Mes vies à l’envers de Maxime Fontaine, une aventure sans dessus-dessous

Voilà un récit jeunesse qui a compris le sens du mot aventure.

Cela fait presque deux semaines que j’ai fini le roman de Maxime Fontaine mais la photo me posait un gros souci. En effet difficile de prendre une belle photo lorsqu’on a lu l’ouvrage sur une liseuse en noir et blanc. Mon escapade dans le pays béarnais était l’occasion rêvée pour rendre hommage à ce savoureux roman d’aventures fantastique.

Si parmis vous se trouvent des parents qui veulent initier leur adolescents fâchés avec la lecture ce roman me paraît idéal. Ils pourront y suivre les déboires de ce pauvre Yohann dans un voyage inattendu qui va l’amener des tranchés de la Première Guerre mondiale jusqu’au Japon féodal en passant par la ville de Lisbonne du 18ème siècle. L’aventure commence immédiatement, le rythme est effréné et, chose de plus plus en rare, on a un personnage d’adolescents bien écrit, au caractère sensé et plein de ressources.

Et de la ressource il en aura bien besoin pour faire face au danger qui l’attend. L’attrait du récit repose sur ce jeune personnage positif et altruiste. Le rythme est parfaitement dosé entre action et passage plus posé, mention spéciale à la période où Yohann suit l’entraînement du charismatique Edmundo, le médecin royal exilé, bretteur à ses heures perdues.

L’ouvrage s’inscrit bien sûr dans le cadre du récit initiatique. S’il apparaît tout d’abord naturellement désemparé, Yohann va petit à petit développé ses capacités, son regard va s’affûter et son esprit s’ouvrir à toutes les époques qu’il va traverser. En tant que lecteur voir grandir et mûrir ce jeune homme sous nos yeux est un plaisir de lecture immense. L’attachement entre Yohann et le lecteur est une condition indispensable pour apprécier la lecture.

Un excellente lecture pour tous les jeunes qui cherchent à se réconcilier avec la lecture. Le seul passage qui m’ait fait tiquer c’est lorsque le grand ennemi de l’intrigue se dévoile, la phase explicative m’à paru trop longue et vient briser un rythme soutenu jusqu’alors mais il s’agit d’un défaut somme toute mineur et subjectif, d’autres pourront être soulagés avoir enfin toutes les réponses être dévoilées.

Résumé : Rentrant chez lui, Yohann Massart, jeune lycéen, se fait assassiner par trois personnes masquées. Parmi elles, il reconnaît sa petite amie. Mais au lieu de mourir, son esprit remonte le temps, pour atterrir dans le corps d’un simple soldat de la Première Guerre mondiale. Complètement déboussolé, Yohann déserte son bataillon pour traverser la France d’Est en Ouest, et rejoindre son village natal. La tête emplie de questions, il souhaite comprendre le pourquoi de ce voyage à l’aube du xxe siècle. Mais sur son chemin se dresse un nouveau trio d’assassins qui n’ont qu’un but : le faire disparaître.

  • Éditeur ‏ : ‎ Gulf stream éditeur (3 mai 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2354886128
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2354886127
  • Âge de lecture ‏ : ‎ 13 – 18 années
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.3 x 22 cm

Vita Nostra de Marina et Serge Diatchenko, c’est à n’y rien comprendre

Lost in education

Vita nostra est un ouvrage qui m’est parvenue auréolé d’une réputation de lecture déstabilisante et largement relayé sur les blogs et les réseaux sociaux, ce livre promettait une lecture loin des carcans habituels de la littérature jeunesse. L’ouvrage tient-il toutes ses promesses ? Pas complètement et nous allons voir pourquoi.

L’ouvrage promet d’emmener le lecteur aventureux loin des chemins balisés de la littérature fantastique qui cible les adolescents. Une sorte de Harry Potter à rebrousse poil. La quatrième de couverture ne ment pas, les questions sans réponses ne cesseront d’agiter l’esprit du lecteur et les horizons de lectures n’en sont que plus troublés. Sauf que très vite une inquiétude s’empara de moi une fois dépassé la centième page et l’intrigue plus ou moins posée. Une inquiétude qui ne fit que se confirmer au fil des pages, le récit avait beau être fort original dans sa manière de raconter son intrigue, il n’en restait pas moins que le tout manquait de profondeur.

