Médée, l’intégrale – 1 septembre 2021 de Blandine Le Callet et Nancy Peña

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Qui Médée était-elle vraiment ? Une mère aimante et une amoureuse assumant ses désirs, que sa passion finit par égarer ? Une femme libre refusant la tyrannie des hommes ? Une barbare venue semer la confusion dans le monde civilisé des Grecs ?

Chronique : Passionné d’histoire et de littérature gréco-romaine,de mythologie,et de BD j’ai fortement apprécié de trouver dans la grotte quand elle rédige ses mémoires la reproduction à peine ébauchée sur les cratères et autres hydries de peintures datant de 300 ans av JC dont certaines sont visibles au Louvre comme le meurtre de son fils ou Médée triomphante sur son char tiré par des dragons(musée de Cleveland). On voit également Jason,Médée, le serpent et la toison d ‘or.(Je suis également féru de céramiques et de mosaïques).

Ici nous sommes face à une sorte de biographie d’une, d’abord adolescente puis jeune femme, qui dans une époque où la masculinité est de mise fait des choix profondément modernes. Je ne ferai pas de la psychanalyse à deux balles mais l’on peut se poser des questions ou plutôt avoir des réponses quand on voit le père de la jeune fille, dans le genre castrateur y a pas mieux. Bon ceci n’explique sans doute pas cela mais cela pose un contexte que les auteures montrent bien par petites touches dans cette BD intelligente et non seulement divertissante mais grâce à laquelle on apprend pas mal de choses.

Franchement, cette série est une réussite, tant au niveau du récit que des dessins. Tout est en finesse et en subtilité, alors que le sujet s’y prêtait difficilement. Médée est un personnage tant haï, tant craint (le comble de l’horreur, le symbole même du mal féminin) qu’il semblait impossible d’en dresser un tableau aussi beau, aussi sensible, aussi triste. Merci infiniment à Blandine Le Callet et Nancy Peña d’être sorties de manière aussi magistrale des sentiers battus.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (1 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203186135 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203186132

Lucien et les mystérieux Phénomènes : Sorcière ! 15 septembre 2021 de Horellou Alexis/le Lay Delphine (Auteur), Alexis Horellou (Couleurs, Dessins), Delphine Le Lay (Couleurs, Writer)

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Lucien, Violette et leurs copains partent en voyage scolaire dans un vieux château au coeur d’un cadre naturel magnifique. Les enfants y suivent des ateliers éducatifs sur la biodiversité, l’histoire du domaine et ses légendes.

Chronique : La couverture, avec ses enfants m’a tout de suite intriguée. Et je dois dire que l’histoire, qui m’a beaucoup plu, a pris une tournure quelque peu inattendue. D’ailleurs, je préfère vous prévenir tout de suite, si c’est une histoire de fantômes que vous cherchez, vous risquez d’être quelque peu déçus, le fantastique n’étant présent que par petites touches…

L’autrice nous propose ici un récit plein d’émotions et d’intelligence qui aborde des thèmes divers et variés : le harcèlement scolaire ou du moins, le mal-être infantile qui entraîne des comportements problématiques, le chômage pouvant fragiliser une famille, la difficulté de s’intégrer, notamment pour deux enfants qui arrivent dans une école où tout le monde se connaît…

Mais ce qui fait surtout le charme de cette BD, du moins pour moi, c’est sa portée écologique et la force des liens et des échanges intergénérationnels entre un homme qui a choisi de rester caché afin de pouvoir vivre selon ses convictions et deux enfants qui vont bouleverser son quotidien.

