L’île des âmes de Piergiorgio Pulixi, quand le charme n’opère qu’à moitié

Quand le charme ne fonctionne qu’à moitié.

Je n’avais pas d’attente particulière en débutant la lecture de ce polar italien. Aussi je fût le premier surpris lorsque que je me rendis compte que j’étais tombé sous le charme. Le charme de cette plume qui nous transporte en Sardaigne dans une ambiance mystique digne de Dolores Redondo. Un charme qui va nous faire découvrir une région, ses paysages, son histoire, ses habitants. Cette première partie introductive s’est découlé sous mes yeux de lecteurs hypnotisés par la plume de l’auteur. Je trouvais que pour une fois un thriller était doté d’un véritable style.

Mais ce charme s’évapore lors de la seconde partie. L’auteur délaisse la plume au profit de dialogues classiques mais sans éclat. Les événements s’enchaînent sans que l’on puisse s’impliquer réellement dans chacun d’entre eux. L’enquête manque de consistance et ne prend jamais l’ampleur que l’on soupçonne pourtant derrière les non dits et les pistes effleurées. L’intrigue secondaire sur la famille Ladu souffre d’un développement trop sommaire et erratique.

L’écriture des personnages a fini de rompre le charme. Cette pauvre Mara est victime d’une écriture bipolaire qui la décrit tantôt comme une forte tête sarcastique mais sympathique et tantôt comme une harpie agressive et antipathique. Ce qui fait que l’on ne sait jamais si le duo qu’elle forme avec Eva est complice ou à couteaux tirés.

Malgré la dissipation progressive du charme il faut reconnaître que cette île des âmes est un thriller honnête qui n’a pas su tenir toutes ses promesses mais qui offre son lot de divertissement et de dépaysement.

Résumé : Depuis plusieurs décennies, la Sardaigne est le théâtre de meurtres rituels sauvages. Enveloppés de silence, les corps de jeunes filles retrouvés sur les sites ancestraux de l’île n’ont jamais été réclamés. Lorsque les inspectrices Mara Rais et Eva Croce se trouvent mutées au département des « crimes non élucidés » de la police de Cagliari, l’ombre des disparues s’immisce dans leur quotidien. Bientôt, la découverte d’une nouvelle victime les place au centre d’une enquête qui a tout d’une malédiction. De fausses pistes en révélations, Eva et Mara sont confrontées aux pires atrocités, tandis que dans les montagnes de Barbagia, une étrange famille de paysans semble détenir la clé de l’énigme. La première enquête de Mara Rais et Eva Croce nous plonge dans les somptueux décors de la Sardaigne, au coeur de ténèbres venues du fond des âges.

Éditeur ‎GALLMEISTER (1 avril 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎544 pages
ISBN-10 ‎2351782496
ISBN-13 ‎978-2351782491

L’arbre à bouteilles de Joe R. Lansdale, les monstres se cachent sous le soleil du Texas

Cette première enquête de l’inénarrable duo d’Hap et Léonard réunit déjà tous les ingrédients qui feront des récits de Lansdale de véritables petites pépites acidulées et piquantes.

Sa plume imagée, que d’aucuns qualifieront à tort de grossière, est la plus adaptée pour rendre compte du tableau misérable et poussiéreux qu’offre sa représentation d’un Amérique rurale sclérosé par le racisme et la pauvreté. Ses dialogues percutants sont autant de parties de punching-ball qui retranscrivent à merveille le caractère bourru de ses habitants.

Les deux trublions principaux forment déjà un duo implacable, bien rodé. Les rôles sont déjà distribués entre les deux compères qui s’échangent des répliques comme l’on respire. Les voir agir comme deux boules de démolition que rien n’arrête est toujours aussi jouissif. Ces deux-là se fichent de la bienséance et gare à ceux qui se dresseront sur leur chemin.

Comme souvent avec l’auteur l’enquête manque d’une véritable envergure et se révèle prévisible. Peu importe car toute la saveur du récit se trouve dans la garniture qui le compose et non dans la pâte.

Une lecture idéale pour se rappeler du visage d’une Amérique fracassée par les coups de poing assénés par les crises sociales et raciale qui gangrène la première démocratie mondiale.

Résumé : Hériter de cent mille dollars et d’une petite bicoque dans un quartier délabré n’est pas si mal et l’oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard… Même s’il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l’on pourrait craindre de pire. Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c’est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés…

Éditeur‎Folio (25 novembre 2004) Langue‎FrançaisBroché‎ 368 pages ISBN-10‎2070300595ISBN-13‎978-2070300594 Poids de l’article‎200 g Dimensions‎11 x 1.5 x 18 cm

Terminus de Tom Sweterlitsch, boucle infernal

Ce roman je l’aurais attendu longtemps mais quand j’ai enfin eu l’occasion de me plonger dedans le voyage ne m’a plus qu’à moitié. Est-ce moi qui en ai trop attendu ou bien l’ouvrage souffre-t-il de défauts qui me l’ont rendu indigeste ?

