Mystique de Brian K. Vaughan, portrait d’une mutante en guerre

Bleu fatal

La maison des idées, c’est ainsi que Marvel s’est elle-même baptisé au cours des florissantes années 60 qui l’ont vu prendre le pas sur son éternel concurrent DC comics. Une formule volontairement provocatrice et qui a tendance à se retourner contre son créateur, Marvel est en effet accusé de souvent recycler sans vergogne ses propres concepts dans des projets où l’aspect mercantile surpasse parfois l’aspect créatif.

Reste que cette grande machine à gaz multimédia qu’est devenu l’éditeur sait parfois touché au but en laissant un auteur apposé sa patte créative sur un comics afin de publier une œuvre qui, sans être transcendante, se révèle être maîtrisé au niveau de l’écriture. C’est le cas ici avec ce recueil de la série Mystique proposé par Panini. Ce volume réunit les 13 premiers numéros de la série scénarisé par Brian K. Vaughan, un auteur de talent qui a signé deux comics indépendants qui font office de classique immediat Y: le dernier homme et Saga.

Cette série, centré sur un personnage secondaire de la franchise X-men, aurait-elle vu le jour sans la série de films qui a propulsé les X-men au rang de champions du box-office au début des années 2000 ? Seuls les grands décideurs de Marvel ont la réponse. Le fait est qu’avoir placé Vaughan à la création de cette série est l’une des meilleures idées qu’ont pu avoir les éditeurs du pôle X-men. Il n’y avait en effet que lui pour humaniser celle qui détenait alors le titre de meilleures menaces féminines de l’univers des X-men.

Headshot

Mystique est en effet un personnage marquant de la franchise X-men. Une terroriste mutante prête à tout pour garantir la survie de son espèce. Une femme complexe, loin d’être une simple machine à tuer, du moins lorsqu’elle est écrite avec subtilité. Une mère possessive mais aimante, un aspect que Vaughan n’a sans doute pas pu évoquer en toute liberté dans cette série qui lui est consacrée. Mystique est sans doute, avec Magnéto, l’un des antagonistes des X-men les plus approfondis tant aux niveaux psychologiques que graphiques.

Les pouvoirs métamorphes de cette terreur bleutée se prêtent tout à fait à des récits d’espionnage, un genre qui était à la mode au début des années 2000 avec le succès de la série Alias. Vaughan se prête au jeu gentiment et parvient à mettre en place une intrigue captivante même si le tout reste très calibré, sans réelle surprise au niveau du scénario et d’une légèreté bon enfant. Là où l’auteur fait des merveilles c’est dans la caractérisation d’une mutante qui se retrouve dos au mur. Vaughan va en effet s’amuser à confronter cette militante pro-active de la cause mutante à ses propres convictions et contradictions tout en dressant le portrait d’une femme plus fragile que l’on pourrait le croire. Mystique se retrouve à faire alliance avec des humains sympathisants de la cause mutante dans la première histoire tandis que la seconde intrigue la mettra face à une mutante qui agit comme son miroir déformé. Cette réflexion aurait pu être poussée encore plus loin mais le série se veut avant tout un divertissement agréable.

Des couleurs pastels pour le premier arc

La série permet également à l’auteur de s’amuser avec les pouvoirs d’une espionne aux mille visages. Nul ne maîtrise mieux l’art de la tromperie et du faux-semblant que celle qui se bat pour la cause mutante depuis des décennies et cette série sera l’occasion pour elle de le prouver. Ainsi Mystique séduit, embrouille, intimide et illusione ses adversaires tout en réservant une place de choix au combos flingues et coups de pied. Mention spéciale lorsqu’elle parvient à faire croire à son ennemie qu’elle est vaincue avant de retourner la situation à son avantage. Certaines digressions autour de son pouvoir m’ont laissé plus circonspect, il serait bon que les auteurs n’oublient pas les limites du pouvoir de la métamorphe. Mais ces écarts restent suffisamment rares pour ne pas être un défaut majeurs.

