François: Des favelas au trône de Saint-Pierre (12 septembre 2018) de Arnaud Delalande, Laurent Bidot, Yvon Bertorello

Jorge Bergoglio est d’abord un garçon comme les autres, qui aime le foot et les copains, tombe amoureux, rêve de tango et hésite à devenir médecin. Un jour de 1954, il se sent appelé à devenir prêtre. Dans l’Argentine des années 70, entre la répression militaire et la violence de la « libération marxiste », il promeut une « théologie du peuple », au nom du Christ. Il parcourt les favelas, défend les pauvres, les victimes de la dictature…

Chronique :  Faire une bd sur le pape c’est pas un sujet simple mais un grand bravo au auteur qui sont arriver à le faire de façon prometteuse, comme une sorte de documentaire.  Cette BD se définit donc comme un avant à l’histoire du pape François L’exercice est périlleux. D’abord s’attaquer à un personnage aussi connu mais c’est certainement un moyen de détourner la difficulté de l’adaptation : on raconte une histoire, avec les mêmes codes mais au prémices . C’est ce que fait plutôt habilement Stéphane Arnaud Delalande et Yvon Bertorello  livre un scénario ciselé, alambiqué mais compréhensible. Il reprend finalement la trame de sa vie mais à travers une facilité certes, mais le procédé a l’avantage de répondre à sa problématique, à savoir comment Jorge  est devenu François. Ainsi, le scénario se révèle séduisant  L’écriture est enlevée, caustique, riche en clins d’œil. Laurent Bidot d’un trait léger et vivant inspiré par  propose des pages pleines de lumières aux décors riches, sublimées par les couleurs magistrale.

Note : 9,5/10

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  • Album: 92 pages
  • Editeur : Les Arènes (12 septembre 2018)
  • Collection : AR.ROMAN GRAPH.

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L’Empire tome 2 : Sodome et Gomorrhe (5 septembre 2018) de Olivier Bobineau et Pascal Magna

L’Empire est la première histoire politique en BD de la plus vieille institution du monde : l’Église. Sodome et Gomorrhe (XIIIe-XVIe siècle), deuxième tome de la série, met en scène l’horreur de l’Inquisition, les croisades, la Réforme, les guerres de Religion, la décadence des papes Borgia, ou la naissance de l’Université et l’œuvre de Michel-Ange… Autant d’événements fondamentaux qui ont encore une résonance aujourd’hui. Ce récit graphique entrecroise l’histoire de Dieu et du diable, de l’avidité et du dénuement, de la grâce et de la débauche sexuelle, de la sérénité et de la violence…

ChroniqueFéru d’histoires politiques et religieuses vous allez aimer ce livre rempli d’humour, explicite et concis avec de l’intelligence de Olivier Bobineau et Pascal Magna ce tome 2 est vraiment inouïe pour arriver à donner un ton décalé par rapport à la situation qui date de plusieurs siècles. Quand l’humour et la rigueur historique entrent en résonance, cela donne un ouvrage formidable, accessible à (presque) tous.
Un parcours sans concession mais pas sans Amour de notre Église.
On apprend et on comprend bien des choses qui donnent au passage de l’éclairage sur l’actualité. Complexe, ardu ce tome 2 est audacieux et offre une belle surprise.

Note : 9,5/1081tWE7ave6L.jpg

 

  • Album: 200 pages
  • Editeur : Les Arènes (5 septembre 2018)
  • Collection : AR.ROMAN GRAPH.

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Saint-Barthelemy – l’Intégrale (22 août 2018) de Pierre Boisserie et Eric Stalner

« Arrive un moment où la question de tuer au nom de Dieu ne se pose plus… Nous tuons, nous prions… et nous recommençons… »
Les guerres de Religion gangrènent la France dans sa totalité. Le fanatisme s’instille patiemment, incontrôlable, dévastateur, aveugle.

