Philby de Pierre Boisserie et Christophe Gaultier | 18 mars 2020

Moscou 1988. Exilé en Russie loin de son Angleterre natale, Kim Philby retrouve un vieil ami : il lui raconte comment est né sa vocation pour l’espionnage. Enfant timide issu d’une famille bourgeoise, diplômé de Cambridge, rien ne le prédestinait en effet à trahir son pays pour la cause soviétique.

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Chronique :Cette Bd c’est presque un contre-espionnage de chambre  très discrètement , des agents secrets presque des bureaucrates de bureau qui traduisent ou chiffrent des télégrammes codés et pourtant l’inspiration de Pierre Boisserie et Christophe Gaultier réussissent à créer une tension d’accumulation sous la surface des événements répétés, nous fait percevoir comme un paladin franc le dilemme de l’homme conscient de trahisons mais pour une raison très noble, celui qui est au fait d’une trahison, d’un traître, et ce qui est pour une bonne et honnête raison.
La vie de l’agent secret qui fait du contre-espionnage est mauvaise, il veille toujours sur ses épaules, il n’a pas le droit, ne serait-ce qu’un instant, d’imposer le secret, immergé dans la solitude de ce qu’il sait et ne peut partager, avec personne.
Un professionnel chargé d’un péché vieux comme le monde : la trahison qui devient son modus vivendi, est même payée pour trahir et perpétuer la trahison, mais ceux qui trahissent méritent d’être éliminés sans même passer par un processus, sans agitation ni publicité ne doivent que disparaître, ne jamais avoir existé.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 88 pages
  • Editeur : Les Arènes (18 mars 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2711201929

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J’accuse (18 Mars 2020) De Roman Polanski Avec Jean Dujardin et Louis Garrel

Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme.

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Chronique : Les médias s’emballent, les opinions s’affrontent autour de la personne de Polanski, et après le visionnage de ce film , j’en sort subjugué par la manière tant accrocheuse avec laquelle le réalisateur nous raconte cette histoire, entre drame historique, humour, suspense et grincement de dents. Aujourd’hui on ne peut avoir de recul sur l’actualité. Les infos et les opinions vont plus vite que la pensée humaine. Pas question donc dans ce texte d’émettre un avis de comptoir sur la sombre information qui entoure le cinéaste. Il faut espérer que le temps et l’Histoire avec un H majuscule, éclaireront tout cela. Et on peut bien sûr souhaiter que cela ait lieu plus tôt que tard. Mais quelle qu’en soit l’issue, il est certain que l’œuvre de Polanski restera dans le paysage cinématographique. « J’accuse » fait découvrir ou redécouvrir un fait connu dans une captivante mise en scène, à travers le prisme d’un personnage tout à fait intéressant par son action pour réhabiliter Dreyfus . On plonge à la fin du XIXème siècle dans une atmosphère palpable par son réalisme, et il semble que chacun des membres du casting vive réellement à cette époque. Il se trouve un plaisir immense dans ce long-métrage à observer le jeu de tous ces acteurs, mais aussi à les écouter. Ils servent des dialogues très écrits, très beaux. Et puis surtout, « J’accuse » a quelque-chose de nécessaire, tant son propos résonne fort avec notre époque contemporaine dans laquelle s’entrechoquent des mots tels que « islamophobie » ou « antisémitisme ». A croire que la nature humaine évolue bien peu, même si elle est capable de penser, comme ce film invite pertinemment les spectateurs à le faire. Le film prend son temps, monte en régime progressivement, et se concentre sur le personnage de Georges Picquard, un homme honnête dont la quête de la vérité était non seulement courageuse mais aussi contraire aux intérêts de l’Armée et partant, de l’ensemble de la société française, traumatisée par la défaite de 1870 et revancharde. Dans quel autre film français a-t-on pu voir une aussi radicale dénonciation de l’antisémitisme qui prévalait dans une grande partie du pays ? La charge est violente mais fidèle à la réalité de l’époque. Pour ceux qui connaissent parfaitement les tenants et aboutissants de l’affaire Dreyfus, il n’y a pas à proprement parler de révélation dans J’accuse mais une solide reconstitution des faits de cette période où la guerre de 14 se prépare déjà, y compris vis-à-vis de l’opinion. Par ailleurs, on y voit le fonctionnement du contre-espionnage français de manière quasi documentaire, avec une ironie sous-jacente dans la façon dont le film montre ses tâtonnements, son inexpérience et ses erreurs commandités. Sans céder au grandiose, Polanski filme cette histoire avec une virtuosité indéniable et limpide, se surpassant dans la direction d’acteurs. Outre Dujardin, parfait, tous les rôles, y compris les plus minces, sont joués avec conviction par des comédiens renommés ou non, avec un égal talent. Une mention spéciale, tout de même, à Gregory Gadebois, extraordinaire, malgré toute cette polémique ce film est vraiment très bon et oublier le cinéaste derrière et plonger vous dans un excellent film , vous ne le regretter pas.

