Les écailles d’or de Parker Bilal, les requins ont les dents longues au Caire

Je dois vous avouer quelque chose, je n’aime pas voyager. Bien sûr une fois arrivé à destination j’apprécie le séjour mais tous les préparatifs me donnent mal au crâne, sans parler de ce lieu de cauchemar qu’est un aéroport. C’est pourquoi lorsqu’un auteur me propose un voyage dans un pays lointain à travers un récit intrigant j’embarque avec plaisir.

Et c’est exactement ce que fait Parker Bilal, pseudonyme de Jamal Mahjoub, avec ce premier volume des enquêtes de Makana. L’auteur emprunte les codes des romans noirs, dont les représentants les plus illustres sont Danielle Hammet avec le faucon de Malte ou Raymond Chandler avec le grand sommeil, et les transposent dans une Égypte moderne où règnent la corruption et le terrorisme.

On fait donc la connaissance de Makana, détective privé vivant sur une péniche misérable sur le Nil, en plein dans la ville du Caire. Immigré Soudanais il est hanté par son passé traumatisant et les remords. Son personnage s’inspire beaucoup des détectives hard boiled créés par les auteurs sus-cité, il se repose donc beaucoup sur son instinct pour progresser dans son enquête et possède un don naturel pour se faire des ennemis. Cependant l’auteur nuance ce portrait classique par une touche de mélancolie qui assaille Makana de manière régulière. On sent que l’auteur est encore en train de peaufiner son personnage, il fait parfois preuve d’une naïveté touchante et d’une empathie agréable et parfois d’une agressivité propre aux détectives du romans noirs. Nul doute que les prochaines enquêtes nous montreront un Makana aux caractères plus affiné.

L’intrigue en elle-même se révèle solide mais classique, peut-être un peu trop, j’ai vu arriver de loin les multiples révélations finales et une partie de la conclusion est assez brouillonne à mon sens. Cependant le récit offre un panorama convaincant de la société égyptienne où l’argent est roi et où tout le monde est prêt à tout avoir sa part du gâteau et tant pis pour les malheureux qui se trouvent sur le chemin de leurs réussites.

Parker Bilal nous fait donc voyager sans frais dans cette première enquête classique mais efficace. Le personnage principal doit être encore un peu affirmé mais il se révèle déjà attachant, ainsi que son entourage que l’on retrouvera sans doute dans les récits suivants. Un petit bémol pour l’éditeur qui a pris soin de mettre en lexique en fin d’ouvrage pour les mots et expressions en arabe mais qui a oublié de parler des plats servis dans le restaurant qui sert de QG à Makana, cela aurait permis de prolonger le voyage un peu plus.

”Vous savez ce qui me plaît dans la mer ?dit Vronski. J’aime sa limpidité. Elle ne divulgue rien .elle est transparente, et pourtant il se passe toutes sortes d’horreurs sous la surface. La nature recouvre d’un voile d’eau sa propre cruauté ”

Résumé: Le Caire, 1981. Alice, la petite fille d’une junkie anglaise de bonne famille, est enlevée dans les ruelles du souk.
1998. Un milliardaire cairote issu de la pègre, Hanafi, sollicite les services du détective privé Makana pour retrouver la star de son équipe de foot, Adil, qui s’est volatilisée du jour au lendemain. Makana, ancien policier qui a fui le régime intégriste soudanais, vivote au Caire sur une awana, sorte de péniche déglinguée, et si son costume défraîchi fait mauvais effet dans l’entourage d’Hanafi, son esprit affûté fait mouche. De plus, il entretient de bonnes relations avec un commissaire local et un journaliste politiquement engagé. L’enquête le mène des bistrots crapoteux et des rues poussiéreuses de la capitale aux résidences somptueuses des nantis du régime, et croise la route de la mère d’Alice, sauvagement assassinée alors qu’elle continuait obstinément à chercher son enfant disparue.