Michael Ryan au crayons, un style plus affirmé

La partie graphique est assuré par pas moins de trois dessinateurs. Le premier Jorge Lucas souffre d’une colorisation hasardeuse alors même que son style se dégrade au fil des six épisodes, le dernier qu’il réalise ne tient pas la comparaison avec les premières pages du premier épisode où le trait de crayon de Lucas se rapproche de celui de Michael Turner, un autre grand nom des comics. Une comparaison élogieuse que j’aurais voulu poursuivre tout au long de la lecture de ce premier arc sans que cela ne soit malheureusement possible. Michael Ryan prend en charge l’intrigue suivante armé d’un style plus mâture où l’on commence à voir des jeux d’ombres et de lumières avec plus de dynamisme durant les scènes d’action, sans doute la partie graphique la plus réussie à mon goût. Enfin Manuel Garcia signe les épisodes onze et douze avec là aussi une gestion réussie de l’ombre et de la lumière et un trait épais qui colle bien à l’ambiance plus urbaine de l’histoire.

Ce recueil est donc l’occasion de lire le portrait tout en finesse d’un personnage complexe qui s’humanise page après page sous la plume d’un auteur qui n’a pas son pareil pour rendre attachant les personnages qu’il écrit. Si ces épisodes ne révolutionnent en rien les récits d’espionnage ils ont le mérite d’être entraînants avec quelques dialogues bien sentis. Le tout soutenu par des dessins qui maintiennent une certaine homogénéité malgré le trio d’illustrateurs. Une bien belle idée de la part de Marvel d’avoir mis en avant ce personnage dans sa propre série.

Un duo original qui fonctionne très bien

Résumé: Ennemie des X-Men depuis toujours, Raven Darkholme, alias Mystique, utilise ses pouvoirs de métamorphe à des fins terroristes. Mais traquée par tous les gouvernements du monde, elle est sauvée par le Professeur Xavier qui lui propose de travailler pour lui comme agent secret. Elle est aidée par un minuscule mutant et Forge, une ancienne flamme, dans des missions de plus en plus dangereuses. Mais peut-on vraiment faire confiance à Mystique ? Par ailleurs, Mystique peut-elle faire confiance à Xavier ?

  • Éditeur : Panini (13 janvier 2021)
  • Langue : Français
  • Relié : 312 pages
  • ISBN-10 : 2809494355
  • ISBN-13 : 978-2809494358
  • Poids de l’article : 1.28 kg

Dans les pas du fils – 20 janvier 2021 de Renaud François , Tom François , Clémentine Fourcade

Entre Renaud et son fils Tom, c’est l’incompréhension. À dix-sept ans, l’adolescent semble glisser sur une mauvaise pente : échec scolaire, violence, drogue…

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Chronique : Réconciliation d’un père et de son fils au fil d’un périple à cheval de 4 mois au Kirghizstan. Ce roman graphique est intéressant pour la beauté des paysages qu’ils traversent et pour leurs contacts presque quotidiens avec les gens du pays qui les accueillent chaleureusement dans leurs yourtes. Tom, le fils apprend ainsi avec les jeunes à rassembler le bétail, à chasser et pêcher, à traire les juments et préparer le koumis’. Il découvre aussi son amour du cheval et le sens des responsabilités. Petit à petit les clashs quotidiens entre le père et le fils s’espacent et ils retrouvent une vraie relation d’amour et de respect mutuel.
Ce témoignage est doublement émouvant. le lecteur est face à une nouvelle culture. C’est un choc pour Tom mais aussi le lecteur. Et puis le lecteur ressent la détresse de Renaud et la colère de Tom. Pas de faux semblant. Tom et Renaud nous confie leur difficulté à communiquer, leur manque de gestes affectueux l’un envers l’autre.
J’ai été émue aussi par le rapport de confiance qui s’installe entre Tom et Django. Comme quoi un animal peut faire ressortir le meilleur en soi.
Dans les pas du fils c’est certes un plongeon dans l’inconnu mais pour nous parents il nous met face à notre réalité sur nos rapports conflictuels avec nos enfants.
Père et fils au delà du road trip nous donne une très belle leçon de vie. les dessin aide à une très belle morale et provoque chez moi un immense coup de coeur.

Note : 10/10

Éditeur : Calmann-Lévy (20 janvier 2021) Langue : : Français Relié : 168 pages ISBN-10 : 270218216X

Défense d’entrer! BD T02: Le fantôme du lac – 2 septembre 2020 de Caroline Héroux , Lisette Morival , Aurélie Guarino

Ça y est Lolo, part en colonie de vacances! En camping dans les bois, il rêve à toutes les bêtises qu’il va pouvoir faire avec ses copains sans avoir sa famille sur le dos. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que le fantôme de Victor le mort est bien décidé à lui gâcher son été. Une aventure super drôle… Sauf pour lui!

