Sarah Jane de James Sallis, À la dérive…

Ma rencontre avec Sarah Jane avait tout pour se passer sous de bon auspices. La plume de l’auteur s’avère très vite être un véritable régal. Métaphores bien trouvées, dialogues percutants et un ton teinté d’ironie. Tout ce que j’aime retrouvé dans mes lectures. L’essence même du roman noir américain. Une plume qui se rapproche de celle de Joe R. Lansdale en moins cru et plus littéraire mais tout aussi attachante.

Le personnage de Sarah, alias mignonne, est une réussite. Complètement larguée mais doté d’un esprit combatif, un lourd passé qui lui permet d’affronter les épreuves sans sourciller, un instinct imparable pour jauger les gens qui se présentent à elle. Un concentré d’action rafraîchissante. L’auteur a parfaitement dressé le portrait de son héroïne.

Alors pourquoi est-ce que je ressors quelque peu mitigé de la lecture ? La narration, tout simplement. Je n’ai pas vraiment compris où l’auteur voulait m’emmener avec ce récit court mais qui empile les évènements sans grand rapport entre eux. Même après avoir compris que le but n’était pas d’écrire un récit d’enquête classique je ne suis pas pour autant parvenu à me plonger dans l’ambiance de cette petite ville de Farr.

La narration m’a paru décousue, j’avais parfois du mal à savoir où on se situait dans le récit. J’ai même dû revenir en arrière pour être bien sûr de saisir le contexte. Ce qui est dommage pour un ouvrage aussi court. L’auteur enchaîne les sauts temporels et une narration non linéaire qui ne facilite en rien la compréhension de l’intrigue.

Cette pauvre Sarah m’aura donc perdu en cours de route, avec son bagout elle aura tout fait pour me retenir dans le véhicule avec elle derrière le volant, mais cela n’a pas suffi pour me passionner à ce récit à l’atmosphère trop clairsemé pour me happer.

Résumé : Surnommée « Mignonne », ce qui ne lui va pas comme un gant, Sarah Jane Pullman a déjà trop vécu pour son jeune âge : famille dysfonctionnelle, fugue à l’adolescence, crimes, petits boulots dans des fast-food… on se demande comment elle parvient à redresser la barre. Elle y arrive et, à sa grande surprise, est engagée comme agent au poste de police de la petite ville de Farr. Lorsque le shérif titulaire disparaît, c’est elle qui prend sa place. Mais Sarah Jane ne se satisfait pas de la situation. Cet homme, Cal, était son mentor, son appui, et elle ne peut accepter qu’il se soit évanoui dans la nature. Elle va découvrir des choses qu’elle ne soupçonnait pas…

Éditeur‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (8 septembre 2021) Langue‎Français. Broché‎208 pages ISBN-10‎2743653655 ISBN-13‎978-2743653651

Nous avions un rêve de Jake Lamar, Un cauchemar aux relents terrifiants de réalité

Alors même que l’Amérique est toujours aussi divisée sur la question de la race et que le communautarisme est poussé à son paroxysme. Les éditions rivages publient en format poche un ouvrage paru en 1996 mais au propos terriblement actuel.

Là où un autre auteur nous aurait d’abord introduit son univers puis les personnages qu’il veut mettre en avant au risque d’une mise en place laborieuse et rébarbative, Jake Lamar dresse d’abord le portrait de ses personnages, des portraits finement esquissés, à tel point que vous aurez l’impression que les personnages se tiennent en face de vous. Vous en viendrez à douter que le récit se déroule dans un futur dystopique tant le discours et la mentalité des personnages paraît actuelle.

Et pourtant toute l’horreur de cette Amérique au bord de l’implosion va surgir au cours du récit. Par petites touches amenées de manière subtile, l’auteur va nous faire prendre conscience qu’il y a quelque chose de pourri dans la première démocratie du monde. Les chapitres en forme de confessions ne font que dissimuler la portée humaniste et pessimiste du récit.

Pour peu que l’on s’intéresse à la question de la race on parcourt les différents portraits de ces personnages avec passion. Doté chacun d’un vécu, d’un passé parfois dramatique et le cœur alourdi par un ego qui les empêche de voir au-delà de leur conditions, l’auteur parvient néanmoins à rendre intéressant et consistant chaque personnage, même le plus mesquin d’entre eux.

Bien plus qu’un énième récit dystopique ou une fresque sociale poignante, l’œuvre de Jake Lamar est une étude de mœurs sur la société américaine. Un cri d’alarme pessimiste mais nécessaire. Un appel a la fraternité dont la date de parution nous fait craindre qu’il soit resté un cri dans le vacarme ambiant.

Résumé : Et si l’Amérique élisait un vice-président noir ? Des années avant Barack Obama et Donald Trump, Jake Lamar imagine une situation pa rfaitement effrayante mais tout à fait plausible. Dans une Amérique dystopique, la guerre contre le crime et la drogue a conduit le pouvoir à ouvrir des camps de rééducation pour les toxicos et à multiplier les condamnations à mort, qui font l’objet d’un show tél évisé. L’instigateur de cette croisade de la vertu, l’Attorney général Melvin Hutchinson, est en passe de devenir le premier vice-président noir de l’histoire américaine. Mais Hutchinson est un homme complexe qui cache un lourd secret…

Éditeur‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (15 septembre 2021) Langue‎Français. Poche‎496 pages ISBN-10‎2743653760 ISBN-13‎978-2743653767

Temps noirs de Thomas Mullen, noirs de peaux et gris de cœur.

