Wild blue yonder : Les Aventuriers du ciel (23 août 2017) de Mike Raicht et Austin Harrison

Dans un futur post-apocalyptique, les hommes ont quitté la terre pour le ciel et vivent désormais dans des forteresses volantes. Cola, jeune pilote descendant d une famille d’aviateurs, se bat tous les jours pour protéger des pirates de l’air sa cité alimentée par l énergie solaire. Car les réserves de munition et de carburant se tarissent peu à peu, et les hommes deviennent prêts à tout pour survivre. Chaque jour, le ciel s’embrase du feu des batailles entre avions et guerriers aéroportés. Et le monde sombre peu à peu dans le chaos…
Dans un univers évoquant autant le Nausicäa de Miyazaki qu une version aérienne de Waterworld, Wild Blue Yonder nous embarque pour une aventure époustouflante aux confins du ciel.

Chronique : Une histoire amusante dans un avenir où la pollution et la guerre ont rendu la plus grande partie de la terre du monde dangereuse à vivre. L’air est fortement pollué. Mais, au-dessus des nuages, l’air est encore propre. Une partie de l’humanité s’est maintenue en volant au-dessus des nuages. La plupart des navires continuent à courir sur des combustibles fossiles et doivent visiter la terre et ont une certaine base où le charbon et d’autres combustibles sont transformés pour les navires. Mais, cela ne durera pas éternellement.
L’histoire s’ouvre avec une fille qui traverse un avion et visite un pub où elle cherche une autre personne à rejoindre son navire pour un travail dangereux. Son recruteur (et le lecteur) est introduit dans son navire volant et vient découvrir qu’il est le grand navire dans le ciel qui ne sort pas de tout combustible fossile.

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L’auteur ne précise pas de quoi le navire est écoulé . Naturellement, ce navire est une cible d’autres qui se rendent compte qu’ils ne peuvent pas ravitailler leurs navires pour toujours.  Une histoire d’apocalypse intéressante. Comme snowpiercer mais dans le ciel avec des personnages qui sont fous, l’auteur ne développent jamais leurs personnalité mais cela ne dérange pas on est en plein dans l’action.
La narration de Zack Howard est superbe même si parfois déroutant, comme certains panneaux de combat sombres surdimensionnés. La couleur de Nelson Daniel est vraiment bonne et ajoute une valeur réelle à l’aspect général du livre. L’histoire ce lit d’une traite avec un aspect très cinématographique. Une très bonne découverte.

Note : 9,5/10

  • Broché: 192 pages
  • Editeur : GLENAT (23 août 2017)
  • Collection : Glénat Comics

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Gary Cook Tome 1 (31 août 2017) de Antoine Jaunin et Romain Quirot

Dans un monde recouvert par les flots, une seule chance de survie : embarquer à bord de gigantesques navettes spatiales. Gary Cook a grandi sous le pont des Oubliés, l’un des derniers refuges sur cette Terre condamnée. À quinze ans, il passe le plus clair de son temps avec Max et Elliott à bord du Neptune, leur modeste bateau de pêche. Les trois amis rêvent de prises fabuleuses et d’aventure. Autour d’eux, pourtant, le monde touche à sa fin.

Chronique :  Les éditions Nathan sorte ce roman avec de gros moyen dont une superbe bande annonce digne d’un très bon court métrage et le matériel qu’est le roman en vaut la chandelle. Une superbe surprise littéraire pour cette année 2017 et en plus écrit par des français. L’histoire est centré sur Gary qui  fait équipe avec ses amis Max et Elliott pour tenter de survivre sur le pont des oubliés, grâce à leur pêche.
Car les humains disparaissent de la terre et il ne reste que des enclaves en attendant la maladie et la mort.
Leur espoir est d’attraper un gros poisson à défaut de pouvoir intégrer les rares navettes qui s’envolent vers le ciel et l’inconnu et qui semblent réservées aux habitants énigmatiques des tours blanches.
Mais la situation se détériore. Les expulsions se multiplient et la fin semble proche, fissurant le peu d’humanité de ce lieu.
C’est alors que la rumeur court qu’à la prochaine course fantôme qui a lieu sur la mer, des places pour Deucalion VII sont à gagner…
Un récit d’aventure dans un monde apocalyptique qui prend ancrage dans un port avec un héros qui se cherche et qui va devoir affronter bien des épreuves ! Au premier abord, Gary n’est pas très sympathique. Il ne s’affirme pas. Il se laisse bouffer par ses peurs.  L’ambiance du récit à une sorte de poésie se matérialise dans les réflexions du héros quand il se laisse aller à réfléchir vraiment. On est dans une sorte de Mad Max avec les habitants du Pont des Oubliés qui ont cette rage de vivre et cette colère qui nous marquent tant et sont prêts à tout pour arriver à leurs fins, quitte à oublier la morale. L’écriture est très cinématographique, toujours dans l’action mais sans oublier de décrire le magnifique décors brumeux dans lequel les personnages se trouvent. Vive le tome 2.

