Lou après tout tome deux La communauté de Jérôme Leroy (3 octobre 2019)

Résumé : Épuisée, Lou revient vers la mer afin de se laisser mourir sur la plage où Guillaume lui a appris à nager. Marchands d’esclaves, pillards, Entre-Deux… avec son lot d’horreurs, la vie d’après le Grand Effondrement mérite-t-elle que l’on se batte encore pour elle ?
Plusieurs rencontres inattendues amènent Lou à continuer, malgré tout. Chez les Wims, elle découvre une communauté harmonieusement organisée sous l’autorité d’un Délégué. Et puis, il y a Amir… Une promesse d’apaisement, enfin.
Lou le savait pourtant bien : c’est au moment précis où l’on baisse la garde que surviennent les pires dangers.

Chronique : Après un premier tome qui posait les bases de ce monde apocalyptique, Jérôme Leroy nous revient avec le deuxième volume de sa trilogie sur la fin du monde.

Le premier volume introduisait le duo touchant composé de Guillaume et de Lou. Le monde en ruine décrit par l’auteur n’avait rien d’original mais avait le mérite d’être suffisamment captivant pour nous tenir en haleine. La force du récit tenait surtout à la complicité entre les deux protagonistes. Mais ce postulat de départ ayant volé en éclat, l’auteur peut-il encore nous intéresser à son récit ?

Le style est toujours aussi fluide, les mots s’echouent sur les pages comme les vagues sur la plage. Pour tous les amateurs de récits post-apocalyptique le récit ne propose rien de bien original. On y retrouve les thèmes chers à ce genre : l’homme est un loup pour l’homme, la difficulté de survivre face aux hordes innombrables de morts-vivants, le groupe de survivants très bien organisés à la tête de laquelle se trouve un despote qui rappellera forcément un certain gouverneur. Les thèmes sont vus et revus certes mais ils sont mis en scène de manière efficace. En choisissant de situer son récit sur le littoral du nord de la France rend le récit encore plus vivant. Une certaine poésie se dégage de ces paysages ravagés par l’homme et qui retrouvent lentement leurs états sauvages.

Lou, la jeune guerrière solitaire, incarne l’âme du livre. Son portrait est finement dressé, jamais trop aguerri car elle reste une jeune fille dans un monde sans foi ni loi, mais jamais trop naïve non plus car les épreuves qu’elle a traversées on fait d’elle une véritable amazone prête à relever tous les défis. Son amour pour l’odyssée d’Homère et la poésie d’Apollinaire font d’elle un pont culturel entre la civilisation disparue et ce nouveau monde barbare ainsi que la preuve que l’humanité n’a pas encore complètement sombré dans la bestialité.

Portée par une héroïne solide et extrêmement attachante, cette trilogie offre une variante qui manque peut-être d’originalité mais qui offre mine de rien un récit épique. Il ne reste plus qu’à espérer que le troisième et dernier volume nous offre une conclusion à la hauteur de nos attentes.

Note : 8/10

Éditeur Syros Jeunesse
Date de publication 3 octobre 2019
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2748526449

Mon ennemi Arnie (11 mai 2017) de Jeremy Behm

Arnie Spencer est un adolescent extraordinaire, un héros. Personne, à Ithaca, n’est près d’oublier cette nuit d’été durant laquelle il est venu à bout d’un serial killer qui terrorisait la petite ville depuis des mois. Seulement, tout le monde n’est pas dupe. Deux de ses camarades de lycée étaient avec Arnie la fameuse nuit. Fox et Cliff savent qu’il n’est pas le sauveur au destin tragique, mais plutôt un psychopathe en puissance, celui qui se fait appeler le « Chat de Schrödinger ».

Chronique : Arnie s’est distingué en éliminant un dangereux criminel. Ça, c’est la version officielle, celle rapportée par l’intéressé, et confirmée par Fox et Cliff. Mais la réalité est bien différente !
Fox et Cliff, malgré leur récente brouille, considèrent Arnie de la même manière : comme un psychopathe en puissance. Ne parle-t-il pas de lui à la troisième personne, s’identifiant au « chat de Schrödinger », à la fois mort et vivant ? le retour d’Arnie dans la petite ville d’Ithaca après quelques mois d’absence ne manque donc pas d’inquiéter les deux ex-copains. Ce retour coïncide d’ailleurs à une recrudescence de morts violentes… Quand cessera le carnage ? Qui sera la prochaine victime ? Ce roman est un polar adolescent qui permet aux plus jeunes de découvrir le genre mais il pourrait aussi plaire aux lecteurs habituels du genre. Il emmène ces lecteurs dans un jeu de piste machiavélique tout en gardant un ton badin sur fond d’histoire banale d’adolescent. Un mélange qu’on n’attend pas… Un second volet qui garde le bon tempo de ce vrai thriller. Les chapitres s’égrainent à une vitesse affolante, car il n’est pas possible pour le lecteur d’arrêter un moment sa lecture.
Un roman qui alterne les voix ce qui ajoute du suspense et de l’intérêt au récit. Nous nous amusons à devenir tour à tour, fille et garçon, gros dur et peureux, tueur en série ou lycéen.
Arnie revient. Plus angoissant, plus flippant et plus original.