Entre ombre et lumière

Les éditions rivages m’ont fait le plaisir immense de m’envoyer les deux volumes suivants de la saga policière de Thomas Mullen entamée avec Darktown. Le premier volume était une excellente découverte, une plongée sidérante dans une époque douloureuse dont les stigmates se font encore sentir aujourd’hui.

Le premier volume avait posé les personnages et l’atmosphère tout en tension de cette ville d’Atlanta, qui au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, doit gérer l’afflux massif de nouveaux habitants noirs. Ceux-ci se retrouvent entassés dans des quartiers insalubres alors même que les premiers officiers noirs ont été engagés depuis deux ans. On retrouve donc le tandem Boogs et Smith, en 1950, toujours aussi différents dans leur mentalité mais obligés de se serrer les coudes face aux multiples obstacles qui se dressent face à eux, leur chef, McInnis, tente toujours de les soutenir face à l’hostilité des autres policiers et enfin l’officier Rake tente de faire la part des choses dans une ville chauffée à blanc par les tensions raciales.

Préparez-vous car ce second volume est particulièrement ambitieux. L’auteur ouvre une lucarne sur une époque complexe sur une ville et en pays en pleine mutation. Si vous vous attendez à suivre une enquête classique vous risquez d’être surpris. L’auteur signe une fresque dense qui aborde de manière frontale la question du melting-pot américain, mais aussi de l’ascension sociale, le fameux rêve américain. La question du racisme et de la ségrégation est centrale. L’auteur parvient à rendre compte d’un sujet complexe sans manichéisme, chacun des nombreux personnages a ses raisons d’agir comme il le fait, motivé par des émotions aussi puissantes que la colère, la peur, la haine ou la rancœur.

Plusieurs intrigues s’entremêlent sans que jamais l’on se sente perdu. Entre le trafic d’alcool qui fait rage, la guerre de territoire entre gangs, la corruption de la police, les machinations des organisations racistes et même le parcours tragique de ce pauvre Jeremiah, il y a largement de quoi faire durant la lecture. Difficile de considérer un personnage comme étant principal. À moins de considérer l’année choisie par l’auteur comme étant un personnage à part entière. Pourtant malgré le nombre conséquent d’acteurs de cette époque, chaque personnages possède sa personnalité avec ses qualités, ses défauts, sa part d’ombre et de lumière. Chacun d’entre eux devra faire des choix cornéliens qu’il pourrait être amené à regretter, teintant ainsi de gris un récit bien sombre au départ.

Le style journalistique de l’auteur pourra en rebuter certains. Il est vrai que l’on ne retrouve aucune trace de lyrisme ni aucune touche de poésie noire qu’affectionnent certains lecteurs de polar. Pourtant le style posé et précis de Mullen était exactement ce qui convenait pour narrer cette fresque dense et terriblement réaliste. Un style plus recherché aurait risqué de perdre le lecteur dans les méandres de Darktown.

Avec une grande maîtrise narrative l’auteur dresse le portrait d’une époque trouble et nous offre la possibilité d’être témoin d’une page importante de l’histoire des U.S.A. une page souillé par la haine, la peur mais aussi parcouru d’une colère digne et d’une fierté qui ne dit pas encore son nom. Et le tout sans manichéisme, en exposant toute la complexité de l’époque et le tourbillon d’émotions radicales que cela déclenche. Du beau travail.

Résumé: L’officier Denny Rakestraw et les « officiers nègres » Lucius Boggs et Tommy Smith ont du pain sur la planche dans un Atlanta surpeuplé et en pleine mutation. Nous sommes en 1950 et les tensions raciales sont légion alors que des familles noires, y compris la sœur de Smith, commencent à s’installer dans des quartiers autrefois entièrement blancs. Lorsque le beau-frère de Rake lance un projet visant à rallier le Ku Klux Klan à la « sauvegarde » de son quartier, les conséquences deviennent incontrôlables, forçant Rake à choisir entre la loyauté envers sa famille et la loi. Parallèlement, Boggs et Smith tentent d’arrêter l’approvisionnement en drogues sur leur territoire, se retrouvant face à des ennemis plus puissants que prévu : flics et ex-détenus corrompus, chemises noires nazies et voyou

  • Éditeur : EDITIONS PAYOT & RIVAGES (5 mai 2021)
  • Langue : Français
  • Poche : 528 pages
  • ISBN-10 : 274365323X
  • ISBN-13 : 978-2743653231
  • Poids de l’article : 410 g
  • Dimensions : 11 x 2.4 x 16.9 cm

Terminus de Tom Sweterlitsch, boucle infernal

Ce roman je l’aurais attendu longtemps mais quand j’ai enfin eu l’occasion de me plonger dedans le voyage ne m’a plus qu’à moitié. Est-ce moi qui en ai trop attendu ou bien l’ouvrage souffre-t-il de défauts qui me l’ont rendu indigeste ?