Note : 9,5/10

ImageIl s’agit d’une excellente présentation vidéo qui semble correspondre parfaitement au matériel source. Les couleurs sont profondément saturées d’une vitalité agréable et d’une profondeur délimitée. Les images sont résolues, avec une netteté stable, des détails nets et un raffinement subtil appréciable. Certaines scènes semblent mieux résolues que d’autres bien que je soupçonne que cela est lié à la photographie. Le contraste est dynamique sans être accablant et les noirs sont respectables en profondeur avec des détails perceptibles visibles sous un faible éclairage et des ombres. Je n’ai vu aucun signe d’artefacts liés à la vidéo et j’ai pensé qu’en général, la qualité vidéo était excellente. Chaque détail ressort avec une précision d’orfèvre que ce soit sur les tissus, les environnements, les lambris de la république ou les extérieurs. Des intérieurs sombres ou à la lumière tamisée, aux salles d’audiences, ou encore les rues de Paris.

Son : Il s’agit essentiellement d’un film basé sur les dialogues, mais certains aspects de la présentation utilisent efficacement les canaux arrière pour étendre la scène sonore. Le dialogue est limpide avec une description vocale exigeante et une texture raffinée. Le mix repose fortement sur les trois canaux avant. La séparation, l’imagerie et l’espacement directionnel sont excellents car le mélange de dialogue, de musique et de sons enregistrés est clairement articulé.

Bonus : Si le making of fait la part belle aux équipes techniques, toutes ces petites mains qui ont permis la réussite du film, il ne peut s’empêcher, comme cela est souvent le cas dans les documentaires américains, des effusions de superlatifs en direction du réalisateur. Comme s’il était nécessaire de dire aux spectateurs, toutes les qualités de Roman Polanski.

 

  • Acteurs : Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Grégory Gadebois, Mathieu Amalric
  • Réalisateurs : Roman Polanski
  • Format : Couleur, PAL
  • Audio : Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Audio description : Français
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Français
  • Région : Toutes les régions
  • Rapport de forme : 1.85:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Gaumont
  • Date de sortie du DVD : 18 mars 2020
  • Durée : 126 minutes

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Pot-Bouille de Cédric Simon et Éric Stalner | 4 mars 2020

Tout juste arrivé à Paris, Octave Mouret emménage rue de Choiseul dans un immeuble bourgeois au cœur d’une capitale en pleine transformation haussmannienne. Derrière la façade policée, il découvre l’envers du décor : basses intrigues et adultères à tous les étages !

Chronique :Pot-bouille, l’équivalent de popotte, de tambouille, d’une mitonnée ordinaire et juste destinée à combler le manque de la faim. Est-ce à cette idée de médiocrité que l’auteu qu’est Zola assimile la vie ordinaire de cet immeuble plutôt cossu, où débarque le jeune Octave Mouret, arrivant tout droit de Plassans, plein d’ambitions, d’idées et de volonté de se faire un nom?

C’est avec naïveté que les auteurs Cédric Simon et Éric Stalner nous offre cette belle adaptation que le jeune homme tente sa chance auprès des jeunes demoiselles, voire des femmes mariées pour assouvir des désirs naturels, assortis d’un attrait pour la réussite sociale. Il faut dire qu’il s’en passe de belles, dans l’immeuble, malgré la vigilance aigrie de Mr Gourd, le concierge garant de la moralité de ces messieurs-dames.

Les cornes fleurissent sur tous les paliers et derrière les portes closes, les corps exultent en bafouant les serments prononcés lors des noces.