  • Poids de l’article : 440 g
  • Broché : 432 pages
  • ISBN-10 : 2021141918
  • ISBN-13 : 978-2021141917
  • Dimensions du produit : 14.1 x 2.8 x 22.5 cm
  • Éditeur : Le Seuil (15 janvier 2015)
  • Langue : : Français

Une histoire d’amour – 1 octobre 2020 de Lorraine SORLET

Ce livre est destiné aux amoureux, et aux amoureux de l’amour.

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Chronique : Il y a de nombreuses autres raisons de ne pas ignorer cette œuvre graphique de Lorraine SORLET où l’on voit que l’auteur est c’est incroyablement documenté et que le images fourmille de références picturales ou littéraires avouées ou plus ou moins cachées, d’anecdotes étonnantes, et le tout sans texte. Lorraine SORLET arrive à chacune de ses pages à rendre ses personnages presque caricaturés par un dessin expressif, et les situations tellement rocambolesques et belle que les uns et les autres semblent sortis d’un roman; et pourtant tout est authentiquement vrai. On sens le vrai amour. Tout s’agence admirablement pour se matérialiser finalement dans ce roman graphique à part entier original et captivant. Une histoire d’amour est à la fois drôle et sensuel et on va aimer le découvrir sous un jour différent… Super à lire et relire avec plaisir.

Note : 9,5/10

Extrait :

Broché : 120 pages ISBN-10 : 2221249550 ISBN-13 : 978-2221249550 Dimensions du produit : 19.7 x 1.7 x 24.1 cm Éditeur : Robert Laffont (1 octobre 2020)

Les Amours – 1 octobre 2020 de Agathe SORLET

L’amour.
Je n’ai pas toujours les mots pour l’exprimer, mais j’ai toujours un crayon sur moi.

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Chronique : Très beau roman graphique qui illustre à la perfection les amours : Le tout avec beaucoup de poésie, des images qui fourmillent de détails et de vie, et une vérité sans fards. Agathe SORLET nous offre un dessin est soigné, les détails fourmillent dans chaque planche. C’est une compilations d’histoires sur les amours, de ceux qui sont si intenses qu’ils nous happent et nous recrachent en petit morceaux une fois qu’ils en ont fini avec nous , sans texte le tout est bien dit bien raconté que ça en est  secondaire. Chaque image fourmille d’informations et de petits clins d’œil qui en disent long sur l’histoire et les personnages. Un moment de douceur, d’émotion.

Note : 9,5/10

Extrait :

Broché : 120 pages ISBN-10 : 2221249542 Dimensions du produit : 19.7 x 1.7 x 24.1 cm ISBN-13 : 978-2221249543 Poids de l’article : 480 g Éditeur : Robert Laffont (1 octobre 2020)

Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges – 26 août 2020 de Léonie Bischoff

Début des années 30. Anaïs Nin vit en banlieue parisienne et lutte contre l’angoisse de sa vie d’épouse de banquier. Plusieurs fois déracinée, elle a grandi entre 2 continents, 3 langues, et peine à trouver sa place dans une société qui relègue les femmes à des seconds rôles. Elle veut être écrivain, et s’est inventé, depuis l’enfance, une échappatoire : son journal.

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Chronique : La littérature érotique est une chose subtile. comme une bulle de savon, elle doit savoir attirer votre regard, vous faire retenir votre souffle, vous donner envie de la toucher et de participer à son développement et pour tant vous la savez fragile et éphémère.
Anaïs Nin a cette grâce de la bulle de savon. Elle arrive, par une langue sûre et alerte, mais jamais vulgaire ou grossière, à vous promener le long des corps des femmes et des hommes, sans vous faire rougir, mais en faisant monter des bouffées de désir voluptueux et c’est exactement ce qu’a compris Léonie Bischoff qui nous offre un petit chef d’œuvre.

