X-men Dieu créé, l’homme détruit de Claremont et Anders on, toujours autant d’actualité

Quand on y réflechit on pourrait se mettre à redouter le jour où l’humanité cessera de prôner la haine et la peur de l’autre car certains auteurs seront alors bien en peine de nous fournir des histoires poignantes. Heureusement ce jour n’est pas près d’arriver, la haine sous toutes ses formes à encore de beaux jours devant elles, ce qui permet à certains récits de conserver toute leur fraîcheur.

Ce récit des X-men est né de la volonté de la part de la maison des idées de publier des récits plus mâture. Ces graphic novels comme on va finir par les appeler auront la double mission de séduire de nouveaux lecteurs avec des récits en marge de la continuité habituelle et qui se suffisent à eux-mêmes mais aussi d’ancrer les héros marvels dans des thématiques plus adultes, en les abordant de manière plus frontale que dans la production mensuelle. L’équipe de héros mutants qui s’est juré de protéger un monde qui les craint se prête particulièrement à ce type de récit.

Chris Claremont peut enfin se pencher sur les délicats sujets de la haine raciale, la discrimination et sur la notion d’être humain. Lui qui laisse surtout son talent se déployer lors de sagas spatiales épiques et de récits d’aventures intenses a tout à prouver dans ce récit qui s’attaque au thème universel de la haine raciale. Évidemment c’est un comics, court qui plus est, moins de cent pages, il faut donc admettre qu’un révérend a pu créer une milice paramilitaire, dispose d’un laboratoire et d’une équipe dévouée à ses ordres, mais une fois ses suspensions d’incrédulitée assimilés le récit se lit d’une traite. La narration est restée très fluide, la traque que subit la jeune Kitty Pride permet de rester focaliser sur des émotions intenses qui mobilisent l’attention du lecteur. L’ensemble du récit est irradié d’une espèce de tension qui culmine jusqu’au final au Madison Square Garden où, une fois n’est pas coutume, les héros ne sont pas les X-men.

Les dessins sont signés Brent Anderson. L’auteur débutait sa carrière dans les comics. Si son trait peut paraître quelque peu statique, sa mise en scène a le mérite d’être aussi lisible et fluide des années après la première édition en 1982.

Presque quarante ans après sa parution le propos du récit est toujours aussi actuel. L’humanité n’a jamais passé autant de temps à cracher sa haine sur quiconque a le malheur de penser différemment ou d’avoir un teint de peau différent. La foule haineuse lors du climax rappelle celle qui a investi les locaux du capitole en janvier dernier tandis que les policiers représentent les ultimes garde-fous moraux. Enfin je pense qu’il est inutile de préciser à quelle figure politique le révérend Stryker fait penser, cet orateur engoncé dans son fanatisme arrogant est la figure même de l’hypocrisie triomphante.

Il est à la fois rassurant et effrayant de constater la modernité de ce récit qui date d’une époque où internet n’était encore qu’un doux rêve. Rassurant car tout lecteur aime à voir ses classiques vieillir et s’affiner comme le bon vin. Effrayant lorsque l’on constate que le propos est toujours autant d’actualité, à tel point que l’on en vient à désespérer de voir un jour un progrès.

Résumé: Cette histoire est un parfait exemple de la métaphore mutante, symbole de l’oppression des minorités. Un récit parmi les plus incontournables de Chris Claremont, des X-Men et plus généralement de Marvel. Le révérend William Stryker lance une croisade anti-mutants et capture le Professeur X pour le manipuler afin d’attaquer l’esprit des mutants. Pour le combattre, les X-Men doivent alors s’allier à leur ennemi Magnéto.

  • Éditeur : Panini (2 janvier 2020)
  • Langue : Français
  • Relié : 96 pages
  • ISBN-10 : 2809483531
  • ISBN-13 : 978-2809483536
  • Poids de l’article : 400 g
  • Dimensions : 17.5 x 1 x 26.7 cm

Larkia – 24 mars 2021 de Ingrid Chabbert & Patricio Angel Delpeche

La société a implosé. Les années, en passant, ont transformé les villes en cimetières où seul règne le silence.

