Le second disciple de Kenan Görgün (6 novembre)

Résumé : Xavier Brulein, ancien militaire de retour du Moyen-Orient, est écroué après une rixe sanglante dans un bar. En prison, il rencontre Abu Brahim, prédicateur islamiste, l’un des cerveaux du terrible « attentat de la Grand-Place ». Seul membre de son réseau capturé, Brahim est convaincu d’avoir été sacrifié.
Converti avant sa remise en liberté, Xavier devient Abu Kassem. Il infiltre une cellule terroriste pour démasquer ceux qui ont trahi Brahim, devenant l’instrument de sa vengeance, un homme machine que rien ne saurait faire dévier de sa mission : « En comparaison, le 11-Septembre sera l’enfance de l’art. »

Chronique :Tout commence par la description d’une zone industrielle que l’on croirait tout droit sortie d’un conte apocalyptique avant d’enchaîner sur l’enfance chaotique de Xavier, l’anti-héros de cette histoire.

En une trentaine de pages l’auteur met une claque à toute la production littéraire française. Il dégaine une idée par paragraphe, son style est à la fois visuel, frénétique, métaphorique, cynique, humaniste et j’en passe.

Si l’auteur se contentait de son style riche et puissant mais non il faut en plus qu’il brosse le portrait saisissant de deux hommes qui n’ont plus rien à perdre. Pour éviter de nous perdre dans ce duo tragique l’auteur pratique une narration double. On a presque l’impression d’avoir une autre plume tant les deux récits diffèrent dans leur style. Cependant ils se rejoignent tellement sur d’autres points que ce n’est guère gênant.

On a donc xavier d’un côté, gamin sans repères, soldat sans histoire, assassin. Un homme brisé par la vie et qui voit dans la religion un ultime recours, un dernier refuge. Les chapitres qui lui sont consacrés sont de vrais dialogues intérieurs dans lesquels les mots filent à la vitesse de la pensée. Ils sont parfois scandés et répétés tels des mantras. Un peu comme les lignes de code qu’alignent les machines pour parvenir à réaliser leurs objectifs. Dans ces chapitres transparaît l’urgence du personnage, l’urgence de sa mission, l’urgence de se réaliser et de réalisé quelque chose, enfin.

De l’autre côté on a Abu Brahim, gamin heureux, jeune homme en colère, terroriste. Ses chapitres sont écrits à la deuxième personne du singulier. Une pratique peu courante qui renforce l’immersion dans l’esprit de cet homme rongé par la haine et qui va voir ces convictions volés en éclats. C’est une autre urgence qui apparaît dans ces chapitres-là, l’urgence de reconquérir sa vie, l’urgence de la vengeance.

À travers les yeux de ces deux personnages, c’est un portrait de l’Occident peu reluisant qui nous est offert. Entre les lignes percutantes on devine la misère sociale, la faiblesse des politiques, l’incompréhension entre communautés, la bêtise des médias. C’est un déferlement d’idées et de concepts à chaque page.

À cela s’ajoutent des chapitres qui vont faire office d’interlude et de compte à rebours jusqu’à l’explosion finale mais pas celle à laquelle on s’attend.

Il y aurait tant et tant de plus à dire sur ce roman magistral mais il faut surtout retenir que c’est une œuvre qui va prendre les lecteurs à contre-courant, il ne s’agit pas d’un polar ni d’un récit d’espionnage mais d’une tragédie en trois actes où chaque personnage va jouer son rôle jusqu’au dénouement final.

Note : 10/10

Date de publication : 6 novembre 2019
Éditeur : Les Arènes
Langue : Français
ASIN : B07ZTMFMYV

Des parents de rechange de Véronique Petit

Adam, 11 ans, vit dans un foyer d’accueil depuis plusieurs années et le mot « famille » est pour lui un mot magique. Il aimerait bien trouver des parents de rechange, car les siens n’ont pas tenu leurs promesses. Un soir, alors qu’il se balade en ville sans autorisation, il pousse la porte d’une librairie. Il ne se doute pas que ce simple geste va transformer son existence pour toujours et faire de lui un héros…

