Test DVD : BlacKkKlansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan ( 09 janvier 2019) de Spike Lee avec John David Washington, Adam Driver

 

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions

Chronique : « BlacKkKlansman » nous glace les sangs du début à la fin ! C’est en effet une véritable bombe que Spike Lee fait exploser là avec à la fois la montée du Ku Klux Klan, doublé de cette histoire vraie sous forme d’un biopic/thriller qui nous met cet incroyable Ron Stallworth sous les feux de la rampe ! Et malgré le côté débonnaire ou même fanfaron de cet infiltré un peu particulier au sein du KKK, on ne peut qu’être interpellé et passionné par cette association que Ron Stallworth crée avec son collègue pour arriver à ses fins, et quelles fins ! Spike Lee est pour le moins cette fois sacrément inspiré car sa recette osée et teintée de tragédie sans nom, d’humour caustique, et de références pop et seventies fait vraiment mouche, en nous scotchant dans nos fauteuils comme pas deux ! On reste fasciné par le culot de cet homme, premier policier noir américain, interprété avec persuasion par John David Washington, qui embarque dans son sillage son double et collègue (juif !) en visuel, sous les traits d’un Adam Driver parfait, alors que lui assure toute la communication et toute l’organisation par téléphone interposé !… Et à partir de là, tout devient franchement excellent, lancé comme sur des roulettes ! Une tension extrême, un déroulement des faits limpide, un jeu d’acteurs au charisme impressionnant (Laura Harrier en particulier !), et on en passe… Ce film est d’une maîtrise totale et de plus toutes les références portées à l’écran complètent extrêmement bien ce qui nous est montré et démontré ! C’est un véritable jeu avec le diable dans lequel s’est lancé Ron Stallworth ! Dans cette mission d’infiltration, on suit sans perdre haleine toutes les imbrications, tous les dangers qu’une moindre fausse note peut faire basculer… Quel suspens de chaque instant à couper le souffle ! Sans compter que la haine n’a jamais autant transpiré qu’à travers ces visages effrayants dont rien que Félix/Jasper Pääkkönen est le représentant le plus marqué dans cette assemblée d’individus tristement inquiétants et dangereux ! Tout ce stratagème est donc pour le spectateur une occasion incroyable de se replonger dans le monstre du KKK, ainsi que de découvrir l’histoire unique de ce policier afro américain ! Des moments d’une puissance sans pareil sont également à noter, comme cette cérémonie du KKK alors qu’en même temps, se tient une réunion pour les droits civiques, organisée par une étudiante du Black Power. Le parallèle tel qu’il est mis en scène fait alors froid dans le dos, tant on ressent toute l’incommensurable démesure entre ce qui se passe dans deux endroits. Indescriptible ! Les images récentes des émeutes de Charlottesville, projetées à la fin, ne font qu’assener un nouveau coup de marteau, pour nous laisser totalement chancelant à l’issue de cette séance de choc ! Bravo sans hésitation pour cette réalisation indispensable et nécessaire, un véritable pamphlet qui nous laisse littéralement sans voix, pour nous inciter à rester vigilant toujours et toujours, face à une barbarie menaçante plus que jamais et toujours galopante !

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VIDEO :, Ce sont des moments comme celui-ci où vous appréciez vraiment les cinéastes qui tournent toujours et terminent leurs films en HD. C’est le cas de BlacKkKlansman de Spike Lee. Après avoir tourné son dernier couple de fonctionnalités et de documentaires sur le numérique, Lee est revenu à 35 mm et 16 mm et ce transfert 1080p 2,40: 1 est magnifique. Il capture les détails les plus fins tout en conservant un aspect délibérément flou pour rehausser l’apparence de la période. Les couleurs ont des couleurs primaires fortes avec des rouges et des bleus très pop, tandis que la tonalité générale du film pousse bien les jaunes dorés. Les tons chair sont précis et sains à tous les niveaux. Le grain du film est apparent et bien résolu sans devenir trop épais. Certains des segments de 16 mm sont un peu plus prononcés que d’autres, mais rien n’est trop distrayant. Les niveaux de noir sont assez forts, bien qu’il y ait eu quelques séquences où ils pourraient apparaître gris clair / noir et plus flou que d’autres, ce ne sont que de brefs plans et pas un problème grave. Les contrastes peuvent également devenir un peu nets avec les blancs et les fenêtres lumineuses, en particulier, qui se dirigent vers la floraison. Encore une fois, les petits pois qui ne posent pas vraiment de problèmes, mais qui méritent d’être catalogués. Sinon, c’est un sacré transfert presque sans faille en 1080p.