Commençons avec les points positifs du roman. La narration de l’auteur est maligne. Il va enchaîner les paragraphes introspectifs, sans réel développement de l’intrigue avant de brusquement enchaîné surnune scène d’action digne des meilleurs films thrillers hollywoodien. Il y a d’ailleurs une manière très américaine de traiter l’action, les fusillades, les combats. Ces scènes sont très cinématographiques et agissent comme des décharges électriques qui relancent l’intérêt pour la lecture. L’on va vivre tous ces scènes par le point de vue de Shannon Moss, le personnage principal, dont le développement m’a laissé débutatif.

Ce personnage est lancé dans une course contre le temps. Une course qu’elle ne peut évidemment pas gagner. Ce qui explique peut-être son caractère impulsif et tête brûlée. Le problème ce que ce genre de personnage à tendance a très vite m’irriter. Que Shannon fonce droit vers une probable planque de terroriste une fois d’accord mais elle répète ce genre d’imprudence plusieurs fois au cours du récit. Et sur un récit qui s’étale sur 400 pages c’est pénible. Il y a même un passage que je considère comme une incohérence, où Shannon aurait dû se méfier d’un personnage ou lieu de lui faire bêtement confiance mais le récit étant dense et les personnages sujets à de grands changements de par la narration c’est peut-être moi qui n’ai pas saisi un détail. En tout cas ce passage étant une scène charnière du récit cela m’a sorti du récit.

La bonne idée de Sweterlitsch est d’avoir incorporé son récit de science-fiction dans une narration de thriller. Ainsi les éléments se rattachant au domaine de la science-fiction, comme les voyages temporels, les vaisseaux spatiaux prennent ancrage dans un univers où l’homme a dompté la science. Aucun personnage n’est jamais vraiment surpris d’apprendre que Shannon voyage dans le temps ni qu’il existe un département d’État consacré à l’étude des voyages temporels. Cela permet à l’auteur de donner un cadre précis à son récit. Malheureusement cela l’enferme aussi dans une sorte de vase clos qui empêche à ses même éléments de prendre de l’ampleur.

Comme je l’ai dit plus haut tous les personnages sont au courant de l’existence des voyages temporels, que ce soit les alliés ou les adversaires de Shannon. Tout le récit baigne dans une atmosphère d’agents secrets, d’agents gouvernementaux et je crois que c’est de là que vient mon ressenti mitigé. Le récit manque d’un personnage étranger à ce milieu, qui le découvrirait avec des yeux ébahis et permettrait ainsi à cette avancée scientifique fantastique de prendre de l’ampleur. Un personnage par les yeux duquel on découvrirait les voyages temporels, ses effets secondaires, ses dangers et ses risques. Là l’auteur a choisi de tout nous livrer par les yeux d’un personnage aguerri qui balance ses informations comme si elle écrivait un rapport. Cela manque d’une approche plus innocente, plus humaine.

Un autre point d’achoppement entre cet ouvrage et moi concerne les antagonistes que Shannon traque. Autant l’auteur est parvenu à livrer aux lecteurs un univers dense de manière concise, au final 400 pages c’est peu au vu de la richesse du thème, autant le groupe de terroristes souffre d’un manque d’écriture. Je reproche à Shannon d’être impulsive mais c’est un personnage à part entière, elle a une voix, une épaisseur dont manquent les adversaires qu’elle affronte. Leurs motivations paraissent prévisibles et leur caractérisation trop grossière pour être crédible. Cela aurait mérité un peu plus de développement.

C’est étrange comment un ouvrage peut vous plaire et vous décevoir en même temps. Le personnage de Shannon est attachant, c’est une femme meurtrie dans sa chair et qui a le sens du sacrifice ce qui la dote d’une grandeur d’âme indéniable mais son impulsivité la dessert trop souvent pour en faire un personnage dont je me souviendrais. L’univers mis en place par l’auteur est passionnant mais son approche militarisée pour l’introduire m’a déconcerté. Pas une mauvaise lecture en soie mais pas une lecture mémorable.

Résumé: Depuis le début des années 80, un programme ultrasecret de la marine américaine explore de multiples futurs potentiels. Lors de ces explorations, ses agents temporels ont situé le Terminus, la destruction de toute vie sur terre, au XXVIIe siècle.
En 1997, l’agent spécial Shannon Moss du NCIS reçoit au milieu de la nuit un appel du FBI : on la demande sur une scène de crime. Un homme aurait massacré sa famille avant de s’enfuir. Seule la fille aînée, Marian, 17 ans, serait vivante, mais reste portée disparue. Pourquoi contacter Moss ? Parce que le suspect, Patrick Mursult, a comme elle contemplé le Terminus… dont la date s’est brusquement rapprochée de plusieurs siècles.

  • diteur : Albin Michel (24 avril 2019)
  • Langue : Français
  • Broché : 448 pages
  • ISBN-10 : 2226439935
  • ISBN-13 : 978-2226439932
  • Poids de l’article : 500 g
  • Dimensions : 14 x 3 x 20.5 cm

Serial bomber de Robert Pobi, boom boom boom et re-boom

Un polar explosif

Janvier 2020, j’abandonne deux lectures guère passionnantes pour me lancer dans City of windows de Robert Pobi. Un polar captivant qui finira dans le top de mes lectures de l’année. Une plume addictive, des thèmes qui pousse au débat et un personnage sans concessions, Lucas Page, que l’on retrouve dans cette nouvelle enquête. L’auteur parviendra-t-il à reproduire l’engouement que j’ai ressenti pour son précédent roman ? Réponse dans les lignes qui suivent.