Note : 9/10

 

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Syros Jeunesse (11 mai 2017)
  • Collection : GRAND FT SYROS

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Bye Bye Bollywood (13 avril 2017) de Hélène Couturier

Quand ma mère nous a annoncé qu’on partait en vacances en Inde, ma sœur s’est direct imaginée en mode  » Bollywood « , façon princesse indienne. Plus mesurée, j’ai pensé que j’avais la meilleure maman du monde, ce qui n’arrive pas souvent. Puis j’ai compris qu’elle nous emmenait dans un ashram. Traduction : délire yoga-méditation, riz complet et partage des tâches ménagères ! Ça m’a anéantie. Et encore, j’ignorais qu’une fois là-bas, il n’y aurait pas de réseau et que le seul jeune de mon âge, Jésus, serait un matheux sans pitié. Mais…
… Comme le dit le proverbe indien :  » Tant qu’il y a de l’amour, tout est possible  » !

Chronique : L’héroïne Nina de Bye bye Bollywood est une adolescente de quinze ans et l’histoire se déroule en Inde. Pas dans l’Inde touristique hormis un passage au Taj Mahal, mais dans un ashram.Nina est la parfaite, quasi caricaturale adolescente «  travaillée par ses hormones ». Elle est connectée, hyper connectée avec ses copines, timide avec les garçons, énervée par Garance sa petite sœur (la préférée de leur mère), en opposition avec sa mère et en admiration pour son père qui lui vit en Irlande et continue de faire la fête et d’aller dans tous les concerts rock qu’il trouve. Tandis que sa mère, elle a renié son passé, bride sa fille par principe, et s’est mise au yoga. La parfaite adolescente chiante et très attachante.
Toutes les trois partent en vacances dans un ashram au fin fond de l’Inde. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette destination est loin de plaire à la jeune fille. Non seulement les positions de méditation lui font mal, mais surtout il est quasiment impossible de se connecter sur la toile pour communiquer avec ses amies. En plus, le seul jeune de son âge est un garçon, Jésus, qui horripile Nina car il représente tout ce qu’elle rejette : un fort en maths.De fait Nina est comme beaucoup d’adolescents ou de jeunes adultes occidentaux qui arrivent en Inde. Le contraste entre leur mode de vie et celui du sous-continent est tel qu’ils s’aperçoivent vite que leurs récriminations contre notre « société pourrie qui ne les comprend pas », ne sont dues qu’au confort dans lequel ils vivent. L’Inde un pays qui fait grandir.On se laisse porter sans mal par cette touchante histoire qui se savoure avec plaisir.
Une bonne écriture est une histoire bien écrite pour ce roman de Hélène Couturier.

Note : 9/10

 

  • Broché: 224 pages
  • Editeur : Syros Jeunesse (13 avril 2017)
  • Collection : GRAND FT SYROS

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Stabat Murder (9 mars 2017) de Sylvie Allouche

Comment Mia, Matthis, Sacha et Valentin, quatre jeunes pianistes, étudiants au Conservatoire national de musique de Paris, ont-ils pu disparaître sans laisser de trace, à un mois d’un concours international ? Ont-ils, sous la pression, décidé ensemble de tout plaquer ? Impossible, d’après les familles interrogées sans relâche par Clara Di Lazio. S’agit-il d’un enlèvement ? La commissaire, réputée coriace, a l’intuition terrible que dans cette enquête, chaque minute compte…

Chronique : Ce roman est écrit comme un scénario de film à suspens; c’est comme si on regardait un excellent film de Brian de Palma . Un suspens amusant au possible ,une écriture virevoltante au possible ce qui permets de nous faire entrer dans une intrigue et d’être au plus proche de ces musiciens que sont Mia, Matthis, Sacha et Valentin qui sont tous pianistes. On suit cette affaire grâce à la commissaire Di Lazio et qui fera tout son possible pour retrouver ces enfants. Le rythme du roman est très entraînant. En quelques pages, on sent l’envie de comprendre cette histoire. Car rien n’est vraiment clair avant la fin. On nous donne beaucoup d’indice mais doute est là même si le lecteur entrevoit des réponses potentielles, mais chaque personnage reste assez secret pour se dire qu’on fait fausse route. Le paradoxe mis en place sur les personnages donne un côté très réaliste à l’histoire, et on frissonne à l’idée d’imaginer qu’il puisse exister de tels êtres sur Terre.  Un très bon thriller psychologique avec un découpage très intéressant et une intrigue prenante. À découvrir pour tous les amateurs de thrillers psychologiques

Note : 9/10

 

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Syros Jeunesse (9 mars 2017)

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