Chronique : A l’heure où certains s’approprient l’histoire de France en la mariant de force au catholicisme tandis que d’autres s’abritent derrière la notion de peuple tout aussi incertaine et démagogique que leur programme, cette intégrale est juste magnifique.
Boisserie et Stalner au scénario, Stalner au dessin et Florence Fantini pour la mise en couleurs réussissent largement cette saga.
Le récit est solide, le dessin n’est pas en reste, cette BD rend conte de cette journée incroyable et parfois confuse qui voit le massacre de 2500 protestants en 24 heures avec le déchaînement de violence inouï des parisiens, excités par le clan catholique (les Guise). L’atmosphère et la tension dramatique sont bien rendues. avec l’impressionnante documentation réunie par les deux complices afin de rester et de ressembler le plus fidèlement au contexte de l’époque. Le dessin, précis et expressif d’Eric Stalner est remarquablement bien servi par la mise en couleur de Florence Fantini, surtout dans les ambiances nocturnes. Cette période de barbarie et d’obscurantisme n’est pas sans écho avec la nôtre gangrenée par l’hégémonie des fanatismes et les massacres subséquents. Une très bonne  saga et si vous ne connaissez pas; plonger y avec bonheur.

Note : 9,5/10

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  • Editeur : Les Arènes (22 août 2018)
  • Collection : AR.HORS COLLECT

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Les Années rouge et noir tome 3 : Bacchelli (29 août 2018) de Pierre Boisserie et Didier Convard

La guerre est loin, maintenant, mais elle a meurtri ses acteurs que des amours inachevées ou des haines tenaces animent encore. Bacchelli, héritier d’une droite rancie, continue de tirer les ficelles. C’est lui qui possède les fiches contenant les secrets d’une partie de la population française, dont il saura faire bon usage…

Chronique : La guerre est loin et l’heure de se retrousser les manches est arrivée pour la plus grande partie de la population. Pour d’autres, moins nombreux, mais plus puissants, c’est le temps des règlements de comptes qui sonne enfin. Les protagonistes du premier  et second opus, tout du moins ceux qui ont survécu, sont les acteurs de ce nouveau volume à l’aube d’une période de paix où tout est possible… Les couleurs rouge et noir n’ont donc rien à voir ni avec Stendhal, ni avec Jeanne Mas, elles représentent le communisme contre le nazisme. L’adaptation en BD par Pierre Boisserie et Didier Convard est certes spécifiée « libre », elle reste néanmoins très fidèle aux problématiques sociales et aux circonvolutions nauséabondes du roman. Car c’est bien connu : en 1945, tout le monde était résistant ! Le contexte et la clique de personnalités politiques sont authentiques, a contrario des protagonistes fictionnels et sans démériter sur le fond, les acteurs sont reconnaissables, tandis que les décors restent très basiques. Certes, vue l’avalanche d’explications et de dialogues pris dans son ensemble, ce récit  est passionnant ! Une magnifique conclusion qui fini en beauté cette belle saga historique.

Note  : 9,5/10

 

  • Album: 64 pages
  • Editeur : Les Arènes (29 août 2018)
  • Collection : AR.HORS COLLECT

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Test DVD : Lady Bird (3 juillet 2018) de Greta Gerwig avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf

Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.

Chronique : « Lady Bird » est fait de petits riens qui en disent beaucoup, et réussit à avançer donc doucement et sûrement, en creusant son sillon comme le fait à sa façon l’héroïne de l’histoire… A travers son personnage buté et volontaire, naïf et pétulant (Saoirse Ronan), c’est toute sa famille qui va aussi porter ce film en devenant un enjeu capital ! Le rapport mère/fille est formidablement étudié, analysé avec des dialogues qui deviennent de plus en plus ciblés et justes au point de s’identifier plus d’une fois dans ce chassé croisé tumultueux ! Combien de fois cette mère pourtant aimante (Laurie Metcalf), s’emmêle les pinceaux face à sa fille un peu trop déroutante pour elle, tandis que son père (Tracy Letts) d’une tendresse infinie essaie de faire de son mieux pour recoller les morceaux… C’est une réalisation d’une simplicité évidente, qui sans nous bousculer plus que cela, arrive à nous interpeller par un tas de petites notes très émouvantes distillées ici et là, ainsi que par la quête personnelle et très bien ciblée de cette Christine/Lady Bird, partagée entre ses ami(e)s, sa famille, et la découverte de la vie et des premiers émois.. Toute la problématique de la sortie de l’adolescence, située en plus au sein de la culture américaine, devient de plus en plus pertinente et saisissante ! Une peinture sensible, touchante, drôle et sans éclats qui résonne de manière éminemment vraie tout au long du parcours de cette adolescente très bien campée par Saoirse Ronan dont le naturel frais et convaincant font le reste, en l’emportant franchement haut la main… Un film de Greta Gerwig qui sans crier gare, arrive à nous émouvoir de plus en plus au fur et à mesure de son déroulement !

