Plunge de Joe Hill et Stuart Immonen, plongée en eaux troubles (ok elle était facile)

On continue la lecture des comics horrifiques écrit par Joe Hill, si vous ne le savez pas encore il s’agit de nul autre que du fils de Stephen King, l’éditeur DC lui a créé son propre label de comics Hill house comics pour que l’auteur puisse librement s’exprimer au travers de récits indépendants mais qui partage tous la même essence horrifique.

J’étais particulièrement impatient de découvrir ce second récit que nous propose Urban comics. Après l’excellent Basketful of heads il me tardait de voir ce qu’allait donner la plume de l’auteur lorsqu’il la trempe dans l’encre sombre des profondeurs marines.

Ce soir au menu c’est fricassée de poulpe

Et bien même si je dois reconnaître des qualités à cette aventure maritime je dois admettre qu’elle ne m’a pas autant convaincue que le précédent récit. Je m’attendais à une exploration des fonds marins glaçante d’effroi, je me suis retrouvé à légèrement grelotter sur les plages d’un atoll russe en compagnie de « zombies » qui passe le temps à résoudre des équations mathématiques. Alors que je m’attendais à partir à la découverte d’une épave dans une atmosphère angoissante j’ai dû assister à la capture rapide de nos héros par une bande de revenants peu ragoûtants certes, mais sans envergure. L’aspect Lovecraftien du récit survient trop tardivement pour relancer l’intérêt, à ce moment-là l’auteur m’avait déjà perdu dans l’une des décimales de PI.

Des scènes d’exploration comme j’aurais voulu en avoir plus

Déception encore concernant les personnages. Ils sont trop nombreux, tout simplement. C’est là que le choix de produire des récits en six numéros qui ne totalisent même pas 200 pages montre ses limites. Difficile de s’attacher à cet équipage hétéroclite en si peu de temps. Il m’a fallu trois numéros pour comprendre que Moriah et Bill étaient en couple sans que je ne parvienne jamais à les imaginer ensemble. Le capitaine Carpenter est le personnage le plus mémorable et attachant avec sa gouaille, son physique d’ours et son entrée en scène dans le premier épisode que l’on peut qualifier de trivial et qui offre l’un des rares moments d’humour du récit. Son charisme éclipse les autres personnages, y compris ses propres frères et la brave Moriah. Là où Basketful of heads se focalisait sur un personnage et une narration électrique, Plunge au contraire multiplie les explications sans éviter certaines incohérences ou qui rendent la lecture brouillonne au final.

Devine qui c’est ?

L’excellent Stuart Immonen assure la partie graphique. Le spectre des couleurs est largement occupé par le bleu sombre, ce qui n’empêche pas l’artiste de signer des planches d’une redoutable efficacité. Les eaux glacées de l’océan Pacifique ont rarement été aussi bien reproduite dans les pages d’un comics, on sentirait presque l’air marin et l’iode. Son trait épais et sombre se prête merveilleusement à ce récit tout en pénombre et faux semblant.

Les couvertures raconte également une histoire

S’attendre à quelque chose lorsque vous débutez un récit puis voire ses attentes de lecteurs être malmené c’est une chose qu’il faut parfois savoir accepter. Après tout rien n’oblige l’auteur à combler nos attentes, mais lorsque les personnages vous passent sous les yeux sans que vous ne parveniez à les retenir ou que le rythme de l’intrigue vous paraît bancal c’est qu’il y a un problème. Ce récit n’a pas su toucher mon cœur de lecteur mais il en sera peut-être autrement pour le suivant, Joe Hill est un auteur à l’imagination débordante je lui fais confiance pour me terrifier à nouveau.

Les variant cover de Gary Franck sont également un régal

Résumé: Au lendemain d’un tsunami, on détecte au large du détroit de Béring le signal de détresse du Derleth, un navire d’exploration scientifique… disparu depuis 40 ans. Le biologiste marin Moriah Lamb rejoint l’équipe de remorqueurs d’épaves missionnée par Rococo International, un groupe privé très intéressé par la cargaison du Derleth. De même qu’il est heureux que les mystères de l’univers soient inaccessibles à l’entendement humain, certains secrets devraient quant à eux rester immergés dans les abysses du cercle arctique.