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Chronique : Cet bd est l’adaptation du roman du même nom de Caroline Héroux, la plume de Lisette Morival surprendra les jeunes lecteurs qui pensaient lire une histoire de de gags, bien que c’est le sujet il creuse ici une belle histoire qu’il développe sur le long de la bd
Une BD surprenante qui explique en douceur et permet une réflexion sur l’amitié et la fraternité plutôt saine pour éviter parler de la vie scolaire.

Les illustrations en couleurs sont exceptionnelles sur les expressions des personnages, du fait du trait caricatural, ce qui va vous valoir des crises de fous rires !
Si vous souhaitez vous amuser intéressez-vous d’abord à ce personnage de lolo mal assorti qui vous montrera ce qu’il vous attend…
Vous avez soif de mésaventures… euh, d’aventures très marrantes avec des personnalités complètement décalées, cette bande dessinée est pour vous !

Note : 9,5/10

Éditeur : Kennes Editions (2 septembre 2020) Langue : : Français Relié : 48 pages ISBN-10 : 2380751277

Rages T01: Le Rideau de Titane – 16 septembre 2020 de Dan & Tome

Dans ce pays imaginaire (mais l’est-il tant que cela?) peuplé exclusivement d’animaux, tout oppose le Nord et le Sud jadis en guerre et désormais séparés par un mur infranchissable: le Rideau de Titane.

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Chronique : Content mais frustré, ce tome est une toute petite intro a un univers qui se promet bien sale et violent…
C’est sombre à souhait et glauque d’autant, cru dans la représentation des tueries et des sévices psychologiques subies par tous les personnages rencontrés.
Ni naïf ni putassier, les grands thèmes chers aux dystopies bien sanglantes sont ici exploités. Des illusions aux rêves brisés, de la propagande heurtant avec fracas la réalité pour la pulvériser, jusqu’aux masses grouillantes excitées par la violence spectacle et tenues en laisse par la peur même de participer à ce spectacle… Tout y est pour créer une ambiance anxiogène au possible.
Mais cela reste une introduction partielle, parce qu’à trop se concentrer sur la représentation visuelle de la violence, le scénario prend (beaucoup trop) son temps pour démarrer. Ce serait génial si j’avais directement la suite sous la patte tant forte est l’envie d’y aller, mais avec les délais classiques de parution des BD, je doute me souvenir assez des quelques éléments distillés pour raccrocher avec un tel enthousiasme.
Visuellement, c’est très, très beau, il n’y a rien à redire là dessus. La ménagerie anthropomorphe est magistralement diverse et bien exécutée. Certains animaux sont dérangeants à souhait (mention spéciale pour les Girafes docteurs de la Mort) et les décors œuvrent parfaitement à l’élaboration de l’esprit grandiose, grandiloquent et outrancier du pays de An-Ahm , tout souillé qu’il est de ces milliers de rêves brisés, de la lente invasion de la pourriture de sa corruption et de sa propre déliquescence programmée.

Chronique de un riou

Éditeur : Kennes Editions (16 septembre 2020) Langue : : Français Relié : 80 pages ISBN-10 : 238075148X

Gideon falls de Lemire et Sorrentino, ah le charme discret de la campagne

Gideon falls tome 1 à 3

Image comics s’est fait une spécialité depuis plusieurs années de laisser carte blanche à des auteurs pour qu’ils puissent développer leurs univers. Une ligne éditoriale payante puisque Image comics est devenue au fil des années un poids lourd de l’industrie du comics américain, se positionnant juste derrière Marvel et DC en terme de ventes. Ainsi l’éditeur crée durant les années 1990 par ceux que l’on a appelés les image boy est-il devenue le refuge pour tous les auteurs qui veulent proposer leurs propres récits, parfois très éloignés du canon super-heroïque. Ouvrir un comics image c’est l’assurance de découvrir un univers à part entière, l’éditeur ne se refuse aucune proposition, du moment qu’elle semble qualitative, et enrichit son catalogue de récits fantastiques, de science-fictions, de westerns, de thrillers mais aussi de récits d’horreur.