Au-delà de l’univers mystérieux, il y a aussi d’autres thèmes abordés comme le racisme et le harcèlement. C’est fait de manière subtile, mais percutante. De quoi interpeller les plus petits et les plus grands. Les planches sont très bien réalisées ; elles donnent envie et sont en raccord avec l’univers. J’ai passé pour ma part un très bon moment en compagnie des personnages. La lecture est rapide, mais elle a un bon rythme. Le suspense est bien travaillé, de cette façon on ne décroche pas de notre lecture facilement. À la fin de la BD, il y a aussi des petites activités à réaliser dans un style écologique et je trouve ça super d’intégrer lecture et divertissements manuels au même endroit.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN (15 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 96 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203221771 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203221772

How I live Now: Maintenant, c’est ma vie – 8 septembre 2021 de Lylian et Christine Circosta d’aprés Meg Rosoff

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Elisabeth préfère qu’on l’appelle Daisy. Au prétexte de la guerre qui s’annonce, cette new-yorkaise de 15 ans en conflit avec son père et sa nouvelle compagne est envoyée au fin fond de la campagne anglaise, chez une tante et des cousins qu’elle ne connait pas. Edmond, Piper, Tante Penn, Isaac et Osbert l’accueillent avec une gentillesse désarmante et ce nouveau cadre familial déstabilise Daisy avant de la charmer, lui faisant presque oublier la mort de sa mère..

Chronique : Cette adaptation en bd du roman de Meg Rosoff de I how i live now est excellent à bien des égards. L’intrigue est bien construite, Daisy racontant son histoire depuis le futur en laissant échapper des indices inquiétants par le biais de la préfiguration. Certains critiques se plaignent de la grammaire unique de Daisy, de la structure erratique de ses phrases et des majuscules aléatoires, mais je pense que le style choisi par les auteurs pour son anti-héroïne renforce la confusion dans l’esprit de Daisy ainsi que le chaos de la guerre. Les circonstances entourant la guerre sont étrangement pertinentes pour le type d’attaques virales non structurées auxquelles le monde est confronté aujourd’hui, et l’attitude initialement blasée des cousins envers un ennemi apparemment distant est réaliste. Bien que j’aie été désorientée par le saut narratif entre le sauvetage de Daisy et six ans après la guerre, j’ai trouvé la conclusion satisfaisante et puissante – même si je savais que la famille me manquerait dès que j’aurais tourné la dernière page.

Tout d’abord, un livre d’un énorme lyrisme et d’une grande poésie – sur les gens, les paysages, les relations et les sentiments. Deuxièmement, un livre sur un groupe d’enfants qui vivent une aventure, le voyage étant une partie importante de cette aventure. Troisièmement, c’est un livre qui parle de la guerre, de la mort, de la peur, de la perte et de la souffrance humaine et animale, mais de manière quelque peu atténuée. De temps en temps, on en parle, mais la plupart du temps, on ne le voit qu’en deuxième ou troisième main bravo à Christine Circosta pour ses dessins si beaux. Un léger brouhaha en arrière-plan. Quatrièmement, il s’agissait d’un livre sur le réalisme magique, avec des personnages qui ne correspondaient pas tout à fait à la réalité (Edmund fumait et conduisait une voiture. Vraiment, le pouvait-il ? Je ne pense pas.) Et Daisy et lui communiquaient dans un état de rêve, même lorsqu’ils étaient séparés par des kilomètres, et l’anorexie de Daisy était traitée comme une légère faiblesse plutôt que comme quelque chose de sérieux. Donc, c’était un peu étrange.

J’étais assez accro à la lecture de cette bd, et j’ai eu du mal à le lâcher. Pour moi, c’était une histoire étrange, assez différente de ce que je lis habituellement, mais elle était heureuse, triste, enchanteresse et captivante. Mais c’était joyeux, triste, enchanteur et captivant. Par-dessus tout, j’ai gardé le goût de la chaleur et de l’affection entre les personnages, et les belles qualités lyriques de l’écriture et du dessin. J’ai trouvé que c’était une excellente lecture.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD; Illustrated édition (8 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344013725 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344013724

Lucie et sa licorne Tome 8 : Le théâtre des licornes – 19 août 2021 de Dana SIMPSON

Au Camp Thespis, Lucie et ses amis ont du pain sur la planche : il faut écrire, produire et jouer dans leur pièce de théâtre, 100% originale ! Lucie espère passer du temps avec sa meilleure mais surprise : Rosemarie a invité sa soeur, Florence d’Infortuné Museau. Pendant ces vacances, Lucie et sa licorne vont encore vivre des aventures étonnantes, découvrir de nouvelles passions et se faire de nouveaux amis !

