Le carrousel infernal de Joe Hill, sombres ritournelles

Les recueils de nouvelles me posent un véritable défi de lecture. Le commencement de chaque nouvelle exige un effort pour se replonger dans une nouvelle histoire, de nouveaux personnages, une intrigue différente. Ce qui entraîne un rythme de lecture différent. Pourtant les talents de conteur de Joe Hill ont rapidement balayé mes craintes. En un paragraphe il fait prendre vie à des personnages, il parvient à nous plonger dans des lieux comme si on y était, à retranscrire une époque. Son style est efficace et immersif.

Il ne faut pas chercher un fil rouge à ces 13 récits ou, si l’horreur tient le haut du pavé, elle n’est pas la seule émotion à être invoquée. Ce recueil regroupe des nouvelles, inédites pour la plupart, écrites à des époques différentes. Si toutes ne vise pas à créer de l’effroi, celles qui s’y emploient sont redoutables dans leur efficacité. La nouvelle qui donne son titre à l’ouvrage est un cauchemar éveillé avec une fin douce-amère des plus angoissantes tandis que La gare de Wolverton permet à l’auteur de faire étalage de son style visuel gore qui marque l’imagination.

Parmi les nouvelles qui touchent à un autre domaine que l’horreur Les retardataires est une pépite émouvante qui n’est pas sans rappeler l’ouvrage de son père 22/11/63 mais en beaucoup plus concis. Faune est un bijou de conte cruel impitoyable tandis que Tout ce qui compte c’est toi est une jolie fable sur la solitude. Certains de ces récits m’ont semblé un cran en dessous mais le recueil est un immense plaisir de lecture.

Résumé: treize histoires au suspense fantastique, dont deux co-écrites avec Stephen King, dissèquent les aléas de l’existence humaine, pour notre plus grand plaisir de lecture, même si la terreur n’est jamais loin.
 
Lorsque les animaux d’un ancien carrousel rendent une ultime sentence. Qu’un chauffeur sans visage entame une danse macabre avec des motards hors-la-loi. Et qu’un propriétaire d’une chaîne de cafés qui grignote peu à peu les petits commerces se retrouve au milieu de loups. Quand une petite porte s’ouvre sur un monde féerique, qui devient le terrain de jeu de chasseurs assoiffés de sang. Et qu’un homme désespéré décide de conduire un vieux bibliobus pour fournir des lectures aux morts. Lorsqu’une adolescente désœuvrée raconte en direct ses vacances en famille sur Twitter. Quand un frère et une sœur s’aventurent dans un champ pour venir au secours d’un enfant. Et que les passagers d’un avion assistent en direct au  déclenchement de la Troisième Guerre mondiale… L’auteur
nous embarque dans une odyssée troublante au cœur de la  psyché humaine.

  • Éditeur ‏ : ‎ JC Lattès (23 septembre 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 464 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2709666073
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2709666077
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 579 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15 x 3 x 23 cm

Janvier noir d’Alan Parks, prêt à bouffer du bitume ?

Janvier noir et le premier tome d’une saga policière qui se veut noire, urbaine et dotée d’une atmosphère glauque et désespéré sans concession.

Le personnage principal, l’inspecteur McCoy, est l’atout principal de ce polar urbain. Un personnage nuancé par une teinte de gris tirant fortement vers le noir qui le rendent attachant. Une enfance traumatisante dans un orphelinat, une tendance à s’emporter, une passion préjudiciable pour des substances illicites et une accointance avec les milieux mafieux constituent un personnage de flic original et borderline. Un personnage qui avance constamment sur le fil du rasoir et regarde le gouffre qu’il traverse en rigolant à gorge déployée.

La ville de Glasgow finit de planter le décor de l’ouvrage. Les peintures utilisées par l’auteur pour dépeindre la ville renforcent l’atmosphère lourde et lugubre. Le noir de la fumée industrielle, le gris des trottoirs qui crachent leur misère et le rouge des victimes, beaucoup de rouge. Une palette de couleurs pas super diversifiée mais évocatrice. Le tableau final forme une toile qui sent le whisky et la fumée de cigarette.

