Détruire tous les monstres de Grady Hendrix, Hard Rock never die !!



Lorsque Kris décide de se lancer dans sa quête vengeresse elle ne se doute pas dans quel cauchemar elle va s’aventurer, et le lecteur non plus. Pourtant les indices disséminés sur les rabats auraient dû me mettre la puce à l’oreille mais je me suis lancé dans ce récit tête baissée et au final tant mieux car mon expérience de lecture n’en a été que meilleur.

Le périple de cette brave Kris résonne tel un long riff de guitare stident plein de rage et d’amertume. L’auteur électrise son récit mené tambour battant tout en développant la rage désespérée de son héroïne principale. Les retournements de situation surviennent comme un chant grégorien au milieu d’un solo de guitare, complètement inattendue mais parfaitement en accord avec le ton déchaîné du récit.

Car le roman est aussi un cri d’amour guttural pour le heavy metal, ce sous-genre tant décrié du rock, tout en lançant un glaviot bien senti à l’industrie musicale dont l’appât du gain compromet l’énergie créatrice et l’insouciance qui galvanise les jeunes musiciens. Inutile d’être un mélomane pour apprécier le récit. Les connaissances musicales de l’auteur suffisent pour appréhender les références qui ne se limitent pas aux titres des chapitres, qui reprennent des titres d’albums légendaires mais se révèlent beaucoup plus profondes et passionnantes que l’on ne pourrait s’attendre.

Un amour pour le rock, et la musique de manière générale, qui se ressent à travers le personnage de Kris. L’auteur écrit un personnage dense, empli d’une rage sourde mais aussi d’un amour profond pour la musique et les laissé-pour-compte. Un personnage féminin comme j’aimerais en voir plus souvent écrit.

Je regrette un final en apothéose musicale convaincant pour Kris et son parcours de furie vengeresse mais qui délaisse l’un des aspects du livre qui aura dynamisé toute la lecture, offrant ainsi une conclusion en demi-teinte pour un récit qui n’offre aucun temps mort

Résumé : À l’adolescence, la musique a sauvé Kris d’une vie misérable. Elle a monté un groupe de metal avec son ami Terry, puis a pris la route pour une décennie de concerts, d’ivresse, de narcotiques et de délires divers. La belle vie, en somme. Jusqu’au jour où la musique s’est arrêtée. Et où Kris est revenue dans son bled pourri pour travailler dans un hôtel tout aussi pourri. Avec des tonnes de tranquillisants pour endormir sa colère.
La bête en elle se réveille enfin le jour où elle apprend que Terry, qui a trahi le groupe pour une carrière solo triomphale, va refaire une série de concerts.
Et c’est une bête très, très en colère.
Le temps est en effet venu d’aller trouver Terry pour s’expliquer.
Pour lui montrer qu’il reste des choses, dans ce monde, qui ne sont pas à vendre.

Éditeur ‎Sonatine (5 novembre 2020)
Langue ‎Français
Broché ‎352 pages
ISBN-10 ‎2355848254
ISBN-13 ‎978-2355848254

Sarah Jane de James Sallis, À la dérive…

Ma rencontre avec Sarah Jane avait tout pour se passer sous de bon auspices. La plume de l’auteur s’avère très vite être un véritable régal. Métaphores bien trouvées, dialogues percutants et un ton teinté d’ironie. Tout ce que j’aime retrouvé dans mes lectures. L’essence même du roman noir américain. Une plume qui se rapproche de celle de Joe R. Lansdale en moins cru et plus littéraire mais tout aussi attachante.

Le personnage de Sarah, alias mignonne, est une réussite. Complètement larguée mais doté d’un esprit combatif, un lourd passé qui lui permet d’affronter les épreuves sans sourciller, un instinct imparable pour jauger les gens qui se présentent à elle. Un concentré d’action rafraîchissante. L’auteur a parfaitement dressé le portrait de son héroïne.