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Chronique :Voltina est de retour ! !! Je l’ai adorée lorsqu’elle a été présentée dans Phoebe et sa licorne dans la tempête magique parce qu’elle est un dragon et, plus important encore, mon nerd préféré, Max, a enfin son propre ami/créature magique.

C’est le deuxième roman graphique de Phoebe et Marigold et cette fois, elles partent en colonie de vacances. J’ai été heureuse qu’elles ne se retrouvent pas à nouveau dans un camp de musique, car c’est là qu’elles sont toujours allées. Cette fois, ils vont dans un camp de théâtre et la sœur de Marigold, Florence, vient aussi. Il est intéressant de noter que les narines de Florence ne sont pas aussi malheureuses qu’elles l’étaient auparavant.

Phoebe est d’abord jalouse du temps que les deux sœurs licornes passent ensemble. Heureusement, Sue et Max sont également là, ainsi que Ringo le monstre du lac et Voltina ! Max est adorablement maladroit et ringard.Et chaque fois que Sue dit quelque chose de bizarre, je me rappelle pourquoi je veux qu’elle soit la vedette de son propre roman graphique.

Le transport de la licorne est aussi merveilleux que je l’avais espéré. Avec des drames sur et en dehors de la scène et quelques commentaires sur les amitiés et les sœurs, c’est très amusant et un bon retour au format du roman graphique. Je croise les doigts pour que Voltina fasse son chemin dans les collections ainsi que dans les romans graphiques.

Note : 9,5/10

ASIN ‏ : ‎ B0949BC57G Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions; Illustrated édition (19 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 160 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032403730

The Boys Chère Becky de Garth Ennis et Russ Braun, sortez les mouchoirs…

Il est temps de parler du comics le plus intelligent et romantique que je n’ai jamais lu…

Là normalement tous ceux qui ont un jour lu un épisode de la série The Boys de Garth Ennis devraient hausser les sourcils. Les qualificatifs que je viens d’employer pour parler de cette série de comics ne sont pas ceux qui reviennent le plus souvent lorsqu’on l’évoque. Les lecteurs ont plutôt tendance à utiliser les mots trash, irrévérencieux, violent ou sanglant. Mais ce serait s’arrêter à la surface de ce que ce récit offre en niveau de lecture. La critique d’Ennis sur le complexe militaro-industriel est pertinente tandis qu’avec les personnages d’Hughie et Annie il écrit l’histoire d’amour la plus touchante que j’ai eu l’occasion de lire.

Ce comics est un chef-d’œuvre, sans concessions l’une des œuvres marquantes des comics. Aussi lorsque j’ai vu que l’auteur remettait le couvert pour un épilogue à ce chef-d’œuvre, intitulé Chère Becky, je n’ai pas hésité.

Croyez-moi c’est l’une des images les moins trash

Ma première déconvenue apparue lorsque je me rendis compte que le co-créateur de la série, Darick Robertson, ne signait que les couvertures. L’artiste qui le remplace, Russ Braun, possède un trait plein similaire au sien mais plus dépouillé dans les expressions et avec un soupçon de grâce en moins qui me fait regretter Robertson.

Ces deux là sont toujours aussi choupinou…

L’objectif de cette histoire est de mettre en avant le personnage de Becky, la compagne défunte du terrifiant Butcher, tout en offrant un happy end au couple Hughie-Annie. Le tout saupoudré d’une critique acerbe de notre société excrément polarisé et d’une enquête de la fine équipe comme au bon vieux temps. Cet enrobage est malheureusement ce qui constitue le défaut du récit, l’enquête des Boys se révèle peu passionnante et redondante. Elle ne décolle jamais vraiment et représente le point faible du récit. Le discours d’Ennis sur notre société est comme le sel que l’on ajoute sur la plaie béante d’un ennemi, ça fait plaisir mais ce n’est pas indispensable alors qu’auparavant il parvenait à l’intégrer au récit.