Le seul bémol que je pourrais apporter à ma lecture concerne l’intrigue en elle-même, qui après une amorce originale retombe très vite vers le classique avec une fin convenue et grand public. Le noir tableau d’Alan Parks mérite sans doute une intrigue moins ambitieuse mais plus original, plus surprenante dans son dénouement. Mais cela n’enlève rien aux qualités de ce polar urbain qui frappe fort avec ce premier volume.

Résumé: Premier opus d’une série mettant en scène l’inspecteur McCoy et son adjoint Wattie dans le Glasgow des années 1970, sur fond de musique, drogues et gangs, dans la lignée de William McIlvanney. Quand une jeune femme est abattue par un garçon de 18 ans en pleine rue à Glasgow non loin de la gare routière, l’inspecteur Harry McCoy y voit autre chose qu’un acte de violence isolé. Son enquête le met sur la piste d’un réseau de drogue et surtout l’amène à croiser la route de Teddy Dunlop, fils dégénéré d’une riche famille de Glasgow, qui fait la pluie et le beau temps dans la ville. 

  • Éditeur ‏ : ‎ EDITIONS PAYOT & RIVAGES (7 mars 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 365 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2743643056
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743643058
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 15.9 x 2.6 x 22.7 cm

Ni vu ni connu – 10 juin 2021 de Jeffrey ARCHER

William Warwick a été promu et intègre la brigade des stupéfiants. Ses membres ont pour objectif prioritaire d’appréhender Assem Rashidi, le fameux baron de la drogue du sud de Londres, connu sous le nom de La Vipère.

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Chronique : Jeffrey Archer revient avec un nouveau roman exceptionnel de la série William Warwick. Ramenant les lecteurs à l’époque glorieuse des années 1980, ce roman policier procédural en impressionnera plus d’un, en particulier ceux qui ont une grande affinité avec les Chroniques de Clifton d’Archer.

William Warwick a reçu un cadeau rare au travail : une promotion au grade de sergent-détective, attendue depuis longtemps. Cependant, cette promotion s’accompagne d’un transfert à la brigade des stupéfiants pour une affaire intense qui pourrait lui apporter une grande notoriété. De grandes quantités d’héroïne ont fait leur apparition à Londres, une drogue qui a paralysé l’Angleterre de 1986 et provoqué des vagues au sein de la police métropolitaine.

La promotion de Warwick amène un nouveau membre dans l’équipe, le DC Paul Adaja, dont l’intérêt pour le travail bien fait ouvre la voie à une addition réussie à l’équipe. Grâce à la poignée d’informateurs confidentiels à leur disposition, Warwick et l’équipe apprennent qu’il y a une réunion hebdomadaire qui pourrait donner lieu à de nombreuses arrestations, bien que l’emplacement de la Viper reste un secret bien gardé. Au cours d’une série de folles poursuites en voiture, Warwick n’est pas le plus malin lorsqu’il s’agit d’attraper ce gros poisson, mais il refuse d’abandonner trop vite.

Sur une note plus personnelle, Warwick et sa fiancée, Beth, sont impatients de partager leurs noces, planifiant une petite cérémonie qui s’avère être tout sauf calme. Le célèbre cerveau criminel, Malcolm Faulkner, se fait connaître et tente de détruire toute crédibilité de Warwick, bien que le pouvoir de l’amour semble l’emporter.

Lorsque l’on apprend que Faulkner est sur le point de recevoir une cargaison de drogue qui pourrait le mettre hors d’état de nuire dans un avenir proche, tout le monde est sur le pont pour faire le coup. Faulkner crie au scandale et fait tout ce qu’il peut pour empêcher les changements, bien que l’équipe de procureurs ne soit autre que Sir Julian et Grace Warwick, le duo père et sœur de notre bien-aimé William. L’affaire suit son cours et le jury est constitué, laissant les tribunaux décider du sort de Faulkner une fois pour toutes.

Lorsque Warwick découvre l’endroit où se trouve le Nid de Vipère, il s’empresse de s’y précipiter, même si l’arrestation ne sera en aucun cas pacifique. Les pertes pourraient être massives car ce sont les plus durs des durs, mais Warwick apprendra vite que c’est le dernier de ses soucis. Divertissant de bout en bout, Archer montre qu’il est toujours au sommet de son art.