L’ouvrage commence de manière tonitruante, une explosion ravage un musée lors d’un gala privé, plus de 700 morts sont dénombrés, des œuvres d’art inestimables sont perdus à jamais et la bombe laisse une nouvelle plaie béante dans la chair de la ville de New York. Rapidement le professeur en astrophysique Lucas Page est appelé à la rescousse par le FBI pour mener l’enquête alors que les attentats se suivent à une vitesse effrayante.

Pendant près de trois cents pages l’auteur est parvenu à maintenir l’illusion qu’il me racontait un bon polar d’enquête. C’est bien le seul aspect positif que je peux lui trouver, savoir maintenir l’intérêt du lecteur avec une intrigue aussi riche en péripéties redondantes et un récit dénué d’originalité est une prouesse. Moi qui aime lorsque l’intrigue se présente comme une pelote de mystère qu’il va s’agir de démêler jusqu’à trouver le fil conducteur je dois avouer que j’ai été particulièrement déçu avec cet ouvrage. Le schéma narratif se révèle répétitif, Page se traîne de site d’explosions en sites d’explosions sans que jamais ses capacités, qui relèvent de plus en plus du superpouvoir, ne permettent de faire avancer l’enquête.

Il faut dire que ladite enquête n’a rien de passionnant. Très vite une piste apparaît, plutôt un boulevard qu’une simple piste sans parler d’un personnage tellement suspect qu’il ne pourrait pas l’être plus s’il se baladait avec une pancarte marquée « JE SUIS COUPABLE « . Mais plutôt que d’approfondir ces pistes pour nous livrer une enquête dense et passionnante et, pourquoi pas, en profiter pour soulever à nouveau des sujets de société brûlants, l’auteur préfère enchaîner les scènes d’action et les répliques acerbes de Page, dont le caractère hautain et méprisant devient de plus en plus difficile à apprécier au fil des pages. Surtout que ce personnage que l’on nous présente comme hautement intelligent passe son temps à mettre sa vie en danger après avoir gambergé sur les motivations du coupable que n’importe quel lecteur habitué aux intrigues de polar aura deviné depuis longtemps.

En fil rouge l’auteur insère des interludes qui montre l’impact des événements du récit sur la population américaine. Autant d’occasions pour l’auteur de fustiger l’emprise des réseaux sociaux et de la technologie sur nos vies. Mais ces thèmes auraient mérité une approche plus subtile et un développement plus conséquent que le cliché de la stupidité rampante accentué par les réseaux sociaux. Ces courts interludes font plus office de parodie sinistre que de réelle réflexion sur l’état de notre monde.

Je vais passer sur les incohérences du récit, dont le rythme effréné permet de passer à côté, pour conclure que cette nouvelle aventure de Lucas Page est bien en deçà de la précédente. L’auteur reproduit le schéma de City of windows, jusqu’au dénouement, mais sans le charme ni la minutie de la précédente enquête. Une déception à la hauteur de mes attentes.

Résumé: soir d’octobre à New York. Privatisé à l’occasion d’un gala, le musée Guggenheim accueille 702 convives, la plupart membres des élites du pays. Une explosion les tue tous, sans discrimination.
Un attentat d’une telle précision ne saurait être le fruit du hasard et le FBI est immédiatement débordé par le nombre extravagant des victimes, des profils à comparer, des dossiers à recouper. Il fait appel à Lucas Page, un ancien agent pour l’heure astrophysicien et professeur d’université. Atteint d’une forme du syndrome d’Asperger, il est capable de  » lire  » la scène d’un crime comme s’il y avait assisté, de compulser des données d’un seul coup d’œil. Lui seul semble à même d’arrêter le serial bomber avant qu’il ne frappe encore.
Une nouvelle enquête de Lucas Page, le génial héros de Robert Pobi, qui a fait une irruption remarquée dans le monde du thriller avec City of windows.

  • ASIN : B08R7BRYS5
  • Éditeur : Les Arènes (1 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 531 pages
  • ISBN-13 : 979-1037502933
  • Poids de l’article : 662 g

L’homme craie de C. J. Tudor, souvenons-nous des instants terribles

Et toujours les ombres du passé…

Cela fait longtemps que ce thriller me faisait de l’œil mais ma médiathèque n’ayant jamais daigné se le procurer, j’ai dû attendre de le trouver en promotion sur ma liseuse. C’est désormais chose faite et il est temps de vous parler de cette lecture somme toute plaisante.

Une petite ville tranquille, une bande d’amis qui ne pensent qu’à profiter de chaque minute de l’été avant la reprise de l’école… Cela ne vous fait penser à rien ? L’ombre de Stephen King plane sur les passages se déroulant dans le passé. De nombreuses scènes mettant en scène la petite bande d’amis rendent hommage à l’un des récits les plus célèbres du grand auteur, à savoir ÇA. Pour quiconque connaît l’œuvre de King l’hommage sera évident sans pour autant que cela soit gênant à la lecture. Le récit possède sa propre empreinte et, même si j’aurais personnellement préféré que le récit insiste encore plus sur cette bande de potes que le sort va marquer à vie, il faut reconnaître que l’auteure amène d’une belle façon les thèmes qu’elle veut inclure à son récit, la maladie d’halzeimer, le droit à l’avortement.

