuel et de son évolution ?

Pas grand-chose car j’en lis très peu. Je suis gêné par le formatage des genres comme le thriller qui ne nous présente plus guère que des histoires de serial killer, et cela depuis plus de vingt ans! ça m’ennuie, et ça a grandement contribué à m’éloigner du genre.`

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12 : Existe-t-il une concurrence entre les auteurs ?

Concurrence je ne sais pas, mais une grosse jalousie, oui c’est sûr, en dépit des grandes claques dans le dos que s’envoient les écrivains. Dès qu’on a le moindre succès, on devient un concurrent, et c’est mal vu.

13: Sont-ils plus suivis pour leur personne que pour leur contenu ?

Non, les auteurs ne sont pas des stars de cinéma. L’écriture reste un métier obscur, qui n’a rien de glamour ni d’excitant aux yeux de la plupart.

14 : L’argent nuit-il au métier ?

Etant donné le faible pourcentage des droits que touchent la plupart des auteurs j’aurais plutôt tendance à reformuler la question en « Le MANQUE d’argent nuit-il au métier? » Rappelons que 90% des écrivains sont obligés d’exercer un autre métier pour survivre. Les médias ne cessent de mettre en avant les auteurs fortunés, mais ils oublient de préciser que ces rares privilégiés sont extrêmement peu nombreux.

15 : Combien de temps passez-vous à écrire et quel sont vos loisirs extérieurs ?  

 Ecrire est pour moi un plaisir, donc un loisir à temps complet. La durée d’écriture dépend du livre, de l’humeur, des événements extérieurs. Trouver les idées peut prendre plusieurs années, l’écriture du manuscrit deux ou trois mois pour le premier jet, viennent ensuite les corrections. Il n’existe pas de règles. J’ai écrit certains roman en dix jours (comme Simenon) d’autres en un an, voire davantage.

16 : Malheureusement le cinéma et vous ne vous êtes pas donné rendez-vous, mais êtes vous cinéphile ?  Quels sont les films et séries que vous aimez ?

Je ne considère pas le cinéma comme une promotion, donc le mot « malheureusement » est de trop. Je n’ai aucun regret, mais plutôt un certain soulagement. J’ai refusé beaucoup de propositions parce que je ne voulais pas voir mes romans massacrés. Les scénarios qu’on me présentait étaient le plus souvent absurdes ou sans aucun rapport avec le livre.

Je n’ai rien d’un cinéphile, je reste un homme du livre. Pour moi, le cinéma est une aimable distraction, rien de plus, ça ne me passionne pas. Si je « regarde » une série, c’est d’un œil distrait, la plupart du temps en faisant autre chose.

17 : Comment voyez-vous votre avenir dans les prochaines années ?

A mon âge il est conseillé de ne pas faire de projets, mais plutôt de profiter de l’instant présent.

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18 : Pouvez nous donnez des indices sur vos prochaines sorties et où en sont vos projets jeunesses comme Peggy Sue où Elodie ?  

Les prochaines sorties sont sur mon site perso, dans les mois qui viennent je compte me focaliser sur l’auto-édition numérique (gratuite) pour des raisons de liberté d’écriture. Les contraintes éditoriales me sont devenues insupportables.  Je n’écris plus d’ouvrages « jeunesse » depuis presque dix ans. Ce cycle était lié à un éditeur, Olivier Orban chez Plon, qui me laissait toute liberté d’écriture (qu’il en soit remercié!) Je ne suis pas certain qu’aujourd’hui on me permettait d’écrire ce genre de texte, donc je préfère m’abstenir, je n’ai pas envie de batailler contre la censure, j’ai passé l’âge.

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Le Jeu du Chuchoteur de Donato Carrisi | 2 octobre 2019

En pleine nuit d’orage, l’appel au secours d’une famille. Autour de leur maison, un homme à capuche qui rôde. La police n’arrive qu’au petit matin. Le spectacle d’un carnage: du sang partout. Mais aucun corps. Ni parents. Ni enfants.

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Chronique : Après le finale plein d’adrénaline et surprenante du tome précédent Maria Elena Vasquez démissionne et décide de devenir mère, abandonnant son travail dans les limbes. Pour la première fois, elle a mis sa fille Alice devant ce qui était sa mission : retrouver les personnes disparues. Maintenant, Elle vit au bord d’un lac, essayant d’avoir une vie normale. Mais l’obscurité qu’elle a toujours ressentie en la cherchant, ne veut pas la laisser partir, et l’arrivée de Johanna Shutton, brise son calme la ramène au pire de ses cauchemars.

