Papy Boulet de Jean Leroy (Auteur), Lorena Calderon (Dessins)

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Salma, 12 ans, est obligée d’aller passer une semaine de vacances chez son grand-père. Pour elle, aller chez Papy Boulet, c’est comme aller en prison ; ou plutôt, non, c’est pire, car en prison, au moins, il y a la télé !

Chronique : Une semaine de vacances chez Papy Boulet ? Pour Salma, 12 ans, c’est une punition pire qu’une prison – parce qu’au moins, en prison, il y a une télé ! Mais les apparences sont parfois trompeuses, et son séjour chez ce grand-père bourru va vite prendre une tournure inattendue.

Entre humour décalé, moments de complicité, et aventures improbables, Papy Boulet nous emmène dans un récit qui fait sourire autant qu’il touche. Jean Leroy tisse une intrigue rythmée et pleine de malice, tandis que les illustrations pétillantes de Lorena Calderon insufflent vie à cette rencontre intergénérationnelle.

Du baptême en tracteur à une battle hilarante autour d’une fable de La Fontaine, sans oublier un passage mémorable au fast-food, ce duo grand-père-petite-fille prouve que même les semaines qui s’annoncent ennuyeuses peuvent devenir mémorables.

Avec tendresse et légèreté, Papy Boulet parle d’ouverture, d’humour et du lien unique qui peut naître là où on l’attendait le moins. Un album à savourer pour rire et se rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour se surprendre… ou pour faire un baptême de tracteur !

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As; Illustrated édition (2 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2380759235 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380759235

Vinland Saga – Tome 28 Poche de Makoto Yukimura

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Vous aimez les récits épiques, les légendes nordiques et les casques à piques ? Venez découvrir Vinland Saga, le premier manga à nous plonger dans l’univers des Vikings.

Chronique : Avec Vinland Saga, Makoto Yukimura nous offre bien plus qu’un récit de vikings classique. Ce 28ᵉ tome poche poursuit l’exploration de thèmes universels comme la quête de paix, la confrontation des cultures et les tensions entre idéaux et réalités humaines. L’auteur sublime l’épopée nordique avec une profondeur narrative et visuelle qui captive autant les amateurs d’action que les passionnés de réflexion.

Ce volume nous plonge au cœur du Vinland, ce territoire mythique où Thorfinn et ses compagnons tentent de bâtir un avenir sans violence. Mais les tensions atteignent un point de rupture : d’un côté, les colons européens, menés par leur détermination et leurs ambitions, et de l’autre, les Lnu’g, les autochtones de ces terres, hantés par les visions prophétiques du chaman Gitpi. La scène où Ivar tranche la main de Gitpi illustre avec brio l’escalade d’un conflit alimenté par incompréhensions et rancunes, mais aussi par des désaccords internes : le pacifisme de Thorfinn est-il une noble aspiration ou une utopie vouée à l’échec ?

Ce tome aborde également un sujet inattendu et poignant : un mal mystérieux commence à frapper les Lnu’g, un fléau qui pourrait être interprété comme une métaphore des impacts invisibles de la colonisation. Yukimura continue ainsi de questionner l’héritage des rêves utopiques face aux dures réalités humaines, tout en explorant la fragilité des idéaux dans un monde marqué par la survie et la domination.

Côté dessin, Yukimura excelle une fois encore. Les expressions des personnages et les décors naturels du Vinland, à la fois grandioses et oppressants, donnent vie à ce conflit. Les scènes de tension alternent avec des moments de calme mélancolique, soulignant l’équilibre précaire entre paix et guerre.

ASIN ‏ : ‎ B0D6XWPDZD Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa; Illustrated édition (5 décembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042014810

Les Semi-Déus – Tome 02: Double-jeu

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Parfois, avoir des super-pouvoirs est tout sauf une bénédiction.4Dans un royaume où les dons surnaturels ne sont pas toujours une bénédiction, Jean-Gaël Deschard et Juliette Fournier poursuivent leur épopée fantastique avec un second tome palpitant. « Double-jeu », véritable tour de force narratif et visuel, nous replonge dans l’univers troublant des Semi-Déus, ces enfants abandonnés aux pouvoirs extraordinaires, manipulés par les ambitions des puissants.