La double temporalité est menée avec malice, empilant les mystères et les questions qui trouveront leurs réponses trente ans plus tard. Le suspens est astucieusement dosé pour que l’on est envie de continuer la lecture. Le récit flirte parfois avec l’horreur lors de courtes scènes cauchemardesques ou lors de la scène d’ouverture qui m’a happé et convaincu sur les talents de conteuse de Tudor, la plume de l’auteure est attirée par ce genre comme un aimant cela se ressent énormément. En témoignent les scènes de cauchemars et toutes les inquiétudes autour des dessins à la craie. Pourtant l’ouvrage est bien un thriller, l’auteure a probablement voulu s’en tenir à un récit plus accessible pour sa première publication. Le tout forme un ensemble convaincant mais qui aurait mérité un peu plus de profondeur dans le style.

Un parfum de nostalgie imprègne le récit, y compris les passages se situant de nos jours. Tendresse des jours d’été passé à déambuler avec ses amis, regrets de ne pas avoir pu faire ou dire ce qu’il fallait au bon moment sans parler des griffures du destin qui cicatrisent mal, même trente ans après. Cette atmosphère en teinte sépia se teinte peu à peu d’un rouge écarlate à mesure que le dénouement approche. Un dénouement quelque peu prévisible malheureusement mais qui a le mérite de ne pas traîner en longueur.

L’homme craie signe pour son auteure une entrée convaincante dans le monde du polar. Placé sous l’influence d’une autre grande plume mais avec suffisamment de présence et de d’atmosphère pour se démarquer du reste de la production. Depuis l’auteure a publié un autre polar et un troisième et sur le point de paraître, une auteure suivre donc.

Résumé: Le problème, c’est que nous n’étions pas d’accord sur la manière dont ça avait commencé. Etait-ce lorsqu’on s’était mis à dessiner les bonhommes à la craie, ou lorsqu’ils sont apparus tout seuls ? Etait-ce à partir du terrible accident ? Ou quand ils ont découvert le premier corps ?

  • Éditeur : Pygmalion (17 janvier 2018)
  • Langue : Français
  • Broché : 384 pages
  • ISBN-10 : 2756421731
  • ISBN-13 : 978-2756421735
  • Poids de l’article : 420 g
  • Dimensions : 13.6 x 2.6 x 21 cm

Retour sur l’année 2020 avec mes meilleures lectures polars

Aussi anxiogène, amer et morbide fut-elle l’année 2020 signe aussi ma première année complète en tant que blogueur sur culturevsnews. Une année faste faite de découvertes, d’échanges, de rencontres, souvent virtuelles étant donné la situation actuelle, de déceptions et surtout de lectures passionnantes. Alors que le compteur approche doucement des 130 livres lus, j’ai pris la décision de condenser mes meilleures lectures sous forme de classement séparés en trois parties, une consacrée aux polars, une autre aux récits fantasy, fantastiques et de science-fiction et enfin un dernier focalisé sur la littérature générale. Ce classement, complètement subjectif, réunit aussi bien des nouveautés que des ouvrages parus depuis plus longtemps et chacun d’entre eux pourraient être une idée cadeau pour une certaine fête qui arrive. Pour chacun des titres choisis je mettrais un lien qui ramène à la chronique originale.

1 le sang du bayou de Joe R. Lansdale

Pour la première place du classement je triche un peu le sang du bayou est en effet un groupement de trois romans, une édition colossale qui atteint les 800 pages. Les trois récits sont tous de qualité mais si vous lancez dans cette lecture vous effraie vous pouvez vous contenter de dénicher le second récit de cette édition les marécages. Un récit noir situé dans une Amérique sudiste où le racisme et la ségrégation sont encore les piliers de la société, la plume immersive et évocatrice de Lansdale ne vous laissera pas indemne.

https://culturevsnews.com/2020/10/17/le-sang-du-bayou-de-joe-r-lansdale-quand-le-sordide-et-le-racisme-sont-au-service-dune-jolie-plume/

2 la mort selon Turner de Tim Willocks

On continue avec un auteur qui ne m’a jamais déçu jusqu’à présent, j’ai nommé Tim Willocks. Il signe ici un western moderne sanglant et sans aucune concession ainsi qu’un portrait peu glorieux de l’Afrique du Sud gangrenée par la violence, la corruption et la misère la plus totale.

https://culturevsnews.com/2020/02/10/la-mort-selon-turner-de-tim-willocks/

3 Représailles de Florian Eglin

Encore un roman noir violent et sans concessions, à se demander quelles sombres pulsions sommeillent en moi pour apprécier de tels récits ? Représailles est un traité sur la violence et ses conséquences dévastatrices. Cette œuvre est tel un fauve enragé, il va vous sauter à la gorge et ne plus vous lâcher.

