Le Jour des cendres de Jean-Christophe Grangé

Dans un monde de pure innocence, quel peut être le mobile d’un tueur ? Dans une communauté sans péché, comment le sang peut-il couler ? À moins qu’à l’inverse… Le coupable soit le seul innocent de la communauté.
Le nouveau thriller de l’auteur des Rivières pourpres.

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CHRONIQUE : Attention ce roman n’est que l’adaptation d’un épisode de la série télé » les rivières pourpre » il nous a déjà fait le coup avec le roman » la dernière chasse » et déception à la hauteur de l’attente …donc méfiez vous d’y laisser un billet de 20 euros et attendez au pire qu’il soit empruntable dans votre bibliothèque municipale…  Des retrouvailles avec l’auteur, mais pas seulement. Celles avec le commandant Niemans, qui menait la danse dans Les Rivières Pourpres. L’Alsace et ses vignes comme lieu du crime. Une communauté de religieux coupés du monde comme cible. Des écorchés vifs qui viennent chercher refuge dans ces vendanges tardives. Une bulle hors du temps, hors du monde. Une bulle qui se craquelle avec les meurtres de certains de ses membres. La rudesse de la police aux gros sabots confrontée à la délicatesse du silence d’une communauté à la pureté de façade.
Une enquête au cordeau dans le froid de l’hiver alsacien, où la nuit et le froid prédominent et apportent une atmosphère particulière, sans lumière, sans espoir. du nihilisme à l’état pur. L’ingrédient (pas si) secret de l’auteur. Les pages s’enchaînent à une vitesse vertigineuse, laissant poindre une certaine amertume de la part du lecteur. le sang coulent et les cendres pleuvent. Quelle est cette bête dont la venue est tant crainte ? Chimère ou réalité ?
Bien qu’il m’ait été plaisant de retrouver l’esprit noir de Jean-Christophe Grangé, la déception l’emporte malgré tout sur le reste. La vision du monde apportée est trop manichéenne à mon goût, sans grandes nuances et avec force cliché. L’intrigue se déroule lentement, mais ne prend pas en épaisseur. Sa linéarité nous apporte un dénouement rapide et dénué de suspens, qui m’a laissée perplexe.

Note : 5/10

Chronique de : lesjolismotsdeclem  

 

  • Broché : 368 pages
  • Editeur : Albin Michel (3 juin 2020)
  • Collection : A.M.THRIL.POLAR
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2226439420

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Il était deux fois de Franck THILLIEZ

En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au cœur des montagnes, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu’effrénée.

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Chronique : Attention, vous ne savez pas où vous mettez les pieds en pénétrant dans l’univers de Franck Thiliez.
Le titre interpelle bien sûr, il est à lui seul une énigme, une incitation.
Franck Thilliez est un auteur que j’apprécie. Il a toujours su m’étonner, créer des ambiances imprégnées de tension, imbibées d’angoisse et de mystère, et encore une fois il nous le prouve avec son tout dernier livre. Ce dernier thriller est un véritable page turner qu’il m’a été impossible de lâcher… oui, je sais, il a bien fallu à un moment donné mais prévoyez plusieurs heures voire deux jours pour vous imprégner de cette atmosphère oppressante et cette lecture addictive.

J’ai une fois de plus était scotchée par le style de Thilliez, par son imagination, par son talent à plonger le lecteur dans un climat de ouf. Avec Thilliez, c’est toujours la « surprise » ; on croit qu’on est prêt mais on ne l’est jamais et c’est ce que j’aime.
Les thèmes majeurs exploités ici ne sont pas nouveaux mais Thilliez a l’art de se les approprier, déjà par une accroche choc/brutale, il a le don de capter l’attention du lecteur comme jamais.
Le lecteur comme le personnage principal se posent maintes questions, toutes les questions qui entretiennent le suspense, donnent de l’intérêt à l’énigme. De questions en inconnues, on attend de comprendre ce qu’il s’est passé. Ce qui est sûr c’est que notre personnage principal n’a rien perdu de sa détermination ou devrais-je dire de sa hargne.
C’est vraiment addictif, très bien écrit, prenant, avec beaucoup de références à l’art en général, la science, l’actualité…