Commençons avec les points positifs du roman. La narration de l’auteur est maligne. Il va enchaîner les paragraphes introspectifs, sans réel développement de l’intrigue avant de brusquement enchaîné surnune scène d’action digne des meilleurs films thrillers hollywoodien. Il y a d’ailleurs une manière très américaine de traiter l’action, les fusillades, les combats. Ces scènes sont très cinématographiques et agissent comme des décharges électriques qui relancent l’intérêt pour la lecture. L’on va vivre tous ces scènes par le point de vue de Shannon Moss, le personnage principal, dont le développement m’a laissé débutatif.

Ce personnage est lancé dans une course contre le temps. Une course qu’elle ne peut évidemment pas gagner. Ce qui explique peut-être son caractère impulsif et tête brûlée. Le problème ce que ce genre de personnage à tendance a très vite m’irriter. Que Shannon fonce droit vers une probable planque de terroriste une fois d’accord mais elle répète ce genre d’imprudence plusieurs fois au cours du récit. Et sur un récit qui s’étale sur 400 pages c’est pénible. Il y a même un passage que je considère comme une incohérence, où Shannon aurait dû se méfier d’un personnage ou lieu de lui faire bêtement confiance mais le récit étant dense et les personnages sujets à de grands changements de par la narration c’est peut-être moi qui n’ai pas saisi un détail. En tout cas ce passage étant une scène charnière du récit cela m’a sorti du récit.

La bonne idée de Sweterlitsch est d’avoir incorporé son récit de science-fiction dans une narration de thriller. Ainsi les éléments se rattachant au domaine de la science-fiction, comme les voyages temporels, les vaisseaux spatiaux prennent ancrage dans un univers où l’homme a dompté la science. Aucun personnage n’est jamais vraiment surpris d’apprendre que Shannon voyage dans le temps ni qu’il existe un département d’État consacré à l’étude des voyages temporels. Cela permet à l’auteur de donner un cadre précis à son récit. Malheureusement cela l’enferme aussi dans une sorte de vase clos qui empêche à ses même éléments de prendre de l’ampleur.

Comme je l’ai dit plus haut tous les personnages sont au courant de l’existence des voyages temporels, que ce soit les alliés ou les adversaires de Shannon. Tout le récit baigne dans une atmosphère d’agents secrets, d’agents gouvernementaux et je crois que c’est de là que vient mon ressenti mitigé. Le récit manque d’un personnage étranger à ce milieu, qui le découvrirait avec des yeux ébahis et permettrait ainsi à cette avancée scientifique fantastique de prendre de l’ampleur. Un personnage par les yeux duquel on découvrirait les voyages temporels, ses effets secondaires, ses dangers et ses risques. Là l’auteur a choisi de tout nous livrer par les yeux d’un personnage aguerri qui balance ses informations comme si elle écrivait un rapport. Cela manque d’une approche plus innocente, plus humaine.

Un autre point d’achoppement entre cet ouvrage et moi concerne les antagonistes que Shannon traque. Autant l’auteur est parvenu à livrer aux lecteurs un univers dense de manière concise, au final 400 pages c’est peu au vu de la richesse du thème, autant le groupe de terroristes souffre d’un manque d’écriture. Je reproche à Shannon d’être impulsive mais c’est un personnage à part entière, elle a une voix, une épaisseur dont manquent les adversaires qu’elle affronte. Leurs motivations paraissent prévisibles et leur caractérisation trop grossière pour être crédible. Cela aurait mérité un peu plus de développement.

C’est étrange comment un ouvrage peut vous plaire et vous décevoir en même temps. Le personnage de Shannon est attachant, c’est une femme meurtrie dans sa chair et qui a le sens du sacrifice ce qui la dote d’une grandeur d’âme indéniable mais son impulsivité la dessert trop souvent pour en faire un personnage dont je me souviendrais. L’univers mis en place par l’auteur est passionnant mais son approche militarisée pour l’introduire m’a déconcerté. Pas une mauvaise lecture en soie mais pas une lecture mémorable.

Résumé: Depuis le début des années 80, un programme ultrasecret de la marine américaine explore de multiples futurs potentiels. Lors de ces explorations, ses agents temporels ont situé le Terminus, la destruction de toute vie sur terre, au XXVIIe siècle.
En 1997, l’agent spécial Shannon Moss du NCIS reçoit au milieu de la nuit un appel du FBI : on la demande sur une scène de crime. Un homme aurait massacré sa famille avant de s’enfuir. Seule la fille aînée, Marian, 17 ans, serait vivante, mais reste portée disparue. Pourquoi contacter Moss ? Parce que le suspect, Patrick Mursult, a comme elle contemplé le Terminus… dont la date s’est brusquement rapprochée de plusieurs siècles.

  • diteur : Albin Michel (24 avril 2019)
  • Langue : Français
  • Broché : 448 pages
  • ISBN-10 : 2226439935
  • ISBN-13 : 978-2226439932
  • Poids de l’article : 500 g
  • Dimensions : 14 x 3 x 20.5 cm

Papillon de nuit de R. J. Ellory, complainte pour la liberté

R. J. Ellory fait partie de mes auteurs préférés. Il n’est pas l’auteur qui va mettre en place l’histoire la plus mouvementée, il n’est pas l’auteur qui va s’enraciner dans une routine paresseuse en créant des personnages récurrents. R. J. Ellory et sa plume sont plus intéressés par la noirceur de l’âme humaine et des conséquences que cela entraîne sur ses personnages. Un auteur qui a fait des ténèbres humaines et de la tristesse qui les accompagnent sa marque de fabrique.