Elle verra Mila se lancer dans une course folle contre la montre, en compagnie d’une vieille amie qui ne refuse pas son aide. Et encore une fois, les ténèbres engloutissent le lecteur, lui faisant croire ce qu’il n’est pas, et lui donnant l’illusion d’avoir compris de découvrir alors, après quelques pages, que rien n’est comme il paraît, car…..

Commencer à lire un livre de Carrisi, c’est comme monter sur un siège de montagnes russes et commencer une folle aventure, dans laquelle vous ne pouvez pas prédire où vous finirez, et quels virages vous prendrez. Une fois de plus, nous suivrons Mila dans une enquête quelque peu surréaliste, qui nous mènera dans un monde sans règles, où tous les désirs les plus pervers peuvent être satisfaits, où il n’y a ni loi ni punition, rencontrant des personnages incroyablement caractérisés qui restent longtemps gravés dans l’esprit du lecteur.

Mais c’est le personnage de Mila qui frappe le plus pour le meilleur et pour le pire. Son alexithymie la rend extrêmement originale et sert d’excuse à plusieurs de ses attitudes vraiment incroyables. Sa folle curiosité qui la met en danger et son incapacité à évaluer soigneusement les risques auxquels elle est confrontée, sont des aspects qui finissent par l’isoler de ses amis, mais qui lui permettent presque toujours de garder le sang froid nécessaire pour relier des lambeaux d’indices. Sa force, véritable talon d’Achille, est son désir de savoir et cette pathologie qui ne lui permet pas de ressentir des émotions.

Mais il y a un prix à payer. Le manque d’empathie était une affinité dangereuse avec les monstres qui se nourrissent de la souffrance de leurs victimes sans pouvoir avoir pitié d’elles.
Je veux voir ce qu’il y a derrière le rideau, regarder le magicien dans les yeux et démasquer le tour.

Ici, pour la première fois, nous commençons à mieux connaître Alice, un personnage qui semble destiné à avoir de plus en plus de profondeur, et sur qui pèse l’ombre de ce père qui est si important pour elle, mais qui en réalité ne l’a jamais vraiment connue.

Carrisi est un écrivain incroyablement talentueux, capable de tisser des intrigues extraordinairement complexes, qui captivent jusqu’à la dernière page. Ses fins alors, qui ouvrent toujours de nouvelles lueurs nous laissent avec le désir de découvrir ce qui n’est pas encore arrivé, parce que le mal ne peut pas être arrêté, il y’a toujours quelqu’un qui attend pour frapper dans l’ombre. Pour chaque question à laquelle on répond, il y en a d’autres qui attendent des explications.

C’était un livre que j’ai lu sans pouvoir le clore jusqu’à la fin, et cela m’a vraiment donné des émotions fortes. Il peut être lu comme Autonome mais après avoir lu les précédents, il permet une vue d’ensemble beaucoup plus articulée et détaillée, offrant une expérience de lecture beaucoup plus complète et intéressante, qui ne peut échapper à ceux qui aiment le genre.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 380 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (2 octobre 2019)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702166776

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Pirates (8 juin 2017) de Fabrice Loi

Tony Palacio, forain, trompettiste de jazz, décide de tenter sa chance à Marseille. Entre survie et petits trafics, il y rencontre Max Opale, un ancien militaire devenu expert en balistique. Tour à tour ami, mentor et rival, Max initie Tony à la violence dans une enquête liée aux pirates de Somalie. Pirates dessine un portrait de Marseille, ville splendide et brisée, et des infortunés d’ici et d’ailleurs. C’est aussi le récit d’un mystère africain, et des conflits contemporains, aux guerres fragmentées qui prospèrent sur l’oubli et le mensonge.

Chronique: Voici un roman d’aventure qui nous change des habituelles autofictions françaises qui semblent passionner les critiques littéraires!
Enfin un récit qui prend les problèmes de notre société à bras le corps! Ici, il s’agit du scandale des déchets nucléaires qui sont enfouis en Afrique en relation avec les mafias corses et italiennes. Ceci n’étant qu’un secret de polichinelle que les responsables politiques feignent d’ignorer.
Fabrice Loi est diplômé en histoire, passionné par les défis démocratiques en Afrique; ceci donne plus de poids à son roman.
Bien sûr, on peut ne pas aimer le ton souvent démonstratif et violent, mais on sent la passion de l’auteur dans son propos. Les trois personnages ont une épaisseur, surtout Tony, le jeune forain qui abandonne sa roulotte pour venir jouer de la trompette à Marseille. Il va se retrouver embarqué dans une aventure qui le dépasse, par le séduisant Opale, vieux baroudeur aguerri qui mène une enquête liée aux pirates de Somalie. Mais qui sont les pirates les plus dangereux pour l’avenir de l’Afrique? L’auteur brosse successivement des portraits saisissants issus du monde gitan, de Marseille, de Monaco, de la corne de l’Afrique et de ses pilleurs de navires. Le livre est beaucoup plus un roman social qu’un polar classique et les informations de l’auteur ne sont certainement pas issues des canaux médiatiques habituels.