Je ne dévoilerai pas l’intrigue, je vous parle simplement du tout début (il ne vous restera plus que 520 pages à découvrir) :

Le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato n’a plus qu’un but dans sa vie, trouver l’ordure responsable de la disparition de sa fille. Nous sommes en 2008 au mois d’avril et cela fait un mois que Moscato parcourt tous les hôtels, les auberges à la recherche d’un indice. Ce jour-là, il fait une halte à l’hôtel de la Falaise ; il occupe la chambre 29 au deuxième étage. Après avoir dormi un moment il est brutalement réveillé par des bruits extérieurs, ne reconnaît pas la chambre de la veille ni l’étage… pire encore, c’est que ce qu’il ne sait pas à cette seconde précise, c’est que nous sommes en 2020 ! Avouez, qu’il y a de quoi se passer de l’eau froide sur le visage, se demander si on n’a pas rêvé… Je vous laisse imaginer le choc !

Avec « Il était deux fois », vous ne serez pas au bout de vos surprises. Bon courage !
Personnellement, j’ai beaucoup aimé même si certaines « scènes » sont assez noires.

Note : 9,5/10

Chronique de Chopin

 

  • Broché : 528 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (4 juin 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265144274

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Femmes sans merci de Camilla Läckberg | 3 juin 2020

Ingrid Steen a renoncé à sa carrière de journaliste le jour où son mari infidèle a été promu éditeur en chef. Depuis, elle s’occupe de leur fille et s’efforce de maintenir l’image d’un mariage parfait.
Viktoria Brunberg est misérable, enchaînée aux fourneaux dans sa maison de Sillbo. Quand elle a découvert la véritable nature de son mari Malte, il était déjà trop tard.
Birgitta Nilsson, bientôt à la retraite, n’arrive pas à se libérer de son mari abusif. Depuis des années, elle fait tout pour cacher ses bleus.
Extrêmement différentes, ces trois femmes ont une chose en commun : elles sont toutes coincées dans des mariages destructeurs et toxiques. Via un forum sur le Net elles concluent un pacte : chacune va commettre le meurtre parfait en assassinant le mari de l’une des autres.

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Chronique : Il est tout petit, 144 pages, et c’est une bombe. Un polar aussi glaçant que réjouissant autour d’un thème pourtant difficile, celui des violences faites aux femmes. Un roman qui vous tient en haleine sur toute la longueur car quand vous aurez fait connaissance avec Ingrid, Brigitta et Victoria, ces « Femmes sans merci », vous ne pourrez plus les laisser seules.

Pour tout ceux qui n’ont pas le temps de se lancer dans de gros pavés – ce qui est souvent le cas dans la catégorie polars -, ce «Femmes sans merci» est ce qu’on appelle une «novella», soit un court roman ou une longue nouvelle (au choix). Ces 144 pages se tournent comme on monte dans un grand huit : sensations assurées. A l’intérieur même de ce petit volume, les chapitres sont très découpés et se concentrent à chaque fois sur l’histoire de l’une de ces trois femmes. De quoi tenir en haleine jusqu’au point final. Ce n’est pas un secret pour ses (très nombreux) fans : Camilla Läckberg soutient la cause des femmes dans la plupart de ses romans et a, en outre, fondé une société qui milite pour l’égalité salariale entre hommes et femmes. Dans son roman sorti l’an dernier («La cage dorée», Actes Sud), la star du polar scandinave décrivait déjà une femme piégée dans une union par un mari volage puis sa revanche.Ici, la romancière réitère mais avec plus de force que l’an dernier et montre à quelle vitesse ces femmes sont entrées dans un engrenage. D’abord celui de l’enfermement et de la soumission puis celui de la vengeance et de la haine. Au-delà du thriller, il est aussi question du pouvoir des hommes dans l’entreprise avec la figure de Tommy, le mari infidèle d’Ingrid, qui défend ici deux collaborateurs pourtant coupables de harcèlement sexuel. Un relent d’affaire Weinstein.

Loin d’être une incitation à la violence, cette novella est l’occasion de soulever le sujet de la condition des femmes même dans un pays comme la Suède, réputé pour réfléchir activement à son amélioration.