Quelle plaisir de retrouver l’équipe au complet malgré tout

Il reste donc le récit miroir de deux couples qui s’aiment. Les confidences posthume de Butcher résonnent dans l’esprit d’Hughie et remettent en question sa vision des choses tout en mettant en avant son traumatisme. Les années qu’il a passé en compagnie de Butcher et sa bande l’on marqué au-delà de ce qu’il était capable d’imaginer et ont encore des répercussions sur sa relation de couple. Les dialogues qui mettent en scène ce duo sont une vraie réussite, Ennis aime ces personnages et cela se ressent à l’écriture. La complicité entre Hughie et Annie est drôle et émouvante lorsque l’on sait à quel point ses deux personnages reviennent de loin tandis que les passages qui mettent en scène Butcher et Becky permettent de se rendre compte de la perte qu’il a subi.

Butcher époque romantique

Cet épilogue aurait pu être une excellente lecture s’il avait été resserré sur 5 ou 6 épisodes au lieu de 8. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un histore généreuse en écriture et qui offre un joli récit sur la résilience.

Impossible de conclure sans évoquer le meilleur personnage secondaire, j’ai nommé Bobbi 1,90 pour 100 kilos de bonne humeur !

Résumé: Douze ans après la fin de The Boys, Hughie retourne en Écosse, où il compte enfin épouser Annie en compagnie de ses amis et de sa famille. C’est sans compter l’apparition d’un étrange document, qui menace de réveiller le passé de Hughie et de gâcher sa vie. En effet, Hughie ignorait une histoire à propos de ses anciens équipiers, aujourd’hui il va la découvrir, que ça lui plaise ou non. 

  • Éditeur ‏ : ‎ Panini; Illustrated édition (14 avril 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 160 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2809495874
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2809495874
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 590 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 17.1 x 1.3 x 26 cm

Idéfix et les Irréductibles – 16 juin 2021

Après la défaite du chef gaulois Camulogène face au général Labienus, Idéfix organise la résistance avec les irréductibles, une bande d’animaux plus attachants et drôles les uns que les autres pour défendre la cité gauloise face à l’occupant romain.

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Chronique : Il s’agit de la première bd dédiée à Idefix. Elle comporte 64 pages de lecture (page 5 à 68) mais en petit format de 15 cm par 20 cm . La couverture est souple. Les images sont très colorées et de bonne qualité. Il s’agit bien d’une bd , comme on peut le voir sur les photos jointes , qui se décompose en 3 histoires séparées. Les titres sont indiqués sur la quatrième de couverture prise en photo. L’histoire se passe à Lutèce avant la rencontre d Astérix et Obélix. On ne retrouvera donc pas le village et ses personnages habituels. En conclusion, un bel ouvrage plutôt dédié aux plus jeunes

Éditeur ‏ : ‎ Editions Albert René; Illustrated édition (16 juin 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2864975963 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2864975960

Un avion sans Elle – 26 mai 2021 de Fred Duval & Nicolaï Pinheiro

Drame familial, polar parfaitement huilé et quête d’identité, l’adaptation au cordeau du roman de Michel Bussi orchestrée par Fred Duval se voit sublimée par la patte graphique et la narration de Nicolaï Pinheiro.

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Chronique: Une belle adaptation du roman de Bussi, ayant lu le roman il y a de cela un moment je me souvenait plus du dénouement et en deux pages seulement, les auteurs nous plonge dans l’horreur : un Airbus transportant plus de 168 passagers et membres d’équipage vient de se crasher sur les flancs du mont Terrible, à la frontière franco-suisse : la seule rescapée de ce crash a 18 ans maintenant. Mais que sait-on exactement de cette jeune fille, bébé lors du crash ? Qui est-elle, qui étaient ses parents ? Comment a-t-elle pu être l’unique survivante ?

Le moins que l’on puisse dire c’est que ça démarre très fort. Tant mieux, on aime ça.
C’est par la plume d’un détective privé qui a consacré 18 ans de sa vie à enquêter sur ce crash et sur son unique rescapée que le lecteur suivra cette investigation prenante pour comprendre ce qu’il s’est passé à l’époque de l’accident.