Le récit n’a en fait d’original que la manière absconse de contextualiser son univers. L’institut des technologies spéciales et l’enseignement que l’on y prodigue sont mystérieux et incompréhensible uniquement parce que le duo d’auteurs laissent planer un voile de doute dessus. Un voile qui finit vite par paraître artificiel tant le mystère insoluble de cet institut est censé être la clé de voûte du récit. J’ai surtout eu l’impression que les auteurs chercher à tout prix à broder autour d’un mystère très mystérieux mais vite redondant. Du mystère, des questions sans réponses, oui mais à condition qu’il y ait des enjeux qui se mettent en place aussi derrière. Hors là toute l’intrigue tourne autour de cet enseignement incompréhensible et des tourments qu’il provoque sur les élèves. Niveau enjeux dramatiques on a déjà vu plus haletants.

En ce qui concerne les personnages, la brave Sacha occupe quasiment tout l’espace. Quelques camarades de chambré et un ou deux prétendants tentent bien d’exister au travers des mésaventures de cette pauvre Sacha sans jamais acquérir l’épaisseur nécessaire pour faire d’eux des personnages mémorables. À tel point que les auteurs nous feront assister trois fois à l’appel des élèves en début de cours pour bien que l’on se souvienne qu’ils sont toujours là. C’est pas du tout rébarbatif. S’identifier à Sacha est en revanche assez aisée car, tout comme le lecteur, elle est complètement paumée. Elle n’est pas antipathique comme personnage c’est juste qu’elle passe la moitié du récit à être une boule de nerfs au bord des larmes et le dernier tiers à faire montre de ses capacités qu’elle contrôle à peine.

Et c’est en cela que le livre m’a vraiment déçu, entre autres car la plume à quatre mains m’a aussi posé problème mais on y reviendra, l’originalité tant vantée par l’ouvrage ne se vérifie pas dans sa construction du personnage principal. Son cheminement en tant que jeune élève livré à un monde inconnu est le même que celui des centaines d’autres personnages du même acabit. D’abord désemparée face à ce que l’on exige d’elle, elle parvient finalement à se surpasser et à répondre aux attentes de son entourage. C’est un développement de personnage de littérature jeunesse vu et revu, sauf que là on n’a en plein brouillard quant à la finalité de tout ce grand mystère. Sacha aurait pu être un personnage vraiment original mais en l’état elle n’est qu’un ersatz de plus d’Harry Potter et consort.

Ce genre de récit nécessite une plume ravissante et poétique afin d’offrir un enchantement au lecteur qui agira tel un contrepoids d’une narration volontairement obscure. Or si la plume n’a rien de honteuse, elle n’est pas pour autant parvenue à m’emporter. La faute à un style parfois sec, purement factuel, puis soudainement onirique mais brouillon et qui manque de direction. Le défaut d’écrire en duo sans doute. Je ne peux pas définitivement enterrer l’ouvrage sans évoquer un aspect positif de ma lecture, alors je dirais que malgré son récit inutilement abscons et qui tire en longueur il se lit vite grâce à ses chapitres courts.

Vita nostra me fait penser à ce beau brun ténébreux qui ne cesse de vous intriguer mais qui, une fois aborder et amadouer, se révèle creux et quelque peu vain. Une lecture loin d’être fastidieuse, le livre ne me tombait pas des mains, mais qui se révèle lassante tant elle n’a pas grand chose à dire.

Résumé: Vita nostra brevis est, brevi finietur…

« Notre vie est brève, elle finira bientôt… »

C’est dans le bourg paumé de Torpa que Sacha entonnera l’hymne des étudiants, à l’« Institut des technologies spéciales ». Pour y apprendre quoi ? Allez savoir. Dans quel but et en vue de quelle carrière ? Mystère encore. Il faut dire que son inscription ne relève pas exactement d’un choix : on la lui a imposée… Comment s’étonner dès lors de l’apparente absurdité de l’enseignement, de l’arbitraire despotisme des professeurs et de l’inquiétante bizarrerie des étudiants ?