 

Note : 9,5/10

  • Broché: 396 pages
  • Editeur : Nathan (31 août 2017)
  • Collection : GF GARY COOK

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TEST DVD : Nemesis (Sam Was Here) ( 6 avril 2017) de Christophe Deroo avec Rusty Joiner, Sigrid La Chapelle

Représentant de commerce, Sam Cobritz est envoyé faire du porte à porte dans la région désertique du sud de la Californie. Après n’avoir croisé que des maisons vides et des portes closes, Sam doit se rendre à l’évidence, les habitants ont disparu. Sur le chemin du retour, les événements troublants se multiplient : sa voiture a été sabotée, d’inquiétants messages de menace lui parviennent, et la police le prend en chasse. Seul, dans l’inconnu, pourra-t-il s’extirper du piège qui semble se refermer sur lui ?

Chronique : Un film magnifique basé sur l’histoire d’un homme perdu en plein dessert californien où il cherche ce qui est arriver au habitant. Si le fil conducteur du film est classique, il fait surtout le portrait en biais d’une Amérique exsangue qui tire la gueule devant le capitalisme omnipotent et que la crise a mis à genoux. Tout y est, sans cliché, juste avec une authenticité réelle et savoureuse. Mais le succès du film est dû aussi à la présence de Rusty Joiner qui est remarquables. L’histoire est haletante du début jusqu’à la fin, les dialogues sont peu nombreux mais savoureux surtout qu’ils sont empreints d’un humour et les paysages sont somptueux; même si la fin est un peu étrange le film fait plaisir à voir surtout pour un premier film et d’un français. Bravo.

Note : 9/10

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Test DVD :

Image :Une image au piqué affuté, extrêmement détaillée et aux couleurs profondes. Belle tenue des couleurs.  Les ambiances sont parfaitement retranscrites surtout lors des scène dans le desert  et le support se révèle d’une grande efficacité. Les contrastes donnent un volume et une profondeur à l’image à la hauteur de l’ensemble

Son : Le son bénéficie d’une grande qualité sonore et il est parfait. Les effets sonores du film envahissent les différents canaux, avec beaucoup de précision et de dynamique.

Bonus :  Côté Bonus,un bel entretien de Christophe Deroo nous permet de découvrir de l’intérieur la création de ce film.

Entretien avec Christophe Deroo (14′)

 

  • Acteurs : Rusty Joiner, Sigrid La Chapelle, Hassan Galedary, Rhoda Pell
  • Réalisateurs : Christophe Deroo
  • Audio : Anglais, Français
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région B/2
  • Rapport de forme : 2.35:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Condor Entertainment
  • Date de sortie du DVD : 4 avril 2017
  • Durée : 75 minutes

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L’Autoroute sauvage Vol. 3: Kilomètre Zéro (22 mars 2017) de Mathieu Masmondet et Zhang Xiaoyu

Le monde d’aujourd’hui n’est plus. Au milieu des décombres de notre époque, les hommes évoluent dans un environnement sauvage et menaçant, où la survie a pris le pas sur l’humanité. Certains se regroupent, d’autres choisissent la solitude. C’est le cas de Mo, imposant et taciturne, qui parcourt l’autoroute au rythme des saisons. Hélène, elle, a quitté sa communauté pour retrouver sa sœur enlevée par une bande de pillards. Lorsque Mo sauve la vie d’Hélène, tous deux poursuivent ensemble leur route, unissant leur destinées…

Chronique : Une très très très bonne bd post-apo qui est toujours dans l’ère du temps, le « parlé » utilisé ici est juste excellent, pas mal d’argot mais pas spécialement vulgaire, on s’attache drôlement aux personnages, on vit avec eux on à peur avec eux.
Les décors sont juste excellent..
Très réaliste sur le point de vue de la survie, entre les groupes qui cherchent à attraper des solitaires pour les rôtir et les solitaires qui sont forcés de s’entraîner au combat rapide et rapproché pour esquiver les groupes, un poil de fantastique au milieu de tout ça et on a le droit à un cocktail du tonnerre  !Le scénariste a pris beaucoup de libertés avec le roman d’origine, mais ce « rajeunissement » est plutôt agréable. , le dessin est fortement influencé par Katsuhiro Otomo et les manga, sans être un pastiche comme on peut en voir; Mathieu Masmondet et Zhang Xiaoyu nous offre une belle conclusion à ce récit.