https://culturevsnews.com/2020/03/18/represailles-de-florian-eglin/

4 Tout un été sans Facebook de Romain Puertolas

On enchaîne avec une lecture plus légère mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas une certaine profondeur dans ce récit à l’humour omniprésent. L’auteur manie le style et la forme pour une œuvre qui agit comme un véritable bol d’air frais.

https://culturevsnews.com/2020/09/20/tout-un-ete-sans-facebook-de-romain-puertolas-saint-reseau-sociaux-delivre-nous-du-mal/

5 City of Windows de Robert Pobi

C’est un polar addictif qui occupe la cinquième place du classement. Celui qui fut ma première lecture de l’année résonne encore dans ma tête avec son style accrocheur et son récit trépidant mâtiné de critique sociale. Un portrait grinçant de l’Amérique et de sa culture de la violence.

https://culturevsnews.com/2020/01/06/city-of-windows-de-robert-pobi-8-janvier-2020/

6 Sur le ciel effondré de Colin Niel

Un récit d’une noirceur et d’un pessimisme rarement égalé soutenu par une plume aérienne et poétique. Un constat amer sur la Guyane moderne. Un auteur dont il me tarde de découvrir les autres ouvrages.

https://culturevsnews.com/2020/09/30/sur-le-ciel-effondre-de-colin-niel-un-cauchemar-pourtant-bien-reel/

7 L’arbre aux fées de B. Michael Radburn

Au moment de constituer la liste des ouvrages qui devait figurer dans ce classement je me suis surpris à sélectionner celui-ci plutôt que d’autres. L’arbre aux fées fût une lecture plaisante mais pas une pépite non plus. Pourtant la plume poétique de l’auteur teintée de mélancolie, ses descriptions d’une ville en voie de disparition et ses paysages enneigés accaparent encore mon esprit. Un auteur que je vais suivre avec attention et que je rapproche de l’auteur islandais Arnaldur Indridason de par son récit profondément empathique.

https://culturevsnews.com/2020/09/27/larbre-aux-fees-de-r-michael-radburn-un-voyage-enchanteur-empreint-dune-poesie-melancolique/

8 Bienvenue à Gomorrhe de Tom Chatfield

L’année 2020 a également été pour moi l’occasion de signer mon premier partenariat avec une maison d’édition, les Éditions Hugo m’ont en effet accordé leur confiance depuis quelques mois pour chroniquer leurs romans policiers. Bienvenue à Gomorrhe fût une excellente surprise, un techno-thriller sur fond d’espionnage qui donne l’impression de se passer dans un autre monde tant il décrit un univers angoissant mais malheureusement terriblement réel.

https://culturevsnews.com/2020/10/15/bienvenue-a-gomorrhe-de-tom-chatfield-inutile-de-lutter-vous-avez-deja-perdu/

9 Brasier noir de Greg Iles

Décidément les ravages du racisme et de la ségrégation auront marqué mon année de lecteur. Même si l’auteur m’a déçu avec le second volet de sa trilogie, il faut reconnaître que le premier volume est un récit d’une noirceur écarlate qui jette une lumière aveuglante sur la mentalité sudiste. Un récit dense mais à la narration claire qui vous entraînera dans un maelström d’horreur.

https://culturevsnews.com/2020/04/07/brasier-noir-de-greg-iles-actes-sud/

10 Ceci n’est pas unechanson d’amour d’Alessandro Robecchi

On termine avec un polar italien des plus jubilatoires. Ce récit qui oscille entre l’humour et le cynisme propose de vous emmener à travers les rues de Milan dans une virée dont tout le monde ne ressortira pas indemne. Une réflexion sur la société du spectacle audiovisuel qui en reprend les codes pour nous offrir un régal de situations comiques et tendues.

https://culturevsnews.com/2020/08/20/ceci-nest-pas-une-histoire-damour-dalessandro-robecchi-20-aout-2020/

Le dernier hyver de Fabrice Papillon, du girl power bien gras

Il est temps de parler de ce qui restera sans doute comme ma pire lecture de l’année 2020. Un roman ésotérique dans la pire veine de ce sous-genre de la littérature. C’est bien simple rien ne va dans ce roman ni la narration, ni les personnages ni l’histoire et encore moins le style. Nous allons détailler tout ça point par point. Je préfère avertir tout de suite que ma chronique risque d’être émaillé de spoiler donc ce qui ne l’on pas lu passez votre chemin, à moins que vous n’en ayez rien à faire.

Honneur au problème qui est mine de rien le moins problématique. La narration est extrêmement rigide, avec les classiques flashbacks qui n’apportent rien et entraîne des dialogues redondants en fin d’ouvrages mais c’est malheureusement une pratique courante du genre. Ce qui m’a le plus dérangé c’est la manière dont l’auteur étale son savoir et nous force à l’assimiler comme si l’ont été des oies à gaver. Ces chapitres sont l’occasion pour l’auteur de hurler à travers les pages de son livre « TU LE VOIS QUE JE SUIS CULTIVÉ, HEIN TU LE VOIS ? ». Le travail de recherche en amont de l’écriture est bien sûr à saluer mais la manière de faire, rigide et scolaire, est rébarbative. Les chapitres au présent sont heureusement plus digestes , les scènes d’enquêtes et d’actions offrent les rares moments plaisants du récit, mais comportent d’autres soucis.