Note : 9,5/10

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TEST DVD :

Video : La clarté du film  est juste magique et avec un contraste exceptionnels . Bien qu’il n’y ait pas de point de grain visible, l’image dégage une merveilleuse sensation de film . Les couleurs sont un peu atténuées pour refléter la nature désastreuse de la situation, mais des éclaboussures de paysages americain sont luxueusement riches, les blancs sont brillants mais ne fleurissent jamais, et les tons de chair restent naturels et constants tout au long. Les détails sautent de l’écran, tandis que des gros plans pointus soulignent les lignes, les rides et les taches sur les visages des personnages âgés, ainsi que la belle actrice qui joue Lady Bird.

Audio :  Bien que les accents surround soient faibles, la fidélité supérieure et la profondeur tonale permettent à l’audio d’obtenir une sensation d’enveloppement fluide. Une séparation stéréo plus distincte est visible à l’avant, car des transitions douces élargissent bien le paysage sonore. Le bruit d’un bouchon de champagne et le tic-tac d’une horloge sont merveilleusement croquants, tandis que des éléments plus explosifs comme le grondement des moteurs et des voitures excitent les sens sans les agresser. Les basses fréquences sont puissantes et une large gamme dynamique gère tous les hauts et les bas sans aucune distorsion. La musique  jouit d’une belle présence et remplit  avec aisance, et même si certains dialogues sont difficiles à comprendre. C’est une piste beaucoup plus intéressante que ce à quoi on pourrait s’attendre, et l’excellent rendu accentue son impact.

Bonus :

Making of : Ce Making of comprend des interviews avec le réalisateur  et les acteurs et d’autres, ainsi que divers membres du personnel technique. Les sujets abordés comprennent la prémisse du film et les personnages.

 

  • Acteurs : Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts, Lucas Hedges, Timothée Chalamet
  • Réalisateurs : Greta Gerwig
  • Format : Couleur, Plein écran, PAL
  • Audio : Italien (Dolby Digital 5.1), Allemand (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1), Espagnol (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Suédois, Français, Néerlandais, Norvégien, Italien, Finnois, Hindi, Danois, Portugais, Espagnol, Islandais, Allemand, Turc, Arabe
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 1.85:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 3 juillet 2018
  • Durée : 90 minutes

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L’Île aux diables – Tome 01: Alban (20 juin 2018) de Raphaël Drommelschlager et Grégory Saint-Felix

Alban, jeune héritier d’une famille bourgeoise de Bordeaux, a toujours senti vibrer en lui l’appel du large. Son destin bascule le jour où, à la mort de sa mère, il apprend qu’il n’a jamais connu son véritable père. Que celui-ci était un pirate, ces aventuriers des mers qui n’hésitent pas à braver les dangers à la recherche de fabuleux trésors. Bien déterminé à suivre ses traces, Alban embarque alors comme mousse dans l’équipage du capitaine Engoza.

Chronique : Une bd bien rigolote et qui ne se prend pas la tête. Au départ il faut bien sur aimer l’univers des pirates pour pouvoir lire cette bd qui est très bien fait. L’humour est évidemment bien présent. L’auteur sait faire rire et rend les gags comiques et très drôles, grâce au superbes illustrations.De l’aventure, des mystères, un soupçon de magie et un trio de héros classique mais efficace : il y a matière à de jolis développements à destination d’un public jeunesse.
Les enfants vont adorer la tête des pirates, leur air très surpris lors des chutes des gags, comme s’ils ne comprenaient pas du tout ce qui se passe.
Certains gags interfèrent avec les suivants, ce qui fait qu’ils se mélangent, et c’est ça qui fait le comique. Les gags sont tantôt courts, tantôt longs.
Assez souvent, on est induit en erreur par l’auteur, du fait que ce n’est qu’au moment de la chute que l’on comprend le ridicule de la situation. L’événement sur lequel s’achève le volume surprend néanmoins et laisse entrevoir une direction inattendue et intéressante pour une suite bien attendu.

Note : 9,5/10

Note : 9/10

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  • Album: 56 pages
  • Editeur : Glénat BD (20 juin 2018)
  • Collection : Tchô !

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