  • ASIN : B08W6QD84K
  • Éditeur : URBAN COMICS; Illustrated édition (28 mai 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 168 pages
  • ISBN-13 : 979-1026828389
  • Poids de l’article : 700 g
  • Dimensions : 18.8 x 1.6 x 28.2 cm

Les Misérables – 19 mai 2021 de Éric Salch

On ne va pas vous réexpliquer Les Misérables de Victor Hugo. On connaît tous les histoires de ses personnages. Tout ça, on le sait déjà plus ou moins, mais ce qu’on ne connait pas, ce que jamais on n’aurait pu imaginer, c’est la version des faits par Éric Salch.

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Chronique : Une relecture moderne, poétique et irrévérencieuse de l’œuvre de V. Hugo. Respectant la trame narrative originale et le propos du roman, l’auteur ajoute humour noir et anachronismes, partageant ainsi sa vision de l’histoire de Jean Valjean, de Cosette, de Marius, de Javert ou encore de Gavroche. Ce que jamais on n’aurait pu imaginer, c’est la version des faits par Eric Salch. Drôle et tragique, aidé d’une poésie fiévreuse et souillée bien à lui, Eric Salch livre une vision personnelle et décalée des Misérables.
Si le récit suit parfaitement la narration de l’œuvre originale et que la pertinence de son propos reste indéniable, Eric Salch grossit les traits, ajoute anachronismes et absurdités pour ainsi nous faire rire du drame et du terrible de cette sublime tragédie romanesque.

Salch arrive avec des trait humoristique à offrir un drame, des situations et des personnages, mais aussi une façon de dire, de figurer l’humain dans les profondeurs du temps et de la conscience – dont il nous fait à distance les légataires obligés : une histoire pensée et rêvée pour un avenir, c’est-à-dire à la fois pour notre présent et pour le futur.

En effet, avec l’histoire de tous ces personnages considérés misérables, l’auteur veut traiter de ces vies rêvées, mais pas toujours atteignables. De par ces rêves tronqués, il en découle tout naturellement un sentiment d’injustice, d’une vie qui n’est pas la même pour tout le monde. C’est au travers de ces deux thèmes que Salch nous transmet ses idéaux moderne.

Les Misérables vu par Eric Salch est une œuvre unique, un roman graphique qui ne plaira pas à tout le monde mais qui fait réfléchir et qui ne laisse personne indifférent. Avec ses exagérations, ses descriptions, la manière dont il traite l’Histoire, la cadence des personnages, l’intrigue en elle-même. Les Misérables est surtout une œuvre critique de son temps et Salch fait ainsi appel au pathos, c’est-à-dire qu’il provoque de l’émotion chez les lecteurs, il s’agit d’un roman graphique rédigé pour faire réfléchir sur nous et notre époque tel le roman d’origine de Victor Hugo..

Note : 9,5/10

Éditeur : Glénat BD (19 mai 2021) Langue : Français Relié : 192 pages ISBN-10 : 2344042474 ISBN-13 : 978-2344042472

Joe la pirate – 5 mai 2021 de Hubert (Scénario), Virginie Augustin (Dessins)

C’est l’histoire vraie d’une petite fille née en 1900 à Londres, qui « se sentait déjà queer dans la matrice ». En grandissant, elle a fait le tour du monde, elle a lancé sa compagnie de taxis féminins, elle a fait la guerre, elle a battu des records de vitesse dans des courses de bateau, elle a régné en monarque éclairé sur une île des Bahamas, elle a eu pour meilleur ami et confident une poupée…

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Chronique : Un vrai coup de cœur que Joe la pirate qui raconte l’histoire de : MARION BARBARA CARSTAIRS était l’un des grands excentriques du XXe siècle – une lesbienne travestie qui avait des tatouages ​​sur les bras, fumait des cigares coûteux, s’appelait Joe et était une championne du monde de course de hors-bord dans les années 1920. Pourtant, lorsqu’elle est décédée en 1993 à l’âge de 93 ans, elle était presque oubliée.