Parlons-en des noces : la recherche de l’époux pour les jeunes filles plus ou moins gracieuses et plus ou moins fortunées est une occupation à plein temps pour les mères en quête du gendre idéal, quitte à dépenser des fortunes qu’elles n’ont pas pour parer des atours masquant les disgrâces les jeunes filles en mal de maris. Promesses et trahison, pièges à gogo, tous les stratagèmes sont permis.

L’empereur n’a plus la cote, les électeurs sont prêts à lui donner une leçon. Ambiance de fin de règne

les auteurs ne sont  pas tendre pour ce milieu bourgeois, arriviste, et bas de plafond. Aucun personnage n’est paré d’une quelconque aura spirituelle, même les prêtres sont prêts à accepter la compromission. Les hommes sont dominés par leurs instincts de conquête féminine et les femmes ne songent qu’à s’orner de parures clinquantes.

En outre, les cadrages sont variés et le découpage assure une bonne lisibilité qui nous offre de beaux moment d’émotion et Stalner  offre un dessin et une colorisation à la hauteur de son histoire pour un premier tome qui annonce une trilogie à suivre absolument !.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Les Arènes (4 mars 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500625

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Pic Pic, André et leurs amis de Vincent Patar et Stéphane Aubier | 19 février 2020

André le mauvais cheval, Pic Pic le cochon Magik et Eléphant sont inséparables. Vivant de petits boulots, fans de musique, de littérature et de bière, leur quotidien créatif, délirant et parfois absurde n’est pas sans rappeler celui de leurs facétieux créateurs, Vincent Patar et Stéphane Aubier, figures emblématiques et cultes de l’animation belge (Panique au village, Ernest et Célestine et bien sûr plusieurs courts métrages de Pic Pic André Shoow)

Chronique : Le cochon mélomane, le cheval lettré et l’éléphant féru d’art moderne prennent leurs quartiers grâce à ce superbe album. L’occasion de découvrir sous formes de strips BD l’univers joyeusement gamin et impertinent de leurs auteurs Vincent Patar et Stéphane Aubier. Les fans de longue date de Vincent Patar et Stéphane Aubier vont être ravis. Petits et grands prendront leur pied à patafioler avec un porcelet rose et un canasson écarlate, un duo très contrasté qui ne se côtoie guère qu’en trinquant au générique. Le cochon se contente d’une coupe de champagne, le bourrin se bourre à la bière. Il y a belle lurette que Vincent Patar a versé du houblon dans le picotin d’André, que Stéphane Aubier s’est entiché de son cochonnet. Patar et Aubier, deux cartooneurs bruxellois, nous convient à un pétaradant cocktail. Moins calamiteux qu’André, Pic-Pic a des pouvoirs «magiks». Leurs comparses se bousculent avec un bonus d’accent belge. A découvrir pour bien rire.

Note : 9,5/10

 

  • Relié : 176 pages
  • Editeur : Casterman (19 février 2020)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2203197110

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Sang Royal – Tome 04: Vengeance et rédemption de Alejandro Jodorowsky et Dongzi Liu | 29 janvier 2020

Alors que les rois Honim et Alvar s’apprêtent à célébrer l’union de leurs descendants, Aram et Mara, une menace plane… Une armée de vampires dévore les troupeaux des bergers et tente de s’en prendre aux deux royaumes. De son côté, Vaal le boiteux, le propre fils d’Alvar devenu Grand prêtre, fomente un complot pour assassiner le futur roi et prendre sa place sur le trône. Mais Aram possède dans ses veines le sang du loup-garou qui le rend invincible. Vaal décide alors de faire forger la seule arme capable de le détruire : une épée d’argent.

Chronique : Quelle claque ! Une saga qui fini sur des chapeaux de roues . Les dessins de Dongzi Liu sont toujours aussi splendides et envoûtant et donnent une certaine dimension à cette histoire. Ils sont pleins de vie et retransmettent à merveilles les émotions des personnages. La précision des traits lors des zooms sur les visages donne presque l’effet d’une photographie.
Quant au scénario en lui-même, il risque fort de soulever bon nombres de critiques aussi bien positives que négatives. L’histoire s’assombrit et la violence, la passion et la cruauté sont maître mots de ce volume.
Le récit est puissant et touche le lecteur au plus profond de lui-même. Jodorowsky nous mène dans les plus sombres recoins de l’âme humaine et de la folie à travers des personnages tous plus monstrueux les uns que les autres.
Jodorowsky mélanges les thèmes de l’amour et de la haine, la passion et la folie avec une efficacité surprenante et nous offre un dyptique sensationnel.
Une lecture dont nous ne ressortons pas indemne !