Je suis depuis longtemps un fan de presque tout ce que Jeffrey Archer met sur papier, ayant amassé une grande quantité de romans de grande qualité. Cette nouvelle série, qui est en fait le recueil d’écrits auquel il est fait référence à plusieurs reprises dans les Chroniques de Clifton, se déroule peut-être dans les années 1980, mais elle peut facilement retenir l’attention des amateurs de thrillers.

William Warwick est de retour et incarne un merveilleux protagoniste. Bien qu’il soit un flic raisonnable, sa nature extravertie le rend attachant pour beaucoup. Toujours à l’affût de la prochaine percée dans une affaire, Warwick exerce sa magie comme seul Jeffrey Archer pourrait le faire. Avec ses liens étroits avec sa famille et son lieu de travail, le personnage de Warwick se développe tout au long de cette pièce et certains indices laissent penser qu’il devra se diversifier dans le prochain roman, car il est certain qu’il assumera un ou deux nouveaux rôles.

Archer réussit également à développer certains de ses personnages secondaires, qui contribuent sûrement à enrichir l’histoire de plusieurs façons. Qu’il s’agisse des autres membres du clan Warwick ou de ceux qui travaillent au sein du Met, chacun d’entre eux enrichit le récit de manière efficace et fait progresser l’intrigue toujours en cours d’élaboration d’Archer. Alors que certains sont des personnages récurrents, il y a une poignée de personnages uniques et forts, qui gardent le lecteur diverti tout au long du livre.

Le livre s’avère très divertissant, faisant progresser la série tout en restant très réaliste. Se déroulant à la fin des années 1980, Archer utilise cette toile de fond pour développer une histoire forte avec de nombreuses intrigues qui ne manqueront pas de tenir le lecteur en haleine. Le livre ne donne pas l’impression d’être  » daté « , même si le manque de technologie mentionné ne manquera pas d’être remarqué par ceux qui parcourent le récit. Archer utilise son merveilleux style pour emmener le lecteur dans ce voyage tordu, tandis qu’il se perd dans ce récit fort. Avec des chapitres de longueur décente, Archer utilise son style pour injecter des détails dans l’histoire, laissant le lecteur s’imaginer les choses au fur et à mesure qu’elles se produisent. Les cliffhangers sont omniprésents et le développement de certaines intrigues secondaires rend l’attente du prochain livre indispensable.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (10 juin 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695760 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695763

Pour tout te dire – 10 juin 2021 de Gilly MACMILLAN

Le talent d’écrivaine de Lucy Harper lui a tout donné : la gloire, la fortune et des fans par millions. Il lui a aussi donné Dan, son mari jaloux dont la carrière d’écrivain est au point mort.

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Chronique : S’il est bien écrit, un narrateur non fiable ajoute un élément d’excitation à un roman. Une couche supplémentaire de mystère et de suspense. Une touche de folie. Il nous oblige, en tant que lecteurs, à réfléchir de manière complexe, à relier les pièces du puzzle et à tirer des conclusions indépendantes. Notre esprit est mis à contribution, pour ainsi dire.

Et si vous appréciez autant que moi le défi que représente un narrateur peu fiable, alors le dernier roman policier de Gilly Macmillan, Pour tout te dire est peut-être le livre qu’il vous faut.

Lucy Harper, auteur de romans policiers à succès, a une carrière florissante et de nombreux admirateurs. Sous le regard plein de ressentiment de Dan, son mari et collègue écrivain, Lucy travaille d’arrache-pied pour mettre la touche finale au prochain épisode de sa série très populaire de romans policiers

Lorsque Dan disparaît brutalement une nuit, les souvenirs d’une autre disparition refont lentement surface pour Lucy. Des souvenirs datant d’il y a plus de trente ans. Des souvenirs de la disparition de son petit frère, Teddy. N’ayant jamais été retrouvé, la perte de Teddy hante sans cesse Lucy, d’autant plus qu’elle était, lorsqu’elle était jeune fille, le seul témoin du crime.

Soupçonnée d’avoir fait du mal à Dan, Lucy se lance dans une course pour élucider sa disparition et celle de Teddy. Tout en conciliant courageusement les dures réalités du présent et ses souvenirs tourmentés du passé.