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Chronique Avec cette bd nous sommes immergés dans une atmosphère où la mélancolie qui nous touche immédiatement. On baigne dans quelque chose de presque lyrique, comme suspendu dans le temps et dans l’espace,  Un univers gothique dans sa plus noble définition, à la fois sombre, mais d’une richesse incomparable. La magie en fait partie intégrante, nous faisant voir de la féerie dans tout ce qui nous entoure. Les paysages dessiné par Patricio Angel Delpeche sont notamment d’un réalisme époustouflant, nous faisant littéralement rêver. Mais le côté obscur est tout aussi fascinant, nous faisant part d’un portrait du futur tout à fait unique. Ingrid Chabbert nous délivre une histoire tout simplement magnifique, son écriture est magnifiquement soignée, chaque mot étant choisi avec une efficacité redoutable. Nous voyageons entre rêves et réalités, la frontière basculant sans cesse. Les épreuves s’enchaînent pour notre héroïne qui va devoir surmonter des instants terribles. Les personnages sont tous très bien travaillés l’auteur nous emmène dans une intrigue très passionnante grâce à toutes les créatures mais surtout au mystère autour de chacun des personnages.
Cette bd a tous les ingrédients pour plaire. Tout d’abord, le lieu choisi pour l’intrigue parfait pour ajouter un peu plus de mystères qui sont toutes bien détaillées et travaillées.

Note : 9,5/10

Éditeur : Glénat BD (24 mars 2021) Langue : Français Relié : 112 pages ISBN-10 : 2344037004 ISBN-13 : 978-2344037003

Le Moine Mort – Tome 01: Le manuscrit condamné – 24 mars 2021 de Jean-David Morvan & Scietronc

Stolin est un jeune homme de 16 ans placé dans le monastère de Nariamar par des parents incapables de le prendre en charge.

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Chronique : Quelle claque ! Une saga qui commence sur des chapeaux de roues . Les dessins de Scietronc sont i splendides et envoûtant et donnent une certaine dimension à cette histoire. Ils sont pleins de vie et retransmettent à merveilles les émotions des personnages. La précision des traits lors des zooms sur les visages donne presque l’effet d’une photographie.
Quant au scénario en lui-même, il risque fort de soulever bon nombres de critiques aussi bien positives que négatives. L’histoire s’assombrit et la violence, la passion et la cruauté sont maître mots de ce volume.
Le récit est puissant et touche le lecteur au plus profond de lui-même. Jean-David Morvan nous mène dans les plus sombres recoins de l’âme humaine et de la folie à travers des personnages tous plus monstrueux les uns que les autres.
Morvan mélanges les thèmes de l’amour et de la haine, la passion et la folie avec une efficacité surprenante et nous offre une bd sensationnel.
Une lecture dont nous ne ressortons pas indemne et dont on souhaite deja connaitre la suite.

Note : 9,5/10

Éditeur : Glénat BD (24 mars 2021) Langue : Français Relié : 48 pages ISBN-10 : 2723490955 ISBN-13 : 978-2723490955

Sirènes et Vikings T4: La Vague invisible – 24 mars 2021 de Nicolas Mitric , Maria Francesca Perifano &Francesco Trifogli

Modeste marchande de poisson, Lydveig a-t-elle hérité des talents de pisteurs de son père  ? C’est ce que pense le cruel roi Hardeknud, qui la contraint à retrouver la sirène responsable de la mort de son fils aîné. Accompagnée par le prince héritier en quête de reconnaissance, Lydveig mène l’enquête. Il lui faudra redoubler d’ingéniosité pour retrouver la trace d’une sirène si insaisissable qu’elle en paraîtrait presque invisible

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Chronique : Lydveig, une Modeste marchande de poisson,voit un jour, jeté sur son étal, la tête de son père Aasbjorn le pisteur. Le sanguinaire roi Hardeknud l’a fait quérir, pour ce faire, il a mandaté ses soldats du clan de l’ouest. Lydveig n’a pas le choix, les guerriers ont blessé sont mari et la menace de tuer sa fille si cette dernière ne les accompagne pas auprès de leur monarque.