Carstairs est née à Londres en 1900, petite-fille de l’un des administrateurs d’origine de Standard Oil. Son héritage lui a donné la liberté de vivre sa vie sans contraintes, et c’est exactement ce qu’elle a fait. «Je n’ai aucun penchant pour l’art ou pour les réalisations que l’on associe habituellement aux filles», a-t-elle dit un jour. Elle a canalisé sa richesse considérable dans l’achat et la course de vedettes rapides. En 1926, elle remporte le prestigieux trophée du Duc d’York et remporte la course internationale du Royal Motor Yacht Club et la Lucina Cup. Interrogée sur son succès, elle a répondu: «J’ai aimé les bateaux. J’ai aimé la façon dont ils se sont comportés. Je les ai compris.  »

Cependant, Carstairs a eu du mal à comprendre sa mère, Evelyn, divorcée quatre fois, toxicomane. Carstairs a déménagé à Paris à l’âge de 17 ans, où, elle «  apprenait à vivre comme un homme.  » Elle a eu sa première rencontre lesbienne là-bas –  » J’ai dit: «  Mon Dieu, quelle chose merveilleuse ». J’ai trouvé dommage d’avoir attendu si longtemps  » – et de me lancer dans une liaison avec Dolly Wilde, la nièce d’Oscar. Evelyn détestait le lesbianisme de sa fille et menaçait de lui enlever l’héritage de Carstairs si elle ne «  s’attachait pas et ne se marierait  ». «Après le mariage, ils se sont séparés immédiatement et à l’amiable» »Même dans la vieillesse, Joe s’est efforcé de souligner que le mariage n’a jamais été consommé.  »

Parfois, il n’est pas tout à fait clair si le roman graphique est une grande histoire d’amour (d’une femme et sa poupée) ou un récit édifiant sur les dangers de la richesse et de la folie. Une chose est sûre: les lecteurs ne sauront peut-être pas quoi penser de Carstairs, mais ils apprécieront certainement de lire à son sujet et rentreron dans ce récit si bien fait.

Note : 10/10

Éditeur : Glénat BD (5 mai 2021) Langue : Français Relié : 224 pages ISBN-10 : 2344039430 ISBN-13 : 978-2344039434

Les Sortilèges de Zora – Tome 01: Une sorcière au collège – 5 mai 2021 de Judith Peignen (Scénario), Ariane Delrieu (Dessins)

Zora est une pétillante sorcière de 12 ans qui vit, avec sa grand-mère Babouchka, sur le toit d’un immeuble parisien. Victimes de la chasse aux sorcières, elles ont trouvé refuge dans une étrange maison, invisible aux yeux des Nonsorciers et entourée d’un immense jardin magique qui les protège de tous dangers.

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Chronique : Ce premier tome d’une cinquantaine de pages est prometteur. L’intrigue se pose rapidement et on s’attache très vite à cette jeune sorcière un peu rebelle avec ses cheveux ébouriffés. Ses parents sont en Résistance et Zora n’a qu’une envie : les rejoindre et combattre. Combattre pour exister en tant que sorcière. Elle n’a aucune envie d’une vie monotone au sein de la communauté des nonsorciers !

Les pages se tournent toujours aussi vite et avec le sourire. On ne doute pas que le jeune public rigole des bons mots trouvés par Judith Peignen. Une histoire qui commence tout en douceur pour continuer avec des courses poursuites… On ne s’ennuie jamais. En plus, c’est les gentils qui gagnent à la fin grâce à l’amitié, l’écoute et le partage. le petit plus, c’est qu’on parle de l’importance des livres. La vérité est peut-être ailleurs parfois mais souvent elle peut se trouver dans des livres. . La trame de l’histoire n’est qu’un fil conducteur , léger et secondaire. Ce qui tient le devant de la scène, ce sont cet univers enchanteur d’un pays de non sorciers . Les dessins sont beaux, expressifs, fournis, et la colorisation a des teintes douces et lumineuses. L’alliance des auteurs est une belle réussite. Une bd jeunesse qui devrait en séduire plus d’un. Magie et amitié sont les mots clés de cette aventure. Au final, lorsqu’on referme l’ouvrage, on a juste envie de lire la suite.

Note : 9,5/10

Éditeur : Vents d’Ouest (5 mai 2021) Langue : Français Relié : 56 pages ISBN-10 : 2749309387 ISBN-13 : 978-2749309385

Bon chien T02 – 21 avril 2021 de Lapuss’, Tartuff & Baba

Fidèles, affectueux et joueurs, les chiens illuminent le quotidien de leurs maîtres. Il faut cependant avouer que nos chers toutous se montrent aussi parfois un peu balourds et qu’ils provoquent, sans le vouloir, bien des catastrophes autour d’eux.