Une Bd  merveilleusement bien écrite mais vous ne pouvez vous empêcher d’avoir des frissons dans le dos en lisant cet ouvrage. L’atmosphère y est très sensuelle. Cette bd n’est pas qu’une autobiographie sur un personnage Il en a certains aspects mais il est plus que cela, il y a aussi toute une analyse de l’importance de l’apparence de nos jours, et de la lutte incessante que l’on cherche à porter contre la fuite du temps. Cette bd nous renvoie notre propre perception de la fuite du temps, notre propre peur des rides et autres indices du temps qui s’écoule, notre lutte futile contre l’irrémédiable. Léonie Bischoff utilise ses personnages pour illustrer ce que deviennent les gens après avoir trop cogité sur la fuite du temps, et les danger de ne pas accepter la possibilité de sa propre mort. Elle y livre un scénario ciselé, alambiqué mais compréhensible  et l’écriture est enlevée, caustique, riche en clins d’œil et d’un trait léger et vivant inspiré par  propose des pages pleines de lumières aux décors riches, sublime cette histoire par les couleurs magistrale.

Note : 10/10

Extrait :

Relié : 192 pages ISBN-10 : 2203161914 ISBN-13 : 978-2203161917 Dimensions du produit : 21.3 x 1.8 x 28 cm Éditeur : CASTERMAN (26 août 2020)

Le Printemps Suivant – T01 – Vent Lointain – 7 octobre 2020 de Margaux Motin

Après une vie de mère célibataire un peu chaotique mais libre et indépendante, Margaux replonge à pieds joints dans la vie de couple. Mais cela ne se passe pas sans heurts et des perturbations se profilent à l’horizon.

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Chronique : Il n’est presque plus nécessaire de présenter Margaux Motin, cette illustratrice dont le blog ne cesse d’attirer de nouveaux fans, et il devient de plus en plus facile de découvrir un catalogue, livre, ou panneau publicitaire dessiné par ses soins.
Dans Le Printemps Suivant, l’auteur nous parle de gros changements dans sa vie. Après un divorce douloureux, elle replonge à pieds joints dans la vie de couple et réapprend à vivre.
Avec les sorties en couple ou avec enfants, changement radical de vie, délires avec Paco et les enfants, petits plaisirs du quotidien et épisodes dépressifs ou d’introspection, elle décrit avec humour, justesse, poésie et sensibilité une période de questionnement, avec ses hauts et ses bas, ses avantages et ses inconvénients, ses découvertes et ses déconfitures.
Entre les planches à mourir de rire, les dialogues délicieusement outrageants, les expressions faciales justes merveilleuses et les dessins tout doux, un peu teintés d’amertume mais toujours superbes, on ne peut que passer un excellent moment avec ce livre.
Il y a dans ce livre une grande sensibilité, une capacité à nous transmettre parfois la joie, le bonheur ainsi que sa tristesse, son désarroi, une sorte de fragilité à fleur de peau qui touche d’autant plus qu’elle est souvent inattendue.
L’auteur nous livre ici un titre très intime, où elle s’ouvre et offre beaucoup d’elle-même, mais auquel on peut également s’identifier.
Avec ce livre l’auteur nous montre que les difficultés font partie de la vie, mais que l’on n’est pas obligé de les laisser nous gouverner.

Note : 9,5/10

Extrait :

ISBN-10 : 2203210397 Relié : 144 pages ISBN-13 : 978-2203210394 Dimensions du produit : 19.7 x 1.9 x 26.5 cm Éditeur : CASTERMAN (7 octobre 2020)

Voro, Tome 6 : L’armée de la pierre de feu : Troisième partie – 14 octobre 2020 de Janne Kukkonen

Après l’assassinat du prince, leur commanditaire secret, par le sbire de la tribu du feu, Lilya et Seamus tentent le tout pour le tout afin de sauver le royaume. Ils partent à la rencontre des guerriers géants de l’armée de la pierre de feu, dans leur repaire caché au coeur des montagnes. Mais ils arrivent trop tard, Ithiel, le dieu maléfique ayant retrouvé toutes les parties du médaillon, il contrôle maintenant cette armée invincible.