Mine de rien, cette série reste assez surprenante. Car loin de se cantonner à des stéréotypes, elle brosse le portrait de deux communautés peut-être plus subtiles qu’il ne pourrait y paraître !

Cette fois, c’est à nouveau une histoire de femme qui est mise en avant. La fille d’un célèbre pisteur doit prendre la relève de son père pour enquêter sur la mort du fils du roi. Mais très vite elle doit surtout s’imposer dans un mon

de d’hommes pétris de préjugés, qui ne pense qu’en terme de force, de virilité et de baston. Alors bien sur, on devine très vite qu’il va se développer une entraide féminine, mais le cadre médiéval est parfait pour accentuer cette vision machiste du rapport homme/femme afin de mettre en avant une héroïne forte et décidée !

Graphiquement, c’est là aussi du bon boulot. Le trait est dynamique et expressif, les cadrages aussi, on se laisse facilement emporter au cœur du récit !

Note : 9/10

Éditeur : Les Humanoïdes Associés (24 mars 2021) Langue : Français Relié : 56 pages ISBN-10 : 2731692324 ISBN-13 : 978-2731692327

L’Évadé de C.I.D. Island – 7 avril 2021 de de Ibrahim Moustafa

Lorsque Redxan Samud se retrouve promu capitaine du Forreas, tout semble lui sourire  : grâce à cette montée en grade, il peut enfin épouser la femme de ses rêves. Mais il contrarie sans le savoir les plans du vil Onaxis, qui piège Redxan et le fait condamner à perpétuité au Centre d’Internement Disciplinaire (C.I.D.). Personne ne s’en est jamais échappé… mais Redxan n’a plus rien à perdre, et a juré d’accomplir sa vengeance

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Chronique : Pour les historiens littéraires (ou toute personne versée dans les classiques) qui connaissent le conte classique d’Alexandre Dumas sur Le Comte de Monte Cristo , ils savent que c’est un conte d’amour, de trahison, d’évasion et de vengeance. Il se déroule à l’époque de Napoléon dans les années 1800 et s’est avéré être l’une des œuvres les plus populaires de Dumas avec Les Trois Mousquetaires. Ses thèmes sont assez universels dans un conte d’aventure et pourraient être adaptés dans de nombreux genres différents si un artiste créatif et un conteur acceptaient ce défi.

L’histoire commence avec le premier officier Redxan Samud des Forreas. Samud est un bon officier et populaire auprès de l’équipage. Ce qui est plus que ce que l’on peut dire de leur chef actuel, le capitaine Kaster. En ce qui concerne l’équipage, Kaster a patiné en faisant le strict minimum, laissant son équipage faire le vrai travail. En vérité, de nombreux membres de l’équipage pensaient que Redxan serait un meilleur capitaine. Ce point a été amplifié lorsque Redxan a risqué sa vie et son membre pour grimper à l’extérieur du navire pour découpler un module de polarité défaillant et sauvé la cargaison du navire. Le propriétaire du Forreas, M. Murl a été impressionné mais pas tellement par Kaster. Après avoir obtenu l’histoire de l’équipage, il a rétrogradé Kaster et promu Redxan au rang de capitaine des Forreas.

Cela s’est avéré être une bonne nouvelle pour Redxan pour plus d’une raison. Non seulement était-il maintenant aux commandes de son propre navire, mais il avait gagné le grade pour lui permettre d’épouser son fiancé Meris. Son oncle avait dit que si Samud devenait capitaine, il lui donnerait sa bénédiction de l’épouser. C’était au grand dam d’Onaxis, de sa cousine et de toute morve auto-importante.

Il ne comprenait pas pourquoi elle ou son père se souciaient de ceux qui n’étaient pas de sang royal. Meris devrait l’épouser et non un simple roturier comme Redxan. Mais Meris ne se souciait pas des lignées. Elle épouserait Redxan s’il avait «de la boue dans les veines». Mais tandis que Meris et Redxan allaient annoncer l’heureuse nouvelle à son père, Onaxis rencontra le Kaster désormais rétrogradé. Ensemble, ils ont discuté de leurs plans profonds de trahison. Si leurs mécanisations se concrétisaient, ils seraient tous les deux débarrassés de Redxan.