Papillon de nuit est le tout premier roman écrit par l’auteur mais comme bien souvent il n’est pas le premier à avoir été publié en France, les aléas de l’édition font qu’il n’a trouvé les étales des librairies françaises que douze ans après sa publication. On y retrouve déjà la plume mélancolique qui va faire la renommée de l’auteur.

L’ouvrage est une traversée à travers l’Histoire des États-Unis durant presque trois décennies. Trois décennies faites de violence, de haine, de meurtres et de racisme. Malheureusement pour l’ouvrage et mon plaisir de lecture, j’ai entamé la lecture de ce livre après avoir baigné quasiment toute l’année 2020 dans cette ambiance sudiste propre à l’Amérique. Il y a d’abord eu les deux livres de Greg Iles qui se veulent comme un exposé touffu sur une dynastie raciste puis le récit magistrale de Joe R. Lansdale les marécages qui nous plongent au plus près du quotidien sudiste des années 30. Plus tôt dans l’année j’ai lu le polar Darktown de Thomas Mullen dans lequel les premiers flics de couleurs se débattent avec un racisme omniprésent. Enfin la mini-série Watchmen produite par HBO explore aussi beaucoup les tensions raciales de l’Amérique, sans oublier l’actualité internationale qui nous rappelle constamment que les États-Unis n’ont toujours pas exorcisé leurs vieux démons racistes. Je crois que j’en suis tout simplement arrivé à un point où il faut que je fasse une pause avec cette partie de la culture et de l’histoire américaine. Aussi poignants et intéressants soient-ils, les récits issus de cette période de l’Amérique sont aussi très difficiles à lire, surtout lorsque l’on s’intéresse à ce qu’il se passe dans ce pays actuellement. J’en ai tout simplement assez de leur haine rance, de leur idéologie infâme et de leurs crimes inspirés par la peur de voir leurs privilèges disparaître. Je vais m’efforcer d’aller vers d’autres cultures, d’autres Histoires nationales pour l’année à venir.

Ce long aparté pour vous faire comprendre que l’ouvrage d’Ellory ne m’a malheureusement pas appris grand chose sur la mentalité américaine de l’époque. Le point de vue du personnage principal, Daniel, sur les grands moments de l’Histoire de son pays est vu et revu et les témoignages qu’il recueille auprès d’un autre prisonnier sont émaillé de théorie complotiste pas très convaincante tandis que je connaissais déjà l’histoire de la création de Klux Klux Klan . La retranscription de cette période de l’Histoire des États-Unis est beaucoup plus convaincante lors des flashbacks qui mettent en scène Daniel et son meilleur ami Nathan.

C’est là que la plume D’Ellory fait des merveilles. Quelques mots suffisent à l’auteur pour recréer dans les pages de son roman une époque bénie où les sodas coûtaient quelques cents et où deux enfants pouvaient se réchauffer sous le soleil de Caroline du Sud, au bord de la rivière tout en pêchant du poisson. Une innocence toute relative car, très vite, le spectre du racisme refait surface mais qui a l’avantage d’apporter un souffle de nostalgie sur un récit très mélancolique. Le récit au présent est, en effet, empreint d’une tout autre ambiance, la résignation, la résilience et la mélancolie domine largement, ainsi qu’une rage sourde, restait trop longtemps enfoui. Impossible de ne pas ressentir d’emphatie pour ce personnage tragique qu’est Daniel, victime d’une machinerie judiciaire qui ne lui a laissé aucune chance et qui conserve dans sa cellule autant de fantômes et de regrets qu’une vie ne saurait les compter.

Le recit en lui-même n’offre pas de retournements de situation affolants, on les voit venir de loin. Comme je l’ai dit plus haut ce n’est pas par ces éléments que l’auteur a su se faire remarquer, même si par la suite il saura mettre en scène de jolis twists dans ses romans ultérieurs. Malgré les flashbacks, la narration se révèle linéaire. C’est sans doute voulu par l’auteur et le procédé fonctionne, on a parfois l’impression d’être avec Daniel dans sa cellule à pleurer sur ce qui a été et ne sera plus jamais. Cependant le final se révèle quelque peu convenu.

Ce premier roman révèle déjà toute l’étendue du talent de R. J. Ellory qui finira par établir la réputation de l’auteur auprès des lecteurs friands d’ambiance sombre et mélancolique. Mais il a le malheur d’arrivé un peu tard dans mon parcours de lecteur pour que je puisse profiter de toute sa profondeur historique.

Résumé: Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.
1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Papillon ne nuit, premier roman publié de R. J. Ellory, nous emporte là où rodent la folie et le complot.