Le récit s’articule autour d’Asmodée, une métamorphe au destin tortueux. Déchirée entre son don et les souffrances qu’il lui inflige, elle devient l’instrument d’un stratagème royal sordide. Lorsque le prince Wilzir disparaît mystérieusement, la reine Bérénice, tyrannique et calculatrice, force Asmodée à se glisser dans la peau du prince pour tromper les Méridanais. Mais la métamorphose ne masque pas tout : sous les apparences, la jeune héroïne perçoit les rouages d’un complot bien plus vaste.

À travers un habile mélange de politique, manipulation et mystère, Deschard nous embarque dans un jeu d’échecs où chaque mouvement peut tout bouleverser. Les rebondissements s’enchaînent à un rythme haletant, tandis qu’Asmodée lutte pour comprendre son rôle dans cette fresque oppressante et trahir, peut-être, son destin.

Côté illustrations, Juliette Fournier transcende les mots avec des dessins immersifs, riches en détails, qui insufflent à chaque scène une intensité quasi cinématographique. Le monde des Semi-Déus, sombre et lumineux à la fois, prend vie avec une précision troublante.

« Double-jeu » brille par sa capacité à mêler le suspense à l’émotion. Asmodée est une héroïne complexe, déchirée entre loyauté et survie, une figure attachante qui évolue dans un univers où le pouvoir corrompt tout, même l’innocence. Les thèmes abordés – la quête d’identité, les abus de pouvoir, la manipulation – résonnent avec une pertinence universelle, bien qu’enveloppés dans une intrigue fantastique.

Éditeur ‏ : ‎ Vents d’Ouest; Illustrated édition (22 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2749310148 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2749310145 Poids de l’article ‏ : ‎ 788 g

Gloutons et Dragons (14) de Ryoko Kui (Dessins, Rédacteur)

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Privée de provisions en pleine exploration d’un donjon infesté de monstres, votre équipe d’aventuriers affamés s’est repue des créatures qu’elle a rencontrées.

Chronique : Quand vous êtes une équipe d’aventuriers piégée dans un donjon infesté de monstres et privée de provisions, la faim devient rapidement une menace aussi dangereuse que les griffes et crocs de vos ennemis. Mais que faire quand votre seule option est de transformer ces créatures effrayantes en repas ? Voilà l’incroyable point de départ de Gloutons et Dragons, la série audacieuse de Ryoko Kui qui a réinventé le manga de fantasy en y mêlant une touche de gastronomie insolite.

Dans ce quatorzième et ultime tome, l’auteur nous invite à partager un dernier festin, à la fois somptueux et chargé d’émotion, avant que ne s’achève cette aventure unique en son genre. À travers les pages, Ryoko Kui célèbre le pouvoir fédérateur de la nourriture, même lorsqu’elle est issue d’ingrédients pour le moins atypiques : griffes, tentacules, écailles ou encore pinces. Chaque repas n’est pas qu’une solution de survie, mais une véritable exploration des désirs, des peurs et des liens qui unissent les membres de cette équipe hors du commun.

Ce dernier volume n’est pas simplement la conclusion d’une quête, mais une réflexion sur les thématiques centrales de l’œuvre : l’appétit, sous toutes ses formes, le dépassement de soi et la manière dont le partage d’un repas peut transformer les relations humaines (et monstrueuses). Ryoko Kui, avec son talent pour mêler humour, tension et créativité, nous pousse à nous interroger : que reste-t-il à désirer quand on a vécu une aventure aussi extraordinaire ?

Visuellement, Gloutons et Dragons continue de surprendre. Les monstres, loin d’être de simples menaces, deviennent des protagonistes à part entière grâce au génie graphique de Ryoko Kui. Les scènes de cuisine, détaillées avec une précision presque culinaire, s’associent à des moments d’action haletants pour offrir une lecture aussi savoureuse que captivante.

Avec ce tome 14, Ryoko Kui clôture sa série en beauté, en nous laissant à la fois repus et curieusement affamés. Gloutons et Dragons n’est pas qu’un manga : c’est une invitation à explorer les confins de l’imagination et à redécouvrir le plaisir de l’inattendu.