Meris et Redxan ont annoncé la bonne nouvelle à son père. Il était ravi. Mais alors qu’ils s’asseyaient, Meris commença à craindre ce qu’Onaxis pourrait faire. Peut-être qu’il empoisonnerait son oncle contre leur mariage. Ou pire encore, son oncle la ferait épouser Onaxis. Redxan avait une autre idée. Ils ne pouvaient pas la forcer à en épouser une autre s’ils devaient se marier maintenant. Meris Keld et Redxan Samud se sont donc mariés en secret. C’est un problème résolu, non?

L’une des grandes choses à propos de L’Évadé de C.I.D. Island’ Ibrahim Moustafa est qu’il résiste extrêmement bien même si vous n’aviez aucune connaissance du chef-d’œuvre de Dumas. Le cadre de la science-fiction laisse la porte ouverte à de nouveaux éléments passionnants de l’histoire tout en conservant la structure squelettique de l’histoire. Il raconte une histoire classique de vengeance tout en se préparant lentement à la bataille ultime. Si vous connaissez le conte classique, vous pouvez facilement voir comment Moustafa suit cette empreinte tout en la rendant fraîche et originale. C’est une corniche étroite à traverser mais il la marche sans trébucher. C’était aussi une très belle touche entre les chapitres contenant des citations sur la vengeance. Moustafa choisit chacun pour souligner les périls impliqués et ce qui ne se passe dans la vie que pour se venger.

La même chose peut être dite pour ses œuvres d’art. De la conception des personnages aux séquences d’action, en passant par les moments émotionnels tendres, Ibrahim les capture tous avec talent et affiche son talent pour l’excellence de la narration. Lorsqu’il est combiné avec le travail en couleur de Brad Simpson, c’est un livre attrayant, une histoire bien racontée . Et en parlant d’œuvres d’art, assurez-vous de consulter l’art conceptuel d’Ibrahim et les croquis de couverture à la fin du livre. Toujours cool de voir ce qui est entré dans une création.

Note : 9,5/10

Éditeur : Les Humanoïdes Associés (7 avril 2021) Langue : Français Broché : 136 pages ISBN-10 : 273164334X ISBN-13 : 978-2731643343

Partir un jour / 24 mars 2021 / de Manu Boisteau

Comment quitter son job (ennuyeux) pour réaliser son rêve (écrire un roman) sans passer pour un crétin irresponsable ? Partir un jour, sans retour…

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Chronique : Ecrit avec l’ambition de traiter d’un sujet grave avec humour d’une part et d’aider les lecteurs dont le parcours entrerait en résonance avec le sien, Partir un jour aborde de manière drôle et délicate le sujet de la crise de la quarantaine. Cette bd est écrit de manière simple et accessible . Elle ne se lit pas tant comme un guide utile mais d’un sentiment que l’auteur Manu Boisteau nous fait resentir , et j’ai adoré la façon dont les choses ont été maintenues professionnelles et pourtant très…chaleureuses et on à le sourire tout le long du récit. Ce que je préfère dans ce Bd, ce sont les illustrations . Elles ont contribue à donner une impression agréable tout au long du recit et ont évité que les choses ne deviennent trop ennuyeuses. Les différentes polices de caractères et les dessins utilisés tout au long du livre ont contribué à rendre la lecture très agréable !

Partir un jour est un livre important que je n’hésiterais pas à recommander – il connaît ses limites, et c’est précisément pour cela qu’il fonctionne. Il ne change peut-être pas la vie, mais il a tout le potentiel pour donner un coup de pouce dans la bonne direction, et n’est-ce pas justement ce dont nous avons tous besoin parfois ?

Note : 9,5/10

Éditeur : CASTERMAN (24 mars 2021) Langue : Français Relié : 128 pages ISBN-10 : 2203211490 ISBN-13 : 978-2203211490

Olwen, fille d’Arthur – Tome 02: La Corne de Vérité Relié – 24 février 2021 de Olivier Legrand & Annabel

Olwen, la princesse qui voulait être chevalier, se prépare à affronter l’ultime épreuve de sa quête : défier le malfaisant Prince Écarlate afin de conquérir la Corne de Vérité, qu’elle a promis de rapporter à sa tante, l’enchanteresse Morgane..