  • Poids de l’article : 300 g
  • ISBN-10 : 225318442X
  • ISBN-13 : 978-2253184423
  • Dimensions : 11.1 x 6.6 x 36 cm
  • Éditeur : Le Livre de Poche (1 février 2017)
  • Langue : : Français

City of Windows de Robert Pobi (8 janvier 2020)

Tempête de neige à New York : un agent du FBI est tué par un sniper. Incapables de comprendre d’où le tir est parti, les enquêteurs se tournent vers le seul homme qui puisse résoudre l’énigme, Lucas Page. Ce professeur d’astrophysique, Asperger de haut niveau, a quitté le FBI dix ans plus tôt, gravement blessé. Mais son talent surnaturel pour décrypter les scènes de crime est intact. Il se lance dans l’enquête alors que le serial sniper frappe et frappe encore.

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Chronique : Tout écrivain est également un citoyen de son pays, spectateur des troubles contemporains qui secouent la société dans laquelle il vit, mais là où un citoyen lambda va réagir un postant des commentaires sous le lien d’un article en ligne ou d’une vidéo YouTube, l’auteur lui va user de sa plume pour livrer son opinion au reste du monde.

C’est l’entreprise à laquelle s’est attaqué Robert Pobi, un auteur qui a déjà livré deux thrillers solides mais où la critique sociale n’était pas aussi présente. Avec son nouveau polar, plutôt un thriller d’action avec la présence du FBI, l’auteur égratigne sévèrement la société américaine et son culte de la violence. Au point parfois de négliger le déroulement de son enquête.

Mais commençons par les personnages. Le héros s’appelle Lucas Page et c’est lui, avec son ton acerbe et son mépris affiché pour ses compatriotes, qui va endosser le rôle de porte-parole du camps de la raison. Il est toujours agréable de suivre un enquêteur au ton acide et qui porte un regard désabusé sur le monde qui l’entoure même s’il faut reconnaître que dans la réalité ce professeur d’université, dont l’auteur ne clarifie jamais s’il est vraiment autiste ou simplement pétri d’orgueil, ferait un piètre défenseur des lois contre le port d’armes. Cela étant ses interventions et sa diatribe contre le port d’armes sont toujours plaisantes à lire. Signalons aussi que l’auteur a le souci de mettre en place une intrigue non manichéenne où les torts sont partagés même si l’on comprend très vite dans quel camp vont ses affinités politiques.

À côté de cela son personnage est le seul suffisamment développé avec une enfance difficile, un background intéressant mais qui fonctionne comme une pièce rapportée et n’apporte pas grand chose à l’œuvre. La famille recomposée du héros servira de faire-valoir émotionnel sans que beaucoup de profondeur ne lui soit apporté. Les autres personnages sont développés au minimum, mention spéciale à l’agent Grover Graves qui ne semble pas avoir d’autre but que de servir de tête de turc à notre génie misanthrope. Seul l’agent Whitaker tire son épingle du jeu et parvient à créer un lien avec Page.

Comme annoncé en introduction le discours social de l’auteur prend progressivement de plus en plus de place dans l’intrigue jusqu’à ce qu’il soit impossible de distinguer l’un et l’autre au détriment d’une intrigue policière qui perd en efficacité ce qu’elle gagne en discours social. Le tout reste fluide et très rythmé mais, sans doute débordé par l’ampleur du sujet, l’auteur se voit obligé de raccrocher les wagons de l’enquête pour que le tout tienne en place et c’est un peu dommage. Si l’auteur était parvenue à équilibrer son enquête et son discours social on aurait là un polar parfait pour ce début d’année.

Cependant inutile de bouder son plaisir, ce thriller se dévore sans même que l’on s’en rendent compte et confirme Robert Pobi dans le rang des grands auteurs de polars.

Note : 8/10

 

  • Broché : 512 pages
  • Editeur : Les Arènes (8 janvier 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500571

 

 

Les Pyjamasques / Un phénomène de société

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Lancée en septembre 2015 sur les chaînes Disney Channel et Disney Junior, la série américaine P.J. Masks s’est fait une place dans les Zouzous de France 5 dès décembre dernier sous le titre français de Pyjamasques. Réalisée en 3D par Christian de Vita (Gus) et Wilson Dos Santos (Les Lapins crétins), elle compte pour l’instant trois saison où les épisodes dur 13 minutes. A noter : l’originalité des décors urbains, avec des architectures complètement fantaisistes, un peu comme si les bâtiments étaient dessinés par des enfants. Seul dessin animé mettant en scène des super-héros d’âge pré-scolaire (4-7 ans), Pyjamasques défend, derrière son coté rigolo, des valeurs qui plaisent aussi aux parents : solidarité, esprit d’équipe, amitié…

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Ca parle de quoi ? 

De trois mini justiciers de 6 ans qui, après avoir enfilé leur pyjama, se transforment en super-héros et bénéficient, via divers gadgets, de pouvoirs extraordinaires. Le jour, Sacha, Amalya et Greg sont des enfants comme les autres.Le soir venu, ils deviennent  Yoyo, Bibou et Gluglu. Chacun a ses caractéristiques : Yoyo se métamorphose en chat et jouit  d’une ouïe hyper développée ainsi que d’une extrême agilité ; Bibou, qui vire hibou, vole et voit dans la nuit ; quant à Gluglu, c’est un serpent doté d’une force incroyable et d’un talent bien commode pour le camouflage. Nuit après nuit, les trois « Pyjamasques » doivent résoudre des mystères afin de traquer les méchants, Roméo, Sorceline et Ninjaka, qui sont aussi des marmots.