Car cette narration est au service d’une histoire fantasque et incohérente où on est censé croire que des commandos féminins parviennent à s’introduire dans les plus grands centres de reproduction de la planète sans aucun souci et sans qu’aucun service de sécurité ne réagisse ou ne soit même alerté de leurs plans. On est aussi sensé croire que des scientifiques initiés au plus grand secret alchimique laissent de côté leurs créations imparfaites sans les placer sous étroite surveillance, et que cette même création puisse mettre sur pied sa propre organisation sans que personne ne le remarque. La fin du récit enchaîne tellement d’incohérences que c’est difficile de toutes les citées.

Et ces soucis ne sont rien à côté des personnages. Ne comptez pas vous attacher à l’un d’entre eux, l’auteur s’est efforcé de les rendre tous plus antipathiques les uns que les autres. Mis à part l’héroïne principale, Marie qui est aussi lisse et transparente que l’on est en droit d’attendre de ce genre de personnage qui est destiné à se faire manipuler pendant tout le récit. Tous les autres personnages sont des abrutis complets à commencer par la mère de Marie, Élisabeth, scientifique de génie qui préfère abandonner l’une de ses créations à son sort, plantant ainsi les germes de la haine, plutôt que de la surveiller étroitement. Création qui, à l’instar des grands antagonistes des blockbusters hollywoodien, préfère expliquer tous les détails de son plan stupide plutôt que de prendre la fuite. Tous les autres personnages sont écrits de manière à illustrer le thème principal du récit, à savoir, la guerre des sexes.

Car oui le roman se veut féministe, ou se croit féministe alors même que plus de la moitié de ses personnages féminins sont des têtes à claques insupportables. Pour nous prouver que les femmes valent mieux que les hommes, plutôt que d’écrire des personnages crédibles et attachantes, l’auteur s’est évertué à rendre ses personnages masculins détestables, sans aucune nuance. On a donc droit à des scènes pitoyables où la concupiscence et la perversité des méchants mâles est porté à son paroxysme sans que cela ne s’avère pertinent. Même le premier rôle masculin, ce pauvre Marc Brunier, fait preuve de condescendance envers ses subordonnée féminines qui ont pourtant fait leurs preuves, pour un chef d’équipe ce comportement de mâle alpha mal dégrossi et pas diplomate pour un sou paraît peu crédible. Le cause des femmes mérite beaucoup mieux que ce manifeste sans âme, creux et aussi bourrin qu’un sketch de Jean-Marie Bigard.

On va finir sur un point plus discret mais qui m’a gêné au cours de ma lecture. À de nombreuses reprises l’auteur fait preuve d’un ton méprisant envers ses personnages et le monde qui les entourent. Son style se fait hautain et insultant à de nombreuses reprises, et pas uniquement lorsqu’il s’exprime par le biais de ses personnages. Certains mots, certaines expressions, traduisent un état d’esprit condescendant, au mieux, et contribuent à auréoler l’ouvrage d’une atmosphère particulièrement malsaine et nauséabonde tant il donne l’impression d’être plus une déclaration d’intention qu’un réel récit divertissant.

Voilà j’en aïs finis avec cet ouvrage duquel je ne parviens pas à sauver le moindre élément. Ce qui m’amène à penser qu’il va vraiment falloir que je sois plus sélectif dans mes lectures. En commençant peut-être à supprimer les polars ésotériques qui, bien souvent, ne sont que des passerelles pour de mauvais écrivains servant à véhiculer leurs principes nauséeux.

Résumé: Août 415 après J-C. : La ville d’Alexandrie s’assoupit dans une odeur âcre de chair brûlée. Hypatie, philosophe et mathématicienne d’exception, vient d’être massacrée dans la rue par des hommes en furie, et ses membres en lambeaux se consument dans un brasier avec l’ensemble de ses écrits.
Cet assassinat sauvage amorce un engrenage terrifiant qui, à travers les lieux et les époques, sème la mort sur son passage. Inéluctablement se relaient ceux qui, dans le sillage d’Hypatie, poursuivent son grand œuvre et visent à accomplir son dessein.
Juillet 2018 : Marie, jeune biologiste, stagiaire à la police scientifique, se trouve confrontée à une succession de meurtres effroyables, aux côtés de Marc Brunier, homme étrange et commandant de police de la  » crim  » du Quai des Orfèvres. Peu à peu, l’étudiante découvre que sa propre vie entre en résonance avec ces meurtres.

  • Broché : 624 pages
  • Dimensions du produit : 14.1 x 4.5 x 22.6 cm
  • ISBN-13 : 978-2714475435
  • Poids de l’article : 662 g
  • Éditeur : Belfond (5 octobre 2017)
  • Langue : : Français

CRITIQUE A CHAUD : TENET / LA SUPERPRODUCTION AU SECOURS DES SALLES DE CINÉMA (sans spoiler)

C’est «LE» film de la fin d’été: «Tenet», blockbuster malin entre espionnage et science-fiction, signé du prince du box-office Christopher Nolan, est attendu comme le messie par les exploitants de salles déprimés par le contexte sanitaire.
Un film réalisé par Christopher Nolan avec John David Washington, Robert Pattinson

L’interview de Serge Brussolo pour la sortie de ANATOMIK le 13/11/2019

Avec la parution du nouveau livre de Serge Brussolo aux Éditions Bragelonne voici une interview en 18 points avec le maitre français souvent comparé à Steven King.