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Chronique : L’aventure fantastique « Olwen, fille d’Arthur » est une publication mûre et de grande qualité. Visuellement, l’histoire est vraiment réussie.

La bande dessinée retrace les aventures de Olwen et qui mélange son histoire avec les matériaux  d’une épopée fantastique classique tirée à la fois de la mythologie nordique et d’histoires de type du Roi arthur ou Game of Thrones. Dans toute sa simplicité, le dessin de Annabel est agréable et les couleurs fonctionnent bien.

Le point de focalisation de Olwen, fille d’Arthur est un peu de réflexion mais le dialogue a été écrit avec un langage cru et  plutôt frénétique et des images assez sanglantes tirées dans les scènes de bataille.

Note : 9,5/10

Éditeur : Vents d’Ouest (24 février 2021) Langue : Français Relié : 48 pages ISBN-10 : 2749309018 ISBN-13 : 978-2749309019

L’Arche de Néo – Tome 02: Remède de cheval de Stéphane Betbeder et Paul Frichet | 10 février 2021

Néo et les siens sont toujours en quête de la terre promise de Pig Island, où l’on prétend que les animaux peuvent vivre en paix, loin de la folie des hommes.

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Chronique : Une bande dessiné dur sur la maltraitance des animaux, un sujet d’actualité mais sans jamais le rendre compliqué et impossible à suivre cette arche de Néo de Stéphane Betbeder et Paul Frichet a de multiples portes d’entrée. On peut l’aborder sous l’angle de la filiation et des transmissions de savoir et savoir-être qui passent de génération en génération. Les auteurs prennent des personnages  qui pourrait penser comme des humaine et surtout n’importe lequel d’entre nous, ce qui fait qu’on s’y identifie facilement  au cochon, a la poule,au mouton et à la vache avec un sentiment d’abandon, maltraitance et culpabilité qui sont les thèmes abordés et qui portent en nous l’immense présence d’un être fort qui nous a appris la vie et nous transmet des valeurs et que l’on croyait invincible où le lecteur se replonge quelques décennies en arrière. Des moments beaux et touchants, un amour et une complicité, l’histoire d’une complicité intergénérationnelle. Un très beau moment de lecture magnifiquement écrit et dessiné dont on à hâte de lire le tome trois.

Note : 9,5/10

Éditeur : Glénat BD (10 février 2021) Langue : Français Relié : 64 pages ISBN-10 : 2344035478 ISBN-13 : 978-2344035474

La Sève – 24 février 2021 de Chéri

Alors que Charlène se rend chez son amie Cathy pour prendre le thé, elle la surprend en pleine séance de plaisir solitaire. Irrésistiblement attirée par la scène, elle s’approche et découvre que cette coquine est même une véritable femme fontaine.

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Chronique : Attention cette Bd n’est pas pour tout le monde, mais si parler et voir des images de sexe, de seins ne vous dérange pas je ne peut que vous conseiller ce superbe livre.

Que dire de ce roman graphique que ces histoires sont osé tant à l’écriture que graphiquement. Cette lecture est donc un moyen de découvrir ce récit divisé en 3 parties qui est un vrai bijou. Le style est tout simple, tout en retenue et colle parfaitement au traitement du sujet qui n’est pas de la nymphomanie mais plutôt les troubles provoqués par le désir. Le manque d’amour provoque des désastres, c’est bien connu. L’addiction au sexe n’en n’est pas une.
En lisant ce roman graphique on à un peu peur de la représentation que l’on y trouvera mais tout est juste et le lecteur se sent compatissant pour les personnages on a envie de les aider, tout en ce demandant comment est-ce possible. Chéri met en images dans un style dur mais très expressif et vivant ce qui nous entraîne dans ses récits et nous fait vivre cette réalité et nous offre un roman graphique étrange et dérangeant qui ne plonge jamais dans le graveleux et traitant ce sujet qu’on pourrait croire scabreux avec finalement beaucoup de pudeur et de démonstration, décrivant tous les tourments dont n’importe quel personne pourrait être victime, hommes où femmes.