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Avant la série, des livres

A l’origine, Pyjamasques est une collection de livres pour enfants créée par l’auteur parisien Romuald Racioppo.  Romuald est né en 1976 à Paris et est très tôt pris d’une insatiable envie de dessiner et d’inventer des histoires. Son diplôme à l’école d’arts graphiques Estienne en poche, il réalise son autre « rêve de gosse » en devenant sapeur-pompier, mais ne peut s’empêcher de revenir au dessin… Entre deux créations, il aime par-dessus tout courir en forêt et voyager. Il est l’auteur des Pyjamasques, trois super-héros débordant d’humour et d’imagination pour inspirer les petits. Succès immédiat ! Editée en France par Gallimard, la série s’est écoulée à 40 000 exemplaires depuis en 2007. A ce jour, elle compte 18 titres. C’est en 2013 qu’Olivier Dumont, directeur général d’Entertainment One Family, en a proposé une adaptation à Disney et à France Télévisions.

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La critique de la série

Une excellente surprise telle on aime à les découvrir que cette petite série charmante répondant au nom assez déroutant des Pyjamasques. Trois héros écoliers échangent la nuit venue leurs tenues d’élèves insoupçonnables contre celles de héros veillant à ce rien ni personne ne vienne semer le trouble sur la ville endormie. Or en cela, la tâche ne leur sera pas épargné : quand ce ne sont pas Roméo un petit génie bien guère méchant, hilarant à la James Bond, et ses plans de conquérir le monde, ou le présomptueux et narcissique Ninjaka à la tête d’une troupe délirante composée de  » Ninjas Zouaves  » (adorables) volant tout ce qui mettrait davantage sa valeur en exergue, voire Sorceline entendant bien y mettre son grain de baguette avec une nuée de papillons nocturnes, nos trois héros ont toujours du pain sur la planche et ce doivent de faire avec leurs qualités et leurs défauts du moment. Heureusement, même si tout n’est pas parfait, Biboux, Yoyo et Gluglu pourront toujours compter sur leur quartier général, leurs aptitudes ainsi que leur amitié pour se sortir du pétrin et ramener les choses dans le bon ordre.

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La critique des livres

La série des pyjamasques a tous les ingrédients pour plaire aux enfants : aventures, humour et rêve dans un monde qui ressemble au leur, et qui l’air de rien, aborde les préoccupations de leur quotidien dans un univers imaginaire et coloré.

MESSAGES

Groupe

Gestion d’une équipe. Trois petits héros qui ont tout intérêt à mettre leurs pouvoirs en commun plutôt que de travailler chacun pour soi.

Se décentrer

Ne pas être trop centré sur soi. Les soucis des petits héros proviennent surtout de leur difficulté à prêter, vouloir trop faire tout seul, ou se sentir le meilleur. On apprend ici que c’est bien de fonctionner avec l’autre. Accepter que l’autre ait des potentiels parfois mieux adaptés que soi. Réparer ses dégâts. Les petits héros ont parfois besoin de se sentir meilleurs que d’autres, on va leur apprendre que c’est mieux de fonctionner ensemble que d’être en compétition.

Monde scolaire

On nous montre des écoliers, cour de récréation, visite de musée, salle d’école. On montre juste l’environnement, mais on saisit que les enfants ont du plaisir à y être, c’est donc une subtile revalorisation de l’école.

Aider l’autre

Faire en sorte que le monde aille mieux et aider ses camarades de classe (soit individuellement soit pour arranger un problème global).

Ne pas dénigrer

Le méchant fait de vilaines choses, mais les héros ne vont pas le dénigrer, s’il perd à la fin, le but n’est pas de lui faire du mal ou de le rabaisser (après ce sont quand même des combats gentils contre méchants, on peut se demander si les petits ont besoin de cela).

Apprentissage

Amélioration personnelle. Quand on est un super-héros, on doit se montrer performant et faire en sorte de progresser dans la vie pour assumer sa responsabilité de héros. Un petit doit apprendre à mieux faire même s’il n’est pas un héros.

Motivation au combat

Avec des personnages qui sont contents de se mettre en action (ici l’action c’est quand même souvent le combat). On résout les problèmes en luttant contre l’ennemi (et sans vraiment le souci d’être trois contre un).

Autonomie

Vouloir faire les choses comme un grand (et en plus la nuit), on ne voit jamais aucune adulte. Force d’un petit. Des enfants ont des super pouvoirs qu’ils utilisent la nuit (vision nocturne, vitesse, voler, rafale d’air, sauter haut, être invisible). Fille forte. Il y a une fille aussi forte que les garçons dans l’équipe.

Animaux

Les trois héros ont des costumes proches du chat, du Gekko et Hibou, les potentiels qu’ils peuvent avoir sont en lien avec des spécificités de ces animaux.

Revalorisation des véhicules

Les héros ont parfois des véhicules de grands. Le chatbolide, un bolide qui fonce bien, l’astrohibou vole dans le ciel (et il faut mettre ses ceintures de sécurité).