Achat du livre : https://amzn.to/33D7Hls

Site de Serge Brussolo : https://brussolo-serge.pagesperso-orange.fr/

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L’interview de Serge Brussolo

1 : Que diriez-vous pour convaincre que l’histoire que vous écrivez est intéressante, importante et utile ?

Cela fait quarante ans que je publie, j’ai mes lecteurs fidèles, je pense que je n’ai pas à les convaincre que ce que j’écris va les intéresser, ils me font confiance. C’est du moins ce qui ressort des réactions que je reçois. Ils aiment le style d’histoires que je raconte, ils savent à quoi s’attendre. J’écris pour eux. Je n’ai jamais cherché à m’attirer un public généraliste, ce qui m’obligerait à faire trop de concessions. Certains éditeurs m’y ont encouragé, certes, mais ça ne me convenait pas. Le réalisme n’est pas mon élément naturel.

: À partir de quand le passé devient-il assez vieux pour être de l’histoire ? L’humain (dans le récit) pourquoi est-il un animal qui trébuche vingt fois sur le même caillou ?

La notion de passé est très relative. Quand j’évoque devant un jeune homme les événements de 1968 ça lui paraît aussi lointain que les Croisades ou la Guerre de Cent ans, or pour moi c’était hier. Einstein a écrit quelque chose à ce propos, je crois. L’homme ne tire jamais les leçons de l’expérience, il recommence perpétuellement les mêmes erreurs, c’est comme ça depuis la nuit des temps, et il en ira ainsi jusqu’à ce qu’il détruise la planète. Ce qui évolue, en revanche, ce sont les outils de destruction dont il dispose.

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3 : Comment démêler le vrai du faux dans les récits écrit pour un public qui dans son premier abord ne cherche pas un livre dit réaliste ?

Si l’on commence à se poser ce genre de question, on se gâche d’emblée le plaisir de la lecture ! Le lecteur doit jouer le jeu, se laisser prendre au piège du récit, s’abandonner au rêve, sinon ce n’est pas la peine d’ouvrir un roman, mieux vaut lire des traités de sociologie ou de mathématiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines personnes détestent les romans et les jugent inutiles.

4 : Est-il nécessaire d’avoir des connaissances solides dans un sujet pour arriver à en faire un livre ? La confiance que le public accorde à vos récits est-elle dangereuse ?

C’est sûr qu’il est préférable de ne pas dire de conneries dans un contexte réaliste, mais ce n’est pas tellement le domaine dans lequel j’évolue. La Fantasy ne prête pas le flanc à ce genre de critique. Maintenant, si l’on écrit un roman historique, il est préférable de savoir de quoi on parle. Cela dit, je ne vois pas en quoi raconter comment était fabriquée une armure peut s’avérer dangereux… A moins que le lecteur ne s’improvise forgeron ! Mais là cela relève de la bêtise. Il y toujours des esprits faibles, si l’on se met à censurer les livres à cause d’eux, on n’écrit plus rien.

5 : Que pensez-vous  de la multiplication des romans dits best-sellers ces dernières années ?

Les best-sellers ont toujours existé, ça n’a rien d’un phénomène nouveau. C’est le public, les médias et la publicité qui les fabriquent. Ils correspondent à une attente du public à un moment donné. Ils obéissent à un effet de mode, ainsi qu’à un certain conformisme, ce qu’on surnomme « l’effet moutonnier ». Puis le temps passe, et la plupart d’entre eux sont oubliés.

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6 : Voyez-vous le livre dématérialisé comme l’avenir de l’éducation et de l’information, et devrait-il donner plus de visibilité aux jeunes lecteurs ?

Il ne faut pas se leurrer, en tant que grand défenseur (et utilisateur) du ebook, j’ai pu me rendre compte qu’on se heurtait à une terrible résistance du public. Aux USA, le livre dématérialisé fonctionne très bien, il représente le quart des ventes totales du pays. En France, hélas, ce support ne prend pas, on est à peine à 4%.  A l’heure actuelle il est impossible de prévoir si le ebook a la moindre chance de survivre. Il faudrait que le jeune public s’y mette sans tarder car sinon les éditeurs laisseront tomber. Certains n’y croient déjà plus et se montrent très pessimistes. En ce qui me concerne, les ventes dématérialisées représentent 10% des ventes totales.

7 : L’idéologie a-t-elle sa place dans le récit ?

Chaque auteur à ses convictions, l’empêcher de les exprimer relèverait de la censure. C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe avec la généralisation du « politiquement correct », des choses ou des mots qu’il ne faut ni prononcer ni évoquer… Maintenant qu’on soit d’accord ou pas avec les idées de l’auteur relève d’un autre débat. Il convient de se méfier de la pensée unique.

8 : Que pensez-vous du travail de Stephen King qui vous est souvent comparé?