Critique : Un roman intelligent pour adolescent qui nous parle des orphelins. Un contexte de roman à larme avec tout l’arsenal: Adam a perdu ses parents; sa mère est morte quand il avait six ans, son père a quitté la maison quand il en avait quatre et est décédé quand il en avait dix. Placé dans plusieurs familles d’accueil, il a fini par échouer dans un foyer. Avouez qu’il y a de quoi sortir les mouchoirs ! À cause d’un événement tragique dont il sera la source le livre va trouver son chemin comme Adam qui avance vers son rêve de trouver de nouveaux parents avec plus de doute que d’espoir. Un livre avec de bonnes interrogations : C’est quoi une famille . Une question de sang ? Une question de nom ? Une question d’amour ? Entre manques de confiance en lui et expériences passées douloureuses, Adam va avancer, fragile, face à un avenir dont les contours peinent à se dessiner nettement ce qui fait que le livre ne tombe pas dans une facilité qui lui ferait perdre toute crédibilité.

Note : 9/10

 

  • Poche: 128 pages
  • Editeur : Rageot Editeur (13 janvier 2016)
  • Collection : Rageot Romans

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Le destin funeste de Michael Rockefeller de Carl Hoffman

21 novembre 1961. Michael C. Rockefeller, vingt-trois ans, jeune héritier de la célèbre et richissime famille Rockefeller, disparaît lors d une expédition en Nouvelle-Guinée néerlandaise. Le jeune homme avait pour mission d acheter des oeuvres d art tribales de l ethnie Asmat destinées aux collections du musée d Art primitif que son père, Nelson Rockefeller, gouverneur de New York, avait fondé en 1957. Alors que des millions de dollars sont investis dans la recherche de sa dépouille (à ce jour jamais retrouvée), une rumeur se répand : Michael Rockefeller aurait été tué puis dévoré par les villageois d Otsjanep, qui se seraient partagé son corps…Fasciné par cette histoire mêlant l une des familles les plus influentes du monde à une tribu dite primitive, Carl Hoffman signe un incroyable roman à énigme. Il étaye l hypothèse d un clash des civilisations qui aurait eu pour conséquence la mort d un rejeton parmi les plus puissants de la société occidentale

Critique : L’auteur a fait un travail formidable de recherche pour tenter de découvrir la vérité autour de la disparition et la mort de Michael Rockefeller en 1961 sur la Nouvelle-Guinée. Rockefeller, petit-fils de John D. et fils du gouverneur puis NY Nelson Rockefeller, étudiait la tribu Asmat native et leur art «primitif» en Nouvelle-Guinée. Tout en voyageant sur un catamaran avec un collègue néerlandais et deux guides indigènes, le bateau a chaviré dans l’eau rugueuse 10-15 miles du rivage. Les deux guides renflouées et tandis que son collègue néerlandais est resté sur une épave. Une recherche intense a suivi avec les autorités coloniales hollandaises, l’Australie et les États-Unis. En fin de compte la cause officielle de la mort a été jugé une noyade, mais des questions persistent. La Nouvelle-Guinée avait une partie du territoire des plus éloignés dans le monde, de nombreuses tribus autochtones avaient peu ou pas de contact avec quoi que ce soit moderne et certaines tribus pratiqué l’headhunting» ou autrement dit étaient cannibales. Est-ce que Michael c’est vraiment se noyer? A-il été mangé par un requin? ou a-t-il été mangé par une tribu indigène?

Hoffman a découvert de nombreuses sources primaires jamais vues ou examiné par la famille Rockefeller. l’auteur y a passé beaucoup de temps avec les tribus locales et conservées et avec les missionnaires néerlandais qui étaient présents lorsque Michael a disparu. Dans l’ensemble, la persistance et la volonté de l’auteur de se plonger sur une piste, où qu’elle conduira seront fournie et suffisamment concluante à cette histoire, sans parler des sources qu’il a à sa disposition.

Un très bon livre avec de belles recherches et une vraie volonté de découvrir la vérité sur ce qu’il sait réellement passer.

 

Note : 9/10

  • Roman: 280 pages
  • Editeur : GLOBE (13 avril 2016)

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