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Chronique : Voro de Janne Kukkonen est arrivé sur le terrain de la bande dessinée et maintenant nous somme au tome 6 de cette excellente histoire fantastique qui conclue ici le 2éme cycle qui suit les aventures de la jeune Lily et de son vieux mentor Seamus, afin de sauver le royaume. Ce tome est fondamentalement une aventure fantastique assez traditionnelle mais super bien mené.

Kukkonen mélange son histoire avec les matériaux d’une épopée fantastique classique tirée à la fois de la mythologie nordique et d’histoires de type du Roi arthur ou Game of Thrones. J ‘apprécie le travail d’humour et le style de bande dessinée expressif de Kukkonen, qui est même naïf à la fois. 
Dans toute sa simplicité, le dessin de Kukkonen est agréable  comme dans les tomes précédent et les couleurs en niveaux de gris fonctionnent bien. L’ histoire divisée en chapitres est simple mais fonctionnel. Lily est une figure charmante.
Ce tome sait conclure et ouvrir  une grande aventure fantastique sans manque d’action et d’excitation. L’essentiel est une jeune fille dont les talents ne sont pas appréciés par les hommes d’âge moyen, ce qui signifie qu’ils doivent être capables de maîtriser leurs compétences. Une très bonne fin dont on à hâte de lire le tome 7.

Note : 9,5/10

Interview de Gilles Legardinier pour « Une chance sur un milliard » Chez Flammarion

Gilles Legardinier est un écrivain et scénariste français.

Il est abandonné à la naissance et recueilli par une famille d’accueil, comme il le raconte dans « Vaut-il mieux être toute petite ou abandonné à la naissance ? » publié en 2017 avec Mimie Mathy.Il s’est toujours passionné pour la transmission de l’émotion. Dès l’âge de 15 ans, il décroche des stages et travaille sur les plateaux de cinéma anglais et américains où il deviendra pyrotechnicien. Il s’oriente ensuite vers la conception et la production et réalise des films publicitaires, des bandes-annonces et des documentaires sur les coulisses de grands films. Il se consacre aujourd’hui à la communication pour le cinéma pour de grandes sociétés de production, ainsi qu’à l’écriture de scénarios de bandes dessinées et de romans.Parallèlement, il a publié de nombreuses adaptations à succès mais surtout quelques œuvres très remarquées dont « Le sceau des Maîtres » (2002) et « Le dernier géant » (2002) en littérature jeunesse. Il s’illustre entre autres illustré dans le thriller avec « L’Exil des Anges » (Prix SNCF du polar 2010) et « Nous étions les hommes » (2011), et dans le roman humoristique, ce qui lui vaut un succès international avec « Demain j’arrête ! » (2011) (le roman sera adapté en bande dessinée en 2019), « Complètement cramé ! » (2012), « Et soudain tout change » (2013), « Ça peut pas rater ! » (2014) et enfin « Quelqu’un pour qui trembler » (2015). Associant aventure, thriller historique et comédie, « Le premier miracle » (2016) marque une nouvelle étape, suivie par deux autres comédies, « Une fois dans ma vie » (2017) et « J’ai encore menti ! » (2018). Gilles Legardinier est aussi le co-auteur de la comédie sentimentale « Comme une ombre » (2018), coécrite avec son épouse, Pascale. Il est chevalier des arts et des lettres, dont il a reçu les insignes des mains de Claude Lelouch.