Pour commencer, Pour tout te dire a largement dépassé mes attentes. N’ayant jamais lu un roman de Macmillan, je n’avais aucune idée que j’allais avoir une lecture aussi formidable. Elle a créé un mystère extrêmement captivant et atmosphérique. Il est tendu et captivant.

Le roman se compose de deux arcs narratifs distincts : la disparition actuelle de Dan et la disparition passée de Teddy. La majeure partie du roman est consacrée à Lucy et à ses efforts pour retrouver Dan, mais de courts chapitres sont parfois intercalés et consacrés à la nuit de la disparition de Teddy. Les intrigues indépendantes et tournantes fonctionnent efficacement, les récits du passé et du présent étant tous deux captivants.

Et l’écriture de Macmillan est sans aucun doute impressionnante. Sa prose est soignée. Intelligente. Tout indique que Macmillan est un auteur expérimenté et doué.

Elle vous tient également en haleine. Le lecteur est toujours laissé dans l’expectative, toujours incertain de la direction que prend le roman. Macmillan ne montre jamais qu’un aperçu fugace des cartes qu’elle a en main, ce qui rend délicat, voire presque impossible, la résolution de l’un ou l’autre des deux principaux mystères.

Je dois cependant signaler que l’intrigue générale de Pour tout te dire me semble un peu familière. L’histoire n’a rien de révolutionnaire ou de nouveau, et elle est amplement remplie de nombreux tropes typiques du genre. Cependant, la qualité de l’écriture et le caractère passionnant du roman font qu’il est facile de faire abstraction de cette intrigue plutôt basique et recyclée.

De plus, Lucy aide. La médiocrité de l’intrigue est rapidement oubliée une fois que vous êtes plongé dans son esprit fascinant. Elle est le classique narrateur peu fiable, à la fois frustrant et intriguant. Sa santé mentale et sa stabilité émotionnelle sont douteuses. Elle est malhonnête, trompeuse et secrète. Une minute, elle est aussi forte qu’un lion. La minute suivante, elle est timide comme une souris. Et elle dégage une aura de paranoïa omniprésente, qui renforce la tension du roman et brouille les pistes de la vérité.

Lucy donne lieu à une lecture amusante. Pour être sûr.

La seule véritable critique que j’ai à formuler à l’égard du roman concerne la fin. Bien que totalement inattendue, la solution de l’un des mystères est presque trop surprenante et aléatoire. Si certains lecteurs peuvent apprécier la fin pour le simple fait qu’elle est si surprenante, j’ai trouvé que son manque de lien avec l’histoire passée ou présente était déroutant et, à certains égards, absurde.

TPour tout te dire étant mon premier roman de Macmillan, je ne suis pas en mesure d’évaluer la qualité de ce livre par rapport à ses précédents mystères. Mais je sais que, dans l’ensemble,

C’est intelligent. C’est captivant. Il est très divertissant.

Et ce ne sera certainement pas le dernier roman que je lirai de Gilly Macmillan.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (10 juin 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 368 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695655 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695657

Dans la vallée décharnée de Tom Bouman, un hymne rural et mélancolique

Ce premier tome d’une nouvelle saga policière nous introduit dans une campagne américaine pleine de charme et de ténèbres, ainsi qu’un héros au passé trouble, vétéran de guerre et veuf.

L’atmosphère est très réussie on sent l’amour de la nature, les grands espaces, les forêts et les montagnes. Le personnage d’Henry Farrell que l’on va suivre tout au long du récit est très bien construit. Son regard blasé de vétéran veuf permet d’appréhender les enjeux qui secouent la petite ville de Wild Thyme.

On découvre cette région préservée mais également source de profit en même temps que l’on en apprend en peu plus sur le passé difficile de ce flic de canton qui n’a qu’une marge de manœuvre réduite. Son dénuement matériel résonne avec notre propre impuissance à changer le cours des choses.

Le rythme est nonchalant et nous invite à profiter des descriptions de paysages. L’ambiance rurale est très bien retranscrite avec ces mentalités et ses débordements. Une atmosphère mélancolique qui prend le pas sur l’intrigue en elle-même sans que cela n’entache la qualité du récit.

Le dénouement est convenu et sans réel surprise mais oriente l’intrigue vers un sujet encore tabou dans les territoires ruraux. Un premier tome honnête pour une saga qui possède un fort potentiel.