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AUDIOLe mélange de ce film contient une riche gamme de subtilités actives qui le rendent vivant, engageant, avec une activité surround quasi constante qui ne se fait pas remarquer ou qui ne ressemble pas à un gadget. Le mélange maintient une atmosphère réaliste tout au long avec un grand sens de l’espace. Le film peut quitter les bureaux restreints et confinés du CSPD pour s’ouvrir magnifiquement à une salle de rassemblement remplie de centaines de voix enthousiastes, avec une gamme d’effets sonores et un score sombre, tout en maintenant la fidélité des éléments. Les effets clés tels que les sonneries téléphoniques sont plus percutants et vous permettent de faire un joli petit saut comique / suspensif en fonction de la scène en question. Le dialogue est limpide, sans aucun problème. Même dans les scènes les plus animées comme la séquence de boîte de nuit où se produisent de nombreux effets d’arrière-plan, le dialogue reste sur les canaux avant / centre et ne faiblit jamais. Ajoutez un autre résultat efficace et parfois inquiétant de Terence Blanchard et vous obtiendrez un mélange solide. Ma seule plainte minuscule était qu’il me semblait que je devais relever mes niveaux d’un cran ou deux au-dessus de la normale, mais c’est tout. Sinon, il s’agit d’un mixage audio efficace, actif et immersif.

Bonus : Je comprends que les studios ne sont pas très enthousiastes à l’idée de produire des bonus en profondeur de nos jours, ici l’édition  aurait pu faire un effort. Il y a tellement d’histoire et de terrain à couvrir entre le film lui-même et les événements réels qu’une véritable featurette aurait été formidable. Pour l’instant, il n’ya qu’un bonus réel EPK accompagné d’une bande-annonce étendue jouée par Mary Don’t You Weep de Prince.

 

  • Acteurs : John David Washington, Adam Driver, Harry Belafonte, Topher Grace, Laura Harrier
  • Réalisateurs : Spike Lee
  • Format : PAL
  • Audio : Allemand (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Turc, Arabe, Français, Néerlandais, Allemand
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 9 janvier 2019
  • Durée : 129 minutes

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Un peu de tarte aux épinards : Tome 1, Bons baisers de Machy (23 janvier 2019) de Philippe Pelaez et Javi S. Casado

Marie-Madeleine Madac-Miremont vit de la vente de ses tartes aux épinards. Plutôt mal, convenons-en. Jusqu’au jour où elle reçoit du Yémen un colis contenant des plantes rangées en bottes. Dès qu’elle y goûte, Marie-Madeleine comprend le parti qu’elle peut tirer de ces herbes inconnues. Car cet ingrédient dont elle commence à agrémenter ses tartes n’est autre que du Khat, une drogue africaine aux effets euphorisants.
Que le colis soit arrivé là suite à une erreur de routage, Marie-Madeleine n’en a cure. Pas plus que des conséquences sur l’humeur ni de ses clients, ni des destinataires – et propriétaires légitimes – de son nouvel ingrédient.

Chronique : Une bd bien rigolote et qui ne se prend pas la tête. Au départ il faut bien sur aimer l’univers des aventures policière avec un peu de mafia  pour pouvoir lire cette bd qui est très bien fait. L’humour est évidemment bien présent. Philippe Pelaez et Javi S. Casado savent faire rire et rend les gags comiques et très drôles, grâce au superbes illustrations.De l’aventure, des mystères, un soupçon de magie et une famille de héros classique mais efficace : il y a matière à de jolis développements à destination d’un public jeunesse.
Les enfants vont adorer la tête des cette famille, leur air très surpris lors des chutes des gags, comme s’ils ne comprenaient pas du tout ce qui se passe.
Certains gags interfèrent avec les suivants, ce qui fait qu’ils se mélangent, et c’est ça qui fait le comique. Les gags sont tantôt courts, tantôt longs.
Assez souvent, on est induit en erreur par les auteurs, du fait que ce n’est qu’au moment de la chute que l’on comprend le ridicule de la situation. L’événement sur lequel s’achève le volume surprend néanmoins et laisse entrevoir une direction inattendue et intéressante pour une suite bien attendu.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Editeur : Casterman (23 janvier 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 220315571X

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Le Livre de Jessie – Journal de guerre d’une famille coréenne (2 janvier 2019) de Park Kun-Woong

Adapté du journal original rédigé par Yang Wu-Jo et sa femme Choi Seon-hwa pendant l’occupation japonaise de la Corée. Le dessinateur coréen Park Kun Woong s’empare d’un témoignage très sensible sur l’occupation japonaise : un journal rédigé à quatre mains par un couple et commencé à la naissance de leur fille Jessie. Ce récit qui court sur plusieurs années et capte avec beaucoup de densité le quotidien familial en temps de guerre, est régulièrement comparé au Journal d’Anne Franck. C’est aussi un récit de transmission, dans lequel des jeunes parents confient à leur fille leur combat pour l’indépendance, leur engagement pour un pays qu’ils sont obligés de fuir et retrouveront en 1945.