Article du roman « Une chance sur un milliard » : https://culturevsnews.com/2020/10/07/une-chance-sur-un-milliard-7-octobre-2020-de-gilles-legardinier/

Achat du livre : https://amzn.to/3lkWEWl

Gilles Legardinier
Une chance sur un milliard par Legardinier

INTERVIEW

Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Mon parcours trouve sa cohérence dans la recherche d’émotions et d’échanges. Je ne l’ai pas compris immédiatement. Tout jeune, j’ai d’abord été marqué par la puissance du cinéma, alors c’est vers lui que je suis allé. N’ayant aucune vocation à être dans la lumière, j’y suis arrivé par la technique, en tant que pyrotechnicien. Puis j’ai découvert l’importance de l’écriture, l’aspect intime qu’elle peut atteindre dans un livre. Alors j’ai écrit, et tout s’est enchaîné grâce au public.

Comment vous est venue l’envie d’écrire ? À quelle période ?

Pour moi, l’écriture n’est pas une fin en soi, ni un exercice de style, mais le moyen de parler intimement à chacun. Car à chaque fois qu’une lectrice ou un lecteur prend un livre, même vendu à des millions d’exemplaires, il se retrouve seul avec vous. C’est un phénomène unique, particulier au livre, et qu’aucune pub ne vient saboter.

Je n’ai pas eu de déclic vers l’écriture, j’y suis venu comme on entre dans l’eau d’un lac, l’été, en prenant la température et en m’y sentant peu à peu absolument bien.

Quelles étaient les lectures de votre enfance ?

Je ne vais pas me composer une culture de bienséance comme j’en vois beaucoup le faire. Je lisais très peu étant jeune. Je préférais de loin construire des cabanes dans les arbres et faire du vélo avec mes amis plutôt que de rester seul ! Mon premier choc littéraire, je le dois à ma grand-mère paternelle, Charlotte, qui, alors que j’étais en vacances chez elle – certainement inquiète de me voir faire n’importe quoi sur ses meubles, sur sa façade et sa toiture – m’a tendu Le Comte de Monte-Cristo. Je me suis tenu tranquille quatre jours. Un record. Je vivais le livre. J’ai découvert le pouvoir de la narration. Je ne m’en suis heureusement jamais remis !

Le comte de Monte-Cristo. Volume 1, Alexandre Dumas, Livres, LaProcure.com

Quel est votre rythme de travail ?

Je ne suis pas un auteur maudit qui s’astreint. J’aime écrire, c’est un espace de liberté absolue, un monde de sentiments. Ce sont plutôt tous les à-côtés du métier qui me fatiguent – sauf les échanges avec le public, dont j’adore la spontanéité. En général, je me lève à 3 h du matin, je suis devant l’écran à 3 h 30 et j’écris jusqu’au petit-déjeuner. Ensuite, ayant fait ce que je préfère, je suis disponible pour le monde et mes autres métiers.

Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ, ou laissez-vous évoluer vos personnages au fil de l’écriture?

Écrire un livre à destination du public, c’est proposer aux gens de les prendre par la main pour les emmener se balader les yeux fermés. Quel irresponsable préparerait l’excursion sans savoir où elle conduit ? Je laisse la place à l’imprévu, à la magie du moment, mais la feuille de route est maîtrisée. C’est pour cela que je laisse vieillir mes histoire en moi pendant des années avant de passer à l’écriture. Aucun grand vin n’est de l’année.

Y a-t-il des personnages dont vous vous êtes inspiré ?

Je ne m’inspire de personne, mais je me nourris de la vie, de ce que j’éprouve, de ce dont je suis témoin. Je passe mon temps à observer, à écouter, mais je ne m’appuie jamais sur une réalité telle quelle. Je suis une éponge avec un point de vue !

D’où vous est venue cette idée d’écrire un livre sur le bilan de la vie d’un homme ?  