Alors pourquoi est-ce que je ressors quelque peu mitigé de la lecture ? La narration, tout simplement. Je n’ai pas vraiment compris où l’auteur voulait m’emmener avec ce récit court mais qui empile les évènements sans grand rapport entre eux. Même après avoir compris que le but n’était pas d’écrire un récit d’enquête classique je ne suis pas pour autant parvenu à me plonger dans l’ambiance de cette petite ville de Farr.

La narration m’a paru décousue, j’avais parfois du mal à savoir où on se situait dans le récit. J’ai même dû revenir en arrière pour être bien sûr de saisir le contexte. Ce qui est dommage pour un ouvrage aussi court. L’auteur enchaîne les sauts temporels et une narration non linéaire qui ne facilite en rien la compréhension de l’intrigue.

Cette pauvre Sarah m’aura donc perdu en cours de route, avec son bagout elle aura tout fait pour me retenir dans le véhicule avec elle derrière le volant, mais cela n’a pas suffi pour me passionner à ce récit à l’atmosphère trop clairsemé pour me happer.

Résumé : Surnommée « Mignonne », ce qui ne lui va pas comme un gant, Sarah Jane Pullman a déjà trop vécu pour son jeune âge : famille dysfonctionnelle, fugue à l’adolescence, crimes, petits boulots dans des fast-food… on se demande comment elle parvient à redresser la barre. Elle y arrive et, à sa grande surprise, est engagée comme agent au poste de police de la petite ville de Farr. Lorsque le shérif titulaire disparaît, c’est elle qui prend sa place. Mais Sarah Jane ne se satisfait pas de la situation. Cet homme, Cal, était son mentor, son appui, et elle ne peut accepter qu’il se soit évanoui dans la nature. Elle va découvrir des choses qu’elle ne soupçonnait pas…

Éditeur‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (8 septembre 2021) Langue‎Français. Broché‎208 pages ISBN-10‎2743653655 ISBN-13‎978-2743653651

Une mort parfaite – 9 juin 2021 de Helen FIELDS

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La police ne le sait pas encore, mais un tueur en série sévit dans les rues d’Édimbourg. Un tueur effroyablement calculateur qui empoisonne lentement ses victimes, qui ne voient venir leur mort qu’au dernier moment.

Chronique : Helen Fields est de retour avec un nouveau volet de sa populaire série Police Scotland, où le commissaire Luc Callanach doit traiter une nouvelle affaire qui va remettre en question tout ce qu’il sait du travail de la police. Callanach continue de s’adapter à son poste au sein de Police Scotland, bien différent de celui qu’il occupait à INTERPOL. Après la récente promotion de son collègue, Callanach s’adapte à une nouvelle relation professionnelle avec l’inspectrice en chef Ava Turner, qui a dû apprendre rapidement les ficelles du métier. Alors que l’attention de Callanach est attirée par une victime apparente d’hypothermie, Turner reçoit des nouvelles troublantes selon lesquelles son inspecteur en chef s’est suicidé dans un acte apparent de suicide. Incapable de déceler les signes qu’elle aurait pu manquer, Turner se met en rapport avec la famille de son supérieur et fait des découvertes troublantes. Callanach tente de reconstituer son propre dossier, mais rien ne colle. Alors qu’il fait quelques progrès, il reçoit un visiteur personnel qui arrive avec un tas de nouvelles non sollicitées qui le bouleversent. Essayant de donner un sens à ce qu’il vient d’apprendre, Callanach fait un peu cavalier seul et garde Turner à distance au milieu d’une partie importante de l’enquête, ce qui lui vaut l’ire de son directeur des enquêtes. Lorsque quelques cas supplémentaires de maladies inexpliquées montrent des signes d’ingérence extérieure, Callanach et Turner réalisent qu’il pourrait y avoir un tueur en série tapi dans l’ombre, ses victimes étant variées au point qu’il n’existe aucune similitude. Avec l’effervescence qui règne à Édimbourg, la police écossaise doit faire des progrès pour localiser ce tueur tout en essayant de mieux comprendre l’acte final radical de l’inspecteur en chef. Fields n’a rien perdu de son élan avec cette série et elle est sûre de plaire aux fans de la série et à ceux qui aiment les procédures policières intenses.