Note: 8,5/10

 

  • Poche: 368 pages
  • Editeur : Folio (8 juin 2017)
  • Collection : Folio

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De cauchemar et de feu (3 mai 2017) de Nicolas Lebel

Paris, jeudi 24 mars 2016  : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules  : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Chronique : Voici le quatrième opus du capitaine Mehrlicht et aussi le meilleur; on ce retrouve face à un superbe roman à suspens moderne; en totale immersion. Le lecteur est tout de suite dans le bain et si vous ajoutez à cette enquête qui prend des proportions inattendues le menant à un fait historique proche : un massacre mystérieux alors vous vous trouvez à ne plus pouvoir lâcher le livre. Le mélange du polar et de l’angoisse est vraiment parfait et ajoute quelque chose de très agréable à l’histoire. Le personnage principal qu’est le capitaine Mehrlicht est très fort et on s’habitue à lui avec même si il peut rebuter. Le style de l’auteur est très fort, il sait mêler habilement les genres pour le plus grand plaisir du lecteur. L’aventure est aussi passionnante par les personnages  rencontrés. Sous nos yeux se déroule l’incroyable, l’inédit, l’inconcevable. L’auteur réussit à nous tenir en joue, à nous berner avec une extraordinaire maîtrise.Un jeu diabolique et surprenant qui entraîne dans sa chute tous ces participants. Un  polar choc qui ce lit d’une traite.

Note : 9/10

  • Broché: 416 pages
  • Editeur : Marabout (3 mai 2017)
  • Collection : Marabooks

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Lettres de chair (13 avril 2017) de Peter JAMES

Le commissaire Roy Grace comptait se consacrer à son déménagement, mais ses projets sont bousculés : une jeune femme de Brighton vient de se volatiliser et son cas émeut la ville entière. Le seul indice : un téléphone, retrouvé sur les lieux de sa disparition.

Chronique :Peter James est de retour pour créer un mystère réfléchi. Cette histoire continue quelques-unes des lignes du précédent roman , surtout en ce qui concerne la longue femme disparue de Roy, Sandy, et les personnages continuent également d’être présent . Norman Potting est aussi attachant que jamais, Glen, le grand ami de Roy revient, et l’épouse de Roy, Cleo, a encore un rôle.Même la brève description de Marlon – le poisson rouge est intéressant,on peut le voir nager autour. De nouveaux personnages sont introduits et le nouvel administrateur adjoint Cassian Pewe nouvellement nommé est réuni avec Grace. Lui et Grace ont une histoire difficile, et nous n’avons aucune idée de la façon dont tout cela fonctionnera. Le rythme est rapide, les crimes horribles, les nouveaux personnages fascinants et l’intrigue ont été remis à l’auteur par un détective d’un crime qu’il avait couvert. L’histoire est racontée sous trois angles différents, du point de la victime, Logan Somerville et l’auteur. Nous voyons cette histoire de tous les côtés. Et, comme toujours, le mystère toujours présent de la femme disparue de Sandy, Sandy, est au premier plan. Elle a disparu il y a dix ans et a été déclarée morale. Excellent.

Note : 9/10

Nombre de pages : 430 pages

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La Veuve (12 janvier 2017) de Fiona BARTON

La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

Chronique : Fleuve Noir nous présente un petit bijou entre policier et roman noir Fiona Barton sait nous promener dans des faux-semblants.
Le rythme du roman est très entraînant. En quelques pages, on sent l’envie de comprendre cette histoire, de plaindre Jane et de savoir la vérité. Car rien n’est vraiment clair avant la fin. On nous donne beaucoup d’indice mais doute est là même si le lecteur entrevoit des réponses potentielles, mais chaque personnage reste assez secret pour se dire qu’on fait fausse route. Le paradoxe mis en place sur les personnages donne un côté très réaliste à l’histoire, et on frissonne à l’idée d’imaginer qu’il puisse exister de tels êtres sur Terre. La petite Bella est quant à elle omniprésente dans ce roman, mais sans jamais vraiment y apparaître. Tour à tour la victime ou l’enfant chérie, elle est le fil conducteur d’une histoire glaçanteLes différents chapitres sont précédés de la date et du personnage que l’on voit évoluer dans ce chapitre : la veuve, la journaliste, l’inspecteur. Les dates vont d’octobre 2006 puis évoluent jusqu’à revenir à la date indiquée au début du livre juin 2010. Nous suivons ainsi le moment de la disparition, puis les avancées de l’enquête, le procès, la mort du suspect annoncée au début du roman et les réactions de la veuveUn très bon thriller psychologique avec un découpage très intéressant et une intrigue prenante. À découvrir pour tous les amateurs de thrillers psychologiques.