Camilla Läckberg ne tourne pas autour du pot et décrit en peu de mots ces femmes blessées par la vie, ces maris violents et égoïstes, mais aussi ces cheminements personnels bourrés d’erreurs et donc d’humanité. En très peu de mots aussi, elle fait basculer la réalité dans un engrenage de choix irrémédiables, dont on en sort K.O. Un sans faute.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Actes Sud (3 juin 2020)
  • Collection : Actes Noirs
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2330135734

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Space Force : Steve Carell part en guerre des étoiles sur Netflix

Quand l’équipe derrière The Office satirise la politique américaine.

Le pitch

Le 18 juin 2018, le gouvernement fédéral annonce la création d’une 6e Division au sein des forces armées américaines. Son objectif : défendre les satellites contre des attaques et exécuter diverses opérations spatiales. Voici l’histoire des hommes et des femmes engagés dans cette aventure.

  • 10 x 30 minutes
  • Durée totale de visionnage : 5 heures

La critique

L’origine de Space Force nous vient d’une annonce de Donald Trump datant de 2018 : la création d’une « Space Force », qui agira en parallèle et sur un même pied d’égalité à l’Air Force. L’année suivante, Netflix révèle que Greg Daniels (co-créateur de The Office) et Steve Carell sont en train de travailler sur une nouvelle comédie basée sur cette 6ème division de l’armée américaine. Si l’annonce pouvait à l’époque faire sourire, est-ce qu’une série entière peut tenir la longueur sur ce même concept ?

Space Force se veut une comédie de bureau doublée d’une satire de la politique américaine. Si cette association peut potentiellement faire mouche, dans les faits la série peine à proposer des situations et dialogues réellement drôles. La faute à des gags poussifs et malheureusement poussés jusqu’au bout, générant un niveau de malaise incomparable avec l’humour cringe si particulier de The Office. On pense notamment à ce deuxième épisode qui étire un gag à la prémisse ridicule dont l’exécution montre l’étendue du budget de la série.

On rigole assez peu devant Space Force et pourtant, certaines situations et répliques nous laisse entrevoir un potentiel comique certain. La série est cependant sauvée par John Malkovich, qui élève le tout grâce à son jeu inimitable de scientifique sarcastique à l’élocution si particulière. Le duo qu’il forme avec Steve Carell fonctionne et nous offre une dynamique comique efficace au fil des épisodes.

Comme cela a été le cas pour The Office ou Parks & Recreation, on espère que Space Force est en période de rodage sur cette première saison. Si la série reste un divertissement honnête à la qualité de production incontestable, on s’attend rire davantage avec l’équipe qui nous a offert les 2 meilleures comédies de ces 15 dernières années. On garde espoir si Netflix décide de reconduire la série pour une nouvelle saison !

Les 56 films de Cannes 2020 : Wes Anderson, Maïwenn, François Ozon, Laurent Lafitte en sélection officielle

Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont présenté ce soir la Sélection officielle du Festival de Cannes qui prendra la forme inédite de « labels », qui permettront d’accompagner les films, parmi lesquels ceux de Wes Anderson, François Ozon et Maïwenn.

C’est au cours d’une conférence de presse d’un genre inédit pour la grand messe qu’est Cannes (sans journaliste dans la salle, mais retransmise en directe sur Canal+ et sur les réseaux sociaux) que Thierry Frémaux, Pierre Lescure et le présentateur Laurent Weil ont dévoilé la sélection de Cannes 2020, qui prendra la forme de labels cette année, en raison de l’annulation du Festival sous sa forme habituelle en raison de la crise du Covid.

Thierry Frémaux, délégué général du Festival l’a dit d’emblée, cette sélection ne sera pas structurée comme chaque année : »on ne voulait pas jouer à », « ne pas s’amuser à ne ce qu’elle ne peut pas être cette année », indique-t-il face à Pierre Lescure et Laurent Weil. Les films ne seront donc pas exceptionnellement différenciés entre la compétition, hors compétition, séance de minuit, et Un Certain Regard, comme le veut la tradition. Avant d’égrener les noms des films sélectionnés, très attendus par la planète cinéphile, Pierre Lescure a également indiqué en préambule sa réélection en tant que président du Festival de Cannes pour un nouveau mandat.

