Le gardien invisible de Dolores Redondo

Résumé : Au Pays basque, sur les berges du Baztan, le corps dénudé et meurtri d’une jeune fille est retrouvé, les poils d’un animal éparpillés sur elle. La légende raconte que dans la forêt vit le basajaun , une étrange créature mi-ours, mi-homme… L’inspectrice Amaia Salazar, rompue aux techniques d’investigation les plus modernes, revient dans cette vallée dont elle est originaire pour mener à bien l’enquête qui mêle superstitions ancestrales, meurtres en séries et blessures d’enfance.

Chronique : Embarquement immédiat pour le pays Basque espagnol avec ce premier roman, un polar mâtiné de fantastique.

L’auteure sait comment créer une ambiance, on parcours ces forêts ancestrales avec les enquêteurs, à la recherche d’un assassin ou d’une créature fantastique. Toute la beauté de la culture Basque s’échappe des pages du livre pour nous happer et nous entraîner dans les rues de ces villages aux charmes préservés et dans ces repas de famille interminables d’où s’échappent des senteurs alléchantes.

Le personnage d’Amaia Salazar est bien campé, complexe et suffisamment attachant pour nous convaincre de la suivre dans son enquête malgré quelques longueurs. Un passé traumatisant et une famille aux relations compliqués mais attendrissantes complètent le tableau.

L’intrigue, quant à elle, souffre d’une certaine platitude mais reste convaincante pour une première intrigue. Le final aurait pu être plus percutant mais, là encore, L’auteure a su gérer ses effets.

L’aspect fantastique est bien présent mais reste au second plan. Espérons que L’auteure saura lui donner un rôle plus fondamental dans la suite des enquêtes de son héroïne.

Le gardien invisible se révèle donc être une lecture agréable et un premier essai convaincant bien qu’un peu scolaire dans le monde du polar.

Note : 7/10

Éditeur Folio
Date de publication 15 janvier 2015
Langue Français
Longueur du livre 528
ISBN-10 2070461696

La couleur du trois de Leni Zumas (16 janvier)

Résumé : Quinn, la trentaine passée, est célibataire, sans enfants, et sur le point de perdre son emploi. Comme si sa précarité financière n’était pas suffisamment angoissante, elle doit faire face au retour en ville de Cam, son premier petit ami, dont elle s’est séparée dans des circonstances qu’elle préférerait oublier. Cette réapparition fait remonter à la surface le traumatisme de ses années adolescentes ̶ la mort violente de sa sœur cadette ̶ , qu’elle croyait pourtant avoir enfoui au plus profond d’elle-même par des tactiques toutes personnelles…

Chronique : Ce roman est une invitation à découvrir un style et une narration bien particulière. À charge au lecteur de saisir cette invitation et de découvrir la plume de Leni Zumas.

Une plume pour le moins originale, constitué de chapitres courts, tels des flash-back subliminaux et incontrôlables. Très peu de descriptions mais un style très organique, où le corp humain et ses fluides sont perçus comme une source d’angoisse. Une narratrice unique qui se décompose en trois temporalités différentes, pour celles que j’ai pu clairement repérer. L’œuvre ne se laisse pas apprivoiser facilement mais dissimule un récit à fleur de peau.

Bien que l’auteure possède une plume créative, la narration respecte quand même une certaine linéarité. On fait la connaissance de Quinn, ancienne chanteuse d’un groupe de rock, jeune femme à la dérive, hanté par un passé qui menace de refaire surface. Au fil des saynètes que Quinn partage avec nous, les détails des tragédies de sa vie nous sont délivrés. Une souffrance sourde mêlée de culpabilité menace d’engloutir toute son existence tel le leviathan biblique.

Ce récit n’est pas celui d’une guérison, c’est à peine si la fin du roman apportera une lueur d’espoir pour Quinn, mais celui d’une prise de conscience. La montée à la surface de la souffrance enfouie sera l’occasion de solder une partie des comptes.

Une œuvre qui ne laisse pas indifférente mais qui restera hermétique à certains tellement la proposition est risquée et la narration complexe.