Audace visuelle et narrative sont au rendez-vous

Le comics en question s’inscrit justement dans cette mouvance horrifique. Les auteurs en sont Jeff Lemire aux scénarii et Andrea Sorrentino, oui c’est un homme, aux dessins. J’ai eu l’occasion de découvrir ce tandem alors qu’ils officiaient sur la série marvel Old man Logan et même si j’appréciais ce que je lisais je ne pouvais m’empêcher de me dire que les carcans inhérents à ses récits mainstream réduisaient considérablement leurs créativités aussi lorsque j’eus la possibilité de me plonger dans leur création indépendante, baptisé Gideon falls, je n’ai pas vraiment hésité.

Vous perdrez pied en même temps que Norton en découvrant sa tragique histoire

La claque visuelle arrive très vite. Sorrentino ne tarde pas en effet à livrer des planches renversantes, au sens propre comme au figuré, d’une beauté crépusculaire à couper le souffle. Je ne m’y connais pas suffisamment en technique artistique mais en admirant ses planches j’ai eu comme l’impression que l’auteur avait parsemée de la cendre sur ses croquis avant qu’ils ne soient encrés. Il en résulte des planches à la fois belles et inquiétantes où la folie semblent toujours frôler le bords des planches. Les deadlines ne sont sans doute pas les mêmes que lorsqu’il travaille pour l’un des big two car ses cadres fourmillent de détails qui donnent encore plus de profondeur au récit. La preuve que lorsqu’on laisse du temps à un artiste il peut livrer un tout autre rendu que sur des séries mensuelles aux deadlines oppressantes.

Quoiqu’il arrive ne vous approchez pas de la grange noire

Les couleurs sont assurées par Dave Stewart et là aussi le travail effectué est bluffant. On baigne dans une ambiance grisâtre et dépressive durant les passages urbains du récit tandis que des couleurs pastel apaisantes égayent les paysages champêtres. Rapidement de larges aplats d’un noir des plus sombres, relevés par d’inquiétantes touches rougeâtres, viendront happer le lecteur dans une histoire où l’angoisse se dispute la place d’honneur avec la folie et la terreur la plus pure.

Au cœur des ténèbres, la lumière de l’espoir tendue par l’autre mais est-ce suffisant pour échapper à son sort ?

Le scénario ne déplaira pas aux afficionados de récits horrifiques dont les maîtres étalons sont Stephen King et H. P. Lovecraft. Jeff Lemire invoque les esprits des plus grands auteurs du genre fantastique dans un récit qui résonne à la fois comme très référencés, la grange noire faisant penser à la nouvelle l’abomination de Dunwich, mais aussi très personnel notamment à travers la quête désespérée de Norton. Le récit qui fait intervenir le père Wilfred est plus accessible, plus balisé, avec ses meurtres sanglants qui englobent la petite ville de Gideon falls d’une chape de mystère étouffante. La double narration n’est jamais gênante, les deux récits se répondent et développent leurs propres thèmes sans que l’un ne parasite l’autre. Un récit qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des épisodes et emprunte une direction inattendue dans le troisième volume, moins intimiste et plus fantastique, mais qui offre à Sorrentino une nouvelle occasion de faire une démonstration de son talent à l’aide de planches toutes plus folles les unes que les autres.

Quand les dessins soutiennent la narration ça rend les explications plus fluides

À l’heure actuelle la série est toujours en cours aux États-Unis tandis que l’éditeur Urban a publié quatre volumes en France. Il faudra bien évidemment attendre la conclusion pour juger de l’ensemble de l’œuvre mais au vu des épisodes déjà parus je ne peux que vous conseillez de vous jeter sur la route qui mène à Gideon falls qui sait ce que vous y trouverez en chemin.

Ais-je besoin de préciser le côté qualitatif des couvertures ?

Résumé: Norton Sinclair est un jeune homme perturbé, marginal et légèrement paranoïaque. Persuadé que les déchets des citadins renferment les clés d’une conspiration d’envergure, il accumule, classe et livre ses conclusions hallucinées au sujet d’une grange noire au docteur Xu, la psychiatre qui le suit depuis sa sortie de l’hôpital. Ailleurs, dans la petite bourgade de Gideon Falls, le père Fred prend contact avec la nouvelle communauté dont il a désormais la charge après la disparition subite du précédent prêtre. Au cours de sa première nuit sur place, une sinistre grange noire vient ponctuer une série d’événements pour le moins dérangeants…

Univers: INDIES
Collection: Urban Indies

Scénariste :

Jeff Lemire
Dessinateur:

Titus et les lamas joyeux – Mission sac de piscine / Au secours, un ado de de Anne-Gaëlle Balpe (Auteur), Zoé Plane (Illustrations)

Les Lamas Joyeux sont toujours prêts et ils n’ont peur de rien.