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Chronique : J’adore les chiens, les chats et.. la série Putain de Chat de Lapuss’
Fidèles, affectueux et joueurs, les chiens illuminent le quotidien de leurs maîtres. Il faut cependant avouer que nos chers toutous se montrent aussi parfois un peu balourds et qu’ils provoquent, sans le vouloir, bien des catastrophes autour d’eux. D’un point de vue esthétique, nous sommes sur la même ligne directrice que Putain de Chat. Les anecdotes sont en noir et blanc. Les traits sont fins et simples. Il y a peu de décor et de détails. Encore une réussite avec cette lecture qui m’a fait passer un agréable moment.

Note : 9/10

  • Éditeur : Kennes Editions (21 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Relié : 64 pages
  • ISBN-10 : 2380753466
  • ISBN-13 : 978-2380753462

Ninn T05: Magic City – 28 avril 2021 de Jean-Michel Darlot & Johan Pilet

Magic City… Un antique parc d’attractions perdu au coeur des Grands Lointains, abandonné depuis plus d’un siècle. Intriguée, Ninn décide de s’y rendre, emmenant avec elle son tigre de papier et ses amis Chad et Ulrika.

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Chronique : Merci au édition Kennes pour cet album si sublime. L’histoire  de cette petite fille trouver dans le métro nous plonge dans une superbe histoire et il est impossible de s’en détacher grâce à des dessins sont très doux avec un coté enfantins mais qui garde un sérieux pour que tous le publics puisse le lire avec des  décors qui nous permettent de passez facilement du réel au fantastique. Portée par des dessins précis et une narration captivante, ce tome cinq de Ninn est juste superbe.
Ninn est charmante et pleine de vie et on s’attache rapidement à elle et nous donne des émotions ce qui ne nous ne laisse pas indifférent. On glisse au fil des pages vers le fantastique, avec en final une ouverture sur un monde imaginaire .

L’originalité scénique s’est étiolée et fait place à présent à un enchaînement d’actions. L’aventure est dynamique et imaginative. C’est au milieu d’un parce d’attraction qu’elle va devoir avancer et combattre les idées sombres qui la poursuive. On retrouve la dualité des vignettes sombres et de celles aux tons plus pastel.
Une formidable quête de soi qui va révéler à notre héroïne ses origines et sa véritable nature. Un vrai coup de cœur.

Note : 10/10

Éditeur : Kennes Editions (28 avril 2021) Langue : Français Relié : 64 pages ISBN-10 : 2380752001 ISBN-13 : 978-2380752007

Le garçon au visage disparu – 21 avril 2021 de Larry Tremblay & Pierre Lecrenier

Jérémy se plaint que son père, travailleur humanitaire, délaisse sa famille au profit d’étrangers vivant à l’autre bout du monde. Il faudrait qu’il soit lui-même à moitié mort, pense-t-il, pour que son père lui exprime enfin son amour.

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Chronique : Un roman graphique sur le thème de la disparition…Jérémy se plaint que son père, travailleur humanitaire, délaisse sa famille au profit d’étrangers vivant à l’autre bout du monde. Il faudrait qu’il soit lui-même à moitié mort, pense-t-il, pour que son père lui exprime enfin son amour. Lorsque Jérémy apprend que celui-ci a été pris en otage, son univers bascule. Sa mère, un matin, le retrouve dans son lit sans visage. Les oreilles, les yeux, le nez de son fils ont disparu. Désemparée, elle contacte policier, psychiatre et prêtre afin qu’ils l’aident à comprendre cette étrange disparition.

Texte métaphorique, Le garçon au visage disparu nous transporte dans un monde teinté d’humour, tantôt loufoque, tantôt inquiétant, où le théâtre flirte avec le fantastique et le film d’épouvante. Larry Tremblay et Pierre Lecrenier dans cette nouvelle bande dessiné , explore le territoire de l’adolescence quand l’identité, encore fragile, cherche ses repères.