Note : 9/10

  • Album: 56 pages
  • Editeur : Les Humanoïdes Associés (22 mars 2017)
  • Collection : HUMANO.HUMANO.

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Les damnés de l’asphalte (3 janvier 2017) de Laurent Whale

Quinze ans après avoir contribué à stopper l’invasion qui menaçait la France ravagée par la violence, Tom Costa est porté disparu. Miki, son jeune frère désormais responsable de la petite communauté installée à Port Leucate, aidé de Cheyenne, l’ancien hors-mur, se lance à sa recherche et va devoir affronter les périlleuses routes d’Espagne pour retrouver sa trace. Il ne se doute pas qu’il va faire face à une menace bien plus grande que toutes celles qu’il a pu imaginer, une menace qui va, de chemins tortueux en routes défoncées, le transformer ainsi que ses compagnons en damnés de l’asphalte. Roman d’aventures post-apocalyptiques, suite de Les étoiles s’en balancent mais qui peut se lire indépendamment, Les damnés de l’asphalte offre un divertissement intelligent où la poursuite de la vérité et la fidélité sont les maîtres mots.

Critique :  15 ans se sont écoulés depuis le livre « les étoiles s’en balancent ».
La situation, les personnages ont continué leur bonhomme de chemin. Le lecteur doit se réajuster.
Après l’épopée en avion, voici celle à cheval.
Tom, principal héros du premier livre, et son copilote partis en avion trouver une terre plus hospitalière, sont portés disparus. Miki son jeune frère décide de partir à sa recherche accompagnée du fils de Tom, de Toni l’autre pilote, de Cheyenne l’Hors Murs devenu leur meilleur ami. Comme ils n’ont plus d’avion, ils doivent partir à cheval à travers des contrées désormais plus ou moins sauvages et inconnues. Ils vont rencontrer des fous/fanatiques de « Dieu », des bateaux roulants, des enfants esclaves et des êtres bizarres venus des fonds marins et qui semblent bien menaçants…
Un superbe périple, plein de rebondissements, de péripéties de belles et moins belles actions, de morale, de tristesse et de joies. On frémit pour les héros et l’auteur qui nous fait traverser, cette fois, l’Espagne postapocalyptique et ses causes sur l’effondrement de notre civilisation au fur et à mesure de la lecture.
L’univers mis en place est très bien décrit.

Note : 8,5/10

 

  • Poche: 576 pages
  • Editeur : Folio (3 janvier 2017)
  • Collection : Folio SF

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Encore faut-il rester vivants (7 octobre 2016) de Anne Ferrier

Dans un monde dévasté par une éruption solaire, une étrange épidémie se répand parmi les décombres, interdisant le moindre contact entre les hommes. Julia, Shawn et Mouette, qui n’avaient jusque-là rien en commun, tentent de survivre ensemble. Ils doivent rester sur leurs gardes coûte que coûte pour éviter les mauvaises rencontres : en particulier les survivants devenus agressifs depuis qu’ils ont été contaminés par un mystérieux virus. Très vite, Julia, Shawn et Mouette décident de fuir loin des villes. Mais la menace est là, présente partout… Leur cauchemar ne s’arrêtera-t-il donc jamais ?

Critique: Un très bon livre post-apocalyptique où  nous avons affaire à un trio d’adolescent piégés dans la ville après une éruption solaire. Par chance, ils n’étaient pas dehors et n’ont pas directement était touchés par les radiations. Ceux qui n’ont malheureusement pas eu cette chance sont morts sur le coup ou transformés en zombies. On va donc les suivre durant tout le livre dans leur périple.
Avec un résumer on à peur d’avoir un mix entre 28 jours et Walking Dead mais l’auteur est bien intelligent et va nous faire entrer dans son univers sans temps mort avec beaucoup d’action. On est face à un turn over des plus appréciable ou chacun des enfants ne peut se toucher.On à donc de beau moment de confiance entre chacun pour avoir de la complicité dans les épreuves. Ils doivent s’adapter à ce qui leurs arrivent, on les aime tant qu’il sont avec nous, Anne Ferrier nous fait vibrer avec une  fin originale dans son exécution. On ne s’attend pas forcément à cela, mais on en appréciera que plus la tournure. On vous recommande cette plongée glaçante dans un monde qui pourrait être celui de demain.