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Chronique : Une BD surprenante qui explique en douceur et permet une réflexion sur l’amitié et la fraternité plutôt saine pour éviter parler de la vie scolaire. Les illustrations en couleurs sont exceptionnelles sur les expressions des personnages, du fait du trait caricatural, ce qui va vous valoir des crises de fous rires !
Vous avez soif de mésaventures… euh, d’aventures très marrantes avec des personnalités complètement décalées, cette bande dessinée est pour vous !

Note : 9,5/10

Éditeur : Nathan (1 octobre 2020) Langue : : Français Relié : 40 pages ISBN-10 : 2092594486

Nom d’un Poulpe ! : Le Pacte de l’amitié de MISS PATY

La famille Poulpe est prête pour les vacances, leur fils Tom a enfin atteint l’âge de visiter la Surface. Dernière étape avant de sortir de l’eau : la métamorphose !

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Chronique : Bravo à Miss Paty pour cette belle bd plein de gribouillis, de différentes polices de caractères pour l’écriture des jeunes lecteurs le trouveront intéressant. Même si le livre a 96 pages, la quantité d’écriture sur chaque page est très bien maitrisé que ce soit dans les dessins comme des textes. Ainsi, le livre peut être facilement consommé par les jeunes lecteurs. L’histoire est simple et certains lecteurs pourraient trouver cela un peu long, mais ce serait un excellent choix pour un enfant d’âge moyen qui vient de commencer à lire seul.

Note : 9/10

Éditeur : Slalom (13 août 2020) Langue : : Français Broché : 96 pages ISBN-10 : 2375542509

Kid Paddle – Tome 16 – Kid N’Roses de Midam

Il passe sa vie à dégommer des monstres gluants et terrifiants. Pourtant, Kid Paddle n’est pas un agent spécial intergalactique.

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Chronique : La vie est dure, parfois, quand on adore les jeux vidéo et que l’on perd – souvent. Les jeux aimés par Kid sont gores, très gores, et lui-même a des divertissements qui sont parfois un peu saignants. L’ensemble est pourtant drôle et divertissants, certains gags sont particulièrement réussis. Et pensons au papa de Kid, qui a fort à faire avec lui et sa soeur.
Avec Kid, tout est sujet à détournement. Même construire un château, ou un personnage de sable, peut devenir totalement autre chose – et ne parlons même pas du rôle des collerettes pour chien.
Une BD drôle et saignante.

Note : 9,5/10

ASIN : B089M2GZSW Éditeur : DUPUIS (6 novembre 2020) Langue : : Français Broché : 48 pages ISBN-13 : 979-1034747771

Les aventures de Blake et Mortimer, Tome 27 : Le cri du Moloch Broché – 20 novembre 2020 de Etienne Schréder

Dans le précédent opus scénarisé par Jean Dufaux, « L’Onde Septimus », la menace d’un engin extraterrestre, baptisé Orpheus, avait été déjouée grâce au sacrifice d’Olrik. Depuis, le « colonel » vit reclus dans un asile psychiatrique.

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Chronique : Avec ce 27e tome, Blake et Mortimer renouent avec la veine fantastique peusdo-scientifique qui a, par le passé, donné des titres de gloire à nos deux héros. Et cette fois-ci, encore, je trouve le résultat de très bonne facture.
Outre un scénario qui tient la route (de l’espace) et qui réserve quelques bonne surprises (avec un contre-emploi judicieux d’Olrik lui permettant d’échapper aux sempiternelles défaites de ce dernier) et de nombreux rebondissements, j’ai beaucoup aimé le très beau travail d’encrage mettant en valeur un choix très pertinent de l’usage des couleurs (tons bleus et jaunes pour les pages 14 à 17 notamment, ou rouges pages 21 et 47) illustrant à merveille l’automne anglais et les rues de Londres, tout au long de l’album. Etienne Schréder a fait un travail absolument remarquable sur ce point précis.
Du côté des pinceaux, le travail graphique est tout aussi bon ; Christian Cailleaux, pour les personnages, et Etienne Schréder, pour les décors, ont créé un tandem réussi, même si jaurai parfois aimé que le nombre de cases par page ne soit aussi important, afin de disposer de vignettes de plus grandes tailles en plus grand nombre (mais on est là dans l’appréciation personnelle subjective).
Autre élément à noter qui fait la différence avec d’autres albums, j’ai beaucoup aimé le travail autour du langage du Moloch (inspiré de l’alphabet méroïtique) qui apporte une dimension graphique très intéressante, en donnant une tonalité mystérieuse supplémentaire à l’histoire.
Enfin, et ce n’est pas le moindre des points forts de cet album, il apporte une toute autre perspective à son prédécesseur « L’onde Septimus », qui pris séparèmenet m’avait semblé touffu et parfois compliqué à interpréter (voire la fin en particulier), et qui trouve finalement avec ce 27e tome une suite qui rend l’histoire d’ensemble très bien vue. Et c’est très bien ainsi.
Voilà donc, un album qui devrait rester dans les mémoires comme celui dans lequel, Olrik sauva le monde (tout en y trouvant son intérêt personnel, il n’est pas Olrik pour rien !) aux côtés d’un Mortimer toujours aussi réussi.