Technologie

Beaucoup de matériel de science-fiction qui permet de choses incroyables (voler, sauter haut, ). Robot, véhicules spectaculaires.

Malversation

De petits méchants qui ont chacun leur motivation à faire le mal. Toute proportion gardée, ce sont des envies ou des attitudes que peuvent avoir les enfants. Vol. La méchante veut voler des jouets des magasins ou des cadeaux de Noël. Être imbu de soi-même. Se croire trop beau et remplir les livres de sa photo. Vouloir être le maître du monde. Se sentir le meilleur. Prendre les affaires des autres parce que l’on sait mieux que les autres.

Mises en danger

Petites tensions, les pyjamasques oeuvrent la nuit et seul. Mur qui se fissure, on voit que c’est un gant de boxe géant qui le démolit. Avoir deux amis piégés et devoir gérer les choses seules (les deux garçons sont ficelés par un robot qui s’est vite débarrassé d’eux, Bibou est jeté dans une poubelle, avec ensuite un combat avec le gros robot. Pendant que ses deux camarades sont emmaillotés dans des tapis, Yoyo préfère s’occuper des méchants, il ira à leur secours quand ils sont envoyés en bas d’une route à toute vitesse. Les papillons ont entouré Bluglu et Bibou, Yoyo ne pavient pas à gérer seul les choses). Poursuite, tomber d’un véhicule en marche, se faire éjecter par terre.

Complexité

Si les intrigues sont plutôt simples, ce n’est pas évident d’imaginer que les enfants puissent comprendre le message qui veut être transmis dans chaque épisode (ils risquent de surtout être attirés par les scènes d’action).

Malaise

Sorceline, une des méchantes de la série est une petite fille qui a clairement des problèmes familiaux, elle se retrouve seule à Noël, n’a jamais eu de cadeaux. On l’entend dire qu’un de ses soucis est de ne pas se retrouver entourée de personne. Les héros réalisent souvent qu’elle fait de la peine.

Étrangeté

Étrange de montrer que « les soucis, on les règle la nuit ». Des enfants qui osent sortir la nuit pour régler des problèmes (autant dire sans l’autorisation des parents). Ou alors c’est l’idée qu’avec son pyjama, on puisse rêver à devenir ce que l’on veut quand on fait dodo, ou que notre subconscient traite la nuit les choses que l’on a à régler le jour (certains ont l’idée que c’est une fonction des rêves).

Conclusion

Une série pour les petits qui veulent entrer dans le monde des super-héros. Les héros sont des enfants, et les supervilains aussi, autant dire que ce n’est pas trop stressant, c’est pensé pour les plus jeunes (aucun adulte méchant, aucune véritable malversation). Mais la série met le plus souvent une suite de confrontation combat entre un vilain et les trois héros. Il y a une fille dans la bande des super-héros, c’est malheureusement pas assez courant pour qu’on doive en être content. Il y a clairement des thèmes mis en avant dans chaque épisode (laisser le tour à l’autre. Ne pas se croire plus performant que l’autre. Travailler avec ses propres potentiels et ne pas se prendre pour quelqu’un d’autre. Abandonner trop vite ce que l’on tente d’essayer. Rester zen. Ne pas bousculer l’autre), mais pas certain que l’enfant les saisissent vraiment, il risque d’être plus absorbé par les coups et autres rebondissements. Une série de combats pour les plus jeunes, finalement c’est au parent de décider si c’est ce qu’il veut proposer à son enfant.

Un grand merci à Gallimard jeunesse pour cet article de fond.

 

La villa rouge (23 août 2017) de James Patterson

Dans les Hamptons (Long Island), au 7 Ocean Drive, se dresse une impressionnante maison à la façade gothique avec une vue imprenable sur l’océan.
Mais elle est à l’abandon depuis plusieurs années et tombe en décrépitude. On la dit maudite. Il est vrai que la Villa rouge, telle qu’on la surnomme, a été par le passé le théâtre d’une série de meurtres jamais résolus.
Quand un nabab d’Hollywood et sa maîtresse y sont retrouvés sans vie, tous pensent que la malédiction frappe de nouveau.
Jenna Murphy, une ancienne flic de New York, va mener l’enquête. Elle qui, enfant, jouait sur la plage non loin de la maison, voit ressurgir en elle une terreur qu’elle croyait pourtant éteinte…
Mais la Villa rouge n’a sans doute pas encore révélé tous ses mystères… et Jenna pourrait bien en être la prochaine victime.

Chronique : James Patterson et David Ellis s’associent pour amener les lecteurs à un autre grand thriller digne d’investissement pour tous ceux qui sont assez curieux pour s’attaquer à ce mystère Un autre merveilleux roman par ce duo d’écriture, dans cet effort collaboratif le plus récent, Ellis ajoute encore un éclat à l’un des romans de Patterson. Les lecteurs attentifs verront que si la capacité de Patterson à écrire des sottises n’empêche pas son apparence ou sa montée sur la liste des best-sellers du New York Times, elle punit ceux qui recherchent du matériel de lecture décent. Ellis rend les histoires plus captivantes, le narratif plus net et les personnages multidimensionnels. Tout en s’éloignant des chapitres très court , légèrement, le roman se lit encore bien et utilise un excellent moyen pour captiver le lecteur. Alors que certains vont critiquer l’histoire pour être trop clichés ou étalés dans sa composition ce conte ne devient pas trop dur dans ces régularités et en vaut la peine temps de lecture. Ce n’est certainement pas un tournant pour les amateurs de Patterson dans l’espoir d’un style d’écriture nouveau et amélioré, mais quand Ellis a son nom aux côtés de Patterson, les lecteurs sont heureux d’avoir reçu une bonne écriture. Un très bon cru qui ce lit d’une traite.