Note : 9/10

  • Broché: 252 pages
  • Editeur : Magnard Jeunesse (7 octobre 2016)
  • Collection : M les romans

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Le Jardin des Epitaphes Tome 1 (28 septembre 2016) de Taï-Marc Le Thanh

Suite à une série de catastrophes, appelées « épitaphes », le monde se retrouve plongé dans le chaos. Un ado, doté de super pouvoirs mais qui émerge de deux années d’amnésie, retrouve son petit frère et sa petite soeur cachés à Paris. Ensemble, ils font route vers le Portugal, seul endroit où ils pourront prendre la mer afin de rejoindre leurs parents à San Francisco. Mais leur chemin sera semé d’embûches et de grands dangers. Il leur faudra affronter les conséquences d’un monde dévasté.

Critique : Un merveilleux récit d’aventure issu d’un univers imaginaire très riche, ce récit inventif captive. Maîtrisant à merveille l’art de la plume, l’auteur parvient  à faire naître émotion et suspense.  Les épreuves s’enchaînent et sont de plus en plus dangereuses pour nos vagabonds. Les personnages sonnent juste, le grand frère fait tout pour protéger/préserver au maximum les plus petits de la fratrie. du coup, bien que le grand soit fort très fort même, on ne suit pas un roman avec des enfants, ici on a un grand qui gère comme il peut les petits avec des réussites et des loupés. Et ce sont ces loupés qui font que le récit sonne vrai. On se laisse surprendre par chacune d’entre elles, espérant que nos protagonistes viennent à bout de cette terrible aventure sains et saufs.
L’histoire trépidante, bénéficiant d’un rythme soutenu subtilement dosé -Taï-Marc le Thanh jouant volontiers sur les nerfs du lecteur-, s’achève de manière à laisser le lecteur avec ses conjectures concernant les événements à venir.

Note : 9/10

 

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Didier Jeunesse (28 septembre 2016)
  • Collection : Fictio

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Latium (Tome 1) (3 octobre 2016) de Lucazeau,Romain

Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l’espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer. Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du retour de l’Homme, elle dérive depuis des siècles aux confins du Latium, lorsqu’un mystérieux signal l’amène à reprendre sa quête. Elle ignore alors à quel point son destin est lié à la guerre que s’apprête à mener son ancien allié, le proconsul Othon. Pétri de la philosophie de Leibniz et du théâtre de Corneille, Latium est un space opera aux batailles spatiales flamboyantes et aux intrigues tortueuses. Un spectacle de science-fiction vertigineux, dans la veine d’un Dan Simmons ou d’un Iain M. Banks

Critique : Un Space Opera post-apocalyptique assez dingue pour ce roman de Romain Lucazea qui nous offre un livre avec de profondes réflexions psychologiques et philosophiques inspiré par de nombreux grands-maîtres de la SF dont on reconnais la pate à la lecture = Banks, Simmons, Asimov, Clarke. L’auteur va développer une histoire qui  place des milliers d’années après la disparition de l’homme. Des intelligences artificielles dont les corps sont des vaisseaux vastes comme des petits pays – et contiennent des automates qui constituent des parties de leur personnalité et continuent de vivre en vénérant l’Homme mais parce qu’ils sont programmés. Durant la lecture on s’attache à Plautine, cette intelligence qui s’est elle aussi isolée des autres automates et a créé en son sein une version biologique d’elle-même, si proche de l’Homme, une sorte de Blade Runner . On a hâte de lire le tome 2.

 Note: 9/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (3 octobre 2016)
  • Collection : Lunes d’encre

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Au fil du temps de George R-R Martin

« Dire que Martin est brillant relève du pur euphémisme. » Jean-Pierre Lion, Bifrost 74
Une forteresse imprenable, dont la reddition pourrait bien signer la fin du monde. Des zones de guerre converties en séjours touristiques. Un vaisseau spatial chargé de la protection de l’humanité. Un joueur d’échecs capable de voyager dans le temps. Le destin des États-Unis suspendu à la visée d’un sniper. En sept nouvelles, George R. R. Martin nous invite à un voyage au fil du temps, mélange de science-fiction et d’uchronie.
Mondialement connu pour sa série du Trône de fer, adaptée en série télévisée par HBO sous le titre Game of Thrones, George R. R. Martin fut un brillant novelliste avant d’être un romancier acclamé. Se jouant de tous les genres avec une facilité déconcertante, il déploie ses qualités de conteur sur la forme courte avec virtuosité, créant des ambiances et des personnages incomparables. C’est tout un pan insoupçonné de la carrière de l’un des auteurs majeurs du XXe siècle qu’Au fil du temps vous invite à découvrir.