Note : 9.10

Éditeur : Editions Blake et Mortimer (20 novembre 2020) Langue : : Français Broché : 56 pages ISBN-10 : 287097292X

Dawn of X, le renouveau des X-men par Jonathan Hickman

Ah les X-men. Un de mes amours d’enfance je dois bien l’avouer. Je me souviens de l’argent de poche dépensé pour acheter les fascicules mensuels au tabac le plus proche. Année après année je restais plus ou moins connecté à cet univers foisonnant qui s’enrichissait chaque année de nouvelles séries à la longévité incertaine, d’événements interconnectés, les fameux crossovers, parfois aussi difficile à suivre qu’une carte routière. Mais ces dernières années ont été particulièrement rudes pour les porteurs du gène mutant. Les tensions entre les studios Disney et celui de la Fox, détenteur des droits cinématographiques des X-men jusqu’à tout récemment encore, ont poussé les grandes pontes de Marvel à enfouir les héros de mon enfance sous une couche de récits ineptes et éloignés du concept de base de la série X-men, c’est-à-dire la cohabitation pacifique entre mutants et humains.

Ennemis et alliés tous réunis, encore un peu et ils vont se tenir par la main en étonnant des chants de Noël

Le retour de la franchise dans le giron des studios Disney était l’événement annonciateur de la reprise en main de l’univers mutant. Et cette main sera celle du scénariste Jonathan Hickman.

D’emblée cette annonce m’a laissé de marbre car Jonathan Hickman a le don de narrer des récits avec des concepts formidables et ambitieux mais complètement dépersonnalisés. Les personnages servent l’histoire est non le contraire, en tout cas dans les récits que j’ai pu lire de cet auteur auparavant. Voilà pourquoi je me suis tenu éloigné de cette nouvelle ère pourtant acclamée par la critique. Mais les différents retours et une curiosité insatiable ont fait céder mon entêtement.

Le conseil secret de Krakoa chargé de gouverner tout ce beau monde

Et le moins que l’on puisse dire c’est le scénariste féru de science-fiction n’a pas pris les consignes de son éditeur en chef à la légère. Son renouveau, qui s’exprime à travers deux mini-séries complémentaires House of X et Power of ten, a de quoi laisser les lecteurs les plus anciens dubitatifs. En effet terminé le rêve de coexistence pacifique entre mutants et humains, le professeur Xavier invite tous les mutants de toutes les nationalités, y compris les criminels, à se réfugiés sur l’île de Krakoa qu’il proclame état-nation. La production de médicaments révolutionnaires pour l’organisme humain leur assure un PIB confortable alors même que des portails disséminés un peu partout dans le monde, et même sur la lune, permettent à tous les mutants de rejoindre Krakoa. De nombreux concepts sont introduits sans grande subtilité et reste obscur mais l’auteur sait qu’il doit faire vite, la franchise X-men ne se calcule plus seulement en vente papier mais aussi en ticket de cinéma. De plus les délais de publication de Marvel ne lui permettent pas de lambiner sur la partie exposition de son récit. Il insère donc des pages de texte, des cartes, des organigrammes, des listes qui fragmente le rythme de lecture mais peu importe, en huits numéros les bases sont posées et les choses sérieuses peuvent commencer.