J’ai trouvé ce livre très bien mené, plein de rebondissements et de suspense. On dit souvent qu’on a aimé parce qu’un livre entretenait le suspense jusqu’à la fin et c’est vraiment le cas pour cette adaptation. Je ne pense pas qu’on puisse trouver le dénouement, l’auteur ne nous oriente pas du tout sur cette voie. Je veux bien que l’on puisse échafauder des hypothèses mais on est loin de la vérité, la fin surprend, on ne l’attendait pas du tout et l’on se rend compte à l’issue de ces 176 pages que le suspense est intact et qu’on a bien été baladé.

Moi j’ai vraiment aimé ce livre, son histoire, son suspense habilement entretenu, ses multiples rebondissements. Je suis rentrée tout de suite dans l’histoire et si comme tout le monde j’ai essayé de comprendre, deviner, les auteurs on su éveiller ma curiosité et me perdre si bien que j’en ai oublié quelques longueurs et quelques répétitions.

Fidélité au roman : rien à dire, on retrouve le fond, l’essence… Quelques scènes raccourcies ou shuntées mais je trouve que quand cela a été fait, c’est avec habileté.
Traits : fins, bien dessinés, dans l’air du temps et très réaliste.
Couleurs : excellent : vives, changeantes comme les situations, ne cherchant pas à insuffler un ton particulier à l’ensemble, mais servant seulement la narration.
Une petite galerie de personnages en deuxième et troisième de couverture très agréables.
J’avais trouvé le roman très agréable à lire, et je réitère mon appréciation pour cette BD qui est une belle réussite en elle-même.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD; Illustrated édition (26 mai 2021) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344039376 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344039373

Plunge de Joe Hill et Stuart Immonen, plongée en eaux troubles (ok elle était facile)

On continue la lecture des comics horrifiques écrit par Joe Hill, si vous ne le savez pas encore il s’agit de nul autre que du fils de Stephen King, l’éditeur DC lui a créé son propre label de comics Hill house comics pour que l’auteur puisse librement s’exprimer au travers de récits indépendants mais qui partage tous la même essence horrifique.

J’étais particulièrement impatient de découvrir ce second récit que nous propose Urban comics. Après l’excellent Basketful of heads il me tardait de voir ce qu’allait donner la plume de l’auteur lorsqu’il la trempe dans l’encre sombre des profondeurs marines.

Ce soir au menu c’est fricassée de poulpe

Et bien même si je dois reconnaître des qualités à cette aventure maritime je dois admettre qu’elle ne m’a pas autant convaincue que le précédent récit. Je m’attendais à une exploration des fonds marins glaçante d’effroi, je me suis retrouvé à légèrement grelotter sur les plages d’un atoll russe en compagnie de « zombies » qui passe le temps à résoudre des équations mathématiques. Alors que je m’attendais à partir à la découverte d’une épave dans une atmosphère angoissante j’ai dû assister à la capture rapide de nos héros par une bande de revenants peu ragoûtants certes, mais sans envergure. L’aspect Lovecraftien du récit survient trop tardivement pour relancer l’intérêt, à ce moment-là l’auteur m’avait déjà perdu dans l’une des décimales de PI.

Des scènes d’exploration comme j’aurais voulu en avoir plus

Déception encore concernant les personnages. Ils sont trop nombreux, tout simplement. C’est là que le choix de produire des récits en six numéros qui ne totalisent même pas 200 pages montre ses limites. Difficile de s’attacher à cet équipage hétéroclite en si peu de temps. Il m’a fallu trois numéros pour comprendre que Moriah et Bill étaient en couple sans que je ne parvienne jamais à les imaginer ensemble. Le capitaine Carpenter est le personnage le plus mémorable et attachant avec sa gouaille, son physique d’ours et son entrée en scène dans le premier épisode que l’on peut qualifier de trivial et qui offre l’un des rares moments d’humour du récit. Son charisme éclipse les autres personnages, y compris ses propres frères et la brave Moriah. Là où Basketful of heads se focalisait sur un personnage et une narration électrique, Plunge au contraire multiplie les explications sans éviter certaines incohérences ou qui rendent la lecture brouillonne au final.