Chronique : Figure de la bande dessinée coréenne, Park Kun-woong adapte le célèbre Journal de Jessie, qui retrace l’exil d’une famille pendant l’occupation de la Corée par le Japon.Tôt reconnu pour l’ambitieuse trilogie Fleur, saga dans laquelle il restituait, dans des planches en grande partie muettes, la trajectoire dramatique d’un jeune partisan successivement persécuté par les Japonais et par les Sud-Coréens dans les années 1930 à 1950 (Casterman, 2006), Park Kun-woong s’est fait une spécialité des récits épiques mettant au jour les traumatismes de son pays. Park Kun-Woong nous offre un récit assez juste qui évite la caricature des personnages. Ce roman est avant tout une belle histoire auquel le public va être conquit notamment grâce à la qualité de son écriture et à la justesse des profils des personnages ce livre nous emporte. Les adultes peuvent être mieux à même de comprendre les adolescents d’aujourd’hui. Ces préoccupations sont en partie les mêmes que celles de leurs parents au même âge, mais le contexte sociologique et technologique est bien différent (place des échanges virtuels…).
Cette lecture est très agréable et on lit le roman d’un traite

Note : 9,5/10

Extrait:

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  • Album: 368 pages
  • Editeur : CASTERMAN (2 janvier 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2203171707

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No War – Tome 1 (19 janvier 2019) de Anthony Pastor

Le Vukland est un archipel de l’Atlantique nord à mi-chemin entre l’Irlande et les États-Unis dont la colonisation s’est effectuée au dépend du peuple natif, les Kiviks. Leur berceau historique, l’île de Saarok, jouit encore d’une certaine autonomie, menacée par des tensions avec le gouvernement autour du projet de grand barrage. Run est fils de parents divorcés. Sa mère est la chef du parti Kivik, tandis que son père est un chef d’entreprise prospère du secteur énergétique. Alors que le corps sans vie d’un ingénieur du barrage est retrouvé sur Saarok, de violentes manifestations éclatent dans la capitale, en réaction à l’élection du nouveau président populiste. Tiraillé par sa double culture, Run va se retrouver au coeur d’un complot politico-écologique aux enjeux internationaux majeurs.

Chronique : La nouvelle série « No War » de Anthony Pastor est un brillant mystère de science-fiction. Évidemment, il se situe dans le futur ou sur une autre ligne du temps, pourtant, la bande dessinée a la saveur d’un roman d’Agatha Christie ou de Patricia Highsmith. Le design de No War est similaire à celui d’un vrai pétrolier mélangé à des éléments d’un paquebot de croisière, ce qui donne l’impression d’être un mystère meurtrier dans une histoire de type paquebot de croisière !

L’art de Pastor est excellent et on adore la façon dont il présente le complot politico-écologique. Beaucoup de pages se distinguent visuellement, surtout les séquences plus trippantes, aidées par les mises en page créatives. Ses choix vibrants, dérangeants et accrocheurs pour l’espace coloré et la direction étrange dans laquelle la série s’engage vers la fin rend la série si spectaculaire.

No War a l’atmosphère menaçante des films mêlés à un mystère policier presque traditionnel de type Poirot et parsemés de moments d’horreur à la Stephen King – c’est une combinaison aussi enivrante que ça en a l’air ! L’histoire commence lentement, mais récompense le lecteur patient au fur et à mesure qu’il prend de l’élan en vue d’un final bombastique. C’est un magnifique premier volume d’une nouvelle série très prometteuse, on à hâte de lire le second tome.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Album: 128 pages
  • Editeur : CASTERMAN (9 janvier 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 220315800X

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Un ours à la mer ! (3 janvier 2019) de Christine Schneider et Herve Pinel

Depuis son hublot, petit matelot voit avec désespoir son nounours se débattre dans les flots grossissants. La tempête se lève et bientôt se déchaîne. Nounours disparaît sous des vagues gigantesques. Comment le sauver ?