On note une plus forte présence de films français (et parmi parmi ces 21 films français, 8 sont réalisés par des femmes, et 9 sont des premiers films). On note également une forte présence de premiers films, notamment réalisé par des comédiens (Viggo Mortensen, Samir Guesmi, Laurent Lafitte…). Après les succès du Grand Bain et de La Belle Epoque, Cannes va continuer à mettre en avant des comédies (au nombre de 5 cette année, ce qui est un record). Enfin, une belle place est accordée cette année aux films réalisés par des femmes : elles seront 16 réalisatrices à présenter un film contre 14 en 2019, 11 en 2018, 12 en 2017, 9 en 2016, 6 en 2015.

Découvrez la liste des films de la Sélection officielle de Cannes 2020, sous la forme de Labels, dans l’ordre annoncé :

Il y a d’abord « des gens que (Cannes) avait déjà accueilli »

Il y aura aussi « un groupe de gens nouveaux, ou venus qu’une seule fois » :

« beaucoup de premiers films » :

3 documentaires :

5 comédies :

4 films d’animation :

Thierry Frémaux a indiqué avoir reçu un nombre record de films cette année : 2067 longs métrages reçus cette année (contre 1845 en 2019), dont 909 premiers longs métrages, chiffre en hausse par rapport aux années antérieures. Parmi eux, 258 ont été réalisés par des femmes (28,4%) et 651 par des hommes (71,6%) : « C’est aussi parce que les cinéastes étaient là, au travail, que nous ne sommes pas partis, que nous n’avons pas renvoyé tout le monde en 2021, que nous avons continué. Et nous avons bien fait : en choisissant de travailler jusqu’au bout à établir une sélection, nous avons reçu plus de 2000 longs métrages, 2067 exactement »

Pour mémoire, le Festival de Cannes 2020 devait initialement se tenir du 12 au 23 mai 2020, mais a dû être reporté, puis finalement été annulé sous sa forme traditionnelle afin de respecter les mesures de précaution sanitaire en France.

En quoi consisteront ces labels ? Thierry Frémaux a expliqué que « de nombreux autres festivals à travers le monde ont émis le désir d’accueillir les films de la sélection cannoise. » Et d’ajouter : « Le Festival de Cannes dévoilera prochainement la façon dont il déploiera son activité à l’automne prochain. Traditionnellement, les films de la Sélection Officielle sont invités par les festivals qui lui succèdent comme Locarno, Telluride, Toronto, Deauville, San Sebastian, Pusan, Angoulême (pour le cinéma français), Morelia, New York, Lyon, Rome, Rio, Tokyo, Mumbaï ou Mar del Plata et même Sundance en janvier prochain – ils le seront à nouveau, avec le soutien réaffirmé et actif de Cannes et de ses équipes. Comme l’année dernière, le Festival présentera un ou deux films en commun avec l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion), une des sections parallèles du Festival qui proposera également une sélection, comme la Semaine de la critique. »

D’autres annonces devraient suivre : les sélections de la compétition des courts métrages et des films de la Cinéfondation seront dévoilées dans les jours qui viennent, comme la composition du programme de Cannes Classics (avec notamment In the Mood for Love de Wong Kar-wai). L’Acid et la Semaine de la critique feront connaitre leurs labels demain.

Cannes 2020 : le replay de la sélection et de l’interview de Thierry Frémaux, à voir sur myCANAL

Face à l’annulation du Festival de Cannes 2020, Pierre Lescure et Thierry Frémaux ont créé le label Cannes 2020, attribué à 56 films. Une liste présentée ce 3 juin à 18h sur CANAL+. Si vous avez raté l’évènement, revivez-le dès maintenant en replay !