Tout est admirablement mis en place pour nous plonger dans un univers cinématographique, mais dans une bade dessiné c’est une intéressante distanciation qui laisse le temps d’absorber cet étrange univers et de comprendre la complexité des différentes couches de l’incomparable texte de Larry Tremblay.

Note : 9,5/10

Éditeur : Kennes Editions (21 avril 2021) Langue : Français Relié : 96 pages ISBN-10 : 2380753237 ISBN-13 : 978-2380753233

Porchery – 11 mai 2021 de Tyrone Finch & Mauricet

Lorsque des cochons infernaux menacent l’humanité, Ellis et Zoey n’ont d’autre choix que de les anéantir un à un.

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Chronique : Porchery donne un coup de poing à chaque page. Un voyage surnaturel au-delà de la Ferme des animaux, qui nous entraîne dans l’horreur de L’île du docteur Moreau. C’est différent de tout ce que vous avez déjà lu « À la page 20, c’était déjà l’un des meilleurs romans graphiques que j’avais lus depuis des années. À la fin, c’était l’un de mes préférés. De tous les temps. Pour l’amour de Dieu, achetez-le. » La violence biblique rencontre un charmant cochon parlant dans cette aventure passionnante à travers les petites villes, la moralité et les plus grandes calamités de l’histoire. » Un concept d’horreur unique et des personnages fascinants, de la part d’une équipe de scénaristes/artistes dont le travail semble si facile qu’on pourrait croire qu’ils travaillent ensemble depuis des années. Que vous soyez un mangeur de bacon ou un végétarien strict, Porchery restera en vous. Je tire mon chapeau en signe d’admiration aux créateurs, et j’espère qu’ils n’obtiendront pas l’aide dont ils ont clairement besoin – afin que nous puissions avoir plus de bandes dessinées comme ça. À la fois comédie d’horreur, film d’action, histoire biblique et dix autres choses,ce roman graphique est intelligent, enjoué et complètement divertissant. Finch et Mauricet nous donnent de vrais personnages auxquels nous pouvons nous intéresser, ce qui n’exclut pas l’étrange cochon maléfique.

Note : 9,5/10

Éditeur : Les Humanoïdes Associés (11 mai 2021) Langue : Français Broché : 144 pages ISBN-10 : 2731633425 ISBN-13 : 978-2731633429

DCEASED Hope at world’s end de Tom Taylor et Marco Failla(entre autres), bien maigre espoir…

Une trinité de belle gueule

La saga DCEASED initié par Tom Taylor prend une ampleur insoupçonnée que DC comics et son éditeur français Urban comics mettent beaucoup en avant. Il faut dire que les récits post-apocalyptique où l’on assiste à la chute de l’humanité on toujours le vent en poupe. Ce nouveau volume nous invite à suivre de nouveau les héros dans leur lutte désespérée contre l’équation d’anti-vie qui a transformé la population, et certains héros, en zombies déterminés à répandre l’épidémie. Ce troisième volume apporte-t-il du renouveau à la saga ou se contente-t-il de surfer sur la tendance du moment ?

C’est le moment de paniquer !

Le problème de ce troisième volume ne vient pas de la qualité du récit en soi, Tom Taylor parvient à maintenir une tension palpable et une angoisse pour les personnages bien connus de l’univers DC grâce à un rythme soutenu et une bonne utilisation des personnages. Même si l’on peut constater qu’il se répète dans certaines scènes. La scène entre Stéphanie Brown et Damian Wayne en  rappelera une autre entre Catwoman et Batman dans le comics Injustice qui raconte une autre itération dramatique de l’univers DC et qui est aussi scénarisé par Tom Taylor. Un autoplagiat que j’ai interprété comme une paresse d’écriture mais de manière globale l’auteur est toujours aussi doué pour mettre en scènes ses personnages et leur accorder de la profondeur en quelques pages. L’intrigue reprend le même schéma que dans les tomes précédents, l’épidémie se répand à une vitesse effrayante et les héros doivent faire face du mieux qu’ils peuvent.