Chronique : Un livre pour les enfants qui ne comprendront pas à première fois la nuance du recit sur l’amour qu’a un enfant et son doudou ainsi que ça séparation. Mais peut-on se séparer sans peine ? Pourquoi la séparation fait-elle naître en nous un sentiment d’abandon ? Qu’est-ce que le travail de deuil, et est-il jamais terminé ? À quoi servent les souvenirs ? Sommes-nous vraiment nostalgiques de cette fusion première avec notre doudou? Avec ce livre qui ici répond avec de la chaleur et de l’humanité une grande empathie pour les enfants nous qui tendant ainsi un miroir où chacun retrouvera ses interrogations et ses appréhensions face à la séparation.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 40 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (3 janvier 2019)
  • Collection : Album jeunesse

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Mrs Fletcher Ou les Tribulations d’une Milf (10 janvier 2019) de Tom Perrotta

Ce bref et mystérieux sms surgissant de nulle part va bouleverser la vie d’Eve Fletcher. À 46 ans, divorcée, mère banlieusarde d’un fils sur le point de quitter le nid parental, elle se demande si le meilleur de sa vie n’est pas déjà derrière elle, et voilà qu’elle est la MILF d’un inconnu. Elle, une MILF ! Sans doute une erreur de destinataire car qui peut bien lui déclarer aussi délicatement sa flamme? L’incompréhension n’empêche pas de se renseigner, et Eve commence à surfer sur les sites qui recensent les exploits sexuels des femmes de son âge, lesquelles ne s’interdisent plus rien. Ce sms aura un effet libérateur sur Eve qui, loin de rester spectatrice, va bientôt se retrouver empêtrée dans des situations inédites et moralement tendues qu’elle assume, pour le pire et qui sait… le meilleur

Chronique : Mme Fletcher est un excellent commentaire social sur la situation actuelle aux États-Unis – est-ce bien ou mal, dans ce contexte, cela n’a pas beaucoup de sens ? Perrotta  a cette façon sombre et pleine d’esprit de faire avancer une histoire le long d’un cours d’eau qui n’a pas de point de mire particulier, comme une intrigue solide. C’est un peu comme Seinfeld, qui était un spectacle sur rien mais qui était finalement un spectacle sur tout et entre les deux.

Je n’ai pas pu poser ce livre, je l’ai même emmené aux toilettes avec moi parce que je ne voulais pas rater à quel point ce sera un désastre pour les personnages. Le meilleur, c’est de ne jamais vraiment savoir si Perrotta écrit de façon sarcastique, sarcastique, fidèle à lui-même, d’un air de soutien ou moqueur. Il se fout de ta gueule. Le flux est tout simplement trop sombre, tellement odorant, contenant des scènes qui vous font sourire de la meilleure façon possible. J’adore ce type de littérature car elle donne suffisamment d’espace au lecteur pour qu’il puisse faire ses propres suppositions sur la façon dont le monde est, ou du moins sur la façon dont certaines personnes le voient en marchant. La sexualité, le sexe, le genre, le sexe, la race – toutes les bonnes choses, toutes les mauvaises choses qui font de ce pamphlet un beau pamphlet d’une bulle que vous voulez éclater.n Un livre intelligent, avec une touche d’humour, traitant des émotions réelles et des problèmes contemporains, sans être prétentieux ou condescendant. Mme Fletcher — Eve — a 47 ans, elle est divorcée et sa mère est Brendan, 19 ans. L’histoire est racontée de quelques points de vue, mais surtout par Eve et Brendan. Eve est un grand personnage – gentil, beau à l’extérieur mais avec une agitation psychique et sexuelle intérieure qui la met dans des situations complexes. Brendan n’est pas si gentil à l’extérieur — un peu plus gentil à l’intérieur qu’il ne le laisse paraître — et lui aussi a du mal à trouver ses marques. La fin est un peu prévisible, mais je me suis sentie très bien amusée par celle-ci – impressionnée par la façon dont Perrotta entre dans la tête de tous ses personnages.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (10 janvier 2019)
  • Langue : Français

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L’Erreur (10 janvier 2019) de Susi FOX

Sasha a toujours voulu un bébé.
Sa grossesse se déroule à merveille, jusqu’au jour où elle se retrouve à l’hôpital pour subir une césarienne d’urgence. À son réveil, elle demande à voir son enfant. Alors qu’elle s’attend à vivre un moment magique, Sasha plonge dans un cauchemar bien réel. Le nourrisson qu’on
lui amène n’est pas le sien.
La jeune mère n’a aucun doute, même si personne ne la croit. Ni les infirmières qui évitent ses questions, ni son mari qui essaie de la convaincre d’accepter cet enfant.
Seule sa meilleure amie, pourtant loin, semble lui faire confiance.
Pour tous, Sasha souffre d’un stress lié aux circonstances de la naissance. Mais ce serait oublier combien l’instinct d’une mère est profondément ancré en elle, en dépit des apparences.
Si le bébé devant elle n’est pas le sien, où est passé son enfant ? Et qui a pu faire cette erreur ?

