Achat : https://amzn.to/4evN9SW
Quand on frôle la mort, ce n’est pas son passé que l’on voit défiler. Ce sont les rêves que l’on ne pourra pas réaliser.
Avec Que la mort nous frôle, Michel Bussi revient à ce qui fait la force de son écriture : un suspense psychologique construit autour d’un huis clos, où la perception du réel se fissure progressivement.
Le roman s’installe près de Lausanne, dans le manoir des Amarantes, lieu chargé d’histoire qui accueille depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale des pensionnaires marqués par des traumatismes profonds. Ce cadre, à la fois isolé et chargé de mémoire, devient un personnage à part entière.
L’arrivée de Jeanne, jeune psychiatre spécialisée, sert de point d’entrée au lecteur. À travers son regard, le récit dévoile peu à peu les tensions qui traversent le lieu. Les pensionnaires — notamment Charly et Téréza — incarnent des trajectoires fragiles, entre reconstruction et instabilité.
Très vite, des éléments troublants s’accumulent : disparitions inexpliquées, déplacements d’objets, comportements ambigus du directeur. Bussi installe une atmosphère de doute permanent, où chaque détail peut être interprété de plusieurs manières.
Le roman joue sur la frontière entre rationalité et inquiétude. Le cadre psychiatrique autorise plusieurs lectures : ce qui semble étrange relève-t-il d’une manipulation, d’une pathologie, ou d’une réalité plus sombre ? Cette ambiguïté nourrit la tension narrative.
Le manoir, isolé entre lac et montagne, renforce cette impression d’enfermement. Le huis clos fonctionne pleinement, en concentrant les interactions et en amplifiant les non-dits. Les personnages évoluent dans un espace où le passé reste omniprésent.
Michel Bussi maîtrise son rythme. Les révélations sont distillées progressivement, chaque avancée venant remettre en question les certitudes précédentes. Le récit s’inscrit dans une logique de déstabilisation continue, jusqu’au dénouement.
Comme souvent chez l’auteur, l’intrigue repose sur une construction précise, orientée vers un twist final qui reconfigure l’ensemble de l’histoire. Ce mécanisme, attendu, reste ici efficace grâce à la solidité de l’installation.
Que la mort nous frôle s’impose ainsi comme un thriller maîtrisé, qui exploite les codes du genre tout en s’appuyant sur une atmosphère forte et des personnages ambigus.
Un roman tendu et immersif, où le passé, les traumatismes et les apparences composent un piège narratif redoutablement efficace.
Éditeur : Presses de la Cité Date de publication : 16 avril 2026 Édition : 1er Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 432 pages ISBN-10 : 2258214467 ISBN-13 : 978-2258214460