Critique: « Au fil du temps »,  est paru en novembre 2013 chez ActuSF est un recueil qui rassemble sept courtes histoires.                                                                                                            -« La Mort est mon héritage », un ancien espion atteint d’un cancer va chercher à partir sur un dernier baroud : l’assassinat du prophète, un sénateur au discours populistes prônant le fascisme. Si le personnage principal semble ne rien avoir d’honorable, son but semble l’être un peu plus puisqu’il veut empêcher le pire de se reproduire. La nouvelle qui devait mettre en scène un ersatz de James Bond se révèle bien vite sombre et pessimiste.
– « Week-end en zone de guerre » où un américain moyen va aller participer à un jeu de combats avec balles réelles et où l’on tue donc pour de vrai. Plutôt effrayé au départ, ce participant n’a qu’une envie : s’enfuir, mais le mépris de ses collaborateurs va le faire changer d’avis. Ce texte est violent et cynique, utilisant ce « sport » pour démontrer la violence américaine, mais pas celle des armes, plutôt celle que la société engendre et produit. Au final, on a une véritable charge contre les Etats-Unis.
– « affaire périphérique » et « Vaisseau de guerre », on aborde donc le space-opéra avec pour la première l’histoire d’un vaisseau porté disparu, risquant de déclencher une guerre, tandis que la seconde nouvelle met en scène le dernier survivant d’un vaisseau décimé par un virus d’origine inconnue. La première est au final une nouvelle ludique, plutôt fun et proposant un moment de divertissement très sympathique. La seconde est une histoire courte et plus sombre, une nouvelle à la chute plutôt réussie. George Martin aborde ici le même genre, mais de deux manières différentes, passant d’une sorte de polar avec l’espace en guise de décor à un huis-clos effrayant.
-« Variante douteuse », il sera aussi question de Huis-clos, mais également d’une autre des passions de George RR Martin : les échecs ! Un auteur raté et son épouse avec qui il ne s’entend plus se rend à un week-end organisé par l’un des membres de son ancien club d’échec, celui qui leur avait fait perdre le tournoi le plus important de leur vie. Une fois sur place, il se rend que leur hôte semble avoir une idée derrière la tête, en rapport avec la partie perdue. Ce texte, le plus long du recueil, est donc un thriller basé sur les échecs et où il sera question de voyage dans le temps ! Si ce récit est angoissant, ça ne l’empêche pas d’aborder d’autres thèmes comme la nostalgie ou les regrets, le tout via une revanche qui semble n’avoir aucune limite. Entre un méchant aussi retors que pathétique et l’écrivain raté, George RR Martin nous décrit un duel de geek stressant.
-« La Forteresse » et « Assiégé » qui ont pour particularité de se dérouler à Sveaborg, une forteresse supposée protégée la Finlande et la Suède de la Russie en 1808, alors que son commandant a rendu les armes, malgré une supériorité numérique et militaire de la place. Le premier est la version historique de cette histoire, tandis que la seconde l’utilise dans le cadre de la SF. Dans les deux cas, on y suit un colonel récalcitrant à l’idée de reddition, par nationalisme dans la première et à cause d’un visiteur du futur dans la seconde.
Du même événement, l’auteur tire donc deux histoires différentes et si la version historique est intéressante, ne serait ce que pour imaginer ses événements, sa présence dans ce recueil prend tous son sens grâce à la deuxième, un pur récit de sf ! L’auteur va ici jouer avec des mutants, du post-apo, des voyages dans le temps et même des univers parallèles. Cette nouvelle qui clôt donc le recueil est un excellent morceau de SF, surprenant à souhait et sachant jouer autant avec ses personnages qu’avec l’histoire.

Au final, ce recueil est un excellent moment de lecture, permettant de découvrir aussi bien les différentes possibilités de son auteur que son évolution en tant qu’écrivain, de se rappeler qu’il est autant capable de créer des univers désenchantés qu’un brin optimiste, de faire de la politique que d’offrir un divertissement sympathique. Une occasion donc de découvrir la partie immergée de l’iceberg à ceux qui ne l’ont pas encore aperçus.

Note : 8/10

  • Poche: 328 pages
  • Editeur : ACTUSF (4 février 2016)
  • Collection : Hélios

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