Résumé: Henry Farrell est le seul flic de Wild Thyme, une petite ville perdue dans le nord de la Pennsylvanie. Le genre de coin où il ne se passe pas grand-chose, mais vous savez ce qu’on dit de l’eau qui dort. Au début, Henry se voyait partager son temps entre parties de chasse et soirées à la coule, mais les compagnies pétrolières se sont mises à chercher du pétrole dans le coin, elles ont fait des chèques, et l’ambiance entre voisins s’en est ressentie. Sans compter la drogue, bricolée dans des labos de fortune cachés dans les bois. Henry connaît bien les mecs, il est allé à l’école avec eux. Alors quand on retrouve un cadavre sur les terres d’un vieux reclus, Henry comprend qu’il peut s’asseoir une bonne fois pour toutes sur ses rêves de tranquillité.

  • Éditeur ‏ : ‎ Actes Sud (7 février 2018)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2330081863
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2330081867
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 13.6 x 2.6 x 21.5 cm

Le manteau de neige de Nicolas Leclerc, il manque une épaisseur à ce manteau…

Il manque une couche d’épaisseur à ce manteau…

Il m’a manqué quelque chose pour être complètement emporter par ma lecture. Le style de l’auteur m’a paru convenu et pataud. Les dialogues sont poussifs et mécaniques. Les personnages m’ont irrité au début du récit. Katia et sa mère souffraient de stéréotypes m’empêchant de ressentir de l’empathie pour leur drame familial.

Heureusement cela s’arrange lorsqu’elle commence à se prendre en main et à affronter les ténèbres qui cherchent à s’emparer d’elles. Les personnages prennent enfin un peu d’épaisseur.

L’intrigue est plaisante mais sans réelle surprise. Une fois l’élément fantastique établi elle suit son cours de manière somme toute classique à ce genre de thriller fantastique. Cependant, malgré quelques scènes où l’atmosphère se fait pesante, le récit ne se pare jamais de se voile lyrique qui distingue les scénario de téléfilms des véritables récits littéraires.

Je reconnais à l’auteur un certain don pour instaurer une ambiance glauque, notamment à la fin de l’ouvrage mais cela ne suffit pas pour faire de son manteau de neige une couverture suffisante pour réchauffer mon corps de lecteur.

Résumé: Katia est haptophobe : elle ne peut supporter aucun contact physique. Ses parents ont tout tenté depuis son enfance, médecins, psys, guérisseurs, rien n’y fait. Mais le malaise de Katia prend une ampleur plus inquiétante lorsque son grand-père est sauvagement assassiné par sa femme. Un détail cloche cependant : cette dernière était dans un état végétatif depuis 30 ans…

  • Éditeur ‏ : ‎ Le Seuil (6 février 2020)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 352 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2021426904
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021426908
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 380 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14.1 x 2.6 x 22.5 cm

Sukkvan Island de David Vann, démons et merveilles

Merveilles des paysages enchanteurs décrits par David Vann, l’ Alaska et sa nature sauvage, ses forêts séculaires et sa météo indomptable. Démons qui habitent l’esprit de Jim, qui l’empêche d’être en paix avec son fils Roy avec lequel il s’est retranché sur cette petite île isolée. La dépression, la rancune et une certaine haine de soi vont le hanter jusqu’au drame qui va tout faire basculer.

Un récit qui va me marquer à vie. Non pas par la plume, que j’ai trouvée un peu rêche et qui ne m’a pas pleinement convaincu, mais par l’atmosphère malsaine qui s’en dégage, et ce bien avant l’événement soudain qui tranche l’ouvrage en deux parties. La plume de l’auteur transpire le mal-être, la souffrance dissimulée et les non-dits meurtriers.

La seconde partie est un voyage au bout de l’enfer. La boîte de pandore est ouverte et tous les démons contenus dans la première partie sont relâchés. Un tunnel de folie et de souffrance. On finit la lecture à bout de souffle, fébrile et sidéré. Une lecture déstabilisante, il ne faut pas chercher à s’attacher aux personnages mais accepter d’être entraîné dans un tourbillon malsain.

Il va falloir que je me lance dans un autre de ses récits pour me faire un avis définitif sur cet auteur. Le fait est que Sukkwan Island va me rester en mémoire.