Note : 7/10

Éditeur Presses de la Cité
Date de publication 16 janvier 2020
Langue Français
Longueur du livre 352
ISBN-10 2258165806

Cinq Cartes brûlées de Sophie LOUBIERE | 16 janvier 2020

Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l’humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d’une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l’intention de devenir la femme qu’elle ne s’est jamais autorisée à être, quel qu’en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer…

Achat du livre : https://amzn.to/38gfVSx

Chronique :   Très belle découverte que ce roman de Sophie LOUBIERE , si réussi qu’il ne présente pas les défauts habituels d’un roman policier traditionnel .
Impossible d’en parler au risque de gâcher le tempo incroyable de ce thriller et les rebondissements d’une intrigue qui nous empoigne et nous donne les mêmes émotions qu’un tour de montagnes russes !
Sophie LOUBIERE montre une maîtrise admirable pour ce roman à la construction magistrale qui nous fait passer sans heurts. L’écriture nous fait profondément ressentir chaque changement d’atmosphère et ce sentiment de frayeur, d’oppression qui s’amplifie à chaque retournement de situation jusqu’aux scènes finales scotchantes. Tordu à souhait l’auteur prend bien le lecteur aux tripesN. Il n’y a pas que l’introduction du début qui est pervers, manipulateur et violent mais sachez que le sujet abordé est très sérieux et malheureusement trop souvent tu. Il est pourtant bien réel et fait souvent beaucoup de dégâts. Son aspect psychologique d’ailleurs est fort bien traité ici.
c’est un roman surprenant et fort bien écrit qui restera dans les mémoires pour l’uppercut asséné en son milieu.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (16 janvier 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265143960

51SFuN4yODL._SX330_BO1,204,203,200_

 

 

Le manteau de Séverine Vidal et Louis Thomas | 3 janvier 2020

Lison rêve du jour où elle pourra porter le manteau rouge de sa sœur aînée : un vrai manteau de grande ! Et quand ce jour tant attendu arrive, en plein hiver, Lison fanfaronne : il est beau, il est chaud, il est parfait

Achat du livre : https://amzn.to/2RfKSPK

Chronique : Cet album Séverine Vidal et Louis Thomas est un vrai coup de cœur avec des thèmes qui sont universels : marginalité et précarité, rapport à l’autre, respect de la personne, solidarité.Sur une mise en page sobre à l’extrême, au graphisme parfaitement maîtrisé pour laisser toute la place à l’émotion, cet album ressemble à un arrêt sur image, une séquence particulière : la réaction d’une enfant face à l’indifférence ou le rejet, son geste simple, généreux qui crée ce lien ténu, ce fugace espoir.

Le texte est neutre, ni misérabiliste, ni moralisateur. Il s’efface au profit de l’illustration forte, puissamment évocatrice. Sur la palette en variation de gris et d’ocre, seul le manteau rouge offre une touche de couleur vivifiante. À chaque page, le travail graphique se joue du point de vue, alternant contraste, flou et images hors champ. Un album émouvant, mais aussi pudique; un album réaliste mais aussi esthétique, qui, jusqu’à l’épilogue, répond aux préjugés, aux regards dévalorisants avec brio.Une lecture a partagé blotti bien au chaud pour tenter de répondre aux nombreuses questions qu’elle suscitera.

Note : 10/10

 

  • Album : 28 pages
  • Tranche d’âges: 3 – 6 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (3 janvier 2020)
  • Collection : ALBUMS GALLIMAR
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2075122067

51vLyl4JNiL._SX403_BO1,204,203,200_

 

12 jours sans parents de Sophie Rigal-Goulard | 15 janvier 2020

Trop bien, les parents partent en amoureux au Cambodge 12 jours ! Madeleine, 13 ans, Tristan, 12 ans, Tilio, 9 ans, et Sidney, 5 ans, sont bien décidés à en profiter, même si leurs grands-parents gardent un œil sur eux. Mais suite à un quiproquo, les 4 enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans personne pour s’occuper d’eux. Orgie de chips, nuit de la manette, portes ouvertes pour les copains, la liberté c’est top ! Jusqu’au soir où un orage éclate, provoquant une panne électrique qui plonge la maison dans le noir. Sidney pleure en réclamant maman, les placards sont vides, le lave-vaisselle déborde. Les désaccords s’enchaînent, la dispute gronde. Madeleine décide alors de gérer la situation…