Je suis heureux de pouvoir poursuivre cette série à fort impact qui a failli me tomber dessus il n’y a pas si longtemps. Fields est capable de tirer sur tous les aspects d’un procedural policier bien développé sans s’enliser dans trop de badinage frivole. Fields a parfaitement développé ses personnages et leur donne vie grâce au développement subtil de leurs faiblesses personnelles et de leurs capacités à résoudre des affaires. L’inspecteur Callanach continue de montrer pourquoi il est le candidat idéal pour l’équipe des enquêtes majeures, tout en restant très vulnérable alors qu’il s’efforce de rassembler les éléments de certaines tragédies personnelles qui lui sont arrivées. Il contraste joliment avec l’inspecteur Turner, qui non seulement compartimente encore les horreurs de ses traumatismes passés, mais cherche aussi à se faire un nom dans un secteur dominé par les hommes. Luttant pour faire preuve de compassion sans être jugée incapable, Turner affiche un extérieur dur et exige beaucoup de son équipe. Le reste des personnages fonctionne bien et constitue une base solide pour l’histoire, qui s’améliore au fur et à mesure qu’elle se construit. Cet aspect plus unique d’un tueur en série se cachant au grand jour est sûr de bien fonctionner pour le lecteur dévoué, qui a des aperçus de ses propres luttes tout en regardant le nombre de victimes augmenter. Ceux qui aiment ce type de livre devraient faire un peu plus de place sur leur étagère à lire, car ils ne seront pas déçus.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Marabooks (9 juin 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 416 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2501138597 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2501138598

Fait Maison – numéro 5 par Cyril Lignac – 16 septembre 2021

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Cyril Lignac cuisine 45 recettes sucrées pour mettre encore et toujours un peu de peps dans ton quotidien. Un spécial pâtisserie ! Des pancakes au chocolat, banane et chantilly, un financier à la pistache, une île flottante à partager, ou encore une brioche au sucre, un crumble aux pommes et aux poires…  » Tu vas te régaler en toute simplicité !  » Pour égayer tes petits déjeuners, goûters, déjeuners et dîners, des recettes faciles et rapides à déguster en solo, à deux, en famille ou entre amis. Avec Cyril, le fait-maison, c’est facile ! Mets ton tablier et laisse-toi guider par ses précieux conseils et ses recettes ultra-réconfortantes.

Chronique : Dans la lignée des autres tomes de fait maison,à savoir simple, rapide et bon.
Parfait pour faire des pâtisseries en semaine.
Recettes sympa.
Après, on est loin du grand Cyril Lignac que l on retrouve dans ses autres livres ce n est pas le même genre de patisserie!!

Éditeur ‏ : ‎ La Martinière (16 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 112 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2732499404 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2732499406

La France n’a pas dit son dernier mot – 15 septembre 2021 de Eric Zemmour

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Dans la tête d’Eric Zemmour. Journal d’une autobiographie politique.

 » J’avais mis au jour dans le Suicide français la mécanique de l’idéologie progressiste qui a conduit notre pays à l’abîme. Mises en danger, ses élites ont compris que la survie de leur projet passerait par la radicalisation du processus de destruction.
Rarement nous n’avons été aussi affaiblis, désunis, subvertis, envahis qu’aujourd’hui.
Pas un jour sans sa provocation, sans sa déconstruction, sans sa dérision, sans son humiliation.
J’ai décidé de poursuivre le récit des choses vues, des choses tues, trop longtemps tues. Pour que la France ne se contente pas d’avoir un futur mais trace aussi les voies d’un avenir. Pour continuer l’histoire de France.