Résumé: Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. Mais la rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin. Couronné par le prix Médicis étranger en 2010, Sukkwan Island est un livre inoubliable qui nous entraîne au coeur des ténèbres de l’âme humaine.

  • Éditeur ‏ : ‎ Editions Gallmeister (2 février 2017)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 192 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2351786017
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2351786017
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 140 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 12.2 x 1.7 x 18.5 cm

Ultime partie de Marc Dugain, que sonne l’heure de la curée

Dernier acte d’une tragédie en trois actes.

Pourquoi une tragédie ? Car c’est à un massacre que nous assistons dans cet ultime volet de la trilogie de Marc Dugain initié avec l’emprise et la victime n’est nulle autre que la France.

Une France dont le cadavre pourrissant est écartelé entre de trop nombreux prédateurs. Il y a d’abord Lubiak, la hyène dont les babines dégoulinent d’argent et dont l’estomac crie pouvoir mais qui en demande encore, éternel insatisfait. Il y a aussi Corti, le vieux ours impavide et impitoyable qui veille au grain. Il ne faut pas oublier Volone le vautour qui attend patiemment de pouvoir se repaître de ce buffet aux airs de carcasse mille fois entamée. Et puis il y a Launay, le Dieu sur son mont Olympe, le hibou impassible qui frappe d’un coup de serre implacable au moment fatidique.

La narration de ce volume est sublime, tout simplement. Malgré la profusion de personnages, de situations et d’intrigues on ne se sent jamais perdu. La clarté de l’intrigue permet de profiter pleinement des dialogues ciselés. L’ouvrage est d’une violence froide, clinique, pourtant elle est quasiment toujours suggérée, jamais montrée. À part lors d’une opération en Islande digne des plus grandes heures des services secrets français.

Le dénouement instaure un constat accablant et d’un cynisme acide sur le paysage politique français et au-delà sur l’avenir de notre pays. Un ouvrage qui fait froid dans le dos.

Résumé: Ultime partie est le dernier volet de la Trilogie de L’emprise. Launay, le favori de l’élection présidentielle, va enfin accéder au pouvoir et réformer la Constitution contre l’avis de son ennemi intime Lubiak. Les deux hommes se livrent un combat à mort même s’il s’agit d’une mort symbolique. On y retrouve d’autres personnages de la série. Lorraine, l’espionne qui ne se sent pas à sa place, témoin de la disparition du syndicaliste Sternfall, qui est menacée de mort par les services secrets français et américains alors que Launay a ordonné sa disparition. Terence, le journaliste d’investigation intègre, qui prend la mesure de sa puissance et transige avec ses principes. Le récit nous entraîne dans les couloirs cachés de l’exercice du pouvoir mais aussi dans la réalité des services secrets.
Avec ce roman, Marc Dugain offre une issue fascinante à la Trilogie de L’emprise. Les rivalités entre les personnages atteignent ici leur paroxysme, la volonté de pouvoir des hommes politiques est montrée dans toute sa cruauté et sa vérité.

  • Éditeur : Gallimard (17 mars 2016)
  • Langue : Français
  • Broché : 272 pages
  • ISBN-10 : 2070178110
  • ISBN-13 : 978-2070178117
  • Poids de l’article : 400 g
  • Dimensions : 16 x 1.9 x 22.2 cm

Seules les bêtes de Colin Niel, une randonné intimiste

Venez découvrir la plume intime, élégante et raffiné de Colin Niel.

Ce roman noir est le récit de destins entremêlés qui vont se croiser, se heurter, s’entrechoquer. À travers le destin de ces âmes esseulée l’auteur tisse une toile mortelle où l’intime se mêle à l’évocation de ces grands paysages de montagnes.

En un seul paragraphe les personnages prennent vie. Ils sont là, avec nous lecteurs, avec leurs peines, leurs solitudes, leurs états d’âme. Rare sont les auteurs à pouvoir conféré autant de densité à leurs personnages. Lorsque le récit bascule dans un  tout autre univers, l’auteur réussit le tour de force de nous dépaysés sans pour autant nous sortir de notre lecture. Il s’emparé d’un langage argotique, d’un autre style de vie, d’une autre mentalité avec une aisance désarmante.