Mes livres mettent toujours en scène des personnages qui, pour continuer à vivre et à avancer, doivent comprendre quelque chose du monde et d’eux-mêmes. Il est risqué de naviguer à vue. Pour avoir une chance de réussir une traversée, il faut regarder le compas et les cartes, sinon on se perd. Faire son bilan revient à regarder le compas et les cartes. Dans ce livre, je l’ai simplement abordé sous forme d’ultimatum. Lorsque la trotteuse vous pousse, vous allez à l’essentiel. On ne triche plus lorsqu’il ne nous reste plus de temps. Et c’est là que les humains se dévoilent vraiment. J’aime cette vérité débarrassée des faux-semblants.

On ressent une certaine empathie envers les personnages du livre, comme si c’étaient des personnes que l’on peut côtoyer au quotidien, crédibles. Vous êtes-vous inspiré de vos rencontres ?

On peut aussi côtoyer des gens au quotidien et les détester. Ne pas avoir le choix. C’est également un des thèmes du livre. Tout dépend de notre capacité à choisir. Je suis moi-même beaucoup dans l’empathie. C’est ma nature, je n’y peux rien. Parfois cela me complique la vie mais souvent, cela permet aussi des rencontres extraordinaires. Je l’ai dit, je ne m’inspire pas, mais tout me nourrit sans que je puisse exactement analyser de quelle façon. Ce qui est certain, c’est que je suis gourmand de vie.

Avez-vous eu de l’aide dans l’écriture de ce roman?

Ce roman est né de matière intime, infusée sur des années à travers différentes couches de sentiments. C’est un processus très personnel. Il n’y a pas cette fois la documentation qu’avait exigé mon roman précédent, Pour un instant d’éternité, sur lequel ma fille, Chloé, m’avait beaucoup aidé. Mais je ne pourrais pas écrire si je ne bénéficiais pas d’un environnement humain qui me motive et me sécurise. En cela, tous ceux que j’aime et auprès de qui je vis sont une aide. Ce sont eux qui me donnent la force d’être moi-même.

Pour un instant d'éternité - Gilles Legardinier - Babelio

Le final explosif est très cinématographique. Comment vous est-il venu ? Était-ce une envie dès le début de l’écriture, ou bien en avez-vous eu l’idée plus tard ?

Ayant commencé dans le cinéma, en pyrotechnie, j’ai toujours beaucoup de plaisir à imaginer des situations assez vives qui peuvent faire quelques dégâts… Je suis assez chahuteur et je préfère nettement quand ça bouge. Je savais que le livre finirait comme ça. Avec moi, dans la vie ou dans les livres, ça remue toujours un peu…

Le parcours a-t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

Sur ce roman-là, non. Une maturation interne tout à fait naturelle chez moi, ensuite, la collaboration avec mes éditeurs est excellente et je peux uniquement me focaliser sur le texte et la qualité de ce que je compte proposer au public. Par contre, il n’en a pas toujours été ainsi. Le chemin que j’ai dû suivre pour faire éditer mon tout premier roman, voilà plus de dix ans, fut un redoutable parcours d’obstacles. J’en rigole aujourd’hui et ça fera un chapitre hilarant de mes mémoires, mais je n’en suis pas encore là !

Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

Lorsque vous proposez un roman, chaque lecteur en fait sa propre lecture. En une dizaine de best-sellers, j’ai eu l’occasion d’entendre tout et n’importe quoi, mais j’ai la grande chance de bien m’entendre avec celles et ceux pour qui j’écris. Je ne triche pas. Du coup, ceux qui viennent à moi savent à qui ils ont affaire. Mais pour chaque livre, il y a toujours le regard que vous n’aviez pas prévu, l’analyse que vous n’avez pas anticipée. C’est formidable !

Avez-vous d’autres passions en dehors de l’écriture (musique, peinture, cinéma…) À part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez-vous une autre facette cachée ?

Je suis un garçon curieux, j’ai une passion pour la musique, je fais beaucoup de photo, je me documente énormément. Je continue à travailler pour le cinéma avec mon épouse. Mais plus que tout, j’aime vivre avec les gens et les voir dépasser les limites qui les bloquaient. C’est sans doute mon plus grand plaisir. Voir quelqu’un s’engager, oser, se lancer, ça me fout les larmes.