Chronique : Livre à peine terminé en lecture. Que l on aime ou pas Zemmour on se retrouve devant l’écrit d’une personne cultivée, mais encore faut-il être cultivé soi meme pour s’en rendre compte.
Malheureusement les gens ne vont pas noter en fonction du livre mais en fonction de si ils aiment ou non Eric Zemmour :
– on aura donc d’un coté les pro Eric Zemmour qui forcement mettent 5/5 pcq ils apprécient ses idées,
– de l’autre les intolérants à toute pensée autre que la leur qui mettront donc 1/5

Dans son livre E. Zemmour évoque des problèmes politiques et sociaux qui n’ont jamais été traité depuis des décennies et qui ont mis la France dans l’état dans laquelle on la retrouve aujourd’hui.
Ces problèmes comme le communautarisme (de tout bord), celui qui fragmente la société en une multitude de communauté qui se liguent les unes contre les autres type LGBT, Féministes, Islamistes, extrémistes et autres, mais aussi et la cancel culture/WOKE cette américanisation qui gangrène notre pays.
En lisant ce livre je n’ai pas vu de haine, j’ai lu le point de vu d’un enfant d’immigré qui dit aimer son pays d’adoption et qui propose ses solutions pour les régler.
Et contrairement à ce que j’ai pu lire dans les com’ 1/5 étoile, ce n’est pas parcequ il est fils d’immigré qu’il n’a pas le droit de s’exprimer et de donner son point de vu. La tolérance semble souvent faire défaut à certaines personnes qui aiment à critiquer ceux qui ne pensent pas comme eux…

Bref lisez ce livre, faite vous une opinion et si vous êtes en désaccord lisez le livre pour comprendre son point de vu mais aussi pour lire un livre que je trouve bien écrit.

Bonne lecture

Éditeur ‏ : ‎ Rubempre (15 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 352 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2957930501 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2957930500

Nous avions un rêve de Jake Lamar, Un cauchemar aux relents terrifiants de réalité

Alors même que l’Amérique est toujours aussi divisée sur la question de la race et que le communautarisme est poussé à son paroxysme. Les éditions rivages publient en format poche un ouvrage paru en 1996 mais au propos terriblement actuel.

Là où un autre auteur nous aurait d’abord introduit son univers puis les personnages qu’il veut mettre en avant au risque d’une mise en place laborieuse et rébarbative, Jake Lamar dresse d’abord le portrait de ses personnages, des portraits finement esquissés, à tel point que vous aurez l’impression que les personnages se tiennent en face de vous. Vous en viendrez à douter que le récit se déroule dans un futur dystopique tant le discours et la mentalité des personnages paraît actuelle.

Et pourtant toute l’horreur de cette Amérique au bord de l’implosion va surgir au cours du récit. Par petites touches amenées de manière subtile, l’auteur va nous faire prendre conscience qu’il y a quelque chose de pourri dans la première démocratie du monde. Les chapitres en forme de confessions ne font que dissimuler la portée humaniste et pessimiste du récit.

Pour peu que l’on s’intéresse à la question de la race on parcourt les différents portraits de ces personnages avec passion. Doté chacun d’un vécu, d’un passé parfois dramatique et le cœur alourdi par un ego qui les empêche de voir au-delà de leur conditions, l’auteur parvient néanmoins à rendre intéressant et consistant chaque personnage, même le plus mesquin d’entre eux.

Bien plus qu’un énième récit dystopique ou une fresque sociale poignante, l’œuvre de Jake Lamar est une étude de mœurs sur la société américaine. Un cri d’alarme pessimiste mais nécessaire. Un appel a la fraternité dont la date de parution nous fait craindre qu’il soit resté un cri dans le vacarme ambiant.