Devine qui c’est ?

L’excellent Stuart Immonen assure la partie graphique. Le spectre des couleurs est largement occupé par le bleu sombre, ce qui n’empêche pas l’artiste de signer des planches d’une redoutable efficacité. Les eaux glacées de l’océan Pacifique ont rarement été aussi bien reproduite dans les pages d’un comics, on sentirait presque l’air marin et l’iode. Son trait épais et sombre se prête merveilleusement à ce récit tout en pénombre et faux semblant.

Les couvertures raconte également une histoire

S’attendre à quelque chose lorsque vous débutez un récit puis voire ses attentes de lecteurs être malmené c’est une chose qu’il faut parfois savoir accepter. Après tout rien n’oblige l’auteur à combler nos attentes, mais lorsque les personnages vous passent sous les yeux sans que vous ne parveniez à les retenir ou que le rythme de l’intrigue vous paraît bancal c’est qu’il y a un problème. Ce récit n’a pas su toucher mon cœur de lecteur mais il en sera peut-être autrement pour le suivant, Joe Hill est un auteur à l’imagination débordante je lui fais confiance pour me terrifier à nouveau.

Les variant cover de Gary Franck sont également un régal

Résumé: Au lendemain d’un tsunami, on détecte au large du détroit de Béring le signal de détresse du Derleth, un navire d’exploration scientifique… disparu depuis 40 ans. Le biologiste marin Moriah Lamb rejoint l’équipe de remorqueurs d’épaves missionnée par Rococo International, un groupe privé très intéressé par la cargaison du Derleth. De même qu’il est heureux que les mystères de l’univers soient inaccessibles à l’entendement humain, certains secrets devraient quant à eux rester immergés dans les abysses du cercle arctique.

  • ASIN : B08W6QD84K
  • Éditeur : URBAN COMICS; Illustrated édition (28 mai 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 168 pages
  • ISBN-13 : 979-1026828389
  • Poids de l’article : 700 g
  • Dimensions : 18.8 x 1.6 x 28.2 cm

Les Misérables – 19 mai 2021 de Éric Salch

On ne va pas vous réexpliquer Les Misérables de Victor Hugo. On connaît tous les histoires de ses personnages. Tout ça, on le sait déjà plus ou moins, mais ce qu’on ne connait pas, ce que jamais on n’aurait pu imaginer, c’est la version des faits par Éric Salch.

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Chronique : Une relecture moderne, poétique et irrévérencieuse de l’œuvre de V. Hugo. Respectant la trame narrative originale et le propos du roman, l’auteur ajoute humour noir et anachronismes, partageant ainsi sa vision de l’histoire de Jean Valjean, de Cosette, de Marius, de Javert ou encore de Gavroche. Ce que jamais on n’aurait pu imaginer, c’est la version des faits par Eric Salch. Drôle et tragique, aidé d’une poésie fiévreuse et souillée bien à lui, Eric Salch livre une vision personnelle et décalée des Misérables.
Si le récit suit parfaitement la narration de l’œuvre originale et que la pertinence de son propos reste indéniable, Eric Salch grossit les traits, ajoute anachronismes et absurdités pour ainsi nous faire rire du drame et du terrible de cette sublime tragédie romanesque.

Salch arrive avec des trait humoristique à offrir un drame, des situations et des personnages, mais aussi une façon de dire, de figurer l’humain dans les profondeurs du temps et de la conscience – dont il nous fait à distance les légataires obligés : une histoire pensée et rêvée pour un avenir, c’est-à-dire à la fois pour notre présent et pour le futur.

En effet, avec l’histoire de tous ces personnages considérés misérables, l’auteur veut traiter de ces vies rêvées, mais pas toujours atteignables. De par ces rêves tronqués, il en découle tout naturellement un sentiment d’injustice, d’une vie qui n’est pas la même pour tout le monde. C’est au travers de ces deux thèmes que Salch nous transmet ses idéaux moderne.