Achat du livre :https://amzn.to/2stP2v5

Chronique :Sophie Rigal-Goulard nous offre en ce début d’année un roman rythmé et plein d’humour pour faire réfléchir sur la place des parents dans la vie des enfants.
Un livre qui fait se poser pas mal de questions sur la place intrusive des décisions prise par les parents dans le quotidien et dans le faite de laisser les enfants seuls mais quand on y regarde, les enfants, de plus en plus jeunes, y sont confrontés…
Ce livre se fait se poser les bonnes questions… Sophie Rigal-Goulard qui d’un coup d’une façon humoristique nous  fait rappeler à tous en tant que parents c’est aussi qui fait l’éducation et les règles de vie.
Représentation ouverte du concept pour une lecture multiple.                                               Sophie Rigal-Goulard signe une œuvre audacieuse qui invite le jeune lecteur à se questionner sur des problèmes actuels. Une très belle œuvre. Les différentes anecdotes et « rebondissements », le style enlevé rendent ce livre extrêmement agréable à lire. Une lecture qui serait profitable à certains adultes.

Note 9,5/10

 

  • Broché : 176 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Rageot Editeur (15 janvier 2020)
  • Collection : Grand Format
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2700275306

514GgcX6fLL._SX343_BO1,204,203,200_

 

 

Fragments de paradis de Daniel Tammet | 15 janvier 2020

Elevé dans un milieu non croyant, Daniel Tammet raconte sa conversion au christianisme à l’âge adulte. Quels épisodes de l’enfance, quelles rencontres, quels échanges ont été déterminants ? Peut-on réconcilier la foi et la raison ? Comment partager une expérience aussi indicible ?

Achat du livre :https://amzn.to/3a9VQim

Chronique : Pour ce début d’année Daniel Tammet nous offre un récit empli d’humanité dans lequel l’auteur glisse des regards grinçants et secs avec le regard naïf d’hommes peu habitués à la foi. Un récit sur le chemin de la vie où parfois la providence est inattendue, où souvent chaque acte de solidarité aide à avancer, où l’on perd la foi mais jamais l’amitié, où le sacrifice reste le seul moyen de sauver des viesUn sujet d’actualité qui mérite bien plus que ce petit livre, qui traite du problème  de la foi et de la raison ou mieux des énormes problèmes des religions . C’est un roman dont il est difficile de parler, tant le texte prend aux tripes, peut révolter, mais invitent aussi le lecteur à comprendre et à porter un regard différent sur un sujet dramatiquement d’actualité. Quelques passages d’humanité et d’empathie redonnent un brin confiance en l’homme, la fin est d’une force rare .

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 180 pages
  • Editeur : Les Arènes (15 janvier 2020)
  • Collection : AR.DANIEL TAMME
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500656

51vRHWinufL._SX323_BO1,204,203,200_

 

 

Rétrograde (1 janvier 2020) de Peter Cawdron

Liz Anderson est l’une des cent vingt personnes vivant au sein de la colonie martienne Endeavour. Entourée de ses collègues représentant les principaux pays du monde, et sous la direction de quatre agences spatiales travaillant de concert, Liz s’est engagée pour une mission de dix ans sur la planète rouge. Mais la camaraderie martienne vole en éclats lorsque, sur Terre, le feu nucléaire pleut sur plusieurs grandes villes.