Note : 9,5/10

Éditeur : Glénat BD (24 février 2021) Langue : Français Relié : 176 pages ISBN-10 : 2344037683 ISBN-13 : 978-2344037683

NO WAR – Tomes 5 et 6 – 3 mars 2021 de Pastor Anthony

De retour à la capitale, Run et Jo se lancent à la recherche de Vork, ancien sorcier Kivik, responsable de la mort de Luka, le grand frère du jeune homme.

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Chronique: Voici la fin de cette superbe saga et si vous ne connaissez pas c’est l’occasion de la découvrir en entier.Tout d’abord vient son cadre : un petit archipel de l’Atlantique Nord répondant au nom de Vukland. Un archipel qui n’est pas sans rappeler l’Islande d’avant la crise bancaire mais créé de toutes parts par Anthony Pastor. L’artiste dote au passage cet archipel d’une culture quasi-chamanique défendue par une peuplade ancestrale de l’Ile. Tout est donc réuni pour, petit a) nous dépayser, petit b) nous placer dans un contexte encore d’actualité, petit c) nous intriguer.

Et franchement, c’est très réussi. A un point tel que j’ai vraiment cru à l’existence de ce Vukland, jusqu’à chercher à en savoir plus sur cet archipel et sur la culture des Kiviks.

Ensuite vient l’intrigue. Elle mêle habilement une enquête policière et une dimension fantastique dans un contexte reprenant quelques grands thèmes d’actualité. Politique, écologie, économie, médecine, droits sociaux : voilà autant de thèmes abordés par cette série… mais sans que rien ne soit lourdingue car ces éléments demeurent le décors de l’intrigue. Ce pays au bord de la guerre civile, à la tête duquel un régime d’extrême-droite a pris le pouvoir -lors d’élections controversées à l’origine des manifestations violentes qui perturbent la capitale-, face à des choix économiques, écologiques et culturels -cristallisés autour d’un projet de barrage soutenu par les politiciens au pouvoir et les industriels les plus influents au mépris des habitants du lieu- ce pays est on ne peut plus en résonance avec notre propre actualité. Les camps fermés, les manifestations sanglantes, le musellement de la presse, tous ces sujets qui, malheureusement, sont chaque jour au coeur de nos infos quotidiennes trouvent leur place dans ce théâtre sombre et réaliste.

Viennent se greffer à cela des personnages, nombreux et charismatiques. Il n’y a pas ici de super-héros mais un florilège de personnages rongés par des sentiments contradictoires. Au plus la série avance, au plus ces personnages dévoilent des facettes différentes, les rendant plus humains, plus complexes. Et jusqu’à présent, seul le responsable de la sécurité du territoire, grand méchant de ce récit, demeure dans la caricature -une caricature qui se vérifie malheureusement aussi souvent dans la réalité, de Jan Jambon en Belgique à Sándor Pintér en Hongrie, en passant par bien d’autres. Franchement, j’ai eu le sentiment d’être dans une très bonne série nordique, genre Millenium, mais avec une dimension supplémentaire.

Les dialogues sont nerveux et sonnent de manière naturelle. L’action est constamment au rendez-vous dans ce pays en plein chaos. les rebondissements sont multiples et bien amenés.

Enfin vient le dessin. Anthony Pastor change totalement de style par rapport à ses dernières œuvres pour nous livrer un trait brut ciselé dans un bloc de granit à coups de haches… qui convient en fait merveilleusement à l’esprit de ce récit. Le trait est gras, la colorisation est réduite au strict minimum -juste suffisant pour faire ressortir les personnages de décors chaotiques- mais les personnages sont parfaitement typés, facilement identifiables. Les décors m’ont immergé dans cet univers parfois urbain, parfois aride (on voyage entre la ville et une île volcanique faiblement peuplée). Un final juste parfait.

Note : 9,5/10

Éditeur : CASTERMAN (3 mars 2021) Langue : Français Relié : 232 pages ISBN-10 : 2203198230 ISBN-13 : 978-2203198234