Les Misérables vu par Eric Salch est une œuvre unique, un roman graphique qui ne plaira pas à tout le monde mais qui fait réfléchir et qui ne laisse personne indifférent. Avec ses exagérations, ses descriptions, la manière dont il traite l’Histoire, la cadence des personnages, l’intrigue en elle-même. Les Misérables est surtout une œuvre critique de son temps et Salch fait ainsi appel au pathos, c’est-à-dire qu’il provoque de l’émotion chez les lecteurs, il s’agit d’un roman graphique rédigé pour faire réfléchir sur nous et notre époque tel le roman d’origine de Victor Hugo..

Note : 9,5/10

Éditeur : Glénat BD (19 mai 2021) Langue : Français Relié : 192 pages ISBN-10 : 2344042474 ISBN-13 : 978-2344042472

Joe la pirate – 5 mai 2021 de Hubert (Scénario), Virginie Augustin (Dessins)

C’est l’histoire vraie d’une petite fille née en 1900 à Londres, qui « se sentait déjà queer dans la matrice ». En grandissant, elle a fait le tour du monde, elle a lancé sa compagnie de taxis féminins, elle a fait la guerre, elle a battu des records de vitesse dans des courses de bateau, elle a régné en monarque éclairé sur une île des Bahamas, elle a eu pour meilleur ami et confident une poupée…

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Chronique : Un vrai coup de cœur que Joe la pirate qui raconte l’histoire de : MARION BARBARA CARSTAIRS était l’un des grands excentriques du XXe siècle – une lesbienne travestie qui avait des tatouages ​​sur les bras, fumait des cigares coûteux, s’appelait Joe et était une championne du monde de course de hors-bord dans les années 1920. Pourtant, lorsqu’elle est décédée en 1993 à l’âge de 93 ans, elle était presque oubliée.

Carstairs est née à Londres en 1900, petite-fille de l’un des administrateurs d’origine de Standard Oil. Son héritage lui a donné la liberté de vivre sa vie sans contraintes, et c’est exactement ce qu’elle a fait. «Je n’ai aucun penchant pour l’art ou pour les réalisations que l’on associe habituellement aux filles», a-t-elle dit un jour. Elle a canalisé sa richesse considérable dans l’achat et la course de vedettes rapides. En 1926, elle remporte le prestigieux trophée du Duc d’York et remporte la course internationale du Royal Motor Yacht Club et la Lucina Cup. Interrogée sur son succès, elle a répondu: «J’ai aimé les bateaux. J’ai aimé la façon dont ils se sont comportés. Je les ai compris.  »

Cependant, Carstairs a eu du mal à comprendre sa mère, Evelyn, divorcée quatre fois, toxicomane. Carstairs a déménagé à Paris à l’âge de 17 ans, où, elle «  apprenait à vivre comme un homme.  » Elle a eu sa première rencontre lesbienne là-bas –  » J’ai dit: «  Mon Dieu, quelle chose merveilleuse ». J’ai trouvé dommage d’avoir attendu si longtemps  » – et de me lancer dans une liaison avec Dolly Wilde, la nièce d’Oscar. Evelyn détestait le lesbianisme de sa fille et menaçait de lui enlever l’héritage de Carstairs si elle ne «  s’attachait pas et ne se marierait  ». «Après le mariage, ils se sont séparés immédiatement et à l’amiable» »Même dans la vieillesse, Joe s’est efforcé de souligner que le mariage n’a jamais été consommé.  »

Parfois, il n’est pas tout à fait clair si le roman graphique est une grande histoire d’amour (d’une femme et sa poupée) ou un récit édifiant sur les dangers de la richesse et de la folie. Une chose est sûre: les lecteurs ne sauront peut-être pas quoi penser de Carstairs, mais ils apprécieront certainement de lire à son sujet et rentreron dans ce récit si bien fait.

Note : 10/10

Éditeur : Glénat BD (5 mai 2021) Langue : Français Relié : 224 pages ISBN-10 : 2344039430 ISBN-13 : 978-2344039434