Quels sont vos projets ?

J’en ai trop pour répondre en quelques lignes. On verra ensemble ce qui aboutit !

Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

Pascale, ma moitié, lit environ deux livres par semaine. J’ai la chance de l’avoir en éclaireuse et je lui demande de ne me passer que ce qui la remue vraiment. Elle doit m’en recommander deux par an en moyenne sur la centaine qu’elle lit. Soit dit en passant, mon métier n’est pas de lire, mais d’écrire, et lire les autres ne vous donnera jamais de talent. Vous pouvez passer des années à regarder des champions de tennis jouer, le jour où vous avez la raquette à la main…

Utilisez-vous une bande son pour écrire? À moins que le silence suffise ?

Je sais que beaucoup d’excellents confrères adossent leurs émotions d’écriture à des chansons ou de la musique. Pour ma part, écrire revient à aller chercher tout au fond de moi, de mon imagination, de ma mémoire et de mon cœur. C’est de concentration dont j’ai besoin, de silence absolu. La musique nous entraîne vers d’autres émotions, souvent fabuleuses, mais ce sont les miennes que je veux capter.

Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Une boîte postale indiquée à la fin de mes livres et une page Facebook. Ceux qui le veulent vraiment arrivent toujours à me joindre, je suis quelqu’un d’accessible.

Site officiel : http://www.gilles-legardinier.com/

Facebook : https://www.facebook.com/Gilles.Legardinier/

Adresse postale : Gilles Legardinier
BP 70007
95122 Ermont Cedex

La Belgariade – Intégrale 1 – 24 septembre 2020 de David EDDINGS

e monde était jeune alors, les dieux vivaient en harmonie et les hommes ne formaient qu’un seul peuple. Aldur le Sage façonna un globe au pouvoir immense, l’Orbe. Mais Torak, le Dieu Jaloux, s’en empara, plongeant l’univers dans le chaos. Sa félonie fut punie : le joyau lui brûla visage et main, et il fut jeté dans un sommeil tourmenté. Ainsi les hommes se divisèrent, les dieux se retirèrent et l’Orbe fut caché.
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Chronique : Eddings a vraiment créé une série de livres bien-aimés qui peuvent être recommandés aux jeunes et aux moins jeunes. Il ne s’agit pas d’un livre profond ou provoquant la réflexion à l’infini, mais simplement d’une combinaison agréable d’aventure, d’humour et de plaisir. Garion, un garçon de ferme naïf, découvre qu’il n’est pas du tout ordinaire. En découvrant ses pouvoirs, il atteint l’âge adulte grâce aux dix livres qui composent la Belgariade et le Mallorean. Les critiques trouveront peut-être certains éléments un peu stéréotypés, mais rares sont ceux qui nieront qu’il s’agit d’une série amusante à lire. Pour moi, c’était ma première introduction à la fantaisie après Tolkien, et c’était très rafraîchissant. Elle a été écrite dans les années 1980, à une époque où il n’y avait pas beaucoup de nouveautés. Nous avions Anne McCaffrey et ses dragons, et Terry Brooks est arrivé. Je suppose qu’il y avait aussi Ursula LeGuin et CS Lewis sur qui se reposer, mais Eddings a vraiment mis au point une histoire fascinante avec des dialogues mémorables que ma femme et moi citons fréquemment.