L’intrigue peut paraître simple et sans grande ambition mais c’est parce que l’auteur a tenu avant tout à mettre en scène le fameux effet papillon et comment des actions entreprises à des milliers de kilomètres ont des conséquences désastreuses ailleurs. Si je devais chipoter il n’y a que le fait que Maribé ressemble opportunément à une actrice porno qui m’a fait tiquer. Une facilité scénaristique qui s’oublie vite.

Ce récit me paraît idéal si vous voulez découvrir la plume de Colin Niel, on y retrouve la gestation de son roman suivant Entres fauves que j’ai également adoré. Beaucoup des thématiques esquissé dans Seules les bêtes se retrouvent dans celui-ci. Un auteur qui, de par son style, vous entraîne dans un tunnel glaçant à la découverte des travers de l’âme humaine.

Résumé : Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent la chamade.
Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le cœur des hommes.

  • Éditeur : Editions du Rouergue (4 janvier 2017)
  • Langue : Français
  • Broché : 211 pages
  • ISBN-10 : 2812612029
  • ISBN-13 : 978-2812612022
  • Poids de l’article : 283 g
  • Dimensions : 14 x 1.9 x 20.5 cm

365 JOURS – Tome 2 – 3 juin 2021 de Blanka Lipińska

Cette deuxième partie de 365 jours est un roman plein d’action, de retournements de situation, de trahisons et de combats pour l’honneur. Chaque chapitre est étonnant, rien n’est évident, mis à part un amour passionnel où il n’y ni de bons ni de mauvais héros mais beaucoup d’incertitude, d’aventure et de passion.

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Chronique : Ce deuxième livre commence avec Massimo qui tente de quitter Laura après l’avoir demandée en mariage. Elle parvient à le faire changer d’avis lorsqu’elle lui annonce qu’elle est enceinte.
Et les personnages sont plus ou moins les mêmes que dans le livre précédent : Massimo contrôlant et possessif, Laura superficielle et capricieuse.
Olga se met en couple avec Domenico et ils passent leur temps à baiser, boire et se droguer.
Adriano, un autre frère de Massimo, fait son apparition. Lorsqu’il rencontre Laura, il manque de lui faire faire une crise cardiaque, car il s’avère qu’il est le jumeau de Massimo.
Il y a une menace de tromperie : Laura surprend Massimo en train de baiser son ex Anna, bien que Massimo lui dise que c’était Adriano (bien qu’à ce stade, je ne serais pas surpris que ce soit lui, car il ment constamment). Laura quitte Massimo et s’échappe en Hongrie où elle se cache pendant des semaines jusqu’à ce qu’elle et Olga de ides de retourner en Pologne, où Massimo les trouve et ils rentrent chez eux.
C’est toujours la même chose : ordres de Massimo, sexe sauvage entre eux, avec une Laura qui se laisse soumettre en échange de cadeaux et d’orgasmes.
Jusqu’à ce qu’un soir, elle surprenne Massimo en train de se défoncer et qu’en s’enfuyant, elle soit kidnappée par Marcelo Nacho Matos, le fils d’une famille de la mafia espagnole installée aux Canaries. Laura, qui semble excitée 24 heures sur 24, oublie l’amour immense qu’elle éprouve pour son mari et commence à fantasmer sur son nouveau kidnappeur (cette fille a un faible pour ça, je le jure).
La fin du livre laisse une Laura luttant pour sa vie, avec un Massimo décidant qui sauver : Laura ou son héritier.
Je ne sais pas si je vais aimer le troisième livre car je ne comprends toujours pas bien ces personnages. Ils parlent d’amour véritable et Massimo ment, manipule, trompe Laura quotidiennement et elle m’ennuie tout simplement, elle n’a rien d’un caractère et d’une dignité, et n’essaie pas non plus, étant enceinte, de lui tenir tête et de demander le respect.( la raison pour laquelle je donne 4 ⭐️ au livre est que je peux au moins comprendre qu’il est un bâtard, il n’y a que quelques situations avec lui que je ne peux pas comprendre, et le personnage de Nacho m’intrigue).

Éditeur : Hugo Roman (3 juin 2021) Langue : Français Broché : 390 pages ISBN-10 : 2755688211 ISBN-13 : 978-2755688214