Achat du livre : https://amzn.to/36UYC9i

Chronique : Bien que plusieurs livres aient été écrits sur les gens piégés sur Mars (le plus récent étant  » The Martian  » d’Andy Weir), Cawdron a adopté une approche légèrement différente, en plaçant un important contingent de colons sur Mars, puis en faisant en sorte qu’un incident se produise sur Terre, ce qui signifie qu’ils sont seuls puisque la Terre est perdue pour eux. Comment survivent-ils sans leur soutien ? Il y a ensuite une autre histoire qui se passe sur la colonie de Mars qui crée ce livre étonnant que vous ne pouvez pas vous empêcher de lire.
Cawdron a écrit un livre étonnant ici, en entrant dans les détails incroyables sur la colonie de Mars, comment elle devrait être créée pour que les gens puissent réellement survivre, en utilisant la recherche réelle (il cite plusieurs sources dont la NASA), pour créer cette histoire qui est incroyablement réaliste, détaillée et authentique. En lisant cette histoire, vous obtenez une véritable éducation sur ce qui sera réellement nécessaire pour vivre sur Mars, comment une colonie fonctionnera, et ce dont ceux qui y vivent auront besoin pour survivre. En plus de cet incroyable thriller de science-fiction qu’il a écrit, il y a une sorte de documentaire détaillé intégré à l’histoire qui ne fait qu’ajouter à cette histoire exceptionnelle.
L’histoire est racontée du point de vue de l’un des colons américains, Liz, et comment, après qu’un incident majeur sur Terre ait coupé le contact avec la colonie, cela a un impact sur chacun des principaux acteurs. Il y a 4 modules principaux dans la colonie, le module chinois, le module américain, le module russe et un module eurasien qui est composé de Japonais, de Britanniques, d’Espagnols, d’Australiens et de quelques autres nationalités. A travers les yeux de Liz, nous pouvons voir comment les événements qui se sont produits sur Terre affectent chacun des autres colons, chacun des autres personnages du livre, qu’ils soient majeurs ou mineurs. C’est une façon très intelligente d’écrire l’histoire, permettant à un seul personnage de nous raconter l’histoire, mais en même temps, nous obtenons aussi les perspectives de plusieurs autres personnages, ainsi qu’une idée de la taille et de la population de la colonie, et un concept de ce que c’est que de vivre dans la colonie, pas seulement pour Liz et le contingent américain, mais aussi pour chacune des autres nationalités. C’est encore un autre exemple de l’exceptionnelle qualité d’écriture de Cawdron.
Il y a des personnages fascinants dans cette histoire, du commandant américain qui est un astronaute autodidacte, qui a appris tout seul en combattant comme soldat des Forces Spéciales. Son 2IC, Harrison, est bruyant, odieux, mais a un centre plus doux, si vous prenez le temps de le trouver. Le contingent chinois est d’une grande beauté, avec Doi, l’aînée des commandants, mise sur ses chemins, Jaiyun, la meilleure amie et l’amante de Liz. Les Russes ont quelques caractères standard, Vlad, très intelligent, aime boire, et il y a la belle Dr Anna, dont tout le monde tombe amoureux au premier regard. Bien sûr, elle est aussi l’une des personnes les plus intelligentes de la station.
C’est un regard approfondi sur la survie sur Mars, un thriller avec de multiples sous-intrigues qui se déroule après que les événements sur Terre aient eu lieu et bien sûr, c’est juste une histoire exceptionnelle de personnages de science-fiction.
Les interactions entre chacun des personnages sont intelligentes et granuleuses, réalistes, Cawdron a consacré beaucoup de temps et d’efforts à s’assurer que les conversations sur le front de la science-fiction sont exactes en demandant conseil à la NASA, il a fait ses recherches sur la construction d’une colonie sur Mars, à tel point que quelqu’un devrait l’engager pour faire partie d’un comité chargé de concevoir les plans de la prochaine base là-haut.
Et tout cela avant que les véritables rebondissements de l’histoire ne s’installent et que vous ne réalisiez que vous n’êtes pas encore entré dans la vraie histoire. Comme je l’ai dit, il y a beaucoup d’intrigues et de sous-intrigues pour en faire un thriller exceptionnel qui vous laissera assis à la fin en faisant  » Huh  » pendant que vous mettez tout cela en place.

Note : 9/10

 

  • Broché : 368 pages
  • Editeur : Folio (1 janvier 2020)
  • Collection : Folio. Science-fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2072876761

416e6tKLkOL._SX302_BO1,204,203,200_