Alors, aventuriers, êtes-vous prêts à lever une dernière fois vos fourchettes et vos épées ? Ce banquet final promet de rester gravé dans vos mémoires, tout comme cette série incontournable qui, entre gastronomie et fantasy, a su nourrir nos âmes autant que nos appétits.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (22 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203288221 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203288225

Lover Dose de Fortu

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De l’amour à Lover Dose, il n’y a qu’un pas. Il est franchi avec Fortu, dans ce recueil hilarant de chroniques de couple. Peut-on rester soi-même ? À deux, est-on plus forts pour affronter la vie ? Sommes-nous réellement compatibles ? Les réponses à ces questions les plus existentielles se trouvent dans cet album désopilant !

De l’amour à « Lover Dose », il n’y a qu’un pas. Avec ce recueil hilarant de chroniques de couple, Fortu nous plonge dans les méandres du quotidien à deux avec un humour décapant et une finesse irrésistible.

Un miroir des relations modernes

Peut-on rester soi-même quand on partage sa vie avec quelqu’un ? À deux, est-on réellement plus forts pour affronter les épreuves du quotidien ? Et surtout, sommes-nous vraiment compatibles, malgré nos différences, nos tocs et nos habitudes parfois loufoques ? Autant de questions existentielles auxquelles Fortu répond avec un talent rare pour croquer la vie de couple.

Un style graphique et narratif unique

Les illustrations de Fortu, à la fois expressives et colorées, capturent avec brio l’absurdité et la tendresse de ces petits riens qui font tout. Chaque page de « Lover Dose » est une plongée dans un univers débordant de caractère, où les répliques incisives et les scènes très visuelles font mouche à chaque fois.

Un humour universel

Que vous soyez en couple, célibataire, ou simplement curieux des dynamiques amoureuses, ce livre parle à tout le monde. L’humour de Fortu dépasse les clichés pour toucher à l’essentiel : l’inévitable confrontation entre deux individualités. Chaque anecdote révèle une part de vérité universelle, toujours traitée avec une grande légèreté.

Une lecture essentielle

« Lover Dose » n’est pas seulement un album à lire, c’est une vraie expérience. On rit, on s’interroge, on se reconnaît… et on en redemande. Fortu parvient à transformer des scènes de la vie ordinaire en tableaux hilarants et émouvants à la fois.

Éditeur ‏ : ‎ EXPE EDITIONS; Illustrated édition (31 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 80 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2493412060 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2493412065

Version 1.0.0

Le Nirvana est ici de Mikael Ross

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En ce début d’été berlinois où la lumière éblouissante se double d’une chaleur torride, Dennis et Tâm font une découverte inquiétante.

Avec Le Nirvana est ici, Mikael Ross nous plonge dans un Berlin estival écrasé de soleil, où la chaleur étouffante vient accentuer une atmosphère déjà pesante. Dennis et Tâm, frère et sœur curieux et un brin intrépides, font une macabre découverte : un doigt sectionné, caché dans un buisson du quartier de Lichtenberg. Très vite, l’enquête qu’ils mènent pour percer ce mystère les amène à recroiser la route de la fugitive Hoa Binh, silhouette énigmatique croisée jadis sur un marché en Pologne.

Un décor urbain oppressant
Le Berlin de Mikael Ross, baigné d’un soleil aveuglant, se révèle sous un jour particulier : la lumière, pourtant estivale, devient presque agressive, comme si elle trahissait la tension sous-jacente. Les grands ensembles de l’ancien Berlin-Est, les rues encore marquées par leur histoire, tout concourt à instaurer un climat à la fois vivant et oppressant.

Une intrigue menée tambour battant
Dès les premières pages, le lecteur est plongé au cœur d’une énigme sordide, celle du doigt sectionné. Dans leur quête de vérité, Dennis et Tâm naviguent entre rencontres improbables et confrontation à une réalité qu’ils ne maîtrisent pas. La « fille du parking », Hoa Binh, devient vite le catalyseur de cette course-poursuite où l’enjeu semble dépasser de simples histoires de voisinage. Entre non-dits et rebondissements, le récit avance à vive allure, accrochant le lecteur de page en page.