Résumé : Et si l’Amérique élisait un vice-président noir ? Des années avant Barack Obama et Donald Trump, Jake Lamar imagine une situation pa rfaitement effrayante mais tout à fait plausible. Dans une Amérique dystopique, la guerre contre le crime et la drogue a conduit le pouvoir à ouvrir des camps de rééducation pour les toxicos et à multiplier les condamnations à mort, qui font l’objet d’un show tél évisé. L’instigateur de cette croisade de la vertu, l’Attorney général Melvin Hutchinson, est en passe de devenir le premier vice-président noir de l’histoire américaine. Mais Hutchinson est un homme complexe qui cache un lourd secret…

Éditeur‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (15 septembre 2021) Langue‎Français. Poche‎496 pages ISBN-10‎2743653760 ISBN-13‎978-2743653767

Viper’s dream de Jake Lamar, trente ans d’histoire sanglante.

Dans les volutes de fumée et les vapeurs d’alcool…

L’histoire du jeune Clyde Morton ne se murmure qu’à l’heure la plus sombre de la nuit. Alors même que les clients les plus fidèles ont quitté la salle et qu’il ne reste que les égarés aux yeux troubles, que la fumée des cigarettes s’évapore et que les verres sont depuis longtemps asséchés de leur providence liquoreuse.

C’est une histoire qui s’est écrite cent fois.
Une histoire de rêves brisés, d’opportunités dorées qui pavent le chemin vers l’enfer. C’est aussi l’histoire d’un brasier passionné qui ne sait s’éteindre.

Les confessions qu’il a laissées derrière lui laissent entrevoir une époque révolue, un pan d’histoire condensée en 200 pages à peine, une porte ouverte vers un passé où tout était plus simple et plus compliqué. Son regard reconstruit les briques des immeubles détruits d’Harlem, ses mots portent en eux toute la ferveur et la rage d’une population grisée par les notes de saxophone et par la poussière d’ange. C’est tout un pan d’histoire qui renaît.

Trois décennies s’écoulent sous les yeux des chanceux qui entendront l’histoire de Clyde. Trente ans hantés par les fantômes d’anciens alliés aux rictus exsangues, de génies musicaux aux regards extatiques, de silhouettes féminines à la voix suave.
Une histoire d’Harlem, une histoire de drogue et de musique. Une histoire sur la nature humaine en quelque sorte.

Résumé : Des années 30 à la fin des années 50, Clyde « Viper » Morton règne sur Harlem au rythme du jazz et dans la fumée des joints de marijuana. Mais dure sera la chute.. Clyde Morton croit en son destin : il sera un grand trompettiste de jazz. Mais lorsqu’il quitte son Alabama natal pour auditionner dans un club de Harlem, on lui fait comprendre qu’il vaut mieux oublier son rêve. L’oublier dans les fumées de la marijuana… qui lui ouvre des horizons. La « viper », comme elle est surnommée à Harlem, se répand à toute vitesse et Clyde sera son messager. Il est bientôt un caïd craint et respecté, un personnage. Jusqu’au jour où arrive la poudre blanche qui tue. Et qui oblige à tuer.

Éditeur‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (15 septembre 2021). Langue‎Français Broché‎240 pages ISBN-10‎2743653663

L’île des âmes de Piergiorgio Pulixi, quand le charme n’opère qu’à moitié

Quand le charme ne fonctionne qu’à moitié.

Je n’avais pas d’attente particulière en débutant la lecture de ce polar italien. Aussi je fût le premier surpris lorsque que je me rendis compte que j’étais tombé sous le charme. Le charme de cette plume qui nous transporte en Sardaigne dans une ambiance mystique digne de Dolores Redondo. Un charme qui va nous faire découvrir une région, ses paysages, son histoire, ses habitants. Cette première partie introductive s’est découlé sous mes yeux de lecteurs hypnotisés par la plume de l’auteur. Je trouvais que pour une fois un thriller était doté d’un véritable style.

Mais ce charme s’évapore lors de la seconde partie. L’auteur délaisse la plume au profit de dialogues classiques mais sans éclat. Les événements s’enchaînent sans que l’on puisse s’impliquer réellement dans chacun d’entre eux. L’enquête manque de consistance et ne prend jamais l’ampleur que l’on soupçonne pourtant derrière les non dits et les pistes effleurées. L’intrigue secondaire sur la famille Ladu souffre d’un développement trop sommaire et erratique.