Note : 8,5/10

 

  • Broché: 416 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (12 janvier 2017)

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Schuss (4 novembre 2016) de Boileau-Narcejac

« On peut nous imiter, murmure-t-il. Je ne suis pas seul à travailler sur ce ski. Je suis bien obligé d’avoir des collaborateurs, au laboratoire, à l’atelier d’assemblage, bref, tout le long de la chaîne de fabrication. C’est pourquoi je vous le répète : le temps joue contre nous. Qu’on commence à murmurer « Il y a du nouveau chez Combaz », et vous verrez les concurrents pointer leur nez. Ce genre d’espionnage, ça existe. Et alors, ce sera, en moins de deux, non pas la contrefaçon mais une formule toute voisine… Enfin, quoi, je ne vais pas vous faire un dessin… »

Critique : Incontestablement, l’un des plus clairs et aussi l’un des meilleurs ouvrages du tandem policier français. Ce récit est, à la fois, merveilleux et enrageant . L’écriture est simple, par contre l’intrigue est assez bien construite. Un thème qui apparaît dans « Sueurs Froides » et « Celle qui n’était plus » réapparaîtra dans « Terminus ». C’est une vraie obsession pour ces auteurs. La personne qui tire les ficelles n’est pas celle que l’on croit. De rebondissement en rebondissement, on se laisse prendre au jeu.
Beaucoup de finesse et une très belle écriture dans la transcription des sentiments et des émotions des différents personnages.
Ce livre est un petit bijou…

Note : 9,5/10

 

  • Nombre de pages  : 224 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (4 novembre 2016)

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Tant que dure ta colère (1 septembre 2016) de Asa Larsson

Une nouvelle enquête de Rebecka Martinsson
Au nord de la Suède, à la fonte des glaces, le cadavre d une jeune fille remonte à la surface du lac de Vittangijärvi. Est-ce son fantôme qui trouble les nuits de la procureure Rebecka Martinsson ? Alors que l enquête réveille d anciennes rumeurs sur la mystérieuse disparition en 1943 d un avion allemand dans la région de Kiruna, un tueur rôde, prêt à tout pour que la vérité reste enterrée sous un demi-siècle de neige…
Après Le sang versé et La piste noire, Asa Larsson, nous entraine une fois encore dans une intrigue aussi complexe qu envoûtante, où elle dissèque les recoins les plus obscurs de l âme humaine.

Critique : Ce roman suit l’enquête de la procureure Rebecka Martinsson dans la région de Kiruna que connaît parfaitement l’auteur puisqu’elle a grandi dans cette région située au-delà du cercle polaire arctique, à l’extrême nord de la Suède. Ce livre fait partie d’une série de cinq ouvrages (le sang versé et la piste noire sont déjà parus)
L’enquête est bien menée, il y a un vrai jeu entre les personnages, les policiers qui ont des ressentiments à la suite d’événements passés…
Ce livre est écrit à deux voix, à la troisième personne habituelle en alternance avec ce que ressent Wilma qui meurt au début de l’histoire, une façon de faire parler les morts, mais sans y glisser d’invraisemblances . Nous sommes dans un village du nord de la Suède, le printemps n’en finit pas d’arriver lorsque le corps de la jeune fille est découvert et que commence alors l’enquête. C’est la vie d’une petite ville, ce que certains aimeraient cacher de leurs actions durant la Seconde Guerre mondiale, ces démons que l’on voudrait rester enfouis, le pouvoir de protagonistes qui ont leurs propres lois et savent ne jamais se faire prendre, les doutes de Rebecka sur sa relation avec Mans et la volonté de rester vivre ici, loin de la ville. Les personnages du substitut et de la « flic », sont bien détaillés et une fois cette histoire commencée on a hâte de comprendre la motivation des assassins.
Un bon polar qui ce lit très rapidement pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

Note : 9/10

 

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (1 septembre 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE517Y2oM-J5L._SX341_BO1,204,203,200_.jpg