Je pense que beaucoup de critiques de la Belgariade sont trop sévères. C’est un livre que vous pouvez remettre à vos enfants sans vous soucier des idées étranges qu’ils pourraient avoir. Quelqu’un a qualifié les livres de xénophobes. Quelles conneries ! Si vous créez un pays comme Cthol Murgos où les gens ont un dirigeant malfaisant qui encourage la cruauté, ou un pays comme Nyissa qui craint constamment d’être empoisonné et qui a des manières étranges qui imitent leur dieu-serpent, est-ce que c’est si xénophobe ? Non, c’est faire ce que tout auteur doit faire. Ils créent un monde dans lequel nous pouvons nous échapper et des gens avec lesquels nous pouvons nous identifier. Si vous devez superposer notre monde sur la toile de la Belgariad, vous regardez trop profondément. Les écrits d’Eddings ne sont pas des commentaires sociaux ou trop symboliques. Ce n’est pas CS Lewis ou George Orwell. Il s’agit de s’amuser ! Désolé pour la tirade, mais je suis dérangé par les critiques qui sont tellement imbus d’eux-mêmes qu’ils ne peuvent pas admettre qu’un livre est une bonne lecture parce que quelqu’un pourrait les considérer comme juvéniles ou peu sophistiqués et cette intégrale le prouve David EDDINGS est juste un superbe auteur et hâte de lire la suite.

Note : 9,5/10

ISBN-10 : 2266277537 Poche : 896 pages ISBN-13 : 978-2266277532 Dimensions du produit : 13.3 x 4.8 x 18.7 cm Éditeur : Pocket (24 septembre 2020)

Winterwood – La forêt des âmes perdues – 21 octobre 2020 de Shea Ernshaw

Certains disent que les bois de Wicker Woods sont magiques. Hantés, mêmes.
Nora Walker, héritière d’une longue lignée de sorcière, sait à quoi s’en tenir : toutes les femmes de sa famille partagent un lien particulier avec la forêt. Et c’est ce lien qui met Oliver Huntsman sur sa route.

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Chronique : Regardez cette couverture sombre et magnifique qui vous donne envie de vous perdre dans ces bois hantés a sa propre âme vivante pour punir les gens qui ne respectent pas son existence.

Il était une fois une fille qui retrouva un garçon perdu dans les bois. Elle touche son âme et le réchauffe, l’aidant à trouver ce qu’il cherchait et, entre-temps, elle découvre le but de sa vraie vie. Mais leur rencontre fera ressortir le danger, la malédiction et la mort dans leur vie !

Survivront-ils au danger et se protégeront-ils du papillon de nuit qui les suit comme un signe de « mort » partout ? Les pouvoirs hérités de Nora les aideront-ils à se sauver ?

Il y a un garçon mort dehors… Et un tueur se promène dans les bois. Le blizzard de la tempête menace leur vie. Ils sont piégés. Nulle part où aller… Tick, tick, thud…

Cette histoire est d’une beauté obsédante, d’un mystère enchanteur et d’une beauté surnaturelle. c’est un voyage magique qui vous fera croire à l’inexplicable et admirer l’inattendu. je pense que ce livre m’a jeté son propre sort parce que je ne peux honnêtement pas comprendre à quel point le lien entre Nora et Oliver est envoûtant.

Certains aspects de l’histoire m’ont semblé prévisibles, mais la prévisibilité vient du fait que j’ai eu l’impression d’avoir intelligemment saisi les subtiles allusions de l’auteur, et non pas parce que l’auteur était évident. et c’est certainement dû à l’écriture. l’écriture est exquise et si parfaite sur le plan de l’atmosphère. elle donne le ton et l’ambiance parfaits pour l’ensemble du livre.

Winterwood est un livre si magique, mais aussi un livre qui donne des frissons en lisant. J’ai été très surpris, voire choqué, par la tournure des événements à la fin du livre. Bien que ce livre ait eu quelques défauts comme la formulation répétitive, qui m’a un peu ennuyé et quelques trous d’intrigue évidents. J’ai vraiment apprécié ce livre, c’était une lecture merveilleuse.

Note : 9/10

Broché : 400 pages ISBN-10 : 2700275551 ISBN-13 : 978-2700275551 Dimensions du produit : 14.5 x 2.6 x 21 cm Niveau de lecture : 12 et plus Éditeur : Rageot Editeur (21 octobre 2020)