L’écriture des personnages a fini de rompre le charme. Cette pauvre Mara est victime d’une écriture bipolaire qui la décrit tantôt comme une forte tête sarcastique mais sympathique et tantôt comme une harpie agressive et antipathique. Ce qui fait que l’on ne sait jamais si le duo qu’elle forme avec Eva est complice ou à couteaux tirés.

Malgré la dissipation progressive du charme il faut reconnaître que cette île des âmes est un thriller honnête qui n’a pas su tenir toutes ses promesses mais qui offre son lot de divertissement et de dépaysement.

Résumé : Depuis plusieurs décennies, la Sardaigne est le théâtre de meurtres rituels sauvages. Enveloppés de silence, les corps de jeunes filles retrouvés sur les sites ancestraux de l’île n’ont jamais été réclamés. Lorsque les inspectrices Mara Rais et Eva Croce se trouvent mutées au département des « crimes non élucidés » de la police de Cagliari, l’ombre des disparues s’immisce dans leur quotidien. Bientôt, la découverte d’une nouvelle victime les place au centre d’une enquête qui a tout d’une malédiction. De fausses pistes en révélations, Eva et Mara sont confrontées aux pires atrocités, tandis que dans les montagnes de Barbagia, une étrange famille de paysans semble détenir la clé de l’énigme. La première enquête de Mara Rais et Eva Croce nous plonge dans les somptueux décors de la Sardaigne, au coeur de ténèbres venues du fond des âges.

Éditeur ‎GALLMEISTER (1 avril 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎544 pages
ISBN-10 ‎2351782496
ISBN-13 ‎978-2351782491

Le messie de Dune – 26 août 2021 de Frank HERBERT

Paul Atréides a triomphé de ses ennemis. En douze ans de guerre sainte, ses Fremen ont conquis l’univers. Il est devenu l’empereur Muad’ Dib. Presque un dieu, puisqu’il voit l’avenir. Ses ennemis, il les connaît. Il sait quand et comment ils frapperont. Ils vont essayer de lui reprendre l’épice qui donne la prescience et peut-être de percer le secret de son pouvoir. Il peut déjouer leurs plans, mais voit plus loin encore. Il sait que tous les futurs possibles mènent au désastre et est hanté par la vision de sa propre mort. Peut-être n’y a-t-il pas d’autre liberté pour le prescient que celle du sacrifice…

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Chronique : Ce second tome, pour être plus riche en mysticisme et en psychologie que son aîné, n’est pas moins dense en action. Un action certes plus latente et au rythme feutré mais qui permet à l’auteur d’instaurer cette incroyable tension psychique sans égale et qui caractérise si bien cette immense fresque de science-fiction. Excusez ce quasi-blasphème mais c’est un peu comme lorsqu’on lit un livre saint, l’esprit laisse passer un certain nombre d’éléments qui pourtant frappent notre esprit et forment au final un tout cohérent et grandiose.
Une lecture moins aisée que pour le premier tome mais où la fascination qu’exerce Herbert joue pleinement son rôle. Avec « Le Messie de Dune », la saga gagne en profondeur et en complexité et renforce la dimension politico-religieuse avec, à la clé, stratégie, considérations économiques et politiques, pensée sociétale très forte, remise en cause du manichéisme et psychologie approfondie de l’ensemble des personnages principaux.
L’axe de réflexion (car oui, il s’agit bien de réflexion en parallèle de l’action) demeure le culte de la personnalité du gouvernant, de l’Empereur Muad’Dib. Culte qui atteint la divinité, plongeant Paul Atréides dans une solitude insondable qui le rend impuissant alors même qu’il est au faîte de sa puissante. Solitude bien compréhensible mais inextricable du dieu qui ne peut croire en lui-même ou en un autre dieu quand tous les autres êtres croient en lui.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (26 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 384 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266320491 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266320498

Dune – Tome 1 – 26 Aout 2021 de Frank HERBERT

Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout, des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l’Histoire.