L’ère Dawn of X succède à ces deux mini-séries et permet de rentrer dans le vif du sujet à travers six séries qui vont chacune explorer à leurs manières ce nouveau statu-quo. Rapidement on note des dialogues qui tranchent violemment avec la psychologie de certains personnages établis depuis des années. L’ambiance qui se dégage de ce nouvel eden mutant a des relents de secte suprémaciste où les humains seraient uniquement un mauvais souvenir à oublier. C’est le sujet le plus polémique de ce renouveau. Entendre Storm, qui a toujours incarné la voie de la sagesse, dédaigné les humains à de quoi perturber. Pourtant il se dégage de cette atmosphère paradisiaque quelque chose de malsain, comme si cet éden était trop beau pour durer, nul doute que l’auteur n’a fait que placer ses pions pour le moment.

Tout cela est peut-être un peu trop beau pour durer

La seconde surprise de ce nouveau statu-quo est de voir certains des ennemis les plus emblématiques des X-men collaborer avec eux dans un élan communautaire des plus improbables lorsque l’on connaît les egos surdimensionnés de certains d’entre eux, sans parler de leurs passifs houleux avec les élèves du professeur Xavier. L’auteur aura l’intelligence d’apporter une réponse dans les premiers numéros des différentes séries. Il apparaît en fait rapidement que, malgré la solidarité de façade, les egos et les intérêts personnels sont toujours autant d’actualités. Un aspect qui est notamment exploré dans les séries Excalibur et Marauders et plus tardivement dans la série X-men respectivement scénarisé par Gerry Duggan, Tini Howard et Jonathan Hickman et illustré par Matteo Lolli, Mario Del Pennino, Marcus To et Matteo Buffagni.

Des jeux de pouvoirs qui mettent à mal l’ambiance cordiale quin règne sur krakoa

Tout l’enjeu de cette nouvelle ère est de mettre en place des menaces qui viendrait mettre à mal l’idéal communautariste des mutants. Cela a au moins pour mérite de remettre la question du racisme humain à l’encontre des mutants et de la haine au centre de certains récits. Il faut avouer que ces concepts avaient été traités de manière plutôt légère ces derniers temps, quand ils n’étaient pas tout simplement absents. Hickman a visiblement donné pour consigne aux différents scénaristes de traiter la question du racisme sous un angle différent pour chaque série. Ainsi la série X-force, écrite par Benjamin Perry et Joshua Cassara s’attache à développer les convoitises que suscite l’industrie pharmaceutique mutante tandis que la peur de l’ingérence motive l’antagoniste principal des premiers numéros d’Excalibur. La série X-men, quant à elle, s’est contenté d’introduire des concepts mais sans réel fil rouge pour l’instant. C’est également la série la plus politique avec X-force.

Plus les mutants se protègent plus les menaces sont dangereuses

Cependant aussi étudié que soient les plans d’Hickman pour les héros de Marvel cela n’empêche pas certaines séries de manquer de pertinence. Ainsi Fallen angels sonne comme l’échec le plus retentissant de cette nouvelle fournée de séries mutantes. Sa narration brouillonne et l’absence de charisme de son héroïne ont fini par enterré ce qui n’aurait pu être une proposition de série plus mâture. Car le jeune public n’est pas oublié par le biais de la série New mutants, dont les membres fondateurs subissent un lifting inutile, qui a l’honneur de se voir écrite par deux scénaristes, Jonathan Hickman lui-même et Ed Brisson. Aux crayons se sont Flaviano et Rod Reis qui se partagent le travail. Les auteurs ont pris le parti de créer deux équipes distinctes, pour l’instant. Tandis que l’une permet à Hickman de renouer avec le vide intersidéral l’autre offre des aventures plus terre à terre mais qui, en plus d’enchaînées les incohérences, manque d’ampleur. Cette seconde équipe a au moins le mérite d’être en raccord avec le thème central voulu par Hickman, c’est-à-dire le rapport au monde des mutants et les conséquences de leurs actions et décisions tandis que la première équipe paraît complètement déconnectée des autres séries.

Un rajeunissement des plus discutable

Après six numéros de chaque série parue l’on peut apercevoir la direction prise par Hickman et le plan d’ensemble qu’il souhaite emprunter. Certains choix ont de quoi laisser sceptique mais l’ambition de son projet pour les enfants de l’atome est indéniable. On sent une réelle volonté de questionner la place dans le monde d’individus aux pouvoirs parfois terrifiants. Il ne reste plus qu’à espérer que cette ambition finisse par former un récit cohérent et non pas une mascarade scénaristique auquel les lecteurs sont malheureusement habitués.