Des personnages complexes et attachants
Mikael Ross met en scène un duo fraternel qui sonne juste. Dennis et Tâm, bien que différents, se complètent par leur solidarité et leur humour parfois maladroit. La détermination de Tâm, prête à tout pour aider Hoa Binh, lui confère une épaisseur émotionnelle forte, tandis que Dennis se laisse porter par un mélange d’excitation et d’inquiétude. Ces deux regards qui se croisent sur un même mystère donnent du relief à l’histoire, et l’on se prend rapidement d’affection pour eux.

Un style graphique singulier
Le trait de Ross, dynamique et précis, soutient l’énergie de l’intrigue. Les décors berlinois se parent de couleurs vives et chaudes, presque écrasantes, contribuant à l’impression de suffocation. Les scènes à la nuit tombée ou dans les recoins ombragés de la ville instaurent un contraste visuel percutant, soulignant la dramaturgie du récit. On sent dans chaque case la tension qui monte, et la mise en scène, habilement rythmée, rend la lecture captivante.

Éditeur ‏ : ‎ SEUIL (10 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 352 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2021545091 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021545098

Moody Rouge de Ariane Astier

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Ben, un adolescent en proie à de nombreux tourments, entretient des relations tendues avec ses parents adoptifs et idéalise sa famille biologique, dont il garde peu de souvenirs.

Avec Moody Rouge, Ariane Astier nous plonge dans le quotidien tourmenté de Ben, un adolescent balloté entre tensions familiales et quête d’identité. Adopté, il ne supporte plus sa mère et se réfugie tant bien que mal auprès de son tuteur, Roland, avec qui les rapports sont, eux aussi, électriques. Dans l’espoir de calmer les esprits, Ben se rend en Allemagne pour les fêtes de fin d’année. Mais le voyage tourne vite à la confrontation silencieuse : entre échanges aigres-doux et silences pesants, l’ambiance n’a rien de festif.

C’est alors qu’une lueur d’intérêt surgit : un reportage attire Ben sur la piste d’un mystérieux peintre travaillant dans la cathédrale locale. L’adolescent, gagné par la curiosité, s’y rend et découvre un univers bien plus complexe que ce qu’il imaginait. Car, derrière ces fresques dont la beauté gothique fascine, se tapit un secret familial terrifiant, renvoyant Ben à ses origines et à son histoire encore trouble.

Un récit initiatique et psychologique
Ariane Astier signe un récit profondément intime, où la quête d’identité est mise en scène avec finesse. La colère et la mélancolie de Ben s’expriment à travers des dialogues tendus, des silences lourds et un recours subtil à la mise en page. L’autrice ne cherche pas tant à nous servir une énième histoire d’adolescent rebelle, mais plutôt à sonder l’âme d’un jeune en quête de repères, partagé entre le besoin de comprendre son passé et le désir de fuir une réalité qu’il juge étouffante.

Une atmosphère sombre et envoûtante
Graphiquement, Moody Rouge déploie un jeu de contrastes saisissant, entre la grisaille des paysages hivernaux allemands et les nuances plus chaudes de la cathédrale. Les cases s’allongent parfois comme pour souligner la solitude du héros, tandis que certains gros plans sur son visage reflètent son trouble intérieur. Les teintes, souvent ternes, soulignent la tristesse pesante, mais la lueur de quelques couleurs plus vives trahit l’espoir qui renaît chez Ben lorsqu’il s’approche du secret familial.

Une intrigue bien menée
Le fil narratif ne perd jamais de sa tension. Les non-dits, les indices semés au fil des pages, l’atmosphère parfois inquiétante de cette petite ville allemande en hiver : tout concourt à entretenir le suspense. Quand survient la révélation sur les véritables origines de Ben, on comprend peu à peu l’ampleur du mensonge et la violence du choc pour un adolescent déjà fragile.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (15 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 200 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203248548

Hilda & Twig: Pas nés de la dernière pluie Relié – 5 février 2025 de Luke Pearson

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Hilda et Twig ne sont pas du genre à laisser un peu de pluie contrarier leur soif de découverte

Chronique : Préparez-vous à plonger dans une aventure hors du commun avec Hilda & Twig : Pas nés de la dernière pluie, le nouvel album relié de Luke Pearson qui paraîtra le 5 février 2025. Connu pour son univers tendre et fantastique, l’auteur revient ici avec une histoire enlevée, destinée aux enfants dès 6 ans, et qui saura également charmer les plus grands.