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Chronique : »Je ne connaitrai pas la peur, car la peu tue l’esprit » ; il me faut bien faire appel à ces mots du jeune Atréide pour oser braver le mystère de Dune, et tenter de proposer une critique à une telle épopée, roman classé « space-opera » mais ô combien méritant plus qu’un classement d’entomologiste.

Le lecteur de ce 1er volume des 6 que compte le cycle de Dune va se trouver immédiatement immergé dans un monde futuriste, mais aux réminiscences féodales, où des maisons s’affrontent au sein d’un monde politique et économique multipolaire, s’appuyant sur des ordres aux pouvoirs mutants intriguant pour le pouvoir. Dans cet Empire à l’équilibre subtil, un seul centre stable semble exister, et il est économique : il s’agit d’Arrakis, la planète de l’épice, sur laquelle repose toute civilisation.

Même si le lecteur s’y perd un peu au début, cet univers complexe est probablement l’une des grandes forces du Cycle de Dune. Même si Franck Herbert développe dans sa trilogie Dune 1, Dune 2 et le Messie de Dune son intrigue, pleine de suspense, avec un réel don de conteur, les aventures de Paul Atréides, elle n’aurait pas le même sel sans le contexte de la planète de sables et de l’Empire.

Ces 2 1ers volumes en particulier sont un récit initiatique s’il en est : quittant sa planète d’origine, Paul découvre avec le lecteur un monde extérieur menaçant, mais qui n’a rien à envier aux arcanes complexes d’un cerveau humain initié au bene gesserit, d’autant plus quand on puise ses origines au sein des maisons Harkonnen et Atréides.

Franck Herbert plante à merveille les décors aussi bien que les personnages, et les pics de dénouement sont d’un puissance telle qu’à part David Lynch -et encore avec un succès mitigé-, bien peu de metteurs en scène se sont frottés à la difficile adaptation de ces romans. Dans un style très différent, seuls à mon sens Tolkien et Martin ont développé un tel foisonnement créatif.

Franck Herbert dépasse par ailleurs largement cette étiquette de conteur émérite. Ecologiste convaincu, il développe dans le Cycle de Dune de véritables thèses philosophiques, amenant ses lecteurs à réfléchir sur le fonctionnement systémique des écosystèmes vivants, mais aussi sociaux, sur les rapports entre pouvoir et religion, sur l’intelligence artificielle et le pouvoir et les faiblesses de l’inconscient. Construisant son cycle sur des générations, le rythme de l’intrigue est soutenu : quel chemin parcouru par Paul Atréides, en 3 volumes, quelle mutation, surtout intérieure ! Et qu’il est difficile d’en parler un peu ici sans spoiler le futur lecteur !

Mélange épicé donc que ce 1er roman du Cycle de Dune, roman d’ouverture aussi, qui devrait immédiatement mettre l’eau à la bouche des nouveaux explorateurs de cette saga. Mélange dépaysant, futuriste, mais aussi puisant aux racines de civilisations terrestres reconnaissables : judéo-chrétienne, musulmane, germanique, grecque antique, et surtout notre monde capitaliste contemporain au bord de l’implosion… quelle force visionnaire dans ce roman de 1965. Les barbares fremen seraient-ils à nos portes ?

Quoiqu’il en soit, une lecture forcément marquante, notamment pour un jeune cerveau adolescent ou jeune adulte, en quête de sens. Comme pour nombre de lecteurs, je ne suis sans doute pas totalement conscient de l’influence que ce roman a pu avoir sur ma vision de la vie, et mes lectures ultérieures. Des moments de lecture uniques, pas toujours faciles, mais qui restent ancrés dans les mémoires.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (26 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 928 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266320483 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266320481