Note : 8,5/10

 

  • Broché: 484 pages
  • Editeur : Archipel (23 août 2017)
  • Collection : Suspense

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Cross, coeur de cible (7 juin 2017) de James Patterson

Pour l’inspecteur Alex Cross, la famille est tout : rien ne compte plus que ses enfants, sa grand-mère et sa femme Bree. L’amour des siens est son ancre, et lui donne au quotidien la force d affronter le mal dans sa profession. Un homme l’a si bien compris qu il se sert de cette force pour la retourner contre Alex : lorsque ses proches se retrouvent en danger, il est prêt à tout pour les sauver. Mais la moindre tentative de sa part entraînera leur mort. Le roman le plus terrifiant et le plus inattendu de toute la carrière de James Patterson.

Chronique : Alex Cross est de retour pour affronter sûrement son plus terrible adversaire ! Voilà que son ennemi du jour va s’attaquer à ce qu’il a de plus précieux : sa famille.
James Patterson connaît parfaitement les codes du genre, comment jouer avec, comment tenir son lectorat en haleine, comment maîtriser son intrigue et pousser son héros dans ses derniers retranchements. Il faut avoir de l’imagination et un sens des rebondissements pour réussir à renouveler les enquêtes et les situations afin de continuer à donner de l’intérêt à un seul personnage mais Alex Cross est un enquêteur incontournable et emblématique qu’on prend plaisir à retrouver.
Alex est au coeur de l’enquête, même s’il l’ignore au début. Il suit plusieurs affaires, recoupe tout, comme d’habitude, mais cette fois ci nous découvrons avant lui certaines des intentions du tueur, notamment à l’égard de Alex Cross.
Très rythmée le lecteur ne s’ennuie pas une seconde, il y a énormément de rebondissements, du suspenses et des tas de surprises en tout genre !
En définitive, un bon tome dans la série Cross qui se termine sur un cliffhanger intéressant.

Note : 8,5/10

 

  • Broché: 450 pages
  • Editeur : JC Lattès (7 juin 2017)
  • Collection : Thrillers

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Big Guy & Rusty le garçon robot (10 mai 2017) de Frank Miller et Geof Darrow

Alors que la civilisation est perpétuellement menacée de destruction, l’humanité n’a plus qu’un seul espoir. Ou plutôt deux : les robots Big Guy et Rusty. Et si leur tâche est difficile, leur mission est simple : sauver le monde !Hystérique, drôle, tendre, loufoque, Big Guy & Rusty le garçon robot est un tourbillon d’action et d’aventure né de la folle créativité de deux génies du 9e Art : Frank Miller et Geof Darrow.

Chronique : Dans un Tokyo moderne (pour les années 90), les scientifiques, insensés au pouvoir, racontent avec succès le sucre primordial, seulement pour découvrir que c’est le corps d’hôte parfait pour un malade, une créature de type Cthulhu (dans la mentalité et au motif) qui se libère et suit La tendance des monstres géants qui se répandent sur Tokyo. Ce qui est pire, les citoyens découvrent après qu’ils ont tout lancé, des missiles et des chars aux hélicoptères et aux super robots (prototypes), la créature n’est pas seulement pour détruire l’humanité, elle peut les infecter, en les transformant en créatures de dinosaures mutantes qui Peut répandre la maladie, la destruction et le chaos. Dans un dernier programme, les commandants de l’effort demandent l’aide des bons États-Unis et de la mer vient le héro The Big Guy.
Tout américain, un véritable héros bleu, le Big Guy est déterminé à vaincre la créature maléfique, sauver les innocents mutés dans les monstres et respecter les normes de décence tout au long.

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Geof Darrow. Frank Miller font un super travail avec nos deux héros titulaires qui tentent d’arrêter un monstre qui envahit Tokyo et essaie de détruire la terre. C’est comme l’esprit endormi d’un dieu de dinosaure, très semblable à un Ancien en colère dans les capacités et l’intention. Le dialogue est en fait assez drôle. Rusty et le Big Guy parlent tous deux comme des caricatures de la bande dessinée des super-héros des enfants des années 50. Ils sont tellement dans la valeur optimiste, la vie affirmant, la défense innocente, les valeurs américaines capitalistes pro-consommateurs. Cela crée également une juxtaposition intéressante avec la destruction désintéressée et le monstre véritablement horriblement psychologique. Mais encore une fois, l’art attire l’attention et mène même la plupart des récits. Le détail sur ces monstres, tous les brins mineurs d’une voiture explosive ou un bâtiment brisé sont superbe.

Note : 9/10

 

  • Album: 112 pages
  • Editeur : GLENAT (10 mai 2017)
  • Collection : COMICS

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