Dès les premières pages, nous retrouvons Hilda, la courageuse fillette aux cheveux bleus, et son fidèle compagnon Twig. Rien ne saurait entamer leur soif de découverte : ni le froid, ni la pluie battante, ni même un orage qui les surprend en pleine exploration de la forêt. Lorsqu’ils se réfugient dans un étrange monticule de terre, le récit prend alors une tournure inattendue : Twig, malgré sa peur, sent qu’une menace scaliforme rôde. Par amitié pour Hilda, il fera tout pour la protéger, quitte à se confronter à ses pires craintes.

Entre humour, magie et rebondissements, l’album offre un cocktail savoureux qui émerveillera les jeunes lecteurs comme leurs parents. Le trait dynamique de Luke Pearson donne vie à des scènes pleines de fantaisie, et le rythme soutenu ne laisse aucune place à l’ennui. On retrouve l’esprit singulier de la série Hilda, qui réussit une nouvelle fois le pari de mêler sens de l’aventure et bienveillance.

A tous les garçons que j’ai aimés Broché – Illustré, 21 novembre 2024 de Jenny Han (Auteur), Véronique Grisseaux (Auteur), Akimaro (Illustrations), Li Lu (Dessins)

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Le best-seller de Jenny Han, comédie romantique star de Netflix adapté en BD !

Que se passerait-il si tous les garçons pour lesquels vous avez éprouvé des sentiments découvraient en même temps ce que vous ressentez pour eux ?

Lara Jean Song est une adolescente de 16 ans, rêveuse et discrète, qui garde précieusement ses lettres d’amour dans une boîte à chapeau offerte par sa mère. Ces lettres ne sont pas faites pour être lues : elles servent de catharsis, de manière de poser sur le papier les sentiments qu’elle n’ose jamais exprimer à voix haute.
Jusqu’au jour où, par un étrange concours de circonstances, ces cinq lettres (chacune destinée à un ancien béguin) sont mystérieusement envoyées. À partir de cet instant, la vie tranquille de Lara Jean se transforme en véritable tourbillon, car les garçons concernés découvrent tout ce qu’elle a écrit dans ces missives pourtant privées.


Des personnages profondément humains

Au cœur de cette BD, on retrouve la douceur et la sincérité qui faisaient déjà le charme du roman. Lara Jean, avec sa timidité, son sens de la famille et sa propension à rêver, est on ne peut plus touchante.

  • Margot, la sœur aînée, jongle entre ses responsabilités et son désir d’émancipation.
  • Kitty, la benjamine pleine de malice, apporte une dose de spontanéité et d’humour.
  • Et bien sûr, il y a tous les garçons impliqués — ami d’enfance, camarade de lycée, crush inattendu — qui se retrouvent malgré eux au cœur de cette intrigue aussi embarrassante que drôle.

Un mélange de légèreté et d’émotion

Si l’histoire se veut avant tout une comédie romantique, elle aborde également les thèmes de l’adolescence, de la famille et de l’acceptation de soi. Les problématiques de la confiance, de l’identité et des premiers émois amoureux y sont dépeintes avec justesse.
En version BD, cet équilibre entre comédie, romantisme et moments plus émouvants est parfaitement conservé. Les planches colorées et dynamiques nous plongent dans le quotidien de Lara Jean, alternant scènes de vie de famille chaleureuse et bouleversements sentimentaux au lycée.


L’adaptation : une réussite visuelle

Le défi d’adapter un roman qui a déjà conquis un large public, et dont l’adaptation cinématographique est elle-même un succès, était de taille. Pourtant, Véronique Grisseaux au scénario, Akimaro et Li Lu à la partie graphique, réussissent à insuffler une atmosphère douce et lumineuse. Les expressions faciales, les décors, tout est pensé pour retranscrire l’esprit « feel-good » et le charme un brin vintage qui se dégage de l’œuvre de Jenny Han.