Vive le cinéma”, scandait de manière tonitruante Quentin Tarantino il y a un peu plus de seize ans, lors de l’ouverture du 57e Festival de Cannes, en 2004. Un souvenir de Croisette parmi tant d’autres pour les cinéphiles, mais qui aurait pu ne trouver aucune résonance en 2020. Pour autant, le septième art et Cannes vivent encore et toujours, et trouvent un nouveau souffle. Pas de Palme d’Or, pas de Caméra d’or, ni de catégories comme Un Certain regard, encore moins de séances spéciales, cette année, mais la naissance du label Cannes 2020 afin de valoriser la Sélection qui aurait dû rythmer cette 73e édition du Festival de Cannes. Au total, ce sont 56 longs-métrages, des comédies, des drames, des documentaires et plus encore, sélectionnés parmi les plus de 2067 films reçus par le comité. La crème de la crème des réalisations de ces derniers mois, avec une attention toute particulière pour la diversité. En témoigne les 15 premiers films qui composent la liste de 2020 contre 10 en 2019, les 16 réalisatrices présentes dans la sélection contre 14 l’année passée, les 147 pays représentés, ou encore la mise en avant de comédies ou de films d’animation. De la même manière, ce fameux label sera attribué au dernier Pixar, Soul, et au nouveau film du Studio Ghibli. Vous n’avez pas pu suivre l’évènement en direct ? Pas de panique, le replay est déjà disponible ! (Re)découvrez la sélection officielle de Cannes 2020 et l’interview de Thierry Frémaux sur myCANAL.

Netflix : «Kalifat», une série bouleversante aux portes de l’enfer

Entre Stockholm et la Syrie, la mini-série suédoise disponible sur Netflix s’intéresse à trois jeunes femmes liées à Daech. L’une vit à Raqua et ne pense qu’à fuir, l’autre rêve d’y partir et une jeune flic va tout faire pour les sauver.

 Une Suédoise Pervin (Gizem Erdogan) tente par tous les moyens de quitter Raqqa, le fief de l’organisation Etat islamique.

Trois femmes issues de l’immigration, trois destins, trois actrices remarquables. Elles sont les héroïnes de « Kalifat » une mini-série suédoise géniale et addictive qui vient de débarquer discrètement sur Netflix. De Stockholm, la capitale Suédoise, à Raqqa, fief de Daech en Syrie, la fiction nous plonge dans le quotidien de ces trois jeunes femmes que toute oppose.

Par amour, par croyance, Pervin, une Suédoise, a fui Stockholm et sa famille pour Raqqa. Depuis des mois, elle y vit un cauchemar. Loin des palaces et de la vie rêvée promise, son quotidien se résume à un appartement sordide où elle vit avec son mari djihadiste qu’elle comprend de moins en moins et leur petite fille de quelques mois. Son seul bonheur qui la raccroche à la vie et lui donne sa force. Pour elle, la jeune mère ne pense qu’à quitter cet enfer. Quand sa voisine, une Européenne comme elle, embarquée de force pour être mariée à un inconnu, lui glisse un téléphone portable, elle entrevoit une lumière d’espoir. Elle reprend contact avec la Suède.

Glaçant de réalisme

A l’autre bout du fil, Pervin va rencontrer Fatima, une enquêtrice de la police nationale cabossée par la vie et par ses supérieurs mais tenace. Elle lui confie qu’un attentat se prépare en Suède. Entre les deux femmes, une relation complexe et sous tension va se nouer en secret. Chacune a besoin de l’autre. Pervin pour rentrer en Suède, Fatima pour déjouer l’attentat.

Et puis il y a Sulle, une lycéenne musulmane de 17 ans peu pratiquante et heureuse adolescente jusqu’à ce que sa route croise un rabatteur et qu’elle tombe dans le piège de l’Islam radical…

« Kalifat » est une série dont on ne sort pas indemne. Elle est troublante tant elle est réaliste quand elle aborde l’endoctrinement et le fanatisme religieux, à l’instar d’« Un orthodox » qui nous plonge, elle, chez les juifs ultraorthodoxes. « Kalifat » nous entraîne dans les bas-fonds de l’islam intégriste, dans les rues poussiéreuses de Raqqa où débarquent des centaines d’Européens. Le réalisateur a su éviter les pièges du pathos et les leçons de morale inutiles. Ici tout semble vrai et c’est glaçant.

Trois héroïnes attachantes

Kalifat, c’est aussi un thriller psychologique et politique de très haute volée. Si les deux premiers épisodes peuvent sembler un peu longs, c’est pour mieux camper les personnages complexes et attachants, à commencer par les trois héroïnes. Et magistralement interprétés par les trois actrices. Après, tout va très vite et l’ensemble se dévore. L’enquête sur la préparation des attentats prend aux tripes, tout comme la radicalisation d’adolescentes… Une série à voir d’urgence.