A-t-on affaire, avec Vita nostra, à un roman d’initiation à la magie ? Oui et non.
On évoque irrésistiblement la saga d’Harry Potter et plus encore Les Magiciens de Lev Grossman.
Mêmes jeunes esprits en formation, même apprentissage semé d’obstacles. Mais c’est sur une autre terre et dans une autre culture, slaves celles-là, que reposent les fondations d’un livre qui nous rappellera que le Verbe se veut à l’origine du monde.

  • ASIN : B07Q8Q7BHY
  • Éditeur : L’ Atalante Editions (24 octobre 2019)
  • Langue : Français
  • Broché : 525 pages
  • ISBN-13 : 979-1036000195
  • Poids de l’article : 640 g
  • Dimensions : 15 x 4 x 20 cm

Le prince cruel d’Holly Black, éditions Rageot / 02 septembre

 

Résumé: Jude a 17 ans et vit à la Haute Cour de Domelfe dans le royaume de Terrafæ. Enlevée au monde des mortels lorsqu’elle n’était qu’une enfant et élevée avec ses sœurs parmi les puissants, elle a appris à se protéger des sortilèges et à se battre à l’épée. Pourtant, elle subit jour après jour les moqueries et les insultes. Car elle n’est qu’une humaine, vouée à la mort, dans un monde où règnent les Fæs, créatures sublimes, immortelles… et cruelles.Bien connu des amateurs de fantastique dans l’édition jeunesse, notamment avec sa saga des chroniques de spiderwick, Holly Black signe son grand retour à la fantasy jeunesse avec une nouvelle saga pleine de sang et de fureur et se déroulant à nouveau dans l’univers des fées.

Chronique : Ayant depuis longtemps abandonné le côté young adult de la fantasy je craignais fortement que ce prince se montre bien cruel avec moi lors de la lecture. Comme tout genre et sous-genre, le young adult possède ses tics d’écritures qui finissent par lasser. Le premier tiers de l’ouvrage m’a effectivement fait craindre d’être tombé sur les pires travers de la young fantasy. Une héroïne impulsive qui ne sait que s’attirer les ennuis, un antagoniste haïssable au possible et un début de romance qui sent la manipulation et le narcissisme autant que les jardins royaux sentent la rose.

Heureusement l’intrigue prend un tournant salvateur qui relance les enjeux et rabat les cartes des relations entre les différents protagonistes. Notre jeune héroïne prend son destin en main et celui de Domelfe par la même occasion. Son initiation au monde impitoyable de l’espionnage et des intrigues de cours lui permet de gagner en maturité et en profondeur alors que son regard sur le monde des fées, qu’elle enviait tant, se teinte de cynisme et d’amertume. Elle finira par comprendre qu’il y a quelque chose de pourri au royaume des fées.

Les personnages se révèlent plus fins que les premiers chapitres ne le laisser présager. Les bouleversements qu’ils connaissent au fil des complots aiguisent leurs psychologies et efface le manichéisme que l’on pouvait ressentir au début de la lecture. Une fois la dernière page refermée impossible de prévoir comment la situation va évoluer.

Le royaume des fées aurait mérité plus de descriptions, en l’état le récit est très cloisonné. On passe d’un manoir à un autre sans vraiment profiter des paysages de ce royaume magique. Cela s’explique par la tournure plus sombre que prend l’intrigue mais l’immersion dans cet univers, à l’issue du premier volume, n’est que partiellement réussie.

L’intrigue qui se met en place progressivement reste de facture classique mais plaisante et promet le meilleur pour la suite de la saga. Le travail effectué sur le profil psychologique des personnages est solide et place ce prince cruel dans les bonnes surprises de cette rentrée littéraire.

« Les faes sont peut-être de belles créatures, mais cette beauté est comme une carcasse d’un cerf doré, infestée d’asticots, prête à exploser »

Collection : Grand Format
EAN : 9782700273885
EAN numérique : 9782700263510