Robespierre, le sphinx mélancolique de Simone Gabrielli Makyo

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1791. Robespierre, dit l’Incorruptible, est député au sein de la première assemblée constituante. Depuis la tribune, il harangue ses confrères pour les convaincre d’abolir la peine de mort, et pourtant, deux ans plus tard, il leur intimera de voter l’exécution de Louis XVI… Comment le jeune avocat d’Arras, défenseur d’une justice sociale, peut-il participer à instaurer la Terreur ?

Chronique : Maximilien de Robespierre : voilà un nom qui, deux siècles plus tard, suscite encore passion et controverse. Député du Tiers état à la première Assemblée constituante, orateur tenace, il se fait remarquer par son acharnement à défendre l’égalité des droits et l’abolition de la peine de mort. Deux ans plus tard pourtant, ce même homme, surnommé « l’Incorruptible », n’hésite pas à réclamer l’exécution du roi déchu Louis XVI. Cette apparente contradiction — comment passe-t-on d’un combat pour la sauvegarde de toutes les vies au vote de la peine capitale pour le souverain ? — est au cœur du livre Robespierre, le sphinx mélancolique (1791) de Simone Gabrielli Makyo.

Une figure fascinante et énigmatique

Le titre ne ment pas : Robespierre est ici décrit comme un véritable sphinx, c’est-à-dire une figure aussi charismatique qu’insaisissable. Le qualificatif « mélancolique » suggère un être tourmenté, en proie au doute et aux questionnements moraux. Alors que l’on a souvent dressé de Robespierre le portrait d’un révolutionnaire implacable, Gabrielli Makyo rappelle son parcours d’avocat d’Arras, défenseur des opprimés, sensible au sort des plus faibles.

Aux origines d’une contradiction

Le livre met en lumière la genèse de son engagement politique : animé d’un profond désir de réforme sociale, Robespierre se veut la voix de la justice. Or, la Révolution, dans sa dynamique effrénée, va rapidement le confronter à la violence des soubresauts politiques. De fervent défenseur de la vie, il en arrive à soutenir la mort du roi, au nom de la République et de la souveraineté populaire.

L’autrice explore avec finesse les méandres de ce revirement : la pression populaire, le climat de guerre civile larvée, la menace des puissances étrangères, et surtout, la conviction de Robespierre qu’il n’y a pas d’autre choix pour sauver la jeune République. On plonge alors dans la complexité de sa pensée : l’Incorruptible en vient à estimer que la clémence envers un roi serait une trahison envers la Nation qui vient de conquérir sa liberté.

Une plongée dans la Terreur

Le récit suit le parcours de Robespierre jusqu’à l’instauration de la Terreur en 1793-1794. Ce moment sombre et décisif interroge la notion même de justice : comment un homme qui plaidait contre la peine de mort peut-il justifier l’usage massif de la guillotine ? C’est tout le talent de Simone Gabrielli Makyo de nous confronter à la complexité du contexte révolutionnaire, à la frénésie d’un régime en proie à la guerre et aux complots.

La Terreur n’est pas présentée ici comme un simple élan sanguinaire, mais comme l’aboutissement d’une logique politique extrême, où l’idéal révolutionnaire ne souffre aucun compromis. Les protagonistes, et Robespierre en tête, sont emportés par les contradictions même de la Révolution : la volonté d’instaurer la liberté et l’égalité par des moyens coercitifs.

Une écriture documentée et poignante

Simone Gabrielli Makyo réussit le pari de conjuguer la rigueur historique à une écriture romanesque. À travers des sources d’époque, des discours authentiques et des témoignages, elle éclaire d’un jour nouveau la trajectoire de Robespierre. On découvre un homme habité par la peur de trahir l’idéal révolutionnaire, tout autant que par le désir de protéger la République d’ennemis intérieurs et extérieurs.

Derrière le glaçant « Incorruptible » transparaît un être vulnérable, hanté par ses dilemmes. Le lecteur est alors invité à interroger la dimension tragique d’un personnage qui, pour sauver la Révolution, s’est trouvé peu à peu dévoré par sa propre intransigeance.