Je connais mal Stephen King, je n’ai lu que deux romans : Salem et Shining. Son fantastique n’est pas le mien, il est très ancré dans le réalisme, ce qui n’est pas mon cas. Je préfère le franc délire, les frontières qu’on repousse, voir jusqu’où on peu aller trop loin. 

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9 : Est-il conseillé de juger un roman en s’appuyant sur nos mœurs actuelles ? Peut-elle se transformer en propagande ? 

Encore une fois tout cela est très relatif. La notion d’admiration est toujours tributaire d’un moment historique. Au XIXe siècle on trouvait tel ou tel roman génial, aujourd’hui on estime que ces mêmes oeuvres sont des bouses et leurs auteurs de gros nuls… Il en ira de même pour notre période. Les « grands » auteurs d’aujourd’hui passeront probablement pour des has been dans trois ou quatre décennies… en admettant qu’on lise encore!

10 : Selon vous, est-ce que la science-fiction nous permet de réfléchir à un futur plus ou moins proche et d’éviter ainsi de potentiels dangers ? dixit votre nouveau roman « Anatomik »

C’était, à l’origine, le but de la SF, à travers une métaphore de faire la critique de nos sociétés. Tous les auteurs n’ont pas suivi cette voie, et le genre a peu à peu évolué vers la simple distraction. Dans les livres qui me passent entre les mains, je détecte souvent une idolâtrie excessive de la technique. Une vénération de la Science qui confine à la religion. Ce manque de recul critique me gêne un peu.

11 : Que pensez-vous du paysage de la littérature dite de genre actuel et de son évolution ?

Pas grand-chose car j’en lis très peu. Je suis gêné par le formatage des genres comme le thriller qui ne nous présente plus guère que des histoires de serial killer, et cela depuis plus de vingt ans! ça m’ennuie, et ça a grandement contribué à m’éloigner du genre.`

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12 : Existe-t-il une concurrence entre les auteurs ?

Concurrence je ne sais pas, mais une grosse jalousie, oui c’est sûr, en dépit des grandes claques dans le dos que s’envoient les écrivains. Dès qu’on a le moindre succès, on devient un concurrent, et c’est mal vu.

13: Sont-ils plus suivis pour leur personne que pour leur contenu ?

Non, les auteurs ne sont pas des stars de cinéma. L’écriture reste un métier obscur, qui n’a rien de glamour ni d’excitant aux yeux de la plupart.

14 : L’argent nuit-il au métier ?

Etant donné le faible pourcentage des droits que touchent la plupart des auteurs j’aurais plutôt tendance à reformuler la question en « Le MANQUE d’argent nuit-il au métier? » Rappelons que 90% des écrivains sont obligés d’exercer un autre métier pour survivre. Les médias ne cessent de mettre en avant les auteurs fortunés, mais ils oublient de préciser que ces rares privilégiés sont extrêmement peu nombreux.

15 : Combien de temps passez-vous à écrire et quel sont vos loisirs extérieurs ?  

 Ecrire est pour moi un plaisir, donc un loisir à temps complet. La durée d’écriture dépend du livre, de l’humeur, des événements extérieurs. Trouver les idées peut prendre plusieurs années, l’écriture du manuscrit deux ou trois mois pour le premier jet, viennent ensuite les corrections. Il n’existe pas de règles. J’ai écrit certains roman en dix jours (comme Simenon) d’autres en un an, voire davantage.

16 : Malheureusement le cinéma et vous ne vous êtes pas donné rendez-vous, mais êtes vous cinéphile ?  Quels sont les films et séries que vous aimez ?

Je ne considère pas le cinéma comme une promotion, donc le mot « malheureusement » est de trop. Je n’ai aucun regret, mais plutôt un certain soulagement. J’ai refusé beaucoup de propositions parce que je ne voulais pas voir mes romans massacrés. Les scénarios qu’on me présentait étaient le plus souvent absurdes ou sans aucun rapport avec le livre.

Je n’ai rien d’un cinéphile, je reste un homme du livre. Pour moi, le cinéma est une aimable distraction, rien de plus, ça ne me passionne pas. Si je « regarde » une série, c’est d’un œil distrait, la plupart du temps en faisant autre chose.

17 : Comment voyez-vous votre avenir dans les prochaines années ?

A mon âge il est conseillé de ne pas faire de projets, mais plutôt de profiter de l’instant présent.

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18 : Pouvez nous donnez des indices sur vos prochaines sorties et où en sont vos projets jeunesses comme Peggy Sue où Elodie ?  

Les prochaines sorties sont sur mon site perso, dans les mois qui viennent je compte me focaliser sur l’auto-édition numérique (gratuite) pour des raisons de liberté d’écriture. Les contraintes éditoriales me sont devenues insupportables.  Je n’écris plus d’ouvrages « jeunesse » depuis presque dix ans. Ce cycle était lié à un éditeur, Olivier Orban chez Plon, qui me laissait toute liberté d’écriture (qu’il en soit remercié!) Je ne suis pas certain qu’aujourd’hui on me permettait d’écrire ce genre de texte, donc je préfère m’abstenir, je n’ai pas envie de batailler contre la censure, j’ai passé l’âge.

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