Chronique : L’écrivaine victorienne Susi Fox, devenue écrivain, a fait connaître sa présence sur la scène éditoriale australienne avec son premier roman, « l’erreur ». Alors que le cœur du roman tourne autour d’un possible vol d’un bébé et de la lutte d’une nouvelle mère pour récupérer son bébé, le mien est un conte basé sur les émotions.

Sasha Moloney souhaite ardemment que son propre enfant complète sa famille avec son mari Mark. Après un certain nombre de fausses couches et la perte presque totale de son mariage, Sasha est enfin enceinte. Lorsqu’elle est impliquée dans un accident à 35 semaines de grossesse, Sasha est amenée à l’hôpital le plus proche pour une césarienne d’urgence et son plan de naissance est jeté par la fenêtre. Comme elle était inconsciente pour la césarienne, quand Sasha se réveille après son opération, elle trouve sa chambre vide, son mari et son bébé ont disparu. Les sonnettes d’alarme retentissent fort et la panique s’installe. Quand elle accède enfin à son bébé dans la chambre d’enfant, une prise de conscience choquante tombe sur Sasha, le bébé dans le berceau n’est pas le sien. Lorsque Sasha soulève cette préoccupation, elle se heurte à l’opposition et à la suspicion de tous. Son mari, son propre père et tout le personnel médical refusant de croire Sasha, elle est rapidement étiquetée comme étant mentalement instable. Mais Sasha est convaincu que c’est une erreur médicale. En tant que pathologiste, Sasha a vu de terribles erreurs commises dans cet hôpital. Avec le passé qui la rattrape, les germes du doute enracinés dans les professionnels de la santé qui l’entourent et sans sa famille pour la soutenir, Sasha doit continuer quoi qu’il arrive. C’est le combat de la vie de Sasha alors qu’elle travaille pour réclamer son bébé.

Ce premier roman est un roman étonnant, explorant un territoire ténu et chargé d’émotions. Susi Fox a concocté un conte qui a définitivement laissé une grande tache émotionnelle. Si vous avez vécu une naissance traumatisante, un accouchement prématuré, souffert de dépression post-natale, de maladie mentale ou d’avortements spontanés et de problèmes de fertilité, celui-ci peut être un peu difficile à avaler. Cependant, l’approche de l’auteur de ce roman, Susi Fox, en est une de grande perspicacité émotionnelle et de crédibilité, en particulier dans les scènes médicales.

Le prologue est très puissant. Si puissant qu’il m’a aspiré dans une sorte de tourbillon et je suis resté dans cette soufflerie émotionnelle pendant toute la durée de ce roman. Il monte d’un cran dans la première et la dernière section du roman, mais dans l’ensemble, les lecteurs seront pleinement engagés dans ce roman. Il est raconté dans un laps de temps relativement court (sept jours) et fait un va-et-vient vers le passé, fournissant des flashbacks de la vie passée de Mark et Sasha. L’alternance des perspectives de Mark et de Sasha donne au lecteur un bon aperçu de ce qui fait vibrer ces personnages. Cela a également ajouté un sentiment de confusion à l’histoire, car je n’étais jamais sûr de savoir en qui je pouvais avoir confiance, qui disait la vérité et ce qui était une illusion. Dans ce domaine, Fox a des talents de conteuse, travaillant à tenter, tordre et déformer les perceptions de ses lecteurs à de nombreuses occasions. Susi Fox est une praticienne médicale et comme la majeure partie de ce livre se déroule dans un hôpital et même le plomb, Sasha est elle-même une professionnelle médicale, cela ajoute beaucoup de poids à cette histoire. Fox présente au lecteur un récit extrêmement bien documenté, où elle explore un éventail de questions liées à la santé mentale, à la grossesse, à l’accouchement et aux soins des nouvelles mères et de leurs nourrissons. Elle est équilibrée par un niveau correct de perspicacité, d’attention psychologique et d’émotion.C’est dans sa caractérisation que Susi Fox brille dans ce roman.  A lire en ce début d’année.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 360 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (10 janvier 2019)
  • Langue : Français

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