Bis repetita

Au niveau des dessins il y a boire et à manger. Si Marco Failla et Renato Guedes sont les artistes principaux on peut aussi admirer le trait superbe de Carmine Di Giandomenico, un artiste que j’aimerais voir plus souvent mais aussi Dustin Nguyen sur les premières pages ainsi que Karl Master pour un court récit dont on se demande ce qu’il fait là. L’ensemble est suffisamment homogène pour que la lecture reste harmonieuse. Le trait dynamique de Failla est celui que l’on retrouve le plus au cours des épisodes. L’artiste a un trait fin et cartonny qui correspond plutôt bien au trio de héros que l’on suit durant une partie du récit, à savoir les héritiers de Batman, Superman et Wonderwoman. Il n’y a que sur certains visages que l’auteur n’accorde pas assez d’attention et qui paraissent du coup bâclé.

Talia Al Ghul a pris cher là

Mon problème sur ce volume tient au rapport qualité-prix. Le travail éditorial d’Urban comics n’a rien de déshonorant, l’ouvrage est de qualité mais il n’en reste pas moins que l’on a l’impression de lire une série de courts récits qui aurait pu être incorporé au premier volume de la saga. Le récit qui met en scène flash est tellement court et n’a rien à voir avec le reste de l’album qu’il aurait pu être inséré dans les volumes précédents. On a l’impression d’enchaîner la lecture de backs-up, de courts récits que les éditeurs insèrent à la fin d’un numéro mensuel pour mettre en avant des aspects secondaires de l’intrigue, et qui finissent par former un récit cohérent. Mais le fait est qu’à 17 euros les 176 pages ça fait cher le récit secondaire. La passion des comics reste une passion onéreuse et je vous conseillerais plutôt d’attendre une réédition en intégrale plutôt que de vous jeter sur ce tome de la saga DCEASED somme toute assez dispensable.

Résumé: L’équation anti-vie a infecté plus d’un milliard de personnes sur Terre. De chaque côté de l’échiquier, héros comme vilains, nombreux sont ceux qui lui ont succombé. Immédiatement après la destruction de Metropolis, Superman et Wonder Woman mènent un effort pour endiguer la vague d’infection, préserver et protéger les survivants et essayer d’entrevoir la lumière au bout du tunnel. À l’heure la plus sombre de la Terre, l’humanité fait face à son plus grand défi, ne pas perdre espoir, quand tout semble déjà perdu.

  • ASIN : B08Q6SQW9F
  • Éditeur : URBAN COMICS (9 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 176 pages
  • ISBN-13 : 979-1026828549
  • Poids de l’article : 750 g
  • Dimensions : 18.7 x 1.7 x 28.3 cm

La Fleur de la sorcière – 6 mai 2021 de Enrico ORLANDI

Voici l’histoire d’une quête, celle de Tami, né très loin dans le sud. Dans son village, tous les garçons sont exilés lorsqu’ils atteignent l’âge de dix ans. Ils abandonnent leurs foyers et partent… Ils ne sont autorisés à revenir qu’une fois devenus des hommes.

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Chronique : Nous sommes en Laponie et le petit Tami doit accomplir une mission pour devenir un homme. N’oubliez pas que le petit gars a dix ans et qu’il est seul au monde. Où ayant vaincu une créature surnaturelle, il est recueilli par un petit village nordique. Il a du mal à s’y habituer car tout le monde semble considérer comme acquis.

Malheureusement, le village est attaqué par la fille de la créature magique qu’il a tuée au début et lui, au lieu d’aider à le défendre, préfère poursuivre sa mission et rechercher cette fleur de sorcière fantôme.

J’ai apprécié l’histoire, bien qu’un peu tirée par les cheveux au début. J’aime le voyage intérieur de Tami, qui part de l’idée de devenir adulte pour arriver à la conclusion que rester un enfant n’est pas si mal.

Une jolie petite histoire dont les illustrations rappellent celles de Mathew Dow Smith.

Une excellente histoire de passage à l’âge adulte dans un pays qui m’a fait penser à la Finlande ou à la Russie, ou simplement à un endroit magique et très froid…
Il n’y a pas des tonnes de dialogues et c’est assez court donc ça ne devrait pas être trop pour un enfant qui ne veut pas d’un long livre.

Les illustrations vont bien avec l’histoire. J’aime particulièrement les dessins des personnages du démon et de la sorcière.

Note : 9,5/10

ASIN : B08TFC3LMC Éditeur : 404 Editions (6 mai 2021) Langue : Français Broché : 120 pages ISBN-13 : 979-1032404027