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 64 pages
  • Editeur : Glénat BD (29 janvier 2020)
  • Collection : Sang Royal (4)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2723486311

 

KidZ – Tome 02 de Aurélien Ducoudray et Jocelyn Joret | 5 février 2020

Polly et Sue font désormais partie de la communauté de Ben et ses potes. Seulement voilà : avec deux filles dans leurs rangs, leurs petites habitudes risquent bien de changer… Autre problème, ils ont découvert un détail troublant sur le dernier zombie à qui ils ont filé une rouste : celui-ci portait une muselière ! Depuis quand les zombies sont traités comme de bons toutous ? Est-ce que cela voudrait dire que quelqu’un les contrôle ? Et si c’est le cas, quelles sont ses intentions ?

Chronique : Un tome 2 en grand forme, cette bande dessinée a un rythme très soutenu, une tension forte et une nervosité perceptible par les couleurs, les cadrages et les attitudes.Que on est lu le tome 1 ou non on entre de suite dans le récit, il y a un sentiment d’urgence. Les personnages sont à bout de nerfs. La grande épidémie est passée. Les zombies sont de moins en moins present. La cause réelle de tout cela n’est pas vraiment importante. Ce qui compte est la survie de ces ados marqués par le traumatisme violent de la disparition de leurs parents. Chaque cœur est envahi par ces chocs, personnels et intraduisibles. Les dialogues les amènent à exprimer leur incompréhension face aux événements dont ils ont été témoins. La narration alterne ainsi les scènes d’action – moyen pour ces ados de cacher leur peur – et les scènes plus posées, plus dialoguées, révélatrices d’une incapacité à sortir ce qui leur pèse. Les auteurs montrent leur épuisement et la radicalité de leur âge. Il n’y a pas beaucoup de douceur ou de tendresse car tout cela est enfoui. Les couleurs choisies  et les cadrages très marqués créent un dynamisme dans l’enchaînement des scènes. Tout va très vite et rien n’est serein. Il y a une sorte de transition de maturité qui est traité, démontrant les failles ouvertes de chaque personnage. L’ensemble de cette communauté improvisée évolue en plein mystère très bien maintenu dans ce deuxième tome. Cette évolution est symbolisé très facilement par l’énigme propre à ces récits d’apocalypse : qui sont vraiment les survivants ?

Note : 9,5/10

 

  • Relié : 72 pages
  • Editeur : Glénat BD (5 février 2020)
  • Collection : KidZ (2)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2924997003

 

Metanoïde (Log-In) de David Boriau et Nuno Plati

Condamné à passer le reste de ses jours en fauteuil roulant, le jeune Josh s’évade à travers les merveilles de la science. Et avec son ami Jorgen, scientifique illuminé du quartier, ils ont une passion : observer les étoiles en quête d’une forme de vie extraterrestre.

Chronique :C’est le récit un peu désorganisé d’un jeune orphelin en fauteuil roulant, un petit génie de la science qui, avec son mentor, Jorgen, découvre une existence extraterrestre en route pour la Terre. La collision entraîne la mort de Jorgen et des visions étranges à Josh, le jeune garçon, qui découvre très vite qu’il peut se transformer en une sorte de monstre gigantesque lorsqu’il est en colère. Son oncle Adam, chef d’une communauté, tente de cacher tous ses mystères, sans succès, car bientôt Josh / monstre est menacé de mort.
C’est une belle BD aux graphisme noire et blanc destiné à un public adolescent. J’ai trouvé le thème original mais l’intrigue assez décousue à cause de cases difficilement compréhensibles. On reste sur sa faim avec ce premier tome.

Note : 8/10

Merci à Myriam

 

  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (8 janvier 2020)
  • Collection : Log-In
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2344031103

 

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