Celle qui n’avait pas peur de cthulu

Résumé :

Qu’est-ce qui est vert, pèse 120 000 tonnes, pue la vase, n’a pas vu le ciel bleu depuis quarante siècles et s’apprête à dévaster le monde ?
Ingrid n’en a aucune idée.

Et elle s’en fout.

Autant dire que lorsque des hurluberlus lui annoncent qu’elle est le Centre du pentacle et que la résurrection de Cthulhu est proche, ça la laisse de marbre.

Jusqu’à ce que les entités cosmiques frappent à sa porte…

Chronique : ouvrir un livre de Karim Berrouka c’est la promesse d’une histoire déjantée, aux personnages hauts en couleurs et à l’humour omniprésent. L’auteur s’attaque aux grands mythes de la littérature fantastique pour mieux les déconstruire et les désacraliser. Après les fées et les zombies il s’attaque au mythe lovecraftien dans un récit en demi-teinte.

Le premier problème vient du personnage d’Ingrid, présenté comme une jeune branleuse je m’en foutiste dans les premiers chapitres, elle fait cependant preuve d’une bienveillance et d’une curiosité envers le bestiaire lovecraftien qui arrange bien l’intrigue. Ainsi cette jeune héroïne prometteuse se révèle au final bien fade, elle aurait pu faire preuve d’une gouaille à toute épreuve pour faire face aux profonds et autres bestioles tentaculaires mais ses répliques, bien qu’empreint d’un air bravache, restent souvent un peu plates.

Le rythme pose également problème. Lintrigue démarre rapidement avec des airs de thriller mais s’embourbe vite dans une routine paresseuse qui a bien du mal à nous captiver. À défaut de s’approprier le mythe de Lovecraft Berrouka en propose une relecture multi-référencé mais un peu bancal.

Toutefois j’ai apprécié la réflexion sur les religions et le final explosif avec un doigt d’honneur final au mythe de cthulu mais je regrette que le potentiel de l’œuvre ne soit jamais exploité.

Note : 6/10

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SIMON’S CAT: QUELLE VIE DE CHIEN! de Simon TOFIELD | 14 novembre 2019

Alors qu’il patrouille sur son territoire, Simon’s Cat découvre la vie de nombreux chiens de son quartier, avec notamment au programme : des caniches fous, un bouledogue amoureux et un groupe de chiots espiègles.
Dans le style et l’esprit qu’on lui connaît dans ses illustrations, Simon Tofield capture remarquablement bien les habitudes drôles et décalées des différentes races de chiens, ainsi que les rencontres avec leurs homologues félins.

Achat du livre : https://amzn.to/2rHnGkm

Chronique : C’est ainsi que nous arrivons à la dernière édition de Simons Cat – maintenant je suis le premier à admettre que ces livres ne sont guère difficiles à lire sans mots et sans caricatures simples d’une seule page ou même d’un seul volet – mais quiconque a possédé (ou appartient à) un chat reconnaît instantanément de nombreux traits et personnalités représentés dans ces pages.

Mais cette fois-ci, il y a un rebondissement – maintenant Simons Cat explore le monde des chiens avec tous leurs différents plans, personnalités et interactions avec les chats. Ce que vous avez ici est un regard jovial et léger sur la vie des chiens (et comment les chats les gouvernent).

J’ai suivi Simons cat dans toutes ses nombreuses histoires et ça m’étonne toujours qu’il y ait des histoires nouvelles et amusantes à raconter – mais encore une fois je regarde mon chat et je réalise que chaque jour le potentiel pour que quelque chose de nouveau et d’étrange arrive est juste là à mes pieds…

Note : 9,5/10

 

  • Album : 128 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (14 novembre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265144290

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La méthode kominsky saison 2

Vous voyez ces vieillards , pardon, ces personnes du troisième âge, que vous croisez dans la rue ou en voiture, ceux qui roulent lentement ? Ou dans les magasins, qui payent en liquide à la caisse ? Ces vieux qui vous font enrager au point de vous faire revoir votre position sur l’euthanasie ? Et bien Chuck Lorre a décidé d’en faire une série.

Si ce nom vous dit quelque chose c’est tout simplement qu’il s’agit du créateur des sitcoms Mon oncle Charlie et the big bang theory, pas le premier venu donc. Il s’essaye ici à la comédie dramatique pour un résultat plutôt réussi même si la série s’en sort mieux lors des moments de comédie pure. La première saison a d’ailleurs été reconpensé par deux golden globes, dont celui du meilleur acteur pour Michael Douglas.

Vu l’âge de ces protagonistes il serait aisé de comparer cette série avec Grace et Frankie, une autre série Netflix traitant du troisième âge mais, si les deux séries se rejoignent dans leur volonté de mettre en avant une frange de la population souvent ignorée par les médias, les séries s’éloignent sur d’autres aspects.

Défi du jour : réussir à descendre avant que ma vessie ne me lâche

La méthode kominsky se distingue en effet par un esprit caustique, nos deux vieux messieurs respectables degainent plus de punchline qu’il y en a dans un album de rap. Cette deuxième fournée de huit épisodes accentue le ton sarcastique au détriment des moments intimistes. Les bons sentiments n’ont pas vraiment leur place, même si les intrigues offrent quand même leur instants familial. le propos est plutôt de montrer la difficulté de vieillir dans un monde ou vieillir est interdit, la solitude qui s’installe, les problèmes de santé entre autres. L’humour acide est alors devenu un mécanisme de défense pour nos personnages qui font preuve de résilience face au temps qui passe.

Quand tu te marre à l’idée d’annoncer l’âge de ton petit ami à ton père

Les acteurs sont excellents, mention spéciale à Alan Arkin, qui vole la vedette à Michael Douglas. Tout le casting offre une prestation convaincante, voire bluffante par moments, notamment lors des cours de Sandy.

Une série mordante et touchante qui vous fera porter un regard nouveau sur nos personnes âgées.

Note : 8/10

Depuis 2018 / 28min / Comédie, Drame
Titre original : The Kominsky Method
De Chuck Lorre
Avec Michael Douglas, Ashleigh LaThrop, Alan Arkin
Nationalité U.S.A.

Le Mans 66 (Ford v. Ferrari) (Sortie cinéma le 13 /11/2019) de James Mangold avec Matt Damon, Christian Bale

Basé sur une histoire vraie, le film suit une équipe d’excentriques ingénieurs américains menés par le visionnaire Carroll Shelby et son pilote britannique Ken Miles, qui sont envoyés par Henry Ford II pour construire à partir de rien une nouvelle automobile qui doit détrôner la Ferrari à la compétition du Mans de 1966.

Chronique :Je vais juste « partager » mon ressenti, après avoir vu ce film en avant-première…Je précise avant que je ne suis pas un fan de voitures ni de courses, mais simplement un amateur de cinéma et fan de CBale.Eh bien j’ai adoré ce film, pour plusieurs raisons… D’abord un duo impressionnant des acteurs CBale et MDamon: la relation d’amitié et de respect fonctionne à merveille! Ensuite une immersion totale dans le monde – passionné et dangereux – des pilotes et des voitures de cette époque des années 1960.

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On est vraiment pris aux tripes, on prend littéralement des « coups d’accélération » dans ce film, bref, pour les passionnés de voitures comme les néophytes on en prend plein la vue (et les oreilles) ! Enfin que dire du scénario et de l’histoire, juste un hommage à ces hommes qui relevaient des défis tous les jours, ainsi que le combat entre deux grandes marques automobiles…Comme l’ont dit certains, peu importe le titre du film, ce qui compte c’est de ressentir toute la renommée et l’importance de cette course d’endurance (on sue vraiment par moments avec les pilotes) qui est et restera mythique, à tous égards, en particulier hors de France

Un film à ne pas manquer !
Note : 9/10
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J’accuse (Sortie cinéma 13 novembre 2019) De Roman Polanski Avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner

Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme.

J'ACCUSE de Roman Polanski

Chronique : L’homme et l’œuvre, l’œuvre et l’homme. Le débat, vieux débat, s’enflamme, plus que jamais. Mais  J’accuse ne nous semblera pas moins bon que si on parle où non de son réalisateur qu’est Polanski  Il se nimbera toutefois d’une lumière différente, inévitablement, parce qu’on ne peut pas, ou plus, voir un film sans tenir compte de son actualité. Parce que la libération de la parole des femmes depuis l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo il y a deux ans nous obligent à sortir d’une bulle purement cinématographique. Dans cette réflexion nécessaire, nous avons malgré tout des certitudes. Jamais appeller à la censure d’un film. Jamais substituer à la justice (les faits décrits par Valentine Monnier sont prescrits et Roman Polanski, qui clame son innocence par voie d’avocat, reste présumé innocent selon la loi). N’oublierons ni n’omettrons de rappeler, si nécessaire, que l’histoire du cinéma, comme toute l’histoire du monde, est aussi faite de domination et de violence.

Alors, on fait quoi d’un nouveau film de Polanski sur les écrans ? On le boycotte ? Ce serait présenter l’addition à Louis Garrel (Alfred Dreyfus), Jean Dujardin (Marie-Georges Picquart), à Hervé de Luze le monteur, à Alexandre Desplat le compositeur, à tous les artistes et techniciens qui ont fait un travail remarquable.

Séparer l’homme de l’œuvre  ? Impensable avec ce cinéaste-là. Imagine-t-on voir Le Pianiste (Palme d’or 2002) ou même Le Locataire sans se souvenir du gamin juif acculé dans le ghetto de Cracovie dans les années 40 ? Comment appréhender le climat de paranoïa, les représentations du mal et le cynisme dévastateur de nombre de ses films sans imaginer l’individu dont la mère est morte à Auschwitz et dont l’épouse Sharon Tate a été massacrée, enceinte, un soir de 1969 à Los Angeles (le drame a inspiré le dernier Tarantino).

J’accuse nous donne à voir un officier juif clamant son innocence alors qu’il est publiquement dégradé. L’analogie saute aux yeux. C’est ce qui a fait sortir Valentine Monnier de son silence. Le malaise vient ainsi s’ajouter aux nombreuses émotions qui nous traversent à la vision du film.

Le rythme et l’élégance du découpage, dont Polanski demeure un maître, sont pour beaucoup dans l’impression de fraîcheur que dégage le film. Le cinéaste parvient même à donner une dimension ludique à ce récit pourtant lesté de significations historiques fondamentales et finalement très actuelles.

Comme il l’a lui-même écrit, la vie de Roman Polanski est un roman. Mais dont l’épilogue, qui tend de plus en plus vers le sordide, lui échappe désormais totalement.

Note : 9,5/10

Réalisateur. Roman Polanski.

Interprètes. Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Grégory Gadebois, Mathieu